Hello tout le monde! Allez, je vous dévoile les chapitres 1 et 2 afin de savoir s'il va y avoir des intéressés pour cette histoire ou pas. Si je vois quelques retours, ceci me motivera à continuer de vous donner la suite :). Dans l'attente de vos messages encourageants, je vous souhaite une très bonne lecture! ;)
Amicalement,
Luciole26
CHAPITRE 1
L'arbre guerrier Balthazar était à son poste de veilleur depuis quelques heures déjà quand il vit une forme immobile cachée derrière un rocher. Intrigué, il s'en approcha et aperçut une humaine. Son teint était d'un blanc presque cadavérique et ses lèvres commençaient à bleuir. Il faisait particulièrement froid cette nuit en cette saison hivernale exceptionnellement rude. Il marmonna quelque chose dans une langue inconnue et une petite sphère de lumière verte arriva quasi immédiatement à ses côtés. C'était une minuscule fée habillée toute de vert. Balthazar montra d'un signe du doigt la jeune fille. La petite fée blonde retint un cri et répond à son voisin :
« -Je ferais mieux de prévenir Bae. Ne bouge surtout pas ! » s'exclama-t-elle angoissée de sa petite voix fluette.
L'arbre poussa un profond soupir et regarda la fée s'éloigner à toute vitesse à travers la forêt. Où pouvait bien être le jeune homme en ce moment ?
Dark Castle
Baelfire était assis sur le grand fauteuil près du feu et méditait à l'abri des regards. Son père avait décidé de s'enfermer dans ses quartiers. Il était tellement en colère, et ce depuis tellement d'années… Il soupira et passa une main dans ses cheveux bruns rebelles. Le jeune homme de 19 ans ne savait plus quoi faire avec lui. Parfois il craignait que son côté Bête ne prenne le dessus. C'était la plupart du temps toujours comme ça, mais il y avait toujours en lui une petite part… d'humanité. Humain… C'était bien le seul mot que son père ne supportait pas. Le fils de la Bête contempla alors ses mains, quelque peu perdu. Est-ce que ce sera toujours comme ça ? Son père avait depuis longtemps abandonné la seule façon de briser la malédiction. Il disait que c'était impossible… Soudain, quelqu'un toussota à ces côtés.
« -Le jeune maître voudrait-il du thé ? » s'enquit une théière blanche enchantée avec des petits motifs violets dessus.
Elle était apparue de nulle part avec une petite table de service.
« -Oui, ce ne serait pas de refus. Merci Mme Samovar, répondit-il.
-De rien, mon garçon. » l'assura-t-elle d'une voix chaleureuse tout en versant le thé brûlant dans une tasse.
Soudain, quelque chose sauta sur les genoux de Baelfire et celui-ci eut le réflexe de l'attraper d'une main.
« -Mais que fais-tu ? questionna le fils du maître, surpris.
-Je voulais te faire peur ! Alors j'ai réussi ? s'enquit une petite tasse ébréchée.
-Zip ! gronda Mme Samovar, contrariée.
-Désolé, de te décevoir Zip… s'excusa-t-il en posant la tasse sur l'accoudoir.
-Rhhhooooooooo, zut ! Mais maman, Bae n'est pas fâché. Dis, t'es pas en colère ?
-Non, ne t'inquiète pas, l'apaisa ce dernier avec un petit sourire.
-Tu vois !
-Le maître serait furieux, murmura la théière, soucieuse.
-Il n'est pas là pour l'instant. Vous avez le droit de… vous amuser un peu. Il y a assez de tristesse et de malheur dans cette maison comme ça, assura Baelfire d'un air absent tout en prenant sa tasse fumante.
-Mes chers amis, vous connaissez bien ce dicton : « Quand le chat s'en va, les souris dansent ». C'est exactement ça. Nous avons besoin d'un peu de répit chaque jour. Heureusement, le jeune maître est d'un grand soutien moral quand… vous savez qui entre dans une rage noire, claironna alors un chandelier de sa voix enjôleuse en venant dans le salon à son tour.
-Oui, mais ce n'est pas de notre faute encore une fois s'il y a eu cette malédiction ici qui nous as tous transformés et pour certains, figés dans le temps, bouda Zip, contrarié.
-Mon père rumine beaucoup. Je sais qu'il se sent responsable… mais sa seule défense pour tenir le coup c'est de rejeter sa colère sur quelqu'un. Nous devons lui tenir tête, mais aussi le supporter, vivre avec, exposa Bae.
-Oui… il n'a pas toujours été comme ça. Autrefois… », murmura Mme Samovar avant de se taire tristement.
