Désolée, je n'ai pas publié depuis des siècles.
Comme d'hab, rien à moi, tout à JK !
Bonne lecture ! =)
Cette nuit là, les rêves d'Hermione étaient remplis de cris, de sang, de souvenirs. Durant ces cauchemars, elle ne savait où donner de la tête, essayant de protéger Tonks de Bellatrix Lestrange lors du combat fatal pour son amie, Fred qui a périt durant l'explosion d'une partie du château, le Severus qu'elle avait vu dans la pensine et le Severus actuel… La voix de ce dernier revenait sans cesse. « N'essayez pas de sauver tout le monde, Hermione. » Ces songes la hantèrent durant quelques nuits, au point où elle dut aller à l'infirmerie pour demander une potion de sommeil sans rêve. Poppy ne lui demanda pas pourquoi, elle savait que ceux qui s'étaient battus durant la Grande Bataille n'avaient que peu de nuits calmes, reposantes. Elle en était elle même le témoin. Avoir assuré les premiers soins à toutes ces personnes fut très éprouvant et avait besoin elle aussi de cette potion.
Lors de ses rondes, Hermione cherchait encore plus après Severus. Chuchotant parfois,
- Snape, vous êtes là ? Montrez vous…
Bien qu'il l'entendait parfois, il n'avait jamais voulu se montrer. Il assurait tous les soirs des rondes au château, elle s'en doutait, parfois même elle avait l'horrible impression qu'on l'observait mais jamais il ne se manifesta. Deux semaines étaient passées depuis le soir où il lui avait montré son souvenir. Nous étions à présent à la mi octobre et Hermione n'avait vu son ancien professeur que deux fois depuis la rentrée. Paradoxalement, elle pensait à lui presque tout le temps en dehors des cours et de ses devoirs. Il était vendredi quand Hermione demanda à Harry de lui prêter la carte du maraudeur. Soupçonneux, il hésita quelques minutes.
- Pourquoi as-tu vraiment besoin de la carte Hermione ?
- Parce-que ce soir je fais une ronde et que je suis certaine que certains élèves se cachent, je veux les prendre sur le fait. Je pense qu'ils ont créé une association interdite comme un club de duel ou je ne sais trop quoi...
- D'où te viennent ces sources ?
- De moi. S'il te plait Harry, prête-moi la carte, je te la rendrai demain, je ne vais pas l'abimer allons !
Pas convaincu par les arguments d'Hermione, il se résigna et la lui prêta quand même. Il doutait sincèrement qu'elle ait une source sur un club de duel, il n'en avait pas entendu parler alors que depuis la rentrée tout le monde essayait d'être le plus proche de lui possible pour récolter un peu de gloire. Un club de duel, il aurait reçu une invitation…
- Ne te mets pas en danger, s'il te plait. Prends ton galion et appelle nous si besoin. Ou envoie un patronus si tu es en danger, je viendrai.
- Je te promets que je ne me mettrai pas en danger.
Satisfaite, elle rangea la carte dans sa cape en le remerciant.
Le soir même, une heure avant de débuter sa ronde, Hermione s'était penchée sur la carte du maraudeur. Elle n'avait jamais aimé qu'Harry l'ait, mais elle devait avouer que c'était bien utile en cas de besoin. Quelques élèves trainaient encore dans les couloirs, se dirigeant plus ou moins rapidement vers leurs dortoirs. Les zones où se trouvaient les dortoirs étaient noires de noms et il était difficile de distinguer qui se trouvait là ou non.
C'était d'autant plus facile de voir qui était dans le château. Minerva McGonagall faisait les cent pas dans son bureau. Le professeur Chourave était dans son bureau, assise apparemment. Poppy Pomfresh réalisait des soins à une élève en troisième année chez Gryffondor. Severus n'était pas dans une pièce près de l'infirmerie. Et semblait ne se trouver nulle part ailleurs dans le château. Les minutes passaient et Hermione continuait de chercher, regardant régulièrement l'heure pour ne pas être en retard pour sa ronde. Une demi-heure plus tard, elle voyait Severus arriver par un des passages secrets et se diriger vers la tour d'astronomie. Hermione se dépêcha de prendre une cape chaude et se dirigea le plus vite possible vers la tour. Il était là, appuyé contre la barrière, regardant le paysage.
- J'avais toujours aimé venir ici.
Hermione se demanda comment il savait qu'elle était là, elle n'avait fait aucun bruit, ou du moins, elle le pensait.
- Mais depuis le jour où j'ai tué Albus, je n'arrive plus à me sentir bien dans cette tour. Ça avait été un endroit apaisant si longtemps, depuis ma scolarité en fait… Maintenant c'est l'endroit où j'ai tué la seule personne qui ait réellement eut confiance en moi…
Hermione s'approcha et s'appuya à la barrière aussi, à un peu plus d'un mètre de lui.
