ÉPISODE 1 - Partie 1
Clarke versa négligemment ses vêtements sales dans le tambour de la machine à laver et en ferma brutalement le hublot.
La jeune femme détestait ces jours de repos forcés.
Tout ce qu'elle voulait, c'était retourner à l'hôpital pour y exercer sa passion : la chirurgie. Si sa mère, et toute une bande de médecins bien plus expérimentés qu'elle - ses patrons à vrai dire - ne l'avaient pas dans le collimateur, elle aurait volontiers passé toutes ses journées, et ses nuits, à parfaire ses techniques, rencontrer davantage de cas, opérer encore et toujours plus.
Malheureusement, elle n'était pas une résidente comme les autres. Fille de la prestigieuse Abigail Griffin, chirurgienne cardio-thoracique internationale de renom.
Clarke était née dans cet hôpital. Elle y avait fait ses premières dents, puis ses premiers pas. Elle y avait dit ses premiers mots. Puis, en grandissant, ses murs étaient devenus sa deuxième maison ; ses couloirs sa deuxième école. Elle y faisait ses devoirs le soir, elle s'y était fait ses premiers amis, y avait vécu ses premiers amours.
Aussi, elle connaissait chacun des chirurgiens du renommé GGS Memorial Hospital. Elle appelait les infirmières par leurs prénoms. Elle était l'enfant de cœur de chacun d'entre eux. Et si Clarke était reconnaissante de cet amour inconditionnel, de cette immense famille, elle devait avouer que c'était parfois une sacré épine dans son pied.
Non seulement, elle devait travailler trois fois plus intensément que la plupart de ses collègues pour obtenir la reconnaissance qu'elle méritait. Mais en plus, ils la gardaient à l'œil constamment.
Bon, d'accord, elle avait enchaîné trois gardes de 16 heures chacune sans rentrer à la maison entre elles... Mais était-ce vraiment une raison pour que le Dr Hunt la renvoie chez elle sans ménagement ? Allant même jusqu'à l'accompagner jusqu'à son casier pour qu'elle y récupère ses affaires, puis jusqu'à la porte de l'hôpital, afin d'être sûr qu'elle rentrait bien chez elle et qu'elle ne reviendrait pas se faufiler en douce dans un autre service dès qu'il aurait le dos tourné - ce qu'elle avait déjà tenté deux ou trois fois auparavant, il fallait l'avouer...
Voilà pourquoi, après 6h d'un sommeil plus que réparateur, elle tournait en rond dans sa maison, sans savoir quoi faire de tout ce temps libre.
Elle consulta machinalement sa montre et soupira une fois de plus. 7H45. Jamais le temps ne lui avait semblé passer si lentement.
Réfléchis, Clarke. Le petit-déjeuner, c'est fait. La lessive, c'est fait. Qu'est-ce que tu pourrais bien faire des 24H restantes ?
Elle calcula qu'il lui restait presque deux heures avant que la machine termine son cycle et se décida soudain. Elle grimpa quatre à quatre les marches la menant au premier étage, ouvrit sa penderie et en sortit un short, ainsi qu'un débardeur avant de se changer. Elle attacha ses longs cheveux blonds en queue de cheval et enfila une paire de basket. Puis, elle glissa son smartphone dans un brassard qu'elle attacha à son bras. Ses écouteurs vissés dans les oreilles, elle s'observa brièvement dans le miroir, enclencha une musique entraînante et sorti.
Il faisait frais ce matin. Le soleil de cette journée d'automne peinait à se lever et à réchauffer l'air ambiant. Elle se mit à trottiner pour réchauffer un peu ses muscles rouillés. Depuis combien d'années n'avait-elle pas pris le temps de courir ?
Je crois que la dernière fois, c'était avec Papa...
Son cœur se serra quand plusieurs souvenirs remontèrent soudain à la surface. Des souvenirs qui, quelques années plus tôt, l'auraient anéantie de chagrin, c'était sûr.
Aujourd'hui cependant, quatre années étaient passées depuis la mort de Jake Griffin, et la peine, bien que toujours présente, était désormais moins vive et intense.
