Hello !

Navrée, j'ai pris plus de temps que prévus avec mes partiels, mais je suis maintenant officiellement en vacances alors me voici :3 ! (Si vous voulez connaître les dates exactes de mises à jours et les potentiels décalages, n'hésitez pas à me suivre sur FB, j'annonce ma progression ^^)

Petit rappel : au dernier chapitre Izuku était allé chez Tanaka après avoir pris un coup pour se rafistoler, mais Tanaka a pris de trop de libertés avec lui, et maintenant il craint la réaction de sa mère devant son visage tuméfié.

Je vous laisse découvrir la suite, je n'ai pas grand chose à ajouter, à part mes remerciements, vous êtes de plus en plus nombreux à suivre cette petite histoire et la fic a dépassé les 2k vues ici, en trois chapitres c'est vraiment beaucoup je trouve :o.

Bonne lecture !


IV

« Izu-chan, tu es rentré ! »

A peine avait-il ouvert la porte que l'exclamation enjouée de la femme qui lui avait donné vie frappa les oreilles d'Izuku. Sûr que cette joie ne durerait pas très longtemps, il enleva ses chaussures, tête basse.

« T-Tadaïma… »

Sa voix chevrota à peine trop. Un bruit de vaisselle mouillé provenant de la cuisine et il entendit les pas de sa mère venir dans sa direction. Izuku n'osait pas s'avancer dans l'entrée, restant comme un idiot à regarder ses doigts de pieds s'agiter nerveusement au travers du tissu de ses chaussettes au-dessus du parquet. Ses deux mains retenaient les bretelles de son sac. Il était heureux d'être rentré chez lui et se doutait que vu sa réticence à le voir partir vivre à l'U.A, sa mère était elle aussi heureuse de son retour. Les retrouvailles chaleureuses – et la probable tonne de question qu'elle poserait au jeune homme – seraient inévitablement perturbées. Dire que sa réaction l'angoissait n'était pas un euphémisme…Debout en face de lui, Inko Midoriya tenait encore un chiffon humide dans les mains qu'elle rentra la poche de sa robe.

« Izuku, pourquoi tu restes devant la porte comme ça, tête baissée ? »

Le vert se mordit l'intérieur de la joue et avança. Il aurait bien aimé essayer une excuse stupide du style 'il faut que j'aille à la salle de bain' mais ça ne servait à rien. Ce que la pommade et la glace n'avaient pas fait désenfler ne se calmerait pas avant quelques jours. Il leva alors la tête, regardant le visage de sa mère se décomposer d'un froncement inquiet à un étalement des traits épouvantés.

« Mais qu'est-ce qui t'es arrivé ?! »

Son exclamation était teintée de colère. Ni une ni deux, Inko se précipita jusqu'à son fils et lui inclina la tête dans tous les sens afin d'examiner les gonflements de ses joues, qui donneraient de probables bleus, son œil se posant sur la blessure encore fraîche de sa lèvre. L'oméga sut qu'il ne pourrait pas échapper au fait d'expliquer ce qui s'était passé, et il n'essayerait de toute façon pas. Comme sa mère avait fait l'effort de le laisser continuer son rêve d'être un héros à l'académie, il jugeait correct de sa part de lui dire la vérité.

« Ça m'est pas arrivé au lycée ! s'empressa-t-il de crier. C'est en revenant ! »

Cela n'eut qu'une influence encore plus négative sur l'expression d'Inko, dont les yeux s'écarquillèrent davantage.

« En rentrant ? Mais qui a… ?

—Je vais tout te raconter, c'est mieux de nous assoir. Je vais poser mes affaires. »

Izuku se dépêcha d'aller en direction de sa chambre pour y ranger son sac. Étant donné qu'il avait bougé tous ses posters dans sa chambre à l'internat, ça lui fit un petit choc de voir les murs nus. Il se dirigea dans la cuisine pour voir sa mère déjà assise, une chaise tirée à ses côtés et d'autres produits de soin devant elle, les yeux et la bouche pincés avec sévérité. Le chiffon qu'elle avait rangé dans sa robe avait été posé sur le bord de l'évier, à côté duquel la vaisselle pour le repas de ce soir était sagement déployée.

« Assieds-toi. »

Izuku obéit.

« J'ai déjà été soigné, annonça-t-il, rapprochant la chaise de la table sur un raclement, alors que la femme tirait son bras pour le faire se pencher vers elle, à nouveau en train d'examiner son visage.

