Chapitre 4 : See who I am

See who I am

Break through the surface

Reach for my hand

Let's show them that we can

Free our minds and find a way

The world is in our hands

This is not the end


La Générale Organa et son équipe était enfin parvenue à Kalarba City. Comme ils avaient pris tout l'argent qui restait à la Résistance, ils purent louer un petit centre de diffusion clandestin afin de contacter leurs potentiels alliés. Les propriétaires du centre – certes peu scrupuleux – leur avaient néanmoins laissés les installations totalement libres, ils n'auraient donc pas besoin de dissimuler leurs activités.

Ils s'installèrent donc, les techniciens vérifiant si les appareils fonctionnaient correctement. Après quelques vérifications, ils constatèrent que les installations – même si elles n'étaient pas de toute première jeunesse - conviendraient pour leur plan.

« - Comment voulez-vous procéder Générale ? Demanda le plus vieux des techniciens dont la calvitie entamait déjà largement son crâne.

- Vous allez me mettre directement en relation avec les leaders des groupuscules que je vais vous indiquer. S'ils n'ont pas répondu à notre appel général sur Crait, ils ne pourront pas se dérober à une demande directe.

Le premier appel fut pour le chef des Wrooniens, La liaison, d'abord grésillante, s'établit finalement correctement.

- Ici le capitaine Kilba de la garde du Chef de Guildes, qui êtes vous et que voulez vous ?

- Ici la Générale Organa qui vous parle capitaine, au nom de la Résistance.

Un silence embarrassé lui répondit.

- Ainsi vous avez survécu.

- En effet. Grâce à l'aide providentielle de mon frère: Luke Skywalker, dit-elle d'une voix légèrement cassante, nous ne sommes hélas plus très nombreux. En tout cas pas suffisamment pour nous opposer avec succès au Premier Ordre.

Sans lui laisser le temps de rétorquer quoi que ce soit, elle reprit:

- Aussi je demande à votre peuple de se joindre à nous pour stopper l'oppresseur.

Second silence.

- Votre ennemi est puissant Générale Organa. Qu'est ce que mon peuple y gagnerait hormis des morts? - Certes le Premier Ordre vous laisse relativement tranquille pour le moment. Mais il est l'ennemi de tous. Pensez-vous sincèrement que votre chance va durer ? Leur but est d'asservir les peuples sous leur joug et vous ne ferez pas exception. Je ne peux pas croire que vous soyez si crédules au point de ne pas avoir envisagé cette possibilité.

- Peut-être. Néanmoins le plus tard serait le mieux. Pourquoi nous jeter dans la gueule du loup dès à présent ?

- Tout simplement parce qu'aujourd'hui vous aurez des alliés ! Quand le Premier Ordre aura écrasé toute résistance, pensez-vous réellement pouvoir vous défendre seuls ? Non pas que je doute de vos capacités, cependant le nombre a son importance.

- On ne peut pas dire que votre nombre fasse pâlir de frayeur le Suprême Leader, si je ne me trompe…

- Pensez-vous que vous soyez la seule communauté que je puisse appeler à la rescousse ? Si tout le monde répond présent, nous pourrons faire changer les choses.

- Mais vous n'avez aucune garantie à me donner, n'est-ce-pas ?

Léïa serra les lèvres. Effectivement, elle ne pouvait donner aucune garantie hormis sa propre conviction. Combien la soutiendraient ? Serait-ce suffisant pour faire tomber leur adversaire ? Il y avait tant d'incertitude… Elle décida de conclure :

- Capitaine Kilba, je n'ai rien à vous offrir excepté ma foi en la cause que je soutient et le peu d'hommes qu'il me reste. Si ce n'est pas suffisant pour les Wrooniens alors cette discussion ne mène à rien et je n'ai pas de temps à perdre en palabres inutiles. Mais si jamais vous changez d'opinion, sachez que vous pouvez me recontacter sur cette fréquence pendant les trois prochains jours. Mes amitiés à votre Chef de Guilde. Que la force soit avec vous. »

Toute la journée ainsi que les trois jours suivant, la princesse contacta les différentes nations qu'elle connaissait et qui pouvaient leur apporter de l'aide. Le capitaine Kilba ne fut pas le seul difficile à convaincre. Certains lui opposèrent même un refus tout net. Elle parlementa longtemps, souvent plusieurs fois, parfois avec plusieurs dirigeants d'une même nation – en désaccord les uns avec les autres – rendant les journées longues et éreintantes.

