Bonjour à tous et à toutes! Je vous poste le chapitre suivant ;)
Je suis contente que mon idée de départ, à savoir ne pas révéler qui est Clarke, vous plaise. Un peu de mystère c'est toujours bien^^

N'hésitez pas à partager vos avis et opinions!

Bonne lecture

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Je ferme les yeux, me laisse submerger par l'émotion. J'ai beau avoir obéit à son ordre, je n'en demeure pas moins en colère contre elle. En colère contre moi-même car je la laisse me contrôler, car je n'arrive pas à m'empêcher de ressentir tout ce que je ressens pour ELLE. Haine et amour se disputent dans mon cœur et je l'exprime dans le choix de la musique que j'interprète. Je l'entends soupirer lorsqu'elle reconnaît la mélodie de Gnash. Et bien que je ne chante pas souvent, ma voix accompagne le piano. Les paroles, gravées dans mon esprit, s'écoulent doucement.

-Just wanna feel your kiss against my lips and now all this time is passing by. But I still can't seem to tell you why it hurts me every time I see you realize how much I need you.

Je ne veux pas avoir besoin d'elle, je hais cela. J'ai passé un quart de ma vie à repousser ce besoin qui me blesse autant qu'un poignard planté sans ma chaire. Je poursuis la chanson.

-I hate you I love you. I hate that I love you. Don't want to, but I can't put nobody else above you.

Le refrain fait si bien échos à mes sentiments que je regrette mon choix d'interpréter cette chanson. Je ne veux pas qu'elle sache tout cela et pourtant je continue, peut être dans l'espoir que cela purge mes sentiments. J'espère de tout cœur que la mélodie enflammera ce que je ressens, que les flammes dévoreront mes sentiments et que lorsque j'aurais fini, je ne ressente plus rien.

Néanmoins je les dernières notes s'envolent et la douleur m'étreint toujours.

-Pourquoi avoir choisit celle-ci? Me questionne-t-ELLE avec douceur.

Je hausse les épaules mais ma réponse ne lui suffit pas, ça ne lui a jamais suffit. ELLE m'a toujours forcé à m'ouvrir à ELLE, fouillant mes non-dits pour connaître mes pensées secrètes.

-Et pourquoi pas celle-ci? Elle ou bien une autre, quelle différence? Je réponds, sur la défensive.

Je ne suis plus cette adolescente qu'elle pouvait manipuler à son aise. Mes pensées sont les miennes et je ne souhaite pas les lui communiquer.

-Depuis quand joues-tu? Me demande-t-elle en changeant de sujet lorsqu'elle constate que je ne lui dirais rien d'autre.

2 ans plus tôt

Cela faisait plusieurs mois que je travaillais en tant que préceptrice dans la famille londonienne qui m'employait. Je m'entendais très bien avec tout le monde et m'étais même faite plusieurs amis. Les enfants dont je m'occupais étaient très attachants. Georges était un garçon assez timide mais très studieux alors qu'Elizabeth était tout l'inverse. La petite fille passait son temps à discuter, plus intéressée par les ragots que par les mathématiques. Cependant elle attachait beaucoup d'importance à l'approbation de ses parents et de son ainé et de ce fait, essayait d'étudier du mieux qu'elle pouvait, pour les rendre fière.

Nous étions dans la bibliothèque, notre salle de classe à nous, lorsque la jeune fille soupira fortement en refermant son livre de géométrie.

-J'en ai assez! Peut-on faire une pause Miss? Me demanda-t-elle avec ses yeux de chien battu.

Je m'étonnais toujours de leur bonne éducation. Je regardai ma montre et acceptai en lui souriant pendant que son frère poursuivait sa lecture. Je lui demandais ce qu'elle voulait faire durant sa pause.

-De la musique! J'adore cela. Peut-on jouer du piano?

-Bien sur mais je n'ai jamais appris à en jouer. Je t'écouterais avec plaisir. Je lui dis.

