Je prends de mon temps pour vous poster un nouveau chapitre ! :)

Bon, je vais faire un truc que j'aime pas, mais tant pis!

J'écris parce que voilà, j'adore ça! je pense que j'ai des idées pas trop dégueu, et ça me fait plaisir de partager avec vous.

Et j'espère que le plaisir est partagé.

J'avoue que j'y mets du soin... ça me prend du temps l'air de rien !

et je constate que j'ai beaucoup de lecteurs mais peu de reviews... C'est triste, et pas très motivant, je l'avoue :(

enfin, voilà, c'était mon petit coup de gueule...

Je ne sais pas, un petit mot d'encouragement, ça ne prend pas 15minutes..

En parlant de ça ! A moi de prendre de mon temps pour vous remercier:

Merci à KeanaB, ma plus fidèle lectrice, chaque review m'émoustille et me motive !

mais également à anujen666, Jack Sherlock Black-Londugbat, Lucy Bdx, Nuit Noire REflet D'argent, Takuka-chan, Wilaky, et tsavard666 !

Allez trève d'appitoiement, voici mon nouveau chapitre! Il est pas fifou, mais je l'aime bien.

Chapitre 8 – Pré-Au-Lard

La deuxième semaine de septembre était passée à une vitesse folle, et l'été indien écossais prenait son temps pour déployer ses ailes et s'envoler, afin de laisser place à l'automne.

Le week-end était bien là, un moment de révisions, de travail, mais surtout de détente. Et pour les 3ème années et plus, la libération des sorties à Pré-Au-Lard.

Anthéa partit en compagnie de ses camarades de dortoir, Rich des siens, et James avec les Maraudeurs. Ils étaient sensés se retrouver plus tard, aux 3 balais, pour boire un verre.

Pré au Lard était le seul village de Grande-Bretagne n'abritant que des sorciers, fondé au même moment que la célèbre école de magie. Son charme consistait en un aspect pittoresque, souligné de ses agréables chaumières et de divers magasins étalés sur la Grand-Rue, qui débouchait sur la gare d'où débarquaient les élèves.

Les rues du petit village était bondées d'élèves et d'habitants, cherchant à s'octroyer de nouveaux gadgets, renouveler leur garde robe, ou faire des courses diverses et variées. L'animation était à son comble, par groupes, en duo, bras dessus dessous, main dans la main, discutant ou en silence… La vie était belle, à Pré Au Lard, et les rayons du soleil étaient agréables. Anthéa en avait profité pour enfiler ce qui s'avèrerait une des dernières fois avant longtemps, un débardeurs à col rond rouge et un petit short noir, avec ses docs marteens en cuir de dragon, marron cette fois, à l'aspect usé, montant jusque sous le genou, révélant et embellissant son teins hâlé, révélant les reflets auburn de ses cheveux noirs comme des abysses sans fond, et ses yeux d'une multitude de teintes bleu et électriques.

Le groupe de filles alla directement au fond de la grande rue direction la gare, ignorant le dernier tournant à gauche en venant de Poudlard pour aller chez Madame Pieddodu, le repère des amoureux transis et des premiers rencards pseudo romantiques sans imagination selon les réflexions d'Anthéa. De même qu'ils ne tournèrent pas sur la droite, la Tête de Sanglier étant un bar mal famé. Mais Anthéa se promit d'aller rendre visite au vieux Abelforth. Il avait beau ne pas apprécier son frère, ou s'interdire de le lui montrer avec son air rustre et son humeur grognon, il aimait beaucoup les filleuls de ce dernier.