—Par qui ? » Cette fois-ci, elle semblait étonnée. Elle finit par lâcher un soupir, yeux clos pour une brève seconde. « Tu as intérêt à avoir une bonne explication à tout ça, Izuku, ça ne me plait pas. Montre-moi ta joue, je vais au moins te mettre une compresse froide, tu es beaucoup trop gonflé. »

Ce qu'il n'avait pas eu le temps chez Tanaka à cause de l'incident entre eux… Il ressentit un pincement au cœur, il gardait l'image perturbé de l'autre garçon. L'adolescent ne savait pas si le calme de sa génitrice était de bons ou mauvais augures.

« Oui, je te l'ai dit, maman…

—Tu m'expliqueras tout quand j'aurais terminé. »

Elle insistait sur le 'tout'. Izuku inspira. Au moins, elle n'avait pas encore fait tout un scandale, mais ça pouvait encore arriver… Ce fut vite terminé. La compresse, le film adhésif transparent pour la retenir, et tout était installé. Izuku porta instinctivement la main à sa joue, là où se trouvait le pansement. Sa mère, quant à elle, regarda de nouveau sa lèvre pour s'apercevoir que oui, la plaie avait l'air d'avoir été désinfectée. Izuku étant perdu sur les événements de tout à l'heure, il ne savait pas tellement comment expliquer la situation dans son entièreté. Cela dit, il espérait que s'il lui racontait, sa mère aurait peut-être des hypothèses pour l'y aider.

« Je rentrais avec un ami, il s'appelle Tanaka-kun. Je le connais du lycée depuis peu de temps… et on a découvert qu'on habitait dans le même quartier. » Il déglutit. « C'est un alpha. » Les yeux de sa mère s'agrandirent et Izuku se sentit rougir malgré lui. Il ignora cette gêne. « On marchait et on a croisé, enfin, Kacchan est venu nous rejoindre e-et ils ont eu une altercation. » A partir de là, il bégaya. « J-Je me suis mis entre eux pour éviter que ça ne dégénère et j'ai pris un coup de poing, q-qui ne m'était pas destiné à la base. C'est… vraiment idiot, je sais, mais voilà ce qui s'est passé. »

Inko gardait les sourcils froncés. Sa perplexité se reflétait sur son visage et Izuku sut qu'elle réfléchissait encore avant de dire quoi que ce soit.

« Quand tu dis 'Kacchan', tu parles de Katsuki Bakugou, celui avec qui tu jouais quand t'étais petit ?

—O-Oui.

—Qu'est-ce qu'il voulait ? Pourquoi ils se sont battus ? »

Izuku hésitait. Il ne voulait pas parler en mal de Katsuki à sa mère et avoir l'air de se plaindre comme un gosse qu'il n'était plus. Qui plus est, il ne voulait pas faire sonner Katsuki comme le fautif alors qu'il avait peut-être agi avec une bonne intention, finalement. Il en allait de même pour Tanaka. Izuku ne considérait pas sa tentative comme une mauvaise intention, vouloir se confesser n'était pas méchant, même s'il avait un peu insisté. Ils n'étaient, au final, en tort ni l'un ni l'autre, sauf pour le fait de s'être provoqué. Il se mordit la lèvre.

« En fait je ne suis pas sûr… Mais je crois que Kacchan avait peur que Tanaka-kun me veuille du mal. Comme c'est un alpha et qu'on marchait seuls… Et qu'il m'a déjà aidé avec un autre alpha qui insistait trop… » Il mit une main devant sa bouche de peur que cette information ne foire toute sa tentative. Il ne fallait pas qu'il se fasse paraître comme un oméga vulnérable devant sa mère. « Mais t'inquiète pas, c'est pas que j'aurais eu besoin d'aide, je sais me débrouiller ! C'est juste que Kacchan a agi quand même... Donc... il s'en est pris à Tanaka-kun de la même façon en le menaçant et Tanaka-kun a voulu le frapper en utilisant son individualité. C'est lui qui m'a soigné quand il s'est rendu compte qu'il m'avait blessé en se faisant emporté. Il a vraiment été gentil avec moi ! »

Izuku ne raconterait pas ce qui s'était passé chez Tanaka. Inko se massa les tempes.