-Ho non, c'est bien mieux de jouer ensemble. Je vais t'apprendre! S'enthousiasma la jeune fille.

C'est ainsi que j'appris à jouer du piano. Je mis du temps à comprendre comment m'y prendre mais nous nous entraînions tous les jours durant les pauses et les soirs avant que les enfants ne se couchent. Georges, d'habitude si renfermé, s'amusa avec sa sœur à m'enseigner la maîtrise de cette instrument. Les enfants étaient de très bons professeurs et l'exercice resserra nos liens.

-Londres est pleine de surprise. Je réponds succinctement.

Je vois bien qu'elle veut me poser des tonnes de questions et que ma réponse ne la satisfait pas. Je m'apprête à essuyer une avalanche d'interrogations mais elle me surprend.

-Tu y es donc allée...c'était notre rêve. T'en rappelles-tu?

Je ferme les yeux, submergée par un nouveau flash-back. Comment oublier notre promesse?

8 ans plus tôt.

Le trajet en bus jusqu'à l'aéroport était passé à une vitesse hallucinante, sans doute parce que j'avais dormi tout du long. A peine montée dans le véhicule, j'avais mis mes écouteurs et je m'étais endormie pendant que mes camarades de classe discutaient avec entrain. L'année de terminal était marquée par un voyage scolaire en Italie pour les latinistes. Nous étions accompagnés par les premières.
Bien que le groupe fut composé d'une quinzaine de personnes, je ne connaissais que très peu mes compagnons de voyage puisque mes camarades de terminal avaient préféré bouder cette semaine à Rome, un bac blanc étant prévu le lendemain de notre retour. Je me retrouvais donc entourée par des premières que je n'avais pas pris le temps de fréquenter lors des cours de latin.
Cependant, je ne souhaitais pas passer mon séjour renfermé dans mon coin et savais par conséquent que je devais me sociabiliser quelque peu.

Nous embarquâmes dans l'avion et je me retrouvai assise à côté d'une jeune fille blonde. L'un de mes amis lui faisait un cours éhontée lors des cours de latin, sans grand succès. Je ne l'appréciais guère, son air constamment supérieur ne me plaisait pas du tout. Elle semblait hautaine et froide, une vraie princesse de glace.

Elle sortit un livre qui attira mon attention, La tempête de Shakespeare.

-C'est un très mauvais livre, je ne te le conseille pas. Je la prévenais avec un sourire.

C'est ainsi, par cette simple phrase que nous devinrent les meilleures amies qui soient. Nous passions la journée à visiter Rome avec les autres et à discuter l'une avec l'autre. Nous nous entendions si bien. Ma première impression d'elle était totalement fausse. Une fois qu'on la connaissait, on découvrait son caractère enjoué et espiègle. Elle répondait avec joie à mes taquineries, en redemandant même. La nuit, nous la passions ensemble. Nous partagions une chambre de six personnes, chacune ayant son lit. Cependant lors de la seconde nuit, les autres jeunes filles avaient eu la brillante idée de raconter des histoires effrayantes juste avant de dormir et ma Princesse de glace en fut ébranlée. Elle ne souhaitait pas dormir seule, j'étais irrémédiablement attirée par elle. Je me proposais donc de lui servir de remparts à ses mauvais rêves qui risquaient de l'assaillir une fois les yeux fermés. Elle accepta et je me glissai dans son lit. Cette nuit nous rapprocha encore plus et nous passâmes les suivantes ensembles. Si la première nuit l'une contre l'autre, à cause de l'étroitesse du lit, fut quelque peu embarrassante, celles qui suivirent furent plus agréables. La veille de notre départ, tard dans la nuit alors que les autres filles dormaient à point fermé, nous discutâmes durant de longues heures.

-Tu ne trouves pas cela bizarre que nous nous soyons rapprochées autant en si peu de temps? Me demanda-t-elle, couchait sur le dos, les yeux ouverts sur le plafond.

-Un peu, mais je n'ai pas envie qu'il en soit autrement. Je répondis avec sincérité.

