Chapitre 2 – Dispute au petit déjeuner
« Félicitations et bienvenue ! congratula Edgar Bones, le préfet de Poufsouffle aux premières années. Je suis le préfet Edgar Bones et je suis très heureux de vous accueillir à POUFSOUFFLE. Le blaireau est l'emblème des Poufsouffle. C'est un animal que les gens ont souvent tendance à sous-estimer, car il mène une vie paisible tant qu'on ne l'attaque pas. Mais à la moindre provocation, il devient un adversaire redoutable qui peut faire peur à des animaux beaucoup plus gros que lui, y compris aux loups ou aux serpents, là où le lion se cache derrière des buissons, et où l'aigle reste à l'abris dans les cieux. Nos couleurs sont le jaune et le noir. Notre salle commune se trouve au premier sous-sol. On y accède par le couloir qui mène aux cuisines de Poudlard. Il y a quelques petites choses qu'il est important que vous sachiez à propos de Poufsouffle. Tout d'abord, je tiens à chasser un mythe qui nous poursuit depuis belle lurette : on dit de nous que nous sommes les élèves les moins intelligents de Poudlard. Ceci est entièrement FAUX. Les Poufsouffle sont juste les moins vantards ! Nous avons formé tout autant de très grands sorciers et sorcières que les autres maisons. Vous voulez que je vous le prouve? Eh bien, prenez le cas de Grogan Stump, l'un des ministres de la Magie les plus populaires de tous les temps. C'était un Poufsouffle, tout comme l'étaient les ministres Artemisia Lufkin et Dugald McPhail, tous deux très doués et respectés. Sans oublier, bien sûr, Norbert Dragonneau, l'expert de renommée mondiale sur les animaux fantastiques, Bridget Wenlock, la célèbre arithmancienne du XIIIe siècle, qui fut la première à découvrir les propriétés magiques du chiffre sept, et Hengist de Woodcroft, qui fonda Pré-au-Lard, le village de sorciers situé à proximité de Poudlard. Tous étaient des Poufsouffle. Donc, comme vous le voyez, nous avons, nous aussi, formé de brillants sorciers et sorcières, qui ont fait preuve de puissance et d'audace. La seule différence avec les autres maisons, c'est que nous ne nous en vantons pas, ce qui fait qu'elles ne reconnaissent pas notre mérite. Les Serdaigle, en particulier, s'imaginent que tous les plus grands sorciers sortent forcément de chez eux. Je me suis d'ailleurs attiré de gros ennuis durant ma cinquième année après avoir participé à un duel contre le préfet des Serdaigle qui soutenait que Bridget Wenlock venait de sa maison plutôt que de la mienne. Alors que je craignais de recevoir une semaine de retenue, le professeur Chourave m'a tout simplement donné un avertissement et une boîte de glace à la noix de coco. Les Poufsouffle sont fidèles et dignes de confiance. Si nous n'aimons pas nous vanter, nous n'aimons pas non plus qu'on s'en prenne à nous. Gare à ceux qui nous cherchent des noises ! À l'image de notre emblème, le blaireau, nous nous défendrons et défendrons vaillamment nos amis et nos proches contre tout ennemi. Personne ne nous fait peur. Ceci dit, il est vrai que nous avons une lacune particulière. De toute l'école, c'est nous qui avons formé le moins de sorciers qui ont mal tournés. Bien sûr, nous savons tous que Serpentard produit de sinistres personnages, ce qui n'est pas étonnant, vu qu'ils ne comprennent pas la notion de fair play et préfèrent tricher plutôt que travailler. Mais même les Gryffondor (qui, soit dit en passant, sont ceux avec lesquels nous nous entendons le mieux) ont formé quelques sorciers à la réputation fort douteuse. Que puis-je vous dire d'autre ? Ah, oui : l'entrée de notre salle commune est dissimulée parmi un tas de gros tonneaux empilés dans un recoin, sur le côté droit du couloir de la cuisine. Pour entrer, il suffit de trouver le tonneau situé au centre de la deuxième rangée, en partant du sol, et de tapoter sur celle-ci en comptant les syllabes de « Helga Poufsouffle ». Le couvercle de la barrique s'ouvrira automatiquement. Nous sommes les seuls à Poudlard à disposer d'un système de défense contre les intrus potentiels. Quiconque tapote le mauvais tonneau ou ne fait pas le bon nombre de tapotements se retrouvera immédiatement aspergé de vinaigre. Les autres maisons font grand cas de leurs dispositifs de sécurité, mais, en réalité, c'est nous qui possédons le meilleur : aucun étranger n'a vu la salle commune ou les dortoirs des Poufsouffle depuis plus de mille ans. Comme le blaireau, nous savons faire profil bas et nous défendre comme il le faut, quand il le faut. Une fois que vous aurez ouvert le couvercle de la barrique, glissez-vous à l'intérieur et rampez le long du passage étroit qui mène à notre salle commune. Celle-ci a une forme ronde et naturelle et un plafond bas. C'est la plus douillette et la plus accueillante de Poudlard. Elle est constamment baignée de soleil et ses grandes fenêtres arrondies donnent sur de hautes herbes sauvages et une foison de pissenlits. C'est un endroit rempli d'objets en cuivre poli et de plantes, posées sur le rebord des fenêtres ou pendues au plafond. Notre directrice, Pomona Chourave, est professeur de botanique. De temps en temps, elle nous apporte de fascinantes espèces pour décorer notre salle (comme des plantes qui dansent ou qui parlent). C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles les Poufsouffle sont souvent très forts en botanique. Nos canapés et fauteuils sont recouverts de tissu jaune et noir et on accède à nos dortoirs par des portes rondes percées dans les murs. Nous dormons dans des lits à baldaquin recouverts de grosses couettes en patchwork. D'anciennes bouillottes en cuivre sont accrochées aux murs, au cas où vous auriez froid aux pieds. Des lampes en cuivre diffusent une lumière douce et chaleureuse. Nous possédons aussi le fantôme le plus gai et le plus sympathique de Poudlard : le Moine Gras. Vous n'aurez aucun mal à le reconnaître : il est rondelet et porte un habit de moine. Il est toujours très serviable et vous aidera si vous perdez votre chemin ou si vous rencontrez des problèmes. Voilà, je pense avoir tout dit. Au fait, j'espère que certains d'entre vous sont de bons joueurs de Quidditch. Récemment, l'équipe de Poufsouffle n'a pas beaucoup brillé lors des tournois de Quidditch. Vous devriez bien dormir ici. Nos dortoirs sont parfaitement abrités des orages et du vent. Et contrairement à ceux qui dorment en haut des tours, notre sommeil n'est jamais perturbé. Encore une fois, permettez-moi de vous féliciter chaleureusement : vous faites désormais partie de la maison la plus sympathique, la plus honnête et la plus persévérante de Poudlard ! »
A peine arrivés dans leur nouvelle salle commune, Théa et Rich virent immédiatement que l'ambiance chez les Poufsouffle n'était pas aussi studieuse que ce que les autres maisons pensaient. En effet, après avoir fini le repas a 20h, une fête fut organisée avec un départ à 21h. Etant le samedi 1er septembre, il y avait donc un dimanche appréciable pour les lendemains de soirée difficile.
