Salut, c'est de nouveau moi ! Voici la suite. J'espère mettre les prochains chapitre dans pas longtemps...
CHAPITRE 4 : RÉVÉLATIONS
Toujours dans l'obscurité, le Terminator conduisait la voiture dans la nuit noire. Sarah lui demandait des explications. Le cyborg lui répondit pour la plupart en précisant qu'il avait pour mission de veiller sur John et moi. Vint le moment où il parla du T-1000, lui exposant sa structure.
- Ce T-1000… Qu'est-ce qui se passe quand on lui tire dessus ? demanda-t-elle.
- La pénétration balistique le choque, mais seulement pendant quelques secondes, expliqua l'homme machine, les yeux fixés sur la route sombre.
Sarah resta pensive pendant un moment, avant d'ajouter :
- Peut-on le détruire ?
- Je l'ignore, répondit le Terminator, toujours avec sa voix neutre.
- Super ! maugréai-je en silence.
Peu après, ce fut le silence. Le Terminator continuait à conduire dans la nuit sombre. Sarah resta silencieuse, tout comme John et moi.
Enfin, nous arrivâmes devant une station d'essence délabré déserte avec une lumière au néon qui bourdonnait. Curieusement, la rue était tout aussi déserte.
La voiture s'arrêta devant le garage. Le cyborg et John descendirent pour aller ouvrir. J'aperçus le Terminator arracher la serrure en métal et faire signe à Sarah de conduire le véhicule de sécurité à l'intérieur.
Une fois tout le monde à l'intérieur, l'homme machine referma la lourde porte du garage.
Tandis que John et moi, nous cherchions à allumer tout ce qui pouvait faire de la lumière afin d'éclairer le bâtiment désert, Sarah et le Terminator se toisèrent du regard.
- Vous êtes dans un sale état, commenta la mère de John en montrant les blessures par balle du cyborg.
- Vous aussi, répliqua le Terminator de sa voix neutre en montrant la blessure presque sanglante dans le dos de la jeune femme.
Le cyborg partit donc, chercher une trousse de premier soins sur un bureau, ainsi que quelques chiffons, une bouteille d'alcool, et quelques outils de fortune.
Peu après, il s'occupa de soigner la blessure de Sarah. Celle-ci était assise sur une caisse vide, avec le Terminator derrière elle, en train de suturer la blessure avec un fil très fin enroulé autour d'un alternateur. En utilisant une paire de pince à bec effilé, il tira le fil à travers sa peau pâle avec une main délicate.
John et moi, tenions quelques lampes pour les éclairer. Fascinée, je regardai le Terminator suturer la plaie avec douceur. Pour une machine à tuer, il était étonnant de voir à quel point elle était capable de guérir une plaie en douceur.
Sarah regardait au loin, sans se soucier de la douleur, comme si elle voulait la masquer. Mais je voyais à son regard qu'elle préférerait ne pas être ausculté par un cyborg.
- Tu sais ce que tu fais ? demanda John, qui comme moi, ne perdait pas une miette de ce que nous voyions.
- J'ai des fichiers très détaillés sur l'anatomie humaine, répondit simplement le Terminator, entièrement concentré sur sa tâche.
- Je n'en doute pas, murmura Sarah le regard ailleurs, ça fait de vous un tueur encore plus efficace ?
- Exact, répondit le cyborg avec son air neutre habituel.
Je voyais très bien au regard de la mère de John qu'elle était très mal à l'aise à l'idée d'être auscultée par lui. Même au son de sa voix.
Plus tard, ce fut au tour du Terminator d'être examiné. John, Sarah et moi, nous l'aidâmes à retirer sa longue veste en cuir ainsi que son t-shirt, nous dévoilant son torse imposant très musclé… et qui contenait plusieurs impacts de balle. J'étais abasourdie de voir autant de trous de balle de 9mm sur son dos et sur ses bras. Le torse du cyborg était musclé à bloc. Sans ces impacts de balle et si je ne savais pas que cet homme était une machine, j'aurais peut-être craqué sur lui.
John et moi, nous examinâmes sa veste qui contenait au moins, plus d'une vingtaine d'impacts pas balle.
- Ça te fait mal quand on te tire dessus ? demanda John.
- Je ressens les blessures, expliqua le cyborg, toujours neutre. La douleur est juste une donnée.
Sarah lavait les trous de balle dans son dos avec de l'alcool.
- Vous cicatrisez comme nous ? demanda Sarah, alors qu'elle retirait les balles du dos de l'imposant homme-machine avec une pince.