« Écoute, même si tu me l'as jamais vraiment dit et que tu ne t'es jamais plaint, je sais que ce Bakugou t'en as fait bavé. Petit tu me disais qu'il te taquinait, qu'il jouait un peu méchamment, puis que vous n'étiez plus amis, mais je voyais. »

Izuku se pétrifia, soumis au regard triste d'Inko. Il savait que sa mère avait souffert, elle aussi, du fait qu'il n'ait pas d'individualité et qu'il ait de fait subi beaucoup de brimades et aurait dû logiquement abandonner son rêve. Quand il était en primaire, il pleurait souvent à causes des taquineries de l'alpha qui allaient trop loin à son goût. Il était arrivé que sa mère le surprenne. Plus tard, même s'il lui arrivait encore d'en pleurer, il était devenu meilleur au fait de le cacher, pour ne pas inquiéter sa mère à qui il n'avait jamais expliqué la cause de ses larmes. Il baissa la tête… Bien sûr qu'il se doutait qu'elle devait le savoir, malgré son silence. Mais l'entendre lui faisait mal. Il avait dû tant l'inquiéter…

La culpabilité l'envahissait même si ce n'était concrètement pas de sa faute.

« Ça me faisait vraiment de la peine de te voir rentrer couvert de bleus et de marques de brûlures parce qu'il s'en était pris à toi avec ses copains, sachant que tu ne pouvais pas te défendre et que tu en souffrais beaucoup plus que moi. Et tu me dis qu'il t'a agressé avec ton ami en croyant t'aider ? Izuku, ce garçon n'a pas de bonnes intentions, il a toujours été méchant avec toi ! »

Le vert secoua la tête. Les grands yeux de sa mère le sondaient.

« C'est ce que je pensais au début… Mais comme il m'a aidé avec cet autre alpha, je pense qu'il s'imaginait que c'était pareil avec Tanaka-kun. » Il trébucha sur ses mots. « Et-t il m'a laissé tranquille depuis la fin du collège, tu sais. Il est peut-être pas très stable psychologiquement, parce qu'il est très impulsif et explosif, mais il n'a pas mauvais fond. Il change, même, je le vois… Je ne pense pas qu'il me veuille du mal, en fait, mais je comprends pas toujours très bien son attitude. S'il te plait, maman, crois-moi et ne le condamne pas pour son erreur. »

Il était à la limite de s'incliner devant sa mère pour qu'elle agrée avec lui. Ce fut à son tour de secouer la tête.

« Non mais tu t'entends ? Après tout ça, tu le défends corps et âme ? »

Ça ressemblait légèrement trop à la discussion qu'il avait déjà eue avec Tanaka, sauf que venant de sa propre mère, il ne pouvait difficilement se contenter de réponse évasive et superficielle. Ses mains se courbèrent en poings.

« C'est juste que je le sais, Kacchan a été méchant mais il n'est pas si mauvais et il va prendre en maturité, j'en suis persuadé. J'espère que quand ça arrivera, on pourra redevenir amis, une fois que j'aurais prouvé ma valeur et que je serais un vrai héros. »

Il ne put empêcher un sourire de prendre forme sur son visage à la pensée, qu'il arrêta net sur un 'aïe'. L'adulte tendit les mains vers celles de l'adolescent et les prit dans les siennes, sans doute émue par ses sentiments.

« Oh, Izu-chan, je ne veux pas te dire encore que tu dois abandonner quelque chose que tu veux, mais même s'il change, il ne mérite pas ton amitié et toute ta sincérité avec ce qu'il a fait. Je pense que ce qu'il a fait ne fait pas de lui une bonne personne et je ne veux pas te voir avec lui. »

Izuku glapit.

« Mais maman, je sais ce que je fais !

—Izuku, j'accepte beaucoup de choses et je suis très fière de ta persévérance, même si elle me fait parfois peur parce que tu ne sais pas t'arrêter, mais ne pardonne pas quelqu'un qui a abusé de ta gentillesse et du fait que tu sois un ami génial. Il ne vaut pas tes efforts.

—Tu dis ça parce que tu es ma mère. »

Le vert ne pouvait s'empêcher de bouder sur ce coup-là. Ce n'était pas très intelligent de sa part. Au fond, il comprenait sa mère. C'était normal qu'elle reporte la faute sur Kacchan et qu'elle lui interdise d'être en sa compagnie, beaucoup de mère en auraient fait autant. Normal aussi qu'elle essaie de le résonner, Izuku lui-même connaissait et se flagellait tout seul du caractère idéaliste de ses pensées. Des fois, il se demandait lui-même si ses efforts valaient le coup, parce que bien sûr, à chaque fois que Katsuki le rejetait et le rabrouait violemment, il se sentait déçu par lui, en plus d'être blessé. Mais il voulait croire et ne pouvait quelque part pas abandonner l'idée qu'il y avait du bon en Katsuki, et que Katsuki pourrait devenir bon s'il le voulait. Tout ne dépendait pas de lui, mais il savait qu'une fois que Katsuki serait devenu meilleur, il aurait tout pour être le meilleur sur tous les plans.

