Et bien voilà ! Puisque ce dernier temps je suis toujours à la bourre dans mes publications, voici un nouveau chapitre!

J'espère qu'il saura trouver grâce à vos yeux.

On présente l'air de rien les élèves d'Ilvermorny qu'on va rencontrer : mes petits OCs !

Petit moment olé olé sur la fin pour ceux qui veulent skipper ;)

Bonne lecture !

Chapitre 16 – Soirée à Pré-Au-Lard

Le 31 octobre 1977 marquait la fin de l'année sorcière et le début de la nouvelle.

Lorsque les élèves arrivèrent afin de respecter leur croyance, les murs du Hall et de la Grande Salle étaient bardés de diverses tentures et guirlandes de couleur rouge, blanc et argent. Des encens de pomme, sauge, menthe, héliotrope et noix de muscade brûlaient partout dans le château, et les torches étaient agrémentées de chandelles noires et oranges dans tous les couloirs. Ces mêmes chandelles voletaient sous le mur enchanté de la Grande Salle.

Les runes de Hagalaz, nauthiz et wunjo étaient apposées également sur chaque tournant de mur, et au dessus de chaque cheminée du château, assurant protection aux habitants du domaine, et décuplant les flux magiques du lieu.

Des cyprès, if, chêne, soucis, chrysanthèmes, giroflées et autres fleurs automnales, gui, citrouille, armoise, belladone, mandragore, sauge décoraient chaque coin et recoin des corridors et des pièces. Toutes les pierres noires comme l'obsidienne, l'onyx, le jais, mais aussi l'agate et la cornaline étaient disposées en dessus des tables, des pupitres, et des bureaux, eux mêmes recouverts de nappes orange ou noire. Des citrouilles évidées et emplies d'une chandelles furent placées au centre de chaque meuble recouverts de pommes et de grenades.

Avant le début de la journée, tous les élèves et employés avaient préparé les bougies rituelles de l'année et placèrent une chandelle aux fenêtres. C'était peut-être une vieille coutume sorcière, mais en ces temps sombres, il ne fallait pas oublier d'où on venait. Renouer avec ces « croyances de bonnes femmes » ne coûtait rien.

Les plats étaient à base de betteraves, de navets, de maïs, de pommes, de citrouilles, de pomme de terre, d'oignons et d'endives. Le repas fut à base de viande (bœuf, porc et volailles), et les desserts consistaient en tourtes et autres pains d'épice. A la fin du repas, la tisane et le cidre furent de mise.

A la fin du repas, tous écrivirent des résolution sur un parchemin qu'ils brûlèrent à une bougie blanche et réitérèrent l'expérience avec les mauvaises habitudes, mais en les incinérant grâce à une bougie noire. Le club des Chasseurs sans Têtes proposa un ballet aérien à la fin du banquet.

Ce ne fut qu'à ce moment que la célébration prit fin et tous reprirent la route, suivant dans un ensemble presque militaire, le directeur, ses professeurs, et ses préfets, jusqu'au Hall, où chacun se dispersa jusqu'aux salles communes, et pour les plus âgés, allèrent se préparer pour la soirée aux Trois Balais.

Ce jour était également l'anniversaire de Nick Quasi sans tête : 485 ans qu'il était mort. Lors du centenaire, le fantôme le fêtait toujours avec le club des chasseurs sans tête qu'il rêvait d'intégrer, mais puisqu'un morceau de peau attachait sa tête à son cou, ce n'était pas possible. De son vivant, Sir Nicholas de Mimsy Porpington surestimait ses compétences magiques… Durant sa mort, il avait perdu son caractère hautain et arrogant pour devenir un revenant avec un fort sentiment d'infériorité face aux autres fantômes sans tête. Au détour d'un couloir, Anthéa et Ulrich le croisèrent et discutèrent avec lui. Ils eurent du mal à lui faire comprendre que l'anniversaire de leur cousin, vivant, passait avant la fête de mort d'un fantôme, aussi sympathique soit-il.

-Que veux-tu qu'on aille faire à cette soirée ? avait demandé Théa. Voir un club de morts montant des chevaux aussi morts qu'eux pour jouer au hockey avec leur tête et voir Nick déprimer alors que c'est sa fête, tandis que nous avons l'anniversaire d'Hippo : très peu pour moi !

Puis, en rejoignant le hall, ils eurent le droit à un Peeves qui bombardait les passants de bombabouses, de peinture, de plumes (volées aux poules d'Hagrid, pauvres bêtes), et autres araignées en plastiques (ou pas d'ailleurs). Il fuit alors que James lui annonçait avoir vu le Baron Sanglant arriver… Au final, ce fut la voix du Moine Gras chantant un ultime son paillard qui traversa le mur.

xXx

Anthéa soupira devant le miroir de la salle de bain de son dortoir en commun avec ses nouvelles 'copines'. Copines, car elle ne pouvait se résoudre à les appeler ses amies. Les amies, on leur racontait tout. Ou ils découvraient tout, même les secrets les plus horribles de votre esprit, les recoins les plus terribles de votre âme, et malgré cela, ils ne vous jugeaient pas et continuaient de vous aimer avec dévotion.

Les seules vraies amies qu'elle avait étaient restées au Massachussetts. Bonnie, Donatella, Graziella, Tallulah. Elles ne l'avaient pas regardée avec l'effroi qu'elle méritait suite à l'incident, ni avec pitié, et encore moins avec compassion. Seulement avec l'amour le plus inconditionnel, le genre qu'on ne ressentait qu'avec sa famille.

Elle repensa à Jackson, Keagan et même Patrick, les seuls vrais amis de son frère qui étaient devenus également les siens par la force des choses. Oui, même Patrick ! Et elle effleura vaguement le sujet Tobias avant de secouer la tête. Non, pas après la cérémonie qui venait d'avoir lieu. Pas alors que le monde des morts et des vivants étaient si proches.

Face au miroir parlant du dortoir, Anthéa refoula ses souvenirs et esquissa un sourire. Un de ces sourires qui faisait tourner les têtes. Elle était belle et mise en valeur dans sa tenue d'Halloween, une robe charleston dans les tons carmin, corail, et fruits des bois. Avec la couleur ténèbres de ses cheveux, réhaussés de reflets auburn et de mèches miel lorsque le temps offrait un minimum de luminosité, elle avait ce petit quelque chose que les autres n'avaient pas, elle le savait. Sa coiffure était lâchée en un chignon bas et travaillé sur sa nuque, s'enroulant autour de son headband en cuir de dragon noir, et deux mèches lui léchaient le visage à l'avant. Typiquement années folles.

