CHAPITRE 3
Clarke enfonce sa tête dans ses bras. Ça fait plusieurs minutes qu'elle attend que sa mère parte au travail mais ce n'est toujours pas l'heure. Elle compte chaque seconde. Elle a besoin d'aller voir Bellamy, elle a besoin de le rassurer et surtout le soigner. Elle sait que sa mère l'a interdit de le faire mais elle s'en fiche, elle ne peut pas le laisser se vider de son sang dans cette cave.
Elle se lève subitement alors qu'elle entend la porte d'entrée se claquer. Elle file dans la salle de bain prendre son kit de suture et dévale l'escalier. Elle ouvre la porte de la cave et descend les marches une à une, lentement. Elle coupe son souffle en voyant Bellamy dans la même position que la veille, la tache de sang sur le sol un peu plus grande. Il semble endormi… Et vu sa position, il risque d'avoir mal pendant longtemps. Elle s'avance vers lui.
- Bellamy ? murmure-t-elle. Bellamy ?
Il grogne en relevant lentement la tête. Il croise son regard et fronce les sourcils, comme s'il avait oublié où il était. Il regarde finalement toute la pièce et grimace.
- Génial, c'était donc réel, dit-il sarcastiquement.
- Bellamy, je suis tellement désolée… Je ne savais pas quoi faire, c'était la seule solution que j'ai trouvé. Mais je vais trouver quelque chose, ne t'en fais pas.
Il lâche un petit rire en secouant la tête. Il regarde au plafond en serrant la mâchoire. Elle voit qu'il est énervé contre elle, et elle ne peut pas lui en vouloir.
- Est-ce que c'était le plan dès le début ? dit-il finalement en la regardant. Tes parents t'ont chargé de devenir amie avec moi pour ensuite avoir des informations sur les membres de ma meute ? Ça doit être génial de capturer un Alpha, pas vrai ?
Elle secoue la tête en le regardant, ses yeux s'embuant de larmes. Il ne faut pas qu'elle craque. Elle savait dès le début que c'était possible qu'il ne la croit pas. C'est vrai que ça peut sembler louche de l'extérieur. Maintenant il faut juste qu'elle lui prouve qu'elle est de son côté et qu'elle n'avait absolument rien prévu.
- Je suis venue te soigner, dit-elle en prenant son kit de suture.
- Ouais, tu t'assures que je ne meurs pas pour pouvoir ensuite m'interroger, j'ai compris.
- Je n'y suis pour rien Bellamy, je te le jure.
Il détourne le regard et fixe le mur en face de lui, en murmurant des paroles qu'elle ne comprend pas. Elle prend une paire de ciseaux dans le kit en soufflant un grand coup pour se donner du courage. Elle s'approche de lui et prend l'ourlet de son t-shirt. Il essaye de reculer mais elle lui lance un regard noir.
- Il faut que je découpe ton t-shirt pour pouvoir te soigner. Fais-moi confiance.
- La dernière fois que je t'ai fait confiance je me suis retrouvé ici, dans ta cave. Excuse-moi si j'ai du mal à te croire.
Elle lève les yeux au ciel et découpe le devant de son t-shirt et les manches, pour pouvoir l'enlever définitivement. Elle grimace en regardant la plaie. Heureusement pour lui, ce n'était pas une balle en argent. Elle prend une éponge mouillée sur le côté et nettoie la plaie. Elle prend une pince et décide d'y aller rapidement. Bellamy pousse un cri alors qu'elle enfonce la pince dans la plaie en retirant la balle, qu'elle jette sur le sol. Du sang s'écoule rapidement de sa blessure alors qu'il plisse des yeux en la regardant. Elle prend l'aiguille avec le fil et suture le plus vite possible sa blessure, tandis qu'il la regarde faire. Elle finit au bout de deux petites minutes et coupe le fil avec ses dents. Elle s'apprête à nettoyer à nouveau la blessure mais son téléphone sonne. Elle pose son portable sur la table et répond à sa mère en mettant le haut-parleur. Elle nettoie la plaie de Bellamy en même temps.
- Chérie, je suis partie de la maison il y a dix minutes.
- Oui, j'avais remarqué, répond Clarke en essuyant le sang sur le torse de Bellamy.
- Ton père et moi nous nous sommes mis d'accord tout à l'heure. Ne descend surtout pas dans la cave le voir, c'est compris ?
