Hiccup et Snow
ou comment faire sa vie en dépit de tout le reste ?
Les personnages de cette histoire appartiennent à Dreamworks, Cressida Cowell et Williams Joyce. Merci de ne pas reposter cette histoire ailleurs sans m'en informer. Tout vol ou plagia sera signalé. Merci.
Lorsqu'ils arrivèrent, Jack gara sa voiture dans le garage, et bien qu'il fût suffisamment grand pour en accueillir une deuxième, Aster laissa le moteur tourner et descendit de voiture. Hiccup en sortit également, imité par Jack qui attrapa leur sac. Il tendit celui d'Hiccup à son propriétaire et marcha vers Aster.
-Tu le ramènes et tu reviens. Le prend pas mal, mais tu pues, tu as besoin d'une douche. Et tant que les déneigeuses ne sont pas passés, je ne veux pas que tu roules si ce n'est pas nécessaire, d'accord ?
-Dans ce cas, fit Jack, on peut pas attendre qu'elles passent ?
Il regarda Hiccup.
-Ça t'ennuie de rester là ?
Puis il regarda son père, qui haussa un sourcil.
-Ça t'ennuie qu'il reste là ? Demanda Jack.
Aster soupira et pointa son fils du doigt.
-Toi et moi, on va avoir une petite discutions pas forcément agréable.
Jack soupira et se gratta la nuque.
-Si ça te gêne…
-Non, c'est bon, soupira Aster.
Il regarda Hiccup.
-Préviens quand même tes parents.
-Oui, monsieur.
Aster remonta dans sa voiture et la rentra au garage. Jack fit signe à Hiccup de le suivre dans la maison. Ils entrèrent et retirèrent leurs chaussures. Jack lui présenta la maison.
-Là, y'a le salon. Là, la cuisine. La porte, c'est des chiottes. La porte au fond de la cuisine, c'est le garage. En haut, il y a des chambres, la salle de bain et le bureau.
Aster arriva.
-Jack, montre ta chambre à ton ami, et redescend, s'il te plaît. On doit parler.
Jack hocha la tête et Hiccup remarqua qu'il n'avait pas l'air très enthousiaste à cette idée. Il monta à l'étage, et le petit brun le suivit. Il fit trois pas dans le couloir du palier et ouvrit une porte sur laquelle il y avait diverses affiches collées dessus. Une disait ''Ne déranger sous aucun prétexte'' une autre disait ''Allez tous en enfer et n'ouvrez cette jamais porte'', quelques autocollants de divers groupes musicaux et au milieu de tout ça, il y avait les lettres J, A, C, K, gravées à même le bois. Étrangement, Hiccup, du peu qu'il connaissait Jack, n'était pas si surpris de ça. Ni de la chambre quand il la vit. Un bazar sans nom y régnait, des affiches de divers concerts et séries (dont Hiccup en reconnu la plupart) ornaient les murs.
-Désolé pour le bordel. Fais-toi une place quelque part, je reviens.
-Ça va aller ? Avec ton père ? Je veux dire... Il avait pas l'air commode.
-Ouais, t'inquiète. Il a l'air un peu bourru, comme ça, mais il est cool.
Il désigna la porte et dit
-Bon, je vais y aller.
Hiccup attrapa par le bras et Jack, surpris, se retourna. Il posa un chaste baiser sur les lèvres du terminal.
-Bon courage.
Jack sourit et lui retourna son baiser. Il referma la porte et Hiccup essaya de trouver un endroit où s'asseoir. Mais rapidement, il fut distrait par les voix qui venaient du salon.
-Non, mais tu te fous de moi ?!
-Quoi ?
-Quoi ? Je peux savoir depuis quand tu ramènes des potes chez eux ? Et depuis quand tu as des amis ?
-Qu'est-ce que tu veux que je te dise, il est cool.
-Cool ? Mais depuis quand tu trouves les gens cool ?
-Mais c'est quoi ton problème, à la fin ?
-Mon problème, c'est que je reçois à peu près une lettre par semaine qui me dit que tu t'es battu. Et là, soudainement, tu te fais un copain, débarqué d'on ne sait où, que tu trouves ''cool'' au point de le ramener chez lui.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-J'ai vu comment tu lui as tendu son sac.
-Et alors ?
-Jackson, qu'est-ce que tu me caches ?
-Mais rien. Pourquoi je te cacherai un truc ?