-Je ressens la même chose. Fit-elle en se tournant vers moi.

Elle s'installa au creux de mon cou, la tête sur mon épaule et m'enlaça pendant que je refermai mes bras autour de son corps. Nous nous endormîmes serrées l'une contre l'autre.

Le retour se passa bien, à nouveau elle se retrouva à côté de moi dans l'avion et s'endormit sur mon épaule. Bien que j'eus mal très rapidement à mon articulation, je ne la dérangeai pas dans son sommeil trop contente de l'avoir près de moi.

Les mois passèrent et notre amitié se renforça. Nous échangions des sms dès que possible, tentions de nous voir entre nos cours respectifs. Cependant son emploie du temps très chargé ne nous permettait pas de nous voir en dehors de l'établissement.

Je me questionnais parfois, essayant de savoir ce que je ressentais pour elle. Je l'appréciais beaucoup, peut être trop mais je ne pensais pas être amoureuse d'elle. Je n'avais jamais ressenti ce genre de chose pour une fille et je ne pensais pas que je le ressentirais un jour, cependant je devais tout de même reconnaître que nous avions une relation ambigüe.

Je lui racontais mes craintes, mes rêves, mes espoirs. Elle faisait de même et me poussait à m'ouvrir toujours plus, à ne rien lui cacher.

Un jour d'été durant les vacances scolaires, elle m'invita à passer la nuit chez elle. Nous passâmes un agréable après-midi, elle me fit découvrir West Side Story, je la taquinais pour son plus grand plaisir. La nuit arriva et nous montâmes nous coucher.
Alors que la nuit nous entourait elle me demanda de la prendre dans mes bras comme cette fameuse nuit à Rome. J'acceptai sans réfléchir, désireuse de la sentir contre moi.

-J'aimerais voyager plus tard, après le lycée. Vivre ailleurs. Me dit-elle subitement.

-Où cela? Questionnais-je.

-Je ne sais pas, en Russie, en Italie... ou même en Angleterre! S'enthousiasma-t-elle.

Je la divaguais s'extasier sur ses rêves de voyages. Lorsqu'elle me demanda si je voulais moi aussi m'expatrier dans un autre pays, je rigolai en lui expliquant que ce n'était pas dans mes projets.

-Ça signifie qu'on sera séparé. Dit-elle avec une pointe de tristesse dans la voix.

-Je n'ai pas envie que tu t'éloignes loin de moi. Dis-je, sans que je ne puisse m'en empêcher.

-Moi non plus.

Elle se serra contre moi et le silence remplit la chambre. Au bout de plusieurs minutes, elle reprit la parole.

-Tu pourrais venir avec moi, tu sais?

Je ne m'attendais pas à cela. Un bonheur inexplicable s'insinua dans mon cœur. Je haussai les épaules, sans savoir quoi répondre.

-On ira en Angleterre!

-Bien sur. Répondis-je avec amusement.

-Promets le moi Lexa. Demanda-t-elle.

-Je te le promets Princesse.

Je renvoie ce souvenir lointain à sa place, au tréfonds de mon esprit. J'ai passé plusieurs années à m'efforcer de ne plus penser à mon passé mais depuis que je suis arrivée dans ce chalet, je ne cesse de me rappeler les souvenirs d'antan. Les flash-back m'ont assailli toute la journée sans que je ne contrôle rien ravivant ainsi les multiples douleurs que j'ai cherché à atténuer en m'exilant en Angleterre.

-C'était TON rêve, pas le mien. Mais il semblerait que moi je tienne mes promesses. Je lui assène cette vérité en me relevant.

La vérité a un goût aigre dans ma bouche. Je ne compte plus le nombre de promesses qu'elle a brisé. Une de plus ne change rien, d'autant plus que cette envie de voyage n'est pas la plus importante promesse qu'elle a brisé. Elle a fait bien pire.

-Insinuerais-tu que je ne tiens pas mes promesses?Elle rétorque en s'approchant de moi.

