bonjour bonsoir !
mille excuses pour mon retard, je n'étais pas là ce week-end. J'vous poste le dernier chapitre à l'arrache, après l'avoir relu en diagonale, parce que voilà, en gros, j'ai pas d'excuses, mais j'ai pas le temps. Ou n'ai pas pris le temps. Bref!
j'espère que vous allez prendre autant de plaisir à lire ce chapitre que je n'en ai pris à l'écrire.
Je remercie comme toujours mes fidèles reviewers d'amour ! j'crois que sans vous, j'aurai lâché l'affaire pour les 3 mois à venir vue la vie de fifou que j'ai en ce moment !
Chapitre 13 – Au détour de la bibliothèque
-J'ai pris la route à 3 grammes pour éviter les gendarmes, les chemins et les balises, pour éviter la police !
-De quoi il parle, le Moine Gras ? demanda Dorcas en arquant un sourcil interrogateur, tandis qu'Emmeline se levait.
-De prendre une voiture, expliqua Anthéa qui venait de pénétrer la Salle Commune.
-C'est le truc moldu ? s'étonna Dorcas.
-Le Ministère en a également, rappela Greta qui suivait Anthéa de près.
-C'est plus discret que des calèches, souligna Hestia en riant.
-Et c'est quoi un gendarme ?
-Comme la police, expliqua Hestia.
-Y a bien pire que les obscénités de notre fantôme, coupa Anthéa avec véhémence, nos couleurs ! précisa-t-elle sous le regard étonné de ses compagnes tout en agitant les mains le long de sa silhouette. Les autres ont du bleu, du vert, du rouge, très joli. Et nous, qu'est-ce qu'on a ? Du jaune ! Jaune fluo, jaune poussin, jaune moutarde…
-Jaune miel, couleur du soleil, sourit Greta de sa voix douce, l'air soudainement rêveur.
-Jaune cocul oui ! Elle avait quoi dans la tête, la Helga ? Elle a tout laissé aux autres ? On passe pour des bouffons ! Vous avez vu la couleur de nos pulls ?
-Avec ta peau bronzée c'est très beau, tenta Hestia
-Les couleurs de notre équipe sont jolies, intervint Greta.
-Non, mais jaune cocul, pour quoi on passe ! râla Anthéa en laissant sa tête tomber en arrière. Jaune citron, jaune canari, du jaune…
-C'est la couleur de la fête de la joie, l'informa Hestia en s'asseyant à leur table avec un sourire bienveillant.
-De la sagesse et du raffinement, renchérit Dorcas avec fierté.
-De la réussite et de la force, confirma Emmeline.
Anthéa fit une drôle de moue dégoûtée et empoigna une viennoiserie qu'elle trempa distraitement dans son thé. Elle n'était jamais de bonne humeur le matin, c'est pourquoi elle évitait de l'ouvrir, et les gens avaient pris pour habitude de ne pas lui parler avant le petit déjeuner, voir le premier cours. Mais Hestia et Greta étaient du genre têtu, et ce matin là, la chanson du Moine Gras avait visiblement fait oublier ses règles tacites aux deux sang-pur qui l'accompagnaient. 'Tout ça à cause d'une bagnole', songea-t-elle amèrement. Anthéa regretta la présence de Lux sur ses talons à chacun de ses déplacements, à Ilvermorny. A Poudlard, les animaux devaient rester en Salle Commune pendant les heures de cours.
Déjà que sa fondatrice avait un nom de merde ! Poufsouffle, diminutif, Pouf, et non, pas les Pouf pour s'asseoir, Anthéa pensait plutôt aux poufiasses du type Hamilton. Les autres, c'était bouffondors, serpentarés, des trucs mignons, et eux, c'était Pouf ! Non, décidément, la jeune fille allait passer une sale journée, elle le sentait. Et elle commençait à se dire qu'elle ferait mieux d'aller se coucher et sécher la journée en prétextant la maladie. Mais son honnêteté maladive l'en empêcha. Prouvant ainsi sa juste place dans la maison des Poufs jaune cocul.
Ce pré sentiment fut effacé le lendemain, à savoir le week-end. Le week-end de la troisième semaine d'octobre, pour être plus précis.
Anthéa était tranquillement installée à la bibliothèque, comme beaucoup de 7ème année. Lux étant parti à la chasse lorsqu'Hestia avait ouvert la fenêtre de leur dortoir, fenêtre qui était au niveau de la terre ferme du parc à quelques centimètres près, l'adolescente avait décidé qu'elle serait plus au calme pour étudier à la bibliothèque que dans la Salle Commune. Ce devoir de runes lui prenait la tête. Elle était seule à une table au bout d'une des nombreuses sections du lieu Saint pour tout élève cherchant quiétude et source de recherches à Poudlard, installée à une petite table, sous une fenêtre, divers bouquins et parchemins étalés autour d'elle. Sa baguette accrochée dans sa queue de cheval haute et de côté, quelques mèches de cheveux lui barrant les yeux mais refusant de rester derrière son oreille, sa plume à la main, la jeune fille fronçait des sourcils. Elle bloquait sur une stupide rune qui pouvait avoir plusieurs significations. Elle soupira de lassitude lorsqu'elle sentit plusieurs corps se poser sur les chaises libres autour de la sienne. Peut-être que l'amas d'objets prenant toute la place sur la table n'était pas assez significatif ? Elle comptait montrer à ces malotrus le fond de sa pensée, avec sa fameuse répartie, lorsqu'elle croisa le regard chocolat de son meilleur ami. Le regard chocolat angoissé de son meilleur ami.
-Aurais-tu vu un sinistros ? s'amusa la brune avec son habituel sourire en coin et l'éclat de malice dans les yeux.
-C'est bientôt l'anniversaire d'Hippolyte, lui rappela le capitaine des rouges et or. Je n'arrive pas à trouver ton frère.
-Probablement en train de se faire une donzelle dans un recoin obscur, supposa la jumelle en haussant des épaules et en louchant sur son syllabaire.
-On se met en commun pour Hippo ? Vous comptiez lui offrir quoi ? demanda précipitamment celui qu'elle taquinait en l'appelant l'ébouriffé.
Anthéa leva la tête et croisa les regards intrigués de Sirius, Remus et Peter.
-C'est qui Hippolyte ? chuchota Peter en n'osant croiser le regard d'Anthéa.
Cette fille était secrète, et lui, il osait lui poser une question sur un sujet qui semblait la concerner. Il sentait qu'il allait se prendre une beuglante.
-C'est notre cousin, répondit-elle sur le ton de l'évidence.
Elle se replongea sur son parchemin. Penser à Hippolyte Dragonneau lui avait inconsciemment permis de débloquer le mystère de cette rune qui lui faisait perdre son temps depuis 15 minutes.
-Vous êtes cousins ?
Le couinement de Peter lui fit relever la tête. Avait-elle dit cela ? Remus et Sirius semblaient tout aussi perdu, et James ricana à voix basse.
-Ne sois pas bête Peter, c'est comme dire que Rosier est mon cousin parce qu'il est celui de mes chères cousines, le réprimanda Sirius.
-Quoi ? s'étonna Anthéa en relevant la tête.
-C'est le cousin maternel de mes cousines paternelles, expliqua Sirius avec ennui. On n'a pas de lien de sang, comme vos cousins communs, rajouta-t-il à l'adresse d'un Peter perdu, en désignant James et Anthéa
-Non, non, on n'est pas cousins, expliqua James, mais on a un cousin en commun. Enfin, 3, pour être exact. Les enfants que la sœur de ma mère a eu avec le frère de son père, fit-il en désignant du menton Anthéa qui s'était replongée dans son décryptage.
-Vous avez un cousin en commun ? répéta Peter, éberlué.
Peter avait le sens de l'observation et de bonnes idées en matière de blagues, mais la généalogie n'était pas son fort.
-J'ai bien un cousin en commun avec Sirius, lâcha James en haussant des épaules.
-C'est pas mon cousin à proprement parler, rappela Sirius.
-C'est quoi alors ? s'intéressa Peter qui entendait parler d'une alliance Black/Potter pour la première fois.
-La tante de sa mère, commença James en pointant son meilleur ami du doigt a épousé le frère de mon père.
Peter fronçait tellement des sourcils qu'on aurait pu croire qu'il n'en avait qu'un. Ça faisait beaucoup d'informations à gérer. La grande tante de Sirius était la tante de James par alliance ? D'un côté, les parents de James étaient assez vieux… Décidément, les familles de la noblesse sorcière étaient toute liées ! Pourtant, les Dragonneau n'était pas de ce rang social, s'il se souvenait bien…
-Mes parents et les siens sont voisins et très amis, expliqua James en voyant l'air perdu de son ami, et un jour que ma tante maternelle était chez mes parents, son oncle paternel, continua-t-il en regardant Anthéa qui griffonnait sur son parchemin, était chez ses parents. C'est comme ça qu'il a rencontré sa future femme, conclut-il joyeusement.
-Vous comptez bosser ou continuer de bavarder ? s'impatienta subitement Anthéa. J'ai abandonné ma salle commune pour être au calme. Et vous, chers Maraudeurs, êtes tout sauf calmes.
Remus avait déjà sorti ses affaires et comparait sa traduction avec celle de la jeune fille, tandis que James et Sirius sortaient leurs affaires à contre cœur.
-Alors, insista James, une idée pour Hippo ?
-Une copine ? railla Anthéa.
James leva les yeux au ciel. Leur cousin, 28 ans et éternel célibataire, était à l'image de son père, Thésée Dragonneau, ou de sa tante par alliance, Porpentina Goldstein, tous deux grands Aurors, qui n'avaient fondé une famille qu'après la chute de Grindelwald, en 1945, ou après le retraite de Norbert, qui voyageait à travers le monde pour en découvrir davantage sur la faune et la flore magique de ce monde, et la sienne, trop occupée à travers les missions du MACUSA.
-Sérieusement, reprit James en arquant un sourcil, avec un sourire en coin
-S'ils viennent pour Noël, comme toujours, on n'a qu'à lui faire un gros cadeau, soupira Anthéa en relevant son regard vers son meilleur ami.
-Une pierre deux coups, affirma James, bonne idée.
-Je suis brillante, affirma Anthéa.
Elle reporta son regard à son parchemin. Cette rune récalcitrante prouvait bien que même un génie pouvait être mis en difficulté.
-Vous fêtez Noël ensemble ? osa interroger Peter
-On a des cousins en commun, donc oui. Je suis fils unique, alors mes parents m'ont toujours entouré d'autres enfants. Mes cousins avec les Dragonneau, mes voisins Dragonneau, mon cousin Potter, et les cousines des jumeaux.
-Les enfants de ma tante maternelle, murmura Anthéa en réponse à la question muette de Peter.
James intercepta du coin de l'œil une tignasse rousse flamboyante qui cliquait dans la section proche de leur table et donna un coup de coude dans les côtes de Sirius, lequel semblait hésiter entre le parchemin de potions et celui de divination. Il leva le regard vers son meilleur ami qui lui indiqua du menton son homologue rouge et or. Sirius ferma les yeux en respirant par le nez, puis se leva avec désinvolture, passant une main dans ses cheveux, avant d'aller en direction de la tigresse de Préfète En Chef.
Le beau brun ténébreux qui faisait tourner la tête de toutes les filles avait promis à son meilleur ami, frère de cœur, capitaine d'équipe, et Préfet En Chef, de s'excuser pour ses dures paroles après son aventure avec Marlène. Lui, estimait avoir eu raison de l'envoyer voir chez les moldus s'il y était. Mais, vue que son comportement se faisait quelque peu lunatique, accentué par la présence ou la vision d'une certaine Poufsouffle chaque jour, il avait failli et accepté de s'excuser. Ou du moins de faire un effort. Surtout parce qu'il culpabilisait de garder son égarement avec la meilleure amie de son meilleur ami que pour lui. Une saleté de voix dans sa tête lui disait sans cesse qu'il aurait dû lui demander la permission, ou lui en parler même après coup. Mais non, il gardait les lèvres scellées, et plus il se tourmentait à ce sujet, plus le temps passait, et plus il était sûr que James lui en voudrait. Alors, pour soulager sa conscience, il avait accepté d'aller discuter avec la meilleure amie de son ancienne amante.
Il se demandait si la vie de ses camarades était aussi mouvementée que la sienne. Ou si c'était juste lui qui se compliquait la vie.
-Salut Evans, lâcha-t-il négligemment, les mains dans les poches, à deux pas dans le dos de la rousse qui parcourait un grimoire en se mordant la lèvre inférieure, le regard concentré.
Le silence suivit son salut. Elle l'avait bien entendu, mais ne souhaitait pas lui répondre. Elle était en colère contre lui. Ce salaud jouait avec les sentiments et l'attirance de sa meilleure amie pour la mettre dans son lit. Et le pire, c'est qu'il la faisait passer pour une fouineuse ! Elle n'était pas Bertha Jorkins ou Rita Skeeter, elle s'inquiétait du bien être de son amie ! Sa meilleure amie, qui avait souffert de la non réciprocité de ses sentiments. Comme s'il ne pouvait pas avoir d'autres filles. Il aurait très bien pu s'abandonner auprès d'Anthéa, après tout, ce devait bien être son genre, non ?
Elle était en colère contre lui. Vraiment, vraiment, en colère.
Sirius expira de nouveau par le nez en faisant craquer sa nuque sur la droite, puis sur la gauche. Surtout, garder son calme…
-Evans, écoute…
La dite Evans ferme le grimoire d'un coup sec et vif, le rangea sur son étagère, et effleura du bout des doigts la reliure de ses voisins.
-Je voulais m'excuser, grinça précipitamment Sirius en se demandant ce qu'il faisait là, je ne voulais pas m'emporter ainsi contre toi mais … ça m'a agacé que tu te mêles de ma vie privée… Même si ça concerne ta meilleure amie… Elle-même avait l'air de ne pas vouloir que tu y mettes ton grain de sel, précisa-t-il dans un élan de provocation
Lily fit vivement volte face, les yeux lançant des éclairs. Elle croisa ses bras sur la poitrine, un air de défi face à l'insolence incarnée par Sirius Black, le tombeur de ces dames.
-Il est normal que je chercher à protéger mon amie…
-Si elle refuse de te parler ou te demande de ne pas t'en mêler, tu devrais penser à te plier à sa volonté, souligna Sirius. Surtout si c'est pour m'agresser sans raisons.
-Sans raisons ? s'offusqua Lily. Tu joues avec elle !
-Elle ne t'a donc rien raconté, s'amusa Sirius.
-Bien sûr que si, il s'agit de ma meilleure amie !
-Non, elle ne t'a rien dit, tu as sauté sur les conclusions à cause de ma réputation…
-Et qu'est-ce qui te permet de dire ça ? s'agaça la rousse, piquée au vif.
-Parce que c'est elle qui a fait le premier pas.
La mâchoire de la jolie rousse se décrocha quelques secondes avant de se serrer de rage. Poings sur les hanches, elle insulta mentalement Sirius de tous les noms. Quelle arrogance !
-Je sais, elle me l'a dit après coup, révéla la rousse, mais rien ne t'empêchait de te refuser à elle…
Le rire aux tonalités d'aboiement de Sirius retentit dans l'allée obscure et Lily lança des regards inquiets en direction du bureau de Mrs Pince, harpie acariâtre à ses heures. Allait-elle se faire dégager de son antre à cause de l'absence de tenue de Sirius Black ?
-Qu'est-ce qui te fait rire ?
-Je suis un homme Evans, si j'ai envie, j'y vais, surtout quand une charmante demoiselle vient à moi sans que je n'ai rien demandé, lui expliqua Sirius avec amusement. Et puis, ajouta-t-il alors que la rousse ouvrait la bouche pour s'interposer, nous sommes deux adultes consentants, celui qui a fait le premier pas ne compte pas…
-Tu lui as déjà fait du mal, et tu lui en referas, persista Lily en lui coupant la parole, preuve de son irrité.
