Hello ! :D

Je me mate la s2 de l'anime et je vais attaquer sur la s3, donc j'ai un peu la hype pour le fandom, alors j'ai envie de poster plus tôt. Je pense changer un peu le rythme de publication, ce sera annoncé à la fin ;) !

Dans ce chapitre, on est du point de vue d'Izuku ! :) J'espère que ça vous plaira ! ;)

Sinon, petite précision, mais le personnage de Tanaka est un OOC. Il n'est pas particulièrement important, mais il a quand même son petit rôle ^^.

Bonne lecture !

Réponse anonyme :

minayuna : Ne me remercie pas, c'est moi qui te remercie :) ! Je suis vraiment contente si mon histoire te plaît, et t'inquiète, je compte bien la terminer ;) !


III

En regardant Katsuki partir comme s'il avait le diable à ses trousses, Izuku était resté coi. Son ventre s'était noué par le stress provoqué par l'extériorisation de sa colère, il ne s'énervait jamais à ce point d'habitude, surtout pas après Kacchan… Il avala difficilement sa salive. Il se sentait essoufflé comme s'il avait couru ou hurlé. Son ton était certes monté, mais peut-être pas au point de faire cet effet-là. Il expira et inspira lentement pour se calmer, et sortir de cet état pour le moins ridicule. Il avait bien vu que Katsuki avait été remué par ses paroles, sinon il n'aurait jamais abandonné la bagarre comme ça. Il se serait déchainé sur lui plutôt que sur Tanaka. Izuku ne comprenait pas pourquoi il était vexé, ni pourquoi il était intervenu, ou pourquoi il avait semblé si démoralisé en partant. Il n'avait rappelé que des faits. C'était justifié et il pensait avoir eu raison. Katsuki avait dépassé les bornes et il devait comprendre qu'Izuku ne se ferait plus harceler comme le gentil idiot qu'il était. Lui dire ses vérités avait, quelque part, soulagé Izuku.

Car c'était ça, il avait voulu se protéger, éviter que son tourment ne recommence, et c'était compréhensible. Il pouvait deviner que Katsuki était choqué qu'il s'énerve, parce qu'Izuku ne l'avait jamais fait, du moins pas à ce point, pas comme ça. Néanmoins, plus les secondes se dissipaient, plus la culpabilité l'emportait –il avait blessé Kacchan, lui, par la simple force de ses mots ! Durant toutes les années où il l'avait maintenu plus bas que terre, Izuku avait, honnêtement, parfois rêvé de le faire, de lui sortir une réplique bien cassante, mais il n'en avait pas eu le courage. Il savait que la revanche du blond aurait été trop violente pour que ça en vaille la peine. Il se serait peut-être encore plus foutu de lui si sa réplique était tombée à plat, ou, donc, l'aurait littéralement détruit, fou de rage, si elle avait touché sa cible.

Il n'était pourtant pas fier d'y être finalement parvenu. Avoir heurté Katsuki lui pesait sur le cœur…

Izuku savait qu'il était trop bon, peut-être même un peu trop con, du coup. Le blond l'aurait sûrement dit.

Il se demandait si c'était réellement lui qui avait eu cet impact sur Katsuki, ou si c'était autre chose…Il n'en revenait toujours pas. Parce que Katsuki n'était pas sensible. Tout être humain l'était un minimum, mais il en fallait beaucoup pour secouer son ami d'enfance, ou alors il le cachait comme un chef, jusqu'à présent. Il essaya de réfléchir, est-ce qu'il paraissait avoir des problèmes, en ce moment ? Était-il malade ? S'entraînait-il trop ? Ses notes avaient-elles baissées, suggérant un malaise quelconque ? Il n'avait rien remarqué, mais il aurait peut-être dû. Voilà que son cerveau se mettait à tourner à mille allures pour comprendre son tortionnaire… Izuku formulait hypothèse sur hypothèse pour se rendre compte que rien n'avait changé, en surface.

En fait, ce qui avait changé, c'était que Katsuki observait ses interactions avec les alphas, et qu'il l'avait aidé contre Satô.

