Et quoi ?
Chapitre 17
Sam Wilson tenait à la main une feuille de papier qu'il avait imprimé comme le lui demandait le mail qu'il avait reçu.
Au début, il avait cru à une blague.
Après un coup de fil au numéro indiqué, il avait se rendre à l'évidence : Il était invité a la tour Stark par Mr Stark lui-même.
Bien sûr, il ne pouvait pas savoir que le Mr Stark en question n'était pas Anthony Edward mais Jarvis Edwin.
Jarvis s'était depuis longtemps créé une véritable identité même s'il n'aurait jamais de corps. C'était infiniment plus facile avec une identité réelle pour certaines choses.
Sam leva les yeux vers le haut de la tour Stark
C'était grand quand même.
Il passa les portes rotatives puis s'immobilisa à nouveau. Ou était l'accueil ?
Ha… Ça devait être le grand comptoir avec des clones blondes souriantes.
"- Heu…Bonjour…"
"- Bonjour, bienvenue à la tour Stark. Avez-vous rendez-vous ?"
Si les 20 derniers étages étaient exclusivement réservés à Tony, son atelier, son labo et ses amis, les soixante étages en dessous étaient des étages de bureau et de labos.
"- Heu…Oui."
"- Bien, avec qui ?"
Sam tendit le papier.
C'était juste le mail avec un QR code dessus.
La demoiselle de l'accueil prit la feuille, parut surprise, puis demanda a une de ses collègues en poste depuis plus longtemps qu'elle.
"- Il faut juste le scanner avec la webcam."
L'ancienne lui montra et attendit. Une page apparut sur le pc puis un badge sortit de la zebra sur le côté sans qu'elle n'ait rien à faire. Jarvis s'occupait de tout. Le QR Code n'était là que pour prévenir Jarvis que son invité était là.
"- …..Sécurité ?"
Un des hommes en arme s'approcha.
"- Un problème ?"
"- Pouvez-vous escorter monsieur jusqu'à l'ascenseur direct ?"
Le gars de la sécurité paru surpris mais moins que Sam.
"- Est-ce que vous pouvez me dire pourquoi j'ai rendez-vous ici ?"
"- …Vous ne savez pas ?"
"- Non, j'ai juste reçu un mail me demandant de venir ici avec le papier."
"- Ha… je vois…" La jeune femme ne répondit pas a la question mais tendit le badge à Sam "Suivez monsieur jusqu'à l'ascenseur voulez-vous ?"
De plus en plus perdu et perplexe, Sam obéit.
Il ne tarda pas à se retrouver dans un petit ascenseur tapissé de velours avec une moquette tellement épaisse qu'il risquerait sans doute d'y perdre une main s'il tombait par terre. Vraiment, les riches n'avaient pas les mêmes problèmes que tout le monde.
"- Bonjour monsieur Wilson. Je suis Jarvis. C'est moi qui vous ai convoqué ici. Vous allez rencontrer monsieur Stark et monsieur Rogers."
"- Heu…"
"- Je suis une IA créé par monsieur Stark pour veiller à son bienêtre. Je vous ai convoqué pour monsieur Rogers. Cette unité a estimé que vous ferez un excellent ami pour lui."
Sam en resta les bras ballants. C'était QUOI cette blague ? Il n'était pas baby-sitter. Ni rien du tout sitter d'ailleurs !
La porte de l'ascenseur finit par s'ouvrir sur un grand salon avec des canapés placés en rond autours d'une table basse en verre.
Autours de la table, deux enfants s'étaient assis par terre pour colorier des gros cahiers en mauvais papier avec des dessins grossiers dedans. Sam se rappelait avoir eu la même chose quand il était gosse. Comme probablement tous les enfants du monde occidental ou presque.
"- Bonjour monsieur ! Papa t'as invité ?" Salua le plus grand des deux gamins.
L'autre lui dédia un sourire aux dents aigues de carnassier.
"- B'jour ! T'es qui ?"
"- Monsieur Wilson est là pour voir monsieur Rogers." Expliqua Jarvis.
Immédiatement, les deux gamins perdirent leur curiosité.
"- D'accord." Et ils se remirent à colorier avec leurs crayolas.
L'humain n'était pas une menace donc tout allait bien.
