Oyez Oyez braves gens !
Je suis désolée pour ce retard, je n'ai vraiment aucune excuse.
Je vous poste là mon nouveau chapitre. Patience pour les fans de l'autre fic, le prochain chapitre sera posté dans la semaine!
En attendant, je vous laisse avec ce chapitre. Bonne lecture !
Chapitre 15 – l'horreur du shopping
La nouvelle avait couru dans tout le château. On autorisait les élèves de la 5ème à la 7ème année à sortir aux Trois Balais, le soir, pour fêter Halloween.
-Et le fait qu'Hippo soit là, et que ce soit son anniversaire, n'est qu'une coïncidence ! babilla joyeusement James en tapant gaiement dans ses mains.
Anthéa haussa des épaules en enroulant son bras autour de celui de son meilleur ami, son éternel sourire mystérieux en coin, et les éclats rieurs dans ses yeux énigmatiques.
-En quoi vas-tu te déguiser ?
-Ah, cela ma chère, est une surprise ! Et toi ?
Anthéa s'assit sur le banc de pierre près du Lac Noir, tapotant dessus afin d'inviter son meilleur ami. Il enroula son bras autour de ses épaules, et attira le visage harmonieux de la jeune Poufsouffle sur son épaule en jouant avec une pointe de ses cheveux.
-ça a avancé avec Evans ? demanda Anthéa en fixant la surface lisse du lac.
-Je ne l'ai pas invitée, avoua James. J'en avais envie, mais j'ai résisté, comme tu me l'as demandé. De toutes façons, je la verrai sur place…
-Je suis fière de toi, assura Anthéa en tapotant doucement sa cuisse, comme on le ferait avec le haut du crâne d'un chien
Ils continuèrent de discuter gentiment, en tête à tête, puis se levèrent et rejoignirent tranquillement leurs cours de l'après-midi. Samedi arriverait bien vite.
Le mercredi même, Anthéa, James et Ulrich se retrouvèrent pour la sortie à Pré-Au-Lard. Les événements s'étaient précipités et ils se devaient de trouver un cadeau pour leur cousin qui leur avait annoncé en une courte missive sa présence à une soirée d'étudiants, ce qui avait fait hurlé de rire James et Ulrich. Imaginer leur cousin, éternel bachelor à une soirée, entourée d'adolescentes enivrées par l'alcool… voilà qui serait fort amusant !
-Bon, on va où ? hasarda James, en balayant le chemin terreux entre Poudlard et Pré-Au-Lard, les mains enfoncées dans les poches
- Gaichiffon, je n'ai pas de tenue, annonça Ulrich les mains croisées derrière la tête, le nez en l'air.
-Zonko? proposa James, l'air incertain
-Il n'a plus 17 ans, protesta Anthéa, plutôt Derviche et Bang.
-On lui pendra quoi ?
-On verra là bas, souffla doucement la brune.
Ulrich et James lançaient des clins d'œil à leur fan club respectif sur la route, ce qui agaça suffisamment Anthéa pour qu'elle leur pince les fesses, cuisses, bras, ou côtes au passage, en les fusillant du regard alors que ses imbéciles gloussaient à qui mieux mieux… Surtout James, lui rappelant que si une certaine rousse pouvait témoigner de son manège, ou que quelqu'un pouvait en attester, tous ses efforts seraient réduits à néant… Ce qui le calma, mais redoubla le cirque de paon offert par Ulrich… Après tout, il avait deux fois plus de groupies pour lui tout seul.
Les trois jeunes sorciers poussèrent la porte du magasin de vente et réparation d'objets magiques, et montèrent directement dans la mezzanine vide de l'échoppe.
-ça serait bien, une pendule familiale, proposa James.
Anthéa et Rich se retournèrent. Une pendule, qui n'indiquait non pas l'heure, mais la situation et le lieu où se trouvaient la famille trônait entre un périscope sous marin et un lunascope, au dessus d'un scrutoscope et un capteur de dissimulation. Anthéa arqua un sourcil.
