Et quoi ?
Chapitre 20
NdAs : Salut les gens. Oui, je sais, je n'ai pas posté depuis l'infini +1 mais la RL est parfois une pute. Ajoutez a ca des problèmes de santé, un boulot de con, une flemme de la taille de l'Everest et trois mois à ne pas être capable de faire autre chose que "metro-boulo-dodo'" et vous aurez a peu près une image fidèle de mon état de déliquescence avancée du moment. Remonter la pente est difficile mais on va essayer quand même
Merci à vous d'être là, je sais pas comment je ferai sans vos petits mots d'encouragement T_T. Vraiment, merci
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Fury était sombre.
Il n'y avait bien que la présence de Fandral qui arrivait à l'apaiser un petit peu.
Il n'était pas étranger à ce sentiment d'impuissance qui hantait régulièrement tout dirigeant. Ce soir pourtant, ce sentiment était plus intense que jamais.
Rogers mort.
Barnes retrouvé
Phil et Barton disparus
Laufeyson catatonique ou presque.
Le gâchis était formidable.
Des bras passèrent autours de sa taille avant qu'une joue ne se pose sur son épaule. Fandral était un petit peu plus grand que lui mais l'ase semblait déterminé à faire comme si c'était lui le plus petit.
Fury appréciait le soutient silencieux. Plus le temps passait et plus le vieux directeur s'attachait au jeune noble. C'était une folie bien évidement, mais au crépuscule de sa vie, il n'arrivait même plus à s'en soucier vraiment.
"- Vous êtes perdu dans vos pensées."
"- Les derniers évènements ne sont pas positifs."
Fandral renifla.
C'était une façon de dire oui. Il déposa un petit baiser sur la gorge du Directeur avec une urgence qui le surprit lui-même.
Voir l'état de Rogers lui avait fait prendre conscience de la fragilité des humains. Pire encore, Rogers était un humain augmenté, plus résistant et fort que les autres. Si même lui pouvait mourir aussi facilement…. Fandral posa son front contre l'épaule de Fury, la gorge serrée. Il étouffa une bouffée de panique en le serrant contre lui. Il réalisait que le directeur était un simple humain. Et vieux par-dessus le marché. Combien de temps lui restait-il ? Il avait vu son corps. Il avait vu les cicatrices et les marques qui le couvraient. Il savait que sous la peau refermée, les dégâts n'avaient jamais été totalement guéris. Combien de temps restait-il avant que le vieil homme ne meurt ? Si ce n'était pas de vieillesse, ce serait à cause de son travail. Soit à cause d'une vieille blessure, soit d'épuisement, soit assassiné. Fury en était conscient et en riait même parfois. Le vieux directeur d'extasiait régulièrement d'avoir passé les soixante ans. Soixante ans. A peine un enfançon sortit de ses couches pour un ase. Le début de la vieillesse pour un humain.
Fandral ferma les yeux pour retenir les larmes qui menaçaient de s'exprimer.
S'il pouvait protéger Fury en partie de l'épuisement et des meurtres, l'ase ne pouvait rien contre les blessures passées et la vieillesse.
La boule dans sa gorge se fit si étroite qu'il se mit à peiner pour respirer.
La grande main de Fury se posa sur sa nuque pour le réconforter.
C'était injuste.
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Il rêvait. Peut-être.
Il dérivait. Surement.
Il n'avait pas enregistré la douleur. Il n'avait pas réalisé immédiatement la blessure.
Il allait mourir. Il mourrait même surement déjà.
Il avait vu Bucky. Il avait reconnu Bucky.
Mais plus important, il était sûr que Bucky l'avait reconnu. Une explosion de joie lui était remontée dans la poitrine. Il ne savait pas comment c'était possible, mais son Bucky était là, devant lui et savait qui il était.
Puis un feu glacé qui avait emporté le coté du torse et il s'était rapidement écroulé.
Il avait entendu Fenrir et Jormugandr.
Puis il n'avait plus rien entendu du tout.
Il rêvait. Peut-être.
Il dérivait. Surement.
On l'avait attrapé et cajolé avec maladresse mais douceur.
La douleur l'avait soudain broyé puis on l'avait abandonné dans sa chair douloureuse avant qu'une fois encore l'oubli emporte même la pesanteur de son corps blessé et reconstruit de l'intérieur par la magie du prince de Jotunheim.
Il rêvait. Peut-être.
Il dérivait. Surement.
Alors qu'elle était cette main aux immenses doigts fins et arachnéens qui glissait encore et encore sur ses cheveux ?
Il finit par ouvrir les yeux.
Quand ?
Il n'en savait rien.
Est-ce que ça avait même de l'importance ?
