Aheum Aheum

OYEZ OYEZ BRAVES LECTEURS!

Mille excuses pour ce retard de publication, je suis très (trop) suroccupée ces derniers temps (oui, ce mot n'existe pas, je suis au courant).

Bien, je n'ai pas d'autres excuses à vous servir alors voilà.

Je vous laisse le nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira. Personnellement, je me suis éclatée à l'écrire. Prouvez le moi avec une petite review (je suis sûre que je vous ai manquée, avouez le )

Sinon, un nouveau chapitre est également dispo sur l'autre fic (celle avec ma petite trybide à l'époque des maraudeurs).

Chapitre 14 – Au détour d'un couloir

Anthéa lança un regard irrité en direction d'Hamilton qui papillonnait des cils sous le regard mi moqueur mi enjôleur de son jumeau.

Celle qui avait fait d'Anthéa sa rivale, alors que celle-ci se fichait d'elle comme de sa première baguette, draguait ostensiblement son frère, sous ses yeux. Une provocation pure et simple.

-Qu'il la baise et la balance comme une bouse de dragon, marmonna-t-elle rageusement en tournant vivement une page de son manuel.

-Qu'est-ce que tu dis ?

Anthéa leva son regard bleu électrique vers celui émeraude et doux de Evans, son binôme en sortilèges. Elle lança un regard en coin vers Hamilton puis sourit gentiment à la brune.

-Ce n'est qu'une peste, tu devrais l'ignorer, lui conseilla gentiment Lily.

Anthéa faillit répartir que son frère était probablement le plus gros connard que Poudlard n'ai jamais abrité. Après tout, il faisait du charme à l'adorable petite McDonald en potions pour faire mumuse avec Hamilton en métamorphoses, faire la cour à la petite Fawley lorsqu'ils étaient avec Serdaigle en sortilèges, et laisser faire Gates, derrière lui et Benjy lorsqu'ils étaient dans la même matière avec Gryffondor. Et encore, il devait bien y avoir des sessions de flirts intempestives auxquelles elle n'avait pas dû faire attention, trop occupée à travailler … Ou à se laisser séduire par un garçon. Du moins, c'était ce qu'elle leur laissait croire.

Mais Hamilton, par Merlin ! Ne lui avait-elle pas dit de se trouver ses propres jouets ? N'avait-elle pas cessé ses jeux avec le fils Lestrange en échange ? Quel gamin !

-Tu as raison, je vais l'ignorer, décida Anthéa avec son premier vrai sourire pour la rousse

Après tout, cela faisait des jours que cette dernière ne s'en était pas prise à James, preuve que le chamboulement intérieur empiétrait sur l'extérieur. Anthéa était satisfaite. Comment transformer quelques rares considérations de la rouge et or en révélation. Et puis, elle s'était excusée. Elle pouvait bien lui ouvrir la porte, si tant est qu'elle n'ait pas dans l'idée de s'en prendre de nouveau à James. Anthéa était à l'image du blaireau : on n'attaquait pas le blaireau, ni ses proches, sous peine de souffrir. Même un lion, un aigle, ou un serpent, ne ferait pas le poids. Et elle se délectait d'avance de voir Hamilton se morfondre de l'ignorance que sa moitié lui offrirait une fois qu'il serait parvenu à ses fins.

Lily semblait se tortiller sur sa chaise, ce qui finit d'agacer Anthéa.

-Quoi ?

-Pardon ? s'étonna la rouge et or en clignant des yeux

-Tu te dandines sur ton tabouret, tu as donc quelque chose à me dire ! Ou à me demander, expliqua Anthéa

Ou bien Evans faisait semblant d'être intelligente, ou bien elle faisait semblant d'être bête et naïve, elle n'aurait su le dire, en cet instant. Mais elle était loin d'être une débile profonde, elle le savait.

-Je me demandais, ce week-end… Pourquoi tu n'as pas pu m'aider pour la métamorphose ?

Lily se mordillait la lèvre. Elle avait passé un agréable moment avec Potter, et ils s'étaient rapprochés, un petit peu, pas beaucoup, mais assez pour qu'elle soit forcée de se poser les questions auxquelles elle ne voulait pas répondre. Et puis, ce devoir de métamorphose était sensé l'aider à mieux connaître l'ancienne étudiante d'Ilvermorny.