Elle se fige en entendant les paroles de sa mère et lève son regard vers Bellamy. Il fronce les sourcils en la regardant. Il comprend désormais qu'elle vient de désobéir à ses parents… C'est un début.
- Il faut que j'aille le soigner maman, répond-elle en continuant à le nettoyer.
- Non, on s'en fiche de ça.
- On ne s'en fiche pas. Tu voulais l'interroger ce soir, pas vrai ? Si c'est le cas, il faut le soigner.
- Je le ferai en rentrant dans ce cas.
Clarke lève les yeux au ciel en jetant l'éponge sur le côté. Elle serre ses doigts sur la table à côté en grinçant des dents. Sa mère peut réellement être cruelle des fois, elle n'imaginait pas à quel point.
- Et ne lui donne pas à boire ou ne le nourrit pas. Plus il sera faible, mieux ce sera pour nous.
Clarke murmure le mot « D'accord » et raccroche rapidement. Elle reprend ses affaires et remonte les escaliers, en sentant les yeux de Bellamy transpercer sa nuque. Elle se lave les mains et file dans la cuisine. Sa mère ne veut pas qu'elle s'occupe de lui ? Tant pis pour elle, c'est exactement ce qu'elle fera. Elle prend un verre rempli à moitié d'eau et une barre protéinée dans son placard. Elle descend et dépose la barre sur la table. Elle s'approche de Bellamy et prend son menton entre ses doigts. Il a un mouvement de recul.
- Tu dois avoir soif, laisse-moi faire !
- Laisse-moi tranquille.
- Je viens de te prouver que je n'étais pas du côté de ma mère, soit intelligent pour une fois.
Il lui lance un regard noir mais la laisse reprendre son menton entre ses doigts. Elle penche un peu le verre alors qu'il prend une gorgée. Il tousse en crachant un peu d'eau, sa langue étant très sèche. Il boit cependant encore quelques gorgées. Elle éloigne le verre et essuie lentement son menton, alors qu'il continue à la regarder. Elle prend la barre de céréales et lui donne à manger. Il la mange entièrement.
- Merci, murmure-t-il finalement.
- De rien.
Elle met ses mains dans ses poches de jean et recule, ne sachant quoi faire. Est-ce qu'elle devrait partir ou passer du temps avec lui ?
- Je suis sincère quand je te dis que je suis désolée. Je vais… Je vais essayer de retrouver Octavia pour lui en parler, d'accord ? On va essayer de trouver un plan.
- Ne fais pas ça, répond-il en plissant des yeux. Si elle sent mon odeur sur toi elle risque de te tuer, Clarke, et de tuer toute ta famille avec.
- Et alors ? Je croyais que tu ne me faisais pas confiance ?
Elle s'éloigne de lui et monte les escaliers menant au rez-de-chaussée, en n'oubliant pas de refermer la porte de la cave derrière elle. Elle prend son sac à dos dans le salon et l'enfile sur ses épaules. Il faut qu'elle essaye de trouver Octavia au lycée, et qu'elle raconte toute l'histoire à Wells. Il faut qu'il sache pourquoi elle n'est pas venue ce matin.
Elle descend du bus scolaire trente minutes après et se met sur la pointe des pieds dans les couloirs pour chercher Wells. Elle le trouve en train de discuter avec l'un de ses amis, au loin. Il la voit au bout de quelques secondes et s'excuse auprès de son ami pour aller la voir. Ils s'enlacent durant une petite seconde avant qu'elle s'éloigne.
- Est-ce que tu aurais vu Octavia ?
- Octavia Blake ? demande-t-il en fronçant les sourcils. Pourquoi est-ce que tu la cherches ?
- Parce que Bellamy est dans ma cave, répond Clarke en levant les yeux au ciel.
- Pardon ?
Elle grimace en voyant sa réaction. Elle lui raconte le plus vite possible ce qu'il s'est passé tout en regardant si elle voit Octavia passer près d'elle. Wells l'aide à son tour en la traitant plusieurs fois de « folle » et de « cinglée ». Ils aperçoivent l'une de ses amies et lui demande si elle sait où est passée Octavia, mais cette dernière hausse simplement les épaules. Clarke abandonne au bout d'un moment en soupirant.
- Est-ce que tu penses que tes parents vont le tuer ce soir ? demande Wells, une lueur d'inquiétude dans les yeux.
