Comme toujours, rien n'est à moi.
Merci à toutes pour les reviews, les follows... blablabla :)
C'est très gentil ! Bonne lecture !
Quinze jours avaient passé depuis la rentrée et chaque élève commençait à se sentir chez lui au château.
Hermione avait organisé son emploi du temps pour qu'il lui reste au moins une heure ou deux libres pour elle chaque jour. Elle se levait à 6h15 se préparait dans le calme puis allait à la Grande Salle pour 7 heures. Pendant le petit-déjeuner elle aidait les élèves de sa maison pour leurs devoirs et à 8 heures tout le monde était en cours. Pour l'heure du repas elle mangeait seule dans sa chambre pour avancer ses devoirs, retournait en cours et de 18 heures à 20 heures elle travaillait. Puis elle arrêtait et s'amusait un peu avec Pattenrond, lisait un livre ou allait se dégourdir les jambes dans le parc. Trois soirs par semaine, elle avait une ronde à faire de 22 heures à minuit, les autres soirs elle révisait de nouveau ou dormait.
Ce jeudi soir Hermione faisait tranquillement sa ronde. Elle avait croisé deux Serdaigles mais ne leur avait pas retiré de points, reconnaissants ils étaient rentrés dans leur dortoir rapidement. Généralement elle commençait par les cachots et terminait par la tour d'astronomie, ouvrant quelques portes de classes au hasard.
Alors qu'elle parcourait le septième étage, un bruit se fit entendre. Un souffle peut-être, c'était tellement léger que c'en était sincèrement inquiétant pour Hermione. Elle fit tomber sa robe de sorcière dans un coin du couloir et se dirigea silencieusement vers le bruit. Le silence était assourdissant et la pression montait. « Ce n'est pas normal, quand un élève se cache il a du mal à calmer sa respiration ou marche, essaye de reculer ou s'enfuir… » Elle n'utilisait pas sa baguette. Que ce soit pour un lumos ou un hominum revelio, s'ils étaient plusieurs elle ne pourrait plus rien… Peut-être pouvait-elle jeter un expelliarmus, mais où viser ? Et si c'était vraiment un élève et qu'il n'avait pas sa baguette elle pourrait le blesser. Et si c'était un Mangemort encore au travail, elle pourrait bien mourir sans avoir pu jeter le moindre sort de défense. Un nouveau souffle se fit entendre. Furtif mais dérangeant, une respiration mal retenue. Hermione se retourna et avança de quelques pas puis sentit une odeur. Après avoir quelques inspirations silencieuses, étudiées et posée elle hésitait à se décider. Du coton brûlé, très sûrement de la sueur et peut-être même de sang. Quelqu'un était bien là. Elle sentait une présence et pouvait presque deviner la forme d'un corps dans une alcôve. À environ deux ou trois mètres de l'endroit où elle pensait voir la masse, elle lança un lumos, prête à lancer d'autres sorts rapidement en cas d'attaque. Puis ce qu'elle vit la resta figée dans une position inconfortable, sentant la panique la gagner. Sa mâchoire semblait vouloir quitter son corps, ses muscles s'étaient raidis et elle devait se reprendre vite, car la personne qui lui faisait face voyait bien la tête qu'elle faisait à l'instant même.
Severus Snape se tenait devant elle, le visage en sang, recourbé sur son côté gauche se tenant l'abdomen, appuyé contre le mur.
Sortant enfin de sa stupeur, Hermione s'approcha rapidement pour l'aider. Il la repoussa violemment.
- Laissez-moi tranquille, idiote !
- C'est vous qui faites l'idiot, venez…
Elle ne se rendit même pas compte de la façon dont elle lui avait répondu tellement elle avait peur. Il y avait beaucoup de sang et il semblait souffrir vu qu'elle l'avait entendu souffler. Elle n'arrivait plus à réfléchir et voulait aller à l'infirmerie mais pourrait-il se rendre au troisième étage sans risque ? Poppy savait-elle au moins que Snape était ici ? Sans doute que non… Elle tourna au bout du couloir, soutenant Snape tant bien que mal et reconnu la peinture de Barnabas Feu Follet... « Rien ne coûte d'essayer ». Elle laissa un instant Snape contre le mur le plus proche et tourna trois fois devant un mur vide. Une porte se matérialisa, presque soulagée, Hermione aida Snape à entrer.