-Pourquoi, t'a-t-il été désagréable ?

-Non… avoua timidement la rousse

'Au contraire', songea cette dernière avec un sourire timide sur ses lèvres, pensée qu'intercepta Anthéa avec un sourire en coin.

-Lux était dehors, il fallait que je le fasse rentrer, je n'aime pas le laisser se baalder trop longtemps, et il y avait passé toute son après-midi.

-Lux ?

-Mon Fléreur.

Lily eut une moue dubitative et Anthéa arqua un sourcil.

-Il faut un permis pour en avoir, non ? précisa la préfète en chef

-Tu te souviens de qui est mon père ? se moqua Anthéa

Lily se re mordilla la lèvre. En tant que le plus grand magizoologue du monde de la magie, il était évident qu'avoir un permis pour posséder un Fléreur ne devait pas être difficile.

-J'aimerai bien en avoir un … J'adore les chats, mais les Fléreurs ont ce petit quelque chose… avoua Lily.

-Il y a des croisements Fléreurs et Chats… ça t'évitera de passer par la case permis, avoua Anthéa.

-Tu sais où en trouver ?

-J'ai une adresse… Arabella Figg. C'est une cracmol passionnée de félins, mais elle a les meilleurs résultats en terme d'élevage d'hybrides de chats et de fléreurs.

Anthéa griffonna l'adresse de la vieille Cracmol et le tendit à Lily qui lui sourit en signe de remerciement.

De sa place, James bavait presque sur sa main. Un fameux spectacle se déroulait sous ses yeux. On aurait presque pu croire que la femme de ses rêves et sa meilleure amie, sa sœur, s'entendaient bien. Et après l'agréable soirée passée en compagnie d'Evans, il se sentait sur un petit nuage. Rien n'aurait pu gâcher sa joie, à cet instant. Surtout qu'à présent, ils passaient à la pratique !

-Tu vois Patmol, si les deux femmes de ma vie s'entendent bien, je vais pouvoir mourir en paix, babilla-t-il joyeusement.

-Théa et Rich ont raison, tu débordes de mièvrerie, c'en est indécent, se moqua Sirius.

-Vous êtes tous jaloux, affirma James en relevant le menton en signe de protestation. Nos relations se sont améliorées ! assura-t-il en bombant le torse.

-Prouve le, le nargua Sirius

-Hey, Eva… Merde !

Sans même se retourner, Lily avait lancé un sort à James qui éjecta ses lunettes de son nez, le forçant à porter ses mains à ce dernier, et le fit tomber de son siège à la renverse, et même Anthéa dut se retenir de rire pour soutenir son meilleur ami. Ne lui avait-elle pas conseillé de se faire discret ?

-Superbe sortilège Evans ! félicita Sirius en portant sa main à sa bouche alors que Remus relevait James et que Peter applaudissait la prouesse de Lily.

-Je t'emmerde Black ! siffla Lila devant l'air moqueur de James, toujours étalé par terre.

-Allez Cornedrue, soupira Remus qui s'était redressé en regardant son ami en se penchant légèrement sur lui, tu bloques le passage.

-Je vous emmerde tous… grogna le Poursuiveur.

Ce soir là, après le cours de runes en commun avec Serpentard, Anthéa se sentait tellement surmenée et épuisée qu'elle passa à l'infirmerie, puis chez le directeur, au deuxième étage. Après avoir passé l'horrible gargouille qui s'anime au son d'un 'dragées surprises', l'escalier en colimaçon mobile et la porte de chêne munie d'un heurtoir en cuivre en forme de griffon, l'adolescente s'installa sur la méridienne faisant face à la bibliothèque, située sur la petite mezzanine de bois, laquelle surplombait le bureau et qui menait aux appartements d'Albus Dumbledore. La jeune fille prit l'un des grimoires qu'elle se mit à feuilleter, en tendant le bras, invitation pour Fumseck, de venir s'y percher, ce qu'il s'empressa de faire.

Nous étions mardi, à deux pas du dernier week-end d'octobre, et donc d'Halloween. La Poufsouffle avait eu dans l'idée d'organiser une sortie nocturne afin de fêter convenablement l'avant dernière année avant la trentaine de son cher cousin, et elle comptait bien faire céder son Parrain pour avoir cette autorisation peu commune pour Poudlard, même lorsque cela concernait les élèves majeurs.