-Tu le sais pourtant, que tu mens très mal.
Il entendit clairement Jack soupirer avant de reprendre.
-Je l'ai croisé sur la route, hier soir. Il rentrait à pied, alors j'ai proposé de le ramener. Il y avait des embouteillages en centre-ville alors on a fait le tour, mais on a été surpris par la neige. Fin de l'histoire.
-C'est ça. Et puis ?
-Et puis quoi ?
-Qu'est-ce que tu ne m'as pas dit ?
-Mais pourquoi tu penses que je mens ?
-Parce que tu as la sale manie de répondre aux questions par d'autres questions quand tu mens. Alors ? Qu'est-ce que tu me caches ?
Il n'entendit pas la réponse de Jack, mais par contre, il entendit très clairement Bunny crier.
-QUOI ? QUINZE ANS ? MAIS TU TE FOUS DE MOI ?
-Mais j'en savais rien !
-Mais, pourtant... Ça se voit qu'il est jeune !
-Oui... Mais j'ai pas pensé qu'il était si jeune.
-Alors vous avez fait quoi, hier soir ?
-Rien. Rien du tout.
-Jack...
-C'est la vérité. Il y avait une cabane au bord du lac, il y avait des couvertures, alors on a dormi là-bas. Ce matin, on s'est levé, on a... Pas mal discuté. Puis tu es arrivé.
-Et vous avez fait quoi à part discuter ?
Encore une fois il n'entendit pas la réponse de Jack, mais bien celle d'Aster.
-IL EST MINEUR, NOM DE DIEU!
-MAIS JE NE LE SAVAIS PAS ! Enfin, je ne pensais pas qu'il était si jeune.
-C'est pas vrai... Gémissait Aster. Mon fils est un pédophile.
-Et, faut pas pousser, il a pas dix ans, non plus ?
-Tu sais que si son père est au courant, il peut te faire mettre en prison ?
-S'il l'apprend.
-Parce que tu crois que vous pouvez lui cacher ce genre de chose ?
-... On peut toujours essayer.
Hiccup n'entendit pas la suite, mais encore une fois, ce fut Aster qui reprit la parole.
-Montes. Mais je te préviens : dès que les déneigeuses sont passées, tu le ramènes chez lui. Je ne veux pas avoir d'ennuis avec son père.
-Okay, okay. Je peux y aller, ou tu veux programmer ma lapidation sur la place ?
-Fous-moi le camp avant que je change d'avis.
-Merci Bunny !
-C'est ça...
Quelques secondes plus tard, Jack était de nouveau dans la chambre et sut immédiatement, au regard qu'Hiccup lui lança, qu'il avait tout entendu.
-Désolé, il a tout découvert.
-Tu... Tu penses qu'il ne dira rien ?
-Oui, je pense. Même s'il apprécie pas forcément, il ne dira rien.
Jack avisa le rangement anarchique de sa chambre et se passa la main sur la nuque.
-Je suis désolé, faut que je fasse un peu de rangement...
Il attrapa les cahiers en vrac sur son lit et les déposa sans préambule sur son bureau. Puis il ouvrit un tiroir et les lâcha dedans. Il empila son linge sale dans un coin et essaya de ranger sa table de nuit.
-Ne t'ennuies pas, ce n'est pas grave, déclara Hiccup.
-Même... Je suis désolé, le rangement, ça n'a jamais été mon fort.
Hiccup s'installa sur le lit et Jack s'assit à côté de lui. Hiccup lui prit la main et Jack lui sourit doucement. Il s'allongea sur le lit et entraîna Hiccup à sa suite. Le petit brun se positionna sur son torse alors que Jack l'entourait de ses bras. Ils ne dirent pas un mot, profitant simplement de la présence de l'autre, et ils s'endormirent ainsi.
Quelques heures plus tard, Hiccup se réveilla en sentant Jack bouger. Il frotta ses yeux endormis et bailla. Il se redressa et remit ses lunettes qui lui avaient glissé du nez pendant son court sommeil. Il constata que son ami était debout à enfiler sa veste.
-Je dois te ramener, les routes sont dégagées.
Hiccup hocha la tête et se redressa. Jack sourit et lui posa un baiser sur le bout du nez. Il attrapa leur sac et lui tendit le sien. Hiccup mit son manteau et ils descendirent des escaliers et se dirigèrent vers le garage.
-Une minute, les invectiva-t-il.
