Voici enfin le chapitre 4.

Merci pour leur favori à vampirenessi et à

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Disclaimer: Harry Potter, Les Animaux fantastiques et le reste de ce monde merveilleux appartiennent à J.K. Rowling


Chapitre 4 : Roi d'ébène, reine d'ivoire


Du haut de ses onze ans, Aglaé Notaras était agacée, pire, elle était folle de rage. Elle faisait d'ailleurs savoir son état d'esprit à tous ses camarades de dortoir dans une fantastique démonstration de magie instinctive. Ses comparses se seraient toutefois bien passées du froid polaire qui s'était abattu sur leur dortoir ce lundi matin.

L'objet de sa colère reposait dans les mains de la jeune fille. Froissé de toute part, la lettre que son hiboux venait de lui apporter arrivait tout de même à la rendre folle de rage.

Comment sa mère osait-elle ! N'avait-elle donc aucune considération pour les sentiments de sa fille ! Lui annoncer par lettre le très avantageux contrat que lui avait proposé l'un de ses cousins contre une alliance entre Aglaé et son fils ! Cette histoire de mariage la poursuivrait-elle donc jusque au bout ? Il était hors de question qu'elle épouse un homme qu'elle n'aurait pas choisi, elle préférait encore rester vieille fille que de devoir supporter un mari qui ne la verrait que comme un bibelot de plus à ajouter à sa collection.

Elle allait devoir avancer ses projets. Le temps pressait et elle n'aurait pas le luxe de prendre son temps comme elle l'avait d'abord imaginé.

C'est donc de particulièrement mauvaise humeur que la jeune fille se dirigea vers le réfectoire. Comme d'habitude, personne ne s'approcha d'elle et c'est dans un silence pesant qu'elle avala son petit déjeuner. Les autres élèves la dévisageaient en murmurant et se taisaient dès que son regard se posait sur eux.

Son premier cour de la journée était celui de magie noire. Leur professeur, Mr Vulkia, était le frère jumeau du professeur de duel. Le frère et la sœur avaient tous deux un tempérament renfermé et exigeaient de leurs élèves une attention et un investissement exemplaires. Pour le moment, les cours de magie noire se concentraient surtout sur de la théorie. Il leur avait dit lors de leur premier cour qu'ils ne pratiqueraient surement pas plus d'un ou deux sorts lors de leur première année.

Aglaé ne s'en plaignait pas, elle adorait étudier la composition des sorts ou des anciens rituels interdits. La magie de sang en particulier la fascinait, le nombre de rituels ou de sorts pratiqués avec cette discipline la rendait presque extatique. C'était une immense porte qui venait de s'ouvrir devant elle.

Si elle adorait cette matière, le duel lui posait quant à lui quelques problèmes. Aglaé avait beau s'acharner à comprendre tous les rouages de cette discipline, elle finissait toujours étalée au sol. S'il y avait bien une chose qu'elle détestait par-dessus tout c'était de se sentir inférieure, et ses camarades ne se privaient pas de la rabaisser sur sa seule source de faiblesse. Bien sûr, elle aurait pu demander de l'aide à Mme Vulkia, mais Aglaé avait son ego et elle refusait de paraître faible devant son professeur. Le temps lui donna raison car tous les élèves ayant demandés son aide s'étaient retrouvé confrontés aux plus puissants élèves de leurs années le cour suivant. Apparemment, leur estimée professeur considérait que demander de l'aide était contraire aux valeurs des duels et préférait les voir essuyer les défaites en tentant de résoudre leur problèmes seuls que de les voir quémander la solution à ses pieds.

Aglaé se retrouvait donc de nouveau à passer tout son temps libre à la bibliothèque. Cela aurait pu être agréable si Gellert, qu'elle soupçonnait de savoir qui était l'auteur de l'attaque qui avait eu lieu la semaine dernière, n'avait pas passé son temps à l'ignorer où à lui jeter des regards noirs.

C'est sans doute ce manque flagrant d'intérêt qui la poussa à agir, Aglaé avait horreur d'être ignorée. C'est donc très sûre d'elle qu'elle s'installa un soir juste devant lui au lieu de sa place habituelle à quelques tables de là. Il lui jeta un regard sombre et la fixa sans ciller en haussant un sourcil.

-Qu'est-ce que tu veux ?