Elle attendit une heure, lisant un vieux grimoire d'une page tout en caressant de l'autre main le phénix, juché tranquillement sur son épaule. Elle adorait cet oiseau magique et il semblait être en pleine forme, bien qu'un peu jeune, puisque ne prenant que peu de place sur sa frêle épaule.

-Anthéa, nous avions rendez-vous ?

Le directeur venait de pénétrer dans son bureau, et esquissa un sourire bienveillant à l'adresse de la jeune fille qui se releva doucement, reposant l'ouvrage à sa place, et descendant face à l'imposant bureau de bois trônait face à une cheminée de granit, où un feu avait été allumé par les elfes. L'automne commençait à se faire rude, et la pierre qui constituait le château ne faisait pas réellement rempart.

-ça fait bien longtemps que je repousse ce moment, avoua Anthéa en croisant les jambes.

D'un moulinet souple du poignet, l'ainé des Dumbledore fit venir un récipient en pierre dont les bords étaient gravés de runes et de symboles anciens.

-Je ne souhaite pas voir ces souvenirs, avoua Anthéa, juste m'en débarrasser.

-As-tu du mal à te contrôler, ces derniers temps ? s'inquiéta le vieil homme, une lueur triste dans le regard.

-Je pense juste… que je n'ai pas besoin de me torturer avec ça. Peut-être arriverai-je à mieux dormir.

Des petites fioles vinrent entourer la bassine peu profonde et la jeune fille tapota sa tempe du bout de sa baguette en chêne blanc, symbole d'immortalité, ironie au possible, afin d'en sortir des fluides argentés qu'elle déversa dans les fioles, que le directeur renvoya dans un petit présentoir doré, près du perchoir de son phénix.

-Y avait-il autre chose ?

-Tu sais, je pensais qu'il faudrait organiser quelque chose, pour rassembler tous les élèves… éluda Anthéa en tendant le bras sous le gosier de Fumseck qui se mit à chantonner.

-Je crois que tu as une idée en tête, remarqua-t-il.

-Une soirée aux Trois Balais, balança la jeune fille en rapportant son regard bleu dans celui du directeur, ce serait convivial et agréable ! Et si ça tombe à Halloween, pour l'anniversaire d'Hippolyte, ce serait encore mieux.

-En réalité, tu me proposes une sortie dangereuse pour mes élèves afin de fêter la naissance de ton cousin… N'est-ce pas calculateur de ta part ? hasarda-t-il en se penchant vers sa filleule.

-Et alors ? dit-elle en haussant des épaules. Je ne vois pas en quoi aller à Pré-Au-Lard est plus dangereux de jour que de nuit. De nuit, il y a des sortilèges d'alarmes et des patrouilles d'auror, au moins… Et puis, c'est la fête de Samhain, il nous faut la fête dignement !

Samhain était l'un des 8 sabbats, rites sorciers de la tradition Wicca. Portant divers noms, cette soirée marquait le début de la saison de la Nuit, où les mondes étaient les plus proches, le moment où les barrières entre vivants et morts étaient la plus fines, où les communications se faisaient le plus facilement. Le moment crucial de signifier aux morts que chez les vivants, tout se passait bien. Cette nuit là, les énergies étaient à leur maximum, et la magie y était facilitée. Les rituels de protection, de bannissement d'esprits ou d'habitudes, de ruptures, étaient grandement favorisés. C'était en soi, le jour de la méditation, du recommencement. Il permettait de se rassembler en gardant les chemins illuminés par des feux qui permettaient de guider vers l'avenir. Les sorciers considéraient ce jour comme la dernière journée de l'année.

Dans des temps reculés, les sorciers sacrifiaient des animaux afin de ne pas manquer de nourriture durant l'hiver. On éteignait alors le brasier, symbole de la mort, avant de la rallumer, pour marquer le début de la nouvelle année magique. Grâce à cela, on chassait les mauvais esprits. Ce feu permettait de protéger le foyer.

