Courir. Sentir la terre dévalée sous mes pattes, les rayons de lune s'accrochés à ma fourrure et le vent m'enveloppée toute entière. Courir de plus en plus vite, comme si je pouvais fuir et revivre. Courir au milieu des odeurs des bois et d'hommes. D'hommes? Qui serait assez idiot pour venir sur mes terres une nuit de pleine lune? La meute est loin, comme à mon habitude j'ai préféré partir de mon côté. Faisant à peine acte de présence. J'arrête donc ma course pour suivre l'odeur. Progressivement, celle du sang s'y mêle. J'accélère, si la meute le trouve en premier, il est mort. Ces barbares vont le réduire en morceau. Il est là, contre un arbre, inconscient et couvert de sang. Après quelques minutes d'efforts, je réussis à le glisser sur mon dos et me rendre chez moi. Le «campement» est vide et c'est pour le mieux. Je me présente devant ma porte et lui demande mentalement de s'ouvrir. Une fois dans le salon, je laisse mon passager sur le plancher et redeviens humaine.

J'étais entrain de le nettoyer, quand il m'a agrippé le bras. Tout c'est passer si vite, après se brusque réveil, il est mort. Je veux dire littéralement et j'ai tout fait pour le ramener... maintenant il dort dans mon lit. Je prends le temps de l'observé avant de sortir, faisant abstraction des blessures. Des cheveux auburn cours indisciplinés, une peau pâle du genre à ne pas voir beaucoup de soleil, une mâchoire carré et des lèvres charnues. Des muscles discrets habitué à porter des livres si je me fis à son odeur de papier, de poussière et de cire. Un habitué des bibliothèques avec des yeux de ma couleur préférée, vert clair.

Le soleil a prit la place de la lune depuis un bon moment déjà et la fatigue me rattrape. Au moment où je glissais enfin dans le sommeil, ma sonnerie emplie la pièce. Un appel de mon père, je place donc mes écouteurs à leur place et me prépare à lui répondre par écris (c'est plus simple que les appels vidéo).

- Salut chérie, tu vas bien? Je te dérange?

- «Bonjour papa, tu ne me dérange jamais. Je vais bien, toi?»

- Bien, très bien... J'ai trouvé un acheteur. Il comprend ta situation et consent à faire un échange, mais puisque tes terres valent plus que les siennes, il te paiera la différence... tu pourras vivre en ville dans une meute urbaine si tu le veux. T'acheter un petit terrain ou un moyen et louer les terres. Vivre loin d'eux... Tu te rends compte ma chérie? Ton enfer est presque fini!

- «Quand?»

- Tu pourras partir après que la meute sois partie pour son campement d'hiver. Tu as jusqu'à là pour faire un choix, je m'arrangerais pour que tout sois prêt.

- «Merci papa! Merci infiniment.»

- C'est le moins que je puisse faire... sinon du nouveau? Tu as été courir hier? Ici on a eu le droit à un ciel magnifique.

- *Hésite* «Oui, ici aussi le ciel était beau.»

- Isil, qu'est-ce que tu ne me dis pas? Je te connais ma chérie.

- «J'ai trouvé un homme dans les bois, blessé. D'après les odeurs et les traces, il s'est fait battre et laisser pour mort sur le territoire d'une meute sauvage réputé barbare...»

- Les humains sont parfois plus sauvage que nous... tu en as fait quoi?

- «Il est dans mon lit.»

- Quoi?! Quelqu'un t'a vu? T'as couvert tes traces? Tu aurais du le laisser mourir, ne te met plus en danger pour des inconnus...

- «C'est ma louve qui l'a trouvé. C'est elle qui a choisie de l'aider, elle y tiens mordicus.» «J'y peux rien.»

- Garde-le chez toi, quand je vais venir pour ton déménagement, nous aviserons. Je dois te laisser ma chérie. Sois prudente.

- «Au revoir papa, ne t'inquiète pas pour moi. Je vais bien. Je t'aime.»

- Moi aussi chérie.

La voix joyeuse de mon père est remplacée par la tonalité. Les larmes dévalent mes joues. Des larmes d'espoir et de solitude. Je me couche sur mon divan pour rattraper mon sommeil et je sombre vite. Mon père ne rappellera pas, nous limitons nos contacts. Ma maison est peut-être protégée par une puissante magie, mais il reste encore du danger. Si la meute apprend que je n'ai pas coupé les ponts avec le traitre... et j'ai quelqu'un à protéger maintenant... non, hors de question de tout faire échoué si près de la liberté. Papa a travaillé d'arrache pied pour me sortir de là et finalement je vais pouvoir dire adieux à ces monstres... après dix ans de tortures et de violences.

