CHAPITRE 45
Blablazone : Bonsoir à tous ! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes. Dans l'ensemble le chapitre précédent vous a pas mal plu. J'en suis très contente parce que les simulations c'est vraiment un plaisir de les écrire. Bon passons au vif du sujet ! Autant vous prévenir que vous allez lire je pense le chapitre le plus court que j'ai écrit. Disons que c'est un chapitre expérimental. Je voulais lui donner un aspect saccadé et faire une différence entre les simulations et la réalité. Dans la réalité Ivy se laisse dépérir. La mort d'Eddy est la goutte d'eau qui fait déborder les vases, elle abandonne. Et contre toute attente, elle reprend ses esprits dans la simulation, comme une dernière fois. J'espère que j'ai réussi à bien expliquer.
Je vous souhaite une bonne lecture et de très bonnes fêtes ! A bientôt !
Réponse review :
Moni : Bonsoir ! J'espère que tu as passé de bonnes fêtes et que tu profites bien de tes vacances. Je suis très heureuse de savoir que le chapitre t'a plu et j'espère qu'il en sera de même pour celui-ci malgré sa petite taille. Quelle preuve ai-je donné qu'Éric était le coupable ? Le témoignage des Sans-faction ? Ils ont peut-être menti… Pour le coup je regrette un peu de ne pas avoir laissé plus de place à Eddy et le soldat sans nom, sans visage, juste évoqué te remercie pour le petit mot que tu lui a adressé.
Je te souhaite de bonnes fêtes, bonne lecture et à bientôt !
CourtneyAckles : Bonsoir, j'espère que tu as passé de bonnes fêtes ! Je suis contente que les simulations t'es plu. Du coup, comme Ivy en viens-tu à douter ? Je te souhaite une bonne lecture (et je m'excuse pour sa petite taille). A bientôt et bonnes fêtes !
Lâcher prise.
Dormir et pleurer.
Abandonner.
- Phase suivante de l'expérience… sujet adulte… extraction… divergence…
Fatigue. Oreilles qui bourdonnaient. Yeux collés par les larmes.
Grève de la faim. L'estomac qui ne réclamait même plus.
- Nous avons eu des morts…
- Comme dans chaque expérience…
- Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ce sujet… Elle est ce qu'il nous faut…
- On peut en trouver d'autre.
Les électrodes froides. Sur les tempes, près du cœur. Les attaches autour des poignets. Sécurité. On ne savait jamais. L'aiguille qui s'enfonçait dans la peau. Légère douleur mais on y était habitué.
- Opération…
- Quels dangers ?
Les battements du cœur qui étaient marqués par une machine. Une pièce trop blanche et qui agressait les yeux.
Des personnes en blouse bleu, masqué mais je reconnaissais ces yeux. Froid, glacial, en quête d'une vérité qu'elle seule pouvait voir.
- Il l'a tué, murmura-t-elle à mon oreille. Il a tué ta sœur.
Une sœur ? Qui ? Qui l'a tué ?
Abandonner.
Quelque chose arriva. Un liquide froid que je sentis sous ma peau et dans mes veines. Je voulais me redresser. Je sentais le sommeil. Ou tout du moins quelque chose qui me forçait à m'endormir. Je luttais encore un peu, m'accrochant au réveil. Puis je sombrais. Une longue chute dans le noir. Une douleur atroce.
Je n'avais pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir où je me trouvais. Mon corps me faisait ressentir ce que je ne voulais pas voir. Je ne voulais plus être forte. J'aspirais à la tranquillité.
La douleur fut si forte que mon corps entier se contracta et mes yeux s'ouvrirent d'eux-mêmes. Simulation encore et toujours. Cependant avec une différence. J'étais allongée dans le Chicago désert, le même que celui de mes peurs mais une souffrance me parcourait. J'avais l'impression qu'on me tailladait de partout. Au moins cette douleur m'avait fait reprendre conscience.
N'avais-je pas entendu le mot expérience ? Qu'étaient-ils en train de me faire ?
La douleur recula et je réussis à me mettre debout. Le Chicago désert, ce paysage m'était familier et pour une fois il avait quelque chose de rassurant.
La souffrance revient et me fit me tordre de douleur. Je tombais et m'étouffais avec la poussière du sol. C'était horrible. Des lames qui pénétraient pas chair, des aiguilles qui piquait toutes les secondes. J'étais étonnée d'être encore réveillée. Je voulais crier, au moins exprimer ce que je ressentais mais ma voix était coincée. Mes larmes aussi. J'avais les yeux secs et je ne pouvais que prier pour que ça s'arrête.