Sirius grimaça. Dans le fond, il savait que s'il continuait à jouer à ça avec Marlène, elle avait raison. Mais ça, il n'allait certainement pas l'avouer à Evans. Et puis, lui avouer quoi ? Marlène était attirante, Marlène et lui s'amusaient bien habillés comme dénudés, mais Marlène avait des sentiments qu'il ne partageait pas, et tous deux le savaient. Etait-il quelqu'un de mauvais parce qu'il ne lui faisait pas l'affront de la rejeter lorsqu'elle venait à lui ? Il n'en était pas sûr. Mais peut-être était-ce un peu réducteur, comme manière de penser.
-J'apprécie beaucoup Marlène, c'est ma co-équipière et une camarade que je chéris beaucoup, et je n'ai pas vraiment d'amies filles, souleva Sirius. Nous en avons discuté et remis les choses à plat. Et nous sommes d'accord. De toutes façons, James ne me laissera pas refaire cette erreur.
-Marlène est une erreur ? s'étonna Lily avec un ton triomphant dans la voix.
-Non, la laisser me déshabiller en était une, non pas parce que ce n'était pas agréable, ou parce que je ne le désirai pas, mais parce que ses sentiments pourraient se réveiller, et je ne veux pas être la cause de son mal. Je n'ai pas envie de la voir triste, encore. Alors je vais pour une fois écouter mon meilleur ami et me retenir avec une fille, parce que je la respecte. Tu vois, je ne suis pas qu'un sale connard, contrairement à ce que tu sembles penser.
Il avait fait exprès de provoquer la prude Evans. Ce n'était pas très malin, sachant qu'il devait s'excuser mais elle l'avait bien cherché… et puis, il s'était excusé… Non ?
Et puis, qui en avait quelque chose à faire de ce Evans, ou qui que ce soit d'autre pense ? Certainement pas lui.
-Donc, continua-t-il, profitant du silence interloqué de la rouquine, je voulais m'excuser de m'être emporté. Bien que, soulignons le, c'est toi qui m'a agressé, sur un sujet qui ne te regardais guère : ma vie privée. D'autant plus lorsqu'on voit que Marlène t'a réprimandée à ce sujet.
Il était fier de son petit effet. Peut-être devait-il se rabaisser à s'excuser auprès d'Evans, mais non seulement avait il mis en avant la protection de James, sans révéler que son inquiétude relevait plus de la cohésion de l'équipe que des potentiels tourments affectifs de son attrapeuse, ce qui pourrait potentiellement toucher la rousse, mais en plus, il avait pu la remettre à sa place, lui rappelant qu'elle n'avait pas à donner ses conseils et son avis à tort et à travers… Surtout lorsqu'on ne le lui avait pas demandé. Tout en la piquant au vif. Il était vraiment doué.
Lily, de son côté, avait senti ses joues s'embraser, sa candeur faisant surface bien trop rapidement, malgré elle. Parler ainsi de la pudeur de sa meilleure amie, cela la choquait ! Quelle sans gène ! Surtout de manière aussi décontractée, comme on parlait du prochain repas… Elle n'était vraiment pas à l'aise, perdant même le fil de ses pensées, ne sachant que répondre… Lily était bien trop ingénue, et innocente de tout ce champ lexical là, ce qui la mettait dans l'embarras. Et puis, cette manière de l'envoyer paître ! Mais pour qui se prenait-il ? Mais avait-il bien dit ce qu'elle avait cru comprendre ? James avait pris le parti de Marlène contre son meilleur ami ? Alors, Potter avait bon fond et appréciait vraiment les qualités de sa joueuse ? Suffisamment pour s'opposer à son meilleur ami ? après tout, elle avait été témoin d'une certaine distance entre les deux acolytes, le temps d'une journée. Etait-ce à cause de ça ? Finalement, le joueur star de l'équipe n'était pas qu'un crétin arrogant égoïste… Il pensait aux autres, il avait bon fond ! Lily eut un fin sourire qui étira ses lèves. Puis elle se reprit en secouant la tête. Non, on parlait de Potter, elle ne pouvait pas s'attendrir sur lui, même spontanément !
-Bien Black, je vais te laisser le bénéfice du doute, concéda Lily à contre cœur.
-Trop d'honneur, ironisa Sirius avant de tourner les talons.
Il s'éloigna en sifflotant, les mains dans les poches, en direction de sa tablée, et se laissa tomber avec élégance entre James et Peter en bout de table, et face à Remus qui discutait runes anciennes avec Anthéa. Elle était tout simplement adorable avec cet air sérieux et concentré, à hocher la tête en comparant leurs parchemins, reliant ses deux index aux deux parchemins, faisant valser son regard d'un côté d'un parchemin à l'opposé de l'autre, proposant des idées à Remus, écrivant précipitamment des annotations sur le sien, le cerveau à 100 à l'heure d'idées à ne plus quoi en faire.
Ça lui donnait un côté Serdaigle, mais avec la fougue d'un Gryffondor. Une brave petite Poufsouffle, en somme. Sirius secoua sa tête. Non, elle était bien plus que ça…
-Alors, comment ça s'est passé ? chuchota vivement James une fois que Lily leur soit passé devant en les ignorant tous, hormis Remus à qui elle offrit un petit sourire mal habile, du fait de ses voisins de table.
-Bien. Elle croit que tu protèges Marlène de moi, murmura Sirius en louchant vers Anthéa pour voir sa réaction.
-Et ? demanda James.
-Elle a vaguement sourit, haussa-t-il des épaules alors qu'Anthéa s'était arrêtée l'espace d'une micro seconde, ou se l'était-il imaginé tellement il voulait qu'elle soit jalouse ?
-Cool, cool, accepta James avec un sourire niais.
-Ferme la bouche, tu vas baver sur ton devoir de divination, s'amusa Anthéa en levant les yeux au ciel.
