Attention, ce début de chapitre contient un léger Smut... à croire que je ne peux plus m'en empêcher. Rien de choquant mais bon, une personne avertie en vaut deux paraît-il. Donc si ça vous dérange de lire cette partie, vous pouvez éviter le passage entre les lignes droites ;)
Quand le réveil sonna - à 5h45 précises du matin - Clarke maudit une entière liste de personnes.
L'inventeur du travail, ainsi que celui du réveil.
L'hôpital et la quasi-intégralité de son personnel.
Ses amis et leurs idées complètement idiotes, surtout Jasper.
En fait, davantage que Jasper, Andrew Deluca et son coeur brisé.
L'alcool en général, la téquila plus précisément.
L'industrie grandissante des bars à thèmes.
Le ou la gérante du Ground, qui que cela puisse être.
Puis, lorsque des souvenirs embrumés se rappelèrent à son esprit, elle choisit de ne pas pester sur le beau brun ténébreux et enjôleur qui leur servait de barman, mais plutôt contre elle-même et ses propres choix douteux.
Cependant, difficile de rester énervée contre elle trop longtemps lorsque ce que les fragments qui lui revenaient de cette nuit déclenchaient mille frissons sur sa peau et une vague de désir dans son bas ventre.
- WARNING -
Dans son demi-sommeil, elle ressentait presque les lèvres du jeune homme embrasser les siennes avec ferveur. Ses grandes mains chaudes sur la peau nue de son corps. Les bras qui enserraient sa taille avec une force nimbée de douceur. Son souffle brûlant dans son cou, sur sa poitrine, son ventre, puis entre ses cuisses où sa langue avait créé milles sensations délicieuses.
Un soupir lui échappa lorsque ses propres doigts effleurèrent son clitoris sous les sous-vêtements où elle avait glissé la main sans même s'en rendre compte, animée par les souvenirs torrides de ce moment d'allégresse.
Sans honte, ni retenue, elle laissa ses doigts rejouer la partition que sa mémoire lui dictait et son dos s'arqua du lit de lui-même quand l'orgasme naquit doucement au creux de son bassin. Elle s'épanouit dans la sensation chaude qui grandissait en son sein, se délecta de cette émotion si particulière tout en invoquant dans son esprit les images de l'homme qui l'avait rendue aveugle de plaisir quelques heures plus tôt.
Ses boucles brunes, son regard de braise, son sourire charmeur, sa voix grave.
Elle inséra un doigt dans son vagin tout en continuant sa danse sur son clitoris quand le souvenir de son membre à lui à l'intérieur d'elle se raviva soudain. Le plaisir la submergeait désormais presque toute entière et elle sentait l'orgasme tout prêt, prêt à exploser et à la laisser haletante et chavirante quand...
- WARNING -
*BIP* *BIP* *BIP*
L'alarme de son téléphone se manifesta une nouvelle fois, bien plus bruyante maintenant qu'elle était tout à fait réveillée, la coupant net dans ses élans en la ramenant dans une réalité brutale. Une réalité où elle devait désormais se préparer en moins de trois quarts d'heure pour se rendre à l'hôpital pour ce qui allait très certainement être le jour le plus important de son existence.
Elle reprit son souffle en quelques secondes et ajouta l'inventeur du Snooze à la liste des personnes maudites du jour tout en se levant et en filant sous la douche. Puis, elle se prépara rapidement, n'appliqua pas de maquillage - rien ne serait suffisant pour cacher les signes évidents de sa gueule de bois, même si avec un peu de chance, elle pourrait faire passer cela pour du stress ou de la fatigue - enfila les premiers vêtements à sa portée - ils seraient de toute façon dissimulés sous la blouse qu'elle porterait dès son entrée en service - et réunit ses cheveux encore humides en un chignon lâche au dessus de sa tête.
Elle ne prit même pas le temps de s'observer dans le miroir sur pieds de son entrée, elle savait pertinemment que, si elle n'était pas présentable pour un rendez-vous galant, elle l'était certainement pour la garde de 36 heures qui l'attendait à l'hôpital. Après tout, ce n'était pas comme si elle allait rencontrer son âme soeur aujourd'hui, n'est-ce pas ?
Lorsqu'elle arriva au Griffin Grey Sloan Memorial Hôpital, le soleil n'était pas encore levé et sa montre indiquait 7h précises, ce qui était parfait. Cela lui laissait 2h préparer les collègues assignés à son projet, ainsi qu'elle-même à l'arrivée des dix premiers adolescents sur la liste des 100 qu'elle s'était engagée à aider ces prochains mois.
Elle longea le parking des employés qu'elle n'utilisait jamais, préférant la marche à pieds et les transports en commun à la conduite en solitaire, pour atteindre l'entrée de service se situant à l'arrière de l'hôpital et se figea en reconnaissant la berline vert foncé qui se garait plus loin.
Finn.
Elle accéléra soudain le pas, prise d'une envie irrépressible de disparaître.