- Oui, approuva le Terminator.
- Tant mieux, poursuivit Sarah concentrée sur sa tâche, si vous ne pouvez pas passer pour un humain, vous nous servez à rien.
La mère de John atteignit dans les plaies sanglantes avec sa pince et retira les balles de 9mm toutes aplaties contre le corps du cyborg, qu'elle s'empressa de les jeter sur une table métallique.
- Combien de temps vis-tu ? Ou ta durée, je ne sais pas, demanda John, toujours en regardant son protecteur machine.
- 120 ans, avec ma pile actuelle, répondit le Terminator.
- Est-ce que vous pouvez vieillir comme un humain ? osait-je demander, timide.
- Oui, approuva le cyborg.
- Comment une machine peut-elle vieillir ? demanda Sarah, sceptique.
- Le tissu humain qui me recouvre est comme un tissu humain normal, je peux donc vieillir comme un humain sans pour autant être obsolète, expliqua tout simplement le Terminator.
- Est-ce que tu peux apprendre des choses qui n'ont pas été programmées ? demanda John, pour que tu puisses avoir l'air plus humain, et moins débile, quoi !
Le Terminator regarda John, avant de répondre.
- J'ai une unité centrale neuronale auto-évolutive. Skynet en bride des fonctions lorsqu'on est seul.
- Faut pas que vous réfléchissiez… rétorqua sombrement la mère de John.
- Non.
- Est-ce qu'on peut le réinitialiser ? demanda John.
- Oui, je suis d'accord, peut-on le faire ? ajoutai-je, toujours timide.
Sarah et le cyborg nous regardèrent avec d'étranges airs. Il était vraiment clair que je n'appartenais pas à ce monde.
Peu après, le Terminator avait remis son t-shirt et fut installé sur une chaise devant un miroir, tandis que Sarah suivait ses instructions pour retirer sa puce centrale du "cerveau" (si on peut dire) du cyborg.
Heureusement que j'étais fan de films d'horreurs, sinon, j'aurais été écœurée de voir Sarah faire une légère incision sur le côté droit de son crâne et lui retirer la peau avec quelques cheveux. Je pus voir sous sa peau une sorte de cylindre en métal sous du sang et de la peau.
Ce qui me fascinait, c'était que le Terminator était complètement calme. On était en train de lui entailler le crâne, cela n'avait vraiment pas l'air de le déranger.
- Dévissez les deux cylindres vers la gauche, dit-il à Sarah, son regard posé sur son reflet dans le miroir.
Sarah prit une mini-perceuse et se mit à la tâche de dévisser les cylindres. Une fois que cela fut fait, le Terminator reprit ses instructions :
- Maintenant, ouvrez le couvercle du port.
Elle nettoya le sang et utilisa les outils du garage pour dévisser le couvercle en cylindre. Puis, Sarah reprit la pince.
- Tirez et brisez le scellé.
Sarah obéit et retira le couvercle. On pouvait ainsi voir ce qui ressemblait à un clou énorme.
- Bien, retirez le bloc antichoc.
La mère de John suivit ses instructions et enfin on atteignit à ce qui semblait être l'intérieur de son crâne.
- Le processeur est au fond. Vous le voyez ?
- Oui, répondit Sarah.
- C'est sûr qu'on ne peut pas le louper, ajoutai-je en regardant de plus près.
- Pincez le corps du processeur. Et vous tirez, reprit le Terminator.
Sarah atteignit la puce avec la pince. Je regardai alors ce qu'elle venait de retirer, ainsi que John. Nous pouvions voir qu'il s'agissait d'un rectangle céramique rougeâtre avec un connecteur sur l'extrémité. Ça avait la taille et la forme d'un domino, constitué de petits cubes reliés entre eux.
C'était donc ça, le cerveau d'un Terminator ? Toutes les données et informations de l'homme-machine dans une si petite chose ? Une simple petite chose ? Comment cela pouvait-il faire des dégâts considérables à l'humanité ?
John et moi, nous regardâmes le Terminator. Ce dernier était inerte, immobile, comme quelqu'un de mort. John agita sa main, fit claquer ses doigts près de son visage… aucune réaction.
- Hou-hou ! fis-je au cyborg.
Toujours aucune réaction. Il semblait désactivé.
John leva alors son énorme bras, et le laissa en l'air. Son bras resta dans la position soulevée.
- C'est trop délirant ! murmurai-je.
Après un bref moment à regarder le corps inerte du cyborg, je voulus observer à nouveau la puce du processeur qui se trouvait dans les mains de Sarah. Celle-ci s'était éloignée de nous avec.