Elle fit le tour du quartier et, satisfaite de son rythme, accéléra le pas jusqu'à atteindre un petit sentier qui la mena bien assez vite à un parc qu'ils avaient l'habitude d'arpenter tous les deux pour se régaler de la vue qu'il offrait sur la ville.
Lorsqu'elle arriva au sommet, après avoir regretté plusieurs fois d'avoir choisi un parcours en dénivelé pour sa première sortie depuis des lustres, elle ralentit le pas et s'efforça de retrouver une respiration régulière.
Sa montre indiquait 9H et une bouffée de fierté s'empara d'elle. Pour quelqu'un qui n'avait pas fait d'exercice depuis autant de temps, elle était plutôt contente d'elle-même. Imagine Dragons commença à résonner dans ses oreilles et elle prit place sur un banc pour reprendre son souffle.
Face à elle, le soleil s'était maintenant levé et illuminait de ses rayons d'or la baie de sa ville natale. En plissant les yeux, elle pouvait apercevoir le port, et les ferry qui y amarraient. Les petites maisons à étages caractéristiques des quartiers résidentiels, et le tramway qui traversaient les rues. Par-delà les arbres, vers l'ouest, se trouvait l'hôpital dans lequel elle passait le plus clair de son temps. Si elle avait coupé la musique et tendu l'oreille, elle aurait sûrement entendu les sirènes annonçant accidents et traumas.
Mais elle n'était pas là pour ça. Même si elle souffrait de devoir l'admettre, il fallait qu'elle se repose, qu'elle se vide la tête. Il fallait qu'elle soit concentrée et opérationnelle.
Car dans maintenant moins de vingt-deux heures, elle jouerait son avenir tout entier.
Effaçant d'une main la buée du miroir de la salle de bain, Clarke s'enroula dans une grande serviette. Cette douche lui avait fait le plus grand bien. Elle se sécha, démêla sa tignasse de boucles blondes et enfila un simple leggings noir ainsi qu'un top sans manche gris.
Elle dévala les marches pour se rendre dans la cuisine, puis enclencha la bouilloire. Le temps que l'eau chauffe, elle étendit sa lessive dans le cellier attenant. Elle se servit une tasse de thé brûlant et se régala une seconde de l'odeur enivrante de bergamote qui flottait au-dessus de sa tasse.
Elle posa celle-ci sur la table en bois trônant au milieu de la pièce et s'installa confortablement devant une imposantes pile de dossiers. Elle enroula ses longues mèches blondes en un chignon rapide et y glissa un crayon de papier.
Ce n'est pas parce qu'on m'a bannie de l'hôpital que je ne peux pas bosser...
Elle repoussa dans un coin de son cerveau la petite voix qui l'accusait d'être une vraie droguée de travail et ramena le tas de dossiers devant elle.
La pile en comportait 100.
100 dossiers pour 100 patients.
100 patients pour 100 cas.
100 cas pour 100 interventions.
100 interventions pour 100 vies sauvées.
C'était son projet de dernière année de résidence. Celui qui allait prouver au Monde quelle chirurgienne compétente et ambitieuse elle deviendrait. Celui qui lui ouvrirait les portes des plus prestigieux hôpitaux du pays.
Demain, elle, et les internes sous ses ordres, accueilleraient les 10 premières personnes de ce programme et elle voulait être prête. Aussi, elle rangea les dossiers par ordre alphabétique et se plongea dans la lecture du premier d'entre eux, laissant ses yeux bleus caresser la photo de sa première patiente, et se poser sur le nom de cette dernière.
Voyons voir de quelle manière elle allait sauver cette "Octavia Blake"...
Un petit mot de l'auteure (c'est moi) :
Hello à tous mes petits lecteurs :) Je suis hyper excitée d'écrire cette fanfiction. J'ai vraiment décidé de m'amuser en l'écrivant et j'espère que ça se ressent à la lecture.
Avez vous aimé ce début ?
Des idées pour la suite ?
Est-ce que je suis parvenue à vous immerger dans l'histoire ?
Des pensées sur le personnage de Clarke ?
Merci pour vos favoris et vos commentaires !
Des Bizouzou
