Chapitre 3 – Première journée de cours
Les élèves étaient en train de déguster un délicieux petit déjeuner en compagnie de leurs camarades et amis. Certains étaient affalés, d'autres avachis, quelques uns droits comme des piquets, la plupart avaient le regard brumeux ou l'air rêveur, encore aculé par une nuit tourmentée par le stress de la reprise des cours.
Au dessus de la communauté Poudlardienne, le plafond magique témoignait d'une belle matinée d'été indien : quelques nuages blancs parsemaient un ciel bleu étincelant et un soleil qui pointait timidement le bout de son nez. La lenteur du déplacement des nuages impliquait une faible brise qui devait faire voltiger quelques feuilles et bruisser les hautes herbes sauvages qui proliféraient dans le par cet les Highlands environnants.
Les préfets distribuaient les emplois du temps à leurs camarades qui n'étaient pas encore bien frais. En avisant le morceau de parchemin, les adolescents passèrent par plusieurs émotions : joie, peine, horreur, damnation, désespoir…
-Qu'est-ce qu'on a ? demanda Rich de sa bouche pâteuse, sa cravate dénouée autour du cou, les cheveux mal coiffés lui tombant devant les yeux, lui donnant tout de même une allure de bad boy à se pâmer
-Potion avec le vieux Slughy, annonça Edgar.
-Ce nom me dit quelque chose, songea à voix haute Rich en fixant avec intensité son plat de toast à la confiture, en proie à une grande réflexion.
-C'est le directeur de maison des serpents, expliqua Edgar, il a ses têtes et a un club auquel il invite ses chouchous : qu'ils soient doués en potion, fils ou fille de, ou portent un grand nom de la société sorcière, tous sont conviés. Parfois, il invite des personnes qui sont juste douées en magie, mais ces cas là sont rares. Ce qui est bien, c'est qu'il ne s'arrête pas au statut du sang.
-C'est un homme qui aime le succès mais qui laisse ses protégés sur le devant de la scène, et qui les aide à grimper les échelons avec ses contacts, comme un marionnettiste, précisa Benjy.
-Avec ton nom de famille, tu seras invité, l'informa Caradoc, autant te dire que je ne t'envie pas.
-Mhmh… L'un de vous y est ?
-Moi, soupira Edgar, à cause de ma grande sœur Amélia. Elle est membre du Magenmagot. Et il la vénère. C'est la grande Amélia, quoi. Ces soirées sont d'un ennui mortel … Mais au moins, il y a de la bonne bouffe, et souvent, de l'alcool.
Rich acquiesça mollement en engouffrant une bouchée de toast afin de satisfaire son estomac qui criait famine.
-Je me demande qui sera le nouveau professeur de DFCM, lança Greta avec curiosité.
-Comment ça ?
Les 4 jeunes femmes tournèrent la tête vers la nouvelle acquisition de leur groupe. Elle n'était pas au courant.
-Le poste de professeur de DFCM est maudit, expliqua Emmeline.
-Aucun professeur n'est resté plus d'un an en poste, précisa Dorcas.
-Voilà qui est intrigant, consentit Théa en finissant sa tasse café.
-On devrait y aller, proposa Hestia, histoire de ne pas être en retard.
Ses amies opinèrent et se levèrent afin de quitter la Grande Salle. En passant près de la table des Gryffondor, près de la double et lourde pote de chêne, Anthéa aperçut Lily et en profita pour envoyer un délicat baiser volé à James qui fit mine de le récupérer et de la cacher dans son cœur avec un sourire triomphant exagéré. Sirius la reluquait d'un air approbateur, comme la plupart des mâles de l'assemblée.
Lily fulminait. Elle sentait la rage s'insinuer en elle de bon matin à cause de l'américaine. Elle ne savait pas pourquoi : son insouciance, son manque de respect envers sa personne ou le règlement… Autre chose ? Le fait était qu'elle serrait ses poings profondément dans ses paumes afin de cesser les tremblements et reprendre contenance sous entendait que oui ….
-Mais regardez la, grinça-t-elle des dents, le regard furieux.
-Qu'est-ce que tu lui reproches Lil's ? demanda finalement Mary de sa voix joviale.
-Elle drague ouvertement Potter, grogna la rouquine.
-Et alors ? répliqua Marlène McKinnon en arquant un sourcil. Tu le hais, non ?
-Oui, mais je n'aime pas les gens comme elle… s'empourpra la préfète en chef, n'appréciant ni le sous entendu de Marlène, ni la pointe dans son cœur.
-C'est à dire ? insista Mary, éternelle curieuse.
-Et son uniforme ! C'est d'un vulgaire ! renchérit la rousse en se redressant de toute sa taille. Ça se voit que c'est une fille de petite vertu.
-Je ne trouve pas, intervint Marlène. Elle a peut-être raccourci sa jupe mais on ne voit rien qu'on ne devrait pas voir. Je veux dire, insista-t-elle alors que Lily ouvrait la bouche, que ce n'est que la moitié des cuisses, ce n'est pas au ras des fesses non plus. Sa cravate est peut-être lâche mais rien ne l'interdit, la preuve avec Black ou Potter. Sa chemise est peut-être déboutonnée au dessus, mais on ne voit même pas son décolleté. C'est bien de s'assumer je trouve. Je l'envie.
