Le chemin n'a pas été simple et je me suis fait des ennemis. Encore du à mes choix. C'est comme ça que je me suis réveiller chez-elle. Au milieu d'un camp lycan. Blessé et faible. Incapable de bouger seul. Avec de vague souvenir de cette maudite ruelle et des lâches qui m'y attendaient. Toute ma vie, des gens m'ont prit en pitié... et je les ai en horreur. Alors, quand elle ma regardé avec cette pitié dans les yeux, voulant me réconforté. J'ai ressenti une telle rage... Pire, quand elle a essayé de me prendre dans ses bras... Je n'ai pas besoin de ça.

Notre amitié naissante est morte et je m'en veux. Cela fait des mois qu'elle reste loin, seule dans son coin. La solitude m'étouffe, alors je passe le temps avec des exercices pour retrouver ma mobilité. Mes forces reviennent et je remarche. C'est bancal, mais je me sens mieux. Un matin, comme cela arrive au moins une fois semaine, on frappe à la porte... violemment. Ce sont ses seules sorties et généralement, elle en revient blessée.

Elle n'est rentrée que très tard et n'a même pas remarquer ma présence au salon. Mais je comprends, elle était presque morte. Rampant jusqu'à un placard, laissant une trainé de sang derrière elle (qui se nettoyait par magie)... J'ai bien essayé de l'aider, mais un champ de force la protégeait. Je me suis donc résigné à attendre son réveil.

Deux jours, elle n'a pas encore bougé. Ce soir c'est la pleine lune et je sais que ses rayons ont des propriétés soignantes pour les lycans, mais dans ce placard aucune chance qu'un rayon ne la touche et je ne peux pas la déplacé. Impuissant devant ce problème, je vais me couché tôt. Cela ne fait pas deux heures que la lune est levé qu'un changement dans la pièce me réveil. Elle est là. Enfin pas elle, mais sa louve et je n'ai jamais vu de loup pareil. Une fourrure blanche iridescente, accrochant les rayons et les renvoyant dans des tentes bleutées et violacées... ainsi que des améthystes profondes et pures en guise d'iris. Une louve féérique, mythique. Magnifique. Elle est monté sur le lit (c'est la que les rayons arrivent par un puits de lumière) et se tien près de moi. S'approche. Je crains un peu pour la suite, mais tout se qu'elle fait c'est venir coller sa joue contre la mienne en... ronronnant? J'ignorais qu'ils pouvaient faire cela. Mais ce geste emplie de pitié fait encore une fois remonté ma rage, alors je la pousse. Elle recommence et je la pousse encore. Têtue, elle revient à la charge et grogne quand j'essaie de bouger... nous restons donc complètement immobile. Jusqu'à ce qu'elle enfouisse sont nez dans mon cou et qu'ensuite elle recule.

J'ignore quand je me suis endormi, mais je me suis réveiller au milieu de la nuit, avec une louve en travers des jambes... et encore une fois au matin, mais cette fois avec une femme. Une femme magnifique, qui n'a rien en envié à la créature d'hier. De longs cheveux noirs doux comme la soie, un visage pur et franc, des yeux turquoises comme la mer (même si cachés en ce moment) et un corps... une peau de lait avec des courbes légères et le tout d'une douceur (malgré les cicatrices)...

Elle s'agite dans son sommeil et fini pas ouvrir les yeux. La blancheur de sa peau fait place à un adorable rosé. Elle était à moitié sur moi et gênée elle se recule, tremblant des excuses. Ses doigts s'emmêlant. Adorable. Elle s'éloigne et passe un peignoir, ce qui cache une bonne partie de cette peau que j'aurai aimé continuer d'étudier. Je m'assois, le dos contre la tête du lit capitonnée. Avec une petite courbette, elle s'excuse et se dirige vers la porte. J'ai bien conscience que si je la laisse sortir maintenant, je la perdrais...

- Attend, dis-je précipitamment. Je voudrais m'excusé.

- «Pourquoi?»

- De t'avoir repoussé, c'est que voir toute cette pitié dans tes yeux... cela m'a mit en rage.

- «De la pitié?» *confuse* «Qu'elle pitié?» «Quand?»

- Quand tu as pris ma joue... euh... Quand je t'ai repoussé.

- *Écarquillant les yeux* «Tu as pris cela pour de la pitié?»

- Ce n'en était pas?

- *Secoue la tête* «C'est mon erreur, je pensais être claire...» «Vois-tu, mon espèce utilise beaucoup le contact physique et les gestes pour communiquer... les loups ne parle pas et cela se répercute sur nous et nous rend taciturne...» «Nous n'avons pas de geste pour la pitié.»

Elle semble batailler contre elle-même un instant avant de revenir près de moi dans le lit. Elle refait le même geste qui m'avait mit en rage et plonge ses turquoises pailleté de violet dans mes yeux... Cela ne dure pas longtemps, elle retire sa main gênée et évite mon regard quelques instants avant de soupirer.

- «Je ne pourrais pas garder le contrôle encore longtemps.» «Que sais-tu de l'imprégnation?»

- Pas grand-chose malheureusement, c'est un genre de lien entre lycan plus fort que le mariage... en rapport avec un... marquage?