Ils acquiescèrent sans rien ajouter. Baelfire scruta alors les flammes dans la cheminée tout en buvant une gorgée et ses pensées allèrent par delà le château, près de la frontière où il avait laissé cette jeune fille blonde livrée à elle-même. S'était-elle enfuie comme il l'avait suggéré ?
C'est alors qu'une petite fée vêtue de vert apparut dans le salon, quelque peu essoufflée et affolée.
« -Clochette ?! Qu'y a-t-il ? s'enquit le fils de la Bête, surpris de cette apparition éclair dans ces lieux.
-Bae… nous avons trouvé une humaine devant l'entrée de la forêt. Elle est… je crois qu'elle est morte. Cela va se retourner contre la Lande », s'écria -t-elle.
- Quoi ?! Elle était donc toujours là-bas par ce temps? s'emporta Baelfire persuadé qu'il s'agissait justement de la jeune fille rencontrée. Il n'y a pas de temps à perdre, allons-y! »
Baelfire posa sa tasse sur la petite table de service, remit sa veste et quitta le château à toute vitesse, laissant saisi le petit groupe d'amis enchantés.
Au royaume de Blanche-Neige
Le prince Killian était assis à la table ronde tandis que quelques-uns de ces gardes avaient attaché les membres royaux à une chaise. La patrouille qu'il avait envoyée à la poursuite de cette petite princesse écervelée et de sa bonne revint quelques heures après, totalement démunie. Il frappa du poing sur la table d'un air contrarié. Il hurla qu'ils n'étaient qu'une bande d'incapables. La reine et le roi demeuraient silencieux face à celui qui avait été leur invité de marque et les avait trahis, mais ce dernier se promit que ce ne serait plus pour longtemps…
En seulement quelques minutes, ils arrivèrent à la frontière où était posté Balthazar. L'arbre guerrier montra l'humaine étendue au sol.
« -Là voilà ! Que fait-on ? C'est par-delà la barrière magique ! souffla la fée blonde.
-Je lui avais demandé de partir… Je n'ai pas le choix. Je vais y aller », annonça le jeune homme brun, préoccupé.
Cette jeune fille ne pouvait pas être morte. Impossible… Il devait s'en assurer.
« -Bae c'est trop dangereux ! IL ne sera pas content du tout ! asséna Clochette en faisant allusion à son père.
-Il n'aura pas à le savoir si on n'en parle pas ! » rétorqua-t-il sèchement.
Le fils de la Bête quitta alors la lisière de la forêt et se dirigea rapidement vers Emma. Son visage était très pâle et ses lèvres étaient bleues. Il colla son oreille sur sa poitrine et sentit son cœur battre, mais faiblement. Elle était toujours vivante, mais elle ne pouvait encore rester dehors très longtemps par ce temps sinon elle pourrait mourir d'une pneumonie. Il se redressa et sortit une fiole de la poche antérieure à sa veste.
« -Elle est en vie, mais si je ne fais pas quelque chose maintenant elle va effectivement mourir. Je pense que ça ne va pas lui plaire, mais c'est le seul moyen pour la ramener, avoua-t-il aux deux témoins de la scène.
Baelfire déboucha le petit flacon et l'approcha des narines de la princesse. Une odeur âcre s'échappa et elle se releva rapidement, avec surprise, une main contre son nez.
« -Oh bon sang, mais qu'est-ce que c'est que cette horrible odeur! maugréa Emma d'une voix faible, avec une grimace de dégoût.
-C'était le seul moyen pour vous faire reprendre conscience. Avez-vous perdu l'esprit ? Je vous avais demandé de partir et vous… vous êtes toujours là! » s'exclama le jeune homme brun, irrité.
La princesse se rendit alors compte de la personne qui se tenait juste à côté d'elle. Elle écarquilla les yeux, jeta un œil entre la forêt et là où elle se trouvait.
« -Co… Comment est-ce possible ? bafouilla-t-elle en le scrutant de très près cette fois-ci.
-J'ai dit que les humains ne pouvaient entrer. Je n'ai pas dit que nous ne pouvions pas sortir. Le problème n'est pas là… Vous… Pourquoi n'êtes-vous pas parti ? marmonna son sauveur, décontenancé.
-Parce que… je n'ai nulle part où aller. Je n'ai jamais voyagé. Ma seule destination était de venir ici solliciter l'aide du grand sorcier. On me recherche, vous le savez. Je n'ai que 17 ans… Il faut être réaliste. Mes parents m'ont toujours tenue dans l'ignorance de la dure réalité de la vie. Je sais que je ne tiendrais pas un jour face à un climat aussi rude…», sanglota-t-elle en regardant ses mains d'un air affligé.
