CHAPITRE 44

Blablazone : Bonjour. Bonne nuit. Bonne lecture, bonne fêtes, bonnes vacances et à la semaine prochaine !

Réponses review :

Moni : Salut ! Tu sauras en temps voulu qui es la mère de Dex et s'il a bien fait son boulot. Toutes les réponses sont dans les derniers chapitre. C'était l'effet recherché pour la conversation entre Caleb et Ivy, une sorte de clin d'œil à l'œuvre originale. Oui chapitre plus long pour aujourd'hui. Zack ne va pas revenir tout de suite.

Bonne lecture et à bientôt !

CourtneyAckles : Salut ! Oui il pourrait mais je te rappelle qu'il a tué l'amour de sa vie, il n'a plus rien à perdre et plus rien à gagner à aider Ivy. Puis il ne l'aidera jamais ce n'est pas dans ses principes de soutenir les divergents. Bonne lecture et à bientôt !


Je vivais les simulations pendant des heures et je ne voyais plus le temps passé. De même que je ne savais pas si la sensation de mourir dans les simulations était réelle ou pas. J'ignorais si mourir faisait aussi mal quand on chutait de plusieurs mètres. En simulation, nous n'avions pas le temps de réfléchir au fait que nous allions mourir, nous savions seulement que nous avions mal.

Après ma première session j'avais été conduite dans une autre cellule individuelle et je n'étais pas la seule. Certains des appelés se trouvaient là aussi. A moitié fou, en train de tourner en rond ou de pleurer. La première nuit, plusieurs firent des cauchemars et je ne pus fermer l'œil. Le plus lucide me raconta que parfois le cœur lâchait dans les simulations. Pour ce qui était des enfants, ils se trouvaient ailleurs mais apparemment leur jeunesse les rendait plus efficace. L'homme avec qui je parlais la nuit, parce que nous ne pouvions pas dormir, s'appelait Eddy. C'était un Sincère. Je lui partageais mes connaissances des simulations et lui donnais des conseils pour mieux les appréhender. J'espérais que les autres écoutaient aussi afin de les suivre aussi. Eddy était bien plus vieux que moi, il avait une cinquantaine d'année et pourtant il tenait bon. Je l'appréciais beaucoup, sa présence m'aidait à rester ancrée dans la réalité.

Nous venions de nous lever et comme chaque matin nous prenions soin de répéter ces phrases :

- Je m'appelle Ivy North.

- Je m'appelle Eddy Chopper.

Cette phrase était anodine mais elle nous permettait à notre manière de réfuter le manque d'humanité que nous faisait ressentir les érudits. Éric avait eu beau me graver la peau je n'étais pas cette IN_32. J'étais Ivy North. Peut-être que bientôt j'allais avoir dix-neuf ans, j'en avais assez de ces dix-huit ans. De toute façon c'était trop tard pour profiter de ma jeunesse. J'étais une adulte. Une fois que notre phrase matinale fut répétée, nous échangeâmes un sourire et nous attendîmes que notre premier repas de la journée arrive. Quand enfin la porte s'ouvrit, nous attendîmes que le soldat sorte pour commencer. Puis nous nous assîmes en tailleur, pas terre, nous prîmes un morceau de drap déchiré pour nous en faire une serviette et nous commençâmes à manger. Ces habitudes nous permettaient d'installer une routine. C'était rassurant et bientôt ça me deviendrait vital pour tenir le cou. Bizarrement le matin on nous laissait tranquille mais je savais que dans quelques heures, les soldats viendraient nous chercher un par un pour nous amener dans une des salles de tests. Nous y étions tous les jours. Les salles de test étaient de petite salle blanche avec quelques écrans géants et différentes machines que je n'identifiais pas. Au début je pensais que seule la leader et son chouchou menaient les expériences mais il s'était avéré que j'avais rencontré d'autres érudits pendant mes sessions. Aussi intransigeant que l'était leur leader, ils étaient tous persuadés que la divergence était une anomalie à corriger. Dans leurs yeux je ne lisais que de la méprise et parfois de la haine. Les plus haineux faisaient en sorte de durcir les simulations.

