ÉPISODE 1 - Partie 7
Ils se dirigèrent vers l'endroit réservé plus tôt en s'aidant des indications notifiant "SkaiKru". Clarke remarqua un coin confortable composé de deux banquettes en angle et d'une table basse et elle s'y assit avec un soupir satisfait. Finalement, elle ne regrettait pas d'être venue. Ce bar était différent de tout ce qu'elle avait pu voir jusqu'ici.
L'établissement était spacieux mais ne manquait néanmoins pas de chaleur. Un sentiment d'intimité et de proximité transpirait des lieux. Ce grand espace était divisé en plusieurs parties, toute décorées avec soin selon un thème précis. Dans leur coin, les murs étaient peints d'un noir profond rappelant celui de l'espace, de scintillantes étoiles y étaient dessinées ça et là et brillaient dans l'obscurité, phosphorescentes. Clarke caressa du regard les peintures murales, laissant son esprit d'artiste apprécier la beauté des détails.
Là, une station spatiale semblait graviter autour d'eux. Là, un cosmonaute flottait dans le néant, rattaché par un simple câble métallique. Le plus impressionnant restait l'immense représentation de la Terre devant eux. Comme s'ils s'étaient trouvés devant une immense fenêtre et contemplaient la planète bleue depuis la vitre.
Dans d'autres parties du club, elle pouvait apercevoir des atmosphères totalement différentes, mais toutes aussi belles. À leur droite, un groupe semblait se fondre à la forêt peinte derrière eux, tandis qu'à une autre extrémité de la boîte, un autre discutait dans ce qui ressemblait à un paysage glacé. Chaque accessoire, chaque meuble avait été choisi avec soin pour parfaire chaque univers et Clarke en restait bouche bée.
— Allô, allô, la Terre appelle Clarke. Me recevez-vous ?
Clarke revint sur Terre et plongea ses yeux dans ceux de Lincoln, qui l'observait avec un sourire.
— C'est magnifique, chuchota-t-elle.
Elle fut surprise que son murmure soit parfaitement audible malgré la musique les entourant.
— Je savais que ça te plairait, répondit-il.
Ils se relaxèrent ensemble et entamèrent leur première tournée de verres. Les rires et les plaisanteries fusèrent rapidement tandis qu'ils rattrapaient le temps perdu. Si Clarke n'avait pas pu rencontrer Lincoln depuis plusieurs semaines, elle n'avait fait que croiser Monty et Jasper dans les couloirs de l'hôpital où ils travaillaient tous les trois, enfin, tous les quatre, si elle comptait Andrew.
Jasper était technicien radiologue et Monty travaillait au laboratoire d'analyses. Et d'après ce que DeLuca était en train de lui raconter, lui-même était en première année de résidence, après avoir réussi son internat de justesse.
— Pourquoi "de justesse" ? interrogea la jeune femme, surprise.
Il soupira et lui raconta en quelques mots comment son ex était subitement réapparue dans sa vie, chamboulant tout sur son passage, avant d'être attrapée en situation irrégulière. Son visa était expiré et la seule solution pour elle avait été de partir continuer ses études en Suisse.
— Ni elle, ni moi, ne croyons aux relations longue distance, donc nous avons préféré rompre. Je suis donc officiellement célibataire.
Clarke allait partager quelques paroles réconfortantes, mais Jasper la devança.
— Et c'est pour ça que ce soir, tu t'envoies en l'air, Andrew !
Ce dernier s'étouffa presque dans son verre et Jasper continua de plus belle :
— Et toi aussi, Clarke !
Cette fois, ce fût son tour de s'étouffer dans son verre et elle leva vers son ami un regard circonspect.
— Je ne vous ai pas demandé de vous envoyer en l'air l'un avec l'autre, détendez-vous les gars.
Clarke et Andrew partagèrent un rire gêné mais parurent soulagés. Tous deux semblaient sur la même longueur d'onde. Ils s'entendaient bien et travaillaient au même endroit, autant ne pas gâcher ça avec du sexe gênant.
— Je ne sais pas si je suis d'humeur ce soir, répondit Andrew, soudain sinistre.
— Oh allez, Andrew. Ça fait des mois que tu n'es pas d'humeur. Tu as besoin de t'amuser, rétorqua Jasper.
— Il a raison, appuya Monty.
Ils discutèrent quelques minutes. Lincoln, Nyko et Indra joignirent la conversation, et quelques verres et arguments plus tard, il parut évident à Andrew qu'une bonne partie de jambes en l'air était le remède à tous ses maux.