Comment avait-elle pu oublier Finn ? se demanda-t-elle, paniquée.
Pour être honnête, elle ne l'avait pas réellement oublié. Elle avait d'abord choisi délibérément de ne pas le prévenir qu'elle passait la soirée dehors avec des amis et décidé de ne pas l'inviter. Puis plus tard, oui, elle l'avait définitivement oublié. Ou plutôt quelqu'un lui avait fait oublié.
Pourquoi, pourquoi s'obstinait-elle à refuser les avances du jeune homme charmant qui ne lui montrait qu'affection, loyauté et tendresse depuis leur rencontre pour accepter celles du premier venu ? Bon d'accord, les avances du très sexy, séduisant et particulièrement intense premier venu... Mais ça n'excusait pas tout.
Quelque part dans cette journée, il faudrait qu'elle prenne le temps d'attraper Jasper et Monty par l'oreille pour leur demander ce qu'ils avaient vu exactement de son échange avec le barman et leur demander - les menacer - de garder le silence. Ça, et aussi réclamer son dû, vu qu'elle avait après tout remporté son pari contre son ami et embrassé le mystérieux barman.
Tu n'as pas fait que l'embrasser, d'ailleurs...
Elle fit taire sa voix intérieure en se giflant intérieurement avant que d'autres images torrides ne naissent dans son esprit.
Et quelque part dans cette journée ou une autre, il faudrait qu'elle prenne le temps de s'arrêter cinq minutes pour se demander pourquoi elle n'arrêtait pas de s'auto-saboter et trouver une solution pour enfin accepter d'être simplement heureuse. Cela ne devait pas être si compliqué.
Animée par cette nouvelle ardeur, elle claqua la porte de service derrière elle et grimpa quatre à quatre les escaliers qui la mènerait dans la salle commune des résidents. Celle-ci, comme les couloirs qu'elle traversa, recevant et envoyant des bonjours à tout va, était loin d'être déserte. Mais, c'était justement la raison pour laquelle elle aimait tant cette endroit. Malgré les choses terribles qu'il s'y passait parfois, l'hôpital était toujours plein de vie et ne dormait jamais. De jour comme de nuit, bien que ces dernières soient plus calmes pour le bien-être des patients, les lieux grouillaient toujours d'activité.
Elle se dirigea vers son casier et se changea rapidement. Elle accrochait son badge à la poche extérieur de sa blouse lorsqu'elle entendit une voix familière marmonner dans sa barbe :
— Un idiot, je ne suis qu'un idiot. Un idiot.
Elle referma son casier et fit le tour de la pièce pour retrouver le propriétaire de la voix affalé sur un banc, tête entre les mains et doigts prêts à s'arracher les cheveux.
— Andrew ?
Le jeune homme se leva d'un bond, comme électrocuté par son assise.
— Quoi ? Oui ? Quoi ? balbultia-t-il avant d'ouvrir de grands yeux en la reconnaissant. Clarke ? C'est toi.
Il se rassit et reprit sa position initiale. La jeune femme rit intérieurement et, malgré la voix qui lui chantait en boucle de rester loin du drame qui avait l'air de se jouer devant elle, demanda :
— Est-ce que tout va bien ?
Andrew leva ses yeux vers elle et répondit :
— Oui ? Non ? Je ne sais pas... soupira-t-il, défait.
— Est-ce que tu veux en parler ? J'ai quelques minutes devant moi si tu veux.
Il l'observa plusieurs secondes en silence, semblant peser le pour et le contre. Quand l'hésitation devint évidente, Clarke fit un pas en arrière, légèrement heurtée par son rejet.
— Ce n'est pas grave si tu ne veux pas en discuter, je comprends...
— Non, attends Clarke, ce n'est pas ça... la retint-il. C'est que tu es Clarke Griffin.
Ne voyant pas où il venait en venir, elle hocha la tête et dit :
— Oui, puis attendit la suite.
— La fille d'Abigail Griffin.
— Oui.
— L'une des fondatrices de cet hôpital.
— Oui.
— Cet hôpital dans lequel je travaille.
— Oui... Andrew, qu'est-ce que tu essaies de me dire exactement ?
— Il y a cette fille, explosa-t-il soudain. Cette femme qui travaille ici. Elle me plaît vraiment. Vraiment beaucoup. Mais elle et moi, ce n'est pas possible. Une telle relation dans ce contexte... Je pourrai me faire virer, Clarke.
Alors, la jeune femme comprit.
— Oh. Tu ne sais pas si tu peux me faire confiance ?
Il sembla si désolé et contrit qu'elle ne put se décider à lui en vouloir. Après tout, il était dans son droit de se méfier, c'était même plutôt intelligent vu sa position.
— Eh bien, si ça peut te rassurer, ma mère et moi ne nous parlons à peine, alors...
— Oh, navré, je ne savais pas.
— Oui, nous sommes très douées pour maintenir les apparences. C'est l'un des talents cachés de notre famille.
