Percival Graves était généralement décrit comme un sorcier impressionnant. Grand et athlétique, les yeux et les cheveux noirs, il en imposait déjà par son physique ténébreux. Sa puissance magique indéniable ainsi que son poste - Directeur de la sécurité magique au Macusa - ne faisaient rien pour le rendre moins impressionnant. Bien qu'encore jeune, ses tempes grisonnantes lui donnaient de la distinction.
Au fil des années, Percival avait appris à se retrancher derrière une expression distante et impassible. Il souriait rarement, et sans se montrer ouvertement désagréable, il avait une expression austère.
Lorsqu'il parcourait à grands pas les couloirs du Macusa, rien ne lui échappait. Il n'était pas Auror pour rien après tout : en plusieurs années, il avait développé ses dons d'observation.
Il s'amusait de voir qu'à son apparition, tout le monde se raidissait et feignait d'être débordé.
Le fait d'être le bras droit de la présidente Picquery devait augmenter sans commune mesure son autorité naturelle !
Il n'appréciait pas forcément être craint de cette façon, mais il savait que c'était le revers de la médaille du poste qu'il occupait et il s'en accommodait.
Jusqu'au jour où il croisa un regard bleu et rieur.
La jeune femme auquel il appartenait lui offrit un large sourire plein de candeur et il la détailla se gardant bien de montrer la même réaction. Même s'il avait eu très envie de lui retourner son sourire si lumineux.
Au lieu de lui sourire, il lui offrit un bref hochement de tête avant de rejoindre son bureau.
Il lui fallut exactement trente minutes pour tout savoir d'elle. Quel était son nom, qui était sa famille, quel était son parcours.
Il fut surpris de découvrir qu'une telle créature était la jeune sœur de Porpentina Golstein, la plus glaciale de ses Aurors.
Pour la première fois depuis longtemps, Percival était intrigué par une femme. Aussi, il fit en sorte de la croiser un maximum, l'observant attentivement.
Jusqu'à ce qu'elle entre en collision avec lui, ce qui lui offrit une parfaite occasion pour discuter avec elle.
Queenie Goldstein le fascinait. Même s'il tentait de le cacher.
Il prit l'habitude de couvrir ses retards. Il n'avait pas pour habitude de faire ce genre de choses, mais Queenie Goldstein était selon ses rapports une employée efficace et méritante.
En tant qu'assistante, elle savait se montrer indispensable, allant même jusqu'à devancer les demandes...
Percival nota cependant que la jeune femme était de moins en moins en retard, comme si elle voulait éviter qu'il ne la couvre. Bien des femmes auraient profité de l'impunité acquise pour ne plus respecter les horaires mais Queenie semblait réticente à profiter de l'avantage qu'il lui donnait.
Pour autant, elle ne l'évitait pas comme il l'avait craint en notant la baisse soudaine de ses retards.
Bien qu'il soit pris par une enquête prenante - un groupe de sorciers renégats qui s'en prenait au monde magique, comme du temps des répurgateurs - il s'arrangeait pour se trouver dans le hall d'entrée des locaux du Macusa à l'heure d'arrivée de la jeune femme qui occupait la plupart de ses pensées.
Lorsqu'il nota qu'elle était en retard, il dut se faire violence pour réprimer un sourire satisfait. Enfin il allait pouvoir profiter de sa compagnie, discuter avec elle en l'escortant jusqu'à son service.
Lorsqu'elle entra, Percival ne put s'empêcher de la fixer. Et Queenie avançait en le regardant, comme s'ils étaient seuls et non pas au milieu du hall bondé du Macusa.
Percival entendit vaguement des cris alors qu'il contemplait la jeune femme avancer vers lui, fasciné malgré lui par sa blondeur et ses yeux bleus, sa silhouette menue, sa grâce naturelle.
Mais d'un seul coup, un bruit familier le tira de sa rêverie. L'horloge des menaces.
Il leva la tête et horrifié il se rendit compte de deux choses.
D'abord, l'horloge était passé à "Urgence". Ce qui était vraiment très mauvais signe.
Ensuite, un groupe de renégats avançait dans le hall, baguette en main et commençaient à jeter des sorts. Et Queenie était sur leur chemin.
Percival se crispa en se rendant compte qu'il ne pourrait jamais arriver à temps pour la mettre à l'abri.
Un groupe d'Aurors arriva en courant, et bouscula la jeune femme en passant près d'elle. Elle tomba au sol, alors que des sorts étaient lancés et fusaient autour d'elle.
Il s'élança, baguette brandie. Sans cesser de lancer des sorts offensifs, il tendit la main à Queenie, sans même baisser les yeux vers elle. Il ne pouvait pas se permettre d'être déconcentré à cet instant, fusse par les plus beaux yeux qu'il ait jamais vu.
La colère grondait en lui, et il crispait les mâchoires. La rage qui coulait dans ses veines le rendait encore plus dangereux qu'à son habitude.
Lorsqu'il sentit la main fine et chaude de la délicate petite sorcière agripper la sienne, il la propulsa contre lui et la cala contre son torse puissant.
Sans cesser un seul instant de riposter à l'attaque, sans baisser les yeux une seule fois sur Queenie, il pivota, la protégeant contre lui.
Il savait qu'il donnait une apparence de calme. Il savait masquer ses émotions à la perfection.
Mais sous la surface, il brûlait de rage. Ses muscles étaient crispés, et il lançait ses sorts à une vitesse folle.
Lorsqu'enfin le dernier renégat fut à terre, ligoté, il ramena son bras qui tenait sa baguette contre Queenie, la plaquant encore plus contre lui.