- Je ne sais pas… Je n'espère pas. Si je leur demande de ne pas le toucher, ils ne feront probablement rien, pas vrai ?
- Oui, mais dans ce cas tu devras leur dire toute la vérité…
Clarke mord sa lèvre en hochant la tête. Elle ne peut pas faire ça, mais elle va tout de même tout tenter pour les dissuader de le tuer.
Elle rentre chez elle en fin de journée, vers 18h. Elle fronce les sourcils en déposant son sac à dos sans voir ses parents. Elle entend cependant un cri venant soudainement de la cave. Elle s'y précipite et met une main sur sa bouche en voyant sa mère utiliser son bâton électrique sur Bellamy.
- Maman ! s'écrie-t-elle. Arrête !
Abby s'interrompt et se tourne vers elle. Jake fait la même chose de son côté. Il a l'air moins à l'aise que sa femme en tout cas, c'est un bon point pour Clarke.
- Tu n'es pas obligée de rester pour voir ça, la prévient sa mère.
- Maman, tu n'as pas à utiliser la force. Pose-lui simplement des questions.
- Il faut que tu arrêtes de protéger ce garçon. J'ai déjà vu que tu l'avais soigné ce matin, donc ne me met pas plus en colère.
Clarke ne répond rien, sentant son sang bouillonner sous sa peau. Elle sait qu'il faut qu'elle se détende sinon elle risquerait de tout faire foirer, mais elle n'arrive pas à s'en empêcher. Bellamy semble être épuisé, elle est sûre que ça dure depuis déjà plusieurs minutes.
- Je répète une nouvelle fois, dit sa mère en le regardant. Donne-moi ton nom et le nom des autres membres de ta meute.
- Non.
- Donne-moi l'endroit de ton QG.
- Non.
Elle allume à nouveau son bâton électrique et touche le torse de Bellamy. Celui-ci se contracte et pousse un cri. Abby ne relâche pas sa pression. Il pousse un cri tellement puissant qu'il commence à se transformer sous l'effet de la douleur. Clarke sent ses yeux s'embuer de larmes en le voyant ainsi. Ils ne sont pas si proches que ça, mais c'est dur de le voir ainsi. Abby relâche son bâton et le lance sur le sol. Elle souffle un grand coup et croise les bras en regardant son mari.
- Il ne nous dira rien, dit-elle finalement. On ferait mieux de l'exécuter tout de suite.
Elle se tourne pour prendre l'un de ses pistolets sur l'étagère du fond. Clarke réfléchit à toute vitesse. Elle tire alors sur la manche du pull de son père. Ce dernier la regarde en fronçant les sourcils, alors qu'elle le regarde. Elle sait qu'une larme roule discrètement le long de sa joue. Elle murmure alors les mots « S'il te plait ». Elle sait que Bellamy est en train de la fixer, elle sait qu'elle n'a l'air de rien, mais c'est sa dernière chance. Jake pivote ses yeux vers le dos d'Abby.
- Chérie, tu ne penses que ce serait mieux de le laisser en vie ?
- Il ne dira rien, Jake.
- Peut-être, mais sa meute viendra le chercher. On pourra tous les avoir en même temps.
Abby réfléchit à sa proposition alors que Clarke baisse les yeux, en priant le plus fort possible. Sa mère prononce alors le mot « D'accord ». Clarke mord sa lèvre pour ne pas sourire. Elle a réussi. Elle a réussi.
- Tu peux remonter, dit Jake à sa femme. Je vais montrer à Clarke quelque chose à propos des armes avant. Je te rejoins bientôt.
Abby hoche la tête et remonte les escaliers, en fermant la porte derrière eux. Clarke pose ses mains sur ses hanches en poussant un long soupir de soulagement. Bellamy fait la même chose de son côté. Jake croise les bras en la regardant, jusqu'à ce qu'elle lève la tête. Elle grogne.
- Ne me fais pas de sermons, je t'en supplie.
- Tu m'expliques l'histoire ? Tu sais que tu dois t'endurcir, Clarke.
- Ce n'est pas ça ! réplique-t-elle. C'est juste que je… Je le connais, papa.
Il plisse des yeux en passant son regard de l'un à l'autre. Il ouvre la bouche et les montre du doigt successivement.
- Oh. Vous deux vous êtes… Ensemble ?
- Quoi ? demande Clarke en fronçant les sourcils. Non ! Oh mon dieu, je ne parlais pas de ça ! On est amis, papa !
