Bonjour à tous et à toutes! nous voici pour un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira autant que le premier ;)

et merci pour vos reviews!

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-Tu pourrais au moins toquer. Dis-je, juste pour la forme.

-J'espérais te surprendre encore à demi-nue et trempée, c'est raté ! S'explique avec amusement Louveteau.

Je lui jette ma serviette, jusque là en boule sur le lavabo. Elle l'évite en rigolant. Je la regarde alors, elle porte une robe rouge courte qui lui arrive un peu au dessus des genoux. Ses cheveux sont relâchés et légèrement bouclés, son maquillage léger lui va à ravir. Je siffle pour marquer mon approbation.

Elle me sourit puis s'approche de moi qui suis face à mon miroir dans la salle bain. Elle vient m'enlacer, sa poitrine contre mon dos, ses bras autour de mes hanches avec son menton sur mon épaule. Je repose le sèche-cheveux en haussant un sourcil.

-Tu m'as manqué cette année. Elle répond à ma question muette.

J'étreins ses bras autour de moi. Elle a toujours eu plus de mal que moi à supporter nos séparations. C'est ma meilleur amie et je suis la sienne, je sais qu'elle a du mal avec le fait que nous vivions sur des continents différents mais il est hors de question que j'emménage au Canada, je ne supporterais jamais ses hivers à -30, et elle ne veut ni quitter son boulot ni sa famille pour me rejoindre. Nous sommes donc dans une impasse et je n'ai pas pour habitude de me morfondre à cause d'une situation que je ne peux pas résoudre.

L'instant mélancolique passé, je vois son sourire revenir et elle se met à me parler de tout un tas de chose pendant que je finis de me préparer. Je lui pose quelques questions sur son boulot qu'elle adore et c'est avec excitation qu'elle me parle d'un nouveau contrat juteux qui l'emballe plus que de coutumes.

Cinq minutes avant le début de la soirée, je suis enfin prête et nous descendons dans l'immense salon du chalet où doit se dérouler la fête. Plusieurs canapés occupent la pièce ainsi que des tables garnies de petits plats et de beaucoup, beaucoup d'alcool. Je sens que cette soirée promet d'être intéressante même si je sais d'ores et déjà que je vais devoir faire attention à la consommation d'alcool de Louveteau si je ne veux pas qu'elle finisse par danser sur l'une de ces tables. Quoique avec sa tenue particulièrement sexy et son talent pour les danses lascives, je serais ravie de me rincer l'œil, en tout amitié évidement.

J'observe les convives. Je reconnais quelques personnes, Octavia parle avec l'une de ses sœurs ainsi qu'une collègue de l'école où elle travaille. Près d'une cheminé, je vois Blondie en grande conversation avec une cousine de la future mariée. Une vingtaine d'autres personnes sont présentes, membres de la famille, amies, collègues que je connais plus ou moins voir pas du tout. Je ne suis pas très sociable au prime abord. Il me faut du temps pour me détendre en présence d'une nouvelle personne ce qui explique que beaucoup me pensent timide alors que ce n'est pas le cas, je suis juste en retrait et solitaire. Cependant ce n'est pas le cas de mon amie canadienne qui est déjà partie se faire de nouvelles amies. Je l'entends d'ailleurs discuter de son équipe de hockey préférée avec une jeune femme rousse d'une trentaine d'années en robe verte plutôt décolletée.

Alors que je me tiens un peu en retrait dans un coin à observer les personnes présentes, mon attention est attirée par une nouvelle venue. C'est ELLE.

Mes yeux la détaillent rapidement. Elle porte une robe bleue foncée qui souligne à la perfection ses courbes. Ses longs cheveux blonds cascadent dans son dos et son sourire carmin éclaire toute la pièce. Elle ne m'a pas remarqué alors je peux l'observer de tout mon soûl. Elle s'approche d'Octavia et se met à discuter avec elle. Je vois mon amie froncer les sourcilles, elle semble passablement énervée sans que je ne devine pourquoi. Je les vois discuter encore un moment, ELLE insiste pour qu'Octavia lui dise quelque chose mais je ne sais pas de quoi il s'agit jusqu'à ce que la future mariée souffle bruyamment et ne se tourne vers moi. Ses yeux croisent mon regard avec une pointe de regret au fond des yeux, elle semble chercher mon pardon. Je comprends alors qu'ELLE voulait savoir où j'étais et que mon amie vient de le lui indiquer. Mes soupçons se confirment lorsque je reporte mon regard sur la belle blonde à la robe bleue qui me dévisage à présent. Je soutiens son regard avec défis, les bras croisés, nonchalamment appuyée contre le mur. Elle finit par détourner les yeux après de très longues secondes.