Tout comme il l'avait dit au blond, il avait cru que c'était un signe d'intérêt, à défaut d'affection. Qu'il se souciait de lui un minimum. Après tout, les choses avaient changées, Katsuki ne l'humiliait plus depuis longtemps – il avait arrêté durant leur dernière année de collège, même s'il ne lui parlait toujours pas autrement qu'en l'insultant et refusait sa proximité, ainsi que ses tentatives d'offrir son amitié, le fait qu'il l'ait protégé… Izuku avait bêtement cru que c'était une avancée. Ses paroles paraissaient l'indiquer. Le fait qu'il ait pris du temps à s'énerver sur lui parce qu'il s'était laissé dominer contre son gré par un alpha…C'était peut-être une façon maladroite, ou typique de Kacchan, de montrer qu'il s'inquiétait de ce qu'il devenait. Qu'à partir de là, progressivement, s'ils se débrouillaient bien, ils pourraient recréer un lien. Et ça lui avait plu, vraiment. L'idée l'avait rendu heureux au possible.

Au départ, quand Katsuki les avait rejoints, Izuku avait bêtement pensé qu'il avait eu raison. Katsuki vérifiait que tout allait bien. Il avait été gêné, intérieurement trop enjoué, et avait dû calmer ses sensations pour ne pas se mettre à sourire trop grand, tout en lui disant que tout allait effectivement très bien et de ne pas s'en faire. Au même instant, il avait compris qu'il avait été naïf. Enfin de compte, Izuku n'était pas assez idiot pour ne pas avoir envisagé que c'était étrange que son ami d'enfance soit subitement animé de bons sentiments envers lui. C'était simplement qu'il avait espéré. Et Katsuki n'avait pas écouté. Il n'avait pas laissé tomber et se fichait que tout aille bien. S'il n'avait pas de problème, il allait créer le problème. C'était comme ça qu'il avait agi. D'où le fait qu'Izuku ait cru qu'il gâchait les possibles relations qu'il pourrait se faire, car il ne supportait pas que celui qui avait longtemps été sa tête de turc quitte ce statut pour être un adolescent comme les autres, avec une vie sociale épanouie. L'accusation avait paru outrer le blond – et pourtant, il l'avait fait pendant des années. Izuku ne savait pas s'il devait chercher autre chose ou s'il avait raison.

Sa logique lui soufflait que son affirmation était la bonne, mais son cœur espérait toujours croire que Katsuki avait définitivement dépassé le stade où il le détestait au point de lui pourrir la vie.

Izuku se sentit d'humeur morose.

Tanaka et lui s'étaient remis à marcher, quittant le trottoir pour traverser jusqu'à celui d'en face. Izuku porta une main à sa joue. Les deux faisaient mal, bien que ce soit en réalité les muscles faciaux autour de sa mâchoire et de sa pommette qui étaient irrités, l'une le lançant plus que l'autre. On pouvait dire que Tanaka aurait atteint le mille, s'il ne s'était pas précipité devant Katsuki, si Izuku en avisait ses blessures de guerres. Il n'avait vraiment pas fait semblant…Heureusement qu'Izuku s'était amélioré question entraînement et encaissement de coups, parce que ça pouvait facilement mettre K.O, une double attaque pareille. Il avait eu de la chance de ne pas se faire toucher à l'œil même du côté droit, et de ne pas perdre de dents du côté gauche. Son nez n'avait pas été touché, mais sa lèvre oui. Il la sentait enflée, et en bougeant sa langue à leurs coins, il avait ressenti un goût de sang. Comme il ne se voyait pas, il ne pouvait pas mesurer l'ampleur des dégâts.

En tant que futur superhéros, se blesser était monnaie courante, surtout pour lui qui arrivait à peine à maitriser son alter. Enfin, que ça arrive sur le chemin du retour, dans des circonstances si stupides, peut-être que c'était déjà moins commun.

Le retour… Il devait rentrer chez lui… Izuku sentit ses yeux s'écarquiller, un amas de désespoir lui venait de lui tomber dessus.

« Quand ma mère va voir ça… ! » marmonna-t-il épouvanté.

Le garçon aux cheveux roses à ses côtés hoqueta, puis posa une main ferme sur son épaule.

« Passe d'abord chez moi, je vais te rafistoler un peu, t'auras l'air comme neuf après, je te promets ! Je suis tellement désolé, Midoriya-chan. J'ai agi comme le pire des idiots. Tu m'en veux ? »

L'alpha baissait les yeux, contrit, vraiment pas fier. Izuku esquissa un sourire rassurant mais dut s'arrêter à cause de la douleur.

« Non, tu ne me visais pas intentionnellement, après tout, et je sais que c'est dur de ne pas répondre à la provocation. »

La paume chaude quitta son épaule. Tanaka hésita quelques secondes et Izuku le regarda. Il posa finalement la question qu'Izuku se doutait qu'il poserait :

« C'est qui, ce mec, pour toi ? J'ai cru comprendre que c'était pas ton ami en t'entendant l'engueuler… »

Le vert déglutit.