- Oh dieu merci !
Il porte une main contre son cœur alors qu'elle fronce les sourcils. Bellamy regarde Jake en ouvrant la bouche, comme s'il ne croyait pas à la scène devant ses yeux. Il commence finalement à rire à cause de la réaction du père de Clarke. Cette dernière met ses mains sur son visage en grognant.
- Dans tous les cas, c'est quelque chose de grave, lui dit Jake. Ta mère ne lâchera jamais l'affaire, elle serait encore plus en colère si elle savait que vous étiez tous les deux amis.
- Je le sais, murmure-t-elle en frottant sa tempe. Il faut que je le libère, c'est le seul moyen.
- Elle te tuera.
- On pourrait inventer une excuse, pas vrai ?
Jake soupire en secouant la tête. Elle mord sa lèvre, ne sachant quoi dire de plus. Jake regarde Bellamy en croisant les bras.
- Très bien. Je vais voir ce que je peux faire.
Clarke sourit en se jetant dans les bras de son père. Elle murmure le mot « merci » dans son oreille, le plus de fois possible pour qu'il comprenne qu'elle le pense sincèrement. Il dépose un baiser sur sa joue et décide de leur laisser quelques minutes de tranquillité. Clarke en profite pour prendre un verre d'eau et l'apporter à Bellamy. Elle lui fait boire quelques gorgées, comme la dernière fois. Elle vérifie également sa blessure, en s'assurant qu'il n'y ait pas d'infection.
- Je suis d'accord, murmure-t-il.
- Quoi ? demande-t-elle en le regardant.
- Je veux bien que tu préviennes Octavia demain. Il faut qu'elle sache que tout ira bien pour moi, que tu vas m'aider.
- Très bien.
Elle lève légèrement les yeux lorsqu'elle voit une mèche bouclée de Bellamy descendre sur son front. Sans pouvoir s'en empêcher, elle tend sa main et la replace au bon endroit. Elle croise soudainement son regard. Il ne la regarde plus avec de la colère dans les yeux, mais avec une forme de tendresse à la place. Elle se recule en raclant sa gorge, sentant ses joues brûler. Elle murmure rapidement les mots « bonne nuit » et se dirige rapidement vers les escaliers, en montant les marches deux par deux. Elle se précipite dans sa chambre et s'adosse contre la porte, en expirant doucement. Il faut qu'elle le sauve. Il mérite tout sauf ça, et elle aimerait apprendre à le connaître, lui et sa meute.
Clarke G. : « Tu viens avec moi demain après-midi dans la forêt ? »
Wells J. : « Des fois j'aimerais que tu aies d'autres amis que moi, c'est sincère. »
Clarke G. : « Allez, s'il te plait. Il faut que je cherche Octavia, peut-être qu'elle sentira mon odeur si je ma balade dans les bois. Les loups ont un bon odorat apparemment. »
Wells J. : « Très bien. Mais je te préviens : si elle me tue, je reviens te hanter. »
Clarke hésite à prendre une arme lorsqu'elle doit partir chercher Octavia, le lendemain. Si elle n'en prend pas, elle risque de se faire tuer. Mais si elle en prend, elle risque de se faire tuer aussi puisqu'Octavia se sentirait menacée. Elle décide de ne rien prendre avec elle. Wells va définitivement la tuer.
Elle sort de chez elle et rejoint Wells devant son porche. Il dépose un baiser sur sa joue et la regarde de haut en bas.
- T'as une arme pour moi ? demande-t-il.
- Non, je n'en ai même pas pour moi.
Elle le dépasse et s'engouffre dans la forêt de l'autre côté de la route, en entendant Wells dire « Tu déconnes ? » derrière elle. Elle enfonce ses mains dans ses poches en écoutant son meilleur ami déblatérer toutes les insultes inimaginable, jusqu'à ce qu'il n'en ait plus. Ils se promènent dans la forêt en regardant autour d'eux, à l'affut du moindre mouvement.
- Octavia ! s'écrie Clarke au bout d'un moment, en perdant patience.
Wells soupire et crie le nom de cette dernière à son tour. Ils s'enfoncent encore plus profondément dans les bois, jusqu'à ce qu'ils entendent du bruit derrière eux. Ils se retournent et voit Octavia les bras croisés, adossée à un arbre. Clarke racle sa gorge en essayant de ne pas être nerveuse.