Nous savons toutes les deux que c'est le cas mais elle ne semble pas vouloir le reconnaître, préfèrent se mentir à elle-même.

-Je n'insinue rien, j'énonce une vérité. Je contre en faisant un pas vers elle.

Nous sommes désormais très proche, trop sûrement. Elle est bloquée entre moi et le piano. Je vois de la panique dans son regard et je m'en amuse. Sans doute espérait-elle m'intimider mais c'est loin d'être le cas.

-Un problème peut-être? Je demande avec mon éternel sourire narquois.

Puisqu'elle a voulu jouer avec moi, je ne compte pas me gêner pour lui rendre la monnaie de sa pièce.

Je réduis la distance qui nous sépare, savourant son malaise. Elle se plaque à l'instrument de musique derrière son dos et je me penche vers elle en m'appuyant sur le piano d'une main.

-Nn-non, aucun. Elle répond d'une voix fébrile.

Je n'ai pas l'habitude de la voir hésiter ou dans une position inconfortable. Je sais qu'elle doit détester le fait de ne pas contrôler la situation, de ne pas me contrôler moi. La Princesse de glace a disparu, sa façade glaciale a fondu comme si j'étais une flamme et que ma chaleur la brûlait.

Je pourrais l'embrasser, si je me penche encore un peu plus, mes lèvres toucheraient alors les siennes. Son parfum m'enveloppe et je me noie dans ses yeux bleus dont les pupilles sont plus dilatées que de coutumes. Son désir me frappe de plein fouet et je recule précipitamment. J'éprouve une impression de déjà-vu désagréable.

C'est une très mauvaise idée, je ne retomberais pas dans ce cercle vicieux.
Mais avant que je ne puisse m'éloigner assez et échapper à son emprise, sa main se glisse sur ma nuque et me tire à elle.

Sa bouche se plaque à la mienne. Ses lèvres sont douces et chaudes. Je ne réponds pas tout de suite à son baiser savamment exécuté mais lorsque ses mains s'emmêlent dans mes cheveux je ne résiste plus et m'abandonne. Notre dernier baiser remonte à plusieurs années, elle ne tâtonne plus comme avant. Ses gestes sont empreints d'une expertise qui me dérange autant qu'elle m'excite.

Je pose une main sur sa hanche pendant que l'autre enlace son bassin. Je la serre contre moi et prends le contrôle du baiser. Ma langue malicieuse lèche sa lèvre supérieur et je la sens frissonner dans mes bras. J'ai moi aussi appris quelques trucs depuis mon adolescence. Nos langues se cherchent tandis que le baiser se fait plus fiévreux. Elle gémit quand je lui mordille légèrement la lèvre inférieur. Je sens ses ongles se planter dans mon cuir chevelu, cette douleur sensuelle me fait soupirer de plaisir. La tension monte de plus en plus et je suis consciente que la situation risque de déraper. J'envisage déjà de l'allonger sur le piano alors que ses soupirs d'envie exacerbent mon désir pour elle.

L'une de ses mains délaisse ma chevelure pour venir s'accrocher à mon cou alors que je commence à déposer de délicats baisers le long de sa carotide. Je mords légèrement sa peau soyeuse et elle prend une profonde inspiration.

-Non...attends, je... je suis désolée. S'excuse Princesse en me repoussant d'un coup.

Et avant que je ne puisse dire quoique ce soit pour la retenir, elle s'enfuit loin de moi, me laissant seule dans la bibliothèque.

ELLE s'est encore jouée de moi et la colère qui ne m'a pas quitté de la soirée revient en force. Je ne sais pas pourquoi je ne parviens pas à me défaire de son emprise, pourquoi dès que je l'aperçois mon cœur fait un bon dans ma poitrine. Cependant ce que je sais, c'est qu'ELLE est néfaste pour moi et que je ne suis pas masochiste. Si la côtoyer me procure une telle souffrance alors je me garderais bien de l'approcher de nouveau.