Je me dirige vers la table contenant de l'alcool la plus proche, attrape une bouteille sans regarder de quoi il s'agit puis sors du salon par une baie vitrée ouverte qui donne sur une terrasse.

Je me retrouve seule dans la nuit face au lac. La lune scintillante se reflète dans l'eau miroitante. J'observe le paysage devant moi en inspirant profondément l'air pur des montagnes. La musique de la fête me parvient étouffée, je bois au goulot de la bouteille et grimace en sentant le goût. Rhum. Je n'aime pas particulièrement les alcools forts, je préfère la bière en générale mais peu importe cela fera l'affaire.

Je sens le souffle tiède du vent me caresser le visage. C'est plutôt agréable et je décide de rester tranquillement ici plutôt que de retourner dans le salon étouffant. Je cherche des yeux où m'asseoir et repère des fauteuils rembourrés contre le mur du chalet. Je me dirige vers l'un d'eux et me laisse choir. Je respire lentement pour calmer mon esprit et les battements trop rapides de mon cœur. Je porte une nouvelle fois le goulot à mes lèvres et prends une longue rasade. Le liquide me brûle la gorge. J'entends quelqu'un marcher vers moi, je ne prends pas la peine de regarder de qui il peut bien s'agir, cela m'est égale.

-Tu profites de la vue ? Me questionne une voix douce.

Je souris doucement en reconnaissant Blondie et l'invite d'un geste de la main à me rejoindre. Elle s'assoie à côté de moi et je lui passe la bouteille de rhum. Elle boit sans se méfier et tousse juste après, déclenchant un rire puissant chez moi.

-C'est pas drôle ! Me dit-elle même si elle rit aussi. Depuis quand tu bois ce genre de chose ? De nous deux c'était plutôt moi celle qui buvait des alcools forts non ?

Elle a raison, je me contentais toujours de bière lors de nos soirées ensemble pendant qu'elle buvait un peu n'importe quoi. Elle se plaignait de mon haleine houblonnée à chaque fois mais ça ne l'empêcher pas de m'embrasser fiévreusement dès qu'elle le pouvait.

-J'évolue. Je lui réponds avec un air mystérieux.

Quelques minutes passent sans qu'aucune de nous deux ne brisent le silence même si je sais qu'elle en meurt d'envie. Elle a toujours été bavarde, je me contentais souvent de l'écouter parler en répondant de temps en temps pour qu'elle poursuive son quasi monologue. J'aimais sa voix et c'est toujours le cas. Sa voix m'apaisait, son timbre chaud me réchauffait.

-Alors, c'est comment Londres ? Finit-elle par lâcher.

J'étais sûre qu'elle craquerait et ça me fait rire, elle me regarde avec des gros yeux comme pour me dire d'arrêter de me moquer d'elle, même si au fond nous savons toutes d'eux qu'elle apprécie que je la taquine autant qu'elle aime m'entendre rire.

-Bien, mon job me plaît beaucoup, j'ai pas mal de temps pour visiter et lire. Le seul bémol est la pluie. Je réponds.

Elle me pose beaucoup de questions sur ce que je fais. Lorsque nous nous sommes quittées, je venais de décrocher mon diplôme de professeur des écoles haut la main. Je suis partie à Londres lorsque j'ai reçu une proposition pour devenir préceptrice chez une famille londonienne. Le salaire plus qu'intéressant et le besoin de partir loin de tout ce que je connaissais m'ont poussé à accepter la proposition. Depuis trois ans maintenant j'enseigne à deux adorables enfants, Georges 12 ans et Elizabeth 8 ans. Je réponds à chacune de ses interrogations et la questionne aussi de temps en temps. Cela me fait du bien de la retrouver, nous échangeons plusieurs blagues, la discussion est facile avec elle. L'alcool passe d'une bouche à l'autre et nous finissons par finir la bouteille.

