Chapitre 5 – Patmol

John Abbott - Ethan Anderson

Bertram Aubrey – Sirius Black

Edgar Bones- Lucas Brett

Julian BrownGreta Catchlove

Cora Chase- Cashmere Crane

Dirk Cresswell- John Dawlish

Caradoc Dearborn - Dedalus Diggle

Anthéa Dragonneau -Lily Evans

Ulrich Dragonneau - Benjy Fenwick

Alice Fortescue - Diana Gates

Davey Gudgeon - Loretta Grant-

Aliénor Hamilton - Hestia Jones

Eric Jordan - Eve Keynes

Emma Lewis - Karen Lloyd

Frank Londubat - Remus Lupin

Mary MacDonald- Marcellus Macmillan

Elizabeth Martin - Marlène McKinnon

Tiberius McLaggen - Dorcas Meadowes

Jade Murphy- Dorian Neil

Dany Owen - Naïm Patil

Raphaëlle Parker - James Potter

Peter Pettigrow - ElenaSmith

Aaron Spring - Landon Stebbin

Agatha Taylor- Dylan Thomas

Margaret Turner - Louis Vane - Emmeline Vance

Voilà. Les binômes du cours de sortilèges et enchantements Gryffondor/Poufsouffle. Par ordre alphabétique, a part pour les jumeaux qui avaient été sciemment séparés.

Lily était en colère. Pourquoi avait-il fallu qu'elle se coltine la sœur plutôt que le frère ? Alors qu'elle aurait dû, en tout logique, finir avec Benjy.

Oh, Benjy ! C'était un beau blond, aux yeux vert pâle, bronzé, un sourire à vous faire vous évanouir. Grand, robuste. Fort, corps sculpté par le Quidditch. Il était le chouchou des filles et jouait de son physique. Il était à l'aise, assuré, un brin arrogant et provocateur. Mais également drôle, taquin, altruiste, dévoué, raffiné lorsqu'on cherchait un peu plus loin que le bout de son, qu'on creusait un petit peu. Il était agaçant à se sentir supérieur et à tirer les choses à son avantage, mais il était sincère, sociable, et amusant. Il avait l'esprit de communauté et était généreux. Plus d'une fois, Lily l'avait surpris à rassurer des premières années, défendre des 2ème année, se montrer élégant avec une fille qui lui déclarait sa flamme, afin de ne pas la blesser. Il jouait un double jeu. Si seulement Potter était plus comme Benjy, quelqu'un de bon au fond, et pas juste ce ramassis d'inepties et de superficialité, peut-être aurait-elle craqué depuis longtemps. Et puis, Benjy était drôle. Il en avait dans la tête, et avait le sens du devoir, du sacrifice, même.

Comment le nouveau pouvait être à l'aise avec Potter et traîner avec Benjy tout en se rapprochant de Black ? Ils n'avaient rien en commun ! Lily ne comprenait pas. Et ça l'agaçait, de ne pas comprendre. Au moins, Potter n'était pas avec Anthéa. C'était déjà ça. Ni avec Black. D'ailleurs, si les garçons de l'école se croyaient discrets, ils se mettaient la baguette dans l'œil ou le balai dans le … Car non ! Il n'y en avait que pour Dragonneau. Et tant pis pour ce que disaient ses amies. Elle n'était pas jalouse d'elle ! ah ça non. Elle semblait capricieuse, comme une enfant pourrie gâtée. Au moins, elle n'était pas maniérée, elle ne supportait pas ce genre de filles.

Normal que tous la scrutent, avec sa jupe plus courte que lorsqu'on l'achetait. Et le pire, c'est qu'à peine avait-elle traversé le château de la sorte, la veille, que dès ce matin, d'autres minettes l'imitaient. Ce n'était pas un exemple ! Et Lily ne pouvait ni réprimander, ni punir, ni donner de retenue, ni enlever des points. Car Anthéa avait raison, rien ne l'interdisait. Et puis, Marlène avait raison, ce n'était pas si indécent que ça…

Elle soupira d'exaspération. Gates, assise derrière Benjy et Ulrich, ne cessait de glousser avec Grant, assise un peu plus loin, en se jetant des coups d'œil et en les montrant d'un geste du menton. Ce n'étaient plus de la volaille, à ce niveau ! Le son aigüe la déconcentrait. N'avaient-elles aucune décence, aucune fierté, à baver sur des mecs, aussi canons soient-ils ?

Canons ? Lily secoua la tête. Elle perdait la boule, c'était officiel !