« On pourra parler de ça chez toi ? Désolé, mais avec mes blessures, ça sera difficile de tout expliquer. »

Il ricana légèrement, forcé. La vérité, c'était que cette question était embarrassante, et c'était dur d'expliquer ce qu'il ressentait pour Kacchan à quelqu'un qu'il ne connaissait qu'à peine. Déjà qu'avec Iida-kun et Uraraka, qu'il pouvait réellement considérer comme ses amis, ça avait été difficile. Avec sa douleur, c'était vrai aussi que parler était déjà suffisamment difficile. L'alpha acquiesça. Il passa alors une main dans les cheveux d'Izuku, s'attardant à retracer les boucles, et si le vert faillit la lui faire redescendre, la gêne grandissant en lui, le rose s'arrêta de lui-même et lui sourit, affectueusement.

« Viens, j'habite à un pâté de maison de là. »

Izuku opina calmement. Il en oublia le contact inapproprié. Bien vite, ils dépassèrent un carrefour qui allait un peu plus loin que sa propre maison, prirent à droite, et Tanaka dirigea Izuku dans la cour d'une maison parmi les autres, avec des grandes fenêtres derrière lesquelles transparaissaient des rideaux bleus pâle. Ils entrèrent, enlevèrent leurs chaussures, Tanaka prononçant le traditionnel 'tadaïma'. Il s'avança jusqu'au salon, sur lequel l'entrée donnait, et déposa son sac de cours sur la table basse devant le canapé. La pièce à vivre était lumineuse, agréable.

« Ma mère a pas l'air d'être là. Assis-toi, je vais chercher de quoi t'arranger. »

Il sourit et Izuku acquiesça de nouveau. Docile, il alla s'assoir sur le canapé, posant son sac à ses pieds, et attendit patiemment que son ami revienne. Tanaka faisait partie d'une des classes de première année. S'il n'était pas dans les deux classes spécialisées pour les héros, c'est que malgré son alter qui aurait pu lui permettre d'être redoutable, il ne désirait pas se battre, n'aimant, fondamentalement, pas la violence. Sa réponse à l'attitude de Katsuki montrait qu'il était quand même capable de s'y adonner, mais après tout, le comportement du blond avait de quoi énerver. Izuku pouvait comprendre que tout le monde ne recule pas comme Satô, même si une part de lui se sentait inévitablement déçue de la tournure des événements. Il soupira.

Pourquoi fallait-il toujours que Katsuki soit l'élément perturbateur de sa vie ?

Toujours, il ne savait pas tellement si son amitié avec Tanaka était raisonnable. Parce que oui, il sentait que l'alpha diffusait ses phéromones à son contact, et il savait ce que ça voulait dire. Il se doutait aussi que si les alphas étaient attirés par lui, c'était parce que ses chaleurs étaient proches. Et ça, ça le terrifiait totalement. Entre ses entraînements avec All Might pour maitriser le One for All, les cours, la menace des vilains… ce n'était pas le bon moment. Puis quant à ce que les chaleurs apportaient réellement… Inutile de dire qu'Izuku ne se sentait pas prêt pour ça non plus. Il ne voulait pas encore d'alpha. Il en chercherait bien un, un jour, quand la situation se serait un peu calmée, et il ne voulait certainement pas demander au premier venu de le prendre en charge pour sa première fois. Rien que l'idée lui donnait des sueurs froides.

Izuku aimait néanmoins le fait que les gens s'intéressent un peu plus à lui. Il était gêné de cette attention et n'aimait pas en générer trop, mais comme il était question de quelques cas, puis qu'il n'y en avait pas tant que ça, il n'était pas non plus demandé de tout côté. Bien heureusement d'ailleurs. Étant donné que plus jeune, il avait longtemps été mis à l'écart, merci Kacchan, il avait bien sûr souffert de cet isolement et de cette solitude. Il s'en était sorti. Sans qu'il ne pleure sur son sort trop souvent, en dépit du fait que trop d'attention l'aurait clairement mis très à l'aise et qu'il aimait être tranquille avec quelques amis qui lui suffisaient amplement, il était heureux qu'au lycée, les choses aient enfin changées. Izuku repoussait de manière définitive ceux qui n'étaient clairement intéressés que par le fait qu'il soit un oméga, mais il acceptait la proximité et essayait, à défaut de relation amoureuse, d'établir une amitié avec ceux qui s'intéressaient à sa personne et avec qui il pouvait dialoguer, parce que c'était toujours ça de pris.

Ça n'avait pas marché avec Satô, cependant, il laissait sa chance à Tanaka, parce qu'ils s'entendaient bien et se parlaient depuis deux semaines, régulièrement. Ils avaient la chance de créer une amitié. Izuku n'allait pas le rejeter sous prétexte de petites ambiguïtés qu'il maitrisait facilement.

Il ne comprenait toujours pas l'attitude de Katsuki, bon sang. Sa décision de remettre ses réflexions à plus tard était dure à ne pas écarter. Enfin, pour l'instant, ce qui était important, c'était d'atténuer un peu ses marques pour que sa mère ne se mette pas en colère en le voyant rentrer et qu'elle ne lui interdise pas de retourner au lycée. Car elle en serait tout à fait capable. En tout cas, elle ne serait certainement pas heureuse qu'il lui revienne avec des blessures, ça, c'était à n'en pas douter. Izuku expira, dépité. Tanaka choisit ce moment pour débarquer, déposant une pommade pour les coups sur la table basse devant lui et des compresses sorties d'une trousse de soin qu'il avait vraisemblablement ramenée aussi, tout paniqué et désireux de bien faire qu'il était. Il alla cette fois-ci jusqu'à sa cuisine et revint avec une poche de glace enroulée dans un torchon. Il s'assit à ses côtés, Izuku tirant son sac entre ses deux jambes pour faire de la place à l'autre garçon.

Doucement, Tanaka appuya la poche sur sa joue gauche. Izuku grinça – c'était celle-là qui faisait le plus mal. Le rose s'excusa, Izuku secouant la tête, et il répéta l'opération avec celle de droite, moins réfractaire à la pression du froid. Il appuyait d'un côté une petite minute et revenait à l'autre. L'oméga finit par étaler sa paume sur un bout du torchon, là où les doigts de l'alpha s'arrêtaient. D'un regard entendu, Tanaka lâcha et prit une compresse sur laquelle il disposa du désinfectant et l'approcha de sa lèvre. Le contact piqua Izuku qui tressauta, soutenant plus fortement la glace contre sa mâchoire, ce qui le fit tressauter à nouveau. Tanaka lui donna un regard d'excuse. Il continua, Izuku put voir qu'il y avait effectivement un peu de sang, et l'alpha refit la même chose avec une deuxième compresse. Il était obligé de forcer un peu pour que être sûr que la plaie ne saigne plus et ce n'était pas très plaisant. Izuku devinait qu'il aurait sûrement une jolie croute due à cette blessure. Enfin, Tanaka se leva pour mettre les compresses usagées à la poubelle. Une fois rassit, il offrit de prendre la glace des mains d'Izuku.

« Laisse, je m'en occupe, ça va un peu mieux. »

Le bouclé ne s'amusa pas à sourire pour autant, ne voulant pas tenter le diable. Tanaka acquiesça, hochant la tête à deux reprises. Il massait ses genoux de ses mains, preuve qu'il était un peu stressé. Izuku trouva cela presque adorable.

« Je suis vraiment désolé.

—Je te dis que ça va, ne t'inquiète pas pour ça. »

Son ton était doux et cela parut suffire à l'autre garçon.

« T'aurais pas dû te mettre devant lui, tu sais. Il aurait mérité que je le démonte. »

Izuku hoqueta… Oui, c'était un reproche qui pouvait lui être adressé, il le concevait.

« Kacchan ne t'aurait pas lâché si tu l'avais vraiment touché, je le connais. Puis il est très fort et il s'entraîne souvent pour le combat, toi non, sans vouloir te vexer. » Izuku ricana nerveusement. « Je préférais que ça se termine le mieux possible.

—Avec toi prenant un coup ?! »

A nouveau, Izuku fut surpris par Tanaka. Mais il le comprenait, son sacrifice paraissait exagérément altruiste. L'oméga se sentit obligé d'avancer :

« J'ai agi sans réfléchir jusqu'au bout, puis si tu n'avais pas répondu à son agressivité, ce ne serait pas arrivé. » Il s'empressa de préciser, agitant sa main libre : « Mais je ne cherche pas à te culpabiliser !»

Une petite pause. Tanaka rebaissait la tête. Izuku ne put s'empêcher de remarquer quelque chose, penchant la tête sur le côté, tout en continuant d'appuyer la poche de glace contre sa joue enflée :

« Tu disais que tu n'aimais pas combattre… Mais avec un tel pouvoir, tu pourrais littéralement devenir un super héros ! Tu serais hyper efficace contre les vilains ! T'as failli berner Kacchan alors que tu ne t'entraînes pas, c'est déjà une bonne chose ! Bon, il ne connaissait pas ton alter, mais… Ah, pardon, je m'emballe… »

Izuku rigola malgré lui, embarrassé de sa tendance à monologuer sur les individualités. Il grinça de douleur, se stoppant. Cette fois-ci, l'alpha rigola aussi, se grattant la nuque.

« Je sais, j'ai failli à mes grands principes… Je supportais vraiment pas la façon dont il te parlait. »

Les yeux bleus le sondèrent, leur propriétaire mortellement sérieux.

« Du coup, je te le redemande, c'est qui pour toi ? »

Izuku sut à ce moment-là que la conversation allait prendre un virage très dangereux pour lui. Il avala sa salive, une main à plat sur sa cuisse, frottant son pantalon à la manière de Tanaka tout à l'heure. Puis le vert énonça, appuyant davantage la glace, appréciant la sensation de fraicheur contre sa chair endommagée :

« Il s'appelle Bakugou Katsuki et on jouait ensemble quand on était gamins. C'est pour ça que je l'appelle Kacchan. Mais on est pu amis maintenant. En fait… »

L'oméga sentit des fourmillements dans sa nuque. Ce n'était pas quelque chose de plaisant à déballer, c'était même embarrassant et d'autant plus risqué, parce que l'une des raisons pour laquelle Katsuki le rabaissait continuellement était dorénavant à taire. Il ne pouvait résolument pas dire qu'il était né sans alter et qu'un lui avait naturellement poussé un de ces quatre… Katsuki n'y avait pas cru, et même la vérité lui avait paru trop aberrante.

« Il m'a pourri la vie de la maternelle jusqu'à la fin du collège, pratiquement.

—Wow. J'avais cru comprendre qu'il t'en avait fait baver, mais… C'est un gros enfoiré. »

Le rose se tut et Izuku ne put qu'être d'accord avec cet adjectif, quand bien même une envie de défendre le blond dormait en lui. Il la calfeutra néanmoins, et pas si difficilement que ça. Izuku avait beau vouer une admiration sans borne à Katsuki, à des moments comme ça, il le considérait tout à fait comme 'un gros enfoiré'. C'étaient bien les mots… Puis il était en colère. Il ne se ferait pas l'avocat du diable. Pas maintenant. Izuku sentait la glace s'attendrir contre son visage. Ça soulageait sa mâchoire. Tanaka s'appuya contre le dossier du canapé, passant une jambe par-dessus l'autre.

« Mais pourquoi il a commencé à te faire chier comme ça et pourquoi là il supportait pas que tu sois avec moi ? Ça a pas de sens ! »

Le garçon aux cheveux verts ne sut pas vraiment comment l'expliquer. Il tenta néanmoins :

« Je… Je le suivais quand on était petits, lui et sa bande. Ils étaient dans le même quartier que moi et je trouvais Kacchan trop cool. » Il rougit un peu, se rendant compte que ça sonnait complètement débile. « Ça avait pas trop de sens pour moi à l'époque, mais je savais que parce que j'étais un oméga, j'étais pas un garçon comme les autres. Je savais aussi que Kacchan était un alpha et ma mère m'avait expliqué que les alphas étaient souvent plus forts, et que les alphas et les omégas pouvaient s'aimer. Donc…

—T'étais amoureux de lui. »

Izuku eut un rire nerveux, sa lèvre le lançant.

« J'avais à peine trois ans, non, c'était juste un béguin, à cet âge-là c'est pas sérieux. Mais c'est vrai que je voulais être son oméga, même si j'étais loin de comprendre ce que ça voulait dire. » Autre rire étouffé. Tanaka le laissait parler, patient. « En fait, il avait toujours aimé me taquiner. J'étais le plus faible du groupe et sans doute le moins dégourdi, donc il trouvait facilement de quoi se moquer de moi. Il a toujours aimé se mettre en avant aussi, et j'aimais bien ça, parce qu'il était un vrai leader, peu importe ce qui se passait. Des fois il faisait des actions méchantes que j'aimais pas, mais ça s'est vraiment empiré quand il a eu son individualité. Il a commencé à brutaliser les plus faibles et… »

Et ils avaient appris qu'Izuku n'avait pas d'alter. Katsuki avait réagi et bien sûr, ça lui était retombé dessus.

