IL EST LÀ, ENFIN!
le nouveau chapitre est disponible.
Je suis terriblement désolée, mais voilà, mon cadeau de Noël de moi pour vous. Avec du retard mais bon les gars... C'était Noël !
Merci à tous pour vos lectures, et même aux lecteurs fantômes, mais surtout à ceux qui me laissent un message, vous êtes une source de motivation pour moi, même si je n'avance toujours pas la suite de l'histoire...
Sur ce, bonne lecture, et passez de bonnes fêtes .
Chapitre 17 – Le lendemain de cuite.
Lorsque Sirius se réveilla ce matin là, il eut un instant de panique.
Que faisait sa camarade de Poufsouffle dans son dortoir, mais par dessus tout, dans son lit ?
Son lit était son sanctuaire, son endroit, le seul au monde qui n'était qu'à lui, qui lui appartenait. Jamais il n'avait amené qui que ce soit dans son dortoir, et encore moins dans son lit.
Les souvenirs de la veille lui revinrent en pleine face, et il se retourna sur le flanc, face à une Anthéa profondément endormie, se demandant bien ce qu'il devait faire.
Il abhorrait cette situation qu'il avait toujours évitée comme la Dragoncelle ou l'Eclabouille.
Il jeta un coup d'œil à travers ses rideaux, dubitatif. Ses amis dormaient. Peter avait fini hors de son lit, tête par terre, corps contre le lit, genoux sur le rebord, et jambes sur le matelas, les bras en croix, la bouche ouverte, le corps entortillé dans ses draps.
Remus, allongé sur le dos, les mains croisées sur son ventre, somnolait paisiblement. Pour une fois, le loup était bien loin de son ami, la pleine lune passée depuis 5 jours. Il avait donc le sommeil lourd, car il avait de nombreuses heures à rattraper.
James, quant à lui, était sur le ventre, les bras sous l'oreiller et piaillait des inepties concernant Evans, un grand sourire niais aux lèvres, ce qui fit rouler ses yeux dans ses orbites, à tel point qu'ils finiraient bien par en sortir. Il se rapprochait d'elle, mais selon lui, avec cette relation amicale, tout ce qu'il gagnerait c'est d'entendre une connerie du genre 'je ne veux pas gâcher notre amitié'. Alors même que ce genre de relations n'avait jamais été le but premier du jeune Potter. Il commençait à se demander ce qu'Anthéa avait vu chez Evans pour penser que la rendre jalouse et pousser James à passer par ