Chapitre 3 : Rien que la Vérité ?


Bonsoir spectateurs, comment vous sentez vous aujourd'hui ?

Moi, je me sens bien.

Dans ce chapitre, nous allons avoir un petit moment tranquille entre les trois figures importantes de ce conte.

Un petit moment pour échanger leur divergences et leur points communs.

Car si elles veulent résoudre cette enquête, elles vont devoir rester souder.

Sinon, elles périront sans même avoir le temps de s'en rendre compte.


France; Paris; 8e Arrondissement; Métro


L'odeur de pisse constante hante cette rame de métro depuis dieu sait combien de temps.

Les Trois Stooges l'ont pris à l'Opéra pour se rendre à Parmentier qui sera leur première destination.

J'espère ne pas m'être trompé, je ne suis pas un grand connaisseur de Paris.

Je me trouve dans le Grand Est pour mes fans qui souhaiteraient avoir un début de piste quand à comment me retrouver.

Dans le wagon où elles se trouvent, il y a peu de monde mais pourtant du bruit arrive quand même à s'y faire entendre.

Une vieille dame vêtue d'un gros manteau ronfle fortement sur la rangée de sièges devant elles, rentrant en apnée assez fréquemment.

Une jeune femme basanée sur leur droite tente de s'occuper de son bébé dans sa poussette pour qu'il arrête de brailler, sans grand succès.

Un homme pauvrement vêtu sur leur gauche joue à la guitare "Livin' La Vida Loca" de Ricky Martin en chantant avec un fort accent roumain.

Je vous laisse combiner tout ça pour avoir une bonne mixture sonore.

Faisons le vide au fond de nous afin de percevoir ce que font celles qui nous intéressent.

Masumi reste concentrée sur ce qui est le plus important pour elle, à savoir retrouver la trace de son partenaire d'enquête et amour, tout en ne sachant pas si il est encore vivant, surtout quand on sait ce qui est arrivé à Ran. Malgré tout, elle maintient cette lueur d'espoir à l'air libre afin d'éviter qu'elle ne s'étouffe.

Shiho est bien plus préoccupée par certains éléments qui ne concordent pas sur tout ce qu'elle a vu jusqu'à présent que au fait de connaître le sort de Lucy qui rappelons le, était la personne à ses cotés quand on s'en est pris à elle. S'en soucier au moins un minimum, ce serait sympa, non ?

Damien... Hé bien il fait du Damien.

Damien : Ça veut dire ?

Tu es en train de mater en streaming "Scooby-Doo sur l'île aux zombies" sur ton phone.

Damien : Oui ben j'en ai le droit !

Shiho : Tu as un ami imaginaire ?

Damien : On peut dire ça, même s'il n'est pas très amicale.

Pourquoi je l'ai inclus dans cette FIC déjà ?

Damien : Comme je ne peux pas être sur mon téléphone, on va discuter un peu. C'est quoi votre animal de compagnie préféré ?

Masumi : Les Chats.

Shiho : Le Rat.

Masumi : Des rats !?

Shiho : Ils sont sociales, intelligents et mignons avec leur petits yeux noirs. C'est d'ailleurs pour ça que j'utilise plutôt les souris et humains pour mes expériences.

Masumi : OK... Moi j'ai toujours été chat, je ne sais pas pourquoi !

Elle se met à sourire en fermant les yeux et révélant sa fière canine.

Shiho : Et toi Damien ?

Damien : Je suis plus Chiens, car ils m'obéissent au doigt et à l'œil, comme mes Disciples.

Racaille 1 : Wesch m'dame ! T'baises ou bien !?

Racaille 2 : Vas y réponds vite bouffonne va !

La Fille aux cheveux auburn se tourne vers eux, comprenant qu'on lui parle à elle et pas à une autre personne dans ce wagon.

Elle soupire en voyant ces types, qu'elle n'avait pas remarqué jusque là, se sentir supérieurs à elle avec leur fringues achetés chez Lidl.

Elle s'apprête déjà à leur apprendre la politesse d'une façon plutôt violente, mais sa voisine de droite est plus rapide pour le faire.

Cette dernière assène un violent coup du pied droit dans le mec de droite qui vient s'écraser contre son genou, puis avec son autre pied elle le repousse jusqu'à son pote pour qu'il le fasse tomber et qu'ils finissent tous les deux à terre en même pas deux secondes. Après cette soudaine déculottée, ils se relèvent en vitesse et rangent leur testicules pour repartir la queue entre les jambes.

Shiho est impressionnée par l'action de Masumi, ce qui se voit pour une fois sur son visage.

Shiho : Bien jouée, même si j'aurais pu m'en débarrasser moi même de ces deux nuls.

Masumi : Je voulais éviter qu'ils meurent. Ils n'auraient pas mérité un tel sort.

Shiho : Je n'allais pas les tuer tu sais ?

Masumi : J'ai dû mal à te croire.

Shiho : Tout ça parce que j'ai tué ces gendarmes par erreur avec sang froid, donc pour toi, je tue tout le monde sans réfléchir.

Masumi : C'est bien l'impression que ça me donne.

Shiho : Moi qui croyais que tu arriverais à comprendre ma situation, mais ton cerveau doit être bloqué sur arrêt.

Masumi : Si Shinichi était là, il t'aurait déjà arrêté.

Shiho : De un, je l'emmerde ce Shinichi. Et de deux, je lui aurais brisé ses jambes avant qu'il ne puisse me mettre dans une cellule.

Masumi : Qu'est ce que tu dis !?

Damien : Si vous ne vous calmez pas tout de suite, je vous crame toutes les deux !

Les yeux du démon prennent une tournure rouge, ce qui semble envoûter d'une certaine façon Masumi mais pas Shiho.

Damien : Tu feras la paix avec Shiho.

Masumi : Je ferai la paix avec Shiho.

Damien : Quand l'enquête sera finie, tu me feras une petite pipe.

Masumi : Quand l'enquête sera finie, je te ferai une petite pipe.

Shiho : C'est quoi ça ?

Damien : Mon pouvoir de persuasion. Il ne marche que sur les êtres vivants, et comme tu ne l'es vraiment, je l'ai senti, ça ne marche pas sur toi.

Shiho : D'accord. Par contre, la pipe t'étais franchement pas obligé.

Damien : Si le reste de l'enquête se passe sans chamaillerie, je l'annulerai.

L'hypnotisée retrouve ses esprits et sent au fond d'elle qu'il faut laisser une chance à son interlocutrice, sans savoir pourquoi.

Elle baisse donc d'un ton et essaye d'être à nouveau souriante, comme on a l'habitude avec elle.

Masumi : Shinichi croit que la Vérité doit toujours être révélée à la fin d'une enquête, même si le coupable n'est pas une mauvaise personne, et il empêchera toujours le meurtrier de se suicider. Pour lui, tout crime doit être jugé par la Loi.

Shiho : On serait dans le monde des Bisounours, pourquoi pas, mais ce n'est pas le cas et donc je suis en désaccord avec sa façon de penser.

Masumi : De mon coté, je suis mitigée. Je t'en pris, tu peux détailler ton propos.

Shiho : L'Injustice règne en ce monde. Des Dictateurs, des Politiques, des Patrons de grosses entreprises et un tas d'autres Ordures bons pour la Poubelle restent tranquille jusqu'à leur Morts alors qu'ils ont commis des Atrocités dans leur Vie. Personne ne fait rien pour les coincer car ça dérangerait ceux en place au pouvoir, donc après tu veux mettre en prison la personne qui a osé essayé d'apporter la Justice de son coté ?

Masumi : Ça me rappelle quelque chose ce dont tu parles.

Shiho : Le Crime de l'Orient-Express. Agatha Christie. 1934.

Masumi : Ah c'est vrai que j'ai vu le dernier film dessus, celui avec Kenneth Branagh.

Shiho : Dedans, douze personnes s'allient pour assassiner ensemble un type qui a causé tant de mal à eux sans passer par la case prison, en lui plantant chacun un coup de couteau afin que l'on ne puisse pas savoir lequel a été fatal. A la fin, Hercule Poirot et ses deux alliés se rendent compte qu'aucun d'entre eux ne mériterait de payer pour ce crime et choisissent de dire que celui ci a été commis par un étranger qui a fait le coup pour des raisons inconnues.

Masumi : Je vois. Shinichi est un grand fan de Sherlock Holmes. J'en ai jamais lu donc je ne sais pas comment ça se passe pour ce personnage.

Shiho : J'en ai lu. Pour lui, c'est l'enquête qui prime, pas la vérité. Donc si la victime était un salopard impuni et le coupable à un pauvre bougre, soit Sherlock le laissait partir et falsifiait le résultat de l'enquête, soit il attendait le lendemain pour dire la vérité à Lestrade afin de laisser le temps au type de se barrer à l'étranger.