Izuku était rêveur et obstiné, mais ça, pour lui, c'était la solide réalité.

Une voix ferme coupa court à ses songes.

« Je dis ça parce que c'est la vérité et que tu dois apprendre à te ménager des déceptions au risque de tourner le dos à quelqu'un, si cette personne est nocive pour toi. »

Izuku serra davantage ses poings. Il se rendait compte que c'était idiot de débattre sur le fait de redevenir ami avec Katsuki ou non puisqu'ils étaient de toute évidence loin d'en être là.

« Si ça peut te rassurer, si je constate effectivement que Kacchan n'en vaut pas la peine, j'arrêterais. »

Sa mère eut l'air soulagée. Son dos s'appuya davantage contre le dossier de la chaise et ses mains se détendirent sur ses genoux.

« Mais je sais que ce n'est pas le cas. »

Le visage lisse d'Inko se froissa immédiatement.

« Izuku…

— De toute façon on n'est pas à ce stade, lui et moi. Mais je te jure qu'il change encore. Je me suis énervé après lui, » avoua-t-il piteusement. « parce que je ne savais plus quoi penser et j'ai cédé à la colère, et il a eu l'air blessé et perdu, comme s'il ne comprenait pas. »

La femme fit claquer ses paumes sur la table en lâchant un bruyant soupir.

« Mon dieu, Izu-chan, ne va pas te sentir coupable pour ça ! Tu veux que je te dise ce que je comprends de son attitude ? »

Izuku hocha la tête à deux reprises, parce que lui, sa matière grise ne suivait plus. Le visage de sa mère se tordit sous la colère.

« C'est la possessivité et de la jalousie. Tout simplement. »

Izuku tomba des nues, elle lui sortait la même chose que Tanaka, mais pas de raison que ça soit vrai, n'est-ce pas ? Devant sa perplexité, elle continua.

« Tu ne t'en rends pas compte parce que tu es jeune et que tu n'as jamais eu d'alpha, mais ils sont possessifs, énormément. »

Izuku rougit cette fois-ci, pensant qu'elle n'était peut-être pas obligé de faire cette constatation à haute voix… Sa mère savait pourtant de quoi elle parlait, parce que si elle était une beta, son père était un alpha. Pensée qui installa un malaise en Izuku, due à son absence qui peinait sa mère, il le savait aussi. La bouche sèche, il répondit :

« On n'est même pas amis, je l'indiffère totalement, ça peut pas…

—Peut-être, mais cette façon d'agir est celle d'un alpha qui te marque comme sien, s'il refusait que tu marches avec un autre. Même si on se voit moins, j'ai senti ton odeur, tu risques d'être en chaleur et c'est ça qui attire les alphas, tu le sais. » Izuku opina. Inko poursuivit. « Je ne sais pas avec quelle intention Bakugou fait ça, mais ça me plait encore moins.

—Je crois qu'il ressentait plutôt de la haine et de l'indifférence pour moi avant, mais peu importe ce qu'il pense maintenant, ça me semble impossible qu'il essaie de faire ça, je le connais. »

Le regard de sa mère se glaça dans le sien.

« Qu'est-ce que tu veux connaître de quelqu'un qui ne t'a montré que ses facettes les plus cruelles durant des années ? »

Cette phrase heurta Izuku comme un coup, parce qu'elle était vraie. La vie de Katsuki ne résumait quand même pas à lui pourrir la sienne, et comme il ne voyait presque que ça de lui dans le passé, et maintenant son indifférence, il y avait plein de choses qu'il ne connaissait pas.

« Même si je ne connais pas ce gamin personnellement et que je n'aime parler en mal des gens, s'il agit comme ça sciemment, son cas est pire que ce que je croyais. Comme s'il pense qu'après tout ce qu'il t'a fait, tu pourras vouloir être son oméga ! » Elle était outrée. Izuku hoqueta, prêt à protester, quitte à répéter en cent termes différents ou similaires que non, Kacchan ne voudrait jamais être son alpha, quand le regard sévère de sa mère tua son intention. « Izuku, tu vas me promettre que s'il te demande un jour d'être son oméga, tu vas refuser.

—Maman, Kacchan ne veut même pas être mon ami !