Le chose qui fit tiquer le directeur, était l'idée de renouveler les protections de Poudlard et Pré Au Lard. Et puis finalement, les croyances wiccanes étaient très importantes dans le monde sorcier, bien que désuet à cause de la population née moldue. Une des choses que les plus puristes leur reprochait, d'ailleurs. Mais quel meilleur moyen de clôturer l'année sorcière et d'en commencer une nouvelle, en rassemblant ses élèves devant ce rituel, avant de les laisser se retrouver entre eux ?

-Disons que je vais réfléchir à ton idée, convainc le directeur en se renfonçant dans son siège, la jeunesse est prompte à l'amusement, et c'est de ça dont la jeune génération a besoin, en ces temps sombres.

Anthéa esquissa un sourire et tourna le dos.

-Tu reviendras récupérer tes souvenirs ? demanda Dumbledore alors qu'elle entrouvrait la porte.

-Je n'ai plus envie de me faire du mal avec ce genre de choses, confessa la jeune fille, le regard dur. J'ai besoin de sérénité, et non de tourments.

-Qu'est-ce qui a changé depuis cet été ?

-Finalement, je ne me sens pas capable de faire le vide avec ça dans ma tête, termina-t-elle en désignant les fioles d'un geste élégant du menton

Ils se saluèrent et la jeune fille s'éclipsa. Alors qu'elle se dirigeait vers sa Salle Commune, en arrivant au bout du deuxième étage, elle fut arrêtée par les pleurs d'une petite fille, et d'une chanson nasillarde et criarde de Peeves, l'esprit frappeur du château, qui faisait des cabrioles au dessus d'elle en se moquant.

La petite fille, une blondinette qui devait être en première année, était agenouillée et tentait de ramasser ses affaires malgré les tremblements qui la tenaillaient au corps, sous les moqueries de l'esprit frappeur, lequel avait l'apparence un petit homme au regard noir et méchant, avec une grande bouche, de laquelle s'échappait des caquètements. Un visage sournois en somme. Il portait des vêtements extravagants. Il n'avait jamais été vivant, et peut-être était-ce pour cela qu'il aimait le chaos et le désordre. Ses passes temps consistaient à faire du bruit, créer des chansons et des surnoms, jouer des tours, mettre en œuvre des pièges, se moquer de tout, semer la pagaille, et faire peur aux plus jeunes. Pour autant, il montrait un grand respect à Dumbledore qui pouvait l'influencer un minimum. Rusard tentait désespérément de le faire expulser de Poudlard. La seule peur de Peeves était le Baron Sanglant qui pouvait le maîtriser, et était d'ailleurs bien le seul, et seul le Moine Gras se montrait indulgent avec lui. Il avait la capacité d'interagir avec le solide, le poussant à jeter des choses sur les vivants, à se rendre invisible, flotter dans les airs et se déplacer instantanément.

-Hey Peeves ! s'exclama Anthéa

-Oh Dragonneau, Dragonne, Dragonnette ! caqueta l'esprit frappeur en plissant des yeux. Que me vaut le déplaisir ?

-Ne m'oblige pas à appeler le Baron Sanglant, menaça la Poufsouffle en un regard mauvais et hautain pour son adversaire, alors qu'elle s'agenouillait près de la première année pour l'aider à se relever.

-T'es pas à Serpentard, objecta Peeves, qui va me faire croire qu'il t'obéit ?

-Ou alors devrai-je s en parler à Dumbl…

-Peeves ! Veux-tu que j'appelle le Baron Sanglant ? Il m'écoutera, moi…

Anthéa, les mains sur les épaules tressautantes de la petite, une rouge et or, se trouva face au regard anthracite et arrogant du très impérieux et suffisant Regulus Black.

-Black, Blacky ! Pourquoi aiderais-tu une blairotte et un lionceau ?

-On se le demande, soupira le cadet des Black en secouant la tête, maintenant, vire de la, rajouta-t-il en se redressant de toute sa stature altière.

Anthéa rit intérieurement. Ce que les sang-pur pouvaient être méprisants et vaniteux à se croire si supérieurs de par le statut de leur sang, dans leur éducation pour ainsi dire royale.

Peeves cracha et jeta en l'air des fioles pleines, probablement subtilisées au professeur Slughorn, et s'enfuit en criant. D'un coup de baguette, la jaune et noir nettoya les substances bouillonnantes qui s'écoulaient vers leurs pieds. Des potions qui explosent… Stupide esprit !

