Salut, bonne lecture !
CHAPITRE 3 : LA FUITE
En cet instant précis, je sentais que ma vie était sur le point de changer. Et que toute mon existence venait de voler en éclats. Je le sentais sur cette moto, avec le Terminator derrière moi qui conduisait, et en compagnie de John.
J'avais derrière moi, une machine à tuer (au sens strict du terme) prête à tirer sur tout ce qui bougeait. Même si cette machine disait vouloir nous protéger, je n'étais guère rassurée.
En moto, nous arrivâmes devant la grande clôture qui entourait l'hôpital de Pescadero. À peine que nous étions tous près, John demanda au cyborg d'arrêter la moto à seulement quelques mètres du poste d'entrée avec le gardien de nuit.
- Pourquoi s'arrête-t-on maintenant ? demanda le Terminator.
John posa ses mains sur les épaules du Terminator en parlant doucement :
- Tu dois me promettre de ne plus tuer personne.
- Très bien, répondit l'homme machine, toujours avec sa voix neutre.
- Tu me le jures ?
- Quoi ?
Le cyborg avait la tête tournée vers John.
- Tu lèves la main et tu dis : "Je jure de ne plus tuer personne." Répondit-il en levant sa main.
Le Terminator s'exécuta en imitant le geste :
- Je jure de ne plus tuer personne.
- Super, en route, lança John.
Et le cyborg fit avancer la moto.
J'espère qu'il sait ce que veut dire jurer, pensai-je, dans ma tête.
Mais au moins, cela apaisait mes craintes, de savoir que John allait s'assurer que son Terminator ne fasse pas de tueries.
Il arriva juste devant la grille d'entrée. Le gardien sortit de son poste et fit son chemin jusqu'à nous.
- Les heures de visite sont de 10 h à 16 h, du lundi au vendredi, nous dit-il avec épuisement.
Le Terminator sortit de la moto en dégainant son pistolet. Le gardien anticipa son geste, mais le cyborg lui tira dessus avec précision dans la cuisse.
Je poussai à nouveau un hurlement.
- John, il recommence à tuer ! m'écriai-je.
Le gardien était sur le sol, hurlant de douleur et en serrant sa jambe. Puis le cyborg défonça la vitre du poste d'entrée avec son poing, et activa un bouton, faisant ouvrir la grille d'entrée. Et il prit sur le gardien, des munitions de balles.
Puis, il revint vers nous, sans se soucier du gardien, qui gémissait au sol.
- Il vivra, nous dit-il, en regagnant la moto.
Du moment, que cet homme blessé n'était pas mort, cela me suffisait. J'étais de nouveau rassurée, maintenant que j'avais la certitude que le Terminator veillerait à ne pas causer des dommages mortels à l'humain.
Nous roulâmes vers l'hôpital, en descendant vers une rampe d'ambulance pour une zone de réception souterraine.
Nous quittâmes la moto, et nous nous dirigeâmes vers l'ascenseur du parking.
- J'espère qu'on n'arrive pas trop tard ! me dit John.
Je l'espérais aussi, et je m'interrogeais aussi comment faire évader la mère de John d'un si grand hôpital bien gardé.
Toujours impassible, le Terminator rentra dans l'ascenseur, avec John et moi sur ses pas. Les portes de l'ascenseur se refermèrent derrière nous, et nous montâmes à plusieurs étages.
Nous attendîmes un moment, priant pour que le T-1000 ne nous ai pas déjà rattrapés. Je repensais à Angie, et à tout ce qui venait de se passer. Quel sort, l'avenir me réservait ?
Tout en songeant dans mes pensées, les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, et j'aperçus une femme aux cheveux châtains courir vers nous. Mais quand son regard se porta sur le Terminator, qui venait de faire quelques pas en dehors de l'ascenseur, la femme s'écroula au sol, se perdant dans son élan, les yeux exorbités de terreur.
Avec terreur, la femme regardait le cyborg. Puis, elle se releva en hurlant de frayeur. Et elle courut en arrière vers un long corridor. Et si c'était elle, Sarah Connor ?
John et moi, nous sortîmes de l'ascenseur. En voyant la femme courir, John voulut s'élancer vers elle.
- Maman, attends ! Maman !
Apparemment, j'avais vu juste, cette femme était bien Sarah Connor, la mère de John. Ce dernier m'avait raconté que le Terminator qui avait tenté de l'abattre en 1984, était le même que celui qui nous protégeait. Je comprenais sa réaction. En voyant le cyborg d'aujourd'hui, des mauvais souvenirs lui étaient revenues. Je pense que j'aurais eu la même réaction à sa place.