Le professeur Flitwick était un vieux sorcier minuscule, qui devait se mettre debout sur une pile de livres pour que sa tête dépasse de son bureau. Il avait une petite voix aiguë, fluette, flûtée. C'était un homme émotif, mais qui imposait le respect. Il avait un aïeul Gobelin, et était extrêmement intelligent. Il était courageux, puisqu'il était Chapeauflou Serdaigle/Gryffondor, à l'image de McGonagall. Le Choixpeau avait fait un choix différent pour les deux enseignants, qui étaient amis. Comme Chourave et McGonagall, il commençait à avoir le visage marqué par les années. Il était très compétent, doux, calme. Il avait des yeux et des cheveux noirs étincelants et profonds. Patient. Gentil. Sa coupe en brosse était amusante, et faisait vieux jeu, de même que sa moustache, plus taillée que celle de Slug, et rappelant moins l'apparence d'un morse.

D'ailleurs, l'enseignant venait de poser une question.

-Le sortilège de Maintien est un enchantement permettant de maintenir en place quelque chose, répondit aussitôt Lily.

-5 points pour Gryffondor ! pépia Flitwick avant de se lancer dans une explication de l'incantation et du mouvement à produire.

-Suceuse, chuchota Théa à l'adresse de son voisin de derrière.

Benjy lui décocha un grand sourire amusé et Ulrich céda pour un sourire en coin. Lily senti toutes ses barrières intérieures craquer. Comment osait-elle parlait aussi vulgairement de la sorte ? Ce n'était pas son genre ! Etait-ce une provocation ? Ou pensait-elle vraiment que…

Lily devint rouge pivoine. De honte, de gène, de colère ? Puis, elle se reprit. Elle voyait mal comment ses amies pourraient prendre la défense de la Poufsouffle, après ça. Humiliée sans raison devant des camarades. Encore que, toute la classe n'avait pas été témoin. Elle devait avouer à sa décharge, qu'elle ne faisait pas forcément dans le spectaculaire et le ragot.

-Je t'ai entendue, répliqua donc Lily en lui envoyant un regard lançant des éclairs.

-Oh vraiment ? la toisa Théa avec hauteur. Sache que c'était le but. Et Miss Je Sais Tout devrait savoir que normalement, on lève la main et on attend que le professeur nous interroge. Toi qui adore la règlement, en bonne Parfaite-En-Chef je suis mieux que tout le monde, tu devrais t'y plier, non ?

-C'est Ste Mangouste qui se fout de l'ensorcelé ! s'offusqua Lily, choquée.

-Ben tiens… railla Théa. Détends toi un peu, pour changer, ça te fera du bien, ajouta-t-elle en rapprochant son visage à 2 cm de la préfète en chef. Profite un peu de ta jeunesse, ou tu finiras aigrie et acariâtre comme cette bonne vieille McGo, conclut-elle avec un clin d'œil pervers, un haussement des sourcils suggestif et un sourire en coin

-Il y a des gens qui se respectent et qui respectent les autres, ça ne veut pas dire qu'ils ne s'amusent pas, répliqua Lily, piquée au vif.

-Si tu le dis, ironisa Théa avant de se redresser et de faire comme si elle n'existait pas.

Anthéa adorait provoquer la rousse. Elle voulait qu'elle sache ce que ça faisait, de subir le dénigrement de quelqu'un, d'être insulté à tort. Elle n'avait même pas relevé la critique à peine voilée de celle-ci. Qu'on la voit comme une trainée ou non, qu'elle couche avec tout ce qui bougeait ou non, qu'elle en montre trop ou pas assez, ça ne regardait qu'elle. Elle se fichait bien de ce qu'il se disait, de ce qu'on pensait d'elle.

Et encore, Lily devrait s'estimer heureuse, elle ne lui hurlait pas dessus, et faisait ça en petit comité. Evans devrait lui en être reconnaissante. Elle avait besoin d'une bonne leçon. Dire qu'elle avait promis à James de l'aider à conquérir cette pouffiasse coincée ! Pourvu qu'elle soit aussi extraordinaire qu'il le disait, une fois qu'on la connaissait mieux. Car l'air qu'elle se donnait de Madame Je-Pète-Plus-Haut-Que-Mon-Cul était insupportable. Anthéa voulait la remettre à sa place, qu'elle se remette un peu en question.

A la sortie du cours, James l'intercepta sur le chemin, en lui saisissant doucement le poignet.

-Qu'est-ce que tu as dit à Lily ? demanda James d'un ton acide. Tu n'as pas tout fait foirer j'espère ?

-T'inquiète, répondit Théa d'une voix amusée, en haussant les sourcils, toujours son sourire en coin. Je ne l'ai pas traumatisée si telle est ta question.

-J'espère que tu ne l'as pas vexée… dit James d'un air menaçant et le regard noir en se penchant sur elle, réduisant la distance de leurs visages.

-C'est dans sa nature de l'être, répliqua-t-elle avant de tourner les talons accompagnée de ses amies qui l'avait rejointe.

James soupira en regardant son amie d'enfance partir. Elle était intenable quand elle le voulait. Cela rendait les choses tellement excitantes, mais également risquées. Et flippant. Et stressant. C'était follement amusant. Mais il avait peur de perdre Lily dans le processus. Quoiqu'elle n'était même pas à lui … Mais comment dompter Anthéa ? Impossible, c'était ça la réponse.