Le léger décolleté laissait tout à l'imagination, et le tissu léger de sa robe épousait ses courbes toniques et le galbe de son corps svelte, laissant ses jambes libres de mouvement sans être vulgaire, et cela, peu importe le jugements des coincées de la société sorcière des années 70.

Elle prit le temps de remettre des herbes relaxantes dans la breloque de son bracelet prévu à ce effet, et tapota du bout des doigts ses lèvres pour les roser davantage, tandis que ses yeux d'un bleu unique, oscillant entre l'azur du ciel, le solaire des lagunes, le polaire des glaciers, la profondeur des mer et l'abysse des océans, légué par son ascendance celte britannique, était mis en avant par un maquillage smokey. Son teins hâlé, hérité d'ancêtres de tribus indiennes entourant Ilvermorny faisait ressortir le tout.

Elle se redressa, satisfaite. Elle était parfaite et son reflet lui fit un clin d'œil avant de sortir de la salle de bain, laissant les élucubrations enjouées d'Hestia et Greta, excitées comme des puces, ce qui l'attendrit.

La jeune bi nationale retrouvait dans ses compagnes Poufsouffle des traits qu'elle appréciait chez ses acolytes Oiseau Tonnerre.

Hestia avait enfilé une robe disco des années 60 tombant au dessous des genoux et aux manches longues évasées aux poignets, aux motifs psychédéliques et aux couleurs éclatantes et vives. Elle portait de longues bottes en cuir plastifié typique, avec des talons épais mais vertigineux et ses cheveux étaient crêpés.

Greta portait une tenue tout droit sortie des années 70 moldues : un pantalon noir en cuir, un haut de la même couleur, dont les manches dénudaient ses épaules, tombant sur ses bras, avec une paire de sandales rouges à talons hauts, et ses cheveux relevés en boucles gaufrées.

Dorcas avait opté pour une longue robe à sequins dorées, avec un manteau long en satin sombre, une étole en fourrure, un regard au crayon noir, et un collier vintage… élégante et raffinée. Sa coiffure était relevée en couronne tressée autour de sa tête.

Emmeline avait opté pour une longue robe edwardienne rose foncés, brodées de perles et de gants en cuir blanc, un manteau en satin rose poudré avec une étole en fourrure, un chapeau cloche à bords larges. Le genre que portaient les filles des riches propriétaires terriens de l'époque. Ses cheveux dévalaient en cascade dans son dos.

Chacune avait son style, bohème, déluré, élégant, raffiné… Et Anthéa, savant mélange des 4.

Tandis que ses comparses finissaient de se préparer, la jeune Dragonneau s'assit au pied de son lit, caressant avec tendresse Lux, qui s'était jeté sur ses cuisses, signe de possession. Et dire que c'était sensé être l'inverse…

-A quoi ressemble ton cousin ? demanda Greta avec avidité, tout en recourbant ses cils.

-Tu verras bien, éluda Anthéa en un haussement d'épaules.

-Est-il aussi beau que ton frère ? Ou tient-il plus de James ? s'intéressa Hestia.

-Un savant mélange des deux, j'imagine, soupira Anthéa.

-Je ne savais même pas que James avait de la famille autre que ses parents ! s'esclaffa Hestia en étalant une pointe de mascara.

-Et bien si.

Anthéa prit le paquet cadeau de son cousin qu'elle fourra dans sa bourse en cuir de dragon et de taffetas noir, agrandi par un sortilège d'extension indétectable et allégé par un sort de poids plume, qu'elle mis en bandoulière. Dans ses ballerines noires, elle ne se sentait pas aussi elle-même que dans ses docs marteens, mais il fallait bien avouer que ces chaussures étaient confortables, plates, simples et élégantes. Comme des ballerines de danseuse, et non ces modèles étriqués et modifiés pour la nouvelle société, avec des paillettes et autres ornements de trop.

Enfin, les 4 Poufsouffle finirent leur tenue et purent sortir. Il était déjà 20h. Anthéa détestait être en retard, et elle avança rapidement, traversant le couloir arrondi, comme creusé dans la terre, séparant chaque chambrée, poussa la porte du côté filles pour pénétrer dans la Salle Commune, qu'elle dépassa à travers le petit passage jusqu'au couloir des sous-sols et cachots, pour terminer dans la hall d'entrée où James et Ulrich l'attendaient, ayant laissés leurs amis respectifs aller avant eux au petit village sorcier.

Le dit Ulrich était habillé d'un costume trois pièces sombre et élégant, des boots montantes en cuir de dragon, une casquette gavroche en tweed, une chemise blanche oxford, avec un petit gilet sans manches, un manteau long à revers en pointe, et une montre à gousset vintage.

James, lui, portait un pantalon cintré, à l'image de Rich, une chemise blanche retroussée sur ses coudes, des bretelles réajustant le tout, avec un noeud papillon et un gilet sans manches.

Anthéa acquiesça et entraîna son meilleur ami et son frère derrière elle, bras dessus dessous.

En arrivant à Pré-Au-Lard, les trois cousins par alliance reconnurent devant les Trois Balais la silhouette élancée et sculptée de muscles d'Auror qui leur servait de cousin. Du haut de ses 28 ans, il était un grand garçon aux cheveux variant entre le châtain clair et le brun de sa mère, et aux yeux bleu, typiques de la famille Dragonneau. Il avait un air avenant, un regard qui sondait tout autour de lui, un sourire charmeur et était très beau, comme pouvait le souligner la horde de filles de 6ème et 7ème année qui lui faisaient du gringue, à son plus grand plaisir.

Ce qui n'était pas du goût des camarades des dites filles, visiblement.

N'en faisant, comme toujours, qu'à sa petite tête, Anthéa profita des derniers mètres la séparant de son cousin pour s'élancer à toute vitesse sur lui, se jetant à son cou et poussant au passage les quelques donzelles que le jeune laissait se morfondre.

Du moins, jusqu'à l'arrivée de sa cousine.

