CHAPITRE 46
Blablazone : Bonne année ! Bonne santé ! Quelle soit belle et pleine de promesse ! Ah là là, j'ai un peu le cœur serré parce qu'on approche bientôt de la fin. Et je me dit, après m'être habituée à publiée à peu près tous les vendredi, qu'est-ce que je vais devenir ? Et en même temps j'ai hâte de vous livrer le tout dernier point final. Cette fiction c'était mon projet 2018 (qui empiète un peu sur 2019 certes mais faut bien terminer), un projet que j'ai mené de bout en bout et dont je suis fière.
Autre bonne nouvelle (pour moi), j'ai enfin le tome 2 de 'Marquer les ombres', clairement le premier était une tuerie (ça a presque détrôné Divergent), donc j'ai hâte de lire enfin le second.
Je ne vous embête pas plus et je vous laisse à ce chapitre. Encore une excellente année et une excellente lecture. A bientôt !
Réponse review :
Moni : Bonjour ! Oui j'ai passé un très bon Noël. J'aime bien te faire douter, de remettre toute mon histoire en doute mais ne t'inquiète pas, tout va se clarifier d'ici les derniers chapitres, promis. Punaise ! C'est vrai que tu n'étais pas convaincue par Zack au début, j'ai l'impression que ça fait une éternité ! Je réveille de vieux souvenirs, oulà ! Si tu veux, on peut dire que mon chapitre était un troll de Noël. Bon trêve de bavardage, je te souhaite une bonne année, une bonne lecture et je te dis à bientôt !
CourtneyAckles : Bonjour ! Vraiment désolée pour le chapitre court mais je me rattrape sur celui-ci, promis ! Bonne année, bonne lecture et à bientôt !
Je n'étais pas sûre de le reconnaître. Il avait changé. Plus musclé, plus barbu, je n'aimais pas. Il était là près de moi et j'étais incapable de le réveiller. Zack. Mon esprit dérangé alternait entre le rendre coupable ou lui tomber dans les bras. Était-il coupable ?
J'étais réveillée depuis une demi-heure selon le moniteur cardiaque qui affichait l'heure. Personne n'était encore venue dans la chambre. Pour une fois je n'étais pas attachée, libre de mes mouvements. J'étais perfusée mais je ne savais pas ce qu'on m'injectait dans les veines. Je n'avais pas envie de savoir. Mes poignets avaient été bandés. Et je me sentais consciente. Quand la porte s'ouvrit, je réagis à peine, j'avais les yeux rivés sur Zack.
La personne qui venait d'entrer étouffa un son et en quelques secondes quelqu'un m'étreignait à nouveau. Cette personne se recula et je la regardais enfin.
- Bonjour Tris.
- Bonjour Ivy, me sourit-elle.
- Vous avez mis un temps fou pour venir.
- Je sais.
Je me rallongeais et tournais mon regard vers Zack. Tant qu'il ne se réveillait pas, j'étais tranquille.
- Il ne t'a pas quitté dès que tu as été dans ses bras, me dit-elle et je perçus son sourire dans sa voix.
- Où sommes-nous ? changeais-je de sujet.
- Dans un complexe des Érudits. Tu étais si mal en point quand nous t'avons trouvé que nous avons décidé de rester.
- D'accord.
Ivy, je suis vraiment heureuse de voir que tu es réveillée. Tu as dormi pendant deux jours. Un nombre considérable de personne voudrait te voir et j'ai quelques questions. Nous avons eu tellement peur lorsque nous n'avons plus eu de nouvelle après le message chez les audacieux. Evelyn était prête à te déclarer morte. Puis du jour au lendemain le système érudit a eu une faille, causé par la puce que TU possédais. Et nous avons su que tu étais quelque part.
- Ma mission a duré combien de temps ?
- Un peu plus d'un mois, grimaça Tris.
Je ne n'avais plus de raison de retenir les larmes qui me montaient aux yeux. Le temps passait si vite.
- Ivy, sais-tu ce qu'ils étaient en train de te faire quand nous sommes arrivés ?
- Non.
- Quels sont tes derniers souvenirs ?
- J'étais dans mes peurs. C'était étrange parce qu'elles éclataient au fur et à mesure, me rappelais-je. Et puis j'ai vu ma sœur, souris-je. Mais je crois que c'est la dernière fois que je la verrai. Je lui ai dit au revoir, en quelque sorte.