Je me relève, j'ai chaud. Je sais que je n'ai pas encore trop bu, je tiens bien l'alcool de manière général mais il n'en va pas de même pour Blondie qui lorsqu'elle me suit et se lève, chancelle sur ses appuis. Je la rattrape avant qu'elle ne s'étale au sol. Une main sur sa hanche, l'autre sur son bras, je m'assure qu'elle est stable. Nous sommes proches l'une de l'autre, peut être même trop proche. Je la vois regarder ma bouche pendant qu'elle se lèche les lèvres. Elle ne doit pas s'en rendre compte mais elle me dévore des yeux. Je me racle la gorge et m'éloigne d'elle pour rejoindre la balustrade un peu plus loin. Je m'y accoude et inspire profondément pour chasser les brumes d'alcool et de désir. Elle me rejoint, nos avant-bras se touchent. Je sens la chaleur de son corps si proche du mien.

-Tu vois cette constellation ? C'est la grande ours. J'explique en tendant le bras vers le ciel.

-C'est vrai ? Me demande-t-elle avec candeur et émerveillement.

-Je n'en ai aucune idée. Je lui réponds en rigolant.

-Hé ! Me réprimande-t-elle avec une tape sur mon épaule.

Nous nous sourions toutes les deux et soudainement je me revois des années auparavant, elle semble vouloir que je l'embrasse comme avant.

-Hey, Lexa ! Je te cherche depuis une heure ! Octavia nous attend dans le salon on va faire des jeux ! Nous interrompt Louveteau.

Blondie s'écarte brusquement de moi comme si elle revenait d'une transe, brisant ainsi la tension qui régnait entre nous. Elle bégaie qu'elle doit aller se rafraîchir et rentre subitement dans le chalet.

-J'ai gâché quelque chose ? S'inquiète mon amie.

-Non.

Je me contente de cette réponse et ma canadienne n'insiste pas. Nous rentrons à notre tour pendant qu'elle me raconte tout ce que j'ai loupé en m'exilant sur la terrasse.

Lorsque nous pénétrons dans le salon, la chaleur de la pièce m'étonne. Il faisait bien meilleur sur la terrasse, je pense alors un instant à y retourner mais Louveteau m'en dissuade d'un regard comme si elle savait à quoi je pensais. Je soupire, résignée.

Octavia invite toutes ses convives à s'installer sur les canapés et fauteuils du salon. Je me retrouve coincée entre Louveteau et une tante de la future mariée. Blondie se trouve sur un canapé devant à ma gauche et ELLE se trouve en face de la blonde à ma droite. Mon trouble doit être perceptible car ma canadienne pose sa main sur ma cuisse pour me rassurer, je lui souris pour la remercier. C'est à se moment que je perçois le regard noir que les deux blondes posent sur cette main sur ma jambe. Je fais mine de rien et écoute Octavia.

-Comme c'est mon enterrement de vie de jeune fille et que vous n'avez pas d'autre choix que de participer pour me faire plaisir, je vois mon amie me regarder en disant cela, comme si cette phrase m'était adressée, je ne veux aucune plainte quand aux jeux que j'ai choisi !

J'apprends avec horreur que le premier jeu est un quiz sur Octavia elle même et que celle qui donnera le moins de bonnes réponses recevra un gage. Les questions s'enchaînent et je remarque avec dépit que je ne serais pas capable de répondre à la moitié des questions.

-Lexa... quelle est ma pizza préférée ? Me demande-t-elle avec un air diabolique.

Les autres semblent ravies de me voir ainsi en galère. J'ai beau réfléchir je ne m'en souviens pas, enfin je ne pense même pas l'avoir su un jour.

-Hum...Regina ? Je tente pour la forme.

-Tu me déçois ! C'est hawaïenne !