Sans doute pas.
Il ne rêvait pas.
Il ne dérivait plus.
Il ne le pensait pas en tout cas.
Alors pourquoi tout tournait autour de lui ? Comme s'il était allongé dans l'œil d'un maelstrom gris et froid.
Le capitaine se redressa un peu. Juste assez pour réaliser qu'il était allongé la tête posée sur les genoux de quelqu'un…quelque chose.
Il n'eut pas besoin de demander pour savoir.
Toute vie reconnaissait La Mort. Tout vie savait où elle finissait.
Alors il était mort ? Vraiment ?
« Tu n'es pas mort, Capitaine. Quoi que techniquement, si. Même si ce n'est que momentané. »
Et très limité. Son âme était certes auprès de La Mort elle-même, mais son corps lui, continuait de se guérir lentement, noyé dans la magie de Loki, la présence réconfortante de son ami d'enfance et l'inquiétude tendre de ses amis.
Steve finit par se redresser complètement pour s'asseoir. Avec stupeur, il observa le maelstrom autours d'eux qui s'élevait jusqu'à se perdre dans les ombres. Et sur quoi était-il assit ? On aurait dit une plateforme faite d'ossements
« Des âmes. » expliqua calmement La Mort. « Les Ames de tous les morts de tous les Univers qui viennent jusqu'à moi. »
Donc, ce n'était pas Hela. Ce fut la seule pensée que put avoir le Capitaine. Et ces os ? Leurs cadavres ?
« En effet Capitaine. Hela est une de mes filles, mais elle n'est pas La Mort. »
« - Je croyais qu'elle était la fille de Loki ? »
«Loki lui a donné la Vie. Je lui ai donné la Mort. »
« - …..Ho…. » Même si le pauvre Steve ne comprenait pas ce que ça voulait dire.
La Mort sourit même si Steve ne pouvait voir son visage. En avait-elle-même un ? Il n'en savait rien. Il ne voyait rien sous son capuchon. La Mort était-elle une dame ou un mâle ? La Mort avait-elle-même besoin d'un sexe ? C'était bien une question d'humain ça.
La grande Faux était posée sur le sol près d'eux, aigue et terrifiante. Et pourtant tellement rassurante quelque part.
"- Que puis-je pour vous, Ma Dame ?"
Steve sentit encore La Mort sourire.
"- Je veux que tu sois mon messager, Steven Rogers. Il n'est pas temps pour toi de mourir. Et nous ne nous reverrons pas avant très, très longtemps. Pas si vous autre mortels jouez votre rôle dans la substance de l'univers.
"- Ma Dame ?"
"- Transmet juste mon message mon petit. Thanos arrive. Et je ne suis pas contente de lui."
Steve ne comprenait pas vraiment la portée du message évidement. Mais il rapporterait fidèlement les paroles de la Mort à ses amis.
"- Maintenant, retourne auprès des tiens Mon Capitaine."
Steve se sentit sombrer à nouveau.
Il rêvait. Peut-être.
Il dérivait. Surement.
Mais il savait qu'il revenait.
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Loki avait l'habitude de ce sentiment évidement. Avec une famille adoptive comme la sienne, un physique et des intérêts comme le sien, il avait été plus souvent qu'à son tour en bute aux moqueries et au mépris ordinaire des ases. Simplement, avec les siècles, il avait appris à ne plus la montrer, pas plus que son humiliation.
Après tout, on ne pouvait perpétuellement se montrer malheureux n'est-ce pas ?
Ca faisait mal évidement. Ca blessait, ça faisait hurler à l'intérieur et pleurer jusqu'à ce que l'âme soit à sec et demande grâce, mais on ne pouvait le montrer. Pas quand on était un prince d'Asgard. Alors il souriait et se vengeait en silence.
Pourtant, cette fois, la honte n'était pas la même que d'habitude. C'était la première fois que Loki avait honte réellement de lui-même et de ses actes. Normalement, il avait honte de sa faiblesse. Cette fois, il avait honte non à cause de ce qu'il était mais à cause de ce qu'il avait fait. Ou plus exactement, à cause de ce qu'il avait failli ne pas faire
Il s'était tellement attaché au Capitaine Rogers que le voir mort l'avait totalement paralysé. Le cerveau vide, il n'avait pu y voir qu'une nouvelle preuve de la malédiction qui le suivait depuis toujours. Tous ceux qu'il aimait finissaient par mourir et l'abandonner.
C'était sa faute.
C'était toujours sa faute.
Il avait fallu que FANDRAL entre tous, catalyseur unique de sa rancœur contre Asgard puisque présent, vienne le secouer avec une violence certaine pour qu'il se secoue juste assez pour que Jormugandr parvienne à le faire agir.