Un dernier cours de runes d'une heure avec Serpentard et les Poufsouffle avaient fini leur journée du mardi.

Les Maraudeurs arrivèrent à la Grande Salle pour l'heure du dîner. Sirius entra en contact avec le regard d'Anthéa, comme toujours, tel un rituel.

C'était presque comme un défi, entre eux. Dès que leurs regards se croisaient, ils ne détournaient pas la tête, ils se fixaient, les yeux dans les yeux. C'était à celui qui baisserait les yeux le premier, ou qui se noierait dans celui de l'autre en dernier. Il ne s'intéressait pas au fait qu'on pourrait les surprendre. Sirius se fichait complètement de savoir ce qu'en déduiraient les autres, lui même ne savait pas ce que cela voulait dire. C'était intime et enivrant, chargé de tensions et de questions sans réponses. Dans ces moments là, il avait même du mal à se concentrer sur ce que ses amis lui disaient, et avaient un train de retard pour répondre. Mais il ne voulait pas éviter cet océan bleu électrique. Heureusement, ça n'arrivait pas trop souvent dans la journée, sinon il serait constamment dans un autre monde, et ça ne lui réussissait pas, vu les regards inquisiteurs et les mines inquiètes de ses amis. Pourtant, dans le fond, ses amis s'en doutaient. Ils l'avaient même bien cramé. Mais ils pensaient que ce n'était que du désir charnel, une tension sexuelle, une attirance purement physique. Et puis finalement, ce n'était rien de plus, non ? une nouvelle fille à chasser, à conquérir, à dominer. Une fille différente des autres. Un spécimen unique.

A la fin du dîner, les 4 amis se séparèrent. Remus et Peter allèrent à la bibliothèque afin de faire des recherches.

James partit pour sa première ronde avec Lily et Sirius décida que Patmol avait besoin de se dégourdir les pattes, pour cesser de penser.

James rejoignit donc Lily devant le tableau de leur salle commune. Il discutait avec la Grosse Dame, en attendant qu'elle revienne de la bibliothèque. Il la vit arriver au détour du couloir, son pas léger, ses cheveux de feu ondulant dans son dos, l'air concentré. Elle était grande, quelques centimètres de moins que lui. Elle avait une silhouette harmonieuse et un visage d'ange. Quelques tâches de rousseur constellaient son visage, au niveau de son nez et de ses adorables fossettes, et sa peau laiteuse était à croquer, il aurait juré qu'elle devait avoir la douceur du satin ou de la soie. Elle se tenait droit, et arborait un air dédaigneux dès qu'elle le voyait, ce qui, irrémédiablement, amenait à un vif pincement de cœur du jeune homme. Il savait qu'il n'avait pas montré son meilleur visage par le passé, qu'il fallait qu'il arrête de faire son intéressant. Il voulait qu'elle le prenne au sérieux, et cet insigne qui l'avait dégoûté de prime abord était finalement la bouée de sauvetage qui pourrait peut-être lui permettre de la conquérir.

Elle lui fit un bref signe de tête, en disant son nom de famille d'un ton glacial, limite réfrigérant, l'air dur. A priori, elle n'avait pas apprécie ce qu'Anthéa lui avait dit, peu importe ce que c'était. Elle l'avait bien aidé, lui donnait de bons conseils, mais là, pour le coup, elle avait déconné. C'était plus fort qu'elle, il aurait dû s'en douter. Il ne pouvait pas réellement lui en vouloir. Il aimait bien trop son amie pour ça.

Il marcha côté à côté à avec Lily. Elle se murait dans le silence, faisant comme s'il n'était même pas là. Cela lui fit mal. Il avait de la prestance, pourtant, il le savait. Il n'avait qu'à claquer des doigts, et il avait la fille qu'il voulait. Mais celle qui lui faisait perdre la tête avait été claire : elle le haïssait. Il pourrait cesser de faire des conneries, d'enfreindre le sacro saint règlement, arrêter de faire perdre des points, même mieux, en faire gagner, ça ne changerait rien. Il pouvait arrêter les brimades, elle ne le remarquait même pas. Par Merlin, il avait sauvé la vie du bon vieux Servilo alors qu'elle l'avait traité de tyran à cause de son comportement vis à vis de lui ! Etait-ce de sa faute s'il l'avait insultée ? Non ! Jamais de tels mots ne seraient sortis de sa bouche, à lui. Et pourtant, elle lui en voulait. Il savait que Lily craignait l'abandon ou le rejet. Une sombre histoire avec sa sœur, d'abord jalouse, puis dégoûtée d'elle. A présent son ami d'enfance. Pfff, tu parles d'un meilleur ami, qui flirtait avec la magie noire et qui traînait avec des personnes pas nettes. Et c'était à lui qu'elle en voulait ? N'était-ce pas se trouver un bouc émissaire ? Fléchir à la facilité ? Faire tout ce qu'elle lui reprochait ? Les filles étaient bien compliquées.