-Pourquoi prends-tu sa défense ? s'agaça alors Lily en se retournant vers la blonde qui lui servait de meilleure amie. Tu ne la connais même pas, pianota-t-elle des mains sur la table de bois, sa joue enfoncée dans la paume de l'autre main libre
-Je suis juste ouverte d'esprit. J'attends juste avant de juger, rappela Marlène en un haussement d'épaules.
-Je suis d'accord avec Marl's, affirma Mary
-Lily, on t'adore, intercepta calmement Alice la rêveuse, mais tu l'as prise en grippe sans réelle raison. Elle t'a rembarrée mais son raisonnement n'était pas erroné, et c'est ça qui t'agace. Mon conseil : passe à autre chose.
Lily en fut bouche bée. Alice était aussi étrange, discrète, timide et rêveuse que ses paroles pouvaient être criantes de vérités, dures et brutes de décoffrage. Pourtant elle ne pensait jamais à mal, bien au contraire.
-Et toi, contourna Lily en se tournant de nouveau vers Marlène, tu devrais être de mon côté.
-Je suis toujours de ton côté, assura Marlène, mais j'avoue que je te trouve un peu … un peu...
-Injuste ? proposa à raison Alice en rapportant son attention à ses œufs brouillés.
-Mais si quelqu'un éprouve de la jalousie, ce devrait être toi, s'entêta la rousse en soufflant sur son thé.
-Pardon ? Et pourquoi ça ? s'enquit la blonde, dont la légendaire bonne humeur communicative promettait de s'envoler.
-Oh, tu n'as pas remarqué le petit jeu de Black peut-être ? railla Lily.
-C'est fini entre lui et moi, contra la blonde en la fusillant du regard, faisant baisser sa tête à la rouquine, et je ne ressens plus rien pour lui, alors n'utilise pas mon passé pour m'embrigader dans ta vendetta personnelle.
De leur côté, les Maraudeurs étaient bien réveillés, et après avoir dévoré Anthéa des yeux jusqu'à ce qu'elle parte, Sirius rapporta son attention entière à ses amis.
-McKinnon et Evans nous regardent, informa Peter en détournant les yeux aussitôt vers sa charcuterie en rougissant.
-vous croyez qu'elle est jalouse de Théa ? hasarda James en s'empressant de passer une main dans ses cheveux.
-Je ne pense pas, nia Remus avec fatigue, je crois entendre une histoire en rapport avec la tenue de Dragonneau.
-C'est bien de la jalousie, assura fièrement Peter.
-McKinnon est dans lot ? s'étonna Sirius en fronçant des sourcils. Elle m'a affirmé …
-C'est Lily qui l'accuse, se reprit Remus, mais pour elle aussi c'est du passé, ne t'inquiète pas.
-Bien, se contenta Sirius avec un sourire satisfait
-Peut-être qu'Evans reporte sa frustration sur McKinnon ? imagina James les yeux brillants d'espoir et un sourire béat aux lèvres.
-Nous devrions aller en cours, déclara Remus en se levant, imité par ses compères.
La première période de cours passa. Slughorn était un homme aux cheveux épais couleur paille, grisonnants, et commençait à perdre ses cheveux. Il était assez court sur pattes, assez rond, des yeux globuleux couleur groseille, avait un teint pâle, avec une grosse moustache de morse, d'un blond roux avec quelques poils argentée. On aurait pu le comparer à une limace, aussi. Il était habillé de vêtements de velours, brodés, avec des boutons d'or, le tout offrant une esthétique démodée, voire un peu délavés pour certains. Il était plutôt jovial, le genre à aimer la popularité mais par le biais des autres. Il ne semblait pas accorder d'importance au statut de sang mais faisait clairement du favoritisme.
Il invita les jeunes Dragonneau à sa prochaine soirée, après s'être extasié sur leurs prouesses avec leur potion de régénération. Oh, le fait était que Lily Evans et Severus Rogue étaient les meilleurs élèves qu'il n'ai jamais eu en la matière, très intuitifs, inventifs, créatifs, imaginatifs … Mais les jumeaux Dragonneau connaissaient nombre de parties de créatures pouvant être utilisées comme ingrédients de potions, ainsi que des potions de soins, utilisables sur les animaux comme sur les humains. De ce fait, ils connaissaient les effets. Le fait d'avoir vu, durant toute leur vie, leur père concocter moult élixirs afin de soigner des animaux, êtres, ou créatures ou leur mère préparer divers philtres pour parer à des accidents magiques, de sorcellerie, ou juste de turbulence enfantine les avait influencés.
S'ensuivit un cours de DFCM en commun avec Gryffondor avec le fameux nouveau professeur.
Lorsque les Maraudeurs arrivèrent, Sirius et Remus remarquèrent Anthéa, adossée avec négligence et décontraction contre le mur, les mains dans les poches de sa robe sorcière, son sac en bandoulière à ses pieds, qui riait doucement avec Greta et Hestia, les plus expressives du groupe, comparé aux calmes et taciturnes Emmeline et Dorcas.