Eddy m'avait expliqué que les simulations étaient créées de toutes pièces par les érudits. Et que pendant la simulation, ils étaient capables de la moduler. Mon seul moyen de rivaliser était ma divergence. J'étais même persuadée qu'il reprenait les peurs de certains pour nous les faire subir. Parce que se retrouver enterrer vivante, à mes yeux étaient une peur plus qu'une simulation inventée. Nous pouvions leur reconnaître qu'ils savaient surprendre à chaque fois parce nous ne vivions jamais la même chose. En échangeant avec Eddy, nous nous étions rendus compte que nous avions parfois vécu les mêmes simulations.

Aujourd'hui Jeanine Mathews se chargeait de moi. Elle m'attacha au matelas et plaça les électrodes presque sans regarder.

- Ça en vaut la peine ? je lui demandais.

Elle leva des yeux froids sur moi et ne me répondit pas. Il arrivait qu'elle me réponde, d'autres fois, comme celle-là, non. Maintenant je ne sentais même plus l'aiguille qui traversait ma peau. Je fermais les yeux et me forçais à les garder fermer alors que je sentais quelque chose s'enrouler autour de moi. Mon corps frissonnait de dégoût face à la sensation de ces êtres qui glissaient le long de mon corps. Combien de temps restais-je ainsi avant qu'ils ne changent la simulation ? A chaque fois c'était une épreuve de plus qui venait peser sur mes épaules. Je sentais ma faiblesse à chaque réveil, je sentais le rythme de mon cœur effréné, je sentais mes jambes lourdes. J'avais l'impression que les sessions duraient des heures. Jeanine allait finir par m'achever. Comme tous les autres avant moi.

- Ivy ?

Je sursautais et cela me fit ouvrir les yeux. Je reconnaissais les lieux comme étant le bar Vénéneuse. Et en face de moi se tenait ma sœur. Elle sirotait un cocktail bleu et me souriait. Ils étaient en train de jouer avec mes nerfs. Après la simulation de violence physique, voilà qu'ils voulaient toucher mon mental. Comme dans l'initiation audacieuse. Cette pensée me redonna un peu de courage.

- Salut Sevy, je répondis.

- Chouette soirée, non ?

Le bar était vide et silencieux mais je hochais quand même la tête.

- Alors dis-moi tu deviens quoi ? me demanda ma sœur.

- Tu n'es pas réelle, soufflais-je les larmes aux yeux.

- Oui c'est vrai. Tu te souviens tu es en simulation, rien n'est réel.

- Pourtant ça a l'air vrai.

- Mais ils ne vont pas t'avoir si facilement Ivy, s'exclama-t-elle. Tout ça, c'est dans ta tête. Et dans cette tête, dit-elle en me tapotant le crâne, c'est toi qui a le contrôle.

C'était horrible. Cette chose avait les mêmes mimiques que ma sœur, la même voix, la même odeur, le même physique. Je me faisais violence pour ne pas la prendre dans mes bras. Par contre les larmes je ne pouvais pas les contrôler.

- Tu as entendu ? dit-elle en claquant des doigts. Tu as le contrôle. Ils l'ont perdu.

- Quoi ?

- Ivy, je ne suis là que parce que ton subconscient le veut. Je suis une œuvre de ton esprit et ils ont perdu le contrôle.

- Qui ça ?

- Réfléchis un peu ! Jeanine ! Elle a perdu le contrôle. C'est toi qui gère, me félicita ma sœur.

Soudain un léger tremblement se fit sentir et les murs se fissurèrent. Un morceau de plafond tomba mais Sevy n'eut aucune réaction alors que je m'étais levée. Elle continuait de boire son verre en souriant. Et soudain ses paroles firent écho en moi. Sevy était là parce que je l'avais voulu et pas parce qu'ils essayaient de me torturer l'esprit.

- Sevy, l'appelais-je.

- Oui ?

- Tu me manques.

- Je sais.

