TERMINATOR 2 LES CHRONIQUES DE SAM DAVIES
CHAPITRE 6 : LE FUTUR N'EST JAMAIS ÉCRIT
Quand j'avais cinq ans, à l'école, on m'avait demandé ce que je ferais comme métier quand je serais plus grande. Et sans hésiter, j'avais répondue : "Avocate, comme ma Maman." J'étais tellement fière d'elle que j'ai toujours voulue la prendre comme modèle. Je voulais lui ressembler. Aujourd'hui, avec tout ce que je savais, si j'avais su ce que l'avenir me réservait, j'aurais formulé une réponse bien différente. L'époque où je voulais suivre les traces de ma mère me paraissait bien lointaine, voir des siècles en arrière.
Nous roulions toujours dans le désert. J'ignorais tout de notre destination, mais vu les questions de Sarah au sujet de Dyson, je devinais qu'elle avait quelque chose en tête. L'avantage du désert était que c'était vaste et immense. Le T-1000 aurait bien du mal à nous localiser. Nous savoir hors de portée de lui me rassurait, même si j'étais plus effrayée par la perceptive d'une apocalypse imminente en marche.
Nous nous trouvions en plein dans le désert au nord-ouest de Calexico. Il y faisait une chaleur étouffante. Le Terminator conduisit la voiture sur une route pavée de sable et de gravier, traînant un énorme flot de poussière derrière.
Puis, nous arrivâmes devant un grand terrain vague, entouré de vieilles maisons remorques, de plusieurs véhicules indésirables et des déchets de style désertique. Derrière les remorques, il y avait une piste d'enfouissement, ainsi que l'épave d'un hélicoptère dépouillé.
Le Terminator arrêta la voiture dans un nuage de poussière. L'endroit avait l'air abandonné. Le seul bruit qu'on entendait était une porte d'une remorque qui se battait avec le vent.
Sarah descendit du véhicule.
- Restez dans la voiture, nous ordonna-t-elle.
Ça me disait rien de sortir dehors. J'attendis avec John et notre protecteur.
Sarah marcha en regardant autour d'elle, s'avançant vers une maison remorque. Elle appela quelqu'un du nom d'Enrique. Puis se mit à parler en espagnol.
Le bruit d'une arme retentit. Sarah se retourna en pointant son pistolet droit devant elle. Derrière une Jeep rouillée, j'aperçus un homme braquer un fusil à pompe à calibre 12 sur elle.
- Oh non, ça recommence ! m'écriai-je, m'attendant à une nouvelle fusillade.
Je mis mes mains sur mes oreilles, tandis que le Terminator bondit de la voiture en braquant son énorme fusil au loin.
Il ne se passa rien pendant un moment. L'homme qui tenait en joue Sarah, devait avoir la quarantaine. Un guatémaltèque avec un visage résistant aux intempéries et une grosse moustache. Il portait un gilet flak, aucune chemise, et des bottes de cow-boy.
- Tu es plutôt nerveuse, Connor, dit l'homme avec un fort accent mexicain.
Et son visage féroce se fendit en un large sourire. Il abaissa son arme et vint Sarah dans ses bras. De toute évidence, c'était un ami. Je baissai mes mains, et comme John, je sortis de la voiture en compagnie de notre protecteur cyborg.
J'aperçus Sarah et l'homme Enrique s'exprimer en espagnol. Il hurla un nom. Et je vis alors toute une famille descendre d'une maison remorque. Un jeune couple avec trois enfants en bas âge inclus un bébé d'un an. Je me sentis enfin soulagée qu'il n'y ait aucun danger et aucun risque de fusillade. Et le nouvel ami de Sarah se tourna vers nous.
- Hé, que pasa, mais c'est le grand John ! fit-il, jovial.
- Quoi de neuf, Enrique ! lança John.
Il me regarda et parla en espagnol. Je n'y comprenais pas un traite mot : je ne savais pas parler la langue. Tout ce que je sais dire en espagnol c'est Holà et amigo.
- Euh… Holà… moi Sam Davies, je me présentai. Euh… amigo à John.
- Ok…Sam et qui c'est lui ? demanda le mexicain en toisant le Terminator.