Tris posa une main réconfortante sur mon bras. Son sourire ne l'avait pas quitté.
- Que s'est-il passé ? demandais-je. J'ai dû manquer beaucoup de choses.
Elle hocha la tête et ma raconta. Après la diffusion du message chez les Audacieux, beaucoup de personnes avaient rejoint les Sans-faction, un nombre qu'Evelyn n'avait pas prévu mais qui l'avait ravi. Ensuite les Sans-faction, les fraternels, les sincères et les réfugiés audacieux avaient longuement parler des attaques envers les érudits. Et surtout de ce qui se passerait ensuite parce qu'il était clair pour tout le monde que nous allions gagner et renverser Jeanine. Entretemps les soldats audacieux dont Éric avaient vécu défaite sur défaite. Je me rappelais Éric amoché et cela me fit sourire. Une fois que Jeanine avait perdu le soutien militaire extérieur, les sans-faction et leurs alliés avaient imaginé un plan infaillible pour atteindre Jeanine et libérer les divergents. Par chance, le second message et le virus qui étaient contenus dans la puce de mon poignet leur avait donné l'avantage. Pendant de longues heures, les érudits avaient perdus le contrôle de leur tablette et de tous leurs systèmes. C'était ce moment que les Sans-faction avait choisi pour pénétrer dans la faction érudite. Une fois dans le bâtiment ils étaient venus me chercher.
Je remerciais Tris de me raconter une version plus simplifiée parce que je n'étais pas prête à tout assimiler. Maintenant ils allaient tous vouloir savoir ce qui m'était arrivée et je n'étais pas prête à en parler. Surtout tant que je n'aurais pas les idées claires. Mon regard dévia sur Zack. J'étais encore indécise et mon cerveau m'avait complètement lâché. Je l'aimais mais je doutais de son implication dans la mort de ma sœur. Je ne pouvais pas lui demander de but en blanc pour ne pas le blesser. Moi qui aspirait à de la tranquillité, voilà qu'un nouveau problème se présentait.
La porte s'ouvrit et je sursautais brutalement. Je sentis l'aiguille de la perfusion bouger et je grimaçais. Je mis quelques secondes avant de reconnaître Quatre.
- Tobias ! gronda Tris. Je vous avais demandé d'attendre que je vienne vous chercher !
- Ils sont invivables, se défendit son copain.
Tris le fusilla du regard et je vis mon ami baisser les épaules et se faire tout petit.
- Content de te revoir Ivy, me sourit-il.
Je lui donnais un signe de tête pour lui dire que moi aussi.
- Ils sont très impatients de te revoir, me dit-il. Tu te sens prête ?
- Oui, soufflais-je. Qui ?
- Evelyn, April, Tomas, Sora, Rita, Amanda, Greg, Nico, Jack et Johanna, tes parents, Hervé et Sarine…
Il s'arrêta en me voyant pleurer. J'avais l'impression de n'être bonne qu'à ça. Il ne savait pas le soulagement qu'il m'apportait. Greg et Amanda étaient en vie. Je repensais à ce pauvre enfant terrorisé après l'expérience. Une bride de souvenir me rappela qu'il y avait eu des morts et parmi eux des enfants.
- Je veux voir Amanda et Greg, dis-je. S'il vous plaît, s'il vous plaît, suppliais-je.
- Je vais les chercher, annonça Quatre.
Quelques minutes plus tard, Amanda Kang sauta sur mon lit et me serra longuement contre elle, je crus même qu'elle pleurait. Greg fut plus modeste et se contenta de me prendre la main. Tris s'éloigna pour nous laisser.
- Vous êtes en vie, pleurais-je. Vous êtes en vie.
- Je n'allais pas mourir si facilement, répliqua Amanda.
- Je suis content que tu sois en vie, me lança Greg.
- Vous allez faire quoi maintenant ? demandais-je.
- J'ai retrouvé mes parents et ils n'ont pas l'air de m'en vouloir, sourit vaguement Greg.
- Tu n'as aucune raison de t'en vouloir Greg, tu es parfait comme tu es. Et toi Amanda ?
- Je vais me battre contre mon père pour ne pas qu'il m'enferme à double-tour, loin du danger, rit-elle.