Elle laissa passer un silence et me dit ceci :

- Ivy, tu dois te pardonner.

- Je ne comprends pas.

- Pardonne-toi ! me cria-t-elle.

Et au même moment tout s'effondra, les murs, le sol, les tables, le plafond et ma sœur disparut. Le retour a la réalité fut brutal, je me réveillais d'un seul coup et mon torse se redressa. J'étais essoufflée comme si j'avais couru pendant des heures et des heures. Je jetais un œil derrière moi, ils avaient l'air perplexe et c'était la première fois que je voyais Jeanine Matthews exprimer du désarroi.

- Ça fait mal de perdre le contrôle, lançais-je. Ça prouve que vous n'êtes pas infaillible.

- Tu n'y connais rien, répliqua-t-elle avec irritation. Reste à ta place.

Son ton venimeux ne fit que me faire sourire un peu plus. En quelques minutes, je fus reconduite en cellule. Pour une fois j'étais la première. J'attendis longtemps avant de voir apparaître quelqu'un d'autre. Mais celui que je voulais voir était Eddy. Ce fut le dernier à être ramené. Une fois qu'il fut dans sa cellule, il s'écroula sur son lit.

- Eddy ! l'appelais-je. Eddy !

- Je suis toujours en vie, soupira-t-il.

- Tu ne sais pas quoi ?

- Dis-moi.

- J'ai vu ma sœur Eddy ! Elle était dans ma simulation ! m'écriais-je un peu trop hystérique.

- Tu as de la chance. Mais c'est peut-être une ruse.

- Non ! Tu ne comprends pas ? Bon sang il faut que je te raconte !

Piqué par la curiosité, il descendit de son lit et vint se placer devant la porte de sa cellule en face de moi de moi, en position assise. Alors je pus lui raconter que j'avais pris le contrôle de la simulation. Je n'étais pas sûre de l'avoir arrêtée ou si c'était eux qui l'avait fait mais en tout cas, pour une fois je n'avais pas souffert.

Le lendemain aucun soldat n'ouvrit ma cellule pour m'amener aux simulations. Je passais ma journée à m'ennuyer ferme. Ce fut un réel soulagement lorsqu'Eddy revint.

- Eddy !

- Pas maintenant.

Il s'allongea et s'endormit aussitôt. Vexée, je me retranchais au fond de ma cellule. Eddy ne m'adressa pas la parole de la soirée, il ne mangea même pas. J'eus beau ne pas le quitter des yeux, je finis par m'assoupir. Je me réveillais au milieu de la nuit en entendant quelqu'un m'appeler. Il avait beau faire sombre, je compris que c'était Eddy.

- Tu vas mieux ? osais-je.

- Quelle question, rit-il. Je suis toujours en vie c'est ce qui compte.

Il laissa planer un petit silence avant de reprendre.

- Je suis désolé pour tout à l'heure, bougonna-t-il.

- Ce n'est pas grave.

- Tu sais, ça devient de plus en plus dur.

- N'y pense plus.

- Dans ce genre de moment je suis content de savoir que ma femme n'est plus là.

- Elle savait que tu étais divergent ?

- Oui. Elle disait toujours que peu importe ce que j'étais, je restais son mari. Ma Cassandre, murmura-t-il. Elle était trop bien pour ce monde. Et toi chère Ivy, as-tu eu le temps de tomber amoureuse ?

- Oui. Il s'appelle Zack et j'espère qu'il est en sécurité, qu'il va bien.

- C'est un audacieux ?

- Oui. Le meilleur, souris-je. Si je sors d'ici, c'est lui que j'irai retrouver en premier.

- C'est beau le sentiment de l'amour surtout quand on est jeune.

- Je parie que tu étais un bourreau des cœurs.

- Tu paries mal jeune Ivy ! J'étais le garçon le plus timide qu'on peut croiser. J'étais incapable de parler à des inconnus. Je peux te dire que le jour où je suis passé au sérum de vérité, j'ai tellement parlé qu'après j'ai bu pendant des heures.