- No problemo, Enrique, lui c'est… Oncle Bob, intervint John. Oncle Bob, Sam, je vous présente Enrique.
- Enchanté ! répondis-je.
La femme du couple, après avoir enlacée Sarah, vint John pour l'étreindre et à lui parler en espagnol. Même si je la comprenais pas, par politesse, je la saluai également. Elle me fit une belle étreinte.
Je vis alors Enrique avec une bouteille de téquila. Il en proposa au Terminator. Ce dernier resta neutre, ne faisant pas un geste.
Ne voulant pas que notre protecteur se retrouve dans l'embarras, je me décidai à intervenir.
- Euh… Oncle Bob suit un traitement spécial. Il est un peu malade, son médecin lui a conseillé d'éviter de trop boire pour ne pas aggraver sa santé.
J'ignorais si il avait pris au sérieux le bobard que je venais de sortir, mais n'en dit mot. Sarah prit la bouteille et en but un coup.
Le Terminator regarda John avec un air confus.
- Oncle Bob ?
Mais John haussa les épaules. Je me tournai vers lui.
- C'est qui exactement ce Enrique ? chuchotai-je à mon ami.
- C'est un trafiquant d'armes, répliqua John. Le seul en qui Maman fait confiance pour ce qui est de trouver des armes pour m'apprendre à m'en servir, à me préparer pour le futur.
- Il sait pour la guerre nucléaire ? demandai-je.
- Surtout pas, il laisserai tomber ma mère. Il la prendrai pour folle.
Puis Enrique s'était de nouveau tourné vers Sarah en parlant notre langue :
- Dis-donc, Sarah, on ne parle que de vous, à la télé… Toi, John, la p'tite et votre costaud. Les flics deviennent dingues à vous chercher. Il paraît qu'ils ont trouvés le corps d'une jeune fille avec un trou dans le crâne. Et la copine de John est recherchée pour ça !
J'avais de nouveau l'impression d'avoir reçue un coup de massue dans le ventre. Ainsi les autorités nous recherchaient, et ils pensaient que j'avais quelque chose à voir avec la mort d'Angie. Remarque, on avait fait évader Sarah d'un hôpital psychiatrique, fallait pas s'étonner à avoir la police sur le dos.
Je vis alors que le Terminator soulevait le bébé du couple en l'air, le regardant avec curiosité, l'étudiant de tous les côtés, comme si il n'avait jamais vu de bébé.
Sarah reprit son air sérieux et froid, quand elle demanda à Enrique :
- Je viens ici pour affaires. Il me faut du matériel, des fringues, de la bouffe et un van.
Le mexicain but un coup de téquila avant de rétorquer d'un ton sec :
- Et pourquoi pas mes plombages pendant que tu y es ?
- Tout de suite, Enrique, fit Sarah sans appel.
Et elle se tourna vers le Terminator, John et moi :
- Vous trois, corvée d'armes.
- Quoi ? Corvée d'armes ? demandai-je confuse en regardant le Terminator.
- Allez venez avec moi ! nous dit John en nous entraînant vers un vieux Carterpillar rouillé garé derrière l'une des maisons.
John s'installa au volant et fit adroitement marche arrière vers le Terminator et moi qui attendions tout près, tenant à la main le bout d'une lourde chaîne qui se perdait dans le sable.
- Enroule-la, fit John en passant en marche avant.
Quand il se retourna, le Terminator tirait déjà la chaîne qu'il enroulait sur sa main et extirpait une énorme plaque de métal enterrée sous cinq centimètres de sable chaud.
- Bravo, dit John en sautant du tracteur et en s'approchant du trou rectangulaire dans le sol.
Le Terminator et moi le rejoignîmes et regardâmes ce qui ressemblait au couvercle d'une tombe.
- Une chose au sujet de ma mère, dit John quand nous le rejoignîmes dans la cachette, elle annonce toujours l'avenir.