-Elle est parfaite ! babilla James.
-Tu devrais peut-être te rapprocher d'elle avec un devoir, s'ulcéra Anthéa en récupérant ses affaires pour les fourrer dans son sac.
-Comme quoi ? demanda James, la mâchoire posée sur la paume de sa main, le bras glissant vers celui de Sirius.
-Tu es le meilleur en métamorphoses, souligna-t-elle, et j'ai cru remarquer que c'était son point faible, ajouta-t-elle en balançant élégamment son sac à dos en tissu ethnique tombant négligemment de son épaule.
-Tu vas où ? demanda James.
-Lui dire que je ne pourrai pas l'aider, éluda la jeune fille.
Anthéa s'approcha de la table d'Alice Fortescue et de Lily Evans et se posa à la table de celle-ci.
-Salut Evans, lança-t-elle avec un ton faussement guilleret.
-Dragonneau, opina celle-ci avec un sourire ravi.
-Je ne vais pas pouvoir t'aider en métamorphoses, se désola la brune en penchant légèrement la tête sur le côté.
-Oh … ce n'est pas grave, je demanderai à Marlène ou…
-Tu sais, James, qui est là bas, allait entamer le sien, l'ignora Anthéa avec un petit sourire avenant, et il est bien meilleur que moi.
-Pourtant tu, objecta Lily en fronçant les sourcils.
-Il sera ravi de t'aider, enchaîna la Poufsouffle, d'autant plus qu'il a l'habitude d'aider Peter, souligna-t-elle, fière de son effet sur la Préfète en Chef.
-Je ne voudrai pas la…
-C'est entendu, alors ! s'exclama Anthéa en se levant et en faisant signe à son meilleur ami d'approcher.
-Bon, je vais vous laisser aussi, déclara Alice en se levant à son tour, son livre d'arithmancie sous le bras.
-Mais non, on n'a pas… tenta Lily.
-Je dois retrouver Frank pour la botanique, expliqua Alice avec douceur, il est vraiment doué, et moi je n'y comprends pas grand chose… allez, à toute ! la salua-t-elle en lui faisant un signe de la main alors que James arrivait à leur niveau.
-Jamesie, minauda Anthéa en battant légèrement des cils, je ne peux pas aider Evans comme promis pour le devoir de métamorphoses, alors puisque tu n'as pas commencé le tiens, tu pourrais peut-être l'aider ?
-Bien … bien sûr ! bégaya James, peu sûr de lui.
-Parfait ! Je dois y aller ! A plus !
Anthéa tourna les talons alors que James restait planté là, sans trop savoir que faire.
-Alors, Potter, tu t'assois ou tu attends qu'il neige ? s'agaça Lily en sortant son manuel de métamorphoses.
-Oui oui ! affirma le Gryffondor en s'installant à côté de Lily et en sortant ses affaires.
Ils commencèrent tout deux à énumérer les grands principes de l'apparition de la disparition d'objet. Avec passion, James entama une explication détaillée du fait qu'il fallait visualiser plutôt que de réfléchir et prononcer une formule. Voir dans son esprit chaque détail, et ne faire que ça, s'imprégner avec précision de ce que l'on veut faire apparaître ou disparaître. Puis, il accentua son propos sur le geste, plus instinctif qu'aérien, comparé aux enchantements.
Sa passion et sa pédagogie, ainsi que toutes ses explications modestes mais détaillées, loin de l'arrogance légendaire du jeune homme, impressionnèrent grandement Lily qui buvait ses paroles et notait tout ce qu'il lui disait. Elle s'en rendait compte et essayait de se reprendre, mais impossible. Il était tellement envoûtant de l'écouter déblatérer sur la théorie et la pratique. Elle l'aurait son optimal en métamorphoses.
Et James, lui, ne voyait pas le regard de Lily qui ne le décollait plus. Il partait dans tous ses arguments, oubliant presqu'il parlait à la femme de sa vie. Lui qui passait sa vie à se demander si un jour, il aurait le droit à un regard ne serait-ce que vaguement intéressé de sa dulcinée, il ratait tout le spectacle. Mais de toutes façons, Lily Evans aurait détourné le regard afin de cacher son trouble.
Oh oui, troublée, elle l'était. Comment ne pourrait-elle pas l'être ? Après les rondes de Préfet En Chef, voilà que Potter lui montrait encore un autre visage. Plus mature, plus sérieux. Tout ce qu'elle lui reprochait de ne pas être.
-Et voilà, avec ça, tu devrais avoir au moins un E, affirma James en se tournant vers elle, alors qu'elle se hâtait de gratter le parchemin de sa plume.
Seulement un E ? Voilà qu'il jouait au modeste. Elle esquissa un sourire malgré elle, cependant, bien caché par ses cheveux tombant en rideau le long de son visage, empêchant ainsi James de lui voler une contemplation énamourée de son profil.
Pourquoi commençait-elle à se sentir à l'aise en sa présence ? Comment expliquer qu'il ne l'ai pas agacée en 4 heures qu'ils avaient passé côté à côté ? Comme durant leurs rondes… Peut-être parce qu'il n'était pas collant, peut-être parce qu'il ne fanfaronnait pas, peut-être parce qu'il semblait presque naturel et non sur joué pour son auditoire, peut-être parce qu'il ne la harcelait pas pour sortir avec lui… Pourquoi regrettait-elle qu'il ne le fasse pas ? C'était ce pourquoi elle avait prié Merlin pendant deux ans, pourtant !