Qu'est ce qui l'avait ainsi paralysé ? Quelle était cette peur qu'il n'avait jamais ressentie jusque-là ? il avait toujours perdu ceux qu'il aimait. Ce n'était pas une nouveauté.
Il avait failli ne rien pouvoir faire, il…avait été lâche. Et plus que tout le reste, c'était ce qui l'écrasait de honte. Lui qui avait trouvé la force de briser ses chaines avait eu peur de la mort d'un simple individu parce que, pour la première fois, il avait trouvé des gens à aimer de tout son cœur sans qu'on n'exige rien de lui, des gens qu'il était libre de choisir d'aimer.
Les doigts dans les siens frémirent.
« - Steve ? »
De l'autre côté du lit, Barnes se redressa.
Il avait été impossible pour les agents de faire bouger le Soldat de l'Hiver de sa place. Il portait encore son armure en kevlar et le bas de son masque mais avait retiré ses lunettes pour les poser sur la table de chevet. Il était pâle à cause de la perte de sang, mais avait refusé de boire ou manger quoi que ce soit dans la crainte qu'on veuille le droguer et l'emmener loin de son Stevie
« - Que… »
Steve semblait perdu. Sa bouche était comme du papier mâché et sèche comme un désert. Loki lui approcha un verre puis l'aida à boire avec l'aide de Bucky.
« - Lo…ki ? Bu..cky ? »
Mal à l'aise, le soldat voulu reculer mais Loki le retint.
« - Non. Restez ici Sergent. »
Bucky finit par prendre l'autre main de Steve dans la sienne, celle de chair. Il avait retiré son gant quand même. Il la tenait comme s'il ne savait pas trop quoi en faire mais pensait que c'était la bonne chose à faire.
« - Bu…cky… »
« - Stevie ». Le Soldat de l'Hiver s'était mis à bafouiller et à trembler, comme si ce simple mot était le plus réel de l'univers pour lui.
La simple reconnaissance de Steve était l'assurance que ses souvenirs étaient vrais. Que les tortures et les années étaient vraies.
Que toute une vie les avait séparés.
Le capitaine s'était mis à pleurer.
De grosses larmes apparurent dans les yeux du Soldat sans qu'ils ne les comprennent. Il les essuya de sa main de métal, stupéfait de trouver son gant mouillé. Il pleurait.
Et c'était lui qui répétait "Stevie" en boucle d'une voix brisée ?
Une main finit par le crocheter par la nuque et le tirer en avant. Normalement, le Soldat aurait résisté. Mais c'était son Stevie.
Il se laissa faire jusqu'à venir le prendre dans ses bras, le soulever du lit et le serrer de toutes ses forces contre lui.
Les capteurs arrachés se mirent à hurler. Des agents se précipitèrent mais Loki les renvoya d'un geste irrité de la main avant de sortir lui aussi.
Il n'était plus nécessaire ici. Les deux amis d'enfance avaient besoin de calme et de solitude. Comme lui dès qu'il aurait rassuré tout le monde.
Ensuite, Loki pourrait prendre le temps de faire son inventaire intérieur. Ce qu'il allait y trouver le faisait frémir d'avance mais il ne s'était que trop longtemps vautré dans l'auto apitoiement. Il était temps qu'il fasse face et accepte sa situation.
Sa stupidité avait failli lui…leur couter le capitaine.
Il n'avait plus le droit de se laisser aller ainsi.
Loki laissa la chambre d'hôpital derrière lui pour faire le tour des différentes personnes a informer. Ses enfants, Stark, Fury, Banner.
Qui manquait-il ? Son cœur se serra a la pensée de Coulson et Barton. Il devait les récupérer. Mais comment ?
Il entra dans le bureau du Directeur après avoir juste toqué. Il haussa un sourcil devant le couple enlacé. Tient donc. Voilà un rapprochement qu'il n'avait pas anticipé. Ni vu.
Etait-il donc à ce point recroquevillé sur son nombril ?
Visiblement, oui.
Ca le mit d'autant plus en colère contre lui-même.
Il ressortit sans les déranger, laissa un mot a la secrétaire, puis prévint ses petits qu'il partait pour vingt-quatre heures.
Il était plus que temps qu'il accepte ce qu'il était.
Et pleinement.
"- Bonjour père."
Farbauti sursauta.
"- Loki ! Tu m'as fait peur."
Le vieux jotun eut un sourire un peu perplexe. Loki semblait à la fois troublé et déterminé.
"- Que puis-je pour toi ?"
"- J'aurais besoin de la Cassette."