Lily de son côté, n'en menait pas large. Potter était bien calme. Silencieux. Elle craignait qu'il ne lui demande de sortir avec elle, comme il l'avait fait durant une année et demi. Mais rien. Pourquoi ? Lui préférait-il une autre ? comme cette insupportable Anthéa Dragonneau, qui se croyait au dessus du lot, et qui se pensait maline ? Ou s'était-il lassé ? Finalement, il n'avait jamais été sérieux, il n'avait jamais tenu à elle, elle l'avait su dès le départ, que ce revirement de situation était trop suspicieux et soudain pour être vrai. Non, il cherchait à se moquer d'elle. Pourtant, ses amies lui assuraient que pour subir en silence ce qu'elle lui balançait, et persister à lui courir après, c'est qu'il était franc avec elle. Mais elle avait eu raison, dès le début. C'était un challenge, il était passé à autre chose. Il s'en moquait. Et quelque part au fond d'elle, cela la mettait plus mal à l'aise que ça aurait dû.

James déglutit difficilement. Il prit son courage de Gryffondor à deux mains. Il était temps qu'il se lance, qu'il débute une conversation. Le silence était bien trop pesant.

-Alors tu.. Tu as passé une bonne journée ? tenta-t-il en un balbutiement incertain.

-Nous avons passé la journée ensemble Potter. Et pour toi, c'est Evans. Nous ne sommes pas amis.

James se frappa mentalement. Anthéa avait raison. Lily était vraiment odieuse !

Lily de son côté s'en voulait d'avoir été si sèche… Mais non, pourquoi s'en voudrait-elle ? C'était la pure vérité.

-ça ne répond pas à ma question, asséna-t-il avec humeur.

Il se morigéna mentalement. Ce n'était pas en étant désagréable qu'il allait parvenir à quelque chose !

Lily, elle, éprouva une certaine satisfaction. Il s'intéressait.

-ça a été. Très intéressant.

James hocha vaguement la tête, en évitant son regard. Elle coula un regard vers lui et se mordit la lèvre inférieure. Allait-elle oser ?

-Ta… ta copine n'a pas été sympa avec moi, tenta-t-elle malgré tout.

Voilà, le terme copine était vague. Malgré elle, elle guettait sa réaction avec avidité.

Mais il n'eut aucune réaction autre qu'un haussement d'épaule désintéressé. Ça ne lui faisait donc rien que son flirt soit désagréable avec elle, qu'il aimait, soit disant ?

-Elle n'est pas mauvaise, la défendit James avec aplomb

Il avait une certaine tendresse dans le regard et un petit sourire en parlant d'elle. Lily sentit le sol se dérober sous ses pieds, mais continua sa marche avec conviction. C'était ridicule. Que lui arrivait-il ? elle s'en fichait, de Saint Potter !

-Elle m'a insultée, se remémora Lily.

-Elle est comme une lionne qui défend ses petits.

Lily rigola sous cape. Une lionne ? Un blaireau, oui ! Mais ne disait –on pas que les blaireaux étaient tranquilles jusqu'à ce qu'on les attaque, eux ou leurs proches ?

Lily secoua la tête. Elle n'allait tout de même pas trouver des excuses à Dragonneau, en plus !

-Si tu le dis, répliqua-t-elle avec aigreur.

-Tu l'as un peu cherchée. Tu n'as pas été tendre avec elle, alors même qu'elle ne t'avait rien fait.

James ferma ses yeux, et tenta de se faire tout petit. Il aurait dû se taire ! Pourquoi avait-il dit ça ? C'était stupide, stupide, stupide. Lily allait le détester davantage, si c'était possible. Mais il ne pouvait pas la laisser attaquer sa meilleure amie. Il n'était pas comme ça. Même par amour. Même pour le grand amour. Et si Lily ne le comprenait pas, alors Anthéa avait raison : elle ne le méritait pas. Il n'allait pas changer pour ses beaux yeux… Ses beaux yeux émeraude.

Lily ne savait pas comment attaquer. Elle avait des mots bien sentis à lui balancer au visage. Mais c'était puéril et insensé. Elle n'allait pas s'évertuer à insulter Anthéa, alors que James se battrait bec et ongles pour elle, quoiqu'il advienne. Avant qu'elle n'arrive, il agissait de la sorte avec elle. Les rôles avaient été inversés. Cette fille avait pris sa place dans le cœur de James. A cette pensée, son estomac fit un saut périlleux. Elle se dit qu'elle n'avait peut-être pas assez mangé, en fin de compte…

-Elle flirte avec le règlement, asséna-t-elle.