Il surpris quelques regards surpris, et il baissa un instant ses barrières pour leur montrer l'étendue de sa colère. Tous détournèrent les yeux, stupéfait et effrayés de découvrir que le bras droit de la Présidente Picquery était dans une colère noire.
Il inspira profondément et s'obligea à détendre un peu ses muscles. Il ne voulait pas effrayer sa petite sorcière, blottie contre lui. Puis, lorsqu'il estima avoir récupéré le contrôle, il se pencha légèrement vers elle, effleurant son oreille.
- Ça va ?
Il aurait du lui faire un peu plus confiance. Percival avait tout de suite su qu'elle n'était pas comme les autres. Au lieu d'être effrayée ou mal à l'aise, elle leva ses yeux bleus vers lui et lui offrit un sourire d'ange. Pur et lumineux.
Sans qu'il ne s'en rende compte, ses lèvres s'étirèrent en un sourire. Son premier vrai sourire depuis des années, un sourire sincère qui fit pétiller un instant ses yeux noirs. Il aurait du se douter qu'elle aurait un pouvoir immense sur lui...
Sa réponse fit accélérer les battements de son cœur.
- Maintenant oui.
Il étouffa un gémissement lorsqu'il la vit fermer les yeux et se laisser aller contre lui, abandonnée, lui faisant confiance.
En voyant des Aurors arriver dans leur direction, il cessa de réfléchir et transplana loin du siège du Macusa et loin de ses obligations professionnelles.
La présidente pourrait tempêter, il ne la craignait pas. Elle lui devait beaucoup, et ils en étaient tous les deux conscients. Une entorse à son sérieux légendaire ne ferait que l'agacer et il savait très bien qu'elle ne se débarrasserait pas de lui.
Percival ne lâcha pas Queenie, même après qu'ils soient arrivés dans son appartement. Un appartement de fonction, sobre et fonctionnel. Des murs blancs, pas de bibelots. Pas d'objets personnels.
Dans ses bras, Queenie avait ouvert les yeux et regardait autour d'elle avec curiosité, sans pour autant chercher à se dégager de l'étreinte de l'homme qui l'avait amené ici.
Elle leva les yeux vers lui, et tendit machinalement son esprit vers lui. Avant de soupirer face au silence complet.
Elle avait déjà oublié. Il était un parfait occlumens. Son complément.
Queenie était lasse d'entendre toujours les pensées des autres autour d'elle. La plupart du temps, elle devait se concentrer pour ne pas écouter le brouhaha incessant qui l'entourait.
Elle détestait certains hommes qui commentaient son corps ou son visage, sans se rendre compte que la femme face à eux savait ce qu'ils pensaient ou imaginaient.
Mais Percival était un mur blanc, plein d'un silence reposant. Elle ne l'entendrait jamais pester contre elle sous le coup de l'agacement, ou critiquer sa stupidité comme ses proches avaient pu le faire au moins une fois. Il le penserait peut être, mais elle ne l'entendrait pas. C'était une bénédiction de pouvoir baisser sa garde sans risquer d'être blessée par une pensée malheureuse.
Percival l'observait lui aussi, ses yeux sombres posés sur elle. Elle le fascinait, et elle le captivait.
La jeune fille se tourna vers lui et surprit son regard sur elle. Loin de s'en plaindre, ses joues rosirent mais ses yeux se mirent à pétiller. Puis, elle lui offrit un sourire malicieux.
- Merci.
Pensant qu'elle évoquait le fait qu'il l'avait protégée pendant l'attaque au Ministère, il eut un bref sourire.
- C'est mon travail.
Elle gloussa et Percival décida qu'il pourrait entendre ce rire gentiment moqueur encore et encore sans s'en lasser.
- Vous amenez tous vos collègues ici ?
Percival resta silencieux un instant, stupéfait, puis grogna doucement, amusé.
- Définitivement, non. Juste vous.
Elle s'écarta doucement de lui, sans pour autant rompre le contact visuel. Queenie leva une main hésitante et le posa sur la joue de Percival.
L'homme ferma les yeux et après un soupir leva sa main qu'il posa sur celle de Queenie pour la maintenir en place. Il appréciait le contact de la main douce et chaude. Il appréciait de sentir sa petite main blanche, fine et délicate recouverte par sa propre main, large et bronzée.
- Vous êtes un homme mystérieux, Monsieur Graves.
Il rit et il fut le premier étonné de sa réaction.
- Et vous une sorcière étonnante, Miss Goldstein.
- Queenie. Je préfère Queenie. Nous sommes deux Miss Goldstein, je vous rappelle...
Il ne répondit pas, se contentant de la scruter avec attention. Queenie lui rendait son regard, sans baisser les yeux, ne semblant pas être gênée de l'examen attentif auquel elle était soumise.
Percival Graves n'était pas un homme impulsif. Il avait pour habitude de réfléchir avant d'agir et de peser soigneusement chacune de ses décisions.
Pourtant, face au regard clair d'une jolie blonde, Percival eut une réaction instinctive pour la première fois de sa vie.
Sans y penser, sans réfléchir, sans se demander si c'était raisonnable ou non, il se pencha subitement vers la jeune femme et déposa un léger baiser sur ses lèvres.
- Vous êtes une ensorceleuse, Queenie.
Et Percival Graves, qui avait toujours été un homme pragmatique, raisonnable et de l'avis de ses collègues terriblement ennuyeux, décida de garder près de lui sa jolie ensorceleuse.
A lui de la convaincre qu'elle serait bien mieux au creux de ses bras...
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