Et quoi ?
Chapitre 15
La jeune reine s'était matérialisée directement dans le penthouse.
Depuis des semaines, elle surveillait de loin sa mère. Ce n'était pas dur pour elle d'emprunter les branches d'Yggdrasil pour la rejoindre évidement. Elle ne le faisait que très rarement parce qu'elle savait la vision que sa présence causait à Loki. Il culpabiliserait toujours de ce qui lui était arrivé. De savoir maintenant que la mort de sa fille était probablement de la main même d'Odin serait encore pire. Si elle avait pu ne pas venir, elle l'aurait fait. Pourtant, la menace de Thanos la forçait à agir.
Et puis…Elle devait admettre que sa présence était un peu de l'égoïsme malgré tout. Elle aussi elle voulait que sa maman la prenne dans ses bras un peu.
Elle voulait rencontrer les prétendants de sa maman également. Les trois hommes étaient tous des mâles de valeur. Elle validerait n'importe lequel que choisirait Loki. Si même il en choisissait un.
Un peu perdue néanmoins, Héla balaya la pièce du regard.
Elle n'était jamais venue sur Midgar. C'était tellement différent de ce qu'elle connaissait qu'elle ne savait trop ce qu'elle cherchait.
Par contre, un frisson désagréable lui remonta dans le dos.
On l'observait !
Pourtant, elle ne sentait personne en vie aux alentours.
Elle sentait bien….Quelque chose, mais…
"- Miss Lokidottir, bonjour."
Immédiatement, une boule de feu apparu dans sa main.
"- Qui est là ?"
"- Miss Lokidottir, je suis JARVIS, je vais vous demander de bien vouloir réabsorber votre magie. J'anticipe un radius de destruction de 22m45 si vous la lancez et Monsieur Stark ne sera pas content de devoir refaire à nouveau les peintures."
Héla tourna sur elle-même, de plus en plus agitée
"- Qui est là !" Ordonna-t-elle. "Montrez-vous !"
La voix calme de l'IA reprit.
"- Je suis JARVIS, mademoiselle. Une IA construite par monsieur Stark. J'imagine que vous venez voir Loki Odinson ?"
Héla hocha la tête, sur la défensive.
"- Où est ma mère ?"
"- Monsieur Loki est avec vos frères et leurs pères sur Jotunheim pour les présenter à leurs grand parents."
Héla ne fut pas surprise. Elle savait depuis longtemps ce qu'elle était. Et donc ce qu'était sa mère. Si elle n'avait pas totalement suivit les évènements, elle savait en gros que Loki avait appris sa vraie nature. Par contre, elle n'avait pas prévu que Loki ne serait pas sur Midgar pour quelques jours.
"- Si vous voulez vous installer pour attendre…"
Un petit drone roulant apporta un verre et une bouteille d'un vin léger à la jeune femme.
Héla frémit encore.
Quelque chose n'allait pas.
"- Qu'es-tu créature ?"
Jarvis ne s'agaça pas.
Très calme, il se répéta.
"- Je suis une IA créé par monsieur Stark. Une intelligence artificielle développée grâce à ses compétences. Je contrôle cette tour et toutes les installations de monsieur Stark." Et tout SI maintenant mais ça, personne ne le savait ni n'avait besoin de le savoir. Tony ne ferait pas deux fois la même erreur. Le problème "Obadiah" ne se répèterait jamais. Jarvis restait en silencieux dans tous les systèmes, prêt à les arrêter en cas de besoin. Tony n'accepterait plus qu'on lui barbotte ses affaires sous son nez.
Héla faillit en faire tomber son verre.
"- Une…intelligence….Artificielle ? Mais…. As-tu un corps, créature ?"
"- Mon nom est Jarvis, mademoiselle. Et non, je n'ai pas de corps. Ou si vous préférez, cette tour ainsi que toutes les autres unités Stark sont mon corps, toutes en même temps.
La reine réalisa soudain d'où venait son malaise et pourquoi elle avait l'impression d'être observé.
Elle était observée oui. Par une âme.
Mais cette âme n'était pas devant elle comme c'était le cas dans son royaume.
Non. Elle était DANS cette âme. Comme si elle était DANS le corps d'une créature vivante.
Jarvis était vivant au sens premier du terme.