"- Hé ! Alors on a un invité ?"
Sam était de plus en plus mal à l'aise. Qu'est-ce qu'il fichait là ? Qui était ces gens ? Il n'aimait pas avoir toutes les cartes en main. C'était comme une mission sur laquelle il aurait eu zéro briefing : dangereux.
"- Clint Barton." L'agent lui tendit la main. "Qu'est-ce que vous faites ici ?"
"- Visiblement, j'ai été invité par monsieur Stark ?" Non mais il n'aurait jamais dû accepter l'invitation.
"- Jarvis, t'es au courant ?"
"- Evidement Agent Barton, c'est moi qui ait invité monsieur Wilson. Monsieur Rogers a besoin d'un ami."
Clint éclata de rire.
"- Tu joues les marieuses maintenant ?"
Jarvis aurait pu qu'il aurait reniflé avec hauteur et Sam rougissait affreusement tout court. C'était une blague ?
"- Ne soyez pas stupide, Agent Barton. Le Capitaine Rogers a besoin d'aide. Et vous le savez."
"- Je n'aime pas quand on parle derrière mon dos, Jarvis. Pourquoi m'as-tu fait venir ?"
Steve avait les sourcils froncés, les mains couvertes de gris de crayon et son t-shirt était taché par de la poudre de pastel. L'anniversaire du Directeur Fury était proche même si personne n'était censé être au courant et Steve comptait bien lui offrir une toile avec toute sa famille hétéroclite que l'arrivée de Loki avait jetée dans les bras du Directeur sans qu'il n'ait jamais rien demandé. Mais Steve n'était pas idiot. Même si Fury ronchonnait beaucoup, il adorait les gamins. Et leurs parents par extension.
"- Capitaine, vous connaissez déjà Sam Wilson."
"- Nous nous sommes rencontrés." Il tendit la main pour serrer celle de l'ancien militaire, un large sourire aux lèvres. "Salut."
"- Je lui ai demandé de venir pour vous voir."
"- ….Jarvis ?"
"- Vous restez trop confiné ici, Capitaine. Ce n'est pas ainsi que vous allez vous intégrer au 21eme siècle.
"- Hé ! Je peux le faire moi !" Protesta Clint.
"- Vous êtes un agent, Agent Barton. Vous ne savez pas ce qu'est la vraie vie des vrais gens. Pas plus que l'Agent Coulson, le Directeur Fury ou pire, monsieur Stark ou le prince Loki."
"- Je suis là pour jouer les nounous ? Les guides touristiques ?
Cette situation ubuesque commençait à amuser grandement Sam.
Steve était écarlate.
Il se passa une main sur la nuque, consterné d'être traité en enfant de huit ans qui n'est pas capable de se trouver des copains tout seul. C'était un peu revenir à son enfance quand Bucky était le seul quoi arrivait à se faire des amis et tentait d'aider Steve à s'en fait lui aussi.
Ca n'avait jamais marché à l'époque.
"- J'ai déjà prévu un planning qui…"
"- Ca va aller Jarvis !" Remercia Steve en coupant au l'IA.
Il attrapa une des cartes de crédit noir qui attendaient près de l'ascenseur privatif. Tony leur avait fait un quasi scandale. S'ils voulaient sortir, qu'ils prennent une des cartes. Elles étaient là pour ça. Et oui, il payait tout. Et non, il s'en fichait ! Bon dieu, il se faisait plus d'argent pendant un éternuement que tout ce qu'ils pouvaient dépenser à eux tous en une journée. Alors qu'ils prennent ces foutues cartes pour leurs menues dépenses et qu'ils les utilisent ! Flute !
Tony c'était tellement énervé que tout le monde avait fini par les prendre, ne serait-ce que pour qu'il arrête de râler. Même l'agent Coulson en utilisait une de loin en loin, plus pour ne pas mettre Tony en colère une fois de plus.
C'était Fury qui leur avait expliqué. Tony ne savait pas gérer les sentiments. Il ne savait pas montrer aux gens qu'il tenait à eux. Alors il faisait comme son père avant lui et dilapidait son argent pour eux. S'ils voulaient que Tony soit content, ils prenaient ces fichues cartes, s'achetaient quelques petites choses avec, et Tony aurait l'impression que son affection pour eux était bien comprise.