Aglaé poussa un livre vers lui, le laissant lire le titre sur la couverture. Elle ne manqua pas l'éclat d'intérêt qui s'alluma dans ses yeux.

-Un partenariat, ton aide en duel contre les très intéressants livres que possède ma famille sur ce sujet, déclara-t-elle en désignant le livre.

-Qui te dit que je suis intéressé par ce qu'une gamine comme toi peut me proposer.

Aglaé sourit.

-Tu es encore là, non ?

-Evidemment, c'est ma table.

-Ne fais pas semblant, tu te serais débrouillé pour que je n'y sois pas assise si ça te dérangeait tant que ça.

Il la fixa en silence quelques instants avant de soupirer.

-Soit, en admettant que ce que tu me proposes m'intéresse, qui te dit que j'ai la moindre envie de t'apprendre quoi que ce soit.

-Ca fait des semaines que tu fais des recherches sur ce sujet, vu que tu es toujours là, je suppose que tu n'as pas trouvé ce que tu cherchais. Je t'offre la possibilité de trouver tes réponses quel quelles soient en échange de ton aide en duel, personnellement, je trouve que ce n'est pas cher payé.

-Je reformule, déclara-t-il en la fixant d'un regard si sombre qu'elle en frémit. Qui te dis que j'ai la moindre envie d'apprendre le duel à la gamine qui envoie ses larbins m'attaquer.

Donc il savait, Aglaé avait eu raison en supposant que sa mauvaise humeur n'était pas due qu'au mauvais temps qui s'était abattu sur le château depuis trois jours. Elle lui fit son plus beau sourire et remis quelques mèches de ses cheveux derrière son oreille.

-C'était simplement pour voir si tu étais digne de ta réputation, je n'allais pas juste me fier à des rumeurs.

Il haussa un sourcil, elle avait remarqué qu'il faisait souvent ça en sa présence.

-Et tu tentes souvent d'assassiner les gens pour les tester ?

Il avait un ton ironique mais Aglaé savait reconnaître quand quelqu'un posait une question en ayant un intérêt pour la réponse.

-Les faibles n'ont aucun intérêt, s'ils meurent à cause de si peu, c'est qu'ils ne méritaient pas mon attention.

-Donc pour toi, soit on est digne de ton intérêt, soit on mérite de mourir.

-A quelques exceptions près, mais dans l'idée oui, c'est exactement ça. Je n'ai que faire des inférieurs qui ne savent pas se rendre utiles.

-Tu as conscience qu'il me serait très simple d'aller te dénoncer, n'est-ce pas ?

Aglaé sourit, elle aimait ces joutes verbales où chacun faisait valoir ses arguments pour tenter de dominer l'autre.

-Qui te croirait, les enseignants me mangent tous dans la main.

-Pas Mme Vulkia.

La blonde réfléchit un instant avant d'acquiescer, il avait raison.

-C'est vrai, elle te croirait sans doute, mais ça ne serait pas dans ton intérêt. En m'aidant tu gagnes une alliée, c'est toujours plus utile qu'une ennemie. Surtout si l'alliée en question a des informations utiles, et puis, je te l'ais dit, tant que tu peux m'être utile je considère que ta survie est primordiale.

-Tu crois que j'ai besoin de toi pour me protéger, tu n'arriverais même pas à me désarmer.

Apparemment, elle l'avait vexé. Les hommes et leur orgueil, c'est ce qui les perdrait. Elle soupira et se releva, ramassant son livre au passage.

-Enfin, l'offre est lancée, fais-moi signe si tu es intéressé, je ne suis pas difficile à trouver.

Elle le planta là et se dirigea vers la sortie. Derrière elle, Gellert la fixait de son regard impénétrable.

Il mit presque un mois avant de lui refaire signe, mais Aglaé savait être patiente. Il reviendrait vers elle, il ne pouvait en être autrement. Comme à son habitude quand il s'agissait de lui, il lui fit part de sa décision de la manière la plus incongrue qui soit.

Lors de la cérémonie du choix qui verrait chaque première année ayant passé le test des deux mois, c'est à dire à peu près 23 élèves, se faire attribuer un tuteur plus âgé, Aglaé n'avait toujours pas trouvé chaussure à son pied. Il faut dire que comme personne ne lui parlait, elle aurait eu bien du mal à créer des liens avec qui que ce soit.