- Je n'aime pas cet endroit. Il fait froid et Albus Dumbledore y a eu perdu la vie. C'est aussi l'endroit où vous avez du tuer votre ami alors que vous ne vouliez pas le faire. C'est l'endroit où Harry a perdu son mentor, un homme qu'il aimait énormément. Cet endroit est tellement moche et la vue tellement belle…
Ils ne dirent plus rien durant de longues minutes, regardant les reflets de la lune sur le lac, les mouvements des arbres de la forêt interdite…
- Je vous ai entendue. Je sais que vous m'avez cherché… Depuis l'autre soir.
- Je savais bien que vous étiez là… Pourquoi n'avez-vous pas répondu ?
- Parce que je ne le devais pas. Vous n'étiez pas en danger, et ça ne vous aurait pas aidée.
- Comment ça ?
- Etre avec quelqu'un qui est plus ou moins dans la même situation que vous ne vous aidera pas à voir les choses autrement. Aussi, je vous demanderai de ne plus me chercher. Vous pourriez vous mettre en danger si des anciens Mangemorts se promenaient à l'école et vous entendaient dire mon nom. Ils vous tortureraient pour savoir où je me trouve, ils veulent me tuer depuis que Voldemort est parti.
Hermione ne répondit pas, elle n'avait pas pensé à cette possibilité et se sentait honteuse d'avoir mis en danger la couverture que Severus avait. Un bruit dans les étages plus bas fit se retourner Hermione, mais elle ne voyait personne dans l'escalier et se dit que ce devait être un animal ou son imagination Severus n'avait pas réagit de son côté.
- Je vais partir, sûrement pour quelques jours. J'ai quelque chose à faire. Je vous demanderai de ne pas essayer de savoir où je me trouve et de ne pas essayer de savoir comment je vais.
Jusqu'ici honteuse et silencieuse, Hermione se tourna vivement vers lui.
- Comment ça vous partez ?
- J'ai une mission.
- Et bien envoyez quelqu'un d'autre à votre place ! Il est inadmissible que vous vous occupiez encore des missions d'espionnage, vous n'êtes même pas encore remis de vos blessures de la guerre !
Il ne répondait pas et se contentait de la regarder. Elle était un mystère à percer. Quelques minutes plus tôt il n'avait pas dit totalement la vérité. Il n'y avait pas qu'Albus qui avait toujours cru en lui. Hermione l'avait toujours soutenu, sans faille. Il ne comprenait pas comment une jeune femme si avisée pouvait l'estimer autant. Elle ne le devait pas, c'était pour son bien.
- Je ne veux pas que vous y alliez !
- Ce que vous voulez ou non n'a rien à faire dans les choix que je prends.
- Et comment vais-je faire si vous ne revenez pas ?
Les yeux d'Hermione étaient baignés de larmes, sa voix tremblait et elle s'approcha de lui. Il recula d'un pas, une expression d'interrogation sur le visage. Peut-être même de peur.
- Vous n'avez pas besoin de moi, Hermione. Vous ne devez pas avoir besoin de moi. Et arrêtez de vous mettre en danger.
Il transplana avant qu'elle ne puisse répliquer. Elle ne comprit pas de suite qu'il était parti et se plaça à l'endroit d'où il avait disparut. On ne peut pas transplaner à Poudlard, comment a-t-il fait ? Peut-être qu'avoir été directeur lui permettait de réaliser encore ce genre de choses seulement autorisées aux directeurs. Hermione ne retourna pas à sa ronde et resta là un petit moment qui lui sembla être des heures les bras ballants face à la barrière, regardant le ciel, les étoiles, le parc… C'est quand elle entendit une voix douce prononcer son prénom qu'elle réalisa qu'elle n'avait pas bougé. Minerva McGonagall avait son sourire bienveillant, et Hermione ne pleurait plus.
- Je viens souvent ici, vous savez… J'ai perdu un ami très cher le soir où Albus est tombé de la tour. Hermione, est-ce que je peux vous parler comme à une amie ?
Etonnée par la demande de sa directrice, Hermione lui fit un signe de tête signifiant que oui, elle le pouvait. La plus jeune était encore incapable de parler.
- J'ai été mariée. Je suis maintenant veuve…
Hermione ne le savait pas, elle ne l'avait jamais imaginée mariée.