Ca consternait un peu Steve que Tony soit à ce point endommagé, mais il se faisait un point d'honneur à les utiliser. C'était avec ces cartes qu'il avait acheté le matériel de peinture et de dessin qu'il avait. Sa première toile avait été un pastel avec Tony dans son labo en train de travailler, Toi et Dumm-E près de lui, une de ses armures à moitié démontée près de lui et un écran illuminé qui était censé représenter Jarvis à sa droite.
Lorsqu'il l'avait donné à l'ingénieur, Tony avait failli fondre en larmes. Il avait donc insulté le Capitaine avant d'aller se cacher dans son labo.
La toile avait remplacé un Pollock sur le mur et était derrière une vitre blindé. Tony se fichait du Pollock à plusieurs millions. Qu'il soit abimé dans une explosion ou à cause d'un répulseur mal calibré n'avait aucune importance à ses yeux. Le pastel de Steve à l'inverse valait toutes les Jocondes du monde à ses yeux.
Steve attrapa Sam par le bras et reprit l'ascenseur pour descendre.
"- Je suis désolé. Jarvis n'aurait jamais dû faire ça. Mais il est programmé pour le bien être de ses humains avant toute chose. Je ne sais pas ce qui lui a pris."
Sam se laissait trimbaler un peu comme un sac, complètement perdu dans la débauche d'évènements qui se succédaient à vitesse soutenue.
Alors, ce type était réellement Captain America ? C'était ce qui ressortait ce tout ce qui venait de se passer. Il logeait chez Tony Stark avec au moins un autre type et des enfants dont un appelait Stark "papa" ? Tout ça posait des questions auxquelles il ne pouvait répondre.
Sam ne savait même pas s'il voulait pouvoir y répondre.
Les deux hommes sortirent de la tour pour aller s'attabler au café juste en face. A force d'y aller tout le temps, Jarvis y avait carrément ouvert un compte pour ses charges humaines et payait directement par virement une fois par mois. Le compte était également ouvert pour les employés qui pouvaient y manger tous les jours s'ils ne voulaient pas aller à la cafeteria de l'immeuble. Il suffisait qu'ils présentent leur badge SI pour y manger ou y boire un café à l'œil.
Steve fit signe à un des serveurs.
"- Que prendrez-vous ?"
"- Café noir, double."
"- Et monsieur ?"
Sam sursauta.
"- Comme heu…pareil."
"- Deux doubles noirs."
Le serveur s'éloigna pour revenir quelques instants plus tard avec leurs commandes.
Une fois servit, Steve s'excusa encore.
"- Jarvis ne pensait pas à mal."
Et lui était finalement content de revoir Sam. Même s'ils n'avaient échangé que quelques phrases, l'ancien soldat lui avait paru gentil et la tête sur les épaules. Ce qui manquait cruellement à sa vie depuis sa décongélation. Avoir été précipité dans le monde de Tony Stark, du SHIELD et Loki Laufeyson était…épuisant. Sans compter le 21eme siècle qui lui donnait envie de pleurer régulièrement.
"- Je suppose que je dois trouver flatteur qu'on m'estime digne de rencontrer Captain America." Finit par lâcher Sam.
Steve rougit.
"- Pitié. Je suis juste Steve Rogers, un petit gars de Brooklyn."
"- Qui joggue trois fois plus vite que je ne sprinte. Bien sûr, bien sûr."
Steve eut un large sourire. Au moins Sam arrivait à plaisanter avec lui.
"- Je suis content de vous voir malgré les manipulations de Jarvis."
"- Vous auriez pu venir au rendez-vous des vétérans."
Steve perdit son sourire.
"- J'aurais pu…"
"- Mais vous avez peur. Peur de devoir faire face à ce qui était encore votre quotidien il y a peu mais qui en même temps reste presque rassurant face à un futur que vous devez accepter comme votre présent et auquel vous ne comprenez pas grand-chose."
Le Captain finit sa tasse de café d'une gorgée sans se soucier de se bruler la langue. Il fit signe au serveur de lui remettre la même chose.
"- Je crois que je comprends pourquoi Jarvis vous a demandé de venir. Vous avez une capacité remarquable à mettre des mots sur des cauchemars qui me laissent au bord du hurlement."