Sirius lorgna la jeune femme : l'élévation tranquille de sa poitrine ferme et arrondie sous sa chemise au rythme de sa respiration tranquille, le mouvement souple de ses cheveux soyeux qui ondulaient sur ses épaules graciles et dans son dos musclés jusqu'à la pointe de ses omoplates, sa chute de rein rebondie et ferme, le sourire en coin et moqueur, les yeux pétillants de malice et d'espièglerie, le teins de pêche et hâlé, le maquillage qui soulignait ses yeux bleu comme un océan ou un lagon dans lequel on ne pouvait que se noyer, ses jambes découvertes et fuselées, le galbe harmonieux de ses hanches et de ses cuisses, la minceur de sa taille, l'étroitesse de son bassin, son ventre plat et serré, sa silhouette svelte et tonique…
Cette fille devenait une obsession. Lui avait-on fait boire de l'Amortensia à son insu ? Ou lancé un sort de confusion ? Il en doutait. Il était brillant, il l'aurait remarqué. Surtout, il se serait déjà jeté sur elle. Quoique, il n'avait pas besoin de ça pour avoir une fille.
De son côté, James voyait d'un très mauvais œil le rapprochement de ses deux ex avec sa meilleure amie. Il ne savait pas pourquoi, mais selon lui, ça n'augurait rien de bon. Mais après tout, peut-être devenait-il parano depuis la mise en garde de Rich la veille au matin. Il ne l'avait jamais vu aussi alarmé, lui qui était si désintéressé de tout. Il se rappela alors la mystérieuse disparition de Théa et se demande où elle avait disparu. Il se dit aussi qu'il se devait de garder un œil sur elle, au cas ou. C'était une sorcière prodigieuse qui excellait dans toutes les matières, mais il avait cet instinct de protection vis à vis d'elle. Si un serpentard osait s'approcher d'elle, il le tuerait à mains nues. Il n'était pas naïf, il savait qu'elle avait connu bien des hommes. Et Théa était du genre à briser les cœurs. Elle aimait jouer. Et si l'adversaire se perdait à tomber sous son charme puis à développer ses sentiments, tant pis pour lui. Les règles étaient claires. Il esquissa un sourire à cette pensée. Quand est-ce que ses amis finiraient par se découvrir des sentiments ? Ils étaient la personnification du 'sorcier au cœur velu', le conte de Beedle le Barde : cet homme qui afin de ne pas souffrir et ne pas devenir idiot, s'était arraché le cœur, renonçant à l'amour. Sauf qu'au lieu de sceller leur cœur, ils l'avaient détruit. Cela lui rappela également Sirius, qui, n'ayant jamais connu l'Amour d'une mère, ne prenait pas les filles au sérieux. Remus, pour sa part, préférait tenir à distance les filles, même s'il en avait connu quelques unes. Rapport à son problème de fourrure. Mais dès que ça devenait trop sérieux, il fuyait. Et lui, avec son amour impossible pour cette fille qui ne le supportait pas. Finalement, Peter restait encore le plus chanceux : il vivait sa vie simplement, comme elle venait, un jour après l'autre. Avec ou sans amour, avec ou sans secret, avec ou sans peur. Il avançait, voilà tout. James l'enviait, par moments.
Il fut coupé dans son cheminement de pensées alors que Lily arrivait, accompagnée de ses fidèles amies. Elle se stoppa un instant en voyant en face de la porte la nouvelle. Ses oreilles se mirent à bourdonner, elle n'entendait plus les bavardages de Mary, les répliques cinglantes d'Alice, ou les expressions joyeuses de Marlène. Elle serra les poings.
Elle ne savait pas pourquoi, mais elle n'aimait pas cette fille. Selon elle, ses raisons étaient louables. Pourtant, les filles lui avaient prouvé par A + B que Anthéa n'avait fait que se défendre à une attaque. Qu'elle avait juste marqué un point. Qu'il fallait qu'elle laisse tomber. Mais elle était bornée, elle agissait par fierté, blessée dans son orgueil. Cela lui rappelait Potter, et la rendait d'autant plus hargneuse. Elle ne voulait pas agir comme lui. Elle ne voulait rien avoir à faire avec lui. Le simple fait de devoir partager ses devoirs de Préfète En Chef avec lui, ses rondes, l'organisation, lui tortillait les entrailles de colère. D'ailleurs, pourquoi Potter flirtait avec elle ? Il semblait la connaître dans le Poudlard Express, l'avait-il croisée sur le quai ? Après 2 années à lui courir après, s'était-il lassé de ses refus ? Allait-il enfin cesser de la poursuivre, de la harceler ? Elle en doutait, il était du genre tenace. Mais elle l'espérait. Pourquoi, d'ailleurs ? Depuis quand ? Lily pensait qu'elle devenait folle. Alors pourquoi avait-elle senti son cœur exploser les deux ou trois ou l'américaine avait paru proche du poursuiveur ? Parce qu'elle détestait les gens qui s'affichaient, les aguicheurs. Comment ça, elle était rabat-joie ?
A pas mesurés, Lily s'insinua entre Jones et Catchlove, et se planta devant Anthéa qui lui décocha un sourire amusé.
-Ta tenue n'est pas réglementaire, déclara Lily avec le ton le plus calme qu'elle avait en réserve.