Mes résolutions prises, je sors de la bibliothèque et monte à l'étage me coucher. Il est vraiment tard et même si je compte bien faire une grâce matinée demain, je sais d'hors et déjà que le réveil sera compliquer.

J'ouvre la porte de ma chambre puis m'engouffre vers la salle de bain. Je n'aspire qu'à me détendre sous la brûlure de l'eau purifiante, sans cela je peinerais à trouver le sommeil. Je me glisse donc rapidement sous la douche et laisse l'eau ruisseler agréablement sur mon corps.

Une fois propre, je sors de la salle de bain et ne perds pas de temps à me sécher. J'ouvre la fenêtre en grand, l'air tiède de la nuit suffira amplement. De plus j'ai trop chaud, la colère que j'ai éprouvé durant des heures m'a échauffé les sangs. Je dédaigne mes vêtements de nuit puis me couche dans le lit moelleux. Le satin des draps est une douce caresse contre ma peau de même que le léger vent qui me parvient de la fenêtre. Je ferme les yeux et me laisse happer par le sommeil.

La tête enfouie dans mon oreiller, je somnole à demi en essayant de comprendre ce qui m'a tiré des limbes bienfaitrices dans lesquelles je me trouvais. J'entends une respiration calme et lente non loin de moi ainsi que le froissement du tissu. Je ne suis plus seule dans mon lit. Je n'ai pas besoin de vérifier pour savoir de qui il s'agit et j'en ai la confirmation lorsqu'une voix s'élève dans le silence.

-Je croyais que tu n'aimais pas dormir avec de la lumière, pourtant cette fenêtre est grande ouverte et laisse passer les rayons du soleil!Me dit Louveteau.

Je grommelle une réponse incompréhensible en ouvrant un œil pour regarder l'heure sur ma montre. 13h32, un peu tôt encore.

-Pardon? Tu as dit quoi? Je ne parle pas le mandarin. Me taquine mon amie.

-J'avais trop chaud. Je réponds en soupirant.

J'enfouis ma tête sous l'oreiller en espérant qu'ainsi mon invitée impromptue partira. Evidemment, ce n'est pas le cas.

-Tu ne me demandes pas ce que je fais là?

Ma canadienne me vole mon oreiller lorsqu'elle s'aperçoit que je ne compte lui répondre. Je grogne de mécontentement mais me résigne.

-Je n'ai pas besoin de te le demander, je le sais déjà. Je réplique.

-Ha oui vraiment? Je t'écoute alors Oh Grande Sage Lexa. Se moque Louveteau.

Ce n'est pas très compliquer à deviner. J'ai vu mon amie partir bras dessous bras dessus avec une jolie rousse, toute aussi avinée qu'elle, hier soir et aux vues de leurs mines je suis certaine qu'elles se sont bien amusées cette nuit. Néanmoins, puisque je la connais bien, je sais aussi que pour Louveteau cette histoire n'était l'affaire que d'une nuit et qu'elle se cache ici en espérant que sa conquête s'en ira sans demander son reste. J'explique à mon amie mes conclusions et elle rouspète en pestant contre moi car soi disant j'ai triché.

-Il serait temps que tu grandisses un peu Louveteau, que tu trouves une vraie copine ou bien un copain mais que tu cesses les coups d'un soir. Tu ne peux pas te cacher dans ma chambre à chaque fois que tu ramènes une conquête. Je la sermonne avec amusement.

-Tu peux bien parler! Tu les collectionnes autant que moi je collectionne les cartes de hockey! Et puis d'abord je ne me suis cachée dans ta chambre qu'une fois ou deux pas plus! Tente-elle de se justifier.

Je souris en me remémorant toutes fois où je l'ai vu débarquer dans mon lit pour se cacher le temps que sa proie de la veille quitte la maison.

-Arrêtes de rire à mes dépends et fais moi un câlin Ourson! S'exclame mon amie en venant se glisser contre moi sous les draps.

-Hum... tu sais que je suis nue, non? Je la préviens en la serrant dans mes bras.