Oui, pour la meute, mon père est un traitre. Mais dans les faits, c'est eux les traitres... Papa était l'Alpha, la meute était grande et prospère, mais la plupart des membres rêvait de la ville. Passer de la meute sauvage à la meute urbaine dans l'un des parcs prévus à cet effet. Papa était du même avis. Alors quand est venu le temps du déménagement, les membres dissidents ont assassiné la presque totalité de leurs opposants et ils auraient continués, si je ne m'aurais pas interposé. Le titre de propriété m'a été transmit et je suis resté avec eux. Plus comme otage et souffre douleur que comme membre. Ils me traitent en paria ou m'ignore la plupart du temps. Maintenant la meute est presque dissoute, ceux qui ne nous était pas lier par le sang on préféré se réfugier chez de la famille et dans d'autres meutes. Il ne reste plus que quelques frères et sœurs de papa, les célibataires et ceux que leur conjoints n'ont pas réussit à convaincre de partir. La famille de maman ne nous parlait plus déjà avant le drame, ils n'ont jamais approuvé le mariage.

Si les meutes urbaine (ceux qui vivent en ville) et sauvages (ceux qui vivent dans les bois, divisé en sous-catégories : sédentaire, semi-sédentaire et nomade) représente la majorité de notre race, il y a aussi les meutes nobles (pas de sang noble, mais riche et avec une mentalité typique). Plus rare, plus riche, plus influente, plus puissante. La meute de ma mère était «noble» et celle de mon père sauvage nomade. Ils se sont rencontrer et imprégner sur un coup du destin, puis vient le mariage et nous sommes devenus une honte pour la famille. Nous avons été reniés.

Quand grand-père est mort (l'ancien Alpha) c'est papa qui a reçut le titre, mais il avait trois ans, alors son frère ainé et sa mère ont dirigés plusieurs années. À sa majorité, il a repris le contrôle et a instauré plus de stabilité à la meute... après son mariage, nous sommes devenus semi-sédentaire, c'est-à-dire que nous avons un camp d'été et un camp d'hiver. Maman avait une petite fortune et à acheté deux terrains parfaitement bien situé. Toute la meute était ravie et a prospéré, tellement, qu'elle s'est endetté et a du vendre le terrain d'hiver (depuis nous en louons un). Quelque années plus tard, la meute vieillissante et subissant un exode a voulu changer, devenir urbaine...

Outre le mariage de maman (qui a fait scandale) celui de mon frère a été pire... mon beau-frère n'est même pas lycan. Un Orque. Nous sommes divisés en plusieurs races humanoïdes : les lycans, les sirènes, les zombies, les vampyrs, les sorciers, les orques, les elfes, les humains et les hybrides, qui regroupent plusieurs race comme les hommes-lézard, les hommes-arbre, les nagas, les centaures, les minotaures, etc. Mon frère jumeau (Firiel) s'est donc imprégné d'un orque. Une race super résistante souvent discriminée. On pense à tord qu'ils ont une intelligence réduite et n'obéissent qu'à leurs désirs. D'une part c'est dû à leurs apparence (de grandes masses de muscles avec de petites tête pour la plupart), mais aussi parce qu'ils ne sont pas bavards et grogne la plupart du temps, mais c'est tout le contraire, ils sont seulement difficile d'approche... et ils ont un humour douteux. Gunt a rejoins notre famille et mes parents l'ont accueillit chaleureusement, je pourrais même dire que papa et lui sont devenu amis. Ils le sont encore aujourd'hui, même après la mort de mon frère.

Firiel était le prochain Alpha et il était du genre parfait, un vrai cliché, mais je l'adorais... Quand la meute s'est divisée et que j'ai du resté, il a enchanté ma maison. Un sort de protection surpuissant qui empêche tout le monde d'entrer si je ne les y autorise pas, (et qui me permet d'ouvrir portes et fenêtre par la pensé, il garde aussi la maison propre). Chaque fois que quelqu'un veut entrer, je dois l'y invité, sauf s'il est né dans la maison... Le sort à gagné en puissance à la mort de mon frère (cancer) et il est maintenant immuable, absolu.

Le nouvel Alpha en plus d'être violent et sanguinaire, est amoureux de moi. Une fois semaine, l'Alpha me fait venir pour me «prouver son amour», cela consiste normalement en des soirées sur le sofa et des repas en tête à tête. Ses mains se font souvent baladeuse et je n'ai pas réellement le choix de lui répondre (sinon je serrai en danger), mais il ne va pas plus loin. Je veux dire qu'il ne me prend pas... plus. La première fois, il m'a prise de force et depuis il fait tout pour se racheté... il attend que je sois prête (se qui n'arrivera pas). Il espère ainsi que nos âmes se lierons... si cela arrive je n'aurais plus aucune échappatoire, sauf le suicide.

J'ignore pourquoi il tien tant à ce que je sois à lui... outre le fait que tout ce qui m'appartient sera à aussi a lui. Il peut avoir toutes les filles qu'il veut et il s'acharne sur moi. Comme si il avait des chances que je tombe amoureuse de lui après tout ça... Un jour il m'a confié, qu'il me voulait depuis tout petit... que j'étais la plus belle femme pour lui et que ma louve était encore plus belle. J'ai bien ri, il a des gouts douteux. Je ne suis pas grande, mon corps n'est pas voluptueux, mes cheveux noirs et raides ne sont pas sublimes, mes yeux turquoise ne sont pas profonds et mon visage est simple et rond... je n'ai rien du top modèle et ma louve est tout aussi ordinaire. C'est vrai que mon poil et mes yeux ont des couleurs plutôt rares, mais ce n'est pas un critère normalement.