Soudain le paysage vacilla comme s'il ondulait. Je plissais les yeux pour mieux voir et d'un seul coup il éclata en millier de fragment. Par réflexe je fermais les yeux. Quelques secondes pour me retrouver ailleurs. J'étais dans la ruche, sur la scène où les jeunes venaient faire leur choix. Verrais-je mes parents comme dans ma peur ? Viendront-ils m'aider ? Me sauver ?
J'avais l'impression d'attendre des heures et des heures, personne ne vint. Souffrance, douleur, élancement. J'étais étonnée d'être aussi lucide alors que dans la réalité j'avais opté pour la léthargie. Encore une fois je perçus ce maigre tremblement dans le paysage, jusqu'à cette ondulation et encore une fois cette explosion d'éclat. Cette fois je ne fermais pas les yeux. Je regardais un paysage de mes peurs disparaître. Plus que deux. Après un grand flash blanc je me retrouvais dans la pièce sans fenêtre sauf que cette fois-ci je n'étais pas attachée sur une chaise. Je me tordais de douleur, je gémissais des lamentations et je guettais la porte, craignant de voir cet audacieux sans visage arriver. Mais il ne vint jamais. Par contre, la bassine d'eau attendait sur la table. Ma gorge sèche se rappela à moi et je me mis à avoir soif. Avec les maigres forces qui me restait, je rampais pour l'atteindre. Me concentrer sur ma soif me permettait d'oublier la souffrance. Je tendis la main puis le paysage trembla. Ondulation. Explosion. Flash blanc.
Ma dernière peur, le dernier paysage. Ma sœur. Encore et toujours ma sœur. Cette fois-ci j'étais à ses pieds. Vulnérable. Comme d'habitude, impuissante à la protéger. Son regard tomba sur moi quand on la poussa par terre. J'ignorais qui pointait son arme sur sa tête. Zack peut-être. Zack ? Vraiment ? Je ne me souvenais plus. Pourtant j'étais persuadée de connaître l'identité de son tueur. Alors qui ? Zack ? Non pas lui. Peut-être…
- A notre belle vie, me chuchota ma sœur.
- Une œuvre de mon esprit ? souris-je tristement étonnée de pouvoir parler.
- Il faut se dire adieu et se pardonner.
- Je n'ai rien à te pardonner, pleurais-je.
- Pas moi Ivy, c'est toi qui doit te pardonner.
A nouveau je perçus le tremblement dans l'air. Et je me rendis compte que c'était la seule peur où il y avait quelqu'un. En un clignement de paupière, tout disparut sauf Sevy. Ma sœur chérie que je ne saurais jamais plus protéger. Je crus à cette sensation quand elle posa sa main sur ma joue. J'y crus comme si c'était réel et je n'avais pas envie de me dire le contraire.
- Je t'aime Sevy, souris-je. C'est une telle douleur de t'avoir perdue.
Ma sœur pleurait aussi. Je voulais lui toucher la joue, lui caresser les cheveux, embrasser son front. Ma sœur qui avait peur du noir, ma jumelle forte et courageuse, ma sœur audacieuse.
- C'est la fin, murmura-t-elle. C'est un tel gâchis Ivy, un tel gâchis que tu meurs.
Son odeur m'enivra tandis qu'elle disparaissait. Soudain la douleur augmenta d'encore un cran et ma vue se brouilla. Je luttais pour garder mes yeux ouverts, pour voir mon dernier paysage de peur disparaître. Mais je perdis conscience avant sans connaître l'issue.
- Ivy, je suis là.
Mon corps endolori n'avait plus la même sensation. Je n'étais plus en simulation pourtant je sentais encore l'odeur de ma sœur. J'essayais d'ouvrir les yeux mais plus rien ne m'obéissait.
- Comment va-t-elle ?
Cette voix m'était familière.
- Il faut vite l'ausculter. Si elle ne respirait pas, on pourrait croire qu'elle est morte.
- Elle n'est pas morte ! répliqua une voix masculine, la personne qui me tenait.
La prise se raffermit autour de moi dans une étreinte chaude et rassurante. Calée contre un torse, je percevais les battements affolés d'un cœur. Je me forçais à ouvrir les yeux, je me forçais si fort que j'eus l'impression que mes os craquèrent. Ce fut à peine une fente mais ça me permit de voir de la fumée, grise et épaisse. Soudain un visage apparut devant moi. Un visage familier, un visage que j'aimais. Ou un visage que je détestais. Un visage de tueur.
- Mon Ivy, pleura-t-il.
- Tu l'as tué.
Ces mots m'avaient volé mes dernières forces. Adieu la réalité et la prise de conscience.
Passez de bonnes fêtes !
