EPISODE 1 - Partie 12
Alors, ils discutèrent quelques temps. Quand il lui demanda ce qu'elle faisait ici, elle expliqua qu'elle venait relâcher un peu de la pression de son quotidien, mais qu'elle ne comptait pas s'éterniser, au début. Elle avait juste des amis très insistants qui semblaient tenir à ce qu'elle s'amuse.
Il voulut savoir ce qu'elle faisait dans la vie, ce qui lui causait tant de stress, et elle balaya la question d'un revers de la main. S'il y avait bien quelque chose dont elle ne voulait pas discuter à cet instant précis et dans cet état d'ébriété, c'était de chirurgie, d'opérations, de questions de vie et de mort. Alors, elle lui retourna l'attention, lui demanda pourquoi avoir choisi d'être barman.
Il lui répondit avec un sourire que les pourboires n'étaient pas mal, et que si ça lui permettait de rencontrer de jolies filles tout en travaillant, alors pourquoi pas ? Elle grinça les dents en entendant sa réponse et secoua la tête. Bien sûr qu'il allait choisir la provocation plutôt que l'honnêteté. Pourtant, il la surprit en répondant quelques instants plus tard qu'il n'était pas vraiment barman, titillant ainsi sa curiosité.
Étrangement, il parut soudain gêné et passa une main dans ses cheveux noirs, les plaquant davantage en arrière, avant de répondre qu'il avait été soldat dans une autre vie, et qu'une fois revenu du front, il avait saisit la première opportunité qu'on lui avait donné.
Elle hocha simplement la tête sans chercher à en savoir davantage, ce qui le surprit à son tour. Une telle révélation déclenchait d'habitude chez ses interlocuteurs une salve de questions interminables. Le fait qu'elle se contente des informations qu'il lui donnait était rafraîchissant.
Leur discussion perdura, prenant tous les tournants possibles, mais grattant à peine la surface de ce qui était réellement important. Ils rirent en observant les gens danser, s'énervèrent en effleurant quelques sujets ardus comme la politique ou encore la façon de se servir efficacement un bol de céréales - lui mettait le lait avant les céréales, tandis qu'elle le versait après, et ils étaient apparemment incapables de se mettre d'accord là-dessus.
Plus le temps avançait, plus ils découvraient à quels points ils étaient différents tout en étant identiques. Deux êtres que tout opposent, mais semblables dans la passion qui les animent.
Enfin, l'effet de l'alcool commença à s'atténuer suffisamment pour que Clarke se demande ce qu'elle faisait là, à discuter avec ce parfait inconnu avec qui elle ne s'entendait clairement pas, pire, à attendre qu'il daigne l'embrasser.
Sérieusement, Griffin ? se morigéna-t-elle.
Alors, elle observa ostensiblement l'heure affichée derrière le jeune homme et bailla en marmonnant :
— Déjà minuit... Je n'avais pas vu l'heure. Je vais rentrer.
— Le retour à la réalité est difficile, Princesse ? Plus aussi téméraire une fois l'ivresse disparue ? la provoqua-t-il.
Elle ne dit rien, ne réagit pas au surnom qu'elle détestait, ne répondit pas à la question, se contentant de plonger ses prunelles dans les siennes et cherchant une réponse appropriée, une qui le remette à sa place et le fasse descendre de son piédestal.
— Tu peux me dire où sont les toilettes ?
Elle se gifla intérieurement et se promit d'arrêter de se flageller silencieusement dès le lendemain, ce n'était certainement pas bon pour l'estime de soi.
Il désigna un couloir sur sa gauche, derrière le bar et déclara :
— J'imagine que c'est un au-revoir, dans ce cas ? C'est mon dernier service ce soir, donc si tu reviens ici, tu ne m'y trouveras pas.
Elle ignorait ce que cet avertissement cachait ou s'il cachait bien quelque chose, alors, elle répondit de la seule manière qu'elle connaissait, avec tout le mordant dont elle était capable.
— Bon débarras. Peut-être que le prochain barman fera ce que je lui demande cette fois.