-Il vit tout seul, souligna-t-elle, ça ne lui sera pas de grande utilité. En revanche…
Elle sortit un sablier magique, dont les graines s'écoulaient en fonction de la qualité de la conversation, aux couleurs rouge et or, comme la maison de leur cousin, à Poudlard.
-Slug en a un, se souvint vaguement Ulrich, c'est Ed qui me l'a dit, expliqua-t-il en un haussement d'épaule. Pourquoi pas ce truc ?
Il pointa du doigt un coffret à 7 serrures, à chaque serrure ouverte, un nouveau fond s'offrait avec un espace toujours plus grand.
-Bof, qu'est-ce qu'il pourrait mettre dedans ? souleva James. Une glace à l'ennemi, c'est cool, se retourna-t-il. Aha ! Voyez, je n'ai pas d'ennemis !
-Pour l'instant, ricana Ulrich en secouant la tête et en dépassant James. Un miroir parlant ?
-Pas sûre qu'il le supporte. J'ai déjà failli casser celui de la salle de bain du dortoir à plusieurs reprises, et il a moins de patience que moi, se souvint Anthéa.
-Garde moldu, c'est nul puisqu'il habite à Flagley Le Haut, grommela James. Sirène anti vol non, c'est un auror… Une tente magique ?
-Persée lui en a offert une neuve à Noël dernier, se remémora Anthéa, en référence au benjamin de cette fratrie.
-A quoi sert un révélateur ? demanda James dubitatif face à une petite gomme qu'il fit rouler entre ses doigts.
-T'occupes, j'ai trouvé ! annonça Anthéa en brandissant une montre à gousset.
-Il en a déjà une, argua James.
Tous les sorciers recevaient une montre à leurs 17 ans.
-Elle a 12 aiguilles, ce sont les planètes qui bougent sur le cadran, révéla Anthéa.
-A quoi ça sert ?
-A faire causer les idiots, répliqua-t-elle. On prend ça, il sera content.
Et sans autres formes de cérémonie, la décision ayant été prise, les deux garçons suivirent la brune jusqu'au comptoir afin de payer et de faire emballer l'objet.
-Bon, on va boire un coup ? proposa Anthéa.
-Non, on va se chercher des déguisements, annonça Ulrich en se saisissant de l'un des bras de sa sœur.
-Et vous, ma chère, venez avec nous, indiqua James en imitant son ami avec le bras libre de la jeune fille.
-Bande de sales traîtres ! marmonna Anthéa, les suivant à contre cœur, les talons enfoncés dans le sol en guise de protestation
-Une jeune demoiselle ne marmonne pas ! la sermonna James, pâle imitation de mère.
Anthéa roula des yeux, déjà exténuée. Elle détestait ce genre de magasins qui vendait des vêtements à la féminité exagérée, des habits guindés qui dataient de l'époque des rois et des reines moldus, proposant diverses tonalités de tissus coupés pour la noblesse, les bals, les réceptions… Des tenues trop longues, trop lourdes, trop encombrantes, et tellement vieux jeu. Anthéa était plutôt du genre avant gardiste et peut-être pas féministe, non, mais anti sexisme avec une forte allergie pour le machisme. Et ce genre de magasins faisait courbettes à tout ce qu'elle abhorrait.
Les garçons la poussèrent sans ménagements à l'intérieur, et sans trop savoir comment, la jeune fille se retrouva au fond du rez de chaussée de Gaichiffon, réservé aux femmes, face aux cabines dorées, chaque entrée séparée par des miroirs de plein pied qu'on aurait très bien pu trouver dans les appartements de la reine d'Angleterre, et non dans une boutique de 'fringues'. Les garçons s'installèrent sur les sofas moelleux couleur lavande qui faisaient face aux cabines. Une vendeuse arriva avec un plateau de biscuit et des tasses de thé. On se serait presque cru dans un magasin pour future mariée. La jeune Poufsouffle sentit la bile remonter dangereusement vers sa bouche et se concentra sur la vendeuse pour faire passer sa nausée. Toute cette coquetterie la rendait malade.
Une jeune fille en fleur de l'âge de Rosmerta et Pompon, environ 24 ans, avec une robe chasuble couleur lavande qui lui tombait sous les genoux, deux yeux noisettes pétillants et des boucles châtains qui lui tombaient à la mâchoire lui faisait face.