Je hausse les épaules puis lui fait mon plus bel air de chien battu pour me faire pardonner, elle rit et passe à d'autres questions. Les tours s'enchaînent et même Louveteau semble en savoir plus que moi. Je sais que la future mariée ne m'en veut pas à chaque mauvaise réponse que je donne, elle me connait, ce n'est pas contre elle si je suis distraite et ne retiens pas ce genre de chose. Elle a conscience que je l'aime même si je ne connais pas la marque de son parfum favori. Le tour se finit et sans surprise je suis déclarée grande perdante. Je sens SON regard brûlant sur moi mais je me contrains à ne pas y prêter attention.

-Bon alors il est temps de te donner un gage ma très chère amie. S'exclame Octavia visiblement ravie que je sois la malheureuse victime de son jeu. Tu as de la chance il est minuit alors ton gage est tout trouvé ! Tu vas faire un bain de minuit dans le lac !

Je la regarde avec un regard noir. Son idée est stupide, je vais attraper la crève. Louveteau est hilare à côté de moi et m'encourage avec entrain. Rapidement le reste des convives se joignent à elle et scandent mon prénom. Je n'ai pas vraiment le choix mais je résiste quand même pour la forme.

-Ho aller Lexa ne me dis pas que tu te dégonfles ! Lance à la cantonade Blondie.

Je me lève d'un bond, je ne suis pas une poule mouillée. Je sors sur la terrasse, bientôt suivie par tout le monde. Je me déshabille prestement ne gardant que mes sous-vêtements, ne voulant pas mouiller mes habits. Et avant que quiconque puisse dire quoique que ce soit je prends appuie sur la rambarde et me jette à l'eau. Bien sûr ma contemplation du paysage plus tôt dans la soirée m'a permis de voir que l'eau était profonde et qu'aucun rocher ne se trouvait autour de la terrasse mais cela, les autres ne le savent pas et j'entends plusieurs cris horrifiés quand je disparais dans le vide.

Je plonge en piqué dans l'eau. Elle est plus chaude que ce à quoi je m'attendais mais tout de même fraîche. Je reste un peu sous l'eau en retenant ma respiration pour faire paniquer quelque peu mes spectatrices. Je sais que ce n'est pas très mature mais peu importe, je suis trempée à cause d'elles alors j'estime qu'une petite frayeur n'est que justice.

Je crève la surface du lac, le sourire aux lèvres, sous les applaudissements des autres.

-Espèce d'imbécile ! Me crie Octavia.

Je l'éclabousse, joueuse, et elle s'éloigne en riant. Je nage jusqu'à la balustrade et me hisse à la force des bras sur la terrasse. Je sais que je n'ai pas à rougir de mon corps, je suis plutôt sportive, surtout depuis que je suis à Londres. J'ai le temps pour pratiquer du sport et je ne m'en prive pas. C'est dégoulinante d'eau que je prends pied sur le sol ferme. La tante d'Octavia qui était assise à côté de moi m'apporte une serviette et je la remercie chaleureusement. Je me sèche rapidement pendant que plusieurs personnes rentrent continuer la soirée dans le salon. Quelques personnes discutent sur la terrasse, d'autres m'observent ou plutôt me dévorent du regard. Je surprends Louveteau qui me matte éhontément, elle me fait même un clin d'œil et j'éclate de rire en secouant la tête. Blondie est là aussi, le désir brille dans ses yeux pendant qu'elle me lance un coup d'œil lascif. Elle rejoint les autres dans le salon, non sans se retourner une ou deux fois en chemin. ELLE me regarde aussi, je fais de même, avec défis.

-Tu veux quelque chose ? Je demande pour la provoquer.

-Non, j'observe la vue. Me rétorque-t-ELLE, hautaine.

Si magnifiquement hautaine et glaciale. J'avais pour habitude de la surnommer la princesse de glace lorsque nous étions au lycée. J'ai toujours détesté autant qu'adoré ses yeux bleus glaciales.

Je décide de mettre fin à ce simulacre de conversation. Je retourne dans le salon où la fête bat son plein. Octavia a mis la musique à fond tandis que les lumières sont tamisées. Le parquet s'est transformé en piste de danse.