A peine eut elle finit dans ses bras qu'il leur fit faire un tour sur eux mêmes, avant de la relever dans les airs, les mains de la jeune fille désormais sur ses épaules. Enfin, il la reposa à terre et l'étudia sous toutes les coutures, le temps que ses deux cousins n'arrivent, marchant comme des coq maîtres de leur basse cours, entourés par leurs prétendantes qui gloussaient comme des dindes.

-Un peu jeunes pour toi, non ? s'amusa Anthéa en s'éloignant légèrement d'Hippolyte.

-Elles finiront bien par avoir 17 ans, répliqua le brun avec un sourire en coin. Alors messieurs les paons, ajouta-t-il en rapprochant la Poufsouffle sur son côté droit, le bras callé sur ses épaules, vous vous dépêchez ? J'ai grand soif !

A peine le Poufsouffle et le Gryffondor étaient arrivés au niveau de l'adulte, que ce dernier reçu une accolade virile de chacun d'entre eux. Puis, Anthéa toujours sous son aile, l'aîné de la famille pénétra le pub de Rosmerta, ses deux cousins fermant la marche.

Leur entrée ne passa pas inaperçue et afin d'avoir un début de soirée tranquille, les 4 jeunes gens commandèrent au bar puis rejoignirent la mezzanine du deuxième étage. Ils s'installèrent sur une banquette coincée entre un mur et la rambarde en acajou offrant une vue pleine et entière sur la salle principale plus bas.

-Et peut-on savoir en quoi tu es déguisé ? s'enquit James avec ennui, les mains croisées à l'arrière de son crâne.

-En lieutenant du chef des Aurors, se moqua Hippolyte avec un sourire en coin, écho à celui de sa cousine. Vous deux, ajouta-t-il en désignant ses cousins face à lui de l'index, ne faites pas le poids avec vos déguisements de gangsters moldus des années folles et de la grande dépression, conclut-il en se rencognant dans la banquette, ses bras musclés croisés sur son torse.

-J'ai trop la classe, s'offusqua James en relevant fièrement le menton comme le bon sang pur qu'il était.

-Je n'aurai qu'une chose à dire : les aigles ne volent pas avec les pigeons, répliqua sournoisement Ulrich, les mains dans les poches, basculant d'avant en arrière sur son siège.

Anthéa rit doucement derrière son verre de rhum groseille, l'alcool sorcier qu'elle préférait, tandis que son frère et ses cousins liquidaient une bouteille de Pur Feu.

Hippolyte fut ravi de son cadeau, on aurait dit un gamin face à des offrandes de Noël. Les garçons lancèrent un coup d'œil ravi à la jeune fille : elle savait toujours taper juste. Ulrich avait fait du charme à Rosmerta pour avoir une bavaroise avec des bougies, ce qui constitua leur seul repas, en plus de l'alcool qui remplissait dangereusement leur estomac.

Après une heure sur place, Hippolyte décida qu'il était temps pour lui d'aller draguer la fille du tenancier, et c'est en retroussant ses manches de chemise jusqu'au coude qu'il descendit fièrement les marches jusqu'à la pièce principale, suivi des regards moqueurs de ses cousins. James fut le premier à s'éclipser en bas afin de rejoindre le reste des Maraudeurs, quelques minutes plus tard, se fut au tour d'Ulrich de partir rejoindre Benjy, Edgar, Caradoc et Dedalus. Anthéa resta en retrait, un bras et le coude opposé posés sur la rambarde, son verre sous le nez, à balayer la foule sous ses yeux, étudiant ainsi le comportement de ses camarades.

De son repaire, en retrait, elle pouvait observer chaque personne présente dans le pub : son cousin qui draguait ouvertement la fille du tenancier, et celle-ci qui répondait favorablement à ses avances.

Marlène portait la robe de Marilyn Monroe, Mary avait opté pour la tenue d'anthologie d'Audrey Hepburn avec le même chignon étudié et sage, Alice était accoutrée d'une tenue de déesse grecque, et Evans une tenue d'indienne, avec deux nattes tombant sur chacune de ses épaules.

xXx

-Sympa ta robe Marlène, releva Sirius avec un sourire en coin.

-C'est pour protester contre l'inégalité hommes/femmes, affirma la blonde en relevant le menton.

-Une idée de Dragonneau, glissa Evans en levant les yeux au ciel.

-Je suis impressionné : que tu puisses protester pour le droit des femmes ET montrer un tel décolleté en même temps me laisse sans voix.

-Merci ! babilla l'attrapeuse avec un grand sourire.

Sirius opta pour une révérence avant de se retourner vers ses amis, juste à côté.

-Je ne bois pas beaucoup, avouait à mi mots un Frank désabusé en observant avec circonspection son Whisky pur feu.

Ulrich et James avaient décidé qu'il était temps de déridé le jeune premier de la classe. Ce qui offrait des vacances à Remus qui ne s'en plaindrait certainement pas !

-Que fais-tu quand tu te sens heureux, triste, nerveux, ou que tu t'ennuies ? s'étonna James en faisant signe à Sirius de se rapprocher, en tirant sur sa manche.

-Je ne comprends pas, avoua Frank en penchant la tête sur le côté, légèrement incrédule.

-Comment tu dis aux gens que tu les aimes vraiment ? s'enquit Sirius avec intérêt, en se penchant vers Frank, son avant bras sur l'épaule de James, la main pendouillant dans les airs.

-Je le leur dit simplement ! s'étonna le jeune Londubat en écarquillant les yeux, un air atterré sur le visage.

-Comment tu fais pour sortir avec quelqu'un ? enchaîna Peter avec un haussement de sourcils

-On va boire un thé, expliqua Frank en fronçant des sourcils.

-Ok, mais comment tu couches avec elles ? osa Ulrich avec un grand sourire goguenard.

-On enlève nos vêtements, répondit Frank en secouant la tête, désormais exaspéré.

-Sans être bourré ou défoncé ? s'offusqua Sirius avec un ton trop dramatique pour être vrai.

-C'est votre réponse à tout ? s'agaça Lily. Sortir et se bourrer la gueule ?

-Non, le chocolat est la réponse à tout, déclara doctement Remus en opinant du chef, tandis que Peter hochait vivement de la tête en signe d'assentiment.