Sarah courait, comme si elle était poursuivie par le Diable. John et moi, nous tentions de la rattraper, mais elle était déjà loin.
- Madame Connor, attendez ! Revenez ! lançai-je.
- Maman ! Maman ! ajouta John, inquiet pour sa mère.
Mais Sarah ne semblait pas nous entendre. On aurait dit qu'elle était coincée dans son pire cauchemar.
Le Terminator se dirigeait vers elle à grands pas, en nous empêchant, John et moi, de la rejoindre. Je ne comprenais pas pourquoi.
Alors que Sarah courait au loin, j'aperçus deux gardiens d'hôpital se jeter sur elle, l'empêchant de bouger. Ce qui augmenta les hurlements de la mère de John. De toute évidence, elle était en train de s'échapper de sa forteresse, quand nous étions arrivés.
- Non ! Non ! Il va tous nous tuer ! Il va tous nous tuer ! hurla-t-elle à pleins poumons.
J'aperçus également une gardienne et un homme, qui avait tout l'air d'un psychiatre, arriver vers Sarah, retenue par les deux gardiens. Le psychiatre avait sorti une seringue et se préparait à l'injecter sur la femme.
- Ça s'annonce mal ! déclarai-je, alors que nous avançâmes vers eux.
- Mais aide-la ! s'exclama John, au Terminator.
- Attendez-moi ici ! fit le cyborg en nous faisant signe de ne pas bouger, tandis qu'il continuait sa marche vers Sarah et les gardiens.
- Il va tous nous tuer ! Il va tous nous tuer ! entendis-je toujours Sarah hurler de frayeur.
Le Terminator, tenant son fusil d'une seule main, arriva vers la mère de John et les gardiens. Il souleva un gardien d'une seule main et le projeta contre une fenêtre de verre de sécurité, qui atterrit au sol avec fracas. Il attrapa un autre et le projeta contre la fenêtre d'une porte de couloir. Quant au troisième gardien, il se fit frapper au ventre avec le fusil et se fit projeter contre le mur. Une femme gardienne frappa avec son poing en plein dans le visage du cyborg, brisant ainsi ses lunettes, mais ce dernier poussa la gardienne avec une seule main en arrière.
Il retira ses lunettes noires et les jetèrent au sol. Sarah se tenait au sol, face au cyborg, tandis que le psychiatre était posté contre le mur, abasourdi, incapable de faire le moindre geste.
Enfin, John et moi, nous décidâmes de les rejoindre. John courut vers sa mère. Il s'agenouilla au sol, près d'elle.
Moi, je regardais les gardiens au sol, inconscients, en faisant la grimace.
- Je crois que pour la thérapie, ce sera pour une autre fois, commentai-je.
- Maman, ça va ? Maman ! fit-il, l'obligeant à le regarder dans les yeux.
Sarah, les yeux écarquillés de terreur, regardait à la fois son fils et le Terminator, dans une totale confusion mêlée de frayeur.
- Madame Connor ? me lançai-je, maladroitement. Bonsoir, je m'appelle Sam Davies. Je… Je suis une amie de John. Et lui… apparemment, ce Terminator est un allié…
Mais la mère de John m'ignora complètement, comme si j'étais transparente, n'ayant de yeux que pour le cyborg et son fils.
Enfin, le Terminator atteignit poliment sa main vers Sarah, voulant l'aider à se relever. En voyant le regard confus de la femme, je compris qu'elle ne s'attendait pas à une telle réaction de la part de la machine, du même modèle qui avait tenté de la tuer.
- Viens avec moi, si tu veux vivre, dit-il d'une voix neutre.
Il s'était comporté exactement comme ça, quand je l'avais rencontré plusieurs heures plus tôt. Et pour la première fois, je pouvais voir ses yeux. Il avait le regard d'un être humain, mais semblait vide, dénué d'émotion. Comme si il n'avait aucune humanité.
- N'aie pas peur, Maman, dit John, toujours agenouillé avec sa mère. Il est là pour nous aider. Tout va bien.
Sarah, dans un état second, prit la main énorme du cyborg, avec ses doigts tremblantes, et le Terminator la remit sur pied.
J'étais soulagée qu'on ai réussi à retrouver la mère de John.