Faisant demi tour avant d'atteindre la gare, les jeunes filles allèrent dans la boutique de Derviche et Bang, à la devanture verte, spécialisée dans la vente et réparation d'objets magiques. La boutique consistait en une entrée avec la caisse, assez grande et circulaire, qui menait à une salle imposante, elle même agrémentée d'une caisse, où se faisaient face divers promontoires, étales et étagères en bois sur lesquels étaient exposés tout un tas de bric à brac magique, ainsi qu'une mezzanine à l'étage, dont les rayonnages étaient plus sobres. Les murs étaient recouverts d'un bois vernis et lustrés, de même que le parquet était de bonne qualité. Un énorme lustre représentant la voute céleste tombait au milieu de la mezzanine et brillait de mille feux. La jeune Dragonneau acheta un nouveau lunascope pour son père et un multiplettes, des jumelles de cuivre dotées de divers boutons et de cadrans, qui permettaient notamment de revoir des actions, de faire des ralentis et de détailler image par image n'importe quel moment d'un match de Quidditch, puisque c'était son amie d'Ilvermorny qui en avait une.

Les 5 Poufsouffle s'arrêtèrent ensuite à Scribenpenne, le magasin de plumes et de parchemins de toutes les couleurs. Les murs du commerce étaient faits de pierre, avec une devanture consistant en deux petites fenêtres rectangulaires, surmontées de la plaque de bois annonçant le magasin. Anthéa s'arrêta un instant devant la vitrine, puis se décida à entrer. Le magasin n'était pas très grand, et était rendu d'autant plus étroit de par les différents rayons sur lesquels les différents articles trônaient sur des promontoires dorés et argentés pour les divers parchemins ou dans des pots de cuivre pour les différentes sortes de plumes. Anthéa déambulait et prit de l'encre à changement de couleur, une plume d'aigle brun et argent pour ses cours, une de faisan noire et or pour ses recherches, une de paon bleu pour ses devoirs, et une de focifère jaune pour son courrier, histoire de faire des réserves. Elle se dit que pour son anniversaire, elle offrirait une plume à papote pour Greta. Elle en profita pour refaire le plein de parchemins également. Ses amies ne se privèrent pas non plus pour prévoir et remplir leurs réserves en plumes et parchemins.

En sortant, elles s'arrêtèrent chez Gaichiffon, car les filles souhaitaient s'acheter de nouvelles tenues pour le week-end et les vacances. Ce qui, selon Anthéa, était bête, puisque le magasin avait une succursale à Londres. La devanture de la boutique, comme toutes les autres, était en vieilles pierres et respectant le matériau de Poudlard, avait peint le bois de ses fenêtres en un drôle de violet qu'Anthéa jugea de mauvais goût. L'intérieur était énorme, avec divers rayonnages, robes de bal, robes de soirées, robes de réceptions, robes sorcières de travail, de cours, robes dans le style moldu pour les différentes saisons, des jupes, et hauts, des pulls, des gilets, des chaussures, des accessoires … Anthéa se désola de ne trouver que des choses bien trop conservatrices, trop 'Amérique puritaine'. Un magasin très propre sur lui, pas assez original, beaucoup trop de froufrous à son humble avis. On se serait cru dans une boutique de mariages moldus dégoulinant de mièvreries.

Elle préférait un style plus rock-chic ou punk-décontracté, et toutes ces tenues cintrées et bon chic bon genre la dégoûtaient. Tandis que ses amies perdaient leur temps en essayages et babillages, la jeune fille sortit s'accoler au mur afin de fumer une cigarette et de balayer la rue du regard. Elle se décida à aller rendre visite au vieil Abelforth, comme pensé plus tôt. De toutes façons, les filles en avaient pour des heures, entre les deux au look très aristocratique, et les deux autres, très fleur bleue, la jeune bi nationale savait d'expérience que cela allait prendre au moins 1h. D'autant plus avec le monde qu'il y avait à l'intérieur.

Anthéa bifurqua dans la petite ruelle et poussa la porte du bar miteux du cadet de la famille Dumbledore. L'enseigne en bois vieilli accrochée au dessus de la porte représentait une tête de sanglier dégoulinante de sang sur une nappe blanche, tâchée. C'était glauque et de mauvais goût.