Frank secoua la tête une dernière fois et se détourna de ses camarades en soupirant de fatigue, suivi de l'expiration par le nez d'une Lily qui avait du mal à se contenir. Leurs camarades ne savaient vraiment pas se tenir.

La soirée allait être longue.

xXx

-Jolie robe.

La jeune fille esquissa un sourire sans se retourner et avala une nouvelle gorgée de Rhum Groseille.

Barty Croupton était un très beau garçon, érudit, intelligent, cultivé, et sage, avec un trait de malice et un humour guindé mais amusant. Il était bien fait grâce au Quidditch et était, comme tout bon Sang-Pur selon elle (ce qui était pratique pour les repérer) hautain et dédaigneux, bien qu'il soit loin d'être mauvais comme pouvaient l'être d'autres. A croire que ces gens là apprenaient à leurs enfants l'arrogance et l'égocentrisme avant d'ouvrir la bouche ou de mettre un pied devant l'autre. Pour autant, il restait charmant, séduisant, et ouvert aux divers statuts de sang, ne se cantonnant pas à juger autrui sur cela, ce qui changeait des Serpentard, qu'elle avait promis de laisser de côté.

Croupton était un bon challenge, et pourrait, de toute évidence, lui être utile.

Alors, elle se retourna fluidement, s'adossa à la rambarde de la mezzanine, et lui offrit un sourire enjôleur.

La fête pouvait commancer.

xXx

Sirius s'ennuyait à mourir. Peter faisait du gringue à une 5ème année de Serdaigle, Remus était en pleine discussion avec Margaret de Poufsouffle, James papotait avec le groupe d'amis d'Ulrich,. Ce dernier, ayant jeté son dévolu sur Hamilton, s'était faufilé hors du bar.

Nul doute que sa jumelle en serait folle de rage en l'apprenant.

Si Peter était déguisé en loup-garou, ce qui ne fut pas au goût de Remus, ce dernier avait opté pour la tenue choisie par Anthéa, laquelle consistait en une tenue de pirate d'époque : pantalon de cuir, chemise, longue veste à manches courtes, ceinture pour pistolet et sabre, bottes, chapeau. Il avait vraiment la classe. Sirius, quant à lui, était déguisé en Dracula, et aux vue des regards appréciateurs des adolescentes qui le dévoraient du regard, nul doute que son choix était aussi bon que celui de ses deux meilleurs amis ou Ulrich.

Etrangement, ce soir là, il n'était pas d'humeur à jouer au séducteur invétéré, respectant ainsi sa réputation de Casanova. Depuis qu'il avait eu son entrevue avec Anthéa, il pensait passer à autre chose, mais l'intérêt qu'il lui portait était tout sauf éphémère.

Comme toujours.

Pourtant, elle aurait dû cesser de l'intriguer, mais elle hantait son esprit. Et peu importe le nombres de blagues presque innocentes ou le nombre de filles qu'il faisait tomber à ses pieds en bon Dom Juan qu'il était, le fait était qu'il n'avait qu'elle en tête. A croire qu'il l'avait dans la peau dès l'instant où il l'avait aperçue. Ce qui était proprement ridicule. Il était Sirius Black ! Il ne pouvait pas être accro ou obnubilé par une fille tout de même ! Et bien que la jeune fille se soit insinuée dans le cœur des Maraudeurs d'un point de vue amical, il savait que c'était autre chose. Il ne comptait que peu d'amies, mais il entretenait ce type de relations avec Mary, Alice et surtout Marlène, après tout.

Bon, il avait couché avec deux d'entre elles. Mais qu'attendait-on d'adolescents bourrés d'hormones enfermés 24h sur 24 et 7 jours sur 7 dans le même endroit, 10 mois de l'année ? Alors soit, elle était de loin la meilleure affaire qu'il ai connue, mais de là à rester focalisé sur elle, il y avait un monde. Et cela l'agaçait fortement. Et puisqu'emballer d'autres filles n'aidait pas à faire disparaître la Poufsouffle de son esprit, il avait décidé de faire abstinence. Bien sûr, ses amis s'étaient ris de lui : un coureur de jupon avéré ne pouvait renier sa nature profonde. Mais il comptait bien leur prouver le contraire. Même s'il devait leur cacher le pourquoi du comment.

Aussi, où était-elle au juste ? Une demie heure horriblement longue que l'alcool ne faisait pas passer plus vite, et il n'arrivait pas à accrocher sa silhouette du regard.

Sauf qu'en fait, si.

Il la vit au loin discuter avec Croupton Jr puis se faufiler à travers la foule en le tenant par la main derrière elle, un sourire satisfait au coin des lèvres … Direction les toilettes.

On ne peut plus classe.

Il savait pourtant que les américains, bien qu'en partie puritains, étaient bien plus délurés et en avance dans la libération des mœurs que les britanniques. Cela n'aurait donc pas dû l'étonner outre mesure. Et pourtant, ce n'était même pas ça qui le mettait le plus en colère, mais le fait que ce ne soit même pas lui l'heureux élu.

James était dos à la piste, et n'avait donc rien vu. Son frère n'était pas revenu. N'y avait-il que lui pour remarquer ses petits jeux mesquins ?

'Tu parles', songea-t-il, 'c'est qu'une fille parmi tant d'autre'.

Ou pas.

Du coin de l'œil, il repéra le retour d'Ulrich qui cette fois semblait s'intéresser à Marlène. Comme quoi, il ne perdait pas le nord.

Sa Marlène. Merlin, c'était de la provocation ! Personne ne marchait sur ses plates bandes. Pas sans son accord. La colère s'insinua en lui. Et l'envie de revanche également. Pourtant, Marlène n'était pas à lui, c'était de son fait, et c'était ce qu'il voulait. Pourtant, ça l'énervait, allez savoir pourquoi. Si, il le savait : Marlène était son amie, et ce mec avait été qualifié de connard par sa propre sœur, il pouvait donc en déduire facilement que ce bourreau des cœurs pourrait la blesser. Et il lui avait lui même suffisamment fait de mal avec son côté tombeur pour laisser quelqu'un d'autre reprendre ce rôle.

Et puis en toute honnêteté, Sirius était possessif et jaloux. Et exclusif. Et il détestait partager. Qu'on aille par picorer dans ses restes !