-Pourtant, il s'agit bien de l'uniforme de Poudlard, si je ne m'abuse, répondit Théa d'un ton doucereux.
-Ta jupe est au dessus du genou, ta cravate n'est pas serrée, et tes boutons ne sont pas tous fermés, releva la préfète en chef en pointant de l'index les divers éléments en faute.
-Etrange, vraiment, lança Théa avec sarcasme, parce que j'ai passé 2h de cours ce matin, sans compter le petit déjeuner, avec pour témoin divers préfets et tous les professeurs… énuméra-t-elle sur ses doigts avec légèreté, le regard vers le plafond. Et personne ne m'a fait de remarques… ajouta-t-elle en plantant son regard dans celui de la Gryffondor. De plus, je n'ai rien vu dans le règlement qui m'interdise de m'habiller de la sorte, conclut-elle en penchant la tête sur le côté. Ma tenue n'a choqué personne d'autre que toi… Encore.
Lily fronça le nez en une mine boudeuse. Finalement Marlène avait raison, cette fille avait une bonne répartie. Et à contre cœur, elle dut s'avouer qu'elle avait raison. Mais jamais elle ne l'avouerait. Elle avait sa dignité. Elle ne pouvait pas demander le soutien de Potter, puisqu'il semblait refuser de la défendre, contrairement à ce qu'il avait fait ces 2 dernières années. La rouquine releva le menton de manière hautaine et tourna les talons pour se rapprocher de son groupe.
-Et on peut savoir pourquoi tu n'as pas la même longueur de jupe que les autres ? demanda James qui s'était rapproché des deux filles, prêt à les séparer au cas ou, suivi des Maraudeurs.
-Jamesie, crois moi, quand dans moins d'un mois, la moitié des filles de cette école m'auront imité, tu me remerciera d'avoir libéré les gambettes britannique, annonça Théa avec un clin d'œil tout en posant sa main sur son bras, alors que Lily le fusillait du regard de l'autre côté du couloir.
-Heu… Merci ? imagina James avec hésitation
-Fais lui confiance, elle l'a déjà fait à Ilvermorny, soupira Rich qui arrivait derrière avec ses compagnons. Salut les gars, salua-t-il les Maraudeurs, qui lui répondirent d'un signe de la tête. Tu t'es encore disputée, soeurette ?
- On m'a toujours dit qu'il était impoli de ne pas répondre lorsqu'on s'adressait à moi, dévoila ironiquement la brunette en arquant un sourcil.
Derrière eux, la porte de la salle s'ouvrit et les élèves pénétrèrent dans l'antre de DFCM.
Se tenait à la porte un homme d'une trentaine d'années, de grande taille et de stature carrée d'un batteur. Il avait un certain charme, avec ses cheveux et ses yeux aussi noirs que l'art qu'il combattait. Quelques cicatrices barraient son visage, notamment, une au niveau de ses sourcils, une autre sur sa lèvre supérieure, mais cela rajoutait à l'attraction qui émanait de lui. Il avait un regard sévère et dur, et semblait être du genre taciturne. Il transpirait de lui une confiance en lui assez affolante, le genre de personne à se penser doté d'une supériorité intellectuelle. Il avait la critique facile, sarcastique quant aux moins bons que lui, et n'avait que peu de patience pour ceux qui ne comprenaient pas ce qu'il disait. Somme toute, il était assez agaçant, mais agréable à regarder
-Pas mal, souffla Théa en s'installant près de Dorcas.
-Frangine… menaça Rich en se retournant, puisqu'assis devant elle.
-Je ne fais que constater.
Rich lui lança un regard préventif et Théa lui offrit une moue innocente d'incompréhension. Mais dans le fond, ils savaient tous les deux.
-Bien. Bonjour à tous.
-Et il a un accent australien… sexy, nota Théa avec insolence, à voix basse
Cela fit frissonner son frère qui l'ignora superbement. Elle cherchait tout simplement à l'emmerder, voilà. Il fallait qu'il passe outre.
- Je m'appelle Sheldon King.
-King ? Je me demande en quoi…
'Lalalalalalala, j'entends pas, je suis sourd, tu ne m'atteindras pas, lalalala !' songea fortement Rich, les yeux rivés sur un point devant lui, s'imaginant tour à tour les mains sur les oreilles, sur une plage paradisiaque avec un cocktail fort en alcool, dans une boîte de nuit avec de jolies plantes qui se trémousseraient, ou juste dans un lit en charmante compagnie…
-Votre nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal. Je ne vais pas vous faire l'article des ASPICS, je ne doute pas que mes collègues de la première période s'en sont déjà donnés à cœur joie. Nous allons nous entraîner au duel. Vous allez vous mettre par deux selon votre convenance, je vous évaluerai, puis vous attribuerai un binôme pour l'année. Je vous invite à en profiter pour réviser vos informulés, par la même occasion. N'hésitez pas à prendre de l'espace pour ne pas vous gêner les uns les autres. Levez-vous !
D'un mouvement du poignet, il agita sa baguette, laquelle ordonna aux chaises et pupitres des élèves de s'empiler au fond de la salle en un raclement de bois contre le sol froid.