Le comptoir, qui faisait face à l'entrée était petit, sale et couvert de sciure pour Merlin savait quelle raison. La caisse enregistreuse datait sans doutes de l'antiquité, et la salle était imprégnée d'une forte odeur de chèvre et de biquette. Lesquelles vivaient dans l'arrière cours, dressées par le gérant. Derrière, les torchons avaient du vécu au vu des tâches qui y étaient incrustées, un recurvite n'aurait pas été de trop. Les fenêtres étaient opaques dues à un nettoyage peu fréquent, et le sol n'était pas visible du fait de la poussière qui y reposait.

Derrière le bar, il y avait un escalier branlant en bois qui menait à un salon commun à deux chambres avec une cheminée, illuminée par une fenêtre dotée de rideaux qui donnait sur la rue et une cheminée au dessus de laquelle trônait le portrait de la sœur Dumbledore. Mais cela, seuls les privilégiés étaient au courant, car c'était les 'appartements' privés du vieux patron. Des chambres bon marché occupaient l'étage. La clientèle du bar était aussi rustique que le pub lui-même. Rustique étant le mot poli pour louche, du fait des probables activités illégales qui s'y tenaient

Abelforth était derrière son bar à bougonner sur un client qui s'était endormi avec un verre de Pur Feu à moitié entamé. Il avait les yeux bleus perçants de son frère, le même nez aquilin, et des lunettes. Il avait les cheveux longs et gris, comme lui, et une imposante barbe grise. Il était grand, mince, comme le directeur de Poudlard. A vrai dire, nul n'aurait pu nier leur ressemblance en tous points. La vraie différence était que l'aîné était ouvert, accueillant, et bienveillant, là où le cadet, était revêche, bourru et renfrogné. Son ton était un doux mélange entre le morose et le boudeur, et Anthéa l'avait affectueusement surnommé Grincheux. Les seules personnes avec qui il n'était pas désagréable étaient encore les jumeaux, et les Maraudeurs lorsqu'ils venaient lui rendre visite.

A peine la clochette sonna que la fréquentation douteuse se tourna vers elle, sans doute intriguée de ce qu'une jeune fille à l'apparence opposée à la leur venait faire ici. Abelforth lui fit signe d'approcher et elle s'avança en ignorant, comme toujours, les regards et murmures qui suivaient son passage, pour s'installer sur le tabouret face au propriétaire. Elle nota que dans un coin de la pièce, un groupe de Serpentard de son année complotaient.

-Qu'est-ce que je te sers, Thé' ?

-Un Rhum Groseille, Grinch'.

-T'es pas majeure.

-Tu veux qu'on parle des activités de ta clientèle ?

Le vieil homme grommela quelque chose de désobligeant, sans doutes, et servit sa cliente en foudroyant du regard les quelques hommes qui faisaient un blocage sur sa protégée. Ceux-ci obtempérèrent aussitôt retournèrent vaquer à leurs occupations en catimii.

- Pourquoi t'es pas aux Trois Balais comme tous tes petits copains ?

-Parce que de une, je ne suis pas comme les autres.

-Vrai.

-De deux, je ne suis pas la seule de mes camarades ici.

-Et je m'en passerai bien, de ces énergumènes !

-De trois, je sais que tu adores ma compagnie.

Le vieux Abelforth plissa les yeux en se penchant sur la jeune fille qui lui rendit un sourire rayonnant. Il se redressa en haussant des épaules et en marmonnant dans sa barbe.

-Ca t'arrive souvent de te balader toute seule dans des endroits peu recommandables ? lui asséna tout de même le vieil homme.

-Ce n'est pas une bande d'alcooliques et quelques étudiants de mon école qui vont m'empêcher de faire ce que je veux.

Une fois de plus, l'homme face à elle haussa des épaules en grognant des paroles sinistres dans sa barbe. Autant il appréciait ses visites, autant il n'appréciait pas qu'elle fasse la maline à se balader toute seule. Les temps se faisaient sombres. Elle était du genre à se faire remarquer, surtout vue ses clients plus que louches. Et lui, il avait un instinct protecteur, vis à vis d'elle. Il avait bien connu son père et son amie de Serpentard. Il appréciait Norbert, et il appréciait ses enfants. Il tolérait même plus qu'auparavant son frère, pour ce qu'il faisait pour la petite Dragonneau. Petite, puisqu'il la connaissait depuis toujours, au même titre que son frère.