Sam posa presque timidement sa main sur le poignet de Steve. Il comprenait mieux en effet ce qu'il faisait là. Ce type était peut-être Captain America justement. Mais il était aussi cassé que les autres à l'intérieur.
"- Vous êtes peut-être Captain America, Steve Rogers. Mais avant tout, vous êtes un simple humain. Et les humains réagissent tous pareil face à l'horreur de la guerre. Pire, ils y réagissent tous pareil une fois qu'ils rentrent à la maison. Souvent, ce n'est pas la guerre le pire. C'est de rentrer. Surtout quand il n'y a plus personne pour vous attendre."
La tasse vide dans les mains de Steve explosa sous la pression.
Comme toujours spectateur silencieux via le téléphone de ses humains, Jarvis s'en auto serrait les processeurs puisqu'il n'avait pas de main.
Ça, c'était fait. Le Captain irait mieux. Le processus d'acclimatation de Steve Rogers commencé avec son arrivée à la tour et la présence de son maitre, Loki, Barton et les autres allait s'accélérer maintenant. Il hurlerait moins à s'en mettre les cordes vocales à vif en se réveillant de ses cauchemars
Puisqu'il ne voulait pas aller voir un conseiller, autant faire venir le conseiller à lui. Et si en plus ils pouvaient devenir amis, c'était tout bénéfice.
Son maitre avait presque finit l'aile volante nouveau modèle… oui, autant envoyer le dossier de Sam Wilson à Nick Fury.
Le directeur allait encore râler que Jarvis se mêlait de ce qui ne le regardait pas mais Jarvis faisait au contraire exactement son boulot : Protéger son maitre.
En la circonstance ça se résumait à prendre soin des gens autour de lui. Tony Stark avait gagné plus d'amis en quelques mois avec l'arrivée de Loki Laufeyson qu'il en avait eu dans sa vie entière. Jarvis se battrait bec et ongles pour protéger ça. Tant que ces gens le mériteraient.
S'ils trahissaient son maitre, il y mettrait la même énergie pour les écrases et les détruire.
Et bien sûr, Tony n'avait pas besoin de le savoir.
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Le Soldat était furieux. Une fureur qu'il ne s'expliquait pas.
Depuis des jours, il avait préparé l'enlèvement de Stark comme prévu.
On lui avait donné des ordres, il avait obéit malgré son malaise croissant. Chaque jour, il passait des heures à observer les gens vivre dans la Tour Stark avec un mélange de langueur, de peur, d'incompréhension et de désir qu'il ne comprenait pas.
Il était le Soldat de l'Hiver.
Il ne ressentait rien normalement. Il recevait ses ordres et il obéissait. Régulièrement, on lui zappait le cerveau et on le remettait au frais.
Là, cela faisait maintenant plus de sept semaines qu'il n'avait pas été reconditionné. Jamais on ne l'avait laissé à lui-même aussi longtemps. Bien sûr, une équipe de soutient était là, proche, à le surveiller autant qu'à lui apporter un soutien logistique s'il le fallait. Mais ce n'était que des humains. Avec la routine, leur surveillance s'étiolait de jours en jours.
Il ne savait pas ce qui se passait avec ses maitres mais pour l'oublier ainsi, ils devaient avoir d'autres chats à fouetter.
Ça avait des avantages évidement. Chaque jour, il retrouvait un peu plus de souvenirs.
Il se rappelait surtout de Stevie. Captain America.
Ça, il s'en souvenait.
Son Stevie, si petit, si maigre, si malade, mais avec un cœur plus grand que le Texas, qui était devenu Captain America.
Pour lui, pour Bucky, il n'y aurait jamais que Stevie.
Le Soldat de l'Hiver avait de moins en moins d'existence dans son esprit emplit de cicatrices encore à vif. Comme Captain America n'était qu'une couverture ridicule pour des idiots qui n'étaient pas capables d'apprécier Stevie.
Plus d'une fois, en pleine nuit, il avait été tenté d'aller trouver Stevie.
Quelques nuits plus tôt, il avait même quitté son poste d'observation. Il s'était retrouvé au pied de la tour, immobile, perdu et inexplicablement terrifié.