-Te voir trépigner d'agacement fut fort amusant, avoua Théa en croisant le regard irrité de son frère.
-Je te parie que je t'allonge en 2 minutes, la provoqua Rich avec amusement.
-Oh, voyons, je ne suis pas une de tes conquêtes, se moqua la brune.
Rich ricana à cette pensée et tendit sa main à sa sœur afin de l'entraîner dans un coin tranquille, tandis que des duos se formaient un peu partout.
-Oh, et, il se pourrait que les meilleurs de votre promotion, toute maison confondue, participent à un tournoi amateur. Ce peut être un bon point pour ceux qui souhaitent intégrer le bureau des Aurors ou de la police magique.
Chaque duo se mit face à face, baguette levée, se salua, tourna les talons, se mit en position… Et les duels s'engagèrent.
James et Sirius étaient au centre de toutes les attentions. Comme toujours, ils prouvaient que leur réputation d'élèves brillants n'était pas une illusion. Ils attaquaient, se défendaient, paraient, esquivaient, roulaient, sautaient, et se jetaient à corps perdu dans la mêlée.
Marlène et Lily, de leur côté, s'enflammaient dans un ballet de jets de lumière.
Alice, bien que douée et originale dans sa manière de jouer de la baguette, ménageait Mary qui était bien plus douée à remuer la bouche pour parler à tout va que pour se lancer dans des duels. Ses sortilèges étaient plutôt des enchantements que des sorts d'attaques. Elle était trop peace and love.
Benjy et Caradoc avaient tout l'air de tireurs d'élite. Leur combat était animal et presque inquiétant. Pourtant, aucun sort dangereux ne fusait.
Dorcas et Emmeline étaient des sorcières exceptionnelles. Elles se mouvaient avec grâce et élégance. De toute évidence, elles avaient ça dans le sang. Mais l'éducation devait jouer.
Hestia semblait grandement s'amuser avec Greta. Cela tenait plus de plaisanterie que d'un vrai duel. On les entendait rire, insouciantes.
Les jumeaux Dragonneau étaient très inventifs. Théa avait beaucoup d'énergie, effectuant de nombreuses acrobaties, et prenant tout cela pour un jeu. Elle ne restait pas immobile bien longtemps. Elle se battait tout en souplesse et en beauté, auréolée d'une bulle de confiance. Rich était vigilant et observateur de son environnement, conscient de ce qui l'entourait, et utilisait tout l'espace qui lui était allégué. Il avait l'œil alerte, il semblait flotter dans les airs, et vibrait de majestuosité. Il était impétueux mais un peu impatient. Malgré ses réflexes, c'est lui qui perdit.
-Je t'ai laissé gagné, s'expliqua-t-il en se relevant, tiré par sa jumelle.
-Evidemment, le nargua la brune, il ne faudrait pas que ton fan te club te prenne pour un raté ou pire… Un macho.
Rich haussa des épaules avec désintérêt mais offrit à sa sœur un sourire entendu qu'elle lui rendit. Il se serait plutôt décrit comme galant, mais après tout, il acceptait le compliment, bien qu'elle ait en horreur le sexisme.
L'heure du repas passa assez rapidement. Lily avait oublié sa frustration de la veille et du matin. Les cours qui venaient de s'écouler l'avaient mise de bonne humeur, ce qui ravit ses 3 camarades de dortoir.
James et Sirius étaient extatiques. Ce cours d'entraînement au duel les avait ragaillardis. Ils aimaient ces cours où on ne s'ennuyait pas. ça, et la métamorphose, voilà ce qu'ils appréciaient.
Le cours de SCM passait, le professeur avait rappelé la différence entre créatures (douées d'intelligence semblable à celle des êtres humains) et les animaux. Il insista sur le fait que les étudiants verraient les êtres et créatures, tels que les vampires, les êtres de l'eau, les loup-garou, les centaures, les gobelins, les géants … et d'autres, en DCFM, à son grand malheur, car tous n'étaient pas mauvais, bien qu'il faille savoir se défendre contre eux au cas où. En général, ils étaient inoffensifs, à moins qu'on ne les provoque, ou qu'on s'avance trop sur leurs territoires. Aussi, parce qu'ils étaient suffisamment conscients pour se soigner eux-mêmes, et que par conséquent, ils n'avaient pas besoin des sorciers. Il conclut qu'au final, ceux qui voudraient en savoir plus à ce sujet devraient étudier la Magizoologie qui étudiait tous les êtres vivants magiques et leurs habitats avec bien plus de précision et de détails, du fait des différents postes à pourvoir en la matière.
Les cours de potion et de botanique étaient critiques. Le pire restait encore la divination. Et que dire de l'Histoire de la Magie ? Est-ce que le professeur Binns était-il même au courant du fait qu'il soit mort ? Il avait dû mourir lui même d'ennui durant l'un de ses propres cours, il n'y avait pas d'autre explication.
-Vous auriez dû prendre rune ou arithmancie, les réprimanda gentiment Remus avec un sourire amusé devant l'air dépité des deux compères.
-L'arithmancie demande trop de travail, et les runes c'est barbant, répondit Sirius avec ennui en faisant un geste de la main, comme si une mouche l'ennuyait.