—Tant mieux et laisse-le tomber une bonne fois pour toute ! Regarde ce qui s'est passé, tu reviens blessé à cause d'un combat qu'il a sûrement commencé, tes paroles m'ont aidé à le comprendre. Laisse les choses comme elles sont et n'essaie pas avec lui. Si jamais il refait quelque chose, j'irais voir ses parents, il serait temps qu'ils contrôlent un peu leur enfant et lui apprennent les valeurs, j'aurais dû le faire bien avant. »

Les yeux d'Izuku s'ouvrirent en grand.

« Non, il n'y a pas besoin de faire ça, Kacchan ne fera rien et il ne voudrait jamais de moi !

—Et toi, tu voudrais de lui ? »

Izuku resta abasourdi, joues écarlates et jointures de ses poings rougis. Sa mère énuméra :

« Tu le défends, tu veux lui éviter des ennuis et tu l'admires à ce point malgré tout ce qu'il t'a fait… Je me souviens quand tu étais petit que tu étais heureux parce qu'il avait accepté que tu sois son oméga. » L'horreur transparaissait presque de son visage. « Izuku, le monde est rempli d'alpha, avec ce qui s'est passé, tu ne peux pas être amoureux de lui encore maintenant ! Vous étiez des gosses à l'époque ! C'est mal de traiter une personne comme il te traite et tu ne dois pas accepter ça ! Tu vaux mieux que ça, enfin ! Je ne veux pas que mon fils soit avec une personne qui lui fait du mal ! »

Izuku ne s'était jamais senti aussi démuni, sauf peut-être le jour où sa mère avait refusé qu'il poursuive sa scolarité à Yuuei. Une envie de pleurer le gagnait sans qu'il ne sache réellement pourquoi et il eut du mal à la réprimer.

« Je sais, » murmura-t-il, puis plus fort, « Je sais. Je n'accepte pas qu'il me traite comme ça et je l'en ai haï plein de fois. Je te l'ai dit. Si Kacchan me faisait du mal encore, je ne me laisserais pas faire parce que je peux me défendre et j'abandonnerais. Je ne suis pas stupide-

—Je n'ai jamais dit ça, Izu-chan, mais- »

Izuku la coupa à son tour.

« J'ai juste l'espoir qu'il change et je n'accepterais son amitié que s'il change. Enfin, il faudrait déjà qu'il change pour qu'il accepte la mienne. Et s'il veut plus maintenant, ce que je ne crois vraiment pas…Je ne pourrais pas accepter, oui. »

Cela apaisa instantanément sa mère. Elle relâcha une grande goulée d'air de soulagement et sourit.

« Bien, je vais nous servir à boire. Tu veux un jus de fruit, un soda ? »

Elle se leva en direction d'un des placards en hauteur au-dessus de l'évier, en claqua deux verres sur la table, et tourna vers le frigo dans le même mouvement. Izuku se sentit mieux maintenant que la conversation prenait une tournure plus anodine et il sentait le stress qu'il avait accumulé s'en aller petit à petit.

« Un jus de fruit ira. »

Elle les servit tous deux et sans doute épuisés par cette confrontation, Izuku et sa mère partageaient le point commun de la sensibilité et avaient du mal à ne pas être trop émotionnels, ils burent d'une traite.

« Je vais cuisiner, va regarder la télé ou dans ta chambre, je t'appelle quand c'est prêt.

—Tu veux que je t'aide ?

—Non, ça ira. »

Inko arbora subitement un grand sourire et ses joues rougirent un peu. Sans le sourire, Izuku eut la même réaction, se demandant ce qui lui passait par la tête.

« Dis-moi, Izuku, ce Tanaka-kun, ça pourrait devenir ton petit-ami ? »

L'adolescent sentit son jus d'orange lui remonter par le nez.

« Maman ! Ce n'est qu'un ami ! »

Ami qui avait été secoué par sa rejection, mais bon, ça pouvait toujours s'arranger, Izuku restait optimiste. Il la soupçonnait de vouloir le caser maintenant qu'elle avait peur qu'il ne se passe quelque chose avec Katsuki. Avant qu'elle ne pose plus de questions, il alla jusqu'au salon et alluma la télévision, sans l'idée de la regarder, plongé dans ses pensées. Avec tout ça, il fallait qu'il réfléchisse, sans se mettre à murmurer ses réflexions comme un idiot si possible, car il ne valait mieux pas que sa mère les entende, et ça le détendrait sûrement. Izuku émit un soupir, pieds posés aux angles du siège du canapé, genoux dressés que ses bras entouraient. La télé braillait des informations qui percutaient à peine ses tympans. S'être vu demandé deux fois dans une même journée la raison de son affection envers Katsuki et reproché cette fameuse affection était déstabilisant. Izuku reconnaissait encore une fois que c'était normal que ses proches réagissent comme ça face à son désir d'amitié pour Katsuki. Ce qu'il avait dit à sa mère était vrai, il y avait des fois où il l'avait détesté, et comme il l'avait aussi dit à Uraraka, parfois, il ne pouvait tout simplement pas le supporter.