« J'y ai eu droit aussi, plus tard.

—Pourtant, t'es fort, je comprends pas… »

Izuku se gratta une tempe de sa main libre. Il laissa retomber la glace entre l'accoudoir et sa cuisse. Tanaka avança la main pour la prendre et la poser sur la table, effleurant le tissu de son pantalon dans la foulée. Le vert n'y fit pas attention.

« J-J'ai toujours eu du mal à maitriser mon pouvoir. C'est comme si j'en avais pas eu du coup. Ma mère m'interdisait de m'en servir, alors… »

Beau mensonge qui contenait en plus des éléments de la réalité. L'alpha ne sourcilla pas.

« T'étais une cible facile alors, c'est lâche…

—Je crois que Kacchan agissait surtout parce que je lui tenais tête en insistant pour être un héros alors que j'en avais pas les moyens… Selon lui. »

Il l'avait ajouté au dernier moment, précipitamment. Toujours, Tanaka ne relevait pas.

« Et parce que ma personne l'a toujours irrité, aussi. Il me déteste simplement depuis tout ce temps. »

C'était tristement vrai. Tanaka soupira, front plissé par l'incompréhension.

« Et du coup c'est quoi son problème maintenant s'il avait arrêté ?

—Je sais pas. J'étais content qu'il se soit désintéressé de moi mais je ne comprends pas pourquoi il a recommencé.

—T'es sûr que c'est pas par jalousie ? T'as bien vu comment il agissait, non ?

—Ce n'est pas ça, je le sais. »

Nouveau soupir de Tanaka. Il fit descendre son pied de son genou et le fixa, attrapant ses mains.

« Ecoute, je vais être cash. Tu l'appelles toujours comme si c'était ton pote… T'aimes pu ce gars maintenant? »

Izuku perdit la face. Il gigota sur son assise, mal à l'aise. Il sentit que son visage chauffait, devant avoir une apparence écarlate. Il ouvrit la bouche, partant outrageusement dans les aigus :

« N-NON ! » Il essaya plus calmement… « Bien sûr que non ! » Essaya. « Enfin, avec tout ce qui s'est passé, ça serait complètement stupide de ma part de l'aimer, n'est-ce pas ? C'est juste que malgré tout, je l'admire et je le considère comme un ami… Je sais, tu te dis que c'est idiot, mais je pense qu'une fois que j'aurais prouvé ma valeur il saura qu'il a eu tort et qu'on pourra peut-être redevenir amis. Je l'espère… C'est peut-être encore plus stupide, en fait… » Izuku leva timidement les yeux sur Tanaka, il avait réellement l'impression de sonner comme le roi des imbéciles en personne. « Mais c'est tout ! »

L'alpha ne changeait pas d'expression, parut juste soulagé. Il se rapprocha d'Izuku, sa cuisse se collant contre la sienne. Leurs visages étaient à une dizaine de centimètre d'écart, tout au plus. Son regard s'enfonçait profondément dans le sien. Izuku retint de justesse le besoin de se reculer. Son malaise ne s'arrangeait évidemment pas ainsi.

« Et t'aimes personne d'autre ?

—N-Non. »

Tanaka se rapprochait encore. Izuku recula sa tête, son corps aussi, son dos penchant par-dessus l'accoudoir, la jambe gauche remontant en diagonale sur le canapé, le pied de l'autre dépassant dans l'air, en même temps que son bassin pivotait, dents serrées les unes contre les autres, se demandant sérieusement ce qui lui arrivait. Le rose plaqua ses paumes sur l'accoudoir, ses mains de chaque côté du corps d'Izuku, le bloquant définitivement dans sa position, pressé contre sa jambe, qui était un faible rempart pour le coup. L'oméga fut nerveux. Ça ne sentait pas bon pour lui, là tout de suite.

« T-Tanaka-kun, bégaya-t-il, que…

—Appelle-moi Hiroki, Izuku.

—H-Hiroki-k-kun… »

Izuku avait accédé à sa requête, choqué de se faire soudainement appelé par son prénom, mais il était perdu. Il leva une main devant son visage pour mettre un rempart supplémentaire en lui et Tanaka. Il ne savait pas quoi faire… Tanaka souffla. Son souffle frappa le visage d'Izuku, même avec son bras devant. Signe flagrant qu'il était beaucoup trop près.