Je regardai autour de moi, j'étais abasourdie. De toute mon existence, je n'avais encore jamais vu autant d'armes au même endroit. Dans la pièce obscure de moins de deux mètres de large et de plus de six mètres de long. Du sable tombait sur le côté des murs bordés d'armes à feu de presque toutes les sortes. Il y avait des pistolets, des fusils, des lance-fusées, des mortiers, du matériel radio, des RPG. Au bout de la pièce, des boîtes contenant des munitions, des grenades et des fusées montaient en piles jusqu'au plafond.
En voyant le Terminator autour des armes, je compris qu'il se sentait dans son élément. Notre protecteur observa l'endroit, en prenant un pistolet automatique MAC.
- C'est dingue ! murmurai-je.
Je regardai John, qui lui, n'était pas du tout choqué par la vue de toutes ces armes. Ce qui amplifiait mon choc.
- Et toi, ça ne te choque pas plus que ça, toutes ces armes ? je lui demandai.
- Sam, j'ai grandi dans des endroits comme ça, répondit mon ami en haussant les épaules. Et je croyais que le monde vivait comme ça. Se déplacer en hélicoptère. Apprendre à tout faire sauter. Et quand ma mère a fini à l'asile, je me suis retrouvé dans une école normale.
J'avais presque oublié que John n'avait pas eu la même enfance que moi. La perspective de mon avenir faisait à nouveau surface. Voir toutes ces armes me rappelait ce que j'avais appris du futur apocalyptique qui s'annonçait. Et je me sentais pas prête du tout à ça ! Jamais je ne pourrais être comme John. Devoir affronter une guerre nucléaire me semblait inconcevable !
John se tourna vers notre protecteur homme-machine :
- Est-ce qu'il t'arrive d'avoir peur ?
Je regardai le Terminator, voulant connaître sa réponse. Ce dernier répondit toujours avec son expression neutre :
- Non.
- Même pas de mourir ? poursuivit John.
- Ou même d'être désintégré ? ajoutai-je à mon tour.
- Non, répéta le Terminator, sans hésiter.
- Et tu n'éprouves rien à ce sujet dans un sens ou dans l'autre ?
Le cyborg avait donné la réponse automatique mais il continuait de réfléchir au paradoxe :
- Je dois rester fonctionnel jusqu'à ce que ma mission soit accomplie. Alors cela n'a pas d'importance.
- Ouais, je dois rester fonctionnel, moi aussi, répondit John. Comme dirait ma mère : c'est trop important.
Fonctionnel ? Facile pour le Terminator, c'était une machine programmé pour tuer, John l'était, parce qu'il avait été élevé ainsi. Moi, je n'étais pas à ma place dans ce monde. Je n'y appartenais pas du tout. Quel pouvait-on être ma voie dans tout ça ? Comment être fonctionnelle dans tout ça ? Comment je pouvais devenir cette personne du futur dont le cyborg m'avait parlé ? Et à quoi bon, en fin de compte ? Pour finir mourir au combat, comme un bon petit soldat ?
Je détournai le regard de tout ça et je sortis en trombe de l'abri souterrain à armes.
- Excusez-moi, j'ai besoin de temps, murmurai-je sans les regarder.
Une fois à l'extérieur, je courus me réfugier dans l'épave de l'hélicoptère, et j'en profitai pour pleurer un peu. Je repensais à Angie, mon destin funèbre, au T-1000, qui ne cesserait jamais de me traquer pour me tuer… Et cette fameuse date en 1997 qui allait changer le monde à jamais…
Jamais je n'y arriverai. Jamais je ne pourrais devenir comme John.
Alors que je pleurai, je sentis que quelqu'un venait vers moi. Je levai la tête, m'attendant à voir John, mais à mon grand dam, c'était sa mère qui venait vers moi, toujours avec son expression froide au visage.
- Pourquoi t'es pas avec John avec les armes ? me fit-elle, sèchement.
Je n'avais aucune envie de me confier à elle. John, lui me comprenait, pas comme Sarah.
- J'ai besoin de temps, me contentais-je de répondre simplement.
- Écoute, la gamine, t'es là-dedans, dorénavant, alors faut que tu te prépares à tout ça. Que tu fasses avec, et arrête de pleurer. Ces salopris de machine vont nous désintégrer si on ne les arrête pas ! Il faut qu'on soit plus malin qu'eux ! Alors arrête de chialer et mets-toi dans le travail !