Ses sentiments envers Katsuki étaient un mélimélo fichument compliqué, et ce n'était pas tout.

Izuku s'en sentait comme le plus grand des imbéciles, mais il ne pouvait pas nier qu'il ressentait une attirance pour l'alpha blond, et que son affection n'était pas qu'amicale, malgré tout. Il l'aimait bien. Ça pouvait sembler bel et bien idiot, d'autant plus cliché, mais contrairement aux idées préconçues, ce n'était évidemment pas parce qu'il le connaissait depuis l'enfance et qu'à cette époque, il avait le béguin pour lui. C'était à cause de ses nombreuses qualités qu'Izuku avaient enviées, de sa force, du fait qu'il lui plaisait, et de cette part bonne de lui qu'il souhaitait voir éclore. Son béguin d'enfant avait disparu quand Katsuki avait commencé à le harceler, laissant place à un sentiment de trahison et à la douleur ainsi que la colère qui allaient de pairs, mais il était revenu à la préadolescence, au bout de quelques années, et bien sûr, Izuku en avait été perturbé. Sa motivation à regagner son amitié et à se faire reconnaître par Katsuki était peut-être renforcée par cet sorte d'amour, mais elle n'existait pas uniquement à cause du sentiment.

Izuku savait que peu importe qu'il ait aimé Katsuki ou pas, il aurait de toute façon voulu redevenir son ami, rien que pour lui prouver qu'il avait eu tort et pour lui montrer qu'il avait de la valeur.

De toute façon, depuis que ce dernier avait commencé à se moquer de lui, il avait toujours été clair pour Izuku qu'il n'aurait jamais Katsuki et aussi attristant que cela soit, il était habitué à la pensée. Il espérait sincèrement trouver une personne qui lui ferait ressentir la même chose, ou pourquoi pas quelque chose de plus fort, que ce qu'il ressentait pour son ami d'enfance. Ses projets pour Katsuki n'étaient qu'amicaux, il ne voulait vraiment pas plus, en dépit de ses propres sentiments. Ce pourquoi, l'idée que le blond ait agi comme un alpha possessif lui semblait impensable. De manière lointaine, quand il la considérait –mais il ne voulait pas y penser, ça semblait trop stupide et naïf, même pour lui, il savait bien que dans l'état actuel de leur relation, il ne pourrait pas sortir avec lui, parce qu'il voulait un alpha qui le traiterait correctement.

Izuku avait toujours imaginé que s'ils redevenaient amis, peu importe qu'ils arrivent à être proches ou juste une amitié classique, ça s'arrêterait là, ça paraissait impossible que le blond le considère un jour comme plus.

Si c'était vrai, il se demandait bien ce qu'il se passait dans la tête de Katsuki pour qu'il le veuille, lui. Bien qu'Izuku ne tienne pas à y penser, si Katsuki voulait être son alpha…Il n'avait pas menti à sa mère, ses mots avaient été les suivant : s'il voulait plus maintenant, il ne pourrait pas accepter. Sans efforts de sa part, du moins. Peut-être que les excuses étaient trop demandées, même si une part de lui en aurait voulu, et elles n'effaceraient rien, il ne les recherchait pas. Il lui faudrait des améliorations, la seule valeur sûre. Il imaginait les choses de la même façon pour une amitié, car sans changements dans leurs rapports, ce ne serait pas possible.

Mais comme c'était faux, ça n'était pas une avancée pour comprendre son attitude face à Tanaka. Il se rapprochait de son hypothèse 'tentative maladroite pour l'aider'. Il ne savait pas par quoi son intention était générée, mais c'était du positif en soi. Il ne pourrait pas savoir sans demander à Katsuki et il ne s'y risquerait pas, pas tout de suite du moins. Tout ce qu'il avait à faire était de profiter de son week-end et de voir l'avancée des événements. Il pensait s'excuser, aussi, et au plus vite cette fois-ci. L'expression peinée de son ami d'enfance le hantait encore.