Et s'il retrouvait Stevie ? Et si Stevie le chassait ?
Et si Stevie apprenait tout ce que le Soldat de l'Hiver avait fait ?
…..S'il le haïssait pour tous les morts qu'il avait semé derrière lui depuis des années ?
Captain America était un Héros.
Lui….Lui était un Méchant.
C'était le boulot des Héros de tuer les Méchants.
Alors le Soldat s'était concentré sur ses ordres. Il avait passé plusieurs jours à préparer l'enlèvement ordonné. Stark n'était pas n'importe qui. L'enlèvement serait difficile mais il était prêt.
Il avait réclamé quelques hommes pour faire diversion. Ce serait un sacrifice évidement mais peu importait pour lui que des hommes d'Hydra meurt ou fasse des claquettes. Ils n'étaient même pas de la viande pour lui. La viande, il pouvait la manger. Ces hommes là ? Ils ne valaient même pas les balles qui les tueraient.
Tout était finalement prêt. Quand Stark sortirait la prochaine fois sans son armure, ils seraient prêt et réactifs et….
Qui était ce type avec Stevie ?
Une bouffée noire de quelque chose qu'il n'arrivait pas à reconnaitre éclata dans le ventre du Soldat.
Ses doigts de métal se refermèrent sur la crosse de son arme.
Sans qu'il ne puisse y réfléchir, totalement aveuglé par une émotion qui lui était totalement étrangère, il arma son fusil de sniper.
Il pouvait avoir ce type. Il pouvait le tuer. Une balle dans la tête et il serait débarrassé de ce parasite
Comment osait-il toucher Stevie ?
La mission n'avait plus d'importance à cet instant. Sa couverture n'avait plus d'importance. Seule comptait cette main sur le poignet de SON Stevie. Il allait tuer ce type.
La radio du Soldat prit soudain vie à sa ceinture.
Un grondement lui échappa. Ne pouvait-on le laisser tuer tranquille nom d'une bouteille de vodka de contrebande ?
"- A vos ordres."
"- Annulation. Revenez immédiatement."
Le Soldat sentit ses intestins se serrer.
Pourquoi ? Le surveillait-on quand même ? Avait-on vu ce qu'il allait faire ? Une bouffée de panique l'envahis. Il ne voulait pas être effacé à nouveau. Il ne voulait pas oublier Stevie !
"- J'allais…" Il allait quoi ? Tuer le nouveau petit copain de Captain America ?
"- Je sais." La voix de Pierce était un peu paniquée "Annulation. Revenez."
Le Soldat ne put qu'obéir. Ils savaient. Ils savaient. Ils allaient l'effacer une fois de plus mais sa programmation l'empêchait de désobéir malgré tout.
Le visage de marbre, Barnes renvoya ses hommes par radio puis se glissa dans les ombres une fois sur qu'ils avaient tous dégagé. Une voiture vint le chercher. Il y monta en silence.
Aurait-il dû fuir ? Il aurait pu. Mais sa programmation était encore trop présente. Il lui était encore impossible de désobéir à un ordre direct malgré son désir désespéré de rester lui-même.
Un scientifique d'Hydra lui donna des suppléments alimentaires qu'il avala par habitude. Comme toujours, le gout était répugnant.
Depuis quand se souciait-il du gout ? Non, il se souciait surtout qu'on lui en donne. On ne lui donnait jamais rien dans les 24h avant un effacement ou la cryo. C'était trop dangereux.
Après une heure de route et trois heures de vol, il descendit de la voiture qui était venu les chercher à l'aérodrome avec les agents d'Hydra qui le suivaient toujours au moins de loin.
Pierce l'attendait, visiblement agité et inquiet.
"- Monsieur."
"- Ils ont disparu !"
"- …Monsieur ?"
"- La base Pegasus ! Vide ! Ils ont disparu !"
Le Soldat resta silencieux. Que voulait-on qu'il dise ?
La base était perdue au milieu du désert du Mojave, dans la vallée de la mort. C'était la seule chose qu'il en savait puisqu'il avait vu les coordonnées du lieu dans l'avion. Le reste ? Il ne savait même pas de quoi il était question. Pierce aurait pu lui parler en moldave ancien pour le même résultat.
"- Ordre ?"