- Elphinstone, que j'ai rencontré quand j'étais jeune est décédé quand vous aviez quatre ans, il a été mordu par une tentacula vénéneuse. Après mon diplôme j'ai travaillé au Ministère, Merlin, je n'aimais pas ça ! J'y ai travaillé deux ans, on m'a proposé un poste plus important que j'ai refusé. J'ai ensuite envoyé un hibou à Poudlard, demandant s'il y avait possibilité pour moi de devenir enseignante. Albus m'a proposé le poste de professeur en métamorphose. J'avais gardé contact avec mon ancien chef de service, Elphinstone, qui m'a demandée en mariage une première fois au début de mes années en tant que professeur. Je n'ai jamais accepté ses demandes régulières. Sauf après la première chute de Voldemort. Nous sommes restés mariés trois ans, nous avions une jolie petite maison à Pré-au-Lard, nous étions bien…
- Je suis désolée professeur. Je ne peux imaginer ce que ça peut faire de perdre l'homme qu'on aime…
- Oh non Hermione. Vous n'y êtes pas du tout, je l'ai toujours beaucoup apprécié mais je n'ai jamais réussi à l'aimer. Quand j'ai accepté sa demande en mariage, je pensais que nous étions débarrassés de Voldemort, ou du moins je l'espérais…
Hermione regarda son professeur attentivement. La guerre s'était marquée sur son visage. Bien qu'elle n'ait qu'une soixantaine d'années, ses rides étaient celles d'une dame de 90 ans, les cernes semblaient s'être incrustée et elle était très mince. Ses joues étaient creusées, et ce soir elle paraissait tellement fragile… Comment une femme si forte pouvait être si détruite ? Hermione n'osa pas rompre le silence, étrangement confortable et Minerva reprit la parole.
- Juste après mes ASPICs à Poudlard, j'ai failli me marier. Avec un jeune homme de mon village qui était moldu, mais je n'ai pas osé en parler à mes parents. J'avais 18 ans et devais aller travailler sur Londres quelques jours plus tard. Le lendemain de sa demande en mariage, j'ai rompu ma promesse et l'ai quitté. Je… Je lis encore parfois les lettres qu'il m'a envoyées à l'époque où nous étions amoureux… Oh elles sont très vieilles, mais je n'arrive pas à m'en séparer. Il s'est marié avec une autre fille du village peu de temps après… Je pense que je ne m'en suis jamais remise…
Bien qu'Hermione fut très touchée de savoir que Minerva lui faisait assez confiance pour lui raconter tout ceci, elle se demanda pourquoi l'ainée l'avait fait. Certes elles s'appréciaient beaucoup mais Minerva n'avait jamais été du genre à partager ses sentiments. Surtout ces éléments qui étaient certainement les plus importants de sa vie.
Minerva se tourna vers Hermione et posa une main qui paraissait si fragile sur le bras d'Hermione.
- Tenez à lui s'il le faut et aimez-le si vous ne pouvez faire autrement… Mais je vous en prie, Hermione, n'allez pas perdre votre cœur pour lui…
Cette phrase, si douce, pleine d'amitié, si prévenante fit l'effet d'une bombe dans le cœur d'Hermione. Comment Minerva pouvait-elle savoir qu'Hermione avait des sentiments pour quelqu'un ? Et la réelle question était plutôt « a-t-elle des sentiments pour quelqu'un » ? Minerva avait-elle compris ?
- Ma chère, il avait raison quand il vous a dit que vous ne deviez pas avoir besoin de lui… On ne sait pas où il va et on ne sait pas non plus ce qu'il y fait. Il peut même ne jamais revenir…
Minerva avait alors tout entendu de sa dispute avec Severus. Les deux femmes se regardaient, chacune aussi impuissante que l'autre. Minerva qui n'avait pas lâché le bras d'Hermione fit une pression qui se voulait amicale mais Hermione se recula légèrement.
- Je m'excuse Professeur, je dois vous laisser je n'ai pas terminé ma ronde. Passez une bonne soirée.
- Hermione…
La plus jeune descendit de la tour sans se retourner vers sa directrice qui l'avait appelée, passa devant la Salle sur Demande mais s'interdit d'y entrer. Severus avait raison, cela apaisait ses maux pour quelques instants seulement. Elle erra dans les couloirs, à l'affut du moindre bruit. Elle rencontra quelques élèves. Habituellement très gentille, elle retira ce soir 20 points à chaque élève qu'elle croisait et 20 supplémentaires s'ils osaient parler. Chaque maison avait perdu près d'une centaine de points ce soir-là.
Mais c'était Hermione qui avait perdu le plus. Sa conversation avec Minerva lui avait fait réaliser à quel point ses sentiments pour Severus étaient plus forts que ce qu'elle se laissait croire.
Depuis des semaines elle pensait à lui sans arrêt, elle avait peur pour lui, mais plus encore, ses sentiments pour l'homme qu'elle avait retrouvé cette année au château avaient pris une place beaucoup trop importante. Comment en était-elle arrivée là ? Elle pourrait trouver plusieurs explications mais se rendit compte que cela s'était fait sans qu'elle en soit consciente. Elle n'avait pas peur de le perdre avant de savoir qu'il partait en mission, elle ne savait pas encore qu'il était déjà trop tard quand Minerva lui demanda ne pas perdre son cœur pour lui. Plus difficilement que depuis la rentrée, Hermione alla se coucher.
Le cœur en morceaux.
A bientôt pour la suite !