Greg finit par partir avec une démarche fatiguée. Zack dormait toujours et Tris avait fini par s'asseoir près de moi. Amanda était restée un peu plus. Elle s'était allongée contre moi et elle ne voulait pas me lâcher.
- Tu veux en parler ? chuchota Amanda.
- Non. Et toi ?
- Non. Pas maintenant. Je demande quelques jours de répit.
- Je voudrais oublier.
- Tu as tort. Ces souvenirs font ce que tu es.
- Ils font de moi une personne détruite.
Amanda garda longtemps le silence et quand elle ouvrit la bouche, la porte s'ouvrit à nouveau. Jack Kang, son père venait la chercher.
- Bonjour mademoiselle North. Bravo.
Il m'offrit un sourire gêné et disparut avec sa fille qui me promit de revenir. Avant qu'une autre personne entre, je fis signe à Tris de s'approcher.
- Vous avez trouvé un homme qui s'appelle Eddy Chopper ? glissais-je.
- Ça ne me dit rien mais je vais regarder, me promit-elle.
- D'accord. C'est fatigant d'être visité.
- On peut arrêter. Tu n'as qu'à le dire et je les renvoie tous.
- Non. Je veux les voir Tris, mes amis. J'ai l'impression que ça fait une éternité. Je les ai abandonnés, je les ai fait passer après Amanda et Greg, je ne peux plus les repousser.
Tris hocha et partit ouvrir la porte. Cette fois elle sortit et laissa la place à April, Tomas, Sora et Rita. Ces derniers eurent un mouvement de recul en me voyant. Ils avaient le regard fuyant et ne savait pas où regarder. Je souris en voyant le ventre rond d'April.
- Comment va Adam ? brisais-je le silence. Il a dû grandir, tellement grandir, souris-je tristement.
- Oui, me répondit Tomas. C'est un petit bagarreur, rit-il. Si tu savais les bêtises qu'il nous fait.
Tomas fut le premier à s'approcher. Il se laissa tomber dans le fauteuil qu'occupait Tris avant et se mit à me raconter une anecdote sur son fils. Pour la première fois depuis longtemps je me mis à rire. Apparemment cela dérida la situation puisqu'April vient me prendre dans ses bras. Rita se contenta d'un sourire. Elle n'avait rien perdu de sa douceur. Et Sora était encore plus tatoué que la dernière fois que je l'avais vu.
- Il te reste de la place ? raillais-je.
- Si tu fais de l'humour, c'est que ça va, éclata-t-elle de rire.
- Tu nous a fait très peur, me réprimanda April.
- Je suis désolée. Je vous demande pardon. Pardon.
April et moi nous pleurâmes en même temps.
- Tris et Quatre nous ont tout raconté, me rassura Tomas. Nous comprenons Ivy.
J'avais eu peur de les revoir. Peur de lire les reproches dans les yeux mais je n'y lisais que de l'amour et du soulagement. Et les voir ainsi, avec moi comme si rien n'avait changé me gonflait le cœur de joie. Mes amis étaient donc une réalité immuable. Un pilier sur lequel je pouvais me reposer. Nous restâmes des heures ensemble jusqu'à ce qu'April ressente le besoin de rejoindre son fils. Les parents partirent, puis la tatoueuse. Il ne resta plus que Rita.
- Ivy, Archi risque d'être un peu brusque avec toi, ne t'en fais pas, ça lui passera.
- J'eus un vague mouvement de tête. Quand Tris entra j'étais déjà en train de somnoler. Cette journée me fatiguait et je n'avais plus de force.
- Tu peux dormir sans crainte, ma rassura-t-elle.
- Tu restes ? murmurais-je.
- Oui.
Quand je me réveillais, il était éveillé aussi. Il me regardait, les yeux cernés. Je me savais responsable et je culpabilisais déjà de ce que je lui avais fait. Quand nos regards se croisèrent il sourit. Il passa la main sur ma joue et je frissonnais. Dans son regard je cherchais l'indice qui me dirait s'il était le meurtrier de ma sœur ou non. Comment pouvais-je seulement ne pas m'en souvenir ? Je me souvenais vaguement des simulations qui m'avaient mis ce doute en tête. Je haïssais Jeanine pour ce qu'elle m'avait fait.
- J'ai bien cru te perdre.
Il parlait doucement comme si je n'étais pas capable de l'entendre.
- Je pourrais les tuer pour tout ce qu'ils t'ont fait.