L'aidant à s'asseoir sur un banc dans un coin de la pièce, elle se félicita d'avoir retiré sa cape plus tôt, elle était moins gênée pour se mouvoir tout en soutenant Snape. Et en cas d'attaque réelle, ça aurait été utile aussi.
Quand elle leva les yeux de Snape elle se pétrifia. Les murs beige et vert qui se présentaient à elle lui étaient très familiers. La pousse de bambou près d'une grande baignoire de l'autre côté de la pièce aussi. Ainsi que les deux vasques en marbre qui faisaient face à un grand miroir, les étagères, la douche italienne…
Snape capta le désarroi de l'élève.
- Où sommes-nous, Granger ?
Elle hésita et tourna sur elle-même.
- Chez moi. Ou du moins, en apparence.
Puis elle se souvint pourquoi ils étaient là. Elle se précipita vers une étagère et l'ouvrit. Tout ce dont elle avait besoin pour faire les premiers soins se trouvait face à elle. Soulagée, elle commença à s'organiser, et mis de l'eau tiède sur un gant de toilette, commençant à nettoyer le visage de Snape. Quand il voulu la repousser la première fois elle lui attrapa doucement la main et souffla. Il respirait bruyamment et se tenait mal sur le banc.
- Laissez-moi faire professeur, je vous ai déjà soigné. Et vous pourriez infecter tout ça avec vos mains sales.
- Je ne suis plus votre professeur. Et je me suis soigné pendant des années, je n'ai pas besoin de vous.
- On a toujours besoin de quelqu'un.
Elle épongea le gant. Le visage de Snape montrait une blessure plus raisonnable.
- C'est l'arcade sourcilière. Elle est ouverte de part en part. Ce n'est pas grave…
- Vous voyez que je n'ai pas besoin de vous, j'aurais pu le faire seul.
- Je vais mettre de la colle.
Il se recula, les yeux interrogatifs.
- C'est Poppy qui m'a appris à le faire cet été, ne vous inquiétez pas. C'est une colle chirurgicale que mes parents ont ramené de la pharmacie de l'hôpital, c'est sans risque. Maintenant laissez-vous faire.
Alors qu'elle agissait dans le calme avec des gestes les plus précis possible, elle posait quelques questions de routine.
- Voyez-vous des tâches dans l'œil gauche ?
- Non.
- Maux de têtes ?
- Bien sûr que oui, mais pas du tout liés au coup.
Si Hermione ne savait pas qu'elle se trouvait face à Snape, elle aurait juré qu'il se moquait d'elle.
- Des vertiges ?
Résigné, il répondit comme il le devait.
- Oui, je viens de me réveiller, la moitié d'une maison m'est tombée dessus ce soir. Quand je me suis dégagé des décombres et retrouvé ma baguette j'ai transplané. Vous connaissez la suite.
Etonnée, elle le dévisagea.
- La résistance est toujours de mise Granger. Sauf que maintenant ce sont des réseaux d'anciens Mangemorts. Et je suis le seul à les connaître assez pour les démasquer.
Hermione se recula, le visage glacial.
- Ils ne peuvent pas utiliser quelqu'un d'autre ? Demain je vais voir Minerva, non ce soir même ! Il est inadmissible que ce soit encore vous qui risquiez votre vie ! Vous avez largement rendu service pour cette guerre, il est temps que ce soit quelqu'un d'autre !
Il la regardait, le regard vide. Respirant bruyamment, toujours légèrement penché sur son côté gauche.
- Vous avez fini ?
Elle se sentit un peu bête d'avoir dit tout cela. Surtout à lui. Tant pis. Le mal était fait.