-Que recherchez-vous ? demanda aimablement l'employée.
-Un déguisement pour ma sœur, annonça Ulrich.
La jeune employée détailla l'adolescente d'un regard scrutateur puis disparut dans les rayons, tandis que Anthéa touchait distraitement les accessoires sans trop s'y arrêter. Lorsque la vendeuse revint, le sang de Théa ne fit qu'un tour, mais la jeune femme la poussa doucement du plat des mains sur ses épaules vers une cabine, dans laquelle elle accrocha les robes sélectionnées.
-Robe empire, robe princesse, robe soigneuse, robe sirène, robe de valse, robe dulcinée… robe Windsor ? Mais c'est mort !
Anthéa jetait de côté chacune des tenues sans même les essayer. On se serait cru au siècle dernier ! Et la modernité, alors ?
-Qu'est-ce qu'elle baragouine ? s'intéressa James.
-Elle doit jurer sur la longueur. Alors ?
Anthéa fulminait intérieurement mais rendit toutes les robes à la vendeuse en demandant quelque chose de plus original. Quelle ne fut pas son horreur lorsque celle-ci arriva avec des tenues….
-C'est quoi cet engin de torture ? demanda la sorcière avec un air dégoûté.
-Un bustier Miss…
-Je ne mettrai pas ce… ce truc, avertit dangereusement Anthéa avec un reniflement dédaigneux à l'adresse des vêtements
-tu devrais, ça fait très vamp ! railla son frère en lorgnant sur les ficelles de dentelle du corset de la robe.
-Ecoutez, j'ai besoin de pouvoir avancer sans risquer de me casser la figure, vous n'avez rien de plus… court ?
-Trouvez lui une tenue de courtisane ! s'esclaffa James, les larmes perlant au coin de ses yeux.
Le dit James se reprit immédiatement alors que les deux femmes le foudroyaient du regard, et Ulrich rit sous cape. Il avait trouvé la blague très drôle, lui.
-Quelle période ? s'agaça la vendeuse.
Anthéa lui servit des yeux ronds tandis que James s'était laissé tomber sur les genoux de Rich en mangeant son poing afin d'étouffer son rire, tandis que son ami d'enfance avait la tête rejetée en arrière et se mordait outrageusement l'intérieur des joues pour ne pas exploser. La situation était on ne peut plus cocace.
-La robe, le déguisement, précisa la jeune châtaigne en ignorant superbement les deux adolescents.
-Laissez tomber, je vais chercher moi-même, annonça Anthéa, et vous cassez-vous avant que je ne m'occupe de votre cas ! Potter, si tu continues, je t'arraches les bijoux de famille et fini le nom des Potter ! Et toi Ulrich… continua-t-elle menaçante en se tournant vers les garçons après les avoir observés à travers la glace.
-C'est bon, on s'arrache ! annonça promptement Ulrich en se levant d'un bond, tirant James derrière lui qui traînait des pieds, jusqu'au 2ème étage, celui des hommes.
Un applaudissement se fit alors que la jeune fille se perdait dans les rayonnages les plus profonds et perdus du magasin. Lorsqu'elle se retourna, Regulus Black lui faisait face, avec un sourire amusé.
-Qu'est-ce que tu as, Black ? lâcha Anthéa en fouillant parmi les robes se répétant comme une litanie 'trop long', 'trop serré', 'trop guindé', 'c'est quoi ce décolleté de gourgandine ?'
-Ils ne sont pas faciles à vivre, tes gardes du corps, plaisanta Regulus en se plaçant à l'ombre, à côté d'elle.
-De qui te caches-tu ? se moqua Anthéa. As-tu peur qu'on te surprenne avec une gentille petite Poufsouffle… Ou peut-être est-ce la partie Sang-Mêlé qui t'ennuie ?
-J'évite les ennuis, expliqua Regulus sur le ton de l'évidence en se retenant de lever les yeux au ciel. Ce qui ne semble pas être ton cas.