Parfois, quand je sors de chez-lui des loups me prennent appart et me battent... parfois des hommes pour s'amuser, parfois des femmes par jalousie. J'en reviens généralement blessée et au bord de la mort. Je passe tout mon temps enfermée dans ma maison, seule, sur internet à lire ou écouter des séries.

Trois jours qu'il dort. Mon quotidien n'a presque pas changé. D'ailleurs, en se moment, je regarde un animé louche...quand ma louve se met à s'agitée. L'homme est réveillé. Je vais donc dans ma chambre et le trouve paniqué et désorienté. D'abord le calmé. Je place les mains sur ses épaules pour le recoucher et attend. Une fois calme, je tente ma chance et signe «me comprends-tu?». Je sens de la magie sortir de lui et il me fait signe que oui. Bien, pas un humain, mais un sorcier... c'est bien ma chance.

- Tu peux m'expliquer, demande-t-il faiblement?

- «J'ignore ce que tu as fait, mais quelqu'un voulais ta mort... je t'ai soigné. C'est tout ce que je sais.»

- Merci... tu... je... où sommes-nous et combien de temps j'ai dormis?

- «Tu as dormis trois jours... le reste n'est pas important. Sache seulement que tu ne pourras pas sortir d'ici pour au moins encore cinq mois, sinon la meute te tuera.»

- Des loups? Prévisible.

- «Je ne te demanderai pas d'explications, mais si tu parle je ne t'arrêterais pas. Je ne suis pas du genre à pauser des questions. Je ne te raconterais ni mes problèmes, ni ma vie. Maintenant, repose-toi.»

- Attend, tu peux me dire ton nom? Je suis Noah...

- «Isil.»

Je suis sorti, pour préparer le repas et nous n'avons rien dit d'autre de la journée. Le lendemain par contre... le matin le bras droit de l'Alpha est venu me chercher et je suis rentrée (sur mes jambes pour une fois) amochée. Le sorcier m'a posé des questions, mais je n'ai pas répondu et changer le sujet. Je sais maintenant qu'il est étudiant en magie dans une université réputée et dans son année sabbatique rituelle avant d'entamer la dernière année... qu'il avait déjà fait trois thèses sur les cinq obligatoires pour avoir le titre de sage (pour avoir le titre, en plus des thèses, il faut avoir fini le plus haut niveau d'éducation possible – équivalent de deux doctorats- et avoir réussis un examen) : sur la magie de protection lycan, sur les tribus zombies sédentaire et sur les chants des sirènes citadines. Qu'il n'avait pas encore trouvé le sujet de la prochaine et encore moins celui de la dernière. Il ne s'était pas encore spécialisé. Que tout ça l'angoissait.

J'ai pu le constaté, il parle beaucoup. Comme tout homme de lettre... mais lui n'est ni arrogant, ni suffisant. Il est sympathique. Six semaines sont passées et nous avons discuté tous les jours. Je me rapproche de lui et cela m'effraie. Ma louve, elle est insistante, elle veut que je fasse le premier pas, que je me déclare, parce que oui pour elle c'est de l'amour... pour moi c'est encore flou et confus, mais j'ai appris à lui faire confiance. Je prends donc mon courage à deux mains et en lui apportant son repas je m'assis à ses cotés... il est toujours clouer au lit principalement à cause d'une carence en magie, mais aucunes de ses autres blessures ne sont complètement guéries.

Les lycans sont un peuple simple, taciturne... ils parlent plus avec des gestes qu'avec des mots. Des gestes souvent tiré des vrais loups et adapté à nous. Et comme je suis muette et que je tremble, je me rabats sur se moyen. Choisissant quelque chose de simple et clair. Je m'approche donc et pose une main sur sa joue en faisant passer tout mon amour (celui que ma louve est sure que je ressens) par mes yeux. Je suis terrifiée.

Cela n'a pas l'effet espéré. Il frappe ma main avec un «Ne me touche pas» rageur. Mon cœur se fissure. Ma Louve veut que je me batte, que je l'embrasse. Alors je remets ma main et m'approche. Même réaction. Pire. Je me lève et retourne au salon, pendant que la louve en moi se débat pour que j'insiste.

Les jours suivants sont silencieux. Il ne parle pas. Je l'évite, me contentant de posé ses repas près de lui et de sortir. Je me sens encore plus seule qu'avant. Plus triste. Plus morne. Le temps passe et les jours deviennent des semaines, puis des mois et rien ne change. Ni mieux, ni pire. Jusqu'à la dernière pleine lune avant le départ. Quelques jours avant, j'ai été «invité» chez l'Alpha et en suis revenue presque morte. On m'a laissé devant ma porte et j'ai du rampé à l'intérieur, jusque dans un placard (je me sens mieux dans un endroit étroit quand je suis si faible).