Ils se retournèrent et virent Aster approcher.
-Jack, tu fais l'aller-retour, pas d'arrêt en chemin.
-Oui.
-Et tu ne t'arrêtes pas chez lui. Tu reviens directement.
-J'ai compris le sens d'aller-retour, tu sais, soupira Jack.
Hiccup prit sur lui de prendre la parole.
-Monsieur Bunnymund, si ça peut vous rassurer...
-Non, coupa Aster, il n'y a rien qui peut me rassurer dans cette histoire. Je n'approuve pas, je pense que tu es beaucoup trop jeune pour Jack et absolument pas le genre de personne qui lui convient. Il a besoin d'une maturité suffisante pour évoluer. De quelqu'un qui passera derrière ses bourdes. Tu n'as que quinze ans, et je ne pense pas que tu en sois capable.
Hiccup soupira.
-Avec tout le respect que je vous dois... Qu'est-ce que vous en savez? Vous ne me connaissez pas et je pense avoir la maturité suffisante ainsi que les capacités requises pour gérer un cas aussi épineux que celui de votre fils.
Aster se tut un instant, songeur, puis reprit l'air plus mécontent.
-Ce n'est pas en baragouinant des phrases avec des mots compliqués que tu as entendus je ne sais où que tu auras l'air plus intelligent.
-Je suis intelligent, répliqua Hiccup, légèrement contrarié.
-Tu imagines je ne sais pas quoi, sur lui, en te disant que tu auras peut-être plus d'ascendants sur les gens si tu es avec lui, mais il n'a pas besoin de ça. Il a besoin de quelqu'un de stable, qui sera là le jour où il en aura besoin.
-Monsieur, coupa Hiccup. Encore une fois, je ne veux pas vous froisser, mais vous vous trompez. Je n'ai pas envie d'avoir d'ascendant sur qui que ce soit. Je veux juste passer du temps avec lui. J'aime nos conversations, nos discussions, les moments qu'on passe ensemble. On a certaines choses en commun, comme notre goût de cinéma, ou celui du relationnel.
-Jack n'a aucun goût pour le relationnel, il n'aime personne.
-Oui, je sais. Moi aussi. Mais... Je ne comprends pas trop pourquoi, j'aime bien votre fils. Je ne pense pas, dans toute ma scolarité ou même dans ma vie privée, avoir jamais discuté autant avec quelqu'un. J'aime beaucoup votre fils, monsieur. Je ne cherche pas à obtenir une quelconque reconnaissance ou devenir intéressant aux yeux des autres. Jamais personne ne m'a intéressé jusque-là, je n'ai jamais fait attention aux autres. Et votre fils, c'est... C'est comme un vieux livre. Il a une couverture déchirée, taguée, écornée, mais à l'intérieur, c'est une histoire passionnante.
Il attrapa la main du terminal et regarda Aster droit dans les yeux.
-Je n'ai pas l'intention de lui faire du mal ou de m'en servir. J'ai juste envie de le revoir.
Aster cligna des yeux, légèrement surpris.
-De le revoir ?
-Oui. De manière fréquente.
Aster fronça les sourcils.
-Tu as déjà passé la nuit avec.
Hiccup se gratta l'arrière de la nuque.
-Je sais. Mais j'avoue que je voudrais bien recommencer. Par exemple, là tout de suite, je voudrais bien remonter dans la voiture et retourner à l'endroit où on est resté bloqué, en espérant qu'il y ait une autre tempête de neige pour qu'on puisse rester encore ensemble. Ce qui est complètement irrationnel, je vous l'accorde, étant donnée qu'on avait peu à manger, pas d'eau courante, ni d'électricité.
Aster secoua la tête.
-T'es entrain de me dire... Que tu aurais voulu rester bloqué avec lui plus longtemps ?
Hiccup soupira en se passant la main sur le visage.
-Je ne suis pas très doué pour le relationnel, et j'espère que vous ne prendrez pas mal ce que je vais vous dire. Je ne lâche jamais un livre tant que je ne l'ai pas fini. Et pour moi... Fréquenter votre fils, c'est comme lire un livre. Il y a une histoire, des rebondissements, une intrigue. Et une fin.
-Et quand penses-tu avoir fini de lire son histoire ?
-Je ne sais pas. De préférence, quand on sera vieux.
Aster regarda Jack.
-Mais où tu l'as dégoté, lui ?