"- MAIS QU'EST-CE QUE J'EN SAIS MOI !" Hurla Pierce à quelques centimètres de son visage avant de le gifler du revers de la main. Sa bague lui entailla la peau douloureusement.
La main de métal du Soldat se serra. C'était une agression caractérisée. Son programme exigeait qu'il réponde à l'attaque. Pourtant, il ne le fit pas. Un des agents qui le suivaient toujours le saisit par le bras juste avant et le tira en arrière pendant qu'un autre tentait de calmer Pierce.
"- Secrétaire Pierce, notre Agent a besoin de directive claires. Que voulez-vous qu'il fasse ? Retrouver les agents de cette base ? Vous allez tout l'embrouiller comme ça. Et ne le frappez pas, vous allez enclencher son protocole d'autoprotection."
"- Je n'en sais rien !"
Pierce ne savait pas grand-chose. Il sortit son téléphone de sa poche. Une idée soudaine venait de lui traverser l'esprit. Etait-ce Fury qui avait fait déplacer la base ? Entre deux catastrophes, ce serait bien la moindre.
"- …Nick ! Mon vieil ami….."
Lorsqu'il raccrocha, dix minutes plus tard et un Fury furieux de l'autre côté, il n'était pas plus avancé. Mais au moins, il savait que ce n'était pas le directeur du SHIELD qui avait fait déplacer la base. Il avait même réussit à faire retomber le blâme sur un niveau six sans importance. Sitwell allait prendre cher mais il s'en foutait. Et ça lui avait permis de passer un savon à Fury dans la foulée. Comment ? Il avait perdu une base ? Heureusement qu'il faisait le tour par accident tient. Se faisait-il trop vieux pour continuer à gérer le SHIELD ? Ça pouvait s'arranger hein s'il voulait prendre sa retraite.
A défaut d'être utile, avoir insulté Fury et passé ses nerfs sur lui n'était jamais inutile.
"- Monsieur ?"
Ha. Oui. Le Soldat était toujours là.
Est-ce que le mettre sur la mission était utile ? Le Soldat était un agent de destruction et de nettoyage. Pas un espion. Enfin, pas pour ce genre de mission.
Il avait été idiot de le faire venir mais sa présence l'avait rassuré. Au moins, il maitrisait encore quelque chose
"- Retourne à New York."
"- A vos ordres."
Il le chassa de la main sans plus rien dire.
Les agents le rembarquèrent dans le véhicule, le nourrirent à nouveau puis il refit le voyage retour dans les mêmes conditions qu'à l'aller.
Douze heures plus tard, le Soldat de l'Hiver était à nouveau à son poste, la tête bourdonnante, perdu, inquiet…Et sans plus de mission.
Pierce avait annulé la précédente et ne lui avait rien donné d'autre à part retourner à New York.
La programmation du Soldat tournait à vide.
Aurait-il pu fuir maintenant ? Il se faufila hors de l'immeuble en réfection sans que ses surveillants ne s'en rendent compte. Son ventre ne se serra pas comme lorsqu'il tentait difficilement de contrer un ordre d'habitude.
Il n'y avait plus d'ordre.
Plus aucun. A part rester à New York.
Il fit la seule chose logique à laquelle il pouvait penser à cet instant.
Il fuit, laissant derrière lui Stevie.
Ses surveillants ne se rendraient pas compte de sa fuite avant plusieurs heures.
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Le téléphone s'explosa contre le mur tellement Fury l'avait jeté avec violence.
Sa secrétaire grimaça mais appela immédiatement l'intendance pour qu'ils soient prêt à remettre à neuf le bureau ravagé dès que le Directeur en sortirait.
Après un bon quart d'heure de destruction, Fury en sortit, la fureur la plus noire évidente sur son visage.
Il n'était pas idiot, merci beaucoup. Additionner deux et deux, il savait faire.
Il était déjà au téléphone avec Coulson.
Il avait une mission pour lui, Barton et Romanov.
Qu'ils le rejoignent au CRED le plus vite possible.
A peine avait-il quitté le bureau que l'équipe de la maintenance se ruait à l'intérieur pour évacuer les débris de meuble et de vitre et tout remplacer. En même temps, ils en profitaient pour une mise à jour sécurité.
C'était…presque la routine avec un Directeur comme le leur.