Avec une certaine nostalgie et un certain embarras, il se rappelait de la fameuse fois où, encore un petit garçon, il avait demandé à Katsuki d'être son oméga et que celui-ci avait accepté, un peu avant que le blond n'ait son individualité.

Ils n'avaient pas école et Izuku l'avait rejoint pour jouer dehors, comme d'habitude. Il n'y avait qu'eux, les autres n'avaient pas pu les rejoindre. Ou ils ne s'étaient donné rendez-vous que tous les deux à l'époque, ça arrivait, et Izuku adorait ces moments, quand Kacchan n'était rien qu'avec lui. Il ne savait plus très bien. Toujours est-il qu'ils avaient un peu joué dans le parc avant de partir en direction de la forêt non loin de là, Katsuki aimant s'y promener et Izuku partageait son engouement pour cet endroit. C'était parfait pour jouer au héros. Ils s'étaient amusés une bonne heure, quittant les sentiers, explorant et transformant les arbres, les feuilles mortes et tout ce qui était trouvable en un nouvel amusant. Finalement, Izuku étant fatigué, ils s'étaient assis sur un arbre mort étendu. Katsuki avait râlé contre son incapacité à poursuivre leur exploration et Izuku s'était contenté de lui répondre un plaintif 'mais juste cinq minutes, Kacchan !'.

Il avait pu voir en revanche que Katsuki s'était assis à ses côtés. Izuku avait hésité, ses pensées s'étaient mises à dérivées, et il avait trituré ses mains. Enfin, il avait osé.

« Kacchan… »

Le petit blond lui avait jeté un regard interloqué.

« Tu es un alpha et je suis un oméga.

—Ouais. »

Katsuki n'avait rien dit de plus et Izuku s'était remis à douter de sa décision. Seulement, les héros ne reculaient devant rien, et c'était déjà assez gros qu'il ait pris cinq minutes sur leur 'mission' –c'était comme ça qu'ils le considéraient – pour se reposer alors que Kacchan bravait la fatigue. Il devait être un homme, et être courageux. Il avait rougi et les mots étaient sortis tous seuls, glissant quand même maladroitement de ses lèvres :

« Ma maman a dit que plus tard je pourrais avoir un alpha comme amoureux. Tu veux être mon alpha ? »

Le bouclé se souvenait encore de l'expression de Katsuki. Son visage qui fixait un point entre deux arbres et des herbes hautes avait fait un virage vers le sien. Ses yeux rouges l'avaient considéré et Izuku s'était senti horriblement embarrassé par ce regard. En se tenant les mains, il avait reculé son corps, un peu inquiet de la réaction de son ami.

« K-Kacchan ? »

Katsuki avait alors rigolé, un grand éclat de rire. Izuku en avait été vexé. Il avait regardé son ami rire, prêt à protester farouchement quand il aurait fini. A cet âge, il se dressait devant Katsuki beaucoup plus facilement puisqu'il ne le martyrisait pas encore. Quand Katsuki s'était calmé, il avait parlé avant qu'Izuku ne le fasse :

« Ouais, d'accord, Deku. »

Le surnom lui avait été donné quelques mois auparavant et si Izuku ne l'aimait pas, sachant sa signification, il passait outre et essayait de bien le prendre. Au moins, Kacchan avait un surnom spécial pour lui et ça lui plaisait un peu, même si ce n'était pas très gentil. Izuku avait souri, un sourire éclatant et une exclamation de joie. Katsuki s'était remis sur ses pieds et avait déclaré, sévère :

« Si je suis ton alpha, alors tu es à moi et tu fais tout ce que je dis ! On y retourne ! »

Izuku avait été frappé par le 'tu es à moi', mais dans sa mentalité d'enfant de cinq ans et demi, il avait répondu joyeusement :

« Oui, Kacchan ! »

Entendre que Katsuki acceptait d'être son alpha, et par extension son amoureux, avait suffi pour faire sa journée.

La suite avait été beaucoup moins plaisante. Katsuki se servait du fait qu'il soit 'son oméga', un bien grand mot pour des enfants de presque six ans, pour lui faire jouer le rôle de la demoiselle en détresse dans leurs jeux alors qu'il aurait aussi voulu faire le héros, dont certains jeux qui avaient mal tournés, l'inconscience de Katsuki les amenaient à jouer dangereusement, se fichait de ses protestations, et quand tous avaient eu leurs individualités sauf lui, il l'enfonçait encore plus dans son infériorité. Pour ce qui s'était produit quand Izuku avait été déclaré comme étant sans alter, Katsuki l'avait rejeté, lui jetant au visage qu'il n'était plus son oméga ni son ami, et qu'il était nul. Le surnom 'Deku' lui avait collé à la peau comme une insulte et le reste était une histoire déjà connue.