-Je me demande ce qu'on va étudier en botanique, lâcha Peter en prenant une nouvelle louche de ragoût qui éclaboussa la chemise de James au passage.
-Tu ne peux pas faire attention Queudver ! s'exaspéra le binoclard.
-Désolé… s'excusa timidement le petit Peter, les joues empourprées.
-Au moins, on a botanique avec les Poufsouffle, continua le poursuiveur avec une lueur de polissonnerie dans le regard.
-Et alors ? La botanique c'est lourd, grogna Sirius avec mauvaise humeur.
-Je pense que ça peut être intéressant, au contraire, avoua James avec un clin d'œil énigmatique.
Sirius et Remus lui lancèrent un regard perplexe, alors que leur ami faisait signe à Théa qui écoutait d'une oreille distraite ses amies, Hestia et Greta, pépier avec entrain. Pour Sirius, au bout de 3 jours, c'était devenue une habitude de la chercher, de l'épier.
Pour Remus, bien moins téméraire et plus discret et retranché que son ami, c'était la seconde fois seulement qu'il la détaillait réellement. Il avait remarqué, puisqu'il était fin observateur, qu'elle cultivait son jardin secret, et qu'elle se retranchait dans son monde intérieur. Mais sous couverts de sa joie de vivre et de sa bonne humeur, on pouvait remarquer un éclat de tristesse mêlé à son éternelle facétie. Elle avait l'air frivole, ainsi, mais Remus décelait également du spleen derrière sa rêverie. Et il savait reconnaître cela, puisqu'il jouait lui même à ce jeu d'acteur depuis presque 12 ans à présent. Depuis sa morsure. Quelle était sa raison, à elle ?
Peter, quant à lui, n'osait même pas la regarder, de loin y compris. Elle l'intimidait, avec sa confiance en elle. Et puis, James avait bien dit de ne pas y toucher, non ? Bon, il donnait plutôt un conseil à Patmol, mais tout de même, ça voulait bien dire ce que ça voulait dire.
Enfin, James évitait soigneusement de regarder Lily, comme le lui avait conseillé Théa. De même, il ne lui avait toujours pas demandé de sortir avec lui. Cela dit, ce n'était que le 3ème jour après la rentrée. Il sentait que quelque chose lui manquait. Mais il se retenait. Il faisait confiance à Théa. C'était un véritable cerveau pour ce qui était de parvenir à ses fins sans être découverte. Alors il suivait ses directives, bien que cela soit difficile pour lui. Cela lui manquait de contempler la jolie rousse, sa démarche légère, ses sourires qui illuminaient la pièce, ses regards bienveillants, bien qu'ils ne lui soient pas destinés. Mais il donnait de sa personne pour se retenir. Il craignait de déraper durant les réunions et rondes de préfet en chef. Et s'il perdait ses moyens et gâchait tout ? Heureusement, sa coach serait la pour le briefer. Cela le rassurait. Cette année serait la bonne. Il aurait Evans. Et s'il ne l'avait pas malgré les trésors d'ingéniosité de sa meilleure amie, c'était qu'il n'y avait pas d'espoir depuis le début et qu'il s'était fourvoyé. A cette idée, son cœur se serra. Non, ça ne pouvait pas se terminer ainsi. Ce n'était pas un pari, un défi, ou un challenge. Ce n'était ni une blague, ni une farce. C'était la femme de sa vie, il le sentait dans son cœur, dans ses tripes, chaque parcelle de son cœur et de son corps lui hurlait son adoration pour la rouquine. A bout de nerf, il sorti son vif d'or et s'amusa avec. Le pire, c'est qu'il n'était même pas attrapeur. Il l'avait volé durant la 5ème année. Jouer avec le déstressait. Et en tout honnêteté, un moyen comme un autre de montrer à tous sa dextérité et d'attirer les regards. Il adorait être le centre d'attention. C'était bien une des nombreuses choses qu'Evans lui reprochait. Mais il était bien plus que ce qu'il montrait. Pourquoi refusait-elle de le voir ? Et voilà, tout revenait toujours à elle. Il secoua sa tête, passa la main dans ses cheveux, les ébouriffant davantage. Théa avait dit qu'elle avait des instructions à lui donner pour ses têtes à têtes avec la Préfète En Chef, afin qu'elle voit son vrai lui. Et si après ça, elle ne tombait pas amoureuse, c'était qu'il n'y avait rien à faire. James avait toute confiance en Théa. Ça devait marcher ! ça allait marcher ! C'était obligé !
Sans même sans rendre compte, ils étaient déjà au niveau de la serre n°7. Remus avait décidé qu'ils allaient arriver en avance, pour une fois. Il avait suivi sans protester. Sirius avait suivi en traînant des pieds et en maugréant dans sa barbe inexistante. Peter trottinait derrière, en admiration devant ses amis. Les Maraudeurs, qui d'habitude se pavanaient, avaient l'air d'un groupe d'amis comme les autres, pour une fois. Peter se demandait ce qu'il se passait. En temps normal, ils transpiraient la pitrerie, étaient de vrai boute-en-train.
-Je m'ennuie, se plaignit Sirius
-Et moi donc, confessa James en se tournant vers son meilleur ami.