Autant dire que lorsque vint son tour, elle s'attendait à ce que personne ne s'avance. Quel ne fut pas sa surprise quand elle vit Grindelwald se désigner d'office, comme si la chose était entendue depuis longtemps. Aglaé aperçut Chloé soupirer et lui jeter un regard désolé à l'autre bout de la salle. Elle ignora l'agaçante troisième année. Elle avait un tuteur, et elle n'aurait pu en imaginer un meilleur.

La jeune fille passa le reste de la cérémonie sur un petit nuage. A l'extérieur, elle affichait un visage inexpressif, mais elle trépignait de joie à l'intérieur. Les choses allaient enfin avancer.

- Suis-moi, lui ordonna-t-il dès qu'on les autorisa à quitter la salle.

Il la guida dans le dédale de couloir jusqu'à arriver dans une aile du château qu'Aglaé n'avait jamais visitée. Elle se situait dans la sixième tour du château, au troisième étage. Il s'arrêta devant deux portes placées l'une en face de l'autre tout au bout d'un long couloir seulement éclairé par de vieilles torches. Il lui attrapa la main, et sans lui demander son avis, l'entailla avec un petit couteau avant de la poser sur la poignée de la porte de gauche. Celle-ci, un bel ouvrage sculpté de bois sombre s'ouvrit pour révéler une chambre simple mais spacieuse.

-C'est ta chambre, l'enchantement est conçu pour ne laisser entrer que toi et ceux que tu y auras invité.

-C'est de la magie de sang, déclara-t-elle, émerveillée, en observant les runes encore rougies qui recouvraient la poignée.

-Couplée à de la magie runique, vous apprendrez ça l'année prochaine, enfin, si tu es assez douée, répondit-il en la fixant avec un petit air arrogant.

Elle ne s'en formalisa pas, elle aurait tout le temps de lui faire comprendre qu'elle ne lui était en rien inférieure plus tard.

-Ma chambre est en face, ne me déranges qu'en cas d'extrême nécessité. Et ne me fait pas honte, ton nom est associé au mien maintenant alors tache d'y faire honneur.

Elle sourit joyeusement et sautilla jusqu'à l'intérieur de ce qui serait maintenant son domaine. Grindelwald resta au niveau de la porte, incapable d'entrer. Aglaé le fixa quelques secondes, lui adressa une moue digne d'une petite fille, avant d'attraper un livre posé dans la bibliothèque et de s'approcher de lui. Apparemment, on avait déjà amené ses affaires dans ses nouveaux quartiers. Elle le lui tendit après quelques secondes d'hésitations.

-C'est le seul que j'ai sur moi pour le moment, j'en récupérerais d'autres lorsque je rentrerais chez moi.

Il saisit le livre avec délicatesse et observa sa couverture avec attention. Grindelwald resta immobile quelques secondes avant de se détourner pour se diriger vers sa chambre.

- Retrouve-moi à sept heures demain soir devant la statue des griffons au deuxième étage, sois à l'heure.

Et il disparut dans son antre sans un regard, laissant sa protégée de l'autre côté du couloir. La jeune fille ferma la porte de sa chambre avec délicatesse avant de permettre à un immense sourire de fleurir sur son visage. Elle menait la partie, tout se déroulait selon ses plans et elle venait de gagner un allié de poids. Qu'aurait-elle pu demander de plus ?

Aglaé se rendit compte le lendemain matin du second avantage que lui offrait la protection de Gellert. Les autres élèves semblaient considérer que le seul fait que Grindelwald s'intéresse à elle soit suffisant à faire d'elle quelqu'un de fréquentable. Elle se retrouva donc à déjeuner en compagnie du petit groupe de Chloé qui faisait comme si de rien n'était. Aglaé s'employa à les ignorer consciencieusement, elle adressa un simple salut à Ekaterina qui était sans doute la seule de toute l'école à ne pas avoir changé de comportement avec elle.

La jeune femme ne lui témoignait jamais qu'une attention limité, elle ne semblait vraiment proche de personne à vrai dire. Elle se contentait d'être là sans vraiment y être. Ses cheveux noirs étaient constamment lâchés dans son dos et lui masquaient presque tout le visage. Seuls ses yeux bleus étaient toujours visibles et ils semblaient comme éteints.