-Ce n'est pas comme si je ne t'avais jamais vu ainsi. Remarque Louveteau avec un clin d'œil pendant qu'elle se pelotonne un peu plus.

2 ans plus tôt.

J'envoyai par sms l'adresse où je résidais à Londres à Louveteau qui était venue me rendre visite. C'était l'été et normalement je n'étais pas censée travailler car mes employeurs, les Woostone, partaient avec leurs enfants faire un tour du monde. Cependant le voyage avait été retardé de quelques jours et je m'occupais de Georges et d'Elizabeth le temps que leurs parents terminent de boucler les valises.

J'avais laissé les clés de mon appartement au concierge pour qu'il les donne à mon amie afin qu'elle puisse s'installer. Je vivais au premier étage d'un immeuble londonien magnifique. Mes employeurs étaient les heureux propriétaires de l'immeuble et vivaient dans les trois étages au dessus-de chez moi tandis que le concierge et sa femme, la bonne, habitaient le rez-de chaussé.

16 heures sonna à la pendule de la bibliothèque alors que je jouais du piano avec les enfants. Madame Woostone pénétra dans la pièce et demanda aux enfants de filer se préparer, ils n'allaient pas tarder à partir.

-Je te remercie encore Lexa d'être rester un peu plus longtemps pour t'occuper de ces chenapans. Je ne pensais pas qu'Edward devrait retourner au travail, c'est un malheureux contre temps. S'excusa ma patronne.

-Aucun problème je vous assure. Comme je vous l'ai dit je reste à Londres encore une semaine avant de partir en Ecosse.

Nous continuâmes à discuter à propos de nos projets de vacances respectifs puis lorsque Monsieur Woostone arriva, ils partirent direction l'aéroport le plus proche.

Je rejoignis mon chez-moi, impatiente de voir mon amie. A peine eus-je franchie le pas de la porte que Louveteau me sauta au cou. Nous parlâmes de son voyage, elle me posa une multitude de questions sur ma vie, sur mes employeurs et s'extasia sur la beauté de mon appartement. Le soir nous allâmes dans un bar fêter son arriver.

Durant la semaine qui passa, nous visitâmes Londres et ses environs. Le British Museum, le London Bridge, Trafalgar Square et bien d'autres monuments n'avaient plus de secret pour moi et je me chargeai donc de jouer la guide auprès de ma canadienne.

A la fin de la semaine, nous nous rendîmes en Ecosse pour la suite du voyage de mon amie. Depuis des années nous avions prévu d'aller visiter ce pays ensemble et c'était enfin l'occasion de le faire.

Les premiers jours se passèrent très bien. Les hôtels que nous avions choisi nous plaisaient beaucoup et nos visites étaient très agréables. J'avais bien sûr insisté pour nous rendre au château de Glamis, le plus hanté d'Ecosse, ou encore celui de Loch Leven où Marie Stuart avait été emprisonnée pendant des années.

Après avoir visité Invernesse, nous fîmes une petite randonnée autour du Loch Ness. Nous avions pris une chambre dans une auberge non loin du château, ou plutôt de la ruine, qu'était Urquhart. Nous avions d'ailleurs prévu de nous y rendre.

La chambre était coquette et chaleureuse mais ne disposait que d'un seul lit.

-Ce n'est pas très grave tu sais, je ne ronfle pas! S'amusa Louveteau.

Je souris à sa remarque et nous déposâmes nos affaires puis descendîmes dans la salle commune pour aller souper.

-Alors Louveteau, un petit haggis cela te dit? Proposais-je malicieusement à mon amie.

-Hum ça dépend, de quoi s'agit-il? Demanda-t-elle, méfiante à cause de mon sourire narquois.

-De la panse de brebis farcie! Je répondis en riant fortement.

-Beurk! Mais t'es folle, je ne mange pas ça moi! S'indigna-t-elle.