En plus de flirter avec toi, et tout un tas d'autres garçons, pensa-t-elle intérieurement. Elle était bien libérée. Ou peut-être était-ce Lily qui était bien trop coincée ?

N'importe quoi ! Cette fille bouleversait ses pensées. Lily se dit qu'elle était vraiment fatiguée.

-Mais elle ne l'enfreint pas.

Lily tourna son visage vers James qui descendit son regard sur elle. Elle se rendit compte, malgré elle, qu'il n'avait pas tort. Et bien que cela ne lui plaise pas, la nouvelle aussi, n'avait pas tort dans ses affirmations, bien au contraire. Mais elle n'allait tout de même pas s'excuser ! Est-ce que Potter s'était excusé auprès d'elle ? ou même… De Severus ?

Repenser à son ancien meilleur ami lui fit mal au cœur, et elle sentit une avalanche de larmes monter. Elle écarquilla les yeux et enfonça ses ongles dans ses paumes, tout en mordant l'intérieur de ses joues, pour ne rien laisser paraître. Elle réussit. Finalement, ses amies, les Maraudeurs, tout le monde avait raison au sujet de Severus : il avait succombé à la pression et aux mauvaises influences de sa maison. Elle n'avait pas réussi à le sauver. Elle s'était perdue corps et âme dans une cause perdue d'avance. Cela ne rendait la chose que plus difficile.

Ils continuèrent leur ronde en silence, chacun perdu dans ses pensées, voulant dire quelque chose, se rétractant, puis se rendant compte que cela faisait trop longtemps que personne n'avait parlé, et que rompre un silence aussi religieux serait une erreur. Ils en profitaient pour se lancer des coups d'œil discrets. Pour des raisons différentes. Du moins, Lily se rassurait en se disant qu'elle ne trouvait rien de bon chez Potter. Même si cet éclat d'affection qu'il avait pour cette fille, comme l'amitié qu'il avait avec le jumeau, et la relation fusionnelle avec les maraudeurs, était vraiment la seule bonne chose chez lui. Au moins, il n'était pas à jeter entièrement à la poubelle.

Ils ne croisèrent personne durant cette ronde.

Sirius dévala les escaliers. Pour une fois, ces derniers ne furent pas récalcitrants.

A l'aide de la carte du maraudeur, il emprunta les bons chemins afin de ne croiser ni Rusard, ni les Préfets en Chef, ni Miss Teigne, ni Peeves, ni d'ailleurs, aucun fantôme.

En parlant de Peeves, il l'entendit caqueter en piaillant une chanson insultante à l'attention de Rusard, ce qui fit sourire Sirius. Lors de leur première année, leurs premières frasques étaient issues d'un défi de Peeves de faire pire que lui. Ils avaient prouvé, les mois, années suivantes, qu'ils en étaient capables. Et pourtant, Peeves était un empêcheur de tourner en rond. Il avait plus d'une fois failli tout gâcher. Ce qui rendait leurs succès que plus méritants.

Une fois sorti dehors, Sirius se transforma en Patmol. Il cavala à travers le parc, comme un dératé, la langue pendante, la bave coulant, ses babines tirées en arrière, les oreilles en alerte, les pattes tapant abruptement la terre et l'herbe sur son chemin. L'air frais passait au travers de ses poils noirs hirsutes. La sensation était grisante. Il adorait prendre sa forme animagus. Cela lui permettait de se déconnecter un peu. Le fait de garder ses capacités mentales humaines en étant sous forme animale était une sensation particulière. Pouvoir communiquer avec d'autres animaux était une expérience à part. Et lorsque Sirius courait comme le brave clébard qu'il était, comme le lui disait James, il se sentait libre, libéré de tout tracas. Devenir un animagus était long, compliqué, complexe et dangereux, mais cela valait le coup. Tous les sens était décuplés, en alertes, y compris sous forme humaine. On se sentait plus vivant, plus libre, plus en phase.

Après une heure passée à courir, nager, s'ébrouer, il alla se balader dans la forêt interdite. En revenant, dans la clairière, il s'arrêta. Il sentit une odeur d'amande et de fleurs. Pourtant, il ne se souvenait pas avoir déjà senti une quelconque pointe d'amande dans la forêt Interdite. A pas feutrés, il pista l'odeur, l'oreille aux aguets. Arrivé à l'orée du bois, il vit une silhouette adossée contre un arbre, proche du lac noir. Les jambes croisées l'une sur l'autre, allongées devant elle, la figure offerte à la brise fraîche du début de soirée, Sirius reconnut Anthéa. Elle avait les yeux à peine fermés, un fin sourire flottant sur son visage, et l'air apaisé. D'une main, elle jouait avec sa baguette magique, le genre qu'on ne vendait pas chez Ollivander. L'autre virevoltait dans l'air, comme sur le rythme d'une musique qu'elle seule entendait. Au bout de son index et son majeur, une cigarette se consumait.