Cela permis à la joyeuse bande de Poufsouffle de 5ème à 7ème année de se changer.
Théa opta pour un look rock chic, affublée de ses doc marteens mi hautes en cuir de dragon, de sa petite robe en tissu fluide et ample noire et à bretelles, qui lui montait au dessus de la mi cuisse avec des collants à peine foncés. Elle avait réajusté le tout d'une chemise à motifs écossais bleu nuit, bleu océan et noir, lui tombant sur les hanches. Un petit décolleté qui laissait libre court à l'imagination en n'en dévoilant pas trop permettait d'entrevoir la salamandre ethnique tatouée sur la courbe de son sein gauche, près du cœur. Ses longs cheveux étaient lâchés en ondulations, tenus par un headband qui consistait en deux lianes de cuir de dragon entrelacées, ses yeux étaient maquillés d'un smokey eyes chardonneux qui rajoutait à l'intensité de son regard, et elle portait un bracelet magique en or blanc à charms au poignet droit que seule elle pouvait retirer.
Rich quant à lui, préféra un style plus classique, avec un pantalon noir et une chemise qui se mariait à merveilles avec ses yeux. Un triple bracelet de cuir noir ornait son poignet droit.
Ils arboraient sur le côté droit de leur poitrine le nœud gordien de la fondatrice de leur école. Hommage aux plus belles années de leur adolescence.
Rich fut immédiatement alpagué par Edgar Bones, Benjy Fenwick, Caradoc Dearborn et Dedalus Diggle, alors que de son côté, Théa était entourée de Dorcas Meadowes, Emmeline Vance, Hestia Jones et Greta Catchlove, à savoir, respectivement, les personnes avec qui ils allaient partager leurs dortoirs.
En effet, l'entre deux Mages Noirs était toujours une période de baby boom, contrairement aux périodes de Terreur dans l'Histoire du Monde magique. En l'occurrence, cela expliquait qu'il y ait plusieurs dortoirs de filles et de garçons pour chaque année.
La musique tournait sur le Gramophone de manière assourdissante, et une sortilège d'insonorisation ne fut pas de trop.
De part sa proximité avec les cuisines, la salle commune avait un passage direct vers la tanière des elfes, ce qui permit aux préfets, Edgar Bones et Emmeline Vance de réquisitionner de l'alcool auprès des serviteurs de l'école.
Chacun des jumeaux sympathisait avec ses camarades de dortoir. Théa était déjà entourée de prétendants après à peine quelques heures à l'école, ce qui amusa beaucoup Rich, qui de son côté, flirtait avec les filles des autres dortoirs. Si Théa n'avait jamais hésité à s'attaquer à ses amis, il se refusait de lui rendre la pareille. L'intense fragilité qu'elle cachait et son don pour la destruction et en particulier l'auto destruction faisait qu'il ne pouvait pas lui en vouloir, et qu'il ne pouvait s'empêcher de la protéger.
« Alors, lança Greta, que peux-tu nous dire à ton sujet, Anthéa Dragonneau ?
-Que veux-tu savoir ? répliqua doucement Théa avec un brin de malice en portant à ses lèvres son verre de vin de sureau.
-Parle nous d'Ilvermorny ! interrogea la jeune châtaigne avec avidité
-Hé bien, Ilvermorny se situe au Massachussetts, sur le Mont Geylock. C'est un château en granit. Il y a deux statues de marbre qui représentent les fondateurs de chaque côté de la porte d'entrée. Il y a des murs et des petites tours qui entourent l'école. Un portail gravé des armoiries de l'école et un nœud gordien sert d'entrée. Le hall est circulaire et a une coupole en verre à la place du plafond. A l'étage, il y a un balcon en bois, où la foule observe la répartition. Dans le hall, on est accueillis par les statues du Serpent Cornu, qui représente l'esprit et les érudits, du Womatou, qui accueille les guerriers et le corps, de l'Oiseau-tonnerre, pour l'âme et les aventuriers, où j'étais répartie et du Puckoodgenie, qui symbolise le cœur et les guérisseurs. Ce sont ces statues qui nous répartissent en nous désignant. Le serpent cornu fait étinceler le cristal sur son front, le Womatou rugit, l'Oiseau-tonnerre bat des ailes, le Puckoodgenie lève sa flèche dans les airs. Si plusieurs statues invitent un élève à le rejoindre, c'est l'élève qui choisit. Le Womatou nous avait également désignés, mais nous avons suivi la maison où notre mère a étudié. Nos uniformes sont un pantalon ou une jupe et une veste bleu avec une chemise et un pull rouge. Nous avions un nœud gordien sur notre robe sorcière, comme celui-là, indiqua-t-elle en tapotant son écusson. A cause des Natifs Américains locaux qui ont eu un rôle important dans la création et l'expansion de l'école, nous avions un cours sans baguette pour tout ce qui est simple, notamment pour tout ce qui est télékinésie, la lévitation, ce genre de petites choses. Au fil des années, ça allait en augmentant les difficultés.