-Si Peeves t'embête, menace-le d'appeler le Baron Sanglant, conseilla gentiment Anthéa en s'agenouillant devant la gamine pour la rhabiller correctement après les chahuts subis précédemment. D'accord ? ajouta-t-elle avec un petit sourire en lissant la cravate rouge et or.

-ça a bien marché pour toi, Dragonneau, s'amusa Regulus dans son dos.

-Il n'a fait que tenter le diable, mais la menace reste la même pour lui, quelque soit notre maison, protesta Anthéa.

-C'est bien la première fois que quelqu'un qui n'est pas dans notre maison prononce cette … menace, releva le jeune Black en lançant un regard mauvais à la rouge et or. Comment t'appelles-tu ? demanda-t-il avec dédain

-Meredith McKinnon, renifla la blondinette en baissant les yeux sur ses pieds, apeurée

-Et en plus, j'ai aidé une McKinnon, soupira le vert et argent en levant les yeux au ciel, exaspéré.

-Quelle bonté de ta part. Ne t'en fais pas, il n'y a pas de témoins, et personne n'ira se vanter de devoir un service à un serpent, se moqua Anthéa en arquant un sourcil avec un clin d'œil vers la petite qui se mit à sourire. Allez file petite, c'est bientôt l'heure du couvre feu.

Anthéa raccompagna la petite sœur de Marlène jusqu'aux pieds des escaliers qui la ramenaient jusqu'à son dortoir, et bifurqua jusqu'à celui qui menait aux cachots, talonnée du pas nonchalant de Regulus Black.

-On parle beaucoup de toi dans les dortoirs de Serpentard, confessa-t-il doucereusement dans le dos de la Poufsouffle.

-Tiens donc ? s'amusa Anthéa. Comme c'est intéressant. Dis m'en plus, ironisa-t-elle en levant les yeux au ciel.

-On parle de tes exploits.

La jeune fille s'arrêta et soupira en secouant la tête avant de la tourner sur sa gauche, où Regulus s'était arrêté pour la détailler avec curiosité.

Au delà de son aventure avec Lestrange, elle avait attrapé bien malgré elle dans ses filets le rejeton Rosier. Cela avait eu lieu alors qu'elle revenait de sa balade solitaire dans le parc de Poudlard. Elle n'avait tout simplement pas vu l'heure et dans sa précipitation, avait oublié de se lancer un sort de désillusion.

La fatigue avait poussé à cette négligence, elle ne pouvait se mentir, mais elle n'y apporterait pas plus d'importance que ça.

Quoiqu'il en soit, elle avait alors croisé Rosier et Ombrage pendant leur ronde. Bien sûr, la petite arriviste jalouse et aigrie qu'était Ombrage du haut de ses 17 ans avait sauté sur l'occasion. Elle souhaitait, à travers ses cris hystériques et ses rires de petite fille, punir la Poufsouffle et lui retirer des points. Rosier, le chef des Serpentards, l'avait arrêtée dans son monologue sans fin, et l'avait congédiée, lui expliquant sèchement qu'il se chargerait d'elle. Dans un moment de grande mansuétude qui ne lui était guère familier, il avait raccompagné la jeune fille jusqu'à sa Salle Commune, et l'y avait laissée après un baise main qui avait fait sourire la sorcière malgré elle.

Il avait une aura magnétique digne d'un vampire, à l'image de tout bon Sang Pur. Il était froid, distant, et arborait toujours une expression neutre mais ennuyée, comme si le commun des mortels ne lui arrivait pas à la semelle. C'était un personnage sûr de lui qui ne faisait confiance à personne, et qui semblait tout bonnement intouchable, doux moule des 28 sacrés. Il était ambitieux, déterminé, rusé et secret, mais restait loyal à sa famille et ses quelques proches, mais surtout, il était d'une élégance quasi royale et n'avait pas peur d'enfreindre les règles pour avancer dans la vie et avoir ce qu'il voulait. Et il l'avait toujours. Finalement, il était à l'image de ses cousines Black par sa tante Druella, un pur et digne Rosier. C'était du mystère qu'il dégageait, et peut-être était-ce pour cela que la jeune femme l'intéressait et l'intriguait, et il fallait dire qu'elle le lui rendait bien.