-Tu vas à tes rendez-vous avec l'autre tâche ?

-Tu parles de ton frère ? se moqua Anthéa avec un petit sourire en coin révélateur. Ne t'inquiètes pas pour moi Grinch', je suis une grande fille, je sais ce que j'ai à faire, ajouta-t-elle après qu'il ai grincé un 'répond à la question gamine'.

-Vue ce qu'il s'est passé dans ta pâle copie de Poudlard, tu devrais y aller, lui reprocha-t-il en recommençant le nettoyage de ses verres crasseux avec son torchon tâché, plus pour s'occuper que pour laver.

-Tu défens Poudlard, toi, Maintenant ?

-Ne dévie pas la conversation !

-Ce n'est que ma deuxième semaine, soupira-t-elle. J'y vais aux pleines lunes, c'est là que je suis la plus sensible, la rappela négligemment la brunette en sirotant son verre d'alcool.

-Fais le, lui ordonna-t-il avec un regard mauvais.

-Oui papa, se moqua-t-elle en reposant son verre. Pourquoi tu n'utilises pas la magie pour nettoyer ?

-J't'en pose des questions ?

-toi t'en poses bien !

Ils se défièrent du regard, puis un des rares sourires du gérant vint orner ses lèvres. Il aimait bien le caractère de la gamine. Il regrettait juste qu'elle ait à vivre avec… ça.

-T'es pas avec ton frère ? continua-t-il.

-toi non plus, répondit-elle.

-Tu te crois maline ?

-On est jumeaux, pas siamois, lâcha-t-elle en un haussement d'épaules. Il a ses amis et moi les miens.

-Parce que t'as des amis toi ?

-Précisément ! ria-t-elle. Et puis, tu peux parler.

-J'en ai pas besoin.

-Moi non plus, Grinch'.

Abelforth se plaignit en un charabia difforme et Anthéa pouffa dans son verre.

-Une deuxième tournée !

Anthéa tourna la tête et croisa le regard bleu métallisé, surmonté de cheveux bruns et fins, surplombant un corps bâti par le poste de batteur de Quidditch. Rabastan Lestrange adopta un sourire charmeur auquel Anthéa répondit instinctivement. Peu importait qu'il soit à Serpentard ou qu'il fasse une fixette sur la pureté du sang, le fait était indéniable, c'était un beau garçon, et la jeune fille avait un faible pour ce genre de personnes. Nul doute que James péterait un câble s'il le savait, mais les jeux de la jeune sorcière ne regardaient qu'elle. Après tout, James écoutait-il Remus ou Peter lorsqu'ils leur faisaient part de leurs doutes, à lui et Sirius, concernant certaines blagues quelque peu malveillantes ?

-Qu'est-ce qu'une fille telle que toi fait dans ce bar minable ?

Abelforth grogna violemment 's'il te plaît pas mon pub, casse toi chez Rosmerta p'tit con', le regard lançant des éclairs.

-Et que doit-on penser d'un garçon de ton rang qui traîne ici ? répliqua ironiquement Anthéa.

Rabastan eu un sourire enjôleur et un regard enflammé, prit le Pur Feu commandé pour lui et ses 'amis', et avant de prendre congés, se baissa à l'oreille de la jeune fille.

-Au plaisir de te recroiser Dragonneau, lâcha-t-il d'une voix suave avant de tourner le dos.

-C'est ça, se moqua-t-elle dans son dos avec son habituel sourire en coin.

-ça, morveuse, c'est une idée de merde, remarqua hargneusement le patron, toujours vexé de l'insulte à son commerce.

-T'inquiètes pas pour moi Grinch', je gère, le rassura doucement la jeune fille en finissant son verre et en sortant sa bourse.