-Passionnant ! se mit à pépier Greta comme si elle prenait des notes mentales de tout ce que racontait l'américaine.
-Comment sont les américains ? s'intéressa Hestia avec un sourire chaleureux.
-Moins coincés que les anglais, plus libérés, se moqua Théa avec un clin d'œil.
-Quelles sont tes matières de prédilection ? demanda Emmeline avec un regard calculateur, grande compétitrice dans l'âme.
-Les Créatures magiques, la botanique, les potions, les enchantements. Je suis très douée en DFCM et en métamorphoses également. Les runes et l'arithmancie sont très intéressantes également.
-Et tes loisirs ? enchaîna Dorcas avec douceur.
-Je voyage beaucoup, j'ai passé dans mon enfance des journées en famille à faire des trek et des trail, des randonnées, de l'escalade en pleine flore magique ou non maj. C'est la fascination de mon père avec les animaux et les créatures. J'adore nager, c'est mon élément. Je savais nager tout de suite après avoir marché, d'ailleurs. Je photographie beaucoup également. Ma tante vit à Greenwich Village et est passionnée de danse et de musique, alors elle m'a tout appris. Ma mère est plus érudite, elle m'a transmis son amour pour les livres.
-Non maj ? répéta Greta.
-Moldus si vous préférez, traduisit Théa.
La conversation continua et s'enchaîna sur la gent masculine de Poudlard.
-Le groupe le plus populaire de Poudlard est composé Sirius Black, James Potter, Remus Lupin et Peter Pettigrow, énuméra Greta. Le plus beau reste Sirius, mais le charme de Remus et l'atout séduction de James ne sont pas à ignorer. James est follement amoureux de Lily Evans qui le déteste. Sirius Black est un Casanova. Remus est plus romantique. Il y a beaucoup d'autres beaux gosses, rien que dans notre maison, il y a Marcel, Edgar, Caradoc et Benjy, notre Dom Juan attitré par exemple. Ils rivalisent un peu avec les Maraudeurs. Chez les Serdaigle, ce sont Barty Croupton, Nathaniel Greengrass, Andrew Shafiq et Gilderoy Lockhart, un coureur de jupon très imbu de sa personne. A Serpentard, c'est Evan Rosier, Rabastan Lestrange, Regulus Black et Augustus Rookwood. Mais je te conseille de ne pas t'en approcher, ils sont vicieux, et prônent la pureté du sang.
-D'ailleurs, quel est ton statut ? hasarda Dorcas.
-Est-ce important ? répondit Théa.
-Non, mais tu devrais vraiment te méfier des Serpentard. Ils ont attaqué Mary Macdonald il y a un an parce qu'elle est née moldue, précisa-t-elle
-Je suis de Sang-Mêlé. Mes parents sont sorciers, et leurs parents avant eux également. Aux Etats-Unis, il est interdit de se mêler aux Non Maj, ces derniers sont oubliettés s'ils découvrent notre vraie nature. C'est à cause de divers traumatismes nationaux, notamment des chasseurs de sorciers, par dessus tout les procès de Salem et des ratisseurs, qui débusquaient leurs semblables sorciers par appâts du gain, et les livraient aux Non Maj. La loi Rapport est imposée là bas, et nous oblige à une réelle Ségrégation. Pour autant, nous vivons parmi eux, comme eux, afin de mieux les connaître et nous préserver. On nous apprend tous jeunes que les étudier et les observer nous permettra de parer à tout problème en cas de révélation, d'éviter une propagation de notre révélation. D'une certaine manière, nous avons tous le devoir de les surveiller, là bas. Malgré ça, il y a toujours les Nés Non Maj, donc la plupart des américains sont de Sang-Mêlé. Sans compter qu'avant 1790, quand la loi a été promulguée, les Non Maj pouvaient épouser les sorciers, raconta Théa. Du côté de mon père, je ne doute pas que si on remonte à plus de 5 générations, on trouvera également des moldus ou nés moldus. Il y en a dans quasiment toutes les familles, de toutes façons.
Les 4 jeunes sorcières acquiescèrent d'un air entendu. Elles lui parlèrent des différents professeurs, des matières, et des autres camarades.
De son côté, Rich sympathisait avec ses propres collègues de chambrée, et flirtait doucement avec Aliénor Hamilton et Margaret Turner, sous le regard moqueur de sa moitié. Celle-ci laissait allègrement Ethan Anderson, John Abbott et Dylan Thomas lui faire la cour.
L'alcool coulait à flot, la musique pulsait à fond, la danse était enivrante. Pour un peu, Rich se dit que finalement, ces britanniques n'étaient pas aussi complexés et pincés qu'ils ne le laissaient paraître. En tous cas, pas à Poudlard.
OoO
Pendant ce temps là, Sirius et James étaient dans leur dortoir, et se retrouvaient enfin entre Maraudeurs. Ils ne s'étaient que peu vus pendant l'été. Sirius avait fui de chez lui après une énième dispute avec ses parents. Ça, Peter et Remus le savaient parce que James leur avait envoyé une missive rapide et paniquée pour les prévenir, lorsque Sirius avait frappé à sa fenêtre. Lorsqu'ils s'étaient vu sur le chemin de Traverse afin d'effectuer ensemble leurs courses de rentrée, l'air maussade de leur ami les avait dissuadés de l'interroger.
Ce soir là, ils allaient avoir des explications.