Malgré tout, d'autres races acceptèrent d'envoyer des troupes au sein de la Résistance. Léïa leur donna rendez-vous sur la planète Atzerri, d'ici une quinzaine de jours, dans la ville de Skreeka. Celle-ci possédait un spatioport suffisamment grand pour accueillir tous ceux qui rejoindraient leurs rangs.

Puis ils remballèrent leurs affaires pour repartir au camp provisoire de Vynka, retrouver les leurs.


Entre temps, cinq jours s'étaient écoulés au camp de Vynka. Cinq jours que Rey et Kylo Ren ne s'étaient pas parlés. La jeune femme supposait qu'il la laissait réfléchir en paix à sa proposition. Et heureusement car elle n'aurait su quoi lui répondre. Elle changeait d'avis toutes les heures, argumentant intérieurement dans un sens puis dans l'autre.

Ce qu'elle avait vu et entendu des Jedi – notamment de Luke Skywalker - la rendait dubitative : leurs contraintes étaient énormes (pas d'amour ni d'attachement, dévotion totale…) mais bizarrement cela ne les rendait pas forcément meilleurs que les autres. Entre ceux qui tombaient du côté obscur, ceux qui devenaient arrogants de tant de pouvoir, ceux dont les erreurs provoquaient des catastrophes… Certes un poids reposait sur leurs épaules, mais celles-ci étaient-elles suffisamment solides ?

La pilleuse d'épave ne se retrouvait pas dans les doctrines des Jedi.

A l'inverse, il était certain qu'elle ne se tournerait jamais du côté obscur de la Force. Elle croyait fermement en la liberté des peuples et n'envisagerait en aucun cas de détruire des familles, ses amis pour parvenir à ses fins. Ren ne pouvait être ignorant de cela, c'était une telle certitude à l'intérieure d'elle-même qu'il le ressentait forcément au travers de leur lien.

Donc, soit il était persuadé qu'il parviendrait à la faire basculer, soit il pensait réellement ce qu'il disait… soit il s'agissait d'un piège pour l'éliminer. Dans deux des possibilités elle serait perdante. Les statistiques n'étaient donc pas en sa faveur.

Pourtant, Rey ne pouvait empêcher une partie d'elle-même de croire les paroles du Maître des Chevaliers de Ren. Son idéal lui parlait. Au cours des derniers siècles et décennies, l'alternance entre les gouvernements démocratiques et les dictatures n'avaient cessé de s'enchaîner, entraînant la galaxie dans toujours plus de combats. Et si au final, un autre type de gouvernement était la seule solution ? Bien qu'elle ne sache pas vraiment quel type d'État serait le plus adéquate, elle savait en revanche ce qu'elle ne voulait pas. Et surtout, elle aurait la chance de pouvoir le créer.

Mais comment être sûre de sa bonne foi ?

Était-elle prête à tout abandonner et à lui faire confiance ?

Les risques encourus ne seraient-ils pas trop grands ?


En dehors de la guérilla qui se jouait dans l'esprit de Rey, la vie au campement poursuivait son petit bonhomme de chemin. A force de rendre des menus services, ils avaient amassés un petit pécule leur permettant – entre autre – de renouveler les garde-robe. Dorénavant, chacun pouvait être habillé pendant que la seconde tenue était lavée et séchée.

D'ailleurs Rey était allée à la rivière avec ses affaires crasseuses et un savon pour les nettoyer comme elle le pouvait. Ses nouveaux vêtements n'avaient rien d'extraordinaire: ils étaient en toile, noire pour le pantalon et gris pour le débardeur. Elle n'avait néanmoins pas conscience que ce dernier moulait agréablement sa poitrine. Un poncho en laine beige complétait sa tenue pour les soirées froides.

A genoux sur les cailloux, elle frottait doucement les tissus lorsqu'on l'appela.


« - Maître, le général Hux me fait vous dire qu'il a trouvé les traîtres. Il envoi immédiatement des troupes sur Kalarba et Atzerri. Il a précisé qu'il n'attendait pas votre assentiment puisque vous lui aviez donné carte blanche.