Comme tu as tué ma sœur, pensais-je. Mais je chassais cette pensée aussitôt. Cependant mon regard du me trahir parce qu'il fronça les sourcils.
- Qu'est-ce qu'il y a Ivy ? Tu as mal quelque part ?
Je ne savais pas comment l'aider. Il me fallait des réponses pour recoller les morceaux de ma mémoire défaillante. Il me prit contre lui et je me raidis malgré moi.
- Mes parents, croassais-je.
- Je vais les chercher.
Il m'embrassa sur le front et partit. Cette soudaine solitude me fit un bien fou et je pris une longue inspiration. Il fallait que je me pose, que je réfléchisse. Pour l'instant l'indécision envers Zack me rongeait et je n'étais plus capable de voir autre chose. Avant j'aurais pu jouer sur plusieurs niveaux mais à cet instant j'en étais incapable. Je fus presque surprise en voyant ma mère près de moi. Ma mère me caressant les cheveux, mon père la serrant contre lui. Mes parents étaient presque comme une illusion et je dû lutter pour ne pas les voir comme tels. Je les imaginais qui se retournaient, qui me laissaient parce qu'il fallait bien grandir un jour sans eux. Puis je me souvins de mon mensonge. J'avais caché à mes parents la mort de leur fille en prétextant les protéger. Mais il y avait aussi une raison égoïste, je voulais être la seule à pleurer Sevy, je voulais être la seule à souffrir le plus.
- Sevy…
Encore une fois les larmes débordèrent et je ne les retins pas. Pleurer devenait fatiguant mais je n'avais aucun contrôle sur mes émotions. J'étais faible et mon corps agissait à sa guise.
- Nous savons, me dit mon père.
- Je suis désolée.
Je culpabilisais de leur donner une telle image. Ma mère me pressa contre son cœur comme quand j'étais enfant. Elle me consola comme quand j'étais enfant. Ce faisait un bien fou de retrouver l'étreinte maternelle. Un bien fou de savoir qu'elle était toujours là pour moi. Je m'endormis une nouvelle fois avec sa main caressant mes cheveux comme avant.
Au réveil suivant ce fut Johanna Reyes qui se trouvait à mon chevet. Elle me sourit en me voyant réveillé et continua son tissage.
- Vous avez un beau sourire, dis-je.
- Merci. J'aimerai bien voir le tien.
Je levais ma bouche dans un petit sourire que je voulais sincère.
- Tu as un joli sourire Ivy North.
- Comment va Greg ?
- Il se remet lentement mais je ne doute pas qu'il y arrivera.
- Il a vu son meilleur ami disparaître.
- Oui. Ce conflit a fait bien trop de dégât, surtout chez des jeunes personnes comme vous. Les adultes sont là pour vous guider, quels exemples nous venons de vous donner.
- C'est fini maintenant.
- Oui.
- Je suppose qu'Evelyn veut me voir.
- Prends le temps dont tu as besoin avant de la voir. Evelyn est dans l'action, elle va aller droit au but et il faut que tu te sentes assez forte pour l'affronter.
- Pour raconter, corrigeais-je.
- Oui. Nous avons plusieurs versions mais nous voulons la tienne.
- Je ne veux pas en parler. Jamais.
- Il le faudra Ivy. Mais tu as encore un peu de temps.
Elle se leva et sortit de son sac une écharpe en laine. Un cadeau qui me fit chaud au cœur. Je l'enroulais tout de suite autour de mon cou et je fermais les yeux pour m'endormir à nouveau.
Les phases d'éveil et de réveil s'espacèrent et je pus rester consciente de plus en plus longtemps sans être trop fatigué. Zack ne me quittait presque pas. Nous parlions peu mais il restait tout de même.
- Tu veux essayer de te lever ?
- Oui.
L'érudite qui me servait de médecin m'avait autorisé à recommencer à me lever et à marcher un peu. Elle m'avait expliqué qu'ils étaient en train d'enquêter sur l'opération que je subissais quand ils avaient attaqué le siège des érudits. Apparemment Jeanine n'avait qu'un petit comité dans la confidence et il refusait tous de parler.