Ce soir de juin 1977, Sirius s'était violemment disputé avec ses parents. Ils l'avaient, comme toujours, accablé, et insulté de tous les noms. Traître à son sang, adorateur de moldus, fricoter avec la vermine que sont les Sang de Bourbe, s'entourer de Sang-Mêlés, réparti à Gryffondor, une honte, une calomnie… Et ça avait duré des heures. Son frère était resté étrangement silencieux. Il fuyait le regard de Sirius, mais n'approuvait pas ses parents. Il semblait fatigué, et craintif, n'osant pas prendre parti. A bout de nerf, Sirius avait grimpé les escaliers, pris sa malle qu'il n'avait pas pris le temps de vider, et était parti à balai. Il avait tenté d'emmener son frère avec lui, mais celui-ci était resté figé sur le pas de la porte, hésitant, tiraillé entre l'envie de suivre son aîné et la peur de perdre le reste de sa famille. Pressé par les pas lourds et rageurs de ses parents dans les escaliers, l'aîné des Black avait ouvert sa fenêtre, enfourché son balais, et avait filé dans la nuit.
Il n'était pas encore majeur à ce moment là. Il avait donc dû faire le chemin du Square Grimmaurd jusqu'à Godric's Hollow, le cottage de vacances des Potter, sous la pluie battante qui collait les vêtements à sa peau et qui le frigorifiait. Mais sa rancœur envers ses parents qui ne l'acceptaient pas tel qu'il était, ses remords d'être parti sans son frère, sa colère d'être né dans la mauvaise famille, sa haine de tous les puristes, avaient rendu le temps de trajet extrêmement rapide.
Enfin, il était arrivé au cottage, et commença a douter. Qu'était-il en train de faire ? Pouvait-il sérieusement débarquer ainsi chez les gens, lui, le fuyard, désormais renié ? Que ferait-il si les Potter ne souhaitaient le prendre en charge ? D'autant plus qu'il devait déjà être déshérité, sans toit, sans sous … Une fois de plus, il avait agit sans réfléchir, et il s'en voulait d'imposer sa situation à des personnes aussi bienveillantes que le couple Potter.
Il avait fait le tour du cottage à la recherche de la chambre de son ami. Enfin, il avait trouvé une fenêtre allumée à l'étage. En s'approchant, son cœur s'était serré dans sa poitrine. James était sur son lit, avec une sublime créature et un Appolon vivant. Il avait hésité à déranger son meilleur ami, qui était en train de mourir de rire, sous le récit, apparemment animé, que lui livraient les deux inconnus. Il avait senti la jalousie poindre au fond de ses entrailles, mais également la curiosité. Il avait hésité à rebrousser chemin, mais son regard gris perle avait croisé celui bleu océan, azuré et électrique la jolie jeune femme qui était allongée sur le ventre sur le lit de James, les jambes battant dans son dos, uniquement vêtue d'un des tee-shirts de Quidditch du capitaine de Gryffondor, en souriant avec facétie. Il aurait pu la regarder ainsi des heures, immédiatement hypnotisé qu'il avait été. Mais il s'était vite repris, ne laissant rien paraître de son trouble. Il s'était pourtant demandé si le surnommé Cornedrue n'avait pas décidé d'oublier Evans avec la jolie inconnue. Mais que faisait le troisième adolescent avec eux ? Non, ce genre de pratique ne ressemblait pas à son frère de cœur…
La jeune femme s'était alors retournée vers James en lui adressant quelques mots, et en indiquant la direction de la fenêtre d'un geste raffiné du menton. Puis les deux garçons avaient tourné des regards interrogateurs vers la fenêtre. Gêné, Sirius avait fait un signe lent de la main. L'adrénaline passée, il ressentait toute la froideur de son corps sous le vent terrible qui le faisait tanguer sur son balai.
James s'était précipité et avait ouvert la fenêtre, avec une profonde inquiétude et incompréhension dans les yeux.
-Patmol ? Que fais-tu là ? avait demandé le jeune Potter en faisant entrer son meilleur ami.
-Je l'ai fait Cornedrue… Je suis parti, avait confié le jeune Black, dépité, le regard résolument accroché au parquet usé mais verni.
La belle brune avait disparu de la chambre sans un bruit, et son acolyte avait pris en charge la malle de Sirius, qui lui en avait été silencieusement reconnaissant. La jeune fille était revenue quelques minutes plus tard avec un peignoir chaud dans une main, et sa baguette en chêne blanc dans l'autre afin de faire léviter un plateau avec des gâteaux et un thé brûlant. Elle lui avait apporté le tout avec un sourire amical et empreint de compassion et de bonté. James avait fait s'asseoir son meilleur ami sur son lit, en enroulant son bras sur ses épaules.
-Je vous dérange, avait piteusement remarqué Sirius.
-Tu ne me déranges jamais ! s'était révolté James. Je te présente mes amis d'enfance et voisins de toujours dans le Dorset : Anthéa et Ulrich Dragonneau.
-Ceux qui étudient aux Etats-Unis, s'était alors souvenu Sirius en relevant la tête
-Oui, avait hoché le dénommé Ulrich en lui tendant la main, on connaît cette énergumène depuis toujours, mais on ne le voit que pendant les vacances depuis 6ans, maintenant. On vous a laissé un sacré boulet sur les bras ! avait-il ri, imité avec James, qui avait passé sa main libre dans ses cheveux.
-On va vous laisser discuter et vous retrouver, avait proposé Anthéa avec un sourire à vous damner.
-Ils ont l'air sympa, avait noté Sirius une fois que les jumeaux avait quitté la chambre.
-Ils sont comme mon frère et ma sœur, avait rappelé James, et si vous n'aviez pas été là, j'aurai pété un câble à Poudlard. Mais vas y, raconte-moi tout ! avait-il ordonné avec un froncement de sourcils.
Et Sirius avait résumé la situation avec une mine renfrognée et écoeurée. James avait passé la nuit à le réconforter.