Non mais sérieux, pour qui se prenait-elle de me donner des leçons de survie ? Là, j'étais en colère, et j'étais décidée à ne pas me laisser marcher sur les pieds.
- Déjà mon nom c'est Sam ! Arrêtez de m'appeler la gamine ! Parce que je ne suis pas votre gamine ! Et vous n'êtes pas ma mère, donc, je n'ai aucun comptes à vous rendre ! Vous n'avez pas à me dire ce que je dois faire ! Je suis bien consciente de ce qui nous attend ! J'ai vue ma meilleure amie se faire tuer par une de ces choses, en même temps que j'apprends le Jugement Dernier ! En ce moment, j'ai besoin de retrouver un semblant de normalité ! John, aussi en a besoin !
- Quoi ? fit Sarah, toujours colérique.
- Et si j'ai envie de pleurer, je pleure ! C'est mon droit, c'est ce qui fait mon humanité, et vous me l'enlèverez pas ! Parfois, pleurer ça fait du bien, et ça nous rend humains !
Sur ce, je m'éloignai de Sarah, voulant rester loin d'elle, sans ajouter quelque chose en plus. Je m'installai sur une petite table de pique-nique, et je me mis à regarder le désert. Puis mon regard se porta sur la famille mexicaine qui s'amusait avec leurs enfants. Voir toute cette joie enfantine me faisait du bien. Comme j'enviais leur innocence enfantine. Je comprenais pourquoi certains parents ne disaient pas forcément la vérité à leurs enfants. Par pure geste de protection. La protection contre le monde de brutes dans lequel nous vivons. C'était humain ce genre de geste. Je repensais à ce que j'étais hier. Une simple personne ordinaire qui allait regarder un film d'horreur avec sa meilleure amie. Aujourd'hui, j'étais devenue brisée par toutes ces révélations sur le futur…
Je baissai la tête, tout en voulant refouler mes larmes, quand une main se posa doucement sur mon épaule. Je levai la tête, et à ma grande surprise, je voyais le visage de ma propre mère qui me regardait avec un sourire doux. Maman ?
- Samantha, ma chérie, dit-elle, de sa voix pleine de douceur.
C'était vraiment Maman ? Est-ce que c'était un rêve… Ou une hallucination ? Quoi que ce soit, j'étais heureuse de la voir. Et encore, heureuse, le mot était faible.
- Maman, c'est vraiment toi ?
Elle hocha la tête. Aussitôt, je me jetai dans ses bras, les larmes aux yeux.
- Tu m'as tellement manqué !
- Je sais, me répondit Maman en douceur, mais ça va aller, Samantha ! Ça va aller !
- Je n'y arriverai pas, Maman ! Je ne suis pas fonctionnelle ! Je n'ai rien d'un soldat ! Je ne suis pas une guerrière… et j'ai peur… peur de ce qui pourrait m'arriver… je vais mourir…
Ma mère me caressa doucement mes cheveux, ce qui eut l'effet de me calmer. Je ne savais pas pourquoi, je me sentais totalement apaisée.
- Tu ne vas pas mourir, ma chérie. Ton heure n'est pas encore venu.
- Mon heure viendra plus tard, dans plusieurs années, si je ne meurs pas à cause du T-1000. Je mourrais comme un soldat qui meurt au combat.
À ma grande surprise, ma mère gardait toujours son sourire doux en me répondant :
- Qu'est-ce que tu en sais ? Que sais-tu vraiment du futur ? Tu dis ça parce que tu le penses vraiment ou est-ce que c'est parce qu'une machine qui te l'a dit ?
Je secouai la tête, toujours les larmes aux yeux.
- Et toi, comment peux-tu le savoir ? Tu n'existes pas… tu n'es pas vraiment là… Tu es morte… on est dans un rêve. Oui, je dois être en train de rêver… Tu n'existes pas vraiment…
- Exister vraiment c'est se présenter comme une entité concrète où être capable d'agir, me répondit simplement Maman. Et puis, même dans la mort, les gens que tu aimes ne te quittent jamais vraiment. Faire un rêve quel qui soit, est une expérience. Et une expérience c'est concret.