-On devrait penser à notre prochain coup, proposa le jeune Black, une lueur dans le regard
-Ouais ! s'écria Peter en levant un poing en l'air, ce qui fit bien rire ses acolytes.
-James, tu es préfet en chef, le morigéna Remus.
-C'est dans ma nature profonde, expliqua James, un poing sur la hanche, un index en l'air, les yeux fermés
-Que dira Lily ? Tu y as pensé ? demanda Remus en croisant les bras.
-Elle va encore hurler, geignit Peter, désespéré par avance des cris de remontrance de la rousse
-On s'en fou, affirma Black en hochant la tête
-Rich dit toujours que si on ne t'aime pas pour ce que tu es, la personne n'en vaut pas la peine, philosopha James en esquissant une grimace.
-Je t'aurai prévenu, assura Remus en se retournant vers la porte.
Le professeur Chourave arriva enfin. C'était une femme aux cheveux noirs, courts, bouclés, grisonnants et en désordre, ornés d'un chapeau en toile couleur terre, rapiécé. Ses ongles sales étaient souvent recouverts de terre. Elle était de petite stature, et son visage était rond et enjoué. Âgée de tout juste 50 ans, elle avait commencé à prendre du ventre, à moins qu'elle n'en ait toujours eu. Sa robe était du même acabit que son chapeau.
Elle ouvrit la porte de la serre, suivie du reste des étudiants. La salle consistait en plusieurs paillasses les unes derrières les autres. Les élèves sortirent leur équipement : gants de protection en cuir de dragon, lunettes de protection, cache oreille, protège dents, Les engrais et compost étaient déjà disposés sur les tables.
Les Maraudeurs s'installèrent au fond, comme à leur habitude. A la table devant eux, se trouvaient Théa, Dorcas, Rich et Edgar. Encore devant, il y avait Benjy, Caradoc, Emmeline et Hestia. Greta était plus loin en compagnie Dedalus, Marcellus Macmillan et John Abbott. Au premier rang, Lily s'installa avec ses amies.
Pour ce premier cours, la directrice des Poufsouffle leur proposa d'extraire les feuilles de l'Alihotsy, afin de les fournir au professeur Slughorn pour la composition de la potion d'Hilarité qu'il avait prévu d'enseigner à ses élèves de 7ème année.
De derrière, Sirius nota la délicatesse d'Anthéa pour agir tel que le professeur le leur avait intimé. A côté de lui, James gesticulait pour voir ce qu'elle faisait un sourire aux lèvres.
-Théa ! Hey, Théa ! l'appela-t-il, ne tenant plus.
-Oui Love ? répondit la jeune fille sans se retourner.
-Qu'est- ce que tu fais ?
Remus releva la tête et fronça les sourcils. Il surprit la Poufsouffle en train de mettre quelques feuilles dans un sachet qu'elle glissa dans la poche de sa robe sorcière. Rich se retourna vers sa sœur avec une moue réprobatrice.
-Frangine … la menaça-t-il.
-Je ne fais rien de mal, se défendit Théa.
-Je te préviens … grogna son jumeau.
-Tu seras bien content à la prochaine fête, répliqua sèchement sa sœur en relevant la tête vers lui dans une attitude de défi.
Rich opina du chef après avoir réfléchi quelques instants. Finalement, sa sœur n'avait peut-être pas tort, après tout. C'est vrai que ça serait amusant, surtout couplé à de l'alcool. Ces feuilles, une fois saupoudrées sur un plat, imprégné dans de l'alcool ou cuisinées, provoquaient l'hystérie. Bien sûr, Anthéa préférait les fumer, pour avoir directement les effets, et le plus rapidement possible, évitant la phase d'attente, le temps que le système digestif s'active.
James ricana. Puis il leva la tête, alarmé.
-Comment je fais si je veux en profiter avec vous ? demanda-t-il au dos de son amie.
Celle-ci se retourna vers lui avec un air songeur. Dorcas s'en mêla. Elle était assez rancunière vis à vis de son ex. Pourtant, il n'avait pas cherché à lui nuire en sortant avec Emmeline, son amie, peu de temps après elle. Ça c'était fait comme ça.
-Aucun élève extérieur n'a jamais pénétré dans notre salle commune en 10 siècles. Ne crois pas que tu seras le premier, annonça-t-elle avec flegme.
-On ne t'a pas sonnée Meadowes, défendit Sirius.
-On trouvera une solution, intervint Théa en posant sa main sur celle de son ami, ne t'inquiète pas, ajouta-t-elle en se retournant
Dorcas releva le menton de manière hautaine et se retourna avec grâce. James se sentit mal durant quelques secondes. Il était vrai qu'elle avait de bonnes raisons de lui en vouloir. Mais cela datait de la 5ème année. La rentrée, qui plus est. 2 ans avaient passé. Pourquoi ne passait-elle pas à autre chose ? Il s'était pourtant excusé.
-On devrait organiser quelque chose dans une salle désaffectée, proposa Sirius.
-Bonne idée, approuva son meilleur ami.