Le lendemain, au petit déjeuner, Fleamont et Euphémia l'avaient accueilli avec joie. Il s'était entretenu de longues heures dans le bureau de Fleamont. Ce dernier en avait conclu que connaissant la fierté déplacée des Black, l'ultime affront qu'il leur avait fait lui avait sans nul doute valu d'être brûlé de leur maudite tapisserie. Il lui avait alors proposé de s'installer chez eux. Paniqué, Sirius leur avait dit qu'il comptait dans ses affaires une tente luxueuse, et qu'une partie de leur grand terrain suffirait largement. Ils avaient insisté, mais Sirius tenant des Black, avait gagné la partie. Pourtant, de nombreuses chambres auraient pu l'accueillir, d'autant plus qu'il allait se doucher, manger, et vivre avec eux. Mais Sirius avait tenu à ne pas abuser plus que nécessaire, c'était sa manière de ne pas dépasser les limites, et ce, bien que les Potter le considéraient comme un deuxième fils.
Il avait ainsi passé l'été chez eux. Sirius avait reçu un hibou de son oncle Alphard la veille de sa rentrée, avec une clé d'un coffre de Gringotts qu'il avait ouvert et alimenté à son attention, afin qu'il puisse se louer un appartement à sa sortie de Poudlard. Peu importe les conséquences, et s'il était lui même renié, qu'à cela ne tienne ! L'après-midi même, James et lui avaient retrouvé la deuxième moitié des Maraudeurs sur l'avenue sorcière de Londres. Ils avaient fait une soirée pyjama chez James, et le lendemain, avaient pris le Poudlard Express…
-Mais du coup, tu ne nous as pas beaucoup parlé de ces jumeaux, observa Peter, une fois le récit des péripéties estivales et familiales de Sirius terminé.
-Qu'est-ce que vous voulez savoir ? demanda James.
-Comment ils sont ? Comment tu les connais ? Pourquoi ils font cette dernière année ici, énuméra l'animagus rat.
-Hé bien heu … Je les connais parce que nos parents sont voisins et du même âge depuis leur retraite respective. Comme mes parents, les Dragonneau ont eu leurs enfants sur le tard, ce qui les a grandement rapprochés. J'ai grandi avec eux. Leur père c'est le célèbre Norbert Dragonneau, dont on a étudié l'ouvrage en SCM, et leur mère était enquêtrice pour le MACUSA, c'est le Congrès magique des Etats-Unis d'Amérique, qui est l'équivalent du Ministère de la Magie aux Etats-Unis. Là bas, ils considèrent que Poudlard, c'est une arnaque, et le père des jumeaux a voulu faire plaisir à sa femme, donc ils sont partis étudier à Ilvermorny, en Amérique du Nord. Après tout, Tina a consenti à venir s'installer en Angleterre pour lui une fois la retraite arrivée, alors ça devait être une espèce de compromis entre eux. Ça aurait pu être l'inverse, maintenant que j'y pense, mais je ne les aurai peut-être jamais connu. Bref, ils ne rentraient que l'été, et leurs parents les rejoignaient à New-York pour Noël, chez leur tante. Ils étaient dans la maison de l'Oiseau-tonnerre, celle des aventuriers, c'est d'ailleurs pour ça que je suis dégoûté qu'ils soient allés à Poufsouffle. Mais j'imagine que c'est le côté de leur père qui a primé, cette fois, et pas celui de leur mère, conta James. Ils sont comme mon frère et ma sœur. Et je suis vraiment dégoûté qu'ils soient à Poufsouffle ! répéta-t-il avec hargne en tapant du poing sur sa table de chevet, faisant tomber son réveil.
-On a cru remarquer, ironisa gentiment Remus avec un sourire fatigué.
-Mais c'est vrai quoi ! Je dis pas, ils sont loyaux, justes, tolérants, sincères, persévérants et adorateurs de la nature mais … mais … ils étaient à la maison de l'Oiseau tonnerre, la maison qui favorise les aventuriers et l'âme des sorciers… Comme Gryffondor !
-On aura sûrement beaucoup de cours, de pauses et d'études avec eux, supposa Peter, allongé sur le dos et fixant le haut de son baldaquin
-Il y aura les sorties à Pré-Au-Lard et les week-end Cornedrue ! Ne t'inquiète pas, le rassura Sirius en lui envoyant son oreiller au visage afin de le dérider.
-Ne sois pas si frustré, implora Remus qui sentait la pleine lune approcher et qui ne se sentait pas de supporter la frustration de l'un ou l'autre de ses amis.
-tu sais, quand je les ai vus, j'ai crus que tu avais remplacé Evans par Anthéa, s'amusa Sirius en évitant le retour de son oreiller.
-Quoi ? s'offusqua James. N'importe quoi ! Je ne peux pas oublier Evans ! C'est la femme de ma vie ! s'écria James, choqué. Et puis Théa est ma sœur de cœur, ça serait … incestueux !
-En tous cas elle est parfaite, opina Sirius avec un sourire en coin.
-Ne tente même pas, le prévint James, tu vas te brûler les ailes, je la connais assez pour ça.
-Et moi ? Je suis quoi ? s'indigna Sirius en se levant sur son lit, prenant une pose de guerrier genou à terre, et tendant une épée imaginaire en l'air.
-Un conquérant, consentit James en un babillage un point sarcastique
-Pourquoi sont-ils venus étudier ici ? interrogea Peter avec avidité. Parce que de nos jours, les gens cherchent plutôt à fuir l'Europe qu'à y revenir, non ?
-Je sais pas trop... avoua James avec l'air d'une intense réflexion sur le visage. Ils manquaient trop à leurs parents je crois. Ou peut-être qu'ils en avaient marre des Etats-Unis. Après tout ils sont nés en Angleterre, et sont aussi britanniques qu'ils sont américains ! conclut-il avec fougue.
-Cornedrue a besoin de se décontracter, nota alors Sirius avec un regard entendu vers Peter, Queudver, sors nous la bouteille de Pur Feu ! La nuit va être longue.