Héla se laissa tomber dans le canapé. Qui était donc cet humain qui brisait si facilement la substance même de l'univers ?
Elle resta immobile a réfléchir plusieurs heures puis se releva. Elle ne pouvait rester a attendre des jours.
"- Je reviendrais. Peux-tu ne pas prévenir ma mère de ma présence, Jarvis Starkson ? Je veux lui faire la surprise."
Jarvis en resta surpris mais accepta. Ça ne risquait pas de faire de mal à qui que ce soit.
"- A votre convenance, Mademoiselle Lokison."
"- Tu peux m'appeler Héla."
"- Bien Héla."
Puis elle disparut, l'esprit encore remplit de questions.
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"- Que fait mon fils, Heimdall ?"
"- Lequel, Majesté ?"
Odin jeta un regard noir et surpris tout à la fois au Gardien qui ne le regardait même pas, tout occupé qu'il était à observer ce que faisait Loki à Jotunheim.
"- Thor évidemment ! Que me chaud ce que font les autres."
Ils étaient tous inutiles pour le trône de toute façon. Qu'est-ce qu'il en avait à faire que Hodr se vautre avec ses catins ou que les jumeaux soient perdus dans leur Tour/bibliothèque au nord d'Asgard.
"- Il travaille à établir le traité qui nous rendra le Tesseract, Majesté."
Odin eut une moue dégoutée. Comme s'il y avait quelque chose à négocier ? Thor n'avait qu'à prendre ce qui leur appartenait et rentrer à la maison. De toute façon, que pouvaient vouloir les mortels ? Des peaux de bêtes ? De l'or ? Bah. Même dans ce cas, ce ne serait pas bien compliqué de leur abandonner quelques rogatons.
"- Que veulent ces misérables mortels ?"
"- Principalement de la technologie."
"- De la…Ils ne pourront jamais rien en faire !"
"- Thor a confié une pierre de guérison aux équipes technique et médicale du SHIELD, majesté. C'est l'organisation qui s'occupe de protéger Midgar. Leur "ingénierie inverse" leur a permis d'en copier les capacités curatives en moins d'une semaine majesté. Ces misérables mortels ne vivent plus dans des huttes en terre mais dans des gratte-ciel en verre et en acier mon roi. Ne les sous estimez pas. Ce ne sont plus des sauvages qui ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas. Non. Ce qu'ils ne comprennent pas, ils l'attrapent, le dissèquent et l'utilisent."
Odin frémit.
Comment était-ce possible ?
Il commençait à regretter d'avoir envoyé Thor avec des promesses de diplomatie. Sans doute aurait-il mieux fait d'aller chercher le Tesseract lui-même avec troupes et manœuvre. Ils auraient déjà la pierre et n'auraient rien à donner à ces inférieurs. Allaient-ils devoir calmer leurs illusions de grandeur comme ils l'avaient fait avec les autres royaumes ? Ça ne l'aurait pas étonné plus que ça.
Asgard était le Royaume Eternel, le plus grand et le plus puissant des Royaumes. Il ne laisserait aucun autre remettre leur importance en question ! Jamais !
S'il fallait les détruire pour ça, ce ne serait pas la première fois.
Malekith l'avait appris de son père à ses dépens, les Vanirs également. Ce n'était pas pour rien qu'ils allaient à cheval et qu'ils vivaient en clans nomades alors que les carcasses éventrées de cités effondrées tutoyaient encore le ciel dans certaines zones de Vanaheim.
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Laufey était satisfait.
Les trois humains avaient prouvés leur valeur. Il approuvait que ses petits-enfants les aient choisis comme père adoptif.
Bien sûr, il restait un problème : leur durée de vie.
C'était un problème qui pourrait se résoudre avec le temps évidement. Les prêtres de l'Hiver y travaillaient déjà. Sauf pour l'un d'eux. Pour lui, en l'état, personne ne pouvait rien faire.
Ce qui était la cause de leur présence à tous les trois, à Loptr et aux enfants dans le Grand Temple de l'Hiver.
La cassette, revenue à sa place, pulsait doucement pour les accueillir. Même si elle ne serait pas le point d'orgue de la fête, elle était quand même la seule qui pouvait faire quelque chose.