Les heures passèrent et si Peter et Remus n'avaient pas été là, il se serait ennuyé comme un rat mort.

Désolé Peter !

James et Ulrich passaient tout leur temps avec leur cousin, lequel draguait ouvertement Rosmerta, qui plongeait dans le panneau. Bien qu'un garçon tout à fait appréciable, et ami d'enfance de son meilleur ami, ce qui aurait dû suffire à lui faire confiance, Sirius restait méfiant à son égard. Peut-être se retrouvait-il trop en lui ? Après tout, il n'avait jamais apprécié la concurrence…

-Tu ne crois pas que tu as assez bu ? releva Remus en tournant la tête vers l'air maussade et lointain de Sirius, confondant sa recherche avec un bad trip.

-J'aide juste les jeunes, répliqua Sirius.

-Comment crois-tu aider les plus jeunes en buvant autant ?

-Parce que plus je bois, moins il reste quelque chose pour eux.

Sirius ignora l'air abasourdi de Remus qui ne devrait pourtant pas l'être, et celui reluisant de dévotion de Peter, pour continuer à balayer la salle du regard.

Enfin, il capta Anthéa.

Elle était en train de se trémousser sur la piste avec ses amies. Sirius fut hypnotisé par les ondulations animales et félines de son bassin, le roulement voluptueux et sensuel de ses hanches. Tout en elle était un appel à la débauche, un réveil de la libido, un écho à la luxure. Et pourtant, en apparence elle semblait si douce et tendre, presque fragile. Un jeu de rôle maîtrisé d'une main de maître : on ne se méfiait pas d'elle, et on ne creusait pas plus.

Elle créait la danse, faisait corps avec tout entier avec la musique. Plus qu'une nymphe, elle semblait être une muse, ou une incarnation de l'art. Elle savait comment se mouvoir pour susciter l'envie sans être vulgaire, comment intriguer sans oublier la pudeur. Toutefois, il savait qu'elle savait être une grande manipulatrice et avait un côté calculateur qui n'avait rien à envier aux Serpentard, lorsqu'elle y trouvait un intérêt. Et après, on osait critiquer son côté Black !

Sirius siffla la fin de son verre et loucha vers la pendule. Il était 2h du matin, largement le temps de rentrer à Poudlard.

Remus discutait avec intérêt avec Frank concernant les forces du mal, d'après ce qu'il intercepta, Peter fronçait des sourcils à chaque nouvelle parole insensée sur des créatures inventées de toute pièce (probablement) de Xenophilius Lovegood.

Xeno, pour les intimes, avait les cheveux blonds comparables à de la barbe à papa qui lui tombaient sur les épaules, et louchait légèrement de ses noirs et perçants. Il était loufoque et avait toujours une nouvelle invention et excentricité à babiller. La plupart des gens le trouvait amusant, bien que peu crédible. Pourtant, il était intelligent.

-Mais je t'assure que les nargoles sont réels, ils infestent les branches de gui, on devrait bannir cette tradition de Noël ! qu'il insistait, sous les regards moqueurs des jumeaux. Pas vrai les Dragonneau ? On n'en parle jamais assez, mais ils existent !

-Bien sûr Xeno, ricana Ulrich entre deux culs sec.

-Et les Ronflak Cornu ? insista-t-il. Votre père devrait les étudier, ils sont fascinants !

Il s'agissait d'une créature insaisissable et non volante suédoise inventée de toute pièce par ce bon vieux Xeno.

Probablement.

Et il continuait à jacasser ainsi sur tout un tas d'autres bestioles dont Sirius n'avait réellement jamais entendu parler. Pas faute d'être de Sang Pur, pourtant. Avec autant d'imagination, ce type pourrait devenir écrivain pour enfants et offrir d'autres choix de lectures infantiles que les contes de Beedle le Barde.

James piaillait avec Macmillan et Abbott au sujet des résultats des Flèches d'Appleby, des Canons de Chudley (qui perdaient beaucoup trop souvent pour que cela ne soit pas suspicieux), des Pies de Montrose (qui gagnait le plus souvent dans l'histoire du Quidditch), du Club de Flaquemare et des Frelons de Wimbourne (équipes préférées de James, puisqu'originaire du Dorset, comme ces 2 équipes).

Ulrich enchaînait les culs secs avec Benjy et sa soeur qui depuis 1h à présent, titubait et ne tenait plus sur ses pieds.

Etait-ce l'alcool ou autre chose, là était la question.

A côté de cela, Lily avait passé sa soirée scotchée à Marlène, laquelle trouvait désormais un grand intérêt à tout ce que disait Ulrich.

Ce qui déplaisait toujours à Sirius, soit dit en passant.

Lily avait en effet mis de côté ses appréhensions vis à vis de la nouvelle et semblait l'apprécier, comme à peu près tout le monde, ces derniers temps, au grand plaisir de James. Toutes ces mésaventures et malentendus avaient finalement mené à quelque chose de bien. Cela lui permis de discuter avec Benjy, qui bien que légèrement prétentieux, était quelqu'un d'adorable et qui gagnait à être connu, une fois la carapace brisée. Et ses amies avaient beau lui assurer qu'il en était de même avec Potter, Lily ne pouvait s'empêcher de rester méfiante. Finalement, peut-être avait-elle eu raison depuis le début : elle n'avait été qu'une lubie. Deux ans à peine avaient suffit à ce qu'il la laisse en paix, ENFIN. Alors pourquoi se sentait-elle amère ?

Alice discutait tranquillement avec Pandora Moon, une blonde aux yeux bleu, aussi excentrique, rêveuse, et franche qu'elle, petite Serdaigle de leur année, qui zonait beaucoup avec Xenophilius. Elle adorait les expérimentations et était une sorcière extraordinaire et originale.

Mary avait trouvait un grand intérêt en Greta, aussi pipelette, pour ne pas dire commère (quoique loin d'être fouineuse comme cette idiote de Jorkins) qu'elle.

Les Dragonneau avaient le don d'unir des gens qu'on n'aurait guère soupçonneévoir discuter joyeusement ensemble.