4h ? Ils avaient passé 4h ensemble ? Le temps avait filé à une vitesse ! Mais lorsqu'il s'agissait de cours, Lily ne voyait plus rien autour d'elle, tellement avide d'en savoir un maximum concernant la magie. Pour se sentir l'égale de tous ces sorciers, qui eux, ont grandi dans ce monde… Parce qu'elle avait du temps à rattraper, des choses à compenser. Ce sentiment d'infériorité, rappelé à son bon souvenir par ces stupides Serpentard, l'agaçait au plus haut point.
-On a raté l'heure du repas ! s'offusqua James en sursautant.
-Oh…
-J'ai faim grogna-t-il en posant sa main sur son ventre qui criait famine.
-C'est trop tard, nota Lily.
-Evans… commença-t-il avec un regard amusé.
-Potter… le menaça-t-elle de son regard inquisiteur.
-Est-ce que tu as faim ?
Lily arqua un sourcil. Si elle avait faim ? Il était 20h passées ! Elle crevait la dalle, à ce tarif, oui.
-Un peu, fit-elle avec une mine boudeuse en pensant à tous les chocogrenouilles de Marlène dans le dortoir.
-Je vais te dévoiler un secret, mais il faut me promettre de ne pas monter sur tes abraxans.
-Est-ce illégal ? s'inquiéta Lily dont la curiosité était pourtant titillée.
-Pas textuellement, avoua James une lueur rieuse dans le regard.
Elle trouvait son regard chocolat enivrant… .Enivrant ? N'importe quoi ! C'était à cause de la couleur. Lily tuerait en cet instant pour du chocolat. Voilà tout ! Pas de quoi contenter l'imagination débordante de Mary concernant idylle entre elle et… Potter. Trop de passif ! Impossible de faire marche arrière, ils étaient allés trop loin pour cela. Peut-être une amitié, et encore… Il lui faudrait prendre sur elle, hors, entre amis, n'est-on pas sensés être naturels ?
James avait rangé ses affaires pèle mêle dans son sac, cognant déjà le long de ses cuisses, et tendait celui, impeccable, de Lily.
-Allez Evans, je t'emmène dîner, s'amusa James en prenant la direction de la sortie
Se doutant qu'il s'agissait d'une blague, Lily suivit James, deux pas derrière. Elle ne fit pas attention au chemin qu'ils prenaient, trop concentrée sur le dos musclés du jeune homme, sa nuque, des cheveux qui lui donnaient l'air d'un hérisson, ses jambes vigoureuses et ses fesses.
Lily cligna des yeux, horrifiée par le cours que prenaient ses pensées. Elle devait bien fatiguée, ou trop affamée, pour se laisser aller de la sorte ! Elle secoua la tête, le rose aux joues et une petite pointe au cœur, se mordillant la langue, ravie que Potter n'ai pas été témoin de son errance visuelle. Normal, il était de dos, après tout.
Lily nota qu'ils étaient passés par l'escalier principal et avaient descendu une volée de marches pour arriver dans un large couloir décoré de tableaux de victuailles aux couleurs éclatantes. Histoire de lui donner encore plus faim.
James s'arrêta devant la nature morte avant la Salle Commune des jaunes et noirs, et chatouilla la poire sous l'œil critique de Lily. L'énorme poire se mit à glousser, sans sa coupe, lorsqu'une poignée verte apparut sous ses yeux ébahis, James réprima un air de fierté, et poussa le tableau, opérant une courbette afin d'inviter l'élue de son cœur à passer devant lui, tout en lui tenant la porte.
Lily n'en croyait pas ses yeux. Elle n'avait pas lu ça, dans l'Histoire de Poudlard.
La salle était immense, haute de plafond, et les murs étaient encombrés d'une quantité astronomique de casseroles, marmites, et poêles de cuivre. A vue de nez, Lily estimait qu'il devait être dans une salle identique en proportions à la Grande Salle. Il y avait 4 grandes tables disposées de la même manière que celles des maisons et des professeurs. Etant au sous-sol, Lily en déduisit que cette salle se situait sous la Grande Salle.
A l'une des extrémités, il y avait une imposante cheminée en briques, et les elfes de maison s'affairaient.
-Pendant les repas, les assiettes sont envoyées jusqu'à nous par le plafond, expliqua James en passant ses mains croisées dans son dos, avançant d'avant en arrière sur ses pieds, après avoir fermé la porte.
Lily acquiesça en faisant un tour d'elle-même. C'était incroyable !
-Je comprends mieux le 'pas textuellement', s'amusa-t-elle.
Parce que clairement, dans le règlement, rien n'interdisait l'accès aux cuisines.
Enfin, deux elfes arrivèrent vers eux, ou plutôt accouraient, se penchant si bas que leur visage devait lécher les dalles sous leurs pieds.
Lily les détailla. Ils étaient de petite taille, pas plus de 90cm, maigres, et des bras et jambes grêles. Leur tête étaient surdimensionnées par rapport au reste du corps, leurs yeux globuleux comme ceux de Trelawney, et leurs oreilles étaient sans doute volées au chauve souris. Leur nez était long, ou crochu, en forme de groin, rose pâle, vert, ou jaune, d'après ce qu'elle pouvait voir autour d'elle.
Ils étaient habillés de bouts de tissus propres, pourtant, il lui semblait que normalement, ils n'avaient que des guenilles. Peut-être Poudlard était-il un havre de paix pour ces créatures à la vie de servitude.