Je me blottis à nouveau dans ses bras.
- Tu n'imagines pas à quel point ça me fait du bien de te voir, Maman. Parce que j'ai besoin de toi. Surtout maintenant.
- Pas vraiment, Sam. Tu n'as pas besoin de moi pour avancer dans la vie. Parce que tu es forte.
Je secouai à nouveau la tête.
- Non, je ne le suis pas ! J'ai trop peur ! Je suis une trouillarde ! Et je suis brisée !
- C'est naturel d'avoir peur. Mais le vrai courage n'est pas l'absence de peur. C'est arriver à contrôler sa propre frayeur. Et je sais que tu en es capable, Sam.
- Et même, ça changera quoi que je devienne courageuse ? Je meurs dans tous les cas. Je connais mon avenir.
Mais ma mère secoua la tête en me regardant toujours avec un regard rassurant.
- Samantha, personne n'est capable de prédire l'avenir avec précision. Ni l'homme, ni même une machine. Le futur n'est jamais écrit. Il est vaste. Aussi vaste que ce désert qui nous entoure. Et il ne dépend que de toi. Ce n'est pas l'avenir qui compte le plus, c'est le présent qui importe. Ce sont nos décisions qui forgent notre destinée, ce que nous voulons être. Même si c'est chaotique, il y a toujours de l'espoir. On peut toujours arriver à changer la donne, quel qu'en soit l'issue. C'est pourquoi, tu ne dois jamais baisser les bras. Tu as toujours le choix, Sam. Ton futur quel qui soit, ne dépend que de toi et de tes décisions. Ton avenir, c'est toi qui le trace, c'est toi qui décide qui tu veux être et dans quel direction aller.
Ces mots avaient un effet positif sur moi. Ces derniers moments, je me sentais comme une épave, un porc destiné à l'abattoir. Et là, maintenant, je voyais l'avenir sous un nouvel angle. Je regardai ma mère avec tristesse.
- Tu veux bien rester avec moi, s'il te plaît, Maman ? lui demandai-je.
- Je ne suis jamais loin de toi, Samantha, me répondit-elle en douceur.
Et je me laissai bercer par ses belle chansons qu'elle me chantait quand j'étais petite. Je voulais tellement que ce moment durait longtemps.
Puis, je me réveillai. J'étais assise à la même table de pique-nique. Je voyais les mexicains s'amuser avec leurs enfants. J'aperçus John et le Terminator qui chargeaient le véhicule avec des armes.
Avais-je vraiment parlé à ma mère ? Où était-ce un rêve ? Quoi que c'était, ça m'avait redonné goût à la vie. J'étais bien déterminée à me battre. Et c'était sur ses résolutions que j'allais vers le Terminator.
- Sam, t'étais passé où ? me demanda John.
- J'avais besoin de temps et ça va mieux, répondis-je simplement.
Puis je m'adressai au Terminator :
- J'ai besoin que tu m'aides. Je veux que tu m'apprennes à me servir d'une arme. Comment on fait pour tirer. Comment on fait pour recharger quand c'est vide. Je veux que tu m'apprennes à me servir d'un flingue.
John était abasourdi, mais je ne lui prêtai aucune attention.
Pendant plus d'une heure, le cyborg me montrait les armes, m'indiquant comment recharger les revolvers, les crans de sûreté, le barillet… la totale…
J'étais attentive à tous ces leçons. Il m'apprenait à viser, puis à tirer. Il me tendit un pistolet noir. Il était lourd, mais j'avais une main ferme. Je la tenais fortement dans ma main. Curieusement, je ne tremblai pas.
Je la levai droit devant moi. Je revoyais la mort d'Angie et le visage sans expression du T-1000 et je m'imaginais en train de lui tirer dessus.
Un coup, je tirai sur une canette de bière, qui virevolta en l'air. La détonation ne m'avait pas du tout sursauté. Plus maintenant. Désormais, j'étais devenue Sam Davies, une combattante pour la survie de l'humanité. Je m'embrasai MON destin que j'allais tracer moi-même. J'étais prête à me battre, désormais.