Les trois humains semblaient à la fois inquiets et curieux.
Autour d'eux, les prêtres de l'Hiver attendaient.
"- Ha. Vous êtes là."
Le Roi sourit, révélant ses crocs aiguisés.
"- Je suis satisfait de vos chasses à tous les trois. Même si vous avez chacun votre méthode." Et il disait ça en fixant Tony qui eut la grâce de légèrement rougir. "J'approuve votre relation à chacun avec mon fils et mes petits-enfants." Les gardes armés firent demi-tour et sortirent du temple.
Steve et Clint échangèrent un regard. Loki pâlit. Déjà, il n'aimait pas être dans le temple. Sa magie n'y fonctionnait quasi pas. Seule celle qui avait une influence interne, comme lorsqu'il avait changé sa couleur de peau devant Odin fonctionnait.
Les hommes avaient tous les trois comprit ce que signifiait le départ des gardes. Laufey n'eut-il pas approuvé qu'il les aurait probablement fait tuer puisqu'il ne pouvait empêcher Loki de repartir sur Midgar. Tony lui, n'en avait jamais douté. Aussi ne broncha-t-il même pas.
"- Néanmoins, il reste un problème. Je ne peux pas laisser mon fils et mes petits fils avec la peine potentielle d'un cadavre rapide sur les bras."
Sur un signe du roi, deux prêtres attrapèrent Tony par derrière. Avant que Steve, Clint ou Loki aient pu protester, l'humain avait été soulevé de terre, déposé avec rudesse à plat sur l'autel devant la cassette et le haut de ses vêtements arrachés.
Angrobda s'approcha du premier prêtre avec une dague de glace bleue très fine qu'il lui donna.
"- Père qu'est-ce que vous faites."
Il fallut deux prêtres pour ceinturer Steve pendant que deux autres s'occupaient de Clint et Loki.
Le jeune prince se débattait de toutes ses forces. Laufey retenait ses petits-enfants avec l'aide de Farbauti pour qu'ils n'interviennent pas davantage.
"- PERE ! QU'EST-CE QUE VOUS FAITES !" NOOOON !"
Le prêtre leva simplement la dague de glace au-dessus de Tony qui se débattait lui aussi avec l'énergie du désespoir. Puis il l'enfonça dans sa poitrine, juste à côté de l'ark, en plein cœur.
Tony lâcha un affreux cri de douleur puis s'immobilisa. Le sang coulait sur l'autel, vite congelé par le froid ambiant.
Loki s'arracha enfin des mains des prêtres avec un cri. Il se précipita sur Tony. Un filet de sang coulait de sa bouche. Ses yeux grands ouverts, fixes, ne quittaient pas le plafond.
"- Non, non, non…."
Loki pleurait en soulevant le corps de l'ingénieur pour le serrer contre lui.
Tony était mort. La glace bleue dans sa poitrine, juste à côté de l'ark, commença à fondre sans qu'il ne s'en rende compte et à s'insinuer dans la plaie, pas plus qu'il ne réalisa les présences de Clint et Steve, choqués, près de lui.
"- Tony…Tony, s'il te plait…." Mais l'ingénieur restait immobile et mou dans ses bras.
Puis l'humain prit une inspiration rauque. Le dos arqué à se rompre, il roula sur le côté pour se mettre à tousser lamentablement avant de vomir une grande masse de sang sur l'autel
Angrobda s'approcha. Sans le moindre dégout, elle fouilla dans les vomissures jusqu'à y trouver ce qu'elles cherchaient.
"- C'est fait, mon roi."
Laufey hocha la tête.
"- Parfait."
Les prêtres s'approchèrent pour remettre Tony à plat dos sur l'autel après avoir repoussé le prince et les deux autres humains. La glace avait fini de fondre et coulait lentement hors de la plaie, n'y laissant que de la chair rose et parfaite.
Lorsque Tony eut suffisamment récupéré et que la plaie de l'empalement en plein cœur ne fut plus qu'un petit disque rose sur son torse, Laufey s'approcha pour mettre quelque chose dans la main de l'ingénieur.
Perdu, hébété et encore convulsé de douleur, Tony mit un instant avant de réaliser ce qu'il avait dans la paume.
Puis il éclata d'un rire douloureux qui le fit tousser encore.