Soudain, le regard du Terminator se figea devant une direction. Je levai la tête et aperçus à trente mètres de nous, de l'autre côté d'un mur de barreaux… le flic tueur d'Angie, le T-1000.
Je hoquetai de frayeur :
- Lui par contre, c'est pas un allié !
Je savais que tous les yeux étaient fixés sur lui, y compris le psychiatre, qui semblait être frappé par la foudre. Moi, j'étais aussi effrayée que quand il était chez moi, et que je l'ai vue transpercer le crâne de ma meilleure amie.
Le T-1000 avait son pistolet à la main. Il s'avança vers les barreaux, mais ne s'arrêta pas pour autant. Son corps se divisa, comme de la gélatine, à travers les barres. Il se serra à travers, comme de la pâte à modeler. Nous le vîmes se déformer et presser à travers comme une pâte visqueuse forcée à passer un obstacle. Quand il en sortit des bars, un bruit se fit entendre. Son pistolet était pris dans les barreaux, le seul objet solide. Le flic tueur tira son arme hors des barres et s'avança vers nous.
Le Terminator souleva son énorme fusil et le braqua sur le T-1000.
- Sauvez-vous ! tonna-t-il, les yeux fixés sur l'autre cyborg destructeur.
Je me le fis pas dire deux fois. Je fonçai, comme une folle vers le premier ascenseur, se trouvant sur mon chemin. Je sentis que John et sa mère couraient derrière moi. J'entendis des grands coup de feu, et toute une cacophonie de pétarades de pistolet. Une fois arrivée à l'ascenseur, j'appuyai comme une dingue, sur le bouton, faisant ouvrir les portes. J'y entrai, suivie de John et Sarah qui pénétrèrent à leur tour.
Ensuite, j'aperçus au loin, le Terminator qui tentait de repousser le T-1000 avec son énorme fusil. À chaque impacts de balle, ça laissait comme une trace de mercure sur le flic tueur, qui se refermait aussitôt.
Ne ralentissant pas l'allure, le Terminator arriva vers l'ascenseur sans cesser de lui tirer dessus. Les portes de la cage d'acier se refermèrent, nous pouvions voir les marques causés par les impacts de balle.
Alors que je nous croyais en sécurité, une grande lame en acier surgit entre les portes de l'ascenseur, les obligeant à s'ouvrir. Sarah entraîna son fils contre le mur de l'ascenseur, moi, je me planquai, paniquée, derrière l'homme machine. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, nous dévoilant le T-1000 avec ses longs bras en lame d'acier. Le Terminator lui tira un coup de feu en plein sur la tête. Une forte détonation me fit sursauter, et je voyais la tête du T-1000 déchiquetée par l'explosion, formant deux masses pâteuses de métal liquide.
Enfin, l'ascenseur se referma devant nous, et nous descendîmes vers le garage souterrain. J'en profitai pour reprendre mon souffle. John garda son calme, tandis que Sarah était stupéfaite.
- Qu'est-ce qui se passe ? Bordel, c'est quoi ce truc ? s'exclama-t-elle.
Puis, la mère de mon ami se tourna vers moi, remarquant enfin ma présence.
- Et toi, t'es qui ? Qu'est-ce que tu fous là ?
Encore sonnée par l'apparition du flic tueur, je bredouillai :
- Je suis Sam Davies… Une amie de John, et je ne sais pas ce que je fais là…
Et avant que je ne puisse poursuivre davantage, nous entendîmes un grand bruit métallique au-dessus de nos têtes. Le Terminator leva la tête en brandissant son fusil. Puis, des lames d'acier jaillirent de nulle part, et manquèrent de nous toucher. Le T-1000 devait se trouver au-dessus de l'ascenseur.
Notre protecteur machine lui tira plusieurs coups de feu avec son fusil.
- Couchez-vous ! nous ordonna-t-il.
En même pas une seconde, j'étais déjà planquée au sol de l'ascenseur, en tremblant de tous mes membres, voulant faire abstraction des bruits de coups de feu. John était toujours debout dans un coin de l'ascenseur, avec sa mère comme bouclier. Celle-ci prit un browning de la ceinture du Terminator et fit feu à son tour au-dessus de sa tête.
Mais Sarah et le Terminator eurent beau tirer, les lames d'acier apparaissaient partout de n'importe quel endroit du plafond de l'ascenseur. Soudain, une lame toucha Sarah dans le dos, lui provoquant une éraflure. La jeune femme hurla de douleur, tandis que John la soutint. Il lui passa alors des munitions que le Terminator avait pris au gardien d'entrée. Après avoir chargé son arme, Sarah fit feu à nouveau sur le plafond.