Est-ce qu'elle parlait de la commande qu'il avait tardé à prendre lors de leur première discussion ou du baiser qu'il lui avait refusé, elle n'aurait su le dire. La fatigue commençait à se faire sentir maintenant que la téquila quittait doucement son système.
Elle descendit de son tabouret et déposa un billet sur le bar en assenant :
— Pour la Margarita.
Et elle tourna le dos sans un mot de plus, se dirigeant vers le hall qu'il lui avait indiqué plus tôt.
Bellamy resta une seconde bouche bée, ne sachant comment réagir. Il ne la quitta pas des yeux tandis qu'elle se frayait un chemin à travers la foule, observa la façon dont ses hanches balançaient à chacun de ses pas, la douce caresse de ses boucles blondes sur son dos et la manière dont la jupe noire et le top bleu qu'elle portait révélait juste ce qu'il fallait de ses formes harmonieuses, du galbe de ses jambes et de la courbe de ses seins. Elle disparut dans le couloir et la réalité se rappela à lui brutalement.
— Gina ?! cria-t-il en se levant subitement.
La barmaid se tourna vers lui et il lui lança :
— Je rentre ! Tu sais où me trouver si besoin ?
Elle acquiesça et retourna immédiatement aux clients devant elle tandis qu'il redirigeait son attention sur l'objet de sa frustration et quittait le bar à son tour, suivant les traces de la blonde effrontée qui n'avait cessé de le provoquer de toute la soirée, allant même à lui demander un baiser. Un baiser qu'il lui avait refusé juste pour le plaisir de lire la colère se manifester dans le bleu de ses yeux...
Comment deux êtres pouvaient-ils être si différents et si semblables à la fois ?
Cette même colère qui l'animait à présent et qui prenait sa source dans la passion qui semblait les animer tous les deux dans chaque chose qu'ils entreprenaient.
Comment pouvait-on être si attirant tout en étant insupportable ?
Il repensa à ces yeux. Ces yeux magnifiques, à la fois froids comme la glace, durs comme l'acier et brûlants d'une fièvre de vivre que rien ne pouvait calmer.
Comment pouvait-on ressentir autant de désir que de répulsion ?
Ce ne fut que lorsque le saphir des deux iris qu'il n'arrivait pas à ôter de son esprit se fixèrent dans l'onyx des siens qu'il réalisa où il se trouvait. Sans y penser, ses pas l'avaient porté jusqu'à ce fameux hall où elle avait disparu sans même un dernier regard. La surprise éclaira son visage et elle referma la porte des toilettes sans un mot, sans le quitter des yeux. Dans ses prunelles brillaient une question muette et il s'approcha pour mieux la lire.
Elle recula d'un pas et son dos alla rencontrer le battant derrière elle. Il posa sa main droite contre le mur juste au dessus de son oreille.
J'ai besoin que tu m'embrasses, avait-elle dit. Et sa voix résonnait toujours dans son esprit à cet instant.
De son autre main, il balaya une mèche de cheveux blonds venue se perdre sur son visage, accrochée à son nez et à la commissure de ses lèvres. Il entendit sa respiration se couper une seconde, lorsque le bout de ses doigts effleura sa peau délicatement.
Désolé, Princesse, mais je ne t'embrasserai que lorsque tu en auras vraiment envie, avait-il répondu alors.
Il laissa sa paume reposer sur sa joue et il la sentit y reposer doucement sa tête, comme si elle recherchait son contact autant que lui demandait le sien. L'azur de ses iris avait presque disparu désormais, noyé sous le noir de ses pupilles agrandies par le désir.
Il n'avait pas imaginé qu'il serait celui qui en aurait vraiment envie, pourtant, l'électricité qu'il avait sentie un peu plus tôt entre eux lorsqu'il s'était penché vers elle au-dessus du bar courrait à présent dans ses veines et crépitait dans l'espace qui s'amenuisait toujours plus entre eux.