- Griffin, que me vaut l'honneur ?
- C'est à propos de Bellamy.
Octavia se redresse tout à coup en entendant le prénom de son frère. Elle se rapproche peu à peu d'eux et Clarke craint le pire lorsqu'elle voit le nez d'Octavia se plisser à plusieurs reprises, comme si elle essayait de la renifler. Octavia sort alors ses canines en grognant, tandis que Clarke se met dans une position de défense, les bras en avant.
- Qu'est-ce que tu lui as fait ? grogne Octavia dans sa direction.
- Je te jure qu'il va bien, d'accord ? la rassure Clarke. Il m'a envoyée ici pour que je puisse te le confirmer. Il ne voulait pas que tu t'inquiètes.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Clarke avale sa salive en jetant un coup d'œil à Wells. Il lui fait un hochement de tête. Elle raconte alors toute l'histoire à Octavia : ce qu'il s'est passé dans la forêt et l'endroit où se trouve Bellamy désormais. Octavia l'écoute du début à la fin en se redressant au fur et à mesure du récit.
- Je te jure que je vais le libérer ce soir, tu as ma parole, lui promets Clarke. Mais il faudra que tu sois dans cette forêt pour réceptionner Bellamy. Il sera trop faible pour marcher tout seul, et je n'aurais pas assez de force pour l'emmener loin.
- Très bien, je viendrai avec Raven. Et si tu viens de raconter des mensonges pour pouvoir me capturer, je t'arracherai la gorge avec mes dents, c'est compris ?
- C'est la vérité.
Elle la regarde encore quelques temps et hoche finalement la tête. Elle s'éloigne alors que Clarke tapote l'épaule de Wells, qui retenait sa respiration durant tout l'échange entre elles. Ils se baladent côte à côte, les mains dans les poches.
- Comment est-ce que tu vas faire ? lui demande-t-il.
- Je ne sais pas trop, avoue-t-elle. Je vais probablement demander à mon père de me couvrir.
- Tu es dans un sacré pétrin, Clarke Griffin.
Clarke hausse les épaules alors que Wells sourit. Il s'éloigne vers sa maison alors qu'elle continue à marcher vers la sienne. Lorsqu'elle rentre chez elle, elle aimerait immédiatement voir si Bellamy va bien. Elle veut savoir s'il va bien… Mais il faut qu'elle s'en empêche. Sa mère est à la maison, elle le saurait très rapidement. À la place, elle monte dans sa chambre et fait ses devoirs. Elle descend manger avec ses parents vers 20h. Ils font la conversation mais elle ne se joint pas à eux. Elle est beaucoup trop stressée pour ce qui va arriver un peu plus tard. Son plan peut rapidement tourner au drame.
- Tu viens avec nous ? demande au bout d'un moment sa mère.
- Quoi ? répond sa fille en levant la tête. Où ça ?
- Interroger le loup. Tu veux venir ?
Clarke secoue la tête en sentant sa gorge se nouer. Elle devrait être là pour pouvoir le soutenir mais elle ne peut pas, elle n'a pas envie de le voir se faire torturer par sa mère. Tout sauf ça.
Elle monte rapidement dans sa chambre alors que ses parents descendent dans la cave. Elle enfonce ses écouteurs dans ses oreilles et met la musique à fond, pour couvrir les cris que Bellamy pousse. Elle retire un écouteur lorsqu'elle entend des pas dans les escaliers, plusieurs minutes après. Elle se raidit alors que sa porte s'ouvre. Son père entre discrètement.
- Il est l'heure, murmure-t-il.
Clarke se lève de son lit en hochant la tête et suit son père dans les escaliers, sans faire de bruit. Sa mère regarde probablement la télévision dans sa chambre. Elle descend les escaliers menant à la cave et pince des lèvres en voyant Bellamy respirant bruyamment, toujours attaché. Quelques-unes de ses blessures se sont ouvertes. Ils ont vraiment dû lui faire du mal.
Elle se précipite vers lui et soulève son visage. Il ouvre les paupières et la regarde, en mettant du temps à comprendre la situation. Jake détache l'un de ses bras pendant ce temps-là.
- Écoute-moi, dit Clarke à Bellamy en le regardant. On va te détacher et je t'emmènerai ensuite dans la forêt. Octavia et Raven nous retrouveront là-bas. En attendant, il faut que tu tiennes le coup, d'accord ?