- Tu vois le commutateur ? demanda John en se retournant vers sa mère.
Sarah venait de poser la puce sur une table, et à côté, elle prit un gros marteau. Nous réalisâmes avec horreur ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle leva son marteau droit sur la puce.
- Non ! Non ! hurlâmes John et moi en même temps.
Immédiatement, John courut pour poser ses mains sur la puce, empêchant ainsi le marteau de cogner. Sarah avait un regard de haine et d'inhumain.
- Dégagez de là ! John et la gamine ! Dégagez ! nous tonna-t-elle.
- Mais qu'est-ce que vous faites ? demandai-je, affolée.
- Ne le tue pas, Maman ! incita John.
- C'est une machine, John. Pas un humain, rétorqua Sarah avec une voix sinistre.
- D'accord, mais on en a besoin de cette machine, répliqua John.
- Écoutez-moi bien, tous les deux, nous tonna la mère de John. On s'en sortira sans lui.
- Jusqu'à maintenant, il nous a bien protégé, rétorquai-je hors de moi. Pourquoi se débarrasser de lui, maintenant ?
- Il est la seule preuve du futur, de la guerre… de tout ça, ajouta mon nouvel ami.
- Peut-être, mais je ne lui fais pas confiance… objecta Sarah. Vous ne savez pas combien il est difficile d'en tuer de ces choses-là. C'est la seule et unique occasion qu'on a ! Dégagez !
- Madame Connor, attendez… intervins-je, à nouveau, vous l'avez dis vous-même, c'est une machine. Une machine qui contient des informations… sur le futur, sur ce qui va arriver… cette machine sait donc comment cette guerre a débuté, forcément. Donc, au lieu de la tuer, utilisons-la de cette chose. Si nous la détruisons, on va perdre notre meilleure chance d'empêcher ce truc de malheur d'arriver.
- Et n'oublie pas que je suis supposé devenir un grand chef militaire ! ajouta John, à son tour. Tu pourrais écouter mes idées de chef de temps à autre ! Parce que si ma mère ne le fait pas, qui est-ce qui m'écoutera ?
John retira alors ses mains de la puce. Dans un état second, sa mère nous regarda, ainsi que la puce. Puis, se mit à frapper le marteau juste à côté du "cerveau". Je soupirai de soulagement.
Il était vrai qu'au début, j'étais terrifiée par le Terminator, mais plus maintenant. Vu la façon dont il nous avait protégé aujourd'hui, je me sentais vraiment en sécurité auprès de lui. Je commençais même à l'apprécier comme un ami.
Sarah me faisait plus peur que les machines tueurs. Quand on la regardait, on dirait vraiment un personnage froid et sans âme.
- Très bien, faites comme vous le sentez, vous deux ! fit-elle en jetant avec désinvolture, le marteau sur la table.
John prit alors la puce, revint vers le Terminator, qui était toujours inerte. Il la réinséra dans son crâne.
Puis, la tête du cyborg bougea à nouveau. Il nous regarda à tour de rôle.
- Y a-t-il un problème ? demanda-t-il, toujours d'une voix neutre.
S'il savait ce que Sarah a bien failli lui faire, pensai-je dans ma tête.
- Non, aucun problème ! répondit John avec le sourire.
- Aucun problème pour le moment, ajoutai-je.
J'aidai John à remettre les couvercles à leurs places, tout en refermant le côté du crâne incisé. Voilà que je me mettais à jouer les chirurgiennes sur les hommes-machine. Si ma mère et Angie me voyaient…
En pensant à Angie, je réalisai que je n'avais toujours pas demandé quelle était mon rôle dans tout ça ? Il s'était passé tellement de choses depuis la mort d'Angie, que j'avais oublié de demander pourquoi le T-1000 en avait après moi.
Je me tournai alors vers le Terminator qui s'était relevé.
- Je voulais vous demander quelque chose ? fis-je timidement vers lui.
Le cyborg posa son regard sur moi, sans broncher ou dire un mot. Je m'empressais alors de lui demander :
- Pourquoi est-ce que le T-1000 veut ma mort ? Pourquoi… Skynet veut me voir disparaître ? En quoi suis-je mêlée à cette histoire d'apocalypse futuriste ?
Je sentis que la réponse allait beaucoup me déplaire. Je redoutais même ce qu'il allait me répondre. Mes craintes allaient bientôt être fondées.