-Dans les toilettes. Tu te rappelles du gamin qui hyperventilait dans les toilettes, il y a quelque temps ? C'est lui.
Aster soupira.
-Foutez-moi le camp, tous les deux. Et Hiccup?
Hiccup le regarda.
-Je ne dirai rien à ton père. Mais si vous vous faites pincer, je ne pourrais pas vous soutenir. Alors faites attention.
Le petit brun hocha la tête et déclara :
-Merci monsieur.
-Pas de quoi. Allez-y, maintenant.
Ils allèrent au garage, montèrent dans la voiture d'Aster et se mirent en route. Une fois que la maison Bunnymund ne fut plus en vue, Hiccup lâcha un soupire de contentement qu'il fit sourire Jack.
-Tu peux recommencer à respirer, tu sais.
-Je suis désolé... Ton père il est...
-Pas commode je sais, soupira Jack.
-J'allais dire protecteur. Il a l'air de beaucoup tenir à toi, et c'est normal qu'il réagisse comme ça.
-Il veux juste me protéger. Je te dirais bien qu'il est parano, mais avec le nombre de conneries que j'ai faite et qu'il a réparé il a des raisons d'être parano.
Hiccup se tut pendant un moment avant de finalement lâcher :
-Tu sais que... Que je ne veux pas te faire de mal, hein ?
Jack sourit mais un voile de tristesse teinta son visage.
-Je voudrais te dire le contraire, mais je suis aussi parano que lui. Personne ne m'approche, et quand les gens le font, généralement, c'est qu'ils ont une idée derrière la tête. Et hier soir... Et ce matin... À deux ou trois reprises, j'ai pensé que tu voulais te payer ma tête.
-Mais... Mais non, fit Hiccup d'une petite voix.
Alors c'était ça que pensait Jack ? Qu'il allait l'utiliser pour un motif banal et le jeter ensuite ?
-Je sais... Soupira Jack, je m'en rends compte. J'ai vu que tu m'appréciais réellement, et que tu ne cherchais pas autre chose, mais...
Il soupira et dit
-Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un jour, tu partiras. Qu'un jour tu dévoileras tes véritables intentions. Ou que tu trouveras quelqu'un de mieux.
-Je ne connais personne de mieux. Et je n'ai aucune intention.
-Je sais. Mais je peux pas m'empêcher de le penser.
Hiccup soupira et Jack reprit, triste.
-Je suis désolé. Mais je ne peux pas t'offrir plus que ça. Je ne sais pas faire confiance aux gens.
Le petit brun posa sa tête contre la vitre en silence. Jack ne dit rien jusqu'à ce qu'il soit dans sa rue. Il se gara devant la maison des Haddock et demanda :
-Tu m'en veux ?
Hiccup soupira.
-Non... Non je peux comprendre. Je ne te cache pas que ça ne me fait pas plaisir, mais je peux comprendre. J'espère juste qu'un jour tu me feras suffisamment confiance.
-Je le souhaite, aussi.
Hiccup jeta un coup d'œil vers la porte d'entrée, qui était toujours fermée, puis se tourna vers Jack. Il posa ses lèvres sur les siennes en un contact bref et lui murmura :
-On se voit lundi ?
Jack sourit et l'embrassa un peu plus longuement.
-Files, avant que ton père nous voit.
Hiccup sourit et se surprit à devoir se retenir de l'embrasser encore une fois. Il sortit de la voiture et se pencha vers la vitre.
-À lundi.
Jack lui sourit avant de se rappeler quelque chose.
-Ah, tiens, j'avais oublié.
Il sortit un calepin de la boîte à gant ainsi qu'un stylo et y nota un numéro.
-C'est mon portable.
Hiccup sourit et prit le bout de papier. Il sortit son téléphone et composa le numéro. Il laissa sonner et le téléphone de Jack se manifesta. Le terminal sourit.
-À lundi.
La porte d'entrée de la maison s'ouvrit, laissant apparaître un Stoïk légèrement désappointé et Hiccup lui fit un signe de la main. Il s'écarta de la voiture et sur un dernier sourire, Jack quitta la rue. Hiccup alla voir son père et le salua.
-Salut papa.
-C'était qui ?
-La personne qui m'a ramené.
-Avec qui t'es resté coincé sous la neige ?
-Oui.
-C'est un gars du lycée ?
-Oui.
Stoïk n'ajouta rien et rentra. Hiccup le suivit en s'empêchant de sourire.