Nous rîmes d'une même voix. Cet échange de légèreté m'aida à trouver le sommeil. Les jours qui suivirent se ressemblèrent. Je fus assignée à ma cellule avec la solitude pour compagnie. Je regardais mes camarades partir sans comprendre pourquoi ils me laissaient tranquille. Ça aurait dû me rassurer mais c'était tout le contraire. Bientôt certains ne revinrent pas et mon inquiétude grandit encore plus. Il n'y avait pas non plus de nouveaux arrivants, je considérais donc que les autres étaient tranquilles pour le moment. Je l'espérais de tout cœur. Passée mes journées seules ne me réussissaient pas. Je perdais la notion du temps, je restais bloquée dans mes pensées et quand les autres revenaient il fallait que je me souvienne d'où j'étais. Eddy était mal en point lui aussi. Toutes les nuits nous parlions afin de ne pas perdre l'habitude.

Lorsque la porte de ma cellule s'ouvrit j'en fus étonnée. A nouveau je fus conduite dans une des salles de test et on m'attacha. Cette position ne m'avait pas manqué et je redoutais un peu plus de retourner en simulation. Jeanine Matthew et Caleb Prior furent mes scientifiques du jour.

- Je vous manquais ?

- Si vous saviez, sourit Jeanine. Votre petit numéro de la dernière fois nous a été très utile. Vous êtes exceptionnelle.

- Pardon ?

- Le fait que vous parveniez à prendre le pas sur nous, à vous inventer votre propre simulation, c'était grandiose. Et ça nous a permis de passer à la phase suivante de l'expérience.

- En quoi consiste-t-elle ?

- C'est vraiment quelque chose que j'aurais pu apprécier, lâcha-t-elle. Vous posez toujours des questions, pas comme les autres. Ils deviennent amorphes en quelques jours.

- Et les enfants ?

- Ne prenez pas ce ton. Je ne suis pas un monstre et je pratique cette expérience pour les sauver. Ils n'ont pas à mourir à cause d'une anomalie que nous saurons bientôt soigner.

- La divergence n'est pas une maladie.

- C'est vous qui le dites. Un malade dira toujours qu'il n'est pas malade.

Ils ma replacèrent les mêmes électrodes aux mêmes endroits.

- Je ne comprends pas, j'insistais.

- Nous vous avons laissé en période de « repos » afin de voir comment réagi votre gène de la divergence. Nous allons le stimuler à nouveau.

- Et après ?

Elle garda le silence et je sombrais à nouveau dans l'inconscience. Je me trouvais dans un des couloirs de la faction audacieuse. J'entendais un brouhaha constant et je me dirigeais vers ce dernier. J'arrivais à la fosse. Cela grouillait d'audacieux sans visage. Et au centre se trouvait ma sœur, mains attachées derrière le dos et arme derrière la tête. Je levais les yeux pour voir que celui qui allait tirer était Zack.

- Zack ! l'appelais-je. Sevy !

Ils ne parurent pas m'entendre. Je tentais de m'approcher d'eux mais plus j'avançais plus on me repoussait. Je tentais de crier, de les arrêter, de parler à certains pour qu'ils empêchent ça mais personne ne m'écouta. Zack tira sur Sevy sans entendre mon cri. Jamais je ne m'habituerai à ce moment. Je pensais changer de simulation mais il s'avéra qu'à nouveau, je me retrouvais face à Zack tirant sur Sevy sans pouvoir rien faire. Au bout de la troisième fois, j'étais à bout.

- Vous n'arriverez pas à faire changer ma réalité ! criais-je dans le vide pour Jeanine.

Elle cherchait à modifier ce que je pensais. Je savais que Zack n'avait pas tiré sur ma sœur.

Je le savais. Je le savais. Je le savais. Je le savais. Je le savais.

Au bout de la vingtième fois, j'arrêtais de compter.

Puis j'arrêtais de réagir, je me contentais de regarder.

Cela eut lieu des milliers de fois.

Cela parut ne jamais se terminer.