-Attention, je vais finir par croire que tu t'intéresses à moi, railla la brune, en se débarrassant d'une énième robe de noble à la française.
-Tu m'intrigues, concéda le vert et argent, je n'aime pas être intrigué.
-C'est ce qui est exaltant dans les mystères, murmura Anthéa en dégageant de sous ses yeux une nouvelle friperie d'une époque bien trop lointaine pour elle, d'un air de profond dégoût.
-Je pense commencer à te cerner, révéla le jeune Black.
Anthéa garda une main sur un cintre, l'autre sur la hanche légèrement décalée, et le toisa du regard.
-J'aimerai bien voir ça, le défia-t-elle.
-De l'extérieur tu sembles être une douce énigme irésolvable, froide, inatteignable. Un peu comme une petite Sang-Pur. Pourtant, tu restes accessible aux hommes, comme si c'était la seule chose qui te faisait ressentir quoique ce soit. Je dis ça, parce que tu es souvent stone. Si tu crois que je n'ai pas remarqué que ce n'était pas que de simples cigarettes, tu te méprends sur mon sens de l'observation. Pourtant, tu es bien légère et ouverte lorsque tu es avec… ton entourage proche. Cela se ressent par ton attitude en public ou en petit comité, même à ta manière de t'exprimer, qui change du tout au tout. Tu peux passer de l'altier au vulgaire, du soutenu au familier en fonction de ton environnement.
-Pas mal, ironisa Anthéa, tu es plus perspicace que les autres.
-Quand on creuse on trouve réponse à ses questions.
-Et pourquoi mettre tant d'ardeurs pour percer mes secrets ?
Le visage du serpentard se ferma, mais une pensée fut interceptée par la Poufsouffle.
-Je n'arrive pas à le croire, sourit-elle, tu t'inquiètes des fréquentations de ton frère…
-Tu devrais choisir cette robe, lui indiqua-t-il en lui fourrant un morceau de tissu avant de tourner les talons, le visage fermé.
-A plus, stalker ! s'exclama la brune dans son dos avec un signe de main
Elle revint vers les miroirs en plaçant la robe face à elle. Une jolie robe de soirée charleston courte des années 20, les années folles. La doublure de soie était couleur carmin, la préférée d'Anthéa, et le dessus de la robe, en mousseline fine et légère, en transparence, jolie et discrète, dans un ton rouge corail plus clair, était brodé de paillettes discrètes et de perles brillantes dans des teintes de cerise et de framboise. Les ornements de la robe étaient en diagonales sur le torse, allant des côtes jusqu'à un losange au niveau du nombril, pour partir en d'autres diagonales, en sens inverse, du losange vers le dessous des hanches. Les perles fines tombaient à la verticale sous les diagonales et le losange du haut du jupon. Le décolleté était ouvragé d'ovales de perles et de paillettes et tombait en pointe. Les manches étaient des bretelles larges mais qui ne prenaient pas toutes les épaules, et le bas du jupon du dessus de la robe tombaient en franges jusqu'au haut du genou, alors que la jupe du fond de robe s'arrêtait légèrement en dessous des mi cuisses. A l'arrière, des lianes et lacets de dentelle carmin, corail, cerise et framboise se croisaient dans un dos nu plongeant lui tombant au dessus des reins, laissant apercevoir le haut tatouage d'arabesque dans le bas de son dos. La taille était resserrée, et la coupe de la jupe, droite, mais ample, était volante et fluide.
Anthéa esquissa un sourire.
Il avait du goût, le 6ème année. Elle s'avança jusqu'à la caisse afin de payer et rejoignit son meilleur ami et son frère.
-T'as trouvé ton bonheur ? hasarda James en sortant la tête des rideaux de sa cabine.
-Et toi, Love ? répliqua la brune en s'installant sur un sofa, aux côtés de Remus.
-Ouais ouais … grogna James en retournant dans sa cabine.
-Et bien moi, si ça vous intéresse, j'irai en Dracula sexy ! annonça Sirius, toujours dans sa cabine.
-Tu veux dire vampire ? précisa Peter depuis la sienne.
-Je n'ai pas besoin de savoir quel Dracula je suis pour être Dracula.