Je balançais mes jambes en-dehors du matelas et posais mes pieds nus sur le sol froid. Zack vint aussitôt entourer ma taille d'un bras protecteur. Je mis quelques secondes avant de me lever et sans le bras de Zack, je serai tombée tête la première. Nous restâmes longtemps avant que je ne me décide à faire un pas. Au bout de cinq petits pas, j'étais à bout de souffle.
- Et si tu me lâchais ? proposais-je.
- Pour que tu tombes, pas question !
- S'il te plaît.
- Qu'est-ce que je t'ai fait ? demanda-t-il.
- Quoi ?
- Tu sais ce que tu m'as dit avant de perdre connaissance ? Tu as dit que je l'avais tué. J'ai cherché pendant des heures de qui tu parlais. J'ai même envisagé que tu te sois trompée de personne mais je sais que c'est faux. C'est à peine si tu me parles. Quand je te touche, je vois bien que ça ne te plaît pas. Que me reproches-tu Ivy ?
Mon cœur se mit à battre plus fort. Je ne pouvais pas lui dire. Je secouais la tête et je gardais le silence. Intérieurement j'étais brisée et je ne supporterais qu'il me laisse. J'avais besoin de lui même si je le croyais en partie responsable de la mort de ma sœur. Heureusement nous fûmes coupés par l'arrivée d'Evelyn, de Nico, de Sarine et de Hervé. Sarine vint me plaquer deux baisers sur la joue et fut sommé de partir par Evelyn. La leader Sans-faction avait les traits tirés. Elle n'hésita pas à s'asseoir et demanda même à Zack de partir. Ce fut une longue lutte. Zack refusait de partir, Evelyn refusait qu'il reste.
- Vas-y, lui dis-je. Ne t'inquiète pas.
Il me lâcha à contre-cœur et Nico vint prendre le relais pour me raccompagner dans mon lit.
- Salut, me sourit Nico.
- Salut, souris-je aussi.
- C'est moi que tu es sensée protéger pas le contraire, ça ne m'amuse pas de venir à ta rescousse, plaisanta-t-il.
- C'est la dernière fois, promis-je.
- J'espère bien.
Il me donna une petite tape sur l'épaule et nous laissa seule avec Evelyn.
- Je suis contente de te revoir, sourit-elle.
- Vous n'êtes pas la première à me le dire.
- Tu as rempli ta mission Ivy, tu l'as très bien remplie.
- Effectivement parce que je suis toujours en vie, tentais-je un trait d'humour.
- Oui. J'ai besoin de ton rapport de mission.
- Je n'en parlerai pas.
- Ivy, soupira-t-elle. Nous devons savoir, nous devons avoir ta version des faits.
- Je veux oublier. Oublier que je suis brisée, que je pourrais devenir folle si j'en parlais. Un peu de temps et je vous raconterai que vous êtes presque arrivés trop tard.
- D'accord. Ce n'est pas terminé. Je me suis renseignée pour Eddy Chopper, il est mort.
J'accusais le coup parce que je me souvenais que je le savais déjà. Comment avais-je pu oublier la mort de mon ami ? Evelyn me parla ensuite de ce qui m'était arrivé chez les Érudits. Au moment où ils étaient arrivés, Jeanine pratiquait une intervention « d'extraction de divergence », cela consistait à enlever le gène divergent. Je crus un peu mieux comprendre pourquoi mes paysages de peurs disparaissaient, comme si enlever ma divergence m'empêchait de mener une simulation ou alors mon inconscient cherchait-il à me faire savoir qu'on m'enlevait quelque chose ?
- Ivy, dehors c'est le bazar mais avec les autres leaders nous sommes en train d'arranger ça. Cependant bientôt ce sera l'heure de changer le système. Nous voudrions proposer une sorte de conseil avec une dizaine de membres. Nous voudrions que tu y participes.
- Vous allez élire les membres par vote ?
- Ça serait le plus juste.
- Très bien. Je vais y réfléchir.
- Et enfin la dernière chose Ivy. Tu as rempli ta part du contrat. Grâce à toi j'ai eu Jeanine. A mon tour de remplir ma part du contrat.
- C'est-à-dire ?
- Éric.
J'écarquillais les yeux. Un jour j'avais décidé de le tuer. Pour quelles raisons ? Une vengeance mais pour quoi ?
- Où est-il ? demandais-je.
- En cellule. Je peux m'arranger pour t'y amener.
- Pas tout de suite.
- Tu n'auras qu'à me faire signe.
Bonne année !