Maintenant, Izuku voyait ce souvenir en se traitant mentalement de niais et avec une tristesse inévitable. Il en revenait à cette conclusion : Katsuki ne voudrait jamais qu'il soit son oméga vu tout ce qui s'était passé, et lui-même était sûr qu'il n'aurait pas été capable d'entretenir une relation amoureuse avec lui pour les mêmes raisons. S'ils parvenaient un jour à une amitié, ce serait un bien grand progrès.

Izuku n'y avait plus pensé ensuite, sa mère l'appelant pour le repas, et s'était préoccupé de se détendre, travaillant également sur ses devoirs.

Le jour du départ était arrivé, de même que le jour de cours suivant. Izuku avait croisé Tanaka dans les couloirs en allant vers sa classe, essayé de le saluer, mais ce dernier avait bien vite bifurqué avant qu'il ne le fasse. Izuku était allé en classe, affrontant les questions de ses camarades sur ce qui était arrivé, il avait bien naturellement dû inventer une excuse, sauf pour Iida et Uraraka. Ses deux amis avaient proposé de parler à Tanaka. Uraraka avait semblé proche de vouloir en découdre avec Katsuki, et il avait eu du mal à calmer la situation. Au vu de l'agitation, il avait attendu avant de s'excuser auprès de Katsuki. Il avait laissé passer trois jours entiers.

Le blond n'avait pas jeté un regard sur lui. Pas qu'il le regardait d'habitude, mais quand leur regard se croisaient par inadvertance, Izuku détournait toujours les yeux devant son air intimidant et clairement peu avenant. Il pouvait presque l'entendre penser 'Putain, me regarde pas, Deku de merde !' Katsuki évitait tout simplement, et ça ne lui ressemblait pas. Quand leurs chemins se croisaient, Izuku le voyait crispé, tendu. Avant, il ne paraissait toujours pas ravi, mais relativement indifférent. Izuku avait compris que lui parler n'aurait pas été vain.

Un jeudi après-midi à la fin des cours, alors qu'il n'avait pas d'entraînement avec All Might, il avait déclaré qu'il rentrait au dortoir directement à ses deux amis et il avait suivi Katsuki qui avait faussé compagnie à Kirishima lui aussi. Prenant son courage à deux mains, se préparant à devoir batailler et à se faire sèchement ou violemment repoussé, il rattrapa la silhouette nonchalante du blond. Une main non-assurée sur son épaule, essoufflé parce qu'il avait couru, il observa le visage de Katsuki se changer d'une expression blasée à de l'étonnement rageur –il n'y avait que lui pour arriver à faire ça.

« Kacchan… Je pourrais te parler ? »

À suivre...


Alors oui, j'ai pris le parti de faire en sorte qu'Izuku soit amoureux de Katsuki. Pourtant, sa réflexion le montre beaucoup dans ce chapitre, je pense, quitte à ce que ça semble redondant : il lui en veut, ce n'est pas un amour tout rose qui le rend aveugle face à ses erreurs et lui fait pardonner l'impardonnable. Il a des sentiments, mais aussi une fierté, et il n'aurait pas envie d'être avec Katsuki s'il ne change pas, ni de devenir son punching-ball. Je pense que ça reste plausible qu'il l'aime parce qu'ils ont une relation complexe et qu'Izuku l'estime, mais ce n'est pas un amour tout à fait sain et il s'en rend compte. J'ai lu plusieurs histoires où comme Izuku est amoureux il accepte les abus, mais, en étant un peu réaliste, je pense franchement pas que le fait d'avoir des sentiments pour une personne fasse accepter n'importe quoi (et ça ne devrait pas le faire, à mon sens, si je peux me permettre XD). Donc voilà, tout est problématisé ici et ce qu'Izuku espère c'est l'évolution de Katsuki, pas tomber dans les bras du Katsuki actuel :).

Vous pouvez vous en doutez, prochain chapitre, confrontation entre Katsuki et Izuku. Sans vous spoiler, je vais être honnête... C'est un chapitre difficile x). Mais qui trouve sa justification dans l'évolution de l'histoire. Vous comprendrez en lisant x).

Reviews ? N'hésitez pas, je serai ravie de connaître vos avis et d'échanger avec vous là-dessus !

Merci d'avoir lu !

PS : J'ai changé les titres des chapitres, je me dis que ça fait quand même mieux comme ça XD.