La vingtaine de minuscules éclats de métal s'enfoncèrent dans sa main lorsqu'il referma les doigts dessus.
"- Gardez votre Ark, humain. Mais ne craignez plus la morsure du métal sur votre cœur. L'Hiver l'a soigné."
Laufey ne laisserait pas son fils et ses petits-fils souffrirent de la mort de leur humain de quelque chose que l'Hiver pouvait guérir.
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Thor avait quitté la Terre.
Fandral l'avait supplié de rester a attendre son retour. Le prince n'avait pas besoin de lui n'est-ce pas ? Il pouvait bien rester pour un peu plus s'imprégner de la culture des humains. Ce serait bien plus bénéfique au prince et à sa mission que s'il faisait la navette avec lui. Non ?
Thor avait été surpris mais avait laissé Fandral faire à sa guise.
Il ne comprenait pas trop ce qui arrivait à son ami depuis qu'ils avaient débarqués au SHIELD mais si c'était ce qu'il voulait, il n'allait certainement pas l'en empêcher. Les arguments de son ami étaient, en plus, tout à fait cohérents.
C'était donc grâce à l'absence momentanée de Thor que Fandral était devant la jeune femme assise à son bureau
Si son prince avait été encore là, jamais il n'aurait trouvé le courage de venir.
La secrétaire haussa un sourcil à sa requête mais ne fit aucun commentaire. Elle décrocha simplement son téléphone et appuya sur le premier bouton en haut à gauche de son cisco.
"- …..Monsieur le Directeur ? Fandral Arnason demande à vous voir…. Oui c'est ce que je lui ai dit mais il insiste…..bien monsieur."
La secrétaire foudroya l'ase du regard. Il était 21h passé. Comme souvent, bien trop à son gout, le Directeur était encore à son poste. S'il n'y avait rien de particulier, il partirait vers 22h pour aller dormir quelques heures à son petit appartement, quelques étages plus hauts, puis reviendrait travailler à l'aube. Si une nouvelle catastrophe se présentait, il resterait à son poste et ne prendrait que quelques minutes de sommeil une fois ou deux par 12h, sur le canapé de son bureau. Ou une douche. Il avait un petit cabinet de toilette directement dans un coin du bureau. Mais sa secrétaire n'aimait pas ça. Elles étaient trois qui se relayaient H24 à ce poste. A elles trois, elles arrivaient à suivre le rythme de leur chef à tout seul. Le vieil agent était harassant. Il était fréquent qu'elles doivent appeler à l'aide un ou deux agents de plus pour les aider alors que le Directeur continuait sans dévier de son chemin.
Mais c'était justement à cause de sa force de travail qu'elles s'inquiétaient toutes pour lui. Il était une puissance de travail mais ni jeune, ni invulnérable. Elles l'avaient toutes vu épuisé ou malade d'angoisse plus souvent qu'à leur tour. Les rares fois où il faisait le tour du cadran était en général conditionné au somnifère qu'elles mettaient dans son café. S'il ne prenait pas soin de lui, il fallait bien que quelqu'un le fasse. Evidemment, ses deux héritiers potentiels étaient parfaitement dressés pour reprendre le flambeau lorsque le moment serait venu. Mais si la passation de pouvoir pouvait se faire proprement et pas parce que Fury serait mort d'épuisement, ce serait quand même pas plus mal.
Aussi, la secrétaire voyait d'un mauvais œil qu'un dignitaire étranger vienne demander à voir le directeur en pleine nuit.
"- Allez-y. Mais faites vite. La journée a été longue."
Fandral se permit un petit sourire timide avant de s'engouffrer dans le bureau.
Comme il s'y attendait, le Directeur était encore en plein travail, à lire et relire des piles de dossiers qui semblaient sans fin.
Fury leva à peine les yeux de son travail. Quand il le faisait, il commençait invariablement à perdre du temps.
"- Que puis-je pour vous ?"
Fandral eut du mal à décoller la langue de son palais. C'était toujours comme ça quand il se trouvait devant le directeur. Lui qui était normalement si décontracté et séducteur se transformait en gamin de 14 ans devant son premier crush.
"- Je…..Il est tard."