« c'est pas une cigarette ! », se dit alors le chien, effaré.

Il avait déjà vu ça en faisant des recherches sur les moldus. C'était de la drogue. Comment avait-elle fait pour s'en procurer ?

-Tiens ! Salut le chien…

Patmol leva la truffe vers la jeune fille qui avait tourné la tête vers lui. Elle avait un sourire sincèrement avenant. C'était bien la première fois qu'il la voyait ainsi. On aurait presque dit qu'elle était heureuse de le voir. Il ne se souvenait pas l'avoir vu arborer cet air là, même avec James ou son frère. C'était assez surprenant. Et agréable.

Elle tapota l'herbe fraîche près d'elle, et Patmol prit ça pour une invitation, alors, il s'installa à côté d'elle, allongé, les pattes avant croisées devant lui, la tête dessus. Anthéa posa sa baguette à côté, et lui caressa le haut du crâne, comme si c'était machinal. Il trouvait ça agréable, comme sensation. Pourtant, il n'aimait pas qu'on le touche, normalement.

Il se dit alors que la jeune fille jouait un rôle, lorsqu'il y avait du monde. Car elle était bien différente, une fois seule. Ou était-ce parce qu'elle s'enivrait l'esprit ?

-Il me semble que les seuls animaux acceptés à Poudlard sont les chats, les rats, les crapauds, et les hiboux, dit Théa en baissant le regard vers le chien. Rich et moi avons eu de la chance que les Fléreurs ressemblent à des chats, sinon, on aurait dû les laisser à papa et maman.

Patmol paniqua. Allait-elle le dénoncer ? Devait-il s'en aller ?

-Tu n'as pas de collier… Tu t'es perdu ? Et puis d'abord… Comment es-tu rentré dans l'enceinte du château ?

Anthéa laissa son regard se perdre vers les grilles fermées de Poudlard. Non, le chien était peut-être élancé, mais trop gros pour passer au travers des barrières. Par la forêt interdite alors, c'était de là qu'il venait, après tout. Etait-il de Pré Au Lard ?

-Il me semble que la vieille Mopsy n'a pas de chien tel que toi… ajouta Anthéa en rapportant son regard vers Patmol. C'est une vieille sorcière excentrique qui élève tout un tas de toutous dans sa maison, à la sortie de Pré-Au-Lard, expliqua-t-elle devant l'air 'intrigué' du chien.

Elle apporta sa cigarette roulée à la bouche, avala puis recracha après inspiration une volute de fumée acre en fermant les yeux, avec un petit sourire satisfait. Elle continua ainsi un certain moment, jusqu'à finir et faire disparaître le mégot d'un simple 'Evanesco'. Puis, elle se leva en chancelant un peu, mais avec fluidité, et Patmol trouva ça contradictoire mais charmant. Elle épousseta l'arrière de sa jupe, en plissa l'avant, et se dirigea vers la cabane d'Hagrid en lui faisant signe de la suivre. Patmol obéit, en bon chien qu'il était, tiraillé par la curiosité d'en savoir plus sur cette fille.

Elle frappa à la porte de la cabane d'Hagrid, une petite maison forestière en bois qui se situait au nord-est du château, à la lisière de la Forêt Interdite, et Patmol s'assit sur le perron à côté de la jeune fille qui jouait avec sa baguette d'un air ennuyé, lui, battait la queue au sol. Une arbalète et une paire de bottes en caoutchouc étaient posées de chaque côté de la porte.

-T'as quand même de beaux yeux, pour un cabot, nota-t-elle avec un sourire.

Un cabot ? Patmol se sentait insulté. Parfois les maraudeurs le chariaient avec ça, mais ils n'étaient pas intimes au point de se laisser insulter ainsi. Alors, instinctivement il grogna. Anthéa eu un large sourire, ce qui changeait de ses sourires en coin ou malicieux.

-ça va, j'ai dit que t'avais de beaux yeux, râla-t-elle en roulant des yeux.

Elle s'apprêtait à re frapper à la porte quand celle-ci s'ouvrit brusquement. Patmol sursauta et Anthéa éclata franchement de rire en se tenant les côtes, le buste penché en avant. Le regard d'Hagrid en disait long.

-Ah Anthéa ! s'exclama Hagrid en s'essuyant les mains sur son tablier en peau. Quel bon vent t'amène ?

-Je me demandais si ce chien n'était pas à toi ?

Patmol paniqua. Il ne voulait pas être adopté par Hagrid, aussi sympa soit-il !

-Non, non, peut-être Mopsy ?

-Je lui demanderai à la prochaine sortie de Pré-Au-Lard.

Hagrid eut l'air gêné, puis il s'esclaffa en secouant la tête et s'écarta de la porte pour laisser ses invités impromptus pénétrer dans sa demeure.