-T'as pris quoi ? demanda Ulrich en sortant à son tour sa tête de sa propre cabine. Rien de scandaleux ? ajouta-t-il avec un regard scabreux entendu.
-Non, on dirait presque une tenue de vierge effarouchée, railla Anthéa, faisant monter le rose aux joues de Remus. Tu as trouvé quelque chose, toi ? lui demanda-t-elle en se tournant vers lui.
Remus fit une moue d'excuse. Contrairement aux Potter, Dragonneau, Black ou Pettigrow, il ne roulait pas sur l'or, bien de là… Par sa faute, qui plus est ! Alors il ne pouvait se permettre des extravagances.
Anthéa, intercepta cette pensée et eu un air désapprobateur.
-T'es né quand, Remus ? s'intéressa-t-elle en se levant.
-Mars, répondit celui ci en arquant un sourcil interrogateur.
L'adolescente s'aventura dans les rayonnages masculins en pestant intérieurement. Puis elle lui ramena une tenue en la fourrant dans ses bras avec autorité, avant de le tirer dans une cabine.
-J'ai ce qu'il me faut… tenta le lycanthrope en rosissant.
-Bla bla bla, imita Anthéa avec une voix d'enfant, tu essayes et tu prends, tu ne t'occuperas pas des détails, insista-t-elle alors que la bouche du rouge et or s'ouvrait pour protester.
Elle ferma le rideau des cabines d'un geste sec et retourna s'installer avec grâce dans les sofa. Même les sofas semblaient faire référence à une certaine noblesse ! Affligeant…
-Je parie sur une tenue de pom pom girl, babilla James depuis sa cabine.
-Moi sur celle de la catin, répliqua Ulrich en riant.
-Mon corps est un temple, répliqua dramatiquement la jeune fille.
-Ouvert à tous… enchaîna James.
-Et à tout moment ! ricana Rich
Peter sortit de sa cabine et coula un regard désolé vers la jeune fille qui haussa des épaules avec désinvolture. A moins de leur arracher la langue, elle ne pouvait pas vraiment les empêcher de déblatérer de telles inepties.
-Continuez comme ça, et je vous casse tous vos plans ! martela la jaune et noir, les bras étendus de part et d'autre du sofa en souriant.
-Quoi ?
Le meilleur ami et le jumeau sortirent leur tête, une grande inquiétude sur le visage.
-Faire quoi ? répéta Ulrich, l'air sévère.
-Un claquement de doigts, et plus de filles pour toi, indiqua Anthéa avec un regard calculateur, et toi, continua-t-elle, avec un sourire manipulateur vers James, c'est LA fille, qui te passe sous le nez.
Les deux garçons déglutirent difficilement en se lançant un regard apeuré, avant de retourner, en silence cette fois, dans la cabine. Anthéa se délecta du silence. Qu'il était bon de ne plus entendre les simagrées de ces deux gamins remplis d'hormones et de vannes de bas étage sexistes.
-Et pour info, lança-t-elle aux rideaux des deux adolescents, je couche avec qui je veux, où je veux, quand je veux, et ce n'est pas parce que je suis une fille que l'on peut me juger ou me harceler de blagues salaces sans mon consentement. Vu ?
-Oui chef ! s'écrièrent les deux bruns à l'unisson en sortant avec leurs emplettes.
Ils passèrent tête baissée devant la jeune fille et le reste des Maraudeurs ayant fait surface des cabines, pour descendre au rez de chaussée afin de payer. Les 3 derniers maraudeurs se retournèrent vers l'adolescente qui se relevait avec grâce pour se saisir de son sac.
-Comment tu fais ça ? demanda Remus intrigué.
-J'ai un don pour faire et défaire les gens à ma guise, dévoila l'adolescente en un haussement d'épaule en s'arrêtant à la première marche de l'escalier pour les observer. Et cela ne s'arrête pas aux histoires de cœur et de cul, ajouta-t-elle fièrement avant de descendre à son tour. Excuse-moi, je ne peux plus tarder, je doute qu'Emmeline me pardonne d'être en retard à son anniversaire.