Un tiers des invitées sont parties se coucher pour être en forme demain. Celles qui restent semblent bien décidées à profiter de la fête jusqu'au bout de la nuit.

Je me dirige vers l'un des bars improvisés pour me désaltérer. Je me sers un verre d'eau, je pense avoir assez abusé tout à l'heure sur la terrasse. J'observe les convives, certaines dansent, d'autres discutent ensembles, des blagues sont échangées, j'entends des rires et je souris. La bonne humeur ambiante me fait oublier le désagréable échange de deux pauvres phrases que j'ai eu avec ELLE. Sans que je ne puisse m'en empêcher je la cherche du regard. Je la repère, un verre à la main, entrain de parler à une cousine d'Octavia, Mégane, une rousse aux yeux verts avec un short indécemment court et un haut ne laissant aucune place à l'imagination. La blonde semble mal à l'aise, elle garde un sourire poli de façade mais je sais parfaitement qu'elle aimerait être ailleurs. Je devine sans mal la teneur de leur conversation puisque je connais plutôt intimement Mégane. C'est une allumeuse invétérée et au vu du vacillement qui le prend de temps en temps, elle a dû boire plus que de raison. Je n'ai jamais regretté aucune de mes relations passées mais j'avoue que je n'ai pas eu l'idée du siècle lorsque j'ai mise dans mon lit la cousine de mon amie, il y a quelques années. J'éprouve des sentiments contrastés en les voyant interagir toutes les deux, je suis à la fois compatissante pour ELLE et un peu jalouse du gringue que lui fait Mégane. Je sais que je n'ai aucune raison de l'être et qu'en temps normal je ne le suis pas mais peut être que la fatigue combinée au choc de LA revoir à cette soirée me met la tête en vrac.

-Hé ! On dirait que tu vas tuer quelqu'un ! Qui est-ce que tu regardes ainsi ? Me questionne Louveteau qui m'a rejointe à l'instant.

Je hausse les épaules, feignant de ne pas savoir de quoi elle parle. Cependant elle n'est pas dupe et suit mon regard avant que je ne détourne le mien.

-Ha... je vois. Aller viens on va te changer les idées ! S'exclame-t-elle en me tirant vers la « piste de danse ».

Je rechigne à la suivre mais elle me tient fermement et je ne me sens pas de faire une esclandre. Je la laisse m'entraîner avec elle puis une fois au milieu des autres danseuses je commence à bouger au rythme de la musique, les yeux fermés. Peu à peu, j'oublis mes préoccupations et me concentre sur les pulsations qui sortent des enceintes. Durant de longues minutes, je me déchaîne et m'amuse sans restriction. Je danse plusieurs fois collées-serrées avec Louveteau, indifférente aux regards noirs qu'ELLE nous jette alors qu'elle discute toujours avec Mégane. Je remarque que la sœur de Lincoln, une jolie métisse aux cheveux bouclés les a rejoint. Je sais qu'elle est amie avec ELLE. Même si c'est méchant, je me réjouis de voir SA mine sombre. Cependant, ma bonne humeur me quitte lorsque je m'aperçois que Blondie aussi nous regarde, une pointe de tristesse au fond des yeux. Soudain, l'envie de danser et de m'amuser me quitte. Je m'excuse auprès de mon amie, prétextant le besoin de me désaltérer.

Je vais me chercher un verre d'eau, Blondie n'est plus dans la pièce, elle a dû sortir sans que je ne la vois le faire. Alors que je m'apprête à partir à sa recherche, je suis interrompue.

-Un verre d'eau à une soirée de vie de jeune fille ? Tu me déçois Lexa. Me lance quelqu'un, une verre à la main.

Je trinque avec la nouvelle arrivante, Gaïa, la fameuse sœur de Lincoln.. Je me suis tout de suite bien entendue avec elle lorsque mon amie nous a présenté il y a quelques années lors d'un anniversaire surprise pour le futur marié.

-Je t'ai vu danser avec ton amie canadienne, vous aviez l'air...proche. Dit -elle avec malice.

Je me tourne vers elle, surprise de sa question.

-On se connait depuis un moment, c'est une bonne amie. Je réponds sans entrer dans les détails.