Tria lui faisait son rapport - officiel - quand l'annonce tomba. Le souffle de Ren eut un accro. Si les Résistants étaient découverts cela signifiait que Rey aussi. Et Hux ne ferait pas de quartier. Impassible, il n'en montra cependant rien.

- Comment est-il parvenu à ce miracle ?

- La Générale Organa a lancé un appel à l'aide et au moins l'un de ses prétendus alliés la trahie.

- Bien. Sinon comment se déroule notre projet ?

- Lentement mais sûrement Maître.

- Je compte sur toi Tria. Et n'hésites pas à m'avertir si je dois envoyer de l'aide à cet incapable d'Armitage! »

Ren quitta la salle des communications, non sans brusquerie, après avoir terminé avec son Chevalier. Il se sentait perdu, ne sachant que faire. Il recherchait tout autant que Hux la fin de la Résistance. Mais à l'heure actuelle – tant que Rey ne l'avait pas rejoint – cela signifiait également sa mort. Et il en était hors de question.

Il ne pouvait intervenir directement auprès de son général sans que celui-ci ne se retourne contre lui et l'armée avec. Le seul moyen était de prévenir la jeune femme au travers du lien, malgré les risques que cela comportait pour lui-même. Personne ne devait se douter qu'il avait trahit le Premier Ordre ou tout son plan d'en prendre le contrôle tomberait lamentablement. Mais il n'avait d'autres choix et peut-être que ce geste la convaincrait de sa bonne foi...


Soudain, il la vit agenouillée par terre, son bras droit se secouant énergiquement et le mince maillot qu'elle portait mouillé par endroit. Il déglutit. Jamais encore elle ne lui était apparut de cette manière, aussi humaine, aussi femme. Il aurait souhaité la contempler encore un peu, hélas le moment ne pouvait être plus mal choisi.

« - Rey !

Elle sursauta si fort qu'il en aurait presque rit. S'il avait encore su.

-Ren je... je n'ai..., bredouilla t-elle.

Il balaya son hésitation de la main.

- Je ne suis pas là pour ça. Je viens t'avertir : Hux vous a repéré. Il ne va pas tarder à arriver. Tu devrais partir.

- Qu'est-ce-qui me dit que tu ne mens pas ?

Le Suprême Leader soupira, il fallait toujours qu'il se justifie. Il se lasserait vite.

- Es-tu sur Kalarba ou Atzerri ?

- Comment... ?

- Je viens de te le dire. Tu comptes rester ici à discuter ou bien…

La pilleuse d'épave grogna son assentiment et prit ses affaires pour partir.

- Rey, l'interpella t-il soudainement, trouvez un prétexte quelconque pour ne pas avoir l'air de fuir. Hux ne doit pas supposer qu'il y a un traître au sein du Premier Ordre sinon…

Il laissa ses mots en suspens. l'un comme l'autre n'ignoraient pas les conséquences si jamais quelqu'un apprenait leur rapprochement. Elle acquiesça gravement. Elle ne savait déjà pas comment l'expliquer à Poe – et l'absence de Léïa ne l'arrangeait pas – néanmoins elle trouverait. Pas le choix.

Avant de couper la connexion, elle se retourna vers cet homme en noir – qui venait certainement de lui sauver la vie - et lui dit :

- Merci. »

Un simple mot mais qui voulait en dire tant. Il avait raison, elle ne pouvait pas s'attarder. Elle aurait pourtant aimer lui dire tellement plus. Elle avait toutefois des compagnons à sauver. Elle se rasséréna en convenant qu'ils auraient ultérieurement le temps de discuter de ce brusque revirement de situation.

Elle détala jusqu'au campement, Ren regardant sa silhouette s'éloigner. Il passa une main dans ses cheveux en soupirant, espérant secrètement qu'il n'avait pas fait une erreur.

Arrivée à l'orée du bois, l'orpheline de Jakku s'arrêta nette. Elle devait en fait trouver une excuse maintenant sinon Poe ne la croirait jamais, dans le meilleur des cas ou dans le pire soupçonnerait d'où venait l'information. Ses discussions avec 'elle-même' ne passait pas toujours inaperçus et si on ne la pressait pas de questions, cela était sans doute dû au fait qu'il la prenait pour une véritable Jedi.

Finalement, c'était cette dernière pensée qui lui donna l'inspiration.

« - Poe ! s'écria t-elle. »

-REYLO-