Et les 4 amis entamèrent une soirée d'ivresse, en intimité, loin de l'ambiance festive de groupe des Poufsouffle connus pour être si travailleurs…
OoO
Le lendemain matin, Rich ne trouva pas sa sœur dans la Salle Commune. Seuls quelques élèves qui n'avaient pas pensé à l'option potion anti gueule de bois cuvaient difficilement, ratatinés dans les fauteuils, ou avachis sur les petites tables. Un 5ème année était recroquevillé devant le feu qui ronronnait sous l'œil attendri de la fondatrice, sa coupe à la main, le visage peinturluré de dessins plus ou moins obscènes.
Il se souvenait que lorsqu'il était allé se coucher, elle était entourée de ses camarades de chambre et de toute une cour de garçons de diverses années. Théa n'avait rien à envier aux Vélanes qui auraient pu être jalouses d'elle. En temps normal, Rich ne s'en serait pas formalisé. Mais après ce qu'il s'était passé à Ilvermorny, il avait promis à ses parents de garder un œil sur elle.
Avec une grande inquiétude il arriva devant la Grande Salle, fit un tour sur lui même pour balayer le hall d'entrée, puis jeta un coup d'œil aux diverses tables, en vain. Il repéra James et ses amis, et se décida à contrer la règle qui voulait qu'on ne s'installe qu'à sa table de maison. Après tout, être le filleul du directeur devait bien avoir des avantages.
-A peine 24heures et elle me fait déjà suer, soupira-t-il en se glissant à côté de James, sous l'œil réprobateur de la Préfète en Chef, installée à quelques places de là.
-Heu, Rich, tu n'as pas le droit d'être là, avisa James.
-De qui tu parles ? s'intéressa Peter, avide de tout savoir.
-Ma sœur ! s'agaça Rich. James ! s'écria-t-il en se retournant vers son ami d'enfance, en l'empoignant par les épaules et en le secouant. Je ne sais pas ce qu'elle a encore foutu, mais Théa n'est nulle part !
-Heu… ça ne doit pas être si grave, tenta James étonné par la crise de son ami. Si ça se trouve, elle est dans sa chambre.
-Non ! avoua Rich en lâchant abruptement la chemise du brun à lunettes, posant ses coudes sur la table et en posant sa mâchoire sur ses poings serrés. J'ai croisé Hestia à la sortie de la Salle Commune, elle ne l'a pas entendue venir se coucher. J'ai interrogé tous ceux qui tenaient debout, et personne ne l'a vue depuis hier soir !
-Tout le monde ne peut pas déjà savoir de qui il s'agit, tenta faiblement Remus.
-Tu as vu ma sœur ? s'énerva Rich en se redressant, courroucé. C'est le genre de personne qu'on reconnaît au milieu d'une foule et qu'on n'oublie pas de si tôt ! James ! Il faut que tu m'aides ! supplia Rich en s'agrippant à la cravate rouge et or de son ami.
-Voyons, Rich, le calma James avec flegme en récupérant sa cravate qu'il lissa, c'et une grande fille, elle ne doit pas être bien loin.
-Oh, je vois, railla soudainement Rich.
-Tu vois quoi ? s'interloqua le Préfet en Chef.
-Tu la vois toujours comme la fille sage qu'elle n'est pas ! l'accusa Rich de son doigt planté dans le torse de son ami.
-Que veux-tu … commença James.
-Utilise ta carte ! s'énerva l'anglo-américain.
-Tu lui as parlé de la carte ? fusilla Sirius.
-C'est mon ami d'enfance ! expliqua James, apeuré.
-Bonjour les garçons.
Les 5 compères se tournèrent tels un seul homme sur Théa qui s'installa face à James et entre Remus et Peter. Tous la dévisagèrent en silence.
-Quoi, j'ai de la bave de troll sur le visage ? demanda la sorcière avec son éternel sourire espiègle, son regard pétillant et son air provocant.
-T'étais où ? l'agressa Rich en la dardant d'un regard de reproche
-Oh, tu sais, je errais dans le parc, esquiva Théa avec un clin d'œil. L'amour de la nature, tout ça…
-Et tu as dormi où ? enchaîna son jumeau.
-Maman, sors de ce corps, se moqua la brune.
-Qu'est-ce que… commença Rich.
-Vous n'avez pas le droit d'être ici. Votre table est là bas.
Lily Evans se trouvait entre Rich et James, et pointait la table des Poufsouffle. Son regard lançait des éclairs, et sa mâchoire était crispée d'une rage contenue.
-Salut Lily Jolie…
-Pas maintenant, Potter. Tu es Préfet en Chef dorénavant, tu dois faire respecter le règlement.
-Quelle blague, se moqua Sirius à voix basse à l'adresse de Remus et Peter qui enfonçait son poing dans sa bouche pour ne pas éclater de rire.
-Dis à tes amis quelle est leur place.
Le regard de Théa s'embrasa. Personne ne lui manquait de respect ainsi. D'autant plus qu'elle et son jumeau n'avaient rien fait de mal. Pour qui se prenait cette petite garce qui s'amusait depuis des années à tourmenter son deuxième frère ? Car oui, cheveux rouges comme le feu, tâches de rousseurs, longues jambes et yeux semblables à des émeraudes, Théa avait tout de suite reconnu la Lily d'amour de James Potter. Et si, aux vues des déconvenues du Gryffondor, la sorcière avait de forts a priori sur elle, son avis au sujet de la rousse venait de se dégrader en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire.
Dotée d'un fort tempérament, énergique pour ne pas dire hyperactive, Théa se contint à son flegme habituel et son calme apparent qui faisait sortir ses opposants de leurs gonds. Elle savait si bien contenir son chaos intérieur.
-Il me semble que si c'était autant en désaccord avec le règlement que tu le soutiens, les professeurs auraient été les premiers à nous chasser de cette table, souligna nonchalamment Théa. Or, il semblerait, et bien que tu viennes de nous donner en spectacle sans raison apparente, qu'ils ne sourcillent pas plus que ça, ajouta-t-elle en observant d'un air ennuyé les professeurs. Donc, si tu permets, nous aimerions continuer notre déjeuner en paix.