- Seule Poppy sait ce que je fais, au cas où je rentrerais dans cet état. Aucun ancien membre de l'Ordre ne sait ce que je fais.
- Ouvrez votre chemise.
Il sembla amusé.
- Ah ! On passe enfin aux choses sérieuses ?! Tout ce que vous voudrez Granger !
Snape s'exécuta alors qu'Hermione rougissait comme jamais face au sous-entendu. Il écarta ses robes de sorcier, puis sorti la chemise noire de son pantalon. Tant bien que mal il souleva la chemise, dévoilant son corps frêle à la jeune femme. Son torse était recouvert d'hématomes. Une zone inquiétait particulièrement Hermione, plutôt gonflée et bien trop colorée. Elle l'effleura du bout des doigts, Snape réagit sursauta violemment, s'arrachant un facies des plus désagréables en réponse à la douleur provoquée. La jeune Gryffondor sortit sa baguette et lança un sortilège de détection que Poppy lui avait appris cet été. Il y avait deux belles fractures. De son armoire elle sorti une potion appropriée aux fractures qu'elle gardait toujours chez elle, au cas où.
- Buvez ça, demain ça ira mieux.
- Je ne bois pas ce que je n'ai pas préparé.
- Sauf que vous savez comme moi qu'il faut près de sept heures de préparation et que c'est dans les premières heures qu'il faut agir sinon les potions ne servent plus à rien. Vous vous êtes fait ça il y a plus de cinq ou six heures, donc buvez ma potion, Snape !
Résigné, il s'exécuta.
- Je voudrais revenir sur quelque chose que vous avez dit tout à l'heure Granger.
Elle acquiesça.
- Je pense personnellement qu'on n'a pas toujours besoin de quelqu'un.
- J'ai un avis contraire. Si j'avais été seule pendant la guerre je pense que je serais morte. Le fait de toujours avoir été avec Harry et Ron m'a renforcée, psychologiquement et moralement. Et puis on s'est tous un peu sauvé la vie. Notre union était une grande force.
- J'ai toujours été seul et je suis encore là.
- Vous aviez Dumbledore.
- Tout comme vous l'aviez. À moi aussi il me laissait des signes, des énigmes, je faisais tout le reste seul. Quand j 'étais face à Voldemort j'étais seul. Quand je combattais j'étais seul, je n'appartenais à aucun camp. Quand je pouvais tuer un mangemort je le faisais, mais je devais aussi me protéger de l'Ordre, et vérifier que personne ne m'ait vu. Même dans un camp, j'étais seul.
- C'est certain qu'avec un pied dans chaque camp il faut toujours se méfier de tout le monde…
Il se leva lentement. Elle commençait alors à ranger les affaires.
- Qu'il y a t'il derrière la porte ?
- Normalement un couloir.
Il ouvrit la porte qui ne présenta qu'un mur de briques.
Hermione parut déçue.
- Vous saviez qu'on pouvait venir chez nous grâce à la salle sur demande ?
- Non. Je n'ai jamais voulu revenir chez moi donc je pense même que je ne l'aurais jamais su. A ce propos, pourquoi sommes-nous arrivés dans votre salle de bain personnelle ?
- Et bien, j'ai pensé à mon armoire et je visionnais exactement tout ce que j'y avais mis cet été suite à ma semaine avec Poppy qui m'a appris beaucoup de choses.
Il acquiesça puis ouvrit la porte par laquelle ils étaient rentrés quelques dizaines de minutes plus tôt.
Alors que la porte disparaissait Snape s'éloignait déjà sans un mot.
- Et bien, reposez-vous bien prof… Snape. À bientôt j'imagine…
Au loin, il sembla à Hermione qu'il avait grogné quelque chose, ou du moins, l'espérait secrètement. Elle regarda longuement l'endroit d'où il avait disparut et revint dans sa chambre, se remémorant cette soirée pour le moins particulière.
Une petite review ? :)
