Chapitre 12
- Allons voyons ce que tu sais faire.
- Euh … tu sais… ça fait que quelques jours que je sais que je suis une Chasseuse d'Ombres… oh…
Eleonora avait esquivé le poing d'Alexei et même mieux elle l'avait bloqué. Elle l'avait su. C'était difficile à comprendre mais elle savait qu'Alexei allait frapper par la gauche.
- Pas mal Léo… mais ne baisse pas ta garde… hé !
Hop ! Encore esquivé !
- Moi qui pensais être imprévisible, c'est raté. Tu es sûre que ça ne fait que quelques jours ? On dirait que tu t'es entraînée toute ta vie, même Jace Herondale ferait moins bien. Aller frappe moi.
La perspective de frapper Alexei ne lui plaisait guère mais le garçon insistait tellement qu'elle ne se fit pas plus prier. Raté ! Il esquiva son coup facilement. En même temps, il était plus expérimenté qu'elle.
- Euh… Léo ? Toi aussi tu as cette drôle d'impression qui fait que tu sais par avance de quel côté esquiver.
Ah finalement ce n'était pas l'expérience.
- Oui j'ai la même sensation. Tu crois que c'est à cause du Yin et du Yang ?
Il haussa les épaules et s'assit sur le sol.
- Dis moi Léo c'est comment Paris ?
- Moche.
Alexei la regarda avec surprise tandis qu'elle s'asseyait face à lui.
- 'Fin non, c'est pas moche c'est même très beau. Bon la météo est pas ouf il pleut souvent. Mais les bâtiments sont beaux, les monuments sont beaux, les œuvres d'arts sont belles même les gens sont beaux.
- Qu'est ce qui te plaît pas alors ?
- J'ai beau avoir vécu là-bas toute ma vie, c'est pas ma maison.
- C'est ici ta maison.
Il se regardèrent en souriant. Il est vrai que ça ne faisait que depuis la veille qu'ils se connaissaient mais un lien les unissait. Eleonora le sentait.
Alexei brisa le silence :
- Bon, ce n'est pas comme ça que tu vas t'entraîner. Viens on va tracer des runes.
Ça faisait une heure qu'Eleonora tracer des runes sur une feuille blanche sous l'œil critique d'Alexei, quand Boris entra dans la bibliothèque.
- Eleonora, j'ai reçu un message de la Consule.
Ils m'ont retrouvée.
Elle savait qu'Elodie et les Julliot ne l'abandonneraient pas.
- Elle veut que tu ailles à l'Académie. Quelqu'un viendra te chercher dans l'après-midi.
- Comment ils l'ont retrouvés ? Tu leur as dit ? Et si tout ce qu'ils voulaient ce sont ses capacités ?
- Je n'ai rien dit, dit d'un ton calme Boris face à son fils visiblement contrarié.
- Ils savent que je suis le Yin.
Boris resta silencieux. Cela ne lui plaisait pas Eleonora le savait. Il ne voulait pas que le Yin et le Yang soient découverts.
- S'ils ne savent pas que je suis le Yang, ils ne pourront pas utiliser Léo, hasarda Alexei.
- Ils te trouveront.
- Mais peut-être qu'ils nous feront pas de mal, dit Eleonora.
- Peut-être pas la Consule mais d'autres convoiteront le pouvoir. Je pense que le mieux pour vous c'est de collaborer avec l'Enclave. Mais ne vous laissez pas manipuler. Réfléchissez toujours par vous même et n'ayez confiance en personne.
Nanny arriva essoufflée et fit signe à Boris de la suivre. Eleonora ne s'inquiétait plus de ce comportement. Nanny était toujours affolée.
Alexei regardait Eleonora avec tristesse.
- Tu vas encore partir…
- J'ai pas envie mais ton père a dit que l'on devait collaborer.
Alexei se leva et partit. Eleonora ne le suivit pas. Il était contrarié autant le laisser seul. La perspective de partir ne lui plaisait guère mais en même temps elle avait hâte de revoir Elodie, Cléo, Enzo et Matthieu.