Lily fut comme foudroyée. Si Théa lui avait collé une gifle, elle n'aurait pas eu l'air aussi choquée. Personne ne lui avait jamais parlé de la sorte. Elle était la personnification du respect des règles et de la raison, tous à Poudlard, hormis les Serpentard, l'écoutaient religieusement. Et voilà que la nouvelle se permettait de la rembarrer ? Et devant témoins ?
-Pour qui te prends-tu ? grinça Lily, le regard lançant des éclairs en direction de la brune qui l'ignorait superbement. Tu es nouvelle ici, tu ne connais pas les règles.
-De nouveau, j'en sais suffisamment pour savoir que si notre présence dérangeait, les professeurs auraient été les premiers à nous en faire la remarque. D'autant plus que cette ségrégation entre camarades est ridicule et Moyenne-Âgeuse. Il faut savoir évoluer avec son temps. Je ne te cache pas que ta voix de crécelle commence dores et déjà à me coller une affreuse migraine. Je te serai reconnaissante de retourner vers tes amies, et de t'occuper de tes citrouilles, conclut Théa en la défiant du regard.
Autour d'elles, les Maraudeurs, Rich, les amies de Lily, et leurs quelques voisins les dévisageaient avec intérêt. Quelques élèves des autres tables, ceux qui étaient les plus proches d'eux, s'étaient retournés avec curiosité.
-Potter, tu ne vas rien dire ? demande finalement vers Lily, qui savait que son prétendant se rangeait toujours à son avis.
-C'est à dire que… balbutia péniblement James
Ils donnait à Remus des coups de pied sous la table pour qu'il lui porte secours. Après tout, Remus et Lily s'entendaient très bien depuis qu'ils avaient été collègues en tant que Préfets ces deux dernières années. Mais Remus secoua la tête avec un regard d'excuse. Il n'avait aucune idée de comment le sortir du conflit, et était bien heureux de ne pas être pris à parti.
-C'est à dire que… que… que…
-Hé bien Potter, tu as perdu ta langue ? insista Lily, les poings sur les hanches et le regard noir.
-Théa n'a pas tort, couina James, si ça avait posé problème, McGo serait déjà venue les virer de là.
-Et puis, ils ne déragent personne d'autre que toi, intervint Sirius avec un regard mauvais pour la rouquine.
-Le professeur McGonagall, le reprit Lily entre ses dents.
-Suçeuse, toussa Théa dans son jus de citrouille.
-Très bien ... parfait ! s'indigna Lily en tournant les talons et en rebroussant chemin à pas rageurs.
Théa l'observa consciencieusement s'asseoir auprès de Mary, Marlène et Alice, et gesticuler en résumant la situation. Nul doute qu'elle venait de se faire une ennemie. Non pas que cela la gênait, il lui semblait que quelqu'un devait la remettre à sa place. Et c'était avec satisfaction qu'elle avait vengé les années d'humiliation sentimentale publique de son ami.
-Hé béh, siffla Sirius avec un hochement de tête appréciateur, je n'aurai pas mieux fait moi même.
-C'est elle, la fille dont tu es fou ? s'étonna Rich en fronçant des sourcils.
-Heu…Hé bien oui, avoua finalement James. Et je ne te remercie pas Théa ! Elle va me détester maintenant !
Théa finit son jus de citrouille de manière très lente et reposa gracieusement son verre devant elle. Elle arborait un sourire malicieux qui inquiéta grandement James et Rich, mais qui intrigua profondément Sirius et Remus.
-Au contraire Jamesie, il était temps que je m'en mêle. Cette fille se croit meilleure que toi et te prend pour acquis. D'après ce que tu nous racontes, elle passe sa vie à te hurler dessus avec ou sans raison, au lieu de garder son calme de Parfaite en Chef. Pourtant, elle compte sur toi pour prendre son parti ou sa défense. Et le fait qu'elle croit sincèrement que tu vas te retourner contre tes amis pour elle, me prouve qu'elle n'a aucun respect pour toi et ce qui te tient à cœur. Je te conseillerai donc de passer enfin à autre chose.
-Depuis le temps qu'on te le dit ! lança triomphalement Sirius en donnant une tape sur l'épaule de son meilleur ami. Ouvre les yeux mon vieux Cornedrue !
-J'ai essayé, mais je ne peux pas ! geignit James en se prenant le visage à deux mains.
-Allons allons, il doit bien y avoir un moyen de la dompter, le rassura Rich en posant une main réconfortante sur l'épaule de son ami.
-Théa, tu saurais m'aider ? demanda James en levant des yeux larmoyants vers sa meilleure amie.
Théa releva le menton avec un air de profond dédain digne de tous les aristocrates, avant de soupirer.
Elle n'avait pas pu s'empêcher de s'infiltrer dans l'esprit de son interlocutrice. Elle se permettait que rarement de violer ainsi l'intimité des autres. Tout du moins, née avec ce don de légilimancie, elle le maîtrisait suffisamment pour savoir ou et quoi chercher, sans tomber sur les secrets d'autrui… Sauf lorsqu'elle en avait besoin pour parvenir à ses fins. Entre sa tante et son parrain, elle avait eu un entraînement d'excellence depuis sa plus tendre enfance. Et ainsi, sans dépasser les limites, elle avait directement vu que la rouquine ressentait une profonde répugnance pour l'ébouriffé face à elle. Pour autant, elle avait noté qu'elle semblait jalouse de sa proximité avec James, et que c'était bien pour cela qu'elle était intervenue. De là à dire qu'elle était sous le charme du capitaine de Quidditch, il y avait un monde. Peut-être Théa devait-elle jouer à susciter la jalousie de Lily Evans jusqu'à ce qu'elle se rende à l'évidence de ses sentiments amoureux s'il y en avait… Ou s'il n'y en avait pas, peut-être réussirait-elle à faire naître un début d'attirance ? Après tout, ne disait-on pas que les êtres humains étaient doués d'un affreux esprit de contradiction ? Théa se demandait quelle serait la réaction de la rouquine si James lâchait du leste et semblait renoncer, voire se rapprochait d'une autre fille. Après tout, elle savait qu'ils se connaissaient, mais ne savait rien de leur relation. Il serait fort aisé de jouer la dessus.