Enfin, à mon grand soulagement, l'ascenseur s'arrêta, les portes d'acier s'ouvrirent et aussitôt, je m'empressai de me relever et fonçai comme une folle à l'extérieur dans le parking souterrain. Sarah, John et le Terminator me rejoignirent peu après.
Une voiture de sécurité de l'hôpital arriva droit sur nous. Sarah arriva devant elle, avec son arme à feu braquée sur le véhicule.
- Descends de ta voiture ! hurla-t-elle à pleins poumons.
Elle tira une balle qui toucha le pare-brise tout proche de la tête du conducteur. Je sursautai dû au coup de feu.
- TOUT DE SUITE !
Le gardien sortit de la voiture en levant les bras. Le Terminator arriva sur lui, l'attrapant par la chemise et le projeta contre le mur, l'assommant complètement.
Sarah, John et moi, nous fonçâmes droit vers la voiture. Sarah s'installa sur le siège passager avant, tandis que John et moi, nous nous installâmes à l'arrière. Le Terminator prit la place au volant et fit démarrer la voiture en arrière.
Devant nous, le T-1000 fonçait à toute allure, courant beaucoup plus vite qu'un humain, et arriva sur nous avec la voiture qui roulait en arrière, les pneus glissant sur la rampe. Sarah tira plusieurs balles sur le torse du flic tueur, le touchant, mais sans pour autant le ralentir. Puis, l'arme à feu cessa de tirer.
- Je suis à sec, fit Sarah en passant son arme à John.
Ce dernier s'empressa de mettre des balles dans le chargeur. Moi, comme une idiote qui ne sait pas quoi faire, je restai inerte dans la voiture à côté de mon ami.
Le Terminator conduisait tout en tirant sur le T-1000 avec son énorme fusil.
- Vite ! s'impatienta Sarah.
John passa son arme, et sa mère reprit sa fusillade sur le flic tueur. Puis, ce fut au tour de cyborg de recharger son fusil. J'attrapai son arme lourde et m'empressai de la passer à John.
- Qu'est-ce que tu fous ? me reprocha John, pour mon manque d'utilité.
- Hé, on ne m'a jamais appris à mettre des munitions dans un chargeur de flingue ou de fusil, rétorquai-je, totalement irritée.
J'espérais vraiment que le T-1000 allait se fatiguer et arrêter de nous poursuivre, mais c'était peine perdue, car il continuait toujours sa course vers nous.
On avançait toujours à reculons, et nous arrivâmes enfin à l'extérieur.
- Accrochez-vous ! fit le Terminator, toujours avec sa voix calme.
La voiture fit une embardée, nous bousculant, et poursuivit son chemin vers le grillage de sécurité. Le cyborg fit tourner la voiture dans l'autre sens, et fonça vers le poste d'entrée. Le véhicule de sécurité défonça le grillage et enfin, nous étions sortis de l'hôpital.
John venait tout juste de recharger le fusil de son robot, et moi, j'aperçus avec horreur le T-1000 à l'arrière de la voiture accroché au coffre. Ses deux bras étaient transformés en pied de biche métallique. Le flic tueur nous aperçut à l'arrière.
- JOHN, BAISSE-TOI ! hurlai-je, paniquée.
Aussitôt, nous nous recroquevillâmes sur les sièges, tandis que les bras métalliques du cyborg tueur brisèrent la vitre arrière nous manquant de peu. Sarah s'empressa de maintenir une bonne adhérence sur son fils de manière à le protéger.
- Prends le volant ! entendis-je le Terminator parler à la mère de John.
Il se poussa lui-même, hors de la fenêtre du siège conducteur en dégainant son énorme fusil, et tira plusieurs coups de feu sur le cyborg tueur.
J'entendis plusieurs détonations fortes, et puis plus rien. Le Terminator reprit sa place au volant.
J'en profitai pour me remettre au siège et constatai que le T-1000 avait disparu. Je poussai un profond soupir de soulagement. J'étais tétanisée par toutes ces émotions. Je posai une main sur mon cœur.
Deux fois, on avait essayé de me tuer, et dans la même journée. C'était trop pour moi ! J'en pouvais plus ! Je ne voulais qu'une chose : rentrer chez moi, et supporter ma tante ivrogne. Ça ne serait plus un calvaire comparé à ce que je venais de vivre aujourd'hui.