Masumi : D'accord, donc ce principe de vérité est un truc que Shinichi a instauré tout seul.

Shiho : C'est un principe foireux.

Masumi : Pourquoi ?

Shiho : Si un type sordide venait chez toi pour demander où se trouve un ami à toi et que ce dernier se planque chez toi, tu lui dirais la vérité ?

Masumi : Non, surement pas !

Shiho : Et puis il y aussi l'exemple des Juifs lors de la Seconde Guerre Mondiale. Je pense que le bilan des victimes aurait été vachement pire si tout le monde les avaient dénoncé au moindre Boche de passage.

Masumi : C'est vrai que ces contre exemples sont percutants.

Shiho : La Philosophie, ça t'apprend pas mal de chose, même si moi c'est la Science qui m'a le plus attiré. Tout ça pour dire que la Vérité n'est pas si simple que ça. Et parfois mentir apporte de meilleures conséquences que de répandre le vrai.

Masumi : C'est bien plus proche de la façon de penser de Shu-nii et Maman.

Shiho : Après, je pense que tu pourrais lui apprendre à être moins Blanc et plus Gris, surtout si il connait déjà les travers du monde.

Damien : J'ai rien suivi de ce que vous avez dit, mais vous avez l'air de bien mieux vous entendre.

Shiho : Comme deux sœurs ou deux cousines.

Masumi : Je voulais savoir, sans trop te déranger.

Shiho : Oui ?

Masumi : Qui a été la première personne que tu as tué dans ta vie ?

Shiho : Kogoro Mouri, à l'âge de 14 ans. C'était un jeune policier vivant à Tokyo qui a enquêté d'un peu trop près le labo où je me trouvais à mon retour dans le pays. Si je ne l'avais pas fait, quelqu'un d'autre l'aurait fait. Ça été rapide et il n'a pas vu le coup venir.

Sera est désagréablement surprise par le nom qui a été mentionnée et reste scotchée à ça avec la bouche légèrement ouverte.

Miyano se plante dans l'interprétation de sa réaction et essaye de la rassurer avec un sourire.

Shiho : Désolée si ça parait froid quand je le dis.

Masumi : Ah... Ouais...

Shiho : Ce Kogoro fait parti des personnes qui ne méritaient pas de mourir sous mes mains.

Masumi : Il y en a d'autres ?

Shiho : La Fille d'un Général de l'US Army alors que moi et mon mari Gilbert, on essayait de libérer un ami à lui dans une prison.

Masumi : Tu fais comment pour supporter tout ça ?

Shiho : Je n'y pense pas et je vais de l'avant, en essayant de réparer les dégâts causés quand c'est possible.

Masumi : Et Gilbert, c'est comment de son coté ?

Shiho : Particulier. Il essaye d'être meilleur que durant sa période de folie, mais n'hésite pas à faire des choses que même moi je ne ferai pas.

Masumi : Comme ?

Shiho : Faire tuer la fille d'un mafieux durant son concert puis foutre ce dernier au trou, pour qu'il puisse ressentir ce que ça fait de perdre la personne à laquelle on tient le plus sans rien pouvoir y faire. Si ça avait été moi, je n'aurais pas été aussi loin, mais c'est Gillou et je respecte ses choix qui ne sont pas faciles.

Masumi : Je ne voudrais pas être à sa place.

Shiho : Si tu savais ce que nous avons dû endurer nous deux, c'est pour ça que tout le monde trouve que nous formons un superbe couple.

Masumi : J'espère pouvoir le rencontrer un jour.

Shiho : Je pense que ce sera faisable.

Masumi : Ça me fait penser que Shu-niichan me disait souvent "Évite d'avoir un jour à tuer quelqu'un Masumi, même par légitime défense. Une fois que tu as du sang sur les mains, il ne s'enlève jamais". J'ai toujours suivi ce conseil sans savoir exactement quel a été son premier meurtre et combien de personnes il a tué au cours de sa traque des Hommes en Noirs.

Shiho : Ton frère avait l'air d'être quelqu'un de bien.

Masumi : Mon autre frère l'est aussi, il m'aide même sur des enquêtes. C'est d'ailleurs l'agneau de la famille.

Shiho : Je le rencontrerai peut être un jour.

Damien : Je ne voudrais pas vous déranger mais ça fait trois stations qu'on a passé celle où on devait sortir.

Je vous laisse imaginer l'étonnement général qui est mis en place après ce constat.

Du temps de perdu, mais une amitié de gagnée.