Le froid piquait ses joues. Il avait rasé sa barbe, ça ne le couvrait plus. Il voulait faire bonne impression. Cela faisait seize ans qu'ils ne les avaient pas vus. Cela leur fera une surprise. Bonne ou mauvaise ? Ça, on verra. Le manoir des Pachkov se dessinait devant lui.
Encore plus majestueux que dans tes souvenirs
La porte s'ouvrit. Il reconnaîtrait la silhouette entre mille. Il fit un geste de la main en guise de bonjour. Mais la silhouette voûtée de vieille femme disparut à l'intérieur. Un homme en sortit quelque secondes plus tard. Il vint à sa rencontre.
Allez câlin de retrouvailles.
Il ouvrit les bras mais Boris Pachkov s'arrêta et croisa les bras sur son torse.
- Et bien, n'es-tu pas content de me voir ?
Boris affichait une mine contrariée.
- Tu ne devrais pas être ici… Vladimir…
- Ne t'en fais pas vieux frère, je suis juste venu récupérer quelque chose je repars ensuite.
- Il n'y a plus rien. L'Enclave a tout saisi, il y a des années.
- Ce que je veux récupérer vient d'arriver.
Ce n'était plus de la contrariété que Boris affichait mais de l'inquiétude.
- Il n'y a rien qui peut t'être utile.
Il mentait. Très peu de gens peuvent mentir à Vladimir Dourov mais encore moins Boris Pachkov. Il le connaissait par cœur son parabatai. Vladimir se contenta de l'ignorer et gravit les marches du perron.
- Nanny ! Quel plaisir !
La vieille femme se tenait dans l'encadrement de la porte, lui barrant le chemin.
- Je sais que tu es vivant et en bonne santé, maintenant tu peux partir.
- Tu n'as pas perdu ta franchise Nanny, dit Vladimir en riant.
Il ne voulait pas se battre, surtout contre Nanny et Boris, mais s'ils ne le laissaient pas passer, il y serait obligé. Mais la vieille femme affichait un air déterminé, elle ne bougerait pas.
- Nanny, c'est ma fille… laisse moi la voir, lui parler,savoir qu'elle va bien…
Vas-y Vlad essaie la corde sensible !
- Elle va bien, répondit sèchement Boris qui se tenait derrière lui, malgré son atterrissage imprévu dont je ne doute pas que tu en sois la cause, au milieu d'un blizzard .
Il le connaissait bien. Il avait réussi à le deviner. Qu'avait-il deviner d'autre ?
- Peut-être en suis-je un peu responsable en effet. Mais bon, j'ai pensé qu'il était temps que la famille Dourov soit de nouveau réunie.
- Que veux-tu vraiment, lâcha Nanny.
- Vous voulez m'empêcher de voir ma fille ? Je croyais que la famille était importante pour vous.
- C'est le cas, répondit Boris, c'est pourquoi il faut que tu partes.
Vladimir serra et desserra les poings. Il allait répliquer quand une voix provenant de l'escalier l'en empêcha.
- Papa, Nanny, j'emmène Léo voir St Petersbourg avant qu'elle ne parte, on prend la…
Vladimir se retourna. Un grand garçon aux yeux glacials caractéristiques des Pachkov se tenait derrière Nanny, la bouche ouverte de surprise.
Alexei…
Il tenait une jeune fille par la main. Elle était guère plus petite que lui.
- Tu as les yeux de ta mère, Eleonora.
La voir l'émut. Cela lui rappelait cette fameuse nuit et ce pour quoi il était venu. Il devait se venger. Ce n'était pas lui qui avait tuer Anna. C'était eux ! Ces soi-disants Néphilims qui les avaient traqués sans relâche, avaient provoqué l'accident !
- Je t'ai cherché pendant longtemps, ma fille, maintenant je t'ai retrouvée. On sera de nouveau une famille.
Il tendit la main vers elle mais Alexei se mit entre eux. Nanny se rapprocha d'elle. Boris se crispa derrière lui.
Ils ne te laisseront pas l'emmener...