-Laisse, c'est la maison qui offre, refusa-t-il avec brusquerie. Mais t'approches pas trop de ce gars là. Sa famille est…

-Je sais, le stoppa la jeune fille en posant sa main sur celle du vieil homme, il s'agit d'une vieille histoire…

-Et tu devrais laisser le passé là où il est, la réprimanda-t-il

L'adolescente acquiesça vaguement avec une moue boudeuse, se pencha par dessus le bar afin de déposer une bise sur la joue du vieil ours, et tourna les talons. Elle alluma sa cigarette et rejoignit la boutique de Gaichiffon, où ses amies continuaient de se choisir des potentielles tenues, des étoiles dans les yeux. Anthéa finit sa cigarette, l'écrasa mécaniquement et pénétra dans l'enceinte de l'échoppe.

-C'est dommage qu'il n'y ai pas de bal à Poudlard, geignit Greta, une robe empire face à elle.

-Crois moi, ça évitera bien des pleurnicheries, assura Emmeline avec une robe renaissance droite.

-Pourquoi essayez-vous des robes de bal, alors ? s'étonna Anthéa en s'asseyant sur le siège derrière ses amies.

-Pour se faire du mal, râla Dorcas.

-On y va ? Je dois faire le plein de sucreries.

Cela ne se voyait pas à sa taille minuscule et sa silhouette menue, mais Hestia était une indécrottable gourmande, à l'instar d'Alice chez les Gryffondor.

Les 5 amies abandonnèrent la boutique pour passer devant la voisine, à savoir Zonko, dont la devanture rouge criard attirait tout de suite l'œil, avant de pénétrer dans Honeydukes, la confiserie de Pré-Au-Lard. Le bâtiment comptait en tout la boutique, la cave et la maison des propriétaires au dessus. D'innombrables étagères débordaient de friandises ou en rangées bien nettes pour le chocolat. Des tonneaux étaient remplis de Dragées et de Fizwizbiz, des bonbons à effets spéciaux occupaient les murs, et une pancarte indiquait les goûts bizarres. Hestia se rua sur les différents chocoballes, chocogrenouilles, fondants du chaudron et autres chocolats déclinés à tous les goûts. Dorcas opta pour des plumes en sucre et des souris glacées. Emmeline préféra les crapauds et les fils dentaires à la menthe, et Greta craqua pour des suçacides et des les ananas confits. Anthéa préféra les caramels et les cubes de glace à la noix de coco. Son péché mignon : la patacritouille.

Les 5 filles arrivèrent devant les Trois Balais, haut lieu pour boire un coup entre amis dans une atmosphère détendue et bonne enfant. Un pub meublé de tables rondes entourées de chaises et de bancs dans les coins, tout meubles faits de chêne, avec un miroir au dessus du bar, sur la droite, à l'entrée. Il y avait une mezzanine, où se trouvaient des tables rectangulaires en acacia avec des banquettes, pour manger. Il faisait office d'auberge à partir du 2ème étage. Une vieille légende disait que c'était l'ancienne demeure du fondateur du village, et qu'il avait servi de quartier général pour la contre la révolte des gobelins de 1612. Ce bar accueillait toute sorte de clients, à l'image du Chaudron Baveur qui abritait le passage vers le Chemin de Travers, bien que l'ambiance soit chaleureuse joviale. Il y avait toujours du monde, et c'était bruyant, et donc, indirectement, parfait pour ne pas être entendu. Les gens chahutaient, criaient, chantaient, mais surtout buvaient. Anthéa sema ses camarades qui allèrent dans un coin au fond de la pièce, à l'opposé du bar, où il n'y avait encore personne, et rejoignit les Maraudeurs et Rich pour prendre les commandes qu'elle alla réclamer à la tenancière.

Rosmerta était une jolie femme, aux courbes généreuses, aux cheveux blonds et aux yeux bleu-vert, ponctués de doré. Elle n'avait qu'une vingtaine d'année, tout comme la récente infirmière de l'école, avec qui elle avait finalisé ses études 7 ans plus tôt, et avait hérité du bar de ses parents. Depuis qu'il existait, il faisait de l'ombre à la Tête du Sanglier, désormais déserté. Elle avait viré les voyous, qui se ruaient donc chez son concurrent.