« Écoute, il avait raison. Je ne cherche pas que ton amitié. »

Oh, d'accord, ça partait définitivement mal… Mais Izuku ne fut pas surpris, il l'avait dit à Kacchan, il s'en doutait.

« Hiroki-kun, s'il te plait, tu sais bien que…

—Laisse-moi finir. »

Izuku se sentit forcé d'hocher la tête. Tanaka prit une grande inspiration.

« C'est pas ton cas, je sais ce que tu vas dire, mais t'es vraiment mon type. Je crois que je vais vraiment finir par tomber amoureux de toi si on continue comme ça. T'es mignon, sympa, alors accepte-moi. S'il te plait. Au moins pour essayer. Si tu te sens pas à l'aise avec moi, on arrêtera. On s'entend bien, non ?

—O-oui mais ce n'est pas pour autant que… Je trouve aussi que tu es sympa et t'es p-pas mal, mais je ne veux pas d'alpha.

—Mais pourquoi ?! »

Tanaka avait levé la voix, laissant Izuku claqué devant lui. Il déglutit difficilement. Il n'en revenait pas d'entendre ça –que quelqu'un pourrait tomber amoureux de lui. Il s'était longtemps considéré comme un loser, en plus d'avoir été vu comme tel. Ce n'était plus pareil à présent, mais ce genre de choses le choquaient toujours, lui qui était si peu habitué à entendre du positif sur sa personne venu d'autrui. Les compliments lui avaient certes fait plaisir, rehaussant son faible égo, et il ne les avait pas retourné uniquement par politesse. Il le pensait vraiment. Mais aussi agréable à regarder et gentil que soit Tanaka, il ne voulait pas qu'il soit son alpha. Connaissant ses raisons, ce n'était pas bien compliqué à expliquer, et il n'y avait pas grand-chose de plus à ajouter.

« C'est pas le moment pour moi et je préférerais être amoureux avant. Je me verrais pas essayer de relations sans rien ressentir, surtout avec ce que tu dis, je ne veux pas te blesser. S'il te plait, comprends-le. Je ne veux pas que ça se passe mal entre nous maintenant. »

Il baissa la tête. En effet, entre sa 'dispute' (pouvait-on vraiment employer ce mot dans son cas ? Ce n'était pas comme s'ils étaient amis, après tout…) avec Katsuki et sa confusion, il ne voulait pas en rajouter. L'alpha aux cheveux roses rentra ses doigts dans l'accoudoir, tendu.

« J'vais t'sortir l'argument con, mais tes premières chaleurs, t'y as pensé ? »

Même argument que celui de Satô. Bien sûr qu'Izuku y avait pensé. Même sa mère commençait à lui poser quelques questions. Il préférait les passer seul tant bien que mal, c'était son choix.

« Oui et ma réponse est la même. »

Sa voix était ferme. Izuku s'en félicita.

« Laisse-moi t'embrasser, au moins, pour voir.

—EH ! »

Finalement, il n'avait pas à se féliciter, Tanaka ne comprenait rien. En dehors du fait qu'il ne voulait pas, avec sa lèvre blessée, si ça pouvait sembler dérisoire comme considération, c'était vraiment pas le moment, en plus ! L'autre garçon se pencha sur son visage malgré tout, une de ses mains se levant pour écarter son bras, et Izuku le voyait dangereusement proche. Il ne se laisserait pas faire, même s'il était surpris et intimidé par leur proximité. Katsuki avait au moins eu raison sur un point, il ne devait pas se laisser dominer par un alpha quand il ne le voulait pas. Il raffermit la posture de son bras et utilisa son autre main pour écarter Tanaka. Surpris par ce geste, ce dernier ne combattit pas. Il finit écarté brusquement en arrière, hagard. Izuku le regarda, droit dans les yeux :

« Je suis désolé, mais j'ai dit non. »

Le rose baissa les yeux à son tour et se rassit convenablement. Il se tut. Izuku ne parla pas non plus, réadoptant une posture normale lui aussi. Un froid avait été jeté entre eux, il n'aimait pas ça, mais il avait raison de le rejeter, clairement. Il se tritura les doigts timidement, ses yeux regardant partout, des meubles ornés de quelques décorations, photos, du vase avec une jolie rose qui trônait au milieu de la table dans la pièce à la fenêtre ouverte, de la fenêtre à la télévision sur le meuble-télé en face du canapé. Il ne savait pas comment réengager la conversation ni quoi dire dans cette situation. Ses joues ne le lançaient plus autant, la glace ayant fait effet.