-une fois le problème de fourrure de Lunard passé ? Ca lui fera du bien, compléta Peter de sa petite voix
Remus leur accorda un regard indulgent. Ils pensaient toujours à tout, lorsqu'il fallait lui faire penser à autre chose, après les dures transformations de la pleine lune. Il s'estimait heureux d'avoir des amis aussi attentionnés. Après tous les dangers qu'ils avaient bravés pour devenir des Animagi afin de l'accompagner et le soutenir dans ces terribles épreuves… Il n'en revenait toujours pas ! Déjà, devenir animagus sans maître était de la pure folie ! il fallait être particulièrement doué et compétent. Que des élèves de 5ème année aient réussi prouvaient leur détermination à être là pour lui. Et puis, ils risquaient gros. Être découvert entraînait une expulsion de Poudlard, un aller potentiellement simple à Azkaban, et probablement la destruction de sa baguette. Si au moins ils acceptaient de se déclarer une fois sortis de l'école. Mais ils s'y refusaient. Ils étaient tellement bornés, quand il y pensait. Mais ses amis étaient le plus beau cadeau que la vie lui avait offert.
Le cours de botanique laissa place à celui de métamorphoses avec les Serdaigle.
Minerva McGonagall était la directrice adjointe de Poudlard et directrice des Gryffondor, en plus d'être le professeur de métamorphose. C'était une femme de 52 ans, à l'air grave et froid, aux cheveux noirs tirés en arrière par un chignon strict et impeccable, à son image, et aux yeux verts austères et perçants cachés par des petites et fines lunettes carrées. Elle était grande, fine, vêtue de robes à motifs écossais, comme elle, et avait un joli visage qui ne souriait que très rarement. Elle était sévère, raide, intraitable, et semblait intransigeante et exigeante avec ses élèves, mais fair play et à l'écoute.
Le professeur leur expliqua laconiquement mais fermement qu'ils allaient passer plusieurs session de cours à s'entraîner sur le sort d'apparition 'inanimatus apparitus' et de disparition 'evanesco' : d'abord sur des petits objets, légers, simples, faciles, puis sur des objets plus volumineux, plus lourds, plus compliqués. La complexité irait crescendo jusqu'à maîtriser parfaitement ce sort.
Le professeur fit des binômes inter maison et sexe. Rich se retrouva avec Sybille Trelawnay, et Théa avec Nathaniel Greengrass.
Rich grimaça. Il n'avait vraiment pas de chance, pour le coup. C'était une fille maigre. Elle portait une écharpe ornée de différentes couleurs et divers motifs sur la tête, comme bandeau, sur ses cheveux ternes, frisottants, touffus, d'un blond très pâle, tirant sur une espèce châtain/marron délavé, difficile à dire. Elle avait des lunettes qui agrandissaient ses yeux bleu foncés sans âme qui leur donnaient un aspect globuleux. Ses bras débordaient de châles et de bracelets, son cou de colliers, de chaînes et ses mains de bagues. Elle cliquetait et tintait de partout. Il y avait des paillettes et des perles partout, ça faisait mal aux yeux. Elle ressemblait à un insecte. Une libellule, peut-être. Sa voix était douce mais embrumée, elle semblait hantée, habitée, peut-être même possédée. Elle avait une odeur de xérès désagréable et passa la période à lire les lignes de la main de Rich, lui annonçant une mort certaine. Rich trouvait qu'elle était à côté de la plaque. Sans doute aurait-elle était magnifique sans ces horribles lunettes, et cet attirail de gadgets et d'accessoires qui surchargeaient sa frêle silhouette et qui ne servaient définitivement à rien, à part à sortir du lot. Elle lui raconta qu'elle descendait de Cassandra, la grande devineresse, ou prophétesse, ce n'était pas clair, et avançait qu'elle avait hérité d'elle son Troisième Œil.
De son côté, Théa se faisait séduire par la beau Nathaniel Greengrass. Il était élancé et taillé, avaient des cheveux bruns soyeux, des yeux noisette et un regard doux. Il était souriant, calme, et avait une attitude tirée de la noblesse : poli, courtois et galant, chaque geste et mot étudié afin de ne pas offenser ou brusquer. Il se tenait droit, fier, peut-être un peu hautain de par son statut de sang-pur. Son ton était posé et égal. Il avait un certain charme, et était loin d'être idiot, il apprenait même très vite un sortilège compliqué comme celui qu'ils apprenaient présentement. Il était cultivé, réfléchi, érudit, curieux, ce qui justifiait sa présence chez les bleu et bronze. Aux vues de sa maison, il devait être intelligent et créatif. En revanche, comparé à la panoplie d'excentriques de sa maison, qu'il s'agisse du caractère ou de l'accoutrement, comme le binôme de Rich, Greengrass était classique dans sa manière de se vêtir et élégant. Doux échos aux autres Sang-Pur de sa maison, tels que Croupton, par exemple.
A 17h, ils eurent une heure de traduction des Runes avec Serdaigle de nouveau. Ils étudièrent le journal de Merlin.
A 18H30, ils purent enfin dîner, puis de 20h à 21H, s'installèrent dans l'ambiance silencieuse et calfeutrée de la bibliothèque afin de faire les recherches pour les premiers devoirs, qu'ils avancèrent de 21h à 23h dans la Grande Salle. Puis, ils allèrent se coucher, près pour le reste de la semaine.