Il ne répondit rien et elle en profita pour s'asseoir à ses côtés sur le banc. Dans la pièce désormais déserte, pas un bruit n'indiquait qu'un autre résident n'était présent. Alors, elle offrit :
— Je te propose un marché : je te confie quelque chose sur moi. Tu m'écoutes sans juger ni m'interrompre. Et ensuite, tu décides si tu veux faire la même chose.
— Ok, répondit-il, curieux.
Clarke se racla la gorge et se lança :
— Ça fait des mois que je repousse en douceur Finn Collins. Je pense que je ne suis pas prête à m'impliquer dans une relation sérieuse, pas prête à m'ouvrir de la sorte, complètement et honnêtement. Pourtant, hier soir, j'ai sauté sur le premier venu et fini nue dans son bureau.
La jeune femme se racla la gorge en sentant le rouge lui monter aux joues. Comme promis dans leur arrangement, Andrew ne fit aucune remarque et n'émit aucun jugement, ce qui mit le baume au coeur de Clarke.
Il ne fit que demander :
— Finn Collins, l'avocat ?
Ce à quoi elle hocha la tête. Puis :
— Avec le barman sexy ?
Là, elle releva les yeux vers lui, surprise de sa déduction.
— Comment...
— La tension sexuelle était palpable depuis l'autre bout du bar, expliqua-t-il avec un rictus.
Elle rit et le frappant gentiment sur l'épaule et profita de ce moment de complicité. C'était agréable d'avoir quelqu'un à qui se confier sans tabou. Elle n'avait plus ressenti cela depuis... Eh bien, depuis les derniers mots qu'elle avait échangé avec Wells, finalement. Son coeur se pinça à la pensée de son ami de toujours, mais Andrew inspira profondément et rompit le cours de ses sinistres souvenirs en disant :
— C'est Meredith Grey.
Elle se mordit la langue pour ne pas réagir. Elle avait promis après tout : pas de jugement. Pas de jugement, même si Andrew en pinçait apparemment pour l'une des fondatrices et dirigeantes de cette hôpital, pour son mentor et professeur, pour celle que sa propre mère considérait comme une amie.
Le jeune homme l'observa attentivement avant de continuer, indécis :
— Je l'ai embrassée au mariage d'Alex et Jo' Karev. J'étais un peu éméché, alors j'ai joué la carte de celui qui ne savait pas ce qu'il faisait. Mais depuis, ce baiser me hante. Je n'arrête pas de penser à elle. À chaque fois que je la vois, je n'ai qu'une envie, c'est...
— Recommencer ? termina-t-elle pour lui.
— Exactement ! s'exclama-t-il.
À cet instant, le jeune homme sembla si heureux que quelqu'un soit capable de le comprendre qu'elle crut qu'il allait la prendre dans ses bras de soulagement.
— Le fait qu'elle soit une chirurgienne renommée, détentrice d'un Harper Avery et tellement talentueuse et douée et magnifique n'aide en rien. J'ai vu que j'étais dans son service aujourd'hui et j'ai paniqué, avoua-t-il avant de se corriger et de dire : je panique.
Clarke resta silencieuse le temps de trouver une solution à lui proposer, puis demanda :
— Si tu le souhaites, je peux demander à te faire changer d'équipe et te réclamer dans la mienne. Deux mains et un cerveau ne seront jamais de trop.
— Pour ton projet, tu veux dire ?
Bien sûr, Andrew savait ce qu'elle préparait. Une opération de cette envergure et de cette ambition ne passait jamais inaperçu.
— Oui. Les dix premiers patients doivent arriver dans quelques heures et j'ai normalement deux chirurgies prévues aujourd'hui.
Il n'hésita pas une seconde avant d'affirmer :
— D'accord, j'en suis.
Elle sourit devant son enthousiasme, même si elle aurait été bien incapable de dire s'il était plus heureux d'éviter Meredith Grey pour la semaine ou de faire partie de l'équipe qui allait soigner, opérer et guérir non pas dix, mais cent jeunes au fil des mois.
Clarke se leva et Andrew lui emboîta le pas. Avant de quitter la salle, elle se tourna et lui dit :
— Tu sais que tu ne pourras pas éviter Grey indéfiniment , n'est-ce pas ?
Il eut un rictus et répondit :
— Tu sais que tu ne pourras pas éviter Collins indéfiniment, n'est-ce pas ?
Elle s'empêcha de rire devant ce sarcasme bien mérité et pénétra dans le service, Andrew sur les talons.
Oui, définitivement, ce jeune homme pourrait devenir un ami de confiance.
Un petit mot de l'auteure (c'est moi) :
Ce chapitre, c'est pour Frdrickebernier qui m'a remise en selle pour Bellarke Anatomy.
C'est scientifiquement prouvé, plus vous laissez de commentaires et de likes, plus j'ai envie d'écrire ;)
Des BiZouzoux