Anthéa prenait son temps avec lui, après tout, elle n'avait eu qu'à claquer des doigts pour avoir le cadet Lestrange et l'aîné des Black à ses pieds, et parfois se faire désirer avait du bon en plus d'être flatteur. Cela avait eu lieu début octobre, et si elle avait conquis Sirius un lundi et Lestrange un mercredi, elle n'avait ainsi eu sa première discussion avec Rosier que le week-end suivant. Désormais à l'aube du mois de novembre, leur 'relation' n'avait pas évolué plus que cela, et ne consistait principalement qu'en flirt au détour d'un couloir. Leur excuse préférée était encore les cours communs et devoirs en binôme en arithmancie et en runes.

Connaissant la rivalité entre Rabastan et Evan, Anthéa ne doutait pas que l'un narguait l'autre sur ses… 'exploits'.

-Les hommes se vantent beaucoup et en oublient la bienséance, expliqua-t-elle en reprenant sa marche.

-Là dessus, nous sommes bien d'accord, confessa-t-il, les mains dans les poches de sa robe sorcière. Les temps changent.

-Prends garde à toi, on dirait un papy des années 20. Même mes parents ne lâchent pas ce genre de phrases, se moqua la jeune fille.

-ça me désole, un tel manque de respect.

-T'inquièterais-tu pour ma pudeur ? plaisanta-t-elle en lui plissant les yeux avec sarcasme.

-Encore faudrait-il que tu en aies, souligna l'adolescent.

-Touché ! l'accusa-t-elle en riant délicatement, la main sur le cœur dans un élan faussement dramatique qui rappela son frère à Regulus.

-Ne crois pas que je défends la veuve et l'orphelin.

-Oh non, c'est bien au dessus des règles de l'étiquette que l'on t'a inculquées. C'est ici que je m'arrête, lui indiqua-t-elle en un doux mouvement de tête

-Bonne nuit Dragonneau, la salua-t-il gentiment avant de tourner les talons pour bifurquer sur les cachots.

-A toi aussi, Black !

Anthéa commença à tapoter sur le tonneau adéquat lorsqu'elle entendit quelque chose se briser. Elle releva la tête, inquiète, puis se dirigea dans la direction des échos pour trouver… son jumeau et Hamilton en train de se peloter. Elle poussa un cri dégoûté tandis que Rich se séparait de sa compagne et s'approchait de sa sœur, l'attirant derrière lui jusqu'à l'entrée de leur salle commune.

-Hamilton ? lâcha Anthéa. C'est avec elle que tu t'éclipses ? s'indigna-t-elle.

-Entre autre, avoua Ulrich en haussant des épaules, où Anthéa le frappa. Quoi ? Elles tombent toutes à mes pieds, que puis-je faire d'autre que les ramasser ?

-Avoir plus de standing, releva Anthéa avec dépit.

-Comme Lestrange ? railla son frère.

-J'ai écouté tes conseils et je ne l'ai vu qu'une fois, révéla sa sœur en le fusillant du regard. Pour que tu me fiches la paix, entre autre.

-Je te débarrasse de Hamilton, remercie moi pour le sacrifice ! s'offusqua le beau brun

-tu as toujours volé mes jouets, râla Anthéa en roulant des yeux

-J'arrête, si c'est ce que tu veux, affirma son frère en tapotant sur les tonneaux.

-Ce que je ne supporterai pas, c'est que tu sois de nouveau blessé… Je péterai les plombs !

Il y eut un moment de flottement en souvenir de l'accident à Ilvermorny qu'ils ignorèrent promptement.

-T'inquiètes donc pas, frangine ! Frôler la mort une fois m'a suffit, la rassura le garçon en lui laissant place dans le tunnel.

-Vaut mieux, siffla la jeune fille en disparaissant du couloir.

-Et les rôles s'inversèrent ! la suivit-il

Sirius et Remus sortirent de la cuisine avec des victuailles plein les poches une fois le couloir désert. Avaient-ils bien entendu ?

Eeeeet couper !

Waw, je n'ai jamais fait une fin aussi abrupte et nulle je crois mais bon.

n'oubliez pas que la rétribution pour ma motivation et mon imagination sont vos reviews !