Il devait y en avoir une centaine rien que dans cette cuisine, et Lily savait que c'était eux qui s'occupaient des chambres, des feux, des lampes, des salles communes, des salles, du linge … sauf quand des élèves étaient en retenue et se devaient de le faire à leur place. De plus, c'étaient eux qui s'occupaient de faire venir et descendre les bagages des élèves.
-Je te présente Mitsy et Nini, annonça James.
-tu connais tous les elfes ? s'interloqua la rousse.
-Seulement quelques uns, avoua James.
-Et comment connais-tu l'accès aux cuisines.
-J'ai mes sources Evans ! Assis toi, et demande leur ce que tu veux !
James fit signe à Lily de s'installer et l'imita, se mettant cette fois face à elle.
-Tu viens souvent ici ? s'intéressa Lily.
James hocha de la tête. S'il venait souvent ici ? Il volait régulièrement des vivres grâce à sa cape d'invisibilité. Norbert lui avait parlé de cet accès, étant un ancien Poufsouffle, alors qu'il s'apprêtait à faire sa rentrée. Et heureusement, car jamais l'argent de poche de Peter aurait suffit pour prendre tout ce qu'il voulait à Pré-Au-Lard ! d'autant plus qu'il aurait fallut attendre 3 ans pour ces emplettes… Officiellement ! Le passage de la sorcière borgne les avait sauvés.
Mais il ne pouvait pas vraiment lui parler de sa cape, n'est-ce pas ? Non pas qu'il ne voulait pas, mais c'était un héritage de famille, hors de question que cela se sache, qu'il se la fasse voler, ou pire, confisquer !
Ils mangèrent rosbif, légumes, pommes de terre sautées, tarte à la mélasse et gâteau au chocolat. James fut effaré par la quantité astronomique qu'un corps si étroit pouvait ingurgiter. Par Merlin, où mettait-elle tout ça ? Mais au moins, elle profitait des plaisirs de la vie, tout du moins, culinaires… Il ne se voyait pas vivre avec une fille qui compterait les calories. Il repensa à ce que disait toujours Anthéa. Bien facile de critiquer la fille qui se prive et se retient, alors que c'est la société qui lui met la pression pour ressembler à un mannequin de Sorcière Hebdo ou une Harpie de Hollyhead sans faire de sport. Tout le monde n'avait pas le même métabolisme, la même morphologie, les mêmes besoins et dépenses énergétiques. La vie était bien compliquée, pour une fille, se dit-il. Au moins, Lily Evans ne semblait pas s'arrêter là dessus. Et elle n'en était que plus parfaite.
-Dis- moi, Evans, tenta James. C'est bientôt l'anniversaire de mon cousin, et je ne sais pas quoi lui offrir.
-Tu as un cousin ? s'étonna Lily.
-Hé bien oui, j'en ai 4 à vrai dire. Trois du côté de ma mère, et un du côté de mon père, ajouta-t-il devant l'air intrigué de la jolie rousse.
-Vous ne faites que des garçons, chez les Potter ? s'amusa Lily.
-Et chez les Dragonneau, à part Anthéa.
James pinça ses lèvres et mordit le fond de ses joues. N'en avait-il pas trop dit ? Mais pouvait-il lui mentir ? Et puis, il n'avait pas très envie de lui cacher quoique ce soit… Pour une fois qu'une conversation avec sa belle prenait plus de profondeurs, allait-il éluder le sujet, sous couvert qu'il devait la rendre jalouse avec Anthéa ? Après tout, un mois à jouer à cela devait être suffisant, non ?
-En fait, j'ai trois cousins en commun avec Théa et Rich, expliqua James.
-Ce sont tes cousins ? s'étonna Lily, dont le cœur s'était gonflé dans sa cage thoracique, prenant toute la place
-Non, mais leur oncle paternel a épousé ma tante maternelle, précisa-t-il.
-Vous êtes cousins par alliance, en quelque sorte…
Lily fronça des sourcils. Pourquoi se sentait-elle soulagée, tout à coup ? Après tout, le fait qu'ils partagent des cousins ne voulait pas dire qu'ils partageaient de l'ADN. Bien au contraire, ce n'était pas le cas ! Mais ils se connaissaient depuis toujours, et avaient de la famille en commun. Donc, en toute conséquence, elle n'avait rien à craindre d'Anthéa.
Rien à craindre ? Qu'est-ce que c'était que cette façon de penser ? Elle s'en fichait de qui Potter jetait son dévolu. Pourtant, elle s'était sentie rassurée quand Potter avait fait allusion à son enfance partagée avec Dragonneau, et là, lorsqu'il avait parlé de cousins en commun, elle s'était sentit pousser des ailes.
Et puis, elle avait apprit à apprécier la jeune fille. Pourtant, c'était loin d'être gagné, au début. Seul les imbéciles ne changeaient pas d'avis.
Il était peut-être temps qu'elle n'éclaircisse certains points avec elle-même.
-Il a quel âge, ton cousin ? demanda Lily pour chasser ses drôles de pensées.
-Il va avoir 28 ans, le 31 octobre. Théa pensait faire un gros cadeau, vue qu'on le verra probablement à Noël, maintenant qu'ils ne sont plus aux Etats-Unis.
-Comment ça.
James sourit. Finalement, elle s'intéressait à sa vie privée. C'était bon signe, non ?
-Les Portoloin internationaux sont un peu galère à avoir, surtout sur une si longue distance, et les moyens de transports moldus sont longs, tu dois le savoir… Alors pour deux semaines de vacances à Noël, depuis qu'ils sont partis à Ilvermorny, les jumeaux ne rentraient plus pour Noël. Ils restaient chez leur tante et leur oncle à New-York, ces 6 dernières années, et leurs parents les rejoignaient. Maintenant, on va pouvoir faire comme quand on était gosses.