-Théa, qu'est-ce que je te sers Darling ? pépia joyeusement la sorcière.

-2 bièraubeurre, un hydromel aux épices, et 3 whisky Pur Feu, s'il te plaît.

-Pas un peu jeune ?

-Parce que tu faisais mieux, peut-être ?

Les deux sorcières se fixèrent un instant puis Rosmerta éclata de rire en rejetant sa tête en arrière, et se mit à servir les consommations de la jeune fille, tout en enguirlandant un de ses clients qui tentait bêtement de lui tripoter les fesses, penché au dessus de son bar. Anthéa s'accouda au bar, menton dans la paume, en jugeant l'état de forte ébriété de ces 3 jeunes hommes peu farouches, lorsqu'une main se plaça dans le bas de son dos. Et qu'on la touche ainsi sans y être convié, l'agaçait au plus haut point. Elle se retourna lentement, avec toute la violence et la menace que pouvaient contenir ses yeux, et se radoucit face à Rabastan Lestrange. Manquerait plus qu'elle fasse tout foirer à cause de son impulsivité.

-Encore toi, railla celui-ci, ça va finir par devenir une habitude.

-Je vais surtout finir par croire que tu me suis, répliqua la jeune femme en souriant d'un air de défi.

-C'est bon Darling, je viens vous servir ! Et garde tes galions, c'est moi qui paye !

-Comment as-tu fait ça ? s'enquit le serpentard, intéressé.

-j'ai mes entrées, répliqua la jeune fille en lui tapotant le torse avant de tourner les talons.

'Et merde'. Songea-t-elle. Oui, parce que la pub avait beau être bondé, il avait fallu que son frère et son meilleur ami soient témoins de cette scène. Entre le premier qui avait en horreur la famille Lestrange et l'autre qui haïssait les Serpentards plus que tout, elle sentait les remontrances venir. Et rien ne l'ennuyait pus que ça. Et elle détestait s'ennuyer.

Bien sûr, elle ne montra rien, avec son éternel regard rieur et son sourire moqueur, et s'installa comme si de rien n'était.

Impact dans trois, deux, un …

-On peut savoir ce que tu fichais avec Lestrange ?

ça, c'était James, qui n'avait absolument aucune idée de comment prendre une Anthéa prise sur le fait, contrairement à son jumeau, et cela, malgré presque 17 ans de vie commune.

-Il attendait son tour, répondit négligemment la jeune fille en plantant son regard électrique dans celui de son frère de cœur.

-Sis'… Lestrange, sérieusement ? lui chuchota son frère en se penchant à son oreille.

-Occupe toi de tes citrouilles, siffla doucement Anthéa d'un air menaçant en détournant le regard qu'elle accrocha à celui de Remus, bien plus apaisant avec son sourire désolé et son air fatigué.

-tu sais bien que sa famille… commença Rich en un murmure, les lèvres pincées

-Je sais ! répliqua-t-elle en lui lançant des éclairs d'un regard dévastateur

-Alors pourquoi ? tenta Rich en fronçant des sourcils.

-Je fais ce que bon me semble, Rich, cracha-t-elle.

-très bien, mais je t'aurai prévenue. Les chiens ne font pas des chats

Les deux jumeaux se redressèrent et s'ignorèrent superbement. Rosmerta arriva à leur table avec bonne humeur. L'air bougon de James s'envola, et il se mit à faire rire la serveuse dans des pitreries et blagues communes avec Sirius, deux clients qu'elle appréciait tout particulièrement. C'était du flirt innocent et pour jouer, pour le plaisir de faire, en sachant très bien que ça n'irait jamais plus loin. Elle s'arrêta un peu auprès de Rich pour prendre de ses nouvelles, et celui-ci s'amusa au même jeu que les deux troublions à ses côtés. Rosmerta était une femme agréable qui plaisait et aimait plaire, et ces trois clients ci étaient ses préférés. Ils n'était pas grossiers, ni abjects, et ne se permettaient pas de gestes déplacés.