Fury finit par lever les yeux sur l'ase. Comme à chaque fois, il fut charmé par ce qu'il voyait. Fandral était quand même à croquer. Surtout avec cette mine timide et ses pommettes roses.
"- Vous êtes venu jusqu'ici pour me dire ça ?" Le Directeur aurait pu être plus cassant mais il ne put qu'être amusé.
"- Je….vous voulez diner ? Avec moi je veux dire ?" Fandral s'empourpra affreusement avant de baisser le nez comme un gosse prit en faute.
Sa proposition autant que sa réaction laissèrent Fury aussi perplexe qu'intéressé malgré lui. Il avait du travail. Il aurait dû lui dire d'aller se faire voir. Mais….il se surprit à s'entendre répondre un "pourquoi pas" qu'il n'aurait jamais dû prononcer.
Fandral releva la tête avec surprise. Il s'attendait à se faire jeter dehors à grands coups de pompe dans le fion
"- …Vraiment ?"
Fury était déjà en train de verrouiller ses accès. Il retira sa carte d'identification, posa sa main sur le panneau de commande du bureau, puis tapa un code sur un petit clavier.
Le Directeur attrapa son manteau au vol puis se dirigea vers la porte.
"- Alors, vous venez ?"
"- Heu… J'arrive."
"- Alice, je sors diner. Je rentrerais chez moi après. Vous avez mon accès s'il se passe quelque chose."
La secrétaire en resta comme deux ronds de flancs. En quinze ans qu'elle était la secrétaire de Fury, c'était la première fois qu'il sortait comme ça avec quelqu'un sur un coup de tête.
"- Bien monsieur."
Si elle était contente qu'il se change un peu les idées, elle restait un agent avant tout. Une fois les deux hommes sortis, elle sauta donc sur le téléphone pour qu'une équipe de protection rapprochée suive le directeur à distance raisonnable. Autant pour qu'il ne lui arrive rien que pour surveiller qu'il ne fasse pas n'importe quoi.
Malgré tout, c'est avec un petit sourire qu'elle se remit au travail en attendant que sa collègue vienne la relever de son poste. Si ce guerrier Ase pouvait détendre un peu leur Directeur de son trop prenant travail, elle voulait bien lui laisser une chance.
"- Ou allons-nous ?"
Fandral sursauta presque.
Il était tellement surpris que le directeur ai accepté sa proposition qu'il ne savait même pas où l'emmener.
"- Et bien…"
Fury attrapa des clés de véhicule sur un grand panneau puis signa l'emprunt sur une borne.
"- Montez."
Le Directeur se mit au volant. Encore perdu, Fandral obéit sans savoir quoi dire. Ils sortirent tranquillement du Triskelion puis roulèrent un peu. Fury observait le blondinet du coin de l'œil. Son esprit suspicieux attendait la traitrise évidement. Mais soit le gamin était bien meilleur comédien qu'il ne l'attendait, soit son invitation était totalement innocente. A ses manières, le Directeur penchait pour la seconde solution.
Il sentit une douce chaleur remonter dans son ventre avant de s'auto insulter. Allons. Etait-il donc un enfant de 15 ans pour se comporter comme ça ?
"- Vous avez déjà gouté de la pizza ?"
Fandral sursauta encore.
"- Non. Je ne crois pas."
"- Parfait."
Ils roulèrent encore un peu en silence jusqu'à un bouiboui paumé entre deux bâtiments de brique rouge.
Fury se gara dans la rue latérale la plus proche puis descendit du véhicule, Fandral sur ses talons. Il entra dans le petit restaurant ou un propriétaire des lieux lui indiqua immédiatement une table. Le restau, même a cette heure de la nuit, était bondé.
"- Ils sont ouvert H24."
"- H…24 ?"
"- En permanence. Ils ne ferment jamais. Il y a plusieurs équipent de cuisiniers et de serveurs."
Les pizzas du lieu étaient absolument délicieuses.
"- La carte est sur le mur."
Fandral jeta un coup d'œil autours de lui pour comprendre ce qu'il était venu manger, puis sur la liste de pizza écrite à la grosse craie sur le mur noir.
"- Alors ?"
L'ase haussa les épaules.
"- Je ne sais pas quoi prendre."
Au courant de l'appétit de ces bestioles-là, Fury commanda une junior de chaque.