Voir cette jeune fille larmoyée déstabilisa complètement Baelfire.
« -Ne… Ne pleurez pas…, murmura ce dernier à mi-mots.
-J'ai besoin de votre aide, s'il vous plaît …Sur vos terres, les gardes ne pourront pas me poursuivre et m'attraper, expliqua-t-elle, en désespoir de cause.
-Je… je… »
Le fils de la Bête se releva et se passa nerveusement une main dans les cheveux. Que faire ? Son père risquait d'être furieux s'il faisait entrer une humaine dans la Lande… mais elle était innocente. Cette jeune fille n'avait pas une once de malfaisance en elle. Tout ce qu'elle souhaitait c'était un refuge.
« -Il y a vraiment aucun moyen de franchir cette protection magique ? » demanda-t-elle grelottante de nouveau en le fixant de ses yeux verts émeraude.
Bae ne répondit pas. Emma se redressa et frotta énergiquement ses bras de ses mains, transie de froid. Elle le vit fixer anxieusement deux créatures magiques actuellement spectateurs de la situation. Une fée ? Un arbre vivant ? Elle était ébahie. La fée cerna alors les intentions du jeune homme et fut agacée.
« -Ce ne sont pas des choses qu'il faut faire à la légère ! » clama Clochette à ce dernier avant de partir, énervée.
La petite créature ailée disparut. Emma ne comprenait pas ce qu'il se passait. Elle se releva bien qu'encore un peu chancelante. Balthazar parla à Bae dans une langue étrangère et la jeune princesse ne comprit pas un traitre mot. Son voisin soupira.
« -Je sais, mais elle a besoin d'aide. Nous pouvons lui assurer notre protection, décida ce dernier.
-Il y a donc… une solution ? le questionna Emma sans trop y croire.
-Oui, mais il y aura des conséquences. C'est à vous de choisir si vous le souhaitez ou non, exposa le jeune homme brun.
-Comment ça ?
- Pour franchir cette limite créée par la magie du grand sorcier, il y a un prix à payer. Vous devez vous lier à une personne résidant dans la Lande et qui consent à vous secourir. C'est un lien de sang, un pacte si vous voulez. À partir de ça, vous ne pourrez plus jamais quitter cet endroit parce que par cet accord, les cœurs des deux êtres sont unis. La seule façon d'en être libéré… serait que l'une des deux personnes meurt ou brise la promesse du coeur. Le lien s'annulera alors. Il faut que vous soyez sûre de votre choix.
-Je préfère 100 fois me lier à vous qu'à un homme vil, affirma Emma, après réflexion.
-Vous ne me connaissez pas. Vous pourriez le regretter. Puis vous ne pourrez pas retrouver vos parents, confessa Baelfire d'un air soucieux.
-Tout ce que souhaitent mes parents c'est que je sois en sécurité. Chez vous, je serais protégée. Je vous fais confiance, lâcha la princesse avec sincérité.
-Et qu'en est-il de cette invasion du royaume ? »
Elle baissa les yeux.
« -Je ne sais pas. Si le grand sorcier ne veut pas nous défendre, cet homme ne s'arrêtera pas là. S'il conquit le royaume, combien de temps avant qu'il ne vienne ici pour vous défier de prendre la Lande ? » révéla la princesse.
Baelfire eut un frisson d'appréhension à ces propos.
« -Vous pensez qu'il s'en prendra à nous ? Pour quel motif ?
-Le pouvoir… » soupira-t-elle avec dépit.
Le jeune homme se dirigea vers Balthazar et lui demanda quelque chose. L'arbre-surveillant tendit un petit poignard et Baelfire revint avec.
« -Je ne le permettrai pas… Il n'aura jamais la Lande, j'y veillerai. J'en parlerai au… hésita t-il soudain.
-À la Bête ? » chuchota-t-elle avec gravité.
Il se figea à cette appellation et la scruta avec attention.
« - J'ai tiré mes propres conclusions en la voyant. Comme vous avez dit que le sorcier était différent, qu'il avait changé… J'imagine qu'il a subi un mauvais sort? » osa demander Emma.
Baelfire se contenta d'acquiescer puis contempla le poignard avec hésitation. Il examina le visage de la princesse une nouvelle fois attendant sa réponse. Elle remua la tête en signe d'acceptation et s'approcha de lui. Le fils de la Bête fit alors une petite entaille sur sa main ainsi que sur celle de la jeune fille. Cette dernière tressaillit de douleur.