Il n'y avait qu'une pièce, des jambons et des faisans étaient suspendus au plafond, une bouilloire de cuivre était posée sur le feu. Un lit massif, non, gigantesque, recouvert d'une courtepointe en patchwork trônait dans un coin de la pièce. Il y avait une commode en bois.

A l'opposé, se situait une imposante table en bois, ronde, entourée de deux chaises du même matériau, d'un énorme fauteuil en cuir usé près de la porte, de couleur cuivre, ou étain, selon les endroits. Derrière, un gargantuesque feu de cheminée brûlait allègrement.

Il y avait, un peu partout, en particulier sur le mobilier de bois rasant les murs, un pardessus en poil de taupe, des pots à thé, des grandes tasses, des bouilloires en cuivre, une grosse paire de jumelles, plusieurs pots au lait, un horrible costume marron et pelucheux, et une cravate à carreaux jaunes et oranges

-Sandwich a l'hermine ?

-J'ai déjà mangé, l'informa la brune en s'installant gracieusement sur une chaise, Patmol à côté d'elle.

-Biscuits ?

-Trop durs pour mes faibles dents, avoua-t-elle.

-Des caramels ?

-S'il te plait ! C'est la seule chose de mangeable chez Hagrid, chuchota la jeune fille en se penchant vers le chien, lui faisant profiter de son odeur fleurie.

-Tiens ! fit Hagrid en revenant avec une boîte située sur le manteau de la cheminée, en tombant sur une chaise qui grinça. Oh ! Tu veux du thé ?

-Avec plaisir ! J'aurai préféré du cognac, mais il est un peu tôt dans l'année pour ce genre de demandes, murmura la brune avec un clin d'œil pour Patmol, alors que Hagrid récupérait une théière ébréchée.

-Et ton chien ? Il veut un biscuit ?

Anthéa posa son regard ennuyé vers l'animal. Elle haussa des épaules. Hagrid tendit un morceau à Patmol qui renifla suspicieusement le gâteau. Anthéa s'en saisit, le laissa tremper dans son thé, puis l'émietta avec difficulté dans la paume de sa main pour le lui tendre. Patmol lécha avec avidité les petits copeaux réalisés à son attention.

-Alors, qu'est-ce que tu racontes, Dragonneau ? Pas trop dur le changement ?

-Ce n'est pas le changement qui est difficile, Hagrid, mais bien la routine.

-Ah oui oui… bien sûr, concéda Hagrid qui lorgnait sur le chien avec intérêt

-Tu en voudrais un ? comprit Théa.

-quoi donc ? s'étonna le demi géant en un léger sursaut

-Un chien ! je te laisserai bien celui-là, mais il est peut-être attendu par ses semblables.

Semblables. Patmol sourit. Un cerf, un rat, et un loup, ce n'étaient pas des semblables, même s'ils étaient les mêmes.

-Il paraît que tu as été major de ta promotion pour tes BUSES ? continua Hagrid. T'avais pris toutes les matières, c'est ça ?

-Oui, mais du coup, j'en ai laissé quelques une de côté pour les ASPICS, révéla Anthéa. Notamment la divination et l'Histoire de la Magie. Je sais que Dumbledore n'a jamais réussi à avoir de professeur compétent en divination, il veut même retirer la matière du cursus, alors à quoi bon continuer ? Et puis finalement, l'arithmancie est bien plus concret et précis, plus passionnant, et utile. Et le professeur d'histoire ici est… Mort et soporifique, alors je ne voyais pas non plus l'intérêt de perdre mon temps. Et puis si c'est pour m'ennuyer durant ces cours… A Ilvermorny, il n'y a pas de cours d'étude de moldus puisque nous vivons parmi eux et que c'est à nos parents de tout nous apprendre à leur sujet, ce que ma mère et ma tante ont fait, précisa-t-elle sous le regard étonné de Hagrid. En plus, pour être Magizoologue, je n'ai pas besoin de ces matières. Donc voilà. Ça me donne plus de temps pour venir te rendre visite, conclut-elle avec un large sourire amical et un clin d'œil complice.

Patmol se demanda alors, enfin, d'où Anthéa, une fille qui venait de mettre les pieds à Poudlard, connaissait le garde chasse et gardien des clés et Sceaux de l'école. Ils avaient l'air proches, mais il ne voyait pas comment elle avait pu le rencontrer. D'autant plus que ce n'était pas son genre de se rapprocher des gens, surtout aussi rapidement. Du moins, c'était ce qu'il avait cru remarquer.

-Et comment vont tes parents, d'ailleurs ?

-Papa rend maman folle, comme d'hab, haussa-t-elle des épaules.

-Il a toujours été excentrique, approuva Hagrid en se caressant la barbe en regardant le plafond. Tu veux suivre les traces de ton père, alors ?