-C'est à dire ?
-En gros, mes parents accueillent tout le monde au Manoir, mes oncles, mes tantes, mes cousins, les jumeaux et leurs parents. Comme ça, personne ne se bat pour la présence de nos 3 cousins, le frère de Norbert, la sœur de ma mère… Et aussi leur tante, son mari, et ses deux filles, qui venaient d'Amérique pour passer Noël avec nous.
-ça doit être festif, s'imagina Lily, qui se demandait si le terme Manoir n'était pas exagéré pour parler d'une maison.
-Oh oui, assura James avec un regard mélancolique, ça faisait longtemps. J'ai hâte…
-Et donc ton cousin a 28 ans… qu'est-ce qu'il lui manque.
-Une copine, dit James en souriant bêtement en pensant à la vanne de sa meilleure amie.
Il secoua la tête. Il était bête, parfois, c'était sûr.
-C'est une idée de Théa ! s'excusa-t-il devant l'air indigné de Lily. Je ne compte pas acheter une femme à mon cousin désespérément célibataire !
-Comment tu l'expliques ?
-Quoi donc ?
-Son célibat ?
-Moi, je pense que c'est parce qu'il n'a pas trouvé la bonne. Ulrich pense qu'il n'a pas trouvé la … enfin, la fille assez 'bonne', grimaça-t-il avec un regard inquiet vers Lily, outrée. Et Anthéa, elle, pense qu'il est peut-être gay mais qu'il n'ose pas nous le dire. Et que du coup, ce qu'il lui faut, c'est un bon…
Lily éclata de rire, doux chant aux oreilles de James, qui frissonna, sentant la horde de papillons voler dans son ventre et la chaleur irradier dans tout son être. Comment ses amis pouvaient-ils être si peu prompts à l'Amour ? C'était une multitude de sensations si savoureuses, succulentes. Lui, il en était friand, en tous cas. Et seule Evans était capable de lui faire ressentir ça.
-Les repas de famille, c'est un peu n'importe quoi. A part Hippo, tous nos cousins, communs ou non, sont mariés et ont des enfants. Ma mère était triste d'avoir une maison si calme une fois que Théa et Rich étaient aux USA, et que leurs parents les y retrouvaient, avec leur tante, oncle et cousines.
Lily opina. Ce devait être amusant d'avoir autant de monde autour d'une table, bien que l'organisation devait être éreintante.
-Il est comment Norbert Dragonneau ?
-Excentrique, répond James après avoir cherché les bons mots, rêveur aussi, passionné, quelqu'un qui ne tient pas en place, plus à l'aise dans la nature qu'en société, mieux dans sa peau entouré d'animaux, que d'humains.
-Ses enfants lui ressemblent en cela, acquiesça-t-elle.
Finalement, ils discutèrent de choses et d'autres, principalement de sujets qui ne touchaient guère à leur vie privée. Ce qui désola James. Mais il avait jusqu'à juin. Et il était en bien meilleure voie qu'il ne l'avait jamais été ! Lily semblait même s'amuser, avec lui, ne l'avait ni insulté, ni giflé, ni égosillé dessus.
'Merci Théa', songea James avec un sourire de débile profond, qu'il ravala rapidement avant que la rousse ne lève le regard vers lui.
-Hé, Evans, tu veux voir un truc marrant ?
-Quoi donc ?
Devant l'éclat rieur de Potter, Lily savait que cela n'augurait rien de bon.
-Si on arrive à intercepter le Moine Gras… S'il se croit seul … Je peux te dire qu'on va bien s'marrer !
James se leva avec élégance et tendit son bras à Lily qui timidement, l'entoura du siens, et le suivit. Au détour du couloir, à l'intersection entre les sous-sols de Poufsouffle et la cachots de Serpentard, ils croisèrent au loin le Moine Gras, s'apprêtant à traverser les tonneaux faisant barrage avec la Salle Commune des Blaireaux.
James tressaillit. Son idée n'était peut-être pas celle du siècle. Après tout, Lily l'ingénue apprécierait-elle les chansons grasses du fantôme des jaunes et noir ?
-Entrant dans une église, Je ne vis d'abord rien, Qu'un vieux cochon de moine, Qui s'br**lait dans un coin… Ah….
Sachant pertinemment que la suite choquerait son homologue, James tira Lily en arrière afin de préserver ses chastes oreilles. Le fait est qu'ils éclatèrent de rire et en parlèrent tout le chemin qui les ramenait à tour de Gryffondor. James apprécia grandement que les escaliers n'en fassent qu'à leur tête, pour une fois, rallongeant la route du retour… Et dans le fond, Lily aussi apprécia ce fait, bien qu'elle refusât de se l'avouer.
Alors, que pensez-vous des sautes d'humeur de mon héroïne lunatique? Avez-vous une idée d'où ça lui vient ?
De l'évolution de la relation Lily/Théa, Lily/James ? Et Sirius/Lily ? (qui doit être un de mes passages préférés : j'adore les voir se chamailler alors qu'on sait qu'ils vont finir copains comme cochons)
et vous en pensez quoi de mon moine gras (oui, le moine gras chante des chansons grasses, je sais, je suis très originale dans l'genre)
Et de ces petites révélations?
et comme d'hab, n'oubliez pas la petite review qui fait plaisir, j'vous rappelle que mon chat compte sur vous et que c'est ma seule "rémunération" ! ;)