Zack tirant sur Sevy. Zack tirant sur Sevy.

Je pleurais. Était-ce seulement en simulation ?

Je pris conscience de mon retour dans la réalité en voyant Jeanine. Mon corps était lourd. Mes yeux me brûlaient. Ma gorge était sèche. Mon crâne me lançait. Je pus à peine bouger les doigts. J'entendais faiblement, je respirais difficilement. Je réussis à murmurer quelque chose ce qui attira l'attention de Jeanine. Elle se pencha vers moi.

- Il ne l'a pas tué, chuchotais-je.

- En êtes-vous vraiment sûr ?

Je n'eus pas la force de lui répondre. Je fermais les yeux et quand je les rouvris je me trouvais dans ma cellule. Toujours aussi faible, j'arrivais à bouger un bras mais pas le reste. Plus rien ne m'obéissait.

- Ivy !

Je perçus le soulagement dans la voix d'Eddy.

- Que s'est-il passé ? me demanda-t-il.

Je lui répondis d'une voix si faible que je ne sus pas s'il m'entendit.

- Ivy ! Que s'est-il passé ?

- Simulation, répondis-je en forçant sur ma voix.

Cela me créa une brûlure dans la gorge qui me fit tousser.

- Pourquoi aussi longtemps ? s'étonna-t-il.

Aussi longtemps ?

- Combien ? forçais-je à nouveau.

- Ça fait deux jours Ivy, j'ai bien cru que tu étais morte.

Deux jours sous simulations, ce n'était plus de la science mais de la torture. Comment avaient-ils pu me faire ça ?

Cette fois je craquais pour de bon. Colère, chagrin, désespoir, frustration. Il fallait que ça sorte. Je me sentais faible, impuissante et j'en avais assez de subir. Je voulais sortir d'ici, je n'en pouvais plus. Ce n'était pas moi la jumelle la plus forte, je n'étais pas courageuse, J'étais fatiguée. Je me retranchais dans ma bulle et je finis par céder au sommeil.

Eddy m'obligea à me réveiller pour le premier repas de la journée. A force de menace, je me tendis le bras et j'attrapais le plateau repas. Je mangeais de petite bouchée en impression d'avaler des balles de plomb.

- Je m'appelle Eddy Chopper. A toi !

J'étais toujours allongée, amorphe. Je ne m'étais même pas levée pour voir Eddy.

- IVY ! hurla-t-il. Dis-le !

- Je m'appelle Ivy North, chuchotais-je.

- Plus fort !

- Je m'appelle Ivy North, dis-je plus fort. Je suis désespérée, ajoutais-je.

- C'est bien Ivy, c'est bien. Tu vas t'en sortir.

Eddy continua de me donner des paroles rassurantes jusqu'à ce qu'ils viennent le chercher. Mais à nouveau face à ma solitude, je replongeais dans l'apitoiement. Je me réveillais en entendant les autres revenir. Le clac de chaque verrouillage de cellule me donna des frissons. J'attendis quelques instants que le silence revienne.

- Eddy ? appelais-je.

Cela faisait quelques minutes déjà et j'étais étonnée de ne pas avoir entendu mon ami. Je fis appel à toute ma volonté pour me redresser cependant en posant mes pieds sur le sol je sentis des fourmis dans mes jambes. Je tournais la tête vers la cellule d'Eddy, face à la mienne. Cette dernière était vide.

- Eddy ? Où es-tu ?

La panique résonna en moi. Je tentais de me lever en m'appuyant sur les murs. Une fois contre la porte je l'appelais une nouvelle fois.

- Eddy !

Je me mis à frapper sur la porte en l'appelant. Faible que j'étais, je sanglotais en même temps.

Faisais-je à ce point pitié pour que ce soldat audacieux me réponde sans en avoir le droit ? Il venait de déposer mon repas. En quelques secondes il prononça des mots que je ne voulais pas entendre. Eddy était mort. Je traînais bien trop de tombe. Et ça devenait pesant.


Je pense que c'est l'un de mes chapitres préférés. A la semaine prochaine !