Il fit le tour afin de saluer ses amis et camarades, relevant la disparition de Marlène et d'Ulrich au passage, Lily discutant presque posément avec James. Elle semblait calme et quasiment à l'aise. Etait-ce parce que James ne la harcelait plus, parce qu'il assumait ses horribles responsabilités de Préfet-En-Chef, ou qu'il jouait à l'ami imaginaire avec sa belle dulcinée, Sirius s'en moquait. Le principal pour lui, était que cette harpie hystérique avait cessé de hurler sur son meilleur ami. Ou pire, de le frapper. Lui permettant ainsi de ne plus avoir à s'interposer. Pour autant, les discussions au sujet de la rousse n'avaient pas tari du côté de l'ébouriffé.

Quoiqu'il en soit, Sirius avait sa folle idée en tête et décida de tenter le tout pour le tout. A savoir marquer son territoire. Oui, comme un chien. Comme son animagus. Oui.

Il s'approcha d'Evans en pleine conversation avec son meilleur ami.

-Tu es aveugle Evans ! Même le Calmar Géant sait que tu me veux, alors pourquoi ne l'admets-tu pas ? fit James avec un sourire en coin.

Sirius ferma les yeux… Son meilleur ami n'était vraiment pas doué avec cette fille en particulier. Il fallait qu'il intervienne ! En même temps, c'était toujours amusant. Bien que pendant des années, il ait haït Evans pour diverses raisons (surtout son attitude vis à vis de James, ou sa façon de se mêler de son histoire avec Marlène), depuis la fin de la 6ème année, ils avaient plus ou moins fait la paix. Tacitement, mais cela comptait. Chacun se gardait de critiquer ou injurier l'autre. De toutes façons, son punching ball préféré restait James.

-Je suis aveugle ? Moi ? s'agaça Lily. Durant 6 ans je t'ai dit 'non' et il semblerait que tu continues d'avoir ta baguette collée dans ton…

-La seule raison pour laquelle je t'ai poursuivie pendant 6 ans est que tu es géniale mais que tu ne sembles pas vouloir l'accepter, s'énerva James.

-La ferme Potter ! s'écria la rousse en serrant les poings.

Ok, là, il fallait vraiment qu'il intervienne avant que James ne s'en prenne une…

-Tu sais où est Marlène ? demanda innocemment Sirius à Lily

James et Lily se regardaient en chien de faïence, mais le premier soupira d'exaspération en rejetant la tête en arrière avant de retourner vers des personnes plus réceptives qu'Evans.

-Oui, lâcha-t-elle froidement en observant Sirius d'un mauvais œil.

-Je peux le savoir ?

-Non. Mais tu peux me parler. De quoi veux-tu parler ? La vie ? L'amour ? Les symptômes des MST ? je commence à te connaître Black, et cet air lubrique ne me dit rien qui vaille. Alors laisse ma meilleure amie tranquille et trouve toi un autre plan… peu importe comment vous appelez ça ! s'impatienta-t-elle d'un geste de la main agacé, en claquant sa langue sur son palais. Si tu t'approches d'elle à des fins douteuses et que tu lui fais du mal, je t'arrache les parties et te les fais bouffer, Black.

Sirius haussa des épaules et entreprit d'ignorer Evans. Elle était vraiment une empêcheuse de tourner en rond. Il trouverait bien autre chose pour se défouler. Genre, sortir en Patmol et courir à travers la forêt interdite. Leur trêve était importante pour James alors il ne se disputerait pas avec la rouquine pour quelqu'un qu'il avait de toutes façons cessé de fréquenter.

Lorsqu'il arriva vers James pour le saluer également, ce dernier, le regard brillant lui agrippa le bras et ancra son regard chocolaté dans le sien, couleur perle.

-Tu veux bien ramener Théa avec toi ? Je ne pense pas qu'elle soit en état de rentrer seule. Elle ne tient plus sur ses jambes, et je suis à peu près sûr qu'elle n'a pas bu que de l'alcool.

Sirius acquiesça, non sans déglutir difficilement. Etait-ce un teste ? Une mise à l'épreuve ? Ou une invitation à y aller ? L'alcool lui embrumait le cerveau et il ne savait plus où donner de la tête.

-Et surtout Patmol, n'oublie pas qu'elle est intouchable, rappela l'animagus cerf en tirant sur la manche de son meilleur ami, un air soucieux sur le visage.

-T'as peur pour moi ? railla le jeune Black.

-Contrairement à ce qu'Ulrich croit, je ne suis pas aveugle au point de croire bêtement que Théa est la gentille petite fille sage qu'elle semble être : elle ne l'a jamais été. Et je sais l'effet qu'elle a sur la gent masculine. Je ne te parle pas seulement d'ébats charnels, je te parle de sentiments, mon vieux ! s'impatienta-t-il en gesticulant

-Tout le monde n'est pas comme toi, Cornedrue, plaisanta Sirius avec un clin d'œil moqueur

-Je dis ça pour toi, râla James en levant les yeux au ciel. Tu t'assureras qu'elle rentre entière alors ?

Sirius se moqua encore un peu de son meilleur ami, finit son tour, et offrit son bras à la brune afin de la ramener au château. Celle-ci s'y accrocha, et il fut étonné, avec sa grande expérience en alcool et autres potions et plantes à but récréatif, de la voir si frêle sur ses jambes, à tituber en souriant joyeusement aux étoiles.

-Tu sais que j'ai appelé un chien comme toi ? lâcha-t-elle alors qu'ils dépassaient le petit pont reliant Poudlard à Pré Au Lard.

Sirius secoua la tête en souriant. Bien sûr qu'il le savait, il avait même cru être démasqué. D'ailleurs, ces moments entre Patmol et la jeune fille étaient ceux qu'il préférait. La contempler de loin était l'une des activités qu'il adorait. Et parler avec elle le stimulait de par son don pour les réparties ironiques, les contre attaques sarcastiques, les observations cyniques et autres répliques cinglantes. Leurs discussions étaient cependant toujours superficielles : l'un comme l'autre étant trop imbu de lui même et impertinent pour accepter de baisser sa garde et de se livrer ainsi, sous prétexte qu'ils avaient un meilleur ami en commun et qu'ils partageaient quelques moments d'amusements avec leur ami commun. D'autant plus qu'ils ne se connaissaient, au final, que depuis 2 mois.