Peter, Remus et Sirius s'observèrent, intrigué. Ça avait le mérite d'être clair, et d'épaissir davantage l'aura insondable, le voile mystique entourant Anthéa.
-Ne t'inquiètes pas Ded', ce soir, c'est grand soir !
Benjy avait l'air du prophète face à un Edgar blasé, un Caradoc dépité et un Dedalus clairement perdu.
-Tu vas enfin pouvoir niquer ! s'écria Benjy en le saisissant par les épaules et en le secouant légèrement. Tu vas enfin faire un voyage au pays merveilleux du désir infini et ..
-Fais chier… soupira Ded.
-Enfin quoi ? s'offusqua Benjy en passant un bras sur les épaules de son ami.
-C'est un peu la honte, souleva Ded en levant les yeux au ciel.
En effet, Benjy était auparavant debout sur l'une des petites tables rondes couleur miel de leur salle commune et parlait d'une voix d'orateur. Fatalement, nombres d'élèves présents avaient été témoins de ce moment gênant pour le jeune Diggle, et ce malgré la musique émanant du tourne disque magique, de la radio, des murmures des plantes rares de Chourave, sans compter le bruit de fond des discussions de groupes.
Oui, c'était la honte. Sauf que Benjy ne l'entendait pas ainsi.
-T'inquiètes, ce n'est pas si exceptionnel d'avoir 17 piges et de ne pas avoir couché, le rassura Caradoc.
-Non, c'est grave la honte, insista Benjy.
-J'avais oublié que tu étais le pro avec les femmes, lâcha cyniquement Caradoc.
-J'imagine que je sais comment les charmer, oui, concéda le capitaine de Quidditch avec un sourire charmeur. Bref, ajouta-t-il en se redressant et en offrant un regard triste à Dedalus. C'est grave la honte, et ce soir, avec Rich, on a décidé d'agir !
-C'est toi qui nous fout la honte, le réprimanda Edgar avec sa voix de préfet. Maintenant allez à la douche avant que Dorcas ne vous découpe en morceaux et ne les sème dans le château pour oser arriver en retard à la soirée d'Emme.
Benjy soupira et entraîna un Dedalus rougissant de honte dans le dédale de tunnels adjacent à la salle commune et légèrement en pente qui menaient aux dortoirs des garçons. A ce moment précis, Hestia et Greta sortaient du côté des filles, en face, en pouffant de rire, et croisèrent Anthéa qui rentrait après avoir toqué sur les barils gardant l'entrée.
-Que se passe-t-il? s'enquit la brune en arquant un sourcil impérieux.
-J'ai entendu Evans dire à Black que s'il faisait du mal à Marlène elle l'emmènerait chez le véto pour le faire piquer, expliqua Hestia avant d'éclater de rire.
-Hestia a l'humour facile, précisa Greta, mais c'est drôle quand on sait que son rire ressemble à un aboiement et qu'il a été nommé après la constellation du Chien.
-Ce qui était drôle, c'était la tête de Black, puisqu'il n'a pas compris la blague.
-Je ne pense pas qu'elle blaguait, intervint Loretta Grant qui était assise dans un fauteuil un peu plus loin.
Anthéa fit un geste de la main à ses camarades de promotion et se dirigea vers son dortoir, ignorant le geste du tableau de sa fondatrice qui portait un toast avec son sourire bienveillant et…
Bref, Anthéa adorait et était fière de sa maison, mais parfois, il fallait savoir ne pas être gentil. Par exemple, à cet instant précis, elle était soudainement de mauvaise humeur sans savoir d'où cela lui venait. Après une bonne douche, elle enfila un mini short en jean, un large tee-shirt vert bouteille troué et déchire en plusieurs endroits qui découvrait une partie de son dos et ses côtes, ainsi que ses doc marteens, avala le contenu de plusieurs fioles, dont certaines de sa propre composition, se força à sourire à son reflet qui lui fit un clin d'œil appréciateur, et fit demi tour après avoir veillé à se recomposer une attitude normale.