Le second changement dans sa vie fut les cours de duel que lui donnait son protecteur. Si elle avait qualifié le professeur Vulkia d'enseignante exigeante et sévère, elle venait de revoir son jugement. Grindelwald était un tortionnaire qui préférait lui démontrer ses erreurs à coup de sorts dans la figure que par des explications. Mis à part ce léger… détail, il s'était avéré être un enseignant plutôt doué. Aglaé avait fait plus de progrès en une semaine qu'elle n'en avait fait depuis le début de l'année dans le cours de son professeur. Et au contraire du cursus classique, son camarade lui apprenait des sorts assez noirs pour qu'elle soit sûre qu'ils soient illégaux.

En marge de ces cours, ils se retrouvaient toujours à la bibliothèque où Gellert étudiait le livre qu'elle lui avait prêté. Il avait accepté de l'inclure dans son projet quand elle lui avait fait un serment inviolable de ne pas dévoiler le sujet de ses recherches. Elle lui traduisait donc le manuscrit écrit en grec ancien et déchiffrait les annotations en patte de mouches qu'avaient ajoutées ses ancêtres. Elle avait été amusée en trouvant des similitudes entre cette écriture et la calligraphie de son père lorsqu'il lui envoyait des lettres personnelles.

-Pourquoi est-ce que ça t'obsède à ce point ?, lui demanda-t-elle finalement quelques mois plus tard.

Il lui jeta un regard interrogateur tout en continuant à marcher d'un pas vif. Ils se rendaient dans leur chambre après avoir passé leur soirée à s'entrainer au duel.

-Les reliques, s'expliqua-t-elle, pourquoi est-ce qu'elles t'obsèdent à ce point ?

Il l'observa, songeur, avant de daigner lui répondre.

-Celui qui les possède devient le maître de la mort.

-Et alors ? Qu'est-ce que tu feras de ce pouvoir si tu réunis les trois ?

Il lui adressa un de ses sourires arrogants auquel elle avait fini par s'habituer avant de répondre.

-Tu le sauras quand je les aurais réunis.

Elle lui adressa une moue boudeuse avant qu'ils ne se séparent pour rejoindre chacun leur chambre. Elle découvrirait ce qu'il voulait faire de ces reliques, de préférence bien avant qu'elles ne soient en sa possession.

Si au fil des mois, Gellert et elle étaient devenus en quelques sortes des amis, le blond ne partageait pourtant pas ses pensées et ses idées avec elle. La seule raison qui faisait qu'elle était au courant de sa quête des reliques de la mort était le serment qu'elle avait prêté. Si elle s'était pensé secrète au départ, elle se rendait compte que cela n'était rien à côté de tous les mystères qui entouraient le garçon aux yeux vairons.

Il ne parlait jamais de lui ni de sa famille, n'était proche de personne et ne recevait jamais de lettres. Il s'évertuait à repousser tous ceux qui s'approchaient un peu trop de lui avec une délicatesse et une sournoiserie qui aurait pu la rendre jalouse. Malgré sa volonté évidente d'être seul, il attirait pourtant les autres comme la lumière aurait attiré des papillons.

Passer du temps à ses côtés était grisant, il était intelligent, puissant et charismatique. Il aurait facilement pu choisir n'importe quel élève comme pupille mais c'est elle qu'il avait choisi. C'était elle qui avait su attirer l'attention de cet être exceptionnel, c'était encore elle qui passait toutes ses soirées avec lui et jusqu'à maintenant Aglaé était bien la seule qu'il tolérait à ses côtés sans chercher à la repousser. Il l'avait choisie, entre toutes autres c'est sa valeur à elle qu'il avait vu. Peut-être qu'il se servait d'elle pour atteindre ses objectifs, mais elle s'en fichait. Cela voulait juste voulu dire qu'il la considérait comme assez utile pour se servir d'elle. Elle considérait ça comme un honneur alors que beaucoup d'autres l'auraient pris comme une insulte, mais Aglaé n'avait jamais vraiment été une fillette comme les autres.

Ses efforts finirent par payer, cela lui prit un an, mais elle parvint à obtenir la confiance de Grindelwald. Ou du moins elle parvint à le faire parler de ses projets avec elle, Aglaé commençait alors tout juste sa deuxième année. La discussion était partie d'une simple réflexion de la blonde au sujet des moldus.