- Samantha Davies deviendra le commandant-en-chef des opérations de la Résistance contre Skynet, expliqua le Terminator toujours d'une voix neutre en me regardant. Tu deviendras le bras-droit de John Connor. Un soldat totalement aguerri et un grand atout pour la Résistance.
Ces révélations me firent choquer. Je sentis les regards de John et de sa mère sur moi. J'allais devenir moi aussi, un grand soldat militaire ? Moi, qui ne sait même pas se défendre, qui tremble comme une feuille en voyant le T-1000. Celle-là, je l'avais pas vu venir !
Le Terminator me regarda, toujours avec son regard neutre habituel.
- Tu comptes parmi les meilleurs alliés de John Connor, jusqu'à ton élimination.
Là, j'avais l'impression d'avoir reçu un coup de massue dans le ventre. J'espérais avoir mal entendue. Non, il a du se tromper !
- Mon élimination ? Comment ça, mon élimination ? demandai-je totalement paniquée.
- Chez l'être humain, la mort est inéluctable, répondit le Terminator, neutre.
- Oui, ça je le savais, merci, répondis-je, mais encore ? Qu'est-ce qui va m'arriver ?
- Samantha Davies a été terminée le 11 juillet 2029, alors qu'elle était en mission de reconnaissance avec quelques résistants. Elle est restée en arrière pour secourir un soldat blessé, mais elle ne survit pas à l'attaque de mon modèle. Elle a donc été supprimée par un Terminator de mon modèle.
- Mais si elle a été tuée dans le futur, pourquoi Skynet veut la tuer dans le passé, demanda alors Sarah qui nous avait écouté.
- Skynet estime que Samantha Davies reste un obstacle pour la réussite de son projet pour écraser les humains. Si la mort de Samantha Davies venait à se faire plus tôt, ses chances de gagner seraient grandes.
Là, j'étais complètement assommée par le choc. Je ne pouvais que fixer, immobile, la silhouette imposante du Terminator.
C'était donc ça, ma vie ? Voilà à quoi elle se résumerait ? Voilà comment allait se dérouler mon futur ? À me faire tuer ? Survivre à une guerre nucléaire, combattre des machines tueuses jusqu'à ma mort ?
Là, c'en était trop ! Il fallait que ça s'arrêtait ! Je n'en pouvais plus ! Vraiment plus !
J'eus des larmes à mes yeux. Je posai alors mes mains dessus pour cacher mes sanglots. Je sentis la main de John se poser sur mon épaule. Il voulait sûrement me rassurer, mais moi, je ne voulais pas le voir. Je me dégageai de sa main réconfortante.
- Sam…
- John, laisse-moi… j'ai… j'ai besoin d'être seule… Laissez-moi tranquille !
Sans accorder un regard à qui que ce soit, je partis vers un coin du garage. Je trouvai alors la carcasse d'une voiture en réparation. Je me jetai alors à l'arrière, à plat ventre, et j'en profitai pour pleurer en silence.
Tout se brouillait dans ma tête. Ma meilleure amie était morte. Un cyborg tueur du futur voulait ma mort. J'étais en compagnie de la personne la plus importante à devenir, et voilà que j'apprenais mon rôle dans tout ça ! Je crois que j'aurais préféré ne pas connaître ça ! Je ne voulais pas croire le Terminator de la révélation qu'il venait de m'annoncer, et pourtant, une partie de moi y croyait.
Mes sanglots ne voulaient pas s'arrêter, j'étais incapable de m'empêcher de pleurer. C'était plus fort que moi.
Je me souvins des moments où j'étais triste. Quand ma mère était là pour me réconforter, elle me faisait du chocolat chaud, elle disait que c'était le meilleur moyen de remonter le moral. Je souhaitai plus que tout qu'elle soit là, pour me mettre en sécurité, m'abriter de toute cette folie…
Mais elle n'était plus là. Ma mère, Angie, mes amis… Mon existence d'avant venait de disparaître à jamais. En l'espace d'une journée. C'était fini ! La fille qui s'amusait avec ses amies, qui regardait des films d'horreur avec sa meilleure amie était morte ! Ce n'était plus moi. Quand on se perd en chemin, on n'a que deux solutions : tenter de retrouver la personne qu'on était, ou lui dire adieu pour toujours.
Je venais d'entrer dans ma nouvelle existence, mon futur. Je voulais oublier l'existence des Terminators, de John, de sa mère, de tout ça… mais c'était trop tard ! Mon destin ne pouvait-il pas être autrement ? Seul le temps me le dirait...
J'espère que ce chapitre vous a plu...