Les trois agents le rejoignirent rapidement.
"- Directeur ? Qu'est ce qui se passe ?"
La jeune femme était la première arrivée. Elle travaillait encore à revenir dans les bonnes graves de tout le monde.
"- Je sais où est le Tesseract." Ou au moins, ou il était. "Base Pegasus. Qui a été pillée et évacuée."
Coulson pâlit.
La base Pegasus était la première base de recherche du SHIELD. Les pires projets y étaient testés.
"- Ho. Merde."
"- Pierce m'a lâché Sitwell comme bouc émissaire."
Ce qui était trop facile, mais pas forcément faux. Mais qui désignait surtout Pierce comme traite potentiel ? Après tout, comment, si la base avait été nettoyée, aurait-il pu savoir qui en avait la gestion. Et Sitwell quoi. Le niveau six était un très bon élément mais il était encore loin d'avoir les épaules de Coulson ou Hills. Dans quelques années peut-être. Mais pour l'instant, il avait juste du potentiel. Jamais il ne devrait être à la tête d'une opération comme une unité de recherche sur la base Pegasus.
"- Qu'est-ce qu'on fait ?"
"- Il faut retrouver ce machin."
Ce qui voulait dire parvenir à convaincre Banner de travailler avec eux.
Ce ne serait pas simple. A peine arrivé à la Tour Stark, encore à s'habituer, le milliardaire l'apprivoisait lentement mais…Banner était loin d'avoir assez confiance en quiconque pour accepter de travailler pour le SHIELD.
"- Thor n'est pas encore revenu ?"
"- Il ne va pas tarder."
S'ils n'avaient plus de monnaie d'échange, ça risquait de poser problème. Si les ases décidaient de le chercher eux même, ce serait pire.
Il fallait retrouver le bidule.
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Thor fixait son père avec colère.
"- Et quoi ? Vous allez me renvoyer sur terre parce que j'ose vous dire ce que je pense ?"
"- THOR TAIS-TOI !"
"- NON ! Je ne me suis que trop tus ces dernières années ! Jotunheim a signé un traité avec Midgar et vous n'y pouvez rien. Midgar hésite à signer avec nous parce que VOUS êtes plus exigeant qu'un gamin devant des gâteaux à la crème après une période de disète ! "
"- Midgar n'est rien."
Odin balayait ces créatures inférieures d'un revers de la main.
"- Vous êtes un idiot." Thor était dégouté.
"- Ce ne sont que des gueux sans cervelle !"
"- Ces gueux ont des armes suffisantes pour vaporiser Asgard !"
Odin renifla. Mais bien sûr.
Si, comme Thor, il avait vu les vidéos de tests d'atomique, il n'aurait pas été aussi méprisant évidement. Si Asgard avait maitrisé la lumière et la magie comme ressources énergétiques premières, ils ne connaissaient rien à l'atome. Il leur était même impossible de concevoir que des armes aussi sales puissent exister. Mais les humains étaient une race sale après tout. Odin ne cessait de le dire. Ça n'aurait pas dû l'étonner probablement.
"- Je ne veux plus en entendre parler, Thor. Nous irons récupérer le Tesseract nous-même. Et si les humains veulent nous en empêcher et bien…Tant pis pour eux."
Thor en resta les bras ballants;
"- Vous voulez déclencher une guerre !"
"- Ne soit pas ridicule."
"- Vous allez vous en prendre à un Royaume Souverain et indépendant !" Aboya encore le prince. "C'est une déclaration de guerre."
"- Thor, ce ne sont que des créatures inférieures !"
Le prince laissa tomber.
"- J'abandonne. Débrouillez-vous. Je laisse tomber."
Il allait retourner sur Midgar et les prévenir. Qu'Odin s'en débrouille. Et quand il se serait fait missiliser l'anus avec un ou deux Jericho, et bien… il ne viendrait pas chouiner.
En attendant, Thor voulait retrouver son frère. Puisqu'il était sur Midgar, il devait le prévenir.
Le prince quitta la salle du Conseil silencieuse pour demander le passage à Heimdall.
Une fois qu'il fut sorti, c'est le Conseil qui tenta de faire entendre raison à son roi.
Sans beaucoup plus de succès malheureusement.