- *hoche la tête* «Oui, mais pas que.» «C'est compliquer et je n'ai pas le temps de tout t'expliquer, mais si je te mords... mords-moi.» *fait une grimasse* «Nous aurons alors une chance sur deux de nous imprégné... si tu sens la louve, ne la repousse pas, sinon oublie tout ça.»

- Si je sens la louve? Isil?

- ...

- Isil?

Elle est figée et regarde le matelas avant de se raidir une seconde. Ses lèvres s'étirent en un sourire carnassier, prédateur. Toujours en évitant mon regard, elle enfouie sa tête dans mon coup et y dépose des baisers humides, pour enfin venir s'assoir sur moi, une jambe de chaque côtés. Continuant ses baisers, elle remonte vers ma mâchoire jusqu'à mes lèvres. Ce baiser là est chargé de non-dit. Malgré mes choix, mon passé et mon instruction je reste un faible homme... qui ne résiste pas devant une aussi belle femme. On se sépare pour reprendre nos souffles et c'est là que je remarque les améthystes... c'est la louve qui à le contrôle et je ne m'y connais peut-être pas assez en lycan, mais je sais que cela ne devrait pas pouvoir arriver... Je suis vite déconcentrer. La louve colle sa joue à la mienne comme elle l'a fait cette nuit et elle semble attendre quelque chose. Sans tout à fait comprendre, je réponds à son geste et elle ronronne avant de coller sa poitrine à mon t-shirt, laissant passant ses mains dans mes cheveux et reprenant possession de mes lèvres. Tout l'air de mes pommons disparait quand ses doigts glacés entrent en contact avec la peau sensible de ma nuque.

Nous continuons se manège un moment, jusqu'à ce que je sente ses dents entailler la chair de mon épaule... me rappelant de ce qu'Isil m'a dit, je la mords à mon tour... à la naissance du cou. Je sens aussitôt une présence à la limite de ma conscience. Je me retiens d'ériger des barrières et suis les conseils d'Isil... je la laisse entrer. À ce moment, comprenant ce qui c'était passé, nous avons arrêté tout mouvement et elle s'est éloigné, allant s'assoir sur un coin du lit... évitant mon regard.

Un jour un lycan que j'avais interrogé pour ma thèse m'avait décrit la sensation de partager sa tête avec un loup. Il m'avait dit d'imaginer une grande pièce avec une simple cage et à l'intérieur un loup, se tenant devant un homme... parfois l'inverse... et bien maintenant, je sais ce qu'il voulait dire. Là ou avant il n'y avait rien se trouve maintenant une louve blanche. Je ne visualise pas la pièce, ni la cage, mais je sens sa présence dans mon esprit avec celle d'Isil. Je n'entends pas ses pensés, mais je ressens le tourbillon d'émotions qui la traverse et cela doit aller dans les deux sens...

Une chance sur deux. Nous nous sommes imprégnés, sans mettre au clair nos sentiments... je ne sais même pas ce que ce geste signifie... ni ce que je ressens pour elle. Même si j'en eu ai une bonne idée ces dernier jours, quand j'ai eu peur de la perdre... Panique. Mon cœur en est envahi, mais ce n'est pas la mienne. Un coup d'œil à la femme près de moi me le confirme, la louve à cédé le contrôle et Isil panique. Je place mes mains sur ses épaules et tente de la calmé. Ça fonctionne, mais pas totalement.

- «Je suis désolée»

- Pourquoi? L'imprégnation? Ce n'est pas ta faute... Dis-moi plutôt, les gestes que vous avez faits, ils signifient quoi.

- *rougis* «C'était...» «...des déclarations...» *hésite* «...d'amour.»

- Oh...

- «Je suis désolée.» «Si... tu ne veux pas de nous, tu peux toujours refuser l'imprégnation... tu n'as qu'à ne pas nommé ma louve et nous rejeté...» *tremble*

Encore une fois, je ne connais peut-être pas assez son peuple, mais cela je le sais... j'ai rencontré un lycan à qui c'était arriver. Le rejet de l'imprégnation est rare chez les couples lycan, mais pas avec un partenaire d'une autre race... Pour un lycan ce refus est synonyme de suicide, un mort lente et humiliante... Je dois donc prendre une décision... un choix qui va changer nos vies ou les détruire. Encore un choix qui n'en est pas un, parce que ma décision était déjà prise avant qu'elle ne propose ce sacrifice...

- Opale, dis-je sans une once d'hésitation.

- «Opale?»

- C'est le nom que je lui donne.

La surprise est telle que pendant une fraction de seconde il n'y avait plus personne aux commandes, privant ses iris de toute couleur. Des émotions confuses et surprises me parviennent en vrac, elles émanent autant d'Isil que d'Opale. J'y coupe cours en imitant le fameux geste qui à tout déclenché... ses (leurs) yeux se remplissent de larme et un grand soulagement les envahi. Nous envahi. Je la prends dans mes bras et enfoui mon nez dans ses cheveux, elle fait de même.

Nous avons parlé le reste de la matinée, jusqu'à ce que j'évoque le déménagement futur et la possibilité (nécessité) pour elle de venir vivre avec moi à la capitale.