-Tu ne penses pas que c'est idiot toi ? Enfin je veux dire, nous sommes puissants, nous avons la magie et pourtant nous nous cachons de ceux qui n'ont pas reçus ce don par peur d'être rejeté. Un jour ils finiront bien par l'apprendre et ils attaqueront. Le monde sorcier ne s'en remettra pas, surtout s'ils continuent à développer de telles armes. On devrait leur révéler notre existence tant qu'ont peu encore les contrôler, et les empêcher de continuer à créer leurs armes de destruction massive.

Ils étaient tous les deux installés dans les fauteuils d'une petite salle attenante à leurs quartiers qu'ils avaient réquisitionnés pour leurs recherches quand elles étaient devenues trop sensible pour que la bibliothèque leur serve de repère.

-Je pense que les sorciers ne devraient pas avoir à se cacher des moldus, déclara-t-il prudemment.

-Imagine comme se serait merveilleux si le monde magique dominait celui des non-mages et que nous étions libres de vivre au grand jour. Nos traditions ne risqueraient plus de disparaitre à cause des nés-moldus, les enfants seraient élevés par des familles magiques. Le monde nous appartiendrait, déclara-t-elle avec enthousiasme en faisant de grands gestes, les yeux brillants à l'idée qu'un tel projet puisse un jour se réaliser.

Gellert l'observait gesticuler avec un petit sourire amusé, il laissa même passer un léger rire. Il était rare de voir Aglaé aussi expressive. Elle lui adressa d'ailleurs une moue boudeuse en le voyant faire.

-Ne te moque pas de moi.

-Je ne moque pas, je pense que tu as raison.

-C'est vrai ?, demanda-t-elle avec joie.

-Les sorciers devraient être libres, nous devrions occuper la place qui nous revient de droit. Les règles établies protègent les moldus, mais qui protège les sorciers ? Notre peuple vit caché depuis trop longtemps, nous avons reçus notre magie de la Grande-Mère elle-même, nous ne devrions pas tenter de camoufler le présent qu'elle nous a fait.

Elle le regarda avec un grand sourire, heureuse qu'il partage son opinion.

-Les sorciers sont trop naïfs, ils se voilent la face en pensant que les moldus sont inoffensifs, ajouta-t-elle en venant s'asseoir à côté de lui.

Pour une fois il ne la repoussa pas, il se permit un simple petit rire avant de sortir un médaillon de sous sa chemise et de lui tendre. Elle lui jeta un regard perplexe. Elle connaissait les symboles des reliques de la mort, qu'il arbore un collier à leur effigie ne l'avançait pas beaucoup.

-Il appartenait à ma mère, c'est la seule chose qu'il me reste d'elle.

Aglaé prit le bijou entre ses doigts et l'observa avec attention. Il n'avait rien de spécial, c'était un simple médaillon argenté comme tous les autres.

-Il est en argent, elle l'a fait forger par les gobelins.

La blonde ne lui posa pas de question sur sa mère. Il ne lui aurait pas répondu et elle ne voulait pas briser la magie du moment en le mettant de mauvaise humeur.

-Le maître de la mort est immortel, et il faudra un chef pour gouverner ce monde où les sorciers seront libres.

-Et tu comptes être ce chef qui mènera notre monde à la postérité ? Ce n'est pas un peu orgueilleux ?

-L'orgueil n'existe pas, c'est une invention de ceux qui ne savent pas ce qu'ils valent. Les sorciers ont besoin d'un leader qui les rassemble, quelqu'un qu'ils pourront suivre sans crainte. Pourquoi ne pourrais-je pas être ce leader ? Les reliques sont un symbole de puissance, celui qui les possédera deviendra un guide pour les nôtres.

La jeune fille lui adressa un immense sourire.

-Et tu me laisseras une place dans ton nouveau monde, demanda-t-elle avec amusement.

-Peut-être, je te laisserais être mon homme de main, se moqua-t-il gentiment en lui adressant un sourire narquois.

Elle lui rendit une moue boudeuse.

-Je ne serais pas ton homme de main, je serais ta reine.

Il éclata de rire devant l'arrogance de la jeune fille. Elle se leva, insensible au rire de son ami et se dirigea vers la porte qui menait à sa chambre. A mis chemin, elle fit demi-tour et embrassa la joue du garçon avant qu'il n'ait eu le temps de réagir.

-Ne te moques pas, je serais ta reine et tu seras mon roi, personne ne peut lutter contre ce qui est écrit. Les visions ne mentent jamais, déclara-t-elle avant de disparaître non sans lui avoir adressé un sourire amusé.