-Et du coup, il a fini dans le lac noir, conclut Sirius d'un air théâtral, le bras de James pendant sur son épaule dans un air conspirateur.

-Il ressemblait à un vieux hibou déplumé, affirma James devant l'air admiratif de Peter et dépité de Remus

-Très amusant, approuva Rosmerta en hochant de la tête et en battant des mains, tu fais ce genre de choses à Ilvermorny, Rich ?

-Y a une cascade pas loin de l'école, approuva Rich, et le type en question l'avait bien cherché.

-Il n'avait pas choisi la plus haute et dangereuse d'entre elles, précisa Anthéa devant l'air inquiet de Rosmerta et horrifié de Peter. Il s'est juste écorché la jambe en tombant entre les rochers, au fond de la rivière.

-Et il l'avait mérité, conclut Rich. Tu t'étais fait combien Théa ?

-20 galions.

-Les paris ne sont pas interdits à Ilvermorny ? intervint Remus en fronçant des sourcils.

-Comme dans toute école, mais c'était plus amusant avec un enjeu, répliqua Ulrich tandis que sa jumelle s'esclaffait dans son hydromel aux épices.

-Qu'est-ce qui est plus amusant ? hasarda Peter, totalement perdu.

-Les défis, expliqua Anthéa.

Du coin de l'œil, elle vit ses camarades partir. Non pas que dévisager avec intérêt et toutefois discrétion Sirius Black, et le fait que ce soit réciproque, ne sois pas délectable, mais la jeune Poufsouffle avait plusieurs plans en même temps, et l'intérêt de la chose était encore de se faire désirer, de faire trépigner les autres. Alors, elle fit une bise à la tenancière et prit congés des garçons afin de rejoindre Hestia, Greta, Emmeline et Dorcas pour rebrousser chemin jusqu'au château.

C'était déjà l'heure du dîner, et voilà que le banquet se faisait attendre.

D'un pas souple et gracieux, Dumbledore s'avança devant son pupitre, et frappe des mains afin de faire venir le silence.

-Mes chers élèves, je suis heureux de vous apprendre qu'après 5 années de négociations difficiles et de travail acharné, cette année sera une année test pour nos chers étudiants en ASPICS. Les différents Ministères de la Magie concernés ont décidé de lancer un programme d'échange entre les plus grandes écoles étrangères. Ainsi, des délégations d'élèves de 7ème année nous rejoindront. Puis, ce sera à votre tour d'être accueilli. Les échanges en question dureront 3 semaines, étalés sur 5 mois et demi. Il a été estimé que ce temps serait suffisant pour se familiariser avec les méthodes d'enseignement, l'environnement et la culture dans lesquels vous vous plongerez. Sont concernées notre très chère école, ainsi que celles d'Ilvermorny aux Etats-Unis, Castelobruxo au Brésil, Mahoutoko au Japon, Uagadou en Ouganda, Beauxbâtons en France et Durmstrang dans les Pays de l'Est. Cela débutera au mois de décembre, avant les vacances de Noël. Vous serez de retour pour le mois d'avril, et aurez ainsi toute la tranquillité de réviser vos ASPICS jusqu'en juin, bien que nous comptions sur vous pour vous y mettre dès le début de l'année. Profitez-en pour retirer le maximum de souvenirs, de relations pour votre futur, et pour enrichir votre culture personnelle. Vos directeurs de maison afficheront dans vos salles communes les plus méritants pour participer au voyage. La Coopération Internationale Magique est primordiale en ces temps troublés, et nous comptons sur vous afin de nous faire honneur ! A présent bon appétit !

-C'était bien la peine de partir d'Ilvermorny, si c'est pour qu'elle vienne à nous, et que nous y retournions, grommela rageusement Ulrich.

Anthéa était totalement absente. Les problèmes ne faisaient que commencer. Mais n'était-ce pas ce qu'il y avait d'excellent dans toute cette histoire ? Surmonter les obstacles ?