En à peine 30 minutes d'absence, Anthéa avait la fâcheuse manie de passer 20 minutes à ne rien faire sous la douche que d'attendre que le temps passe sous l'eau brûlante, la salle était bondée de 4ème à 7ème année, de victuailles et de boissons.
-Mais pourquoi on n'invite pas des gens d'autres maisons ? insista Ulrich alors que Benjy le tirait par le bras pour l'amener à Dedalus.
Marcellus Macmillan soupira tandis que Naïm Patil haussait des épaules.
-Est-ce que les autres maisons nous invitent ? demanda Dylan Thomas. `
-Absolument pas, par les testicules de Merlin ! piailla Diana Gates
-Alors, chacun pour sa gueule ! expliqua platement Eric Jordan.
Ils n'avaient pas l'air vraiment convaincus par leurs propos, mais les Poufsouffle étaient très fiers de savoir que leur Salle Commun n'avait jamais été visitée par des intrus, contrairement aux Gryffondor, Serdaigle ou Serpentard qui invitaient les autres. Parce que soyons honnêtes, les Poufsouffle étaient ultra gentils, ultra laxistes, ultra tolérantes, parfois trop pour leur bien. Pour autant, leur salle commune restait leur antre de paix. Après, il ne fallait pas faire d'un cas une généralité. C'était comme dire que tous les Serpentard étaient des monstres sans âme ou que les Serdaigle n'étaient qu'une bande d'intellos ou que les Gryffondor agissaient sans réfléchir au préalable. Chacun était différent et heureusement. Anthéa les dépassa en souriant à ces pensées et atteint le bar pour se servir du rhum groseille dont elle raffolait et qui le lui rendait bien.
-Tu sais ce qu'on dit des gens qui boivent seuls ? demanda Benjy qui apparut mystérieusement à ses côtés.
-Que cela fait deux fois plus d'alcool pour moi ? proposa ironiquement Anthéa en cachant un sourire sarcastique derrière son gobelet.
Benjy éclata de rire, d'un rire qui n'avait rien à voir avec un aboiement, et Anthéa se laissa gentiment faire par le flirt de son camarade. Après tout, il n'y avait pas que l'alcool pour se défouler et passer ses frustrations.
-Qu'est-ce que tu as à me regarder ainsi ? s'intéressa Benjy avec son air le plus charmeur alors que la brune le sondait du regard.
- Je regarde beaucoup de gens ça ne veut pas dire que je veux faire leur connaissance… T'aimerais que j'en ai envie ?
Nul besoin de préciser qu'après ça, Benjy prit le parti de répondre par des actes, et s'éclipsa discrètement avec la jumelle de son ami, ce qui était loin d'être la chose à faire. D'autant plus que pendant ce temps, il abandonna sans autres forme de procès Dedalus aux bons soins d'Ulrich, qui n'avait probablement pas son tact…
Quoique, Benjy n'avait pas de tact et était aussi discret qu'un gryffondor.
A minuit, alors que le blond et la brune revenaient ni vus ni connus, Emmeline se retrouva à boire cul sec un mètre de Whisky Pur Feu la tête à l'envers et les pieds tenus en l'air par une Dorcas titubante, et quand Emmeline se redressa, elle se mit à beugler en balançant sa cravate, attachée autour de son crâne, loin de son nez, cessant ainsi de loucher dessus.
-Je suis des vôtres bande de naz !
Il fallait dire que voir la préfète picoler et agir comme une rustre, bien loin de ses manières aristocratiques était rare. A vrai dire, lorsqu'il s'agissait d'elle et de Dorcas dans ce genre de situations, seuls les Poufsouffle pouvaient se targuer de les connaître sous cet angle. Mais même des reines de l'allure avaient le droit d'agir comme des adolescentes. Après tout, on n'était pas sérieux à 17ans. Il en était de même à 18, d'ailleurs.
N'hésitez pas à me laisser vos impressions sur les interactions des personnages, sur leurs dialogues (qui, je l'espère, vous font un petit peu rire), et sur l'intrigue en général.
Si vous voyez des améliorations, ou que vous souhaitez juste flatter mon égo, sachez que ça me mettre de bonne humeur et que mon chat n'en sera que plus content !