-Il nous a transmis sa passion, approuva-t-elle vaguement. Maman aurait bien voulu que l'un de nous soit enquêteur, mais bon … Ainsi va la vie. Rich veut être enquêteur pour le département de contrôles & régulation des créatures magiques : il ira sur le terrain auprès des éleveurs, vérifier qu'ils ne soient pas maltraités, sévir contre les braconneurs, contrebandiers et chasseurs … Moi, j'aimerai intégrer le service en tant que missionnaire : veiller à la paix et être le garant de la bonne entente entre eux et avec eux, éviter les conflits entre peuples magiques, s'assurer que leurs droits soient respectés, s'assurer qu'ils respectent leurs devoirs, et qu'ils n'enfreignent pas les règles, ce genre de choses. Intervenir en cas de conflits, voir les soigner.

-Quelle bonne idée ! s'enthousiasma Hagrid en hochant vigoureusement sa grosse tête hirsute. Au fait, Dumbledore a laissé entendre que vous avez failli être obligés de changer de baguettes ?

-Ouais, c'était chiant, concéda Anthéa avec un geste impatient de la main. Aux Etats-Unis, on a nos baguettes après notre répartition, à l'école. Les premières années sont amenés dans une salle avec diverses baguettes des plus grands fabricants. Et comme pour notre maison, on est choisis. Et les baguettes restent à l'école durant les vacances. Pour éviter les incidents avec les Non Maj, jusqu'à notre diplôme.

-ça peut être problématique, souleva Hagrid.

-La loi Rappaport est dure, soupira Anthéa. En tous cas, le MACUSA refusait qu'on parte avec nos baguettes puisque nous ne sommes pas majeurs. Mais la directrice les a convaincus, soutenue par Dumbledore. Après tout, nous changions d'école et de pays directement après. On a été escortés jusqu'à la sortie du territoire, et ce n'est que là qu'ils nous ont cédé nos baguettes. Je crois que le nom de nos parents a aidé pour qu'ils se laissent faire.

-ça te manque Ilvermorny ? demanda Hagrid en plissant légèrement les yeux.

-Les cours de magie sans baguette étaient cools, avoua Anthéa. On étudiait la manipulation de la matière, avec la régénération, l'accélération, l'immobilisation et la décélération des molécules en 1ère année, avec les bases de la magie primaire et instinctive. L'alchimie en 2ème année, et la magie quantique en 3ème. Les rites magiques notamment tout ce qui est en lien avec l'astral en 4ème année. En 5 et 6 années, c'étaient les arts occultes et la Magie ancienne, on étudiait le chamanisme, le druidisme, et la magie des tribus des natifs américains, en particuliers ceux qui vivent autour de l'école. C'était vraiment bien.

-ça a l'air chouette.

-Ouaip.

-Tes amis te manquent ?

-Je n'ai pas d'amis, Hagrid, rappela Anthéa. Ou peut-être que je ne suis pas faite pour en avoir, tout simplement. Les gens sont tellement ennuyants. Je n'aime personne.

-On dirait ton frère, souleva Hagrid, songeur. Il m'a dit une fois, qu'il avait l'impression d'être fou, parce qu'il voit les choses différemment des autres.

Hagrid rapporta son attention sur le chien en lui tapotant la tête.

-Tu aimerais en avoir un ? demanda Anthéa en laissant sa tête tomber sur le côté.

-Ca rendrait mes soirées moins solitaires, dit Hagrid.

-Je peux t'arranger ça.

Anthéa se leva en titubant, non sans souplesse, et Patmol paniqua. Quoi, elle n'allait pas refiler un chien inconnu au demi géant, quand même ?

-C'est bientôt le couvre feu. On se voit une autre fois ? proposa-t-elle en ouvrant la porte.

-Amène ton frère, la prochaine fois, acquiesça Hagrid en se levant.

Anthéa sortit et Patmol la suivit pour fuir Hagrid avant qu'il ne le kidnappe. Arrivée aux marches du château, Anthéa s'agenouilla près de lui et le caressa.

-Va falloir que tu rentres chez toi. Je doute que Rusard soit sympa avec toi. C'est plutôt un homme à chats.

Elle dénoua une étoffe rouge de sa chevelure noire et l'attacha autour du cou de Patmol.

-Comme ça, je te reconnaitrais tout de suite, fit-elle avec un sourire.

Et elle disparut dans la pénombre des couloirs. Patmol resta assis là plusieurs minutes avant de reprendre forme humaine, de sortir la carte du maraudeur, et de rejoindre sa tour. En arrivant devant la Grosse Dame qui l'interrogea à ce sujet, il retira l'étoffe de la jeune binotionale de son cou, et le fourra dans sa poche. Elle ne devait pas faire le lien. Il doutait qu'elle apprécierait d'être espionnée de la sorte.

Lorsqu'il se coucha, il avait toujours le tissu dans la main. Ou plutôt, il en humait l'odeur, une main sous son oreiller, l'autre, avec l'étoffe, sous son nez. Une belle odeur fleurie et amande qui l'apaisa.