-Comment vous êtes vous rencontrées ? Poursuit-elle.

Je prends mon temps pour réfléchir à ce que je veux révéler de ma vie.

7 ans plus tôt.

Je jouais sur mon ordi comme j'en avais l'habitude. En deuxième année de Licence, j'étais plus préoccupée par mes jeux en ligne que par mes études aux grands damnes de mes parents. Peut être étais-je une geek, mais je préférais me plonger dans ce monde ainsi que dans mes lectures fantastiques, plutôt que de bachoter mes cours. Ce fut justement par le biais d'un de ses jeux qu'un beau jour de Juin je rencontrai une jeune canadienne. Nous étions toutes deux accros au même jeu et partagions beaucoup de points communs ainsi qu'une vision similaire de la vie.
Au début nous ne communiquions que par l'intermédiaire de ce jeu puis nous échangeâmes nos coordonnées afin de discuter avec plus de facilité.

Les jours passèrent, nous devînmes de plus en plus proches, discutant de tout et de rien, de nos vies respectives, de nos rêves, nos espoirs, nos craintes. C'était tellement plus facile de lui parler à elle des difficultés que je pouvais rencontrer dans ma vie plutôt que de m'en ouvrir à mes amis de la faculté. Elle me parlait aussi, j'aimais beaucoup lire ce qu'elle m'envoyait, je restais des heures tard le soir avec elle à échanger des messages. Cela dura une année puis nous nous rencontrâmes enfin. Finis les messages, place à la vie réelle.

Elle vint en France durant les vacances d'été. Elle passa plusieurs jours chez une amie de sa connaissance dans l'Ouest du pays puis se rendit à Strasbourg, là où je vivais. Mes parents, plutôt compréhensifs, acceptèrent qu'elle loge chez nous lors de son séjour.

J'allai la chercher à la gare. Étonnement je ne ressentais aucune appréhension, seulement de l'impatience. Lorsque je la vis finalement sortir de la gare, un grand sourire me vint et je me dirigeai vers elle, euphorique.

J'avais encore quelques examens à passer, elle visita la ville pendant que j'effectuais mes derniers contrôles. Lorsque je fus enfin libérée de mes obligations et que mes vacances débutèrent nous nous rendîmes dans les Vosges pour passer la semaine une résidence secondaire que possédait mes parents.
Je lui fis visiter les environs, notre relation se renforça et nous convînmes à la fin de son séjour d'instaurer une tradition nouvelle. Nous nous verrions chaque année durant la période estivale.

-Un concours de circonstances dirons-nous. Je réponds enfin à Gaïa.

-Tu n'es pas bien loquace ce soir je trouve. Rétorque-t-elle.

-Comme souvent non ? Je souris en sirotant mon verre d'eau.

-Tu marques un point. Aller Lexa, ne joue pas ta mystérieuse, réponds.

Elle tente un sourire mais quelque chose cloche. Elle a toujours respecté auparavant que je ne réponde pas forcément à ses questions. Je n'aime pas parler de ma vie et elle le sait. Cependant son insistance me perturbe. Une idée saugrenue me vient à l'esprit.

-Pourquoi t'y intéresses-tu autant ? Je demande pour confirmer mes soupçons.

-Je...enfin... tu sais, je m'intéresse à ta vie c'est tout. Bégaie-t-elle.

-Tu t'intéresses à ma vie ou alors tu réunis des informations pour ton amie ? Je continue mon interrogatoire en dirigeant mon regard vers la blonde la robe bleue qui nous observe de ses yeux toujours aussi froids.

-Je suis désolée, elle me l'a demandé et… enfin bref. S'excuse-t-elle penaude.

Je hausse les épaules et la laisse seule. SES manigances pour connaître ma vie m'agacent. Je préfère rejoindre ma canadienne qui discute désormais calmement avec la future mariée. Alors que j'arrive à leur hauteur, Octavia me sourit avec un air diabolique, je devine alors qu'elle vient d'avoir une idée qui ne va certainement pas me plaire.

-J'ai une idée de jeu ! S'exclame-t-elle joyeusement. On va faire un "Je n'ai jamais"!