En bon samaritain qu'il n'était pas, Sirius raccompagna la jeune fille jusqu'aux tonneaux gardant l'entrée de sa salle commune, déglutissant difficilement à l'idée qu'elle tape le mauvais tonneau, ou le mauvais rythme, à cause de son fort taux d'alcoolémie et des quelques substances qu'elle avait dû ingurgiter. Contre toute attente, la jeune fille réussit, leur évitant le jet de vinaigre dégoûtant.

-Bon, et bien, c'est ici que je te laisse, annonça le brun ténébreux avec un sourire d'excuse.

-Tu ne veux pas rentrer voir l'intérieur ? s'étonna Anthéa.

-Il me semble qu'aucun intrus n'a mis les pieds dans cette salle commune en 1000 ans, hasarda Sirius avec un regard incertain vers le tunnel creusé dans la pierre.

-Et alors ? Il n'y a pas âme qui vive, ça ne gênera donc personne, assura la jeune fille.

Elle lui prit la main, comme elle l'avait fait un peu plus tôt avec Croupton Jr, et l'attira à sa suite de sa démarche fluette et sautillante, chantonnant le rythme de sa fondatrice. Fondatrice qu'elle salua de la main, laquelle peinture leva sa coupe vers le binôme. A cette pensée, Sirius sentit ses entrailles se contracter violemment, sans en trouver la raison.

Lorsqu'il pénétra dans l'antre des blaireaux, il siffla d'appréciation, ne s'attendant pas à ce qu'une autre salle commune que celle des Lions soit aussi cosy et douillette. Anthéa releva un sourcil, preuve s'il en était de son agacement.

-Je ne m'attendais pas à ce que l'ambiance soit si agréable, s'expliqua-t-il du bout des lèvres, trop condescendant pour s'abaisser à des excuses en bonne et due forme.

-Ne me fais pas croire que la tanière des rouges et or est plus accueillante que cette pièce, le provoqua la jeune fille.

-Oh que si, assura Sirius en bombant le torse fièrement et en relevant le menton.

-Prouve le alors, se moqua-t-elle, les bras croisés.

Sirius fit demi tour en l'invitant d'un vague geste de main à la suivre, et l'adolescente obtempéra à contre cœur, la curiosité dépassant toute autre sensation.

Elle oublia ainsi l'appel de son lit.

Il déambulèrent dans les couloirs, la carte dans les mains de Sirius pour aviser Rusard qui ne se gênerait pas pour punir deux élèves de maison différentes qui traineraient dans les couloirs.

-Oh, mon cher Sirius ! pépia le portait de la Grosse Dame.

Celle-ci était accompagnée de son amie Violette, chacune une verre d'hydromel à la main.

-Laissez-moi vous poussez chansonnette !

-Digne d'une castaphiore ! assura Violette alors que l'autre se raclait la gorge.

Anthéa pouffa et Sirius maudit la Grosse Dame. A force de jouer au charmeur avec elle, il l'avait mise de son côté. Malheureusement, elle avait tendance à n'en faire qu'à sa tête et à piailler au lieu de faire son travail. Elle s'apprêta à chanter, mais Sirius, dans son impatience légendaire, la coupa sèchement. Il pria intérieurement pour ne pas gâcher 6 années passées à flirter avec ce tableau.

Au pire de cas, elle lui avait servi d'entraînement, et cela ne lui avait pas été inutile, loin de là.

-Veni Vidi Vici !

-Sérieusement ? pouffa Anthéa alors que la Grosse Dame ouvrait le passage à contre cœur.

-Ce n'est pas moi qui choisit les mots de passe, s'agaça le brun. Tada ! fit-il fièrement une fois entrés dans la Salle Commune de Gryffondor.

Anthéa jeta un coup d'œil circulaire à la salle : à la droite de l'entrée se tenait le portrait gardant le trou dans le mur qui permettait d'accéder à la pièce, dans laquelle se trouvait une large cheminée de pierre. Le mur au dessus du manteau était couvert d'une gravure du blason des Gryffons. De nombreuses tentures aux couleurs de la maison, tableaux et une tapisserie brodée des mêmes teintes, à l'image du reste du mobilier, couvraient les murs. La dite tapisserie représentait une femme entourée d'une licorne et d'un lion. De gros fauteuils moelleux et confortables en velours rouge, agrémentés de coussins rebondis, un panneau d'affichage, et des tables en bois d'acacia parsemaient la pièce Deux escaliers en colimaçon en face de l'entrée et de la cheminée donnait probablement aux tour des dortoirs : une section pour les filles d'un côté, une pour les garçons de l'autre, de forme circulaire. Il y avait une fenêtre que le mur à gauche et à droite du feu qui crépitait, donnant une certaine luminosité.

Anthéa opina du chef.

-Pas mal, concéda-t-elle.

-Pas mal ?

Difficile de passer à côté de l'air outré et insulté du jeune homme au visage habituellement impassible lorsqu'il était blessé dans son orgueil, mais si Poufsouffle n'avait ni un emblème, ni des couleurs, la maison avait au moins de bonnes valeurs, souvent méconnues des autres maisons, mais surtout, la meilleure salle commune.

Sirius entreprit de faire un pas vers son canapé préféré lorsqu'Anthéa se faufila subitement mais fluidement jusqu'à lui, le dépassant délibérément jusqu'aux entrées des dortoirs des étudiants de la maison de Godric.

-Tu me montres votre dortoir ? demanda-t-elle. J'ai toujours voulu voir où James montait la plupart de ses coups.

Le mensonge qu'elle proféra avec aplomb passa sans encombres, et Sirius la devança afin de lui montrer la voie. Quoique, ce n'était pas réellement un mensonge.

Allongés sur le canapé, figés dans une position qui commençait à être inconfortable, Ulrich comme Marlène soupirèrent de soulagement avant de rigoler doucement, accrochant un regard complice l'un à l'autre.

-Tu crois qu'ils nous ont remarqués ? hasarda la blonde d'une petite voix timide, encore tétanisée, par la tempête qui aurait pu s'abattre sur eux s'ils avaient été découverts.

-ça m'étonnerait. Je suis presque sûr que Black n'apprécierait pas de voir son ex avec son nouveau rival.

Le trait d'humour fit rigoler doucement la jeune attrapeuse, et Ulrich passa son regard de l'escalier qu'avait emprunté sa jumelle à sa partenaire. Les yeux brillants d'excitation.