C'est avec un sourire charmé qu'il observa Fandral dévorer son repas.
Lorsqu'il fut temps de rentrer au Triskelion, le Directeur ne put que se surprendre, la seconde fois de la soirée, en lui proposant un petit tour de la ville.
Il avait envie de rester un peu seul avec le guerrier.
Quand ils s'arrêtèrent sur les quais, il ne fut pas surprenant qu'ils finissent par s'embrasser rudement comme deux ados qui craignaient d'être surpris par leurs parents.
Rentrer vu difficile.
Se séparer pour aller dormir encore plus.
Néanmoins, la promesse d'un autre diner le lendemain était assez pour qu'ils parviennent a se lâcher une fois arrivé à l'étage de Fandral.
Fury se laissa tomber sur son lit. La tête lui tournait.
Cette soirée avait été…étrange.
Aussi étrange que satisfaisante.
Ils auraient pu se sauter dessus immédiatement mais ni l'un ni l'autre n'en avait eu réellement envie. Ils voulaient prendre leur temps.
A sa grande consternation, le vieux Directeur réalisait qu'ils se comportaient comme s'ils espéraient construire quelque chose et ne pas simplement se satisfaire d'un quickie entre deux portes.
"- Mais qu'est ce qui m'arrive à moi ?"
Il devenait fou ou quoi ?
Le medlab n'avait rien trouvé qui puisse expliquer son attirance pour Fandral à part un bon vieux coup de foudre des familles comme ça arrivait à n'importe qui.
Le Directeur du SHIELD était amoureux comme un gamin.
Il grogna.
"- Et ben on n'est pas sorti des ronces." Soupira-t-il en souriant.
Il aurait dû être en colère contre lui-même. Pourtant, il était incapable de faire autre chose qu'anticiper avec des papillons dans le ventre son diner du lendemain.
C'était écœurant de mièvrerie.
Lorsqu'on l'appela pour lui signaler une alerte au Frigo, il en fut soulagé.
Voilà, ça c'était normal.
Une bonne petite catastrophe des familles ! Ca il savait gérer. Son cœur de vieux fou qui se réveillait avec 40 ans de retard ? Il avait vachement plus de mal.
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Le Soldat de l'Hiver appuya sur le bouton de dial rapide de son téléphone.
"- Monsieur ? Ils sont revenus."
Pierce en fut soulagé.
Enfin. Après presque quatre jours, Stark, Rogers et la famille de monstres étaient à nouveau là.
"- Ils ne sont pas seuls monsieur"
"- Pas seul ?"
"- Non monsieur. Une grande créature toute bleue les accompagne."
Un autre monstre ? Damn.
"- Continuez la surveillance. Elimination en standby."
"- A vos ordres."
Le Soldat raccrocha.
Il avait été sorti de cryogénie depuis près de dix jours à présent. Il était rare, quasi inédite même, qu'on le laisse dehors aussi longtemps. Et surtout, sans le passer à la débroussailleuse.
Sans doute pour ça que lorsque la cible Steve Rogers se mit à sourire au petit garcon dans ses bras, le Soldat se sentit sourire lui-même.
Sans doute l'unique raison pour laquelle il eut un instant l'envie de poser son arme et d'aller les voir.
Une langueur qu'il n'avait pas souvenir d'avoir jamais ressenti lui remonta dans le ventre.
C'était comme tendre la main vers le plat bord d'un bateau tout juste hors de sa portée avant de se noyer et hurler pour tenter quand même de l'atteindre avant de mourir.
Est-ce que quelqu'un l'aiderait à attraper le bord du bateau avant qu'il ne se noie ou allait-on lui mettre un coup de rame sur la tête ?
Le Soldat se prit le crane entre ses mains pendant qu'un nom remontait à son esprit.
"- Bucky."
Qui était Bucky ?
C'était comme s'il s'était déjà posé cette question des milliers de fois et qu'on la lui avait arraché tout autant.
Bucky.
Pourquoi entendait-il la Cible Steve Rogers prononcer ce nom en lui souriant ?
"- Bucky."
Il répéta le nom plusieurs fois. Non. Ce n'était pas sa gorge qui le prononçait. C'était Stevie.
Stevie ?