Clarke ouvrit la bouche, hébétée, en le voyant se lever et partir se déhancher sur la piste de danse, se glissant de ce fait entre deux jolies brunes qui ne parurent pas gênées le moins du monde par sa présence.
Clarke ferma la bouche et fronça les sourcils en défiant ses amis du regard.
— N'imaginez même pas pouvoir me convaincre aussi facilement que celui-là, prévint-elle en montrant Andrew d'un geste de la main.
— Oh, mais très loin de nous cette idée, protesta Lincoln, amusé.
— Très bien, dit-elle en terminant son verre et en le posant sur la table. En plus, j'ai accepté un rencard avec Finn cette semaine et je...
— Tu as fait quoi ?! s'époumona Jasper en crachant sa bière.
— Jasper... menaça Lincoln.
Le jeune homme, passablement éméché, leva ses mains en l'air en signe de reddition et Monty s'esclaffa avant de commencer à argumenter pour ce qui ressemblait à une cause perdue.
— C'est quand ce rendez-vous avec Finn ?
— Je ne sais pas encore. Il m'a proposé qu'on sorte et j'ai accepté. Rien n'est encore fixé, marmonna la jeune femme.
— On ne peut pas vraiment dire que tu es en couple, alors, conclut Indra.
Clarke en tomba presque de son siège. Elle aimait beaucoup Indra et la respectait pour sa sagesse, son pragmatisme et son sang-froid. Jamais elle n'aurait imaginé que la femme puisse prendre partie dans un tel débat. Elle était si choquée qu'elle en oublia de répondre.
— Indra marque un point, appuya Nyko.
— Puisque je vous dis que ça ne sert à rien d'argumenter. Moi, Clarke, ne m'enverrait pas en l'air avec un inconnu ce soir. Moi, Clarke, vais prendre un dernier verre, puis vais rentrer tranquillement à la maison avant minuit. Parce que moi, Clarke, j'ai besoin d'une bonne nuit de sommeil pour me préparer à ce qui m'attend demain.
— Au diable, Clarke ! s'écria soudain Jasper.
La jeune médecin tourna son attention vers lui, des éclairs à la place des yeux.
— Non, non, pas dans ce sens là, se justifia-t-il, sans pour autant donner une autre signification à ces paroles.
Monty vint à sa rescousse :
— Ce que mon cher collègue et ami essaie de dire, c'est que pour une fois, tu pourrais te laisser un peu aller, Clarke. Je ne te parle pas forcément de t'envoyer en l'air. Mais, tu pourrais laisser un peu derrière toi ce personnage rigide et sévère auquel tu joues sans t'en rendre compte. Tu pourrais t'amuser. Tu pourrais décider d'être une autre Clarke.
Clarke essaya de ne pas prendre en plein cœur la remarque de son ami. Elle voyait bien que c'était dit sans mal, mais quand même, cela la touchait presque autant que les hochements de tête d'Indra, Nyko et Lincoln. Apparemment, tout le monde était d'accord avec cette analyse.
— Bois un autre verre, ajouta l'asiatique.
— Plusieurs ! renchérit Jasper.
— Va danser.
— Envoie-toi en l'air !
— Jasper... soupira Clarke, à deux doigts de la défaite. Je t'ai déjà dit, tu ne peux pas me convaincre de...
— Je n'essaie pas de te convaincre, Clarke... l'interrompit Jasper.
Tous ses amis se figèrent dans l'anticipation des mots qui allaient suivre.
— Je te défie de lâcher prise. Je te défie de faire absolument tout ce que tu veux.
Les éclairs dans les yeux de la jeune femme se transformèrent en brasiers tandis qu'elle s'enflammait sous la provocation.
— Oh, oh, murmura Lincoln en reconnaissant la lueur dans les prunelles de son amie.
— Ah, tu me défies ? Vraiment ? déclara-t-elle d'une voix basse.
Le jeune homme acquiesça, à moitié ivre, un grand sourire aux lèvres en signe de victoire.
— Très bien ! Toi, moi et une série de dix shots de Tequila. Maintenant.
— Que la partie commence ! hurla Jasper en voyant Clarke se lever et se diriger vers le bar.
Puis, il leva son verre pour trinquer avec le reste du groupe en déclarant :
— Je vous l'avais bien dit qu'elle adorait gagner.
Hello tout le monde ! On entre un peu plus dans le Ground et on retrouve des personnages !
Des avis sur la suite ?
Des commentaires sur ce chapitre ?
Merci pour vos lectures, déjà 1100 visites, j'en suis vraiment heureuse !
Des Bizouzou