Mais bon… plus rien n'était normal, désormais. Il y avait maintenant deux machines venus du futur. Une pour me tuer moi et John, et une autre pour nous protéger. Quel sort l'avenir nous réservait-t-il ?
Tous à mes pensées, je vis que le cyborg avait éteint les phares avant de la voiture. Nous roulions à présent dans la pénombre. John regardait derrière depuis la vitre brisée avant de se retourner.
- Il n'est plus là, il n'y a personne derrière nous, déclara-t-il.
- Est-ce que tu vas bien ? demanda sa mère, soucieuse.
- Oui, répondit John, avant de se tourner vers le Terminator, tu vois quelque chose ?
Le cyborg répondit d'un ton prosaïque :
- Oui, je vois tout.
- Cool !
Moi, je restai silencieuse, n'osant plus ouvrir la bouche, tellement j'étais sonnée par tout ce qui venait de nous arriver.
Dans la confusion, Sarah regarda le Terminator avant de se tourner vers son fils. Elle atteignit vers lui. J'ai cru qu'elle allait l'étreindre, mais en fait, elle frotta ses mains partout sur son corps, comme si elle voulait s'assurer que John n'était pas blessé. On aurait dit un vétérinaire qui vérifiait si un chien n'avait pas les os brisés.
John n'avait pas l'air d'aimer ça et se retira des bras de sa mère.
- Je t'ais dis que je vais bien ! rétorqua-t-il.
Sarah afficha un regard sévère à son fils avant de rétorquer froidement :
- John, tu n'aurais jamais dû venir là-bas. C'était stupide ! Nom de Dieu, t'es censé être plus intelligent que ça ! Tu as failli te faire tuer. À quoi est-ce que tu pensais ? Tu ne dois pas risquer ta vie. Pas même pour moi, tu comprends ? Tu es beaucoup trop important ! Tu comprends ça ?
John dévisagea sa mère, surpris et blessé.
- Il fallait que je te sorte de là, je suis désolé, marmonna-t-il, espérant recevoir de la compassion.
- Je n'avais pas besoin que tu m'aides, je m'en sortais très bien sans toi, répondit sèchement Sarah.
Sa réaction m'avait sidérée. On avait risqué nos vies pour la faire sortir d'hôpital. On avait failli mourir à cause d'elle, et c'était tout ce qu'elle avait à dire ? Elle pourrait au moins avoir de la reconnaissance pour nous. J'avais très envie de lui crier dessus, mais je me retins. Je connaissais à peine cette femme, et je n'avais pas très envie de me mesurer à elle, étant donné qu'elle a passé plusieurs années à l'asile.
J'aperçus le visage de John se décomposer. Des larmes commencèrent à apparaître. Sarah lui donna un regard sévère.
- Arrête ça, tout de suite ! Tu ne peux pas pleurer, John. D'autres enfants peuvent se permettre de pleurer, toi non.
Là, j'étais encore plus sidérée. Tout le monde a le droit de souffrir, même les grands leaders ont leurs propres faiblesses. Personne n'était infaillible ! De quel droit osait-t-elle dire que John ne pouvait pas se permettre de pleurer ?
Ça prouvait que John était comme moi, un peu dépassé par les événements. Il voulait être courageux, mais à sa manière. Quand on sait ce que l'avenir nous réserve, comment pouvait-on faire comme si c'était naturel ?
J'aperçus le Terminator bouger sa tête en direction de John.
- Qu'est-ce qui ne va pas dans tes yeux, John ? demanda-t-il, de sa voix neutre.
- Rien, répondit mon ami en réprimant ses larmes.
Puis, le cyborg tourna sa tête en direction de la route. Sarah se détourna de son fils, pour s'adresser enfin à moi, toujours avec une voix ferme :
- Et toi, la gamine, t'es qui ? Et qu'est-ce que tu fous là ?
La gamine ? m'exclamai-je dans mes pensées, cette femme ne me connaissait pas, et elle m'appelle la gamine ? Ça n'allait pas se passer comme ça !
- Je m'appelle Sam Davies, répondis-je sereinement. Et qu'est-ce que je fous là, je n'en ai pas la moindre idée. Ça vous va comme réponse ?
Sarah hocha la tête et se détourna de moi. Je sentais que je l'avais un peu vexée. Et elle s'adressa au Terminator :
- Et vous, c'est quoi, votre histoire ?
La suite arrive très prochainement…