L'alpha rompit finalement le silence :

« C'est moi qui m'excuse. J'ai été con de forcer. Je vais te mettre de la pommade. »

Il paraissait déprimé en s'emparant du tube.

« Tanaka-kun…, tenta Izuku, inquiet.

—Ça va. »

Izuku n'insista pas. Tanaka lui mit donc la pommade, procédant avec précaution et prudence afin de ne pas lui faire mal. Ils ne prononcèrent pas un mot ni l'autre durant le processus. Une fois le gel soignant bien étalé, Izuku attrapa son sac, qui était tombé à plat sur le sol avec leurs agitations, et murmura timidement qu'il allait y aller. Son ami acquiesça. Il aurait pu utiliser une compresse froide pour soulager la douleur de sa mâchoire –il avait cru que la glace avait fait effet, mais un plus aurait été encore mieux, curieusement, elle se remit à le lancer plus que sa lèvre quand il serra un peu les dents. Izuku ne préférait pas s'attarder, cela dit. Tanaka le suivit jusqu'à l'entrée, le regarda mettre ses chaussures, et enfin, tint la porte pour lui permettre de quitter la maison. Izuku déglutit, toujours aussi peu assuré.

« A-A la prochaine, alors. »

Il tenta un sourire. Tanaka ne lui rendit pas, cela lui fit l'effet d'une douche froide, mais avant qu'Izuku ne lui tourne le dos de manière embarrassée et piteuse, l'alpha déposa un baiser sur son front. Izuku émit un hoquet de surprise, ne sachant quoi penser.

« C'était platonique, précisa le rose. En guise d'excuse. Passe un bon week-end, Midoriya-chan. »

La porte se referma alors et Izuku resta planté comme un idiot. Le sourire ne lui avait pas été rendu, prouvant que l'autre garçon avait du mal avec son rejet. Peut-être qu'avec le week-end, ça lui suffirait pour que tout revienne à la normale la semaine suivante. Le vert l'espérait en tout cas. Il fit demi-tour, progressant dans la cour. Il scruta les maisons en face de lui, la rue, le ciel bleu, se portant dans la direction où il savait que se trouvait celle de Katsuki. Il aurait aimé comprendre la réaction du blond et ne savait pas s'il avait senti que Tanaka comptait vraiment oser quelque chose avec lui, et si c'était ce qui l'avait alerté à ce point. Le déploiement des phéromones ne donnaient pas accès aux pensées, mais les intentions se devinaient parfois grâces à elles. En tant qu'alpha, le blond était supposé savoir mieux que lui ce que telle intensité de phéromones signifiait.

Auquel cas… S'il avait su le gérer, comme le montrait la situation présente, il pouvait comprendre qu'il se soit interposé. Même si ce n'était pas à lui de le faire et que c'était en effet perturbant, toujours aussi contraire à sa nature. Ce qui frappait le plus Izuku, c'est que son accusation se révélait peut-être injuste. Si avoir blessé Katsuki le blessait aussi, que ce soit injustifié lui faisait encore plus mal. Il repoussa la pensée. Ne pas réfléchir à propos de Kacchan maintenant.

Surtout qu'il avait une autre épreuve à affronter… Sa mère.

À suivre...


Alors, ce chapitre ? Vous aimez bien le pdv d'Izuku ? :D Je me rappelle que j'avais pas mal travaillé pour retranscrire la différence de personnalité et j'espère que ça rend bien x).

Sinon, Izuku est un peu trop gentil avec Katsuki et culpabilise très vite, je trouvais que ça lui ressemblait, mais je pense qu'il reste quand même lucide sur ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas, même s'il lui trouve un peu trop d'excuses, certes. Ce sera problématisé et traité par la suite, vous verrez :p.

Concernant la publication, le mois prochain je suis en partiel, mais je pourrai poster le chapitre 4, sûrement vers la fin du mois en revanche :). Et bien sûr après je reprendrais un chapitre par mois, je pense juste décaler à chaque fin de mois, à moins que ma hype me fasse avancer la fic assez vite et que je puisse me permettre de poster plus X). Je vous tiendrais au courant, de toute façon, mais je voulais prévenir ^^.

Reviews ? :D N'hésitez pas, ça encourage, ça fait plaisir, et j'aime échanger ! :)

Merci d'avoir lu !