Et puis, si James arrivait finalement à oublier cette fille, pourquoi pas ? Que ce soit avec une autre, ou une fois la dite fille conquise, peu importait.
-Je t'aiderai James, soupira finalement Théa avec un clin d'œil complice, mais il va falloir que tu joues selon mes règles.
-Ah non hein ! Tu vas pas recommencer ! s'indigna Rich.
Théa se leva en ignorant superbement l'intervention de son jumeau, se pencha délicatement au dessus de la table, posa sa main sur celle de James avec tendresse, et déposa une bise suave sur sa joue. Dépourvu par la première séance de flirt de toute sa vie avec celle qu'il considérait comme sa sœur, James rosit et déglutit en acquiesçant malgré tout, avec un sourire à peu près charmeur.
Satisfaite de son effet, Théa se releva et s'en retourna à sa table, vers ses 4 nouvelles compagnes de maison, bientôt imitée de Rich. Elle avait pu constater que Lily fulminait de loin, sous les regards d'incompréhension de ses 3 compagnes qui l'interrogeaient.
-Tu vas déjà foutre la merde au bout d'une journée ? hasarda Rich en s'asseyant près de sa jumelle.
-Ecoute Love, cette fille fait souffrir notre ami depuis des années, si je peux l'aider à avoir ce qu'il veut, ou au pire, à passer à autre chose, et dans le même temps, à venger son honneur, crois bien que je ne vais pas me gêner, affirma Théa en s'installant près de Dorcas qui la salua avec un petit sourire amical.
-Tu es… terrifiante, avoua Rich, néanmoins admiratif.
Ils finirent leur petit déjeuner, et Théa fut ravie de constater que cette confrontation avait détourné son jumeau de sa disparition.
Depuis la table des Gryffondor, Sirius avait tout le loisir de se perdre dans les yeux électrisants de Théa, sa gestuelle féline, sa silhouette sensuelle. Il était soumis à un terrible combat intérieur. Il désirait réellement prendre possession de cette beauté fascinante, étrange, presque sauvage, au visage d'ange et au corps de déesse. Son regard hypnotique, ses sourires énigmatiques et son air mystérieux l'intriguaient et l'attiraient irrémédiablement comme un aimant. Elle dégageait une aura, et avait une prestance ! Elle feignait l'indifférence mais n'hésitait pas à provoquer. Elle semblait rêveuse, perdue dans son monde intérieur, solitaire, un réel électron libre. Elle ne semblait pas beaucoup intervenir pour donner son avis à moins qu'on ne l'y engage, sauf lorsqu'il fallait bousculer les habitudes, conventions et mentalités, comme elle l'avait prouvé à l'instant avec Evans. Il se dit qu'elle était un peu son alter égo féminin, lui qui était inséparable de son élégance désinvolte, son charme nonchalant et son port altier. Mais là où tout criait l'aristocrate, la noblesse chez Sirius, elle était bien plus animale, bestiale. Il voulait chasser cette nouvelle proie, l'amadouer, la conquérir. Il sentait déjà l'excitation du jeu de séduction, et l'abandon à la luxure avec ce corps conçu pour la débauche. Mais il s'agissait surtout de la meilleure amie de son frère de cœur, qui la considérait comme sa propre sœur, et il lui semblait que dominer et dompter la Dragonneau risquait de lui attirer des problèmes avec le jeune Potter.
Ce dernier n'en menait pas large. Ce que venait d'insinuer son ami d'enfance l'avait inquiété. Il le cachait derrière son flegme, son arrogance et ses paroles prétentieuses, ainsi que sa bonne humeur. Mais il avait bien remarqué la manière dont Théa avait détourné la conversation. Il se demandait où elle était encore allée, ce que Rich avait bien pu sous entendre. Peut être que ce dernier se trompait ? Il n'en savait rien. Ce qu'il n'aimait pas, non plus, c'était le vif intérêt que la gent masculine en rut portaient à son amie, y compris chez ses ennemis mortels, les verts et argent. Cela le dégoûtait au plus haut point qu'ils puissent la profaner avec leurs pensées lubriques. Enfin, il remarqua quelque chose qui le laissa coit, bouche ouverte, totalement attérré.
Que faisait Théa avec deux de ses ex et de leurs deux amies ?
-C'est une catastrophe ! paniqua James en secouant le bras de Sirius, toujours perdu dans sa contemplation.
-Qu'est-ce qu'il te prend ? s'étonna Remus, alarmé
-Théa ! Ma Théa ! Elle est avec Meadowes et Vance ! C'est horrible !
-Et alors ? s'étonna le lycanthrope après s'être retourné. Elles sont dans la même maison, elles doivent même être dans le même dortoir.
-Ma meilleure amie ne peut pas devenir amie avec mes ex ! s'offusqua James avec véhémence en hochant gravement la tête.
-Ne sois pas puérile, soupira Remus d'un air las, Dorcas et Emmeline sont des filles sérieuses et vives d'esprit, c'est normal qu'elles attirent les autres.
-C'est Théa qui attire les autres, affirma James en un geste théâtral de la main les yeux fermés, et voilà dans quoi je suis fichu, maintenant !
-De quoi as-tu peur ? s'insinua Sirius. Qu'elles racontent ton comportement d'abruti fini et que tu perdes son respect ?
-Ne sois pas ridicule ! Je ne cache rien aux jumeaux ! A part… Le secret de Lunard, puisque ce n'est pas le miens, rassura James avec un sourire contrit.
-Hé bien quoi ? ne comprit pas Peter.
-Je ne sais pas ! s'indigna James. J'en sais rien ! Mais ça ne me plaît pas du tout ! PAS-DU-TOUT ! articula-t-il clairement.