-Où on en était ? fit-il mine de se demander avec un sourire en coin avant un nouveau, profond et lent coup de rein qui fit soupirer d'extase la blonde, lui permettant de se remettre en scelle et de penser à autre chose.

Il allait falloir qu'il ait une sérieuse discussion avec sa sœur. Hors de question qu'elle s'acoquine de la sorte avec un Black, quand bien même Sirius était un bon gars, le fait était qu'il avait une noirceur, et des traits en commun avec Patrick et Tobias, ce qui le poussait à s'en méfier. Loin de là l'idée de tout mettre sur le dos de ses deux meilleurs amis américains, mais le fait était que les événements de la 6ème année auraient pu être évités s'ils n'avaient pas tous joué à un jeu dangereux. Il commençait sérieusement à se demander s'il pourrait un jour recommencer à penser à lui, au lieu de toujours surveiller les arrières de son insolente petite sœur. Plus jeune de 5 minutes, mais plus jeune tout de même !

Au même moment, Sirius, en bon drama queen, ouvrit théâtralement l'antre des maraudeurs, et acta une courbette exagérée et Moyen-Âgeuse devant la jeune Poufsouffle qui entra dans la pièce circulaire.

4 lits à baldaquins aux rideaux de velours rouge trônaient, chacun accompagné à sa droite d'une table de chevet et à sa gauche d'une petite armoire. Toutes les fournitures étaient en bois. Aux pieds de chaque lit, les malles trônaient fièrement. En face de l'entrée des escaliers, se trouvait une porte, donnant accès à la salle de bain.

Une fois arrivée au centre, Sirius sur les talons, Anthéa commença à jouer aux devinettes.

-Le lit couverts de bouquins doit être à Remus, celui avec les emballages de chocogrenouilles appartient sans doutes à Peter, celui entouré du dernier Nimbus et du nécessaire à balais ne peut être que celui de James, j'en conclu que celui en bordel ne peut être que le tiens, conclut-elle en pointant un à un les lits.

La jeune fille empoigna l'un des cadres posé sur la table de nuit de son meilleur ami et effleura le cadre avec un sourire nostalgique. Sur la photo, deux garçonnets de 6 ans faisaient de grands signes et sourires, entourant une gamine du même âge qui ornait leur crâne d'oreilles d'ânes. Elle reposa le cadre, s'en retourna sur le lit de Sirius et s'y affala, accoudée au matelas, avec un sourire en coin.

-Comment un sang pur tel que toi connaît l'existence de ces mots ? s'intéressa-t-elle en désignant du menton un magazine sur les derniers modèles d'engins moldus à 2 et 4 roues.

-Mon voisin à Square Grimmaurd en avait une. Un jour, je possèderai ma moto et je la ferai voler.

-ça s'appelle du détournement de l'artisanat moldu, railla Anthéa.

-L'un des deux employés de ce service est un cousin par alliance, marié à une autre cousine par alliance, je suis sûr qu'il me fera une fleur, avoua fièrement Sirius en s'asseyant sur la malle de James, s'adossant aux pieds du lit, afin de faire face à la jeune fille.

-J'ai un copain dont le père est biker en Californie, il nous a apprit tout ce qu'il sait pendant les différents Spring Break à Ilvermorny au sujet des motos… Rich ou moi pourrions te donner un coup de main, proposa Anthéa en lançant un regard faussement ennuyé autour d'elle.

-Biker ?

-Gang de motard, précisa-t-elle avec un sourire nostalgique. A chaque vacances d'automne, Rich et moi visitions chaque état en compagnie de nos amis, et à celles de printemps, nous allions chez l'un ou l'autre, expliqua-t-elle. Et le père de Jack s'est fait un plaisir de nous léguer son savoir sur les deux roues à chacune de nos visites.

Sirius acquiesça, ravi de la proposition, et surtout, de s'être trouvé un nouveau centre d'intérêt commun avec la jeune fille, d'autant plus qu'il n'avait aucune idée de comment conduire ces engins ou par quel moyen passer le permis.

Anthéa tapota négligemment la place à côté d'elle afin de l'inviter à la rejoindre, et Sirius obtempéra, fier comme un paon.

Sirius eu le tournis, agissant à l'instinct, son corps prenant les rennes sur ses esprits. Tout ce dont il avait conscience était la robe qui vola au dessus de la tête de la brune, de ses bas en dentelle attachés à un porte jarretelle bleu poudre, du fait qu'elle l'ai chéri de sa bouche pendant de longues minutes le faisant partir au quart de tour, puis qu'elle ai pris les devants en s'installant à califourchon sur lui, le corps légèrement cambré et la tête rejetée en arrière, se mouvant tantôt avec langueur et sensualité, tantôt avec ardeur et bestialité, le tout entrecoupé de gémissements de délivrance, de cris lascifs, de râles rauques et de grognements graves, assaisonnés de frémissements et autres chair de poule, se muant vers l'extase la plus totale et la libération la plus salvatrice qui soit …

Ravi pour une fois de ne pas avoir à tout faire, et à ne pas être le plus entreprenant, toujours surpris de voir une femme dominer la situation, satisfait d'avoir enfin une partenaire à son niveau d'expertise et d'habilité, et avec laquelle il s'entendait et se comprenait sans avoir à utiliser des mots pour dévoiler ses attentes et ses préférences.

Lorsqu'il s'endormit, il ne réalisa même pas qu'il avait inconsciemment attiré son amante près de lui et s'était endormi sans autre forme de procès, envahis par le contentement et l'assouvissement de ses délires scabreux et autres désirs primaires.

Finalement, il n'était pas mécontent de ne pas avoir trouvé Marlène, et sauvée des griffes d'Ulrich. Et contre toute attente, cela ne le dérangea pas de partager Anthéa, tant qu'elle revenait à lui régulièrement. Après tout, il était le seul à qui elle offrait cette faveur, de ce qu'il en savait, et c'était en soi, une belle victoire.

Alors ?

Que pensez-vous de l'évolution des personnages? De leurs intéreactions? De leurs réactions?

J'attends vos retour avec impatience, et m'en vais de ce pas me coucher !

Je posterai dans la semaine un nouveau chapitre de l'autre fics !

XoXo