Lorsqu'il posa ses lèvres sur les siennes pour l'embrasser, l'air s'embrasa. Aussitôt, elle répondit à son baiser, goûtant ses lèvres avec autant d'intensité qu'il dévorait les siennes. Instinctivement, ses mains vinrent caresser son torse et dessiner avec une lenteur délibérée chacun des abdominaux qu'elle pouvait sentir à travers le tissu de son t-shirt noir. Il frissonna et passa la main qu'il avait posé sur sa joue derrière sa nuque pour l'approcher tout contre lui.
Elle pencha légèrement la tête et mordilla sa lèvre inférieure avant d'adoucir la douleur avec le bout de sa langue. Immédiatement, il en profita pour approfondir leur baiser et elle gémit sous l'assaut. Le son résonna de sa bouche à la sienne et quelque chose se brisa en lui. Il laissa son désir le submerger tout entier.
Son autre main quitta le mur et vint caresser son épaule, son bras, puis son ventre. Il la sentit frissonner sous la pulpe de ses doigts et sourit dans leur baiser. Ses lèvres abandonnèrent sa bouche et s'aventurèrent sur sa mâchoire, déposant de lents baiser le long de son cou, mordillant puis suçant avec intensité cet endroit qui l'appelait depuis la première fois qu'il l'avait vue s'avancer vers son bar, cet endroit juste au dessus de sa clavicule, là où il savait qu'il laisserait une marque.
Un autre gémissement échappa à la jeune femme, plus fort cette fois. Elle passa ses deux mains autour de sa nuque, ramenant sa bouche contre la sienne et se serrant contre lui comme si elle voulait fondre son corps dans le sien. Possédé par une ardeur presque sans précédent, il pressa ses hanches contre elle, lui laissant ainsi ressentir son désir physique pour elle et elle répondit en resserrant davantage leur étreinte.
Il n'avait besoin d'aucun mot pour savoir que l'excitation qui avait pris possession de lui l'avait également submergée. La façon dont elle l'embrassait, sans retenue, et dont ses mains ravageaient son corps, passionnément, suffisaient amplement à lui faire passer le message.
La musique, les discussions et les rires emplissaient le club à quelques pas d'eux sans qu'ils n'y prêtent aucune attention. Ils n'étaient que tous les deux, ici et maintenant, dans ce petit couloir un peu à la dérobée. Et plus elle se perdait dans le baiser, plus il devenait téméraire, laissant ses mains jouer sur la courbe de ses seins, de ses hanches, de ses fesses. Lorsqu'il s'aventura jusqu'à son genoux et remonta doucement le long de sa cuisse nue, sous sa jupe, elle frissonna de plus belle et leva instinctivement sa jambe pour l'enrouler autour de sa taille.
Il la voulait. C'était tout ce à quoi il pouvait penser à cet instant. Et le désir était si fort que s'il ne se calmait pas tout de suite, il allait la prendre là, ici et maintenant. Cependant, elle ne faisait rien pour l'arrêter, perdue dans les flammes de la passion autant que lui. Lorsqu'elle bascula ses hanches contre son bassin, ce fut à son tour de gémir.
Le désir se transforma instantanément en besoin et il rompit violemment leur baiser.
— Quoi ? haleta-t-elle, hébétée et incompréhensive.
— Pas ici, répondit-il, la voix rendue grave et rapeuse par sa soif d'elle. Suis-moi.
Alors, Bellamy noua ses doigts à ceux de Clarke et l'attira vers une autre porte, qu'il ouvrit avant de l'inviter silencieusement à entrer, lui laissant ainsi une toute dernière chance de dire non, de revenir en arrière, de rentrer chez elle et de tout oublier.
Clarke avança sans hésitation, refusant de lâcher sa main, et laissa Bellamy refermer le battant derrière elle.
Okayyyyyy, je ne vous cache pas que vos commentaires seront plus que les bienvenus car c'est un peu la première fois que j'ose ce genre de descriptions dans un de mes textes, donc là j'ai vraiment besoin de savoir ce que vous avez ressenti et pensé à la lecture...
Des Bizouzou