Il hoche la tête alors que Jake libère son autre main. Il s'écroule de tout son poids sur Clarke, étant trop faible pour se tenir debout. Jake vient le soutenir avec Clarke et l'emmène vers les escaliers. Bellamy gémit doucement mais essaye d'être discret. Il est torse-nu, donc chaque plaie le fait encore plus souffrir. Ils atteignent la porte d'entrée.
- Je ne peux pas venir avec vous, sa sœur va avoir peur lorsqu'elle me verra. Est-ce que ça ira ? lui demande son père.
- Oui. Je reviens vite.
Elle prend l'un des bras de Bellamy et le fait passer sur son épaule. Ils commencent à marcher en direction de la forêt. Ce dernier pousse de nombreux cris de douleur, mais elle essaye de le rassurer. Elle devient de plus en plus faible, puisqu'il s'appuie beaucoup contre elle. Ils atteignent le début de la forêt et continuent à marcher deux à trois minutes. Il s'écroule cependant sur le sol au bout d'un moment. Clarke s'éponge le front et regarde ses blessures.
- Tu perds trop de sang, dit-elle en essayant de poser ses mains sur ses plaies. Tu ne pourrais pas te transformer pour accélérer le processus de guérison ?
- Non, je suis trop faible pour ça. Je dois juste… Tenir.
- Plus facile à dire qu'à faire.
Clarke grince des dents en appuyant un peu plus, pour ne pas que le sang s'échappe de trop. Ils attendent un peu. Cinq minutes se passent sans qu'aucun des deux ne parle. Elle ne saurait même pas quoi dire.
- Merci, murmure-t-il finalement en plongeant ses yeux dans les siens.
- Tu es dans ce merdier à cause de moi, marmonne-t-elle. Tu n'as pas à me remercier.
- Si, justement. Je suis désolé de t'avoir accusée de t'être servie de moi.
Bellamy la regarde intensément jusqu'à ce qu'elle hoche la tête, pour lui dire qu'elle ne lui en veut pas. Ils attendent encore un peu jusqu'à ce qu'ils entendent du bruit. Octavia et Raven se précipitent soudainement vers eux. Octavia enlace longuement son frère, alors que Clarke se relève en entourant son corps de ses bras.
- Alors c'est toi la chasseuse de loup garou ? demande Raven en haussant un sourcil.
- Mes parents, principalement. Je suis censée reprendre leur héritage mais je… Je ne sais pas encore.
Raven hoche la tête en lui envoyant un sourire. Clarke baisse la tête en souriant à son tour. Au moins elle ne lui en veut pas, c'est déjà un très bon point. Elle regarde Octavia relever Bellamy du sol. Cette dernière jette un coup d'œil à Clarke en la cernant du regard. Elle lui fait finalement un signe de la tête.
- Merci pour ce que tu viens de faire. On t'en doit une.
- Non, c'est bon. C'est normal.
Elle passe un bras de Bellamy sur ses épaules et commence à partir. Bellamy jette un dernier coup d'œil à Clarke. Celle-ci frissonne de la tête au pied devant ses yeux intenses et baisse la tête, sentant ses joues rougir. Elle les regarde tous les trois s'éloigner en poussant un loup soupir de soulagement. C'est terminé, tout va bien… Même si elle aimerait désormais mieux les connaitre. Elle n'a pas envie de lâcher Bellamy pour le moment.
Bonjour !
Vous allez bien ? Je viens de ressortir d'une semaine de vacances, je peux dire que je suis en forme ! Je fais mes études à Saint-Lô mais j'ai pu rentrer chez mes parents à Caen donc ça m'a fait beaucoup de bien. Par contre, je l'avoue, je n'ai pas fait grand-chose… Ce n'est pas comme si j'avais mon concours à travailler, non, pas du tout… Je préfère écrire, voilà la triste vérité ! Vos études se passent bien ? Votre travail ?
Je n'ai pas répondu à vos reviews, je suis désolée, mais je le fais bientôt ! Vu que j'étais avec mes parents et mes amis j'ai préféré profiter d'eux à fond, je l'avoue.
Certains m'ont posé des questions au niveau de la fréquence de la publication, donc je vous réponds ici : ce sera une fois par semaine, tous les lundis. Les heures vont changer, ça peut être le midi comme le soir, mais en tout cas le lundi ! Donc à lundi prochain !
- Amandine.