Nous retournâmes à la lecture de la carte des plats. Nous voulions un plat typiquement écossais mais tout de même, les abats de mouton ne nous tentaient étonnement pas tant que cela. Nous prîmes du whisky en apéro et du saumon en entrée. Louveteau se décida pour du haddock avec des frites pendant que mon choix se tournait vers du bœuf angus braisé avec des pommes de terre pour le plat de résistance.

Le repas se passa bien, nous échangions des anecdotes et des blagues. La salle commune de l'auberge était pleine. Elle faisait aussi office de bar et plus l'heure passait, plus de jeunes gens venaient se détendre autour d'un verre de whisky ou d'une pinte de Kingpin.

Le repas fini, nous décidâmes de rester un peu dans la salle. Bientôt, des jeunes du coin vinrent nous aborder et nous passâmes la soirée à boire en leur compagnie en échangeant des histoires sur nos pays respectifs.

-La poutine? Vraiment? Ça ne vaut pas notre haggis la Canadienne mais je veux bien essayer. Dit joyeusement un écossais charpenté.

-Par contre vos cuisses de grenouilles et vos escargots, ce n'est pas possible la Française! Ajouta un autre en rigolant.

Nous débâtîmes des biens faites de la cuisine française durant un moment tandis que nos nouveaux amis nous payaient bière sur bière. Louveteau était ivre et je n'en étais pas loin non plus. Nous jugeâmes qu'il était temps d'aller se coucher et nous prîmes congé de nos nouveaux amis. Quoiqu'un peu déçus, ils nous saluèrent gaiement et nous souhaitèrent bonne nuit.

Une fois dans la chambre je partis prendre une douche et me changer pour la nuit. Je laissai la place à Louveteau et me couchai dans le lit. Elle me rejoignit sous les draps mais je pus constater avant cela que son pyjama n'était autre qu'une petite nuisette.

-Essaierais-tu de m'aguicher? Demandais-je avec un sourire narquois.

-Ça dépend...ça marche? Me répondit-elle avec une voix sensuelle.

Je déglutis alors en me demandant à quoi nous jouions. Nous avions toujours été taquine l'une avec l'autre mais sa voix...je n'avais pas l'habitude qu'elle soit si sérieuse et cela me troublait réellement. De plus, je devais bien avouer que j'avais bu plus que de raison et que mes filtres et gardes fous semblaient avoir disparu.

-Lexa? Tu n'as pas répondu. Me relança-t-elle en me caressant le bras.

Je remarquai avec stupeur qu'elle m'avait appelé par mon prénom et non mon surnom comme habituellement.

Je hochai la tête légèrement. Elle se rapprocha de moi pour effleurer ma joue de ses lèvres. Voyant que je ne la repoussai pas, elle tira les couvertures au pied du lit et vint s'asseoir à califourchon sur mes cuisses. Je posai spontanément mes mains sur ses hanches. Elle sentait divinement bon.

-Tu es sûre de toi? Je demandai.

-Crois-moi, je n'ai jamais été aussi sûre de moi qu'à cet instant. Me rassura-t-elle.

Je remontai une main le long de son dos pendant qu'elle frissonna sous ma caresse. Je me redressai pour venir à sa hauteur et l'embrassai fougueusement.

Je me reconnecte avec le présent, laissant mes souvenirs affluer.

-C'était un très bel été. J'acquiesce en la serrant un peu plus fort.

-Tu es rentrée tard cette nuit, une petite aventure nocturne? Me taquine Louveteau, comme si ces paroles n'avaient pas eu d'incidence sur elle.

Je fais "non" de la tête. Elle n'insiste pas et nous restons en silence enlacées l'une contre l'autre. Nous n'avons pas besoin de parler pour nous sentir bien ensemble. Sa présence m'apaise.

Je me lève du lit en ayant pris soin de m'enrouler autour du drap.

-Où vas-tu? Me demande Louveteau.

-M'habiller, fais donc comme chez toi. Je réponds.

Je me dirige vers la salle de bain en prenant au passage de quoi me vêtir. Une petite douche rapide, je me brosse les dents et enfile un short en jeans ainsi qu'un t-shirt bleu ciel.