« -Je suis désolé, murmura-t-il d'un ton navré.
-Ce…ce n'est rien »
Il entremêla sa main en sang à la sienne et la posa sur sa poitrine, au niveau du cœur.
« -La dernière étape est importante. C'est la promesse du cœur. Il va falloir que vous répétiez à peu près la même chose après moi. D'accord ? lui intima son compagnon de la Lande.
-Oui, bredouilla Emma, le cœur battant face à cette étreinte.
-Moi, Baelfire, je te promets fidélité et affection, réconfort et protection. Pour l'éternité, attesta-t-il avec sincérité, d'un air concentré.
-Moi, Emma, je te promets fidélité et affection, réconfort et protection. Pour l'éternité », certifia-t-elle avec solennité, d'un air intimidé.
Soudain, une aura blanche quitta le corps de Bae et s'insinua dans celui de la princesse. Elle ressentait comme un bien-être inexpliqué. Le froid et les tressaillements s'étaient volatilisés. Son compagnon observa le visage de celle qui était son âme sœur à présent. Il ressentait ce sentiment de paix également. Il délia leurs mains et constata que sa blessure avait disparu ainsi que celle d'Emma. Le jeune homme releva la tête, vit le regard d'Emma briller brusquement et changer. Un de ses yeux devint bleu.
« -Vos yeux sont différents, ils… murmura-t-il en prenant son visage en coupe pour observer ce détail intriguant, mais aussitôt cette étrange nuance fila.
-Co… comment ça ? Que… voulez-vous dire ? articula-t-elle, ses joues devenues rouges par tant de promiscuité.
-Je… J'ai dû rêver… »
Elle tenta de calmer les battements de son coeur. Par chance, distrait par ce phénomène, il ne remarqua pas son trouble. Cependant, Emma n'eut pas de répit, car il entrelaça de nouveau sa main à la sienne et la guida lentement vers la barrière invisible. Baelfire lui adressa un sourire rassurant et confiant. La jeune princesse s'empourpra puis inspira longuement avant de traverser la ligne interdite avec lui. Quelques secondes plus tard, elle se retrouva de l'autre côté, dans la forêt. Elle risqua alors un œil vers le jeune homme brun auquel elle était liée à présent et ce qu'elle ressentit à son égard fut une profonde gratitude.
« -Merci, Baelfire, lâcha-t-elle.
-Je vous en prie… », répondit-il avec une douceur inattendue, réalisant la sincérité de ses sentiments par leur pacte.
Ce qu'il n'avait pas dit c'est que par ce lien magique, tous ce qu'ils éprouvaient l'un et l'autre, ils pouvaient le ressentir également. C'est ça, être une âme sœur. C'est ne faire qu'un avec une personne en tout point, qu'on soit près ou loin d'elle.
La princesse le vit songeur. Ce guetteur était si énigmatique et si complexe à la fois. Elle voulait apprendre à le connaître. Il ne se considérait pas comme humain pourtant il en a l'apparence, que pensait-il qu'il était ? Baelfire salua d'un signe de tête l'arbre géant et continua sa route avec Emma, bien conscient qu'elle s'interrogeait à son sujet. En sortant de ses réflexions, Emma ne pouvait s'empêcher d'être impressionnée et était très curieuse de découvrir ce peuple à part. Son sauveur serra davantage sa main et une douce chaleur naquit dans celle-ci. Tout en marchant prudemment, elle examina les alentours avec attention. Face à une telle obscurité, en l'occurrence, elle ne devrait rien voir mais pour une obscure raison, ses yeux voyaient tous dans les détails… Néanmoins, elle se fia à son guide qui semblait connaître le chemin par cœur. Quinze minutes plus tard, Bae s'immobilisa, les sens en alerte. Emma sentit son inquiétude.
« -Qu'y a-t-il ? souffla-t-elle.
-Chut… ne bougez pas », murmura-t-il en passant devant elle et lui servant de bouclier.
Subitement, apparue de nulle part, une silhouette tentait de se dépêtrer de la broussaille. Cette dernière grommela et soupira dès qu'elle réussit à se libérer. Cette voix était familière à la jeune princesse blonde. La silhouette se raidit en se sentant observer et se tourna lentement. Elle sursauta puis lâcha un petit rire nerveux.
« -Belle ? Mais comment est-ce possible ? Comment est-elle parvenue à traverser la lisière de la forêt ? » s'enquit intérieurement Emma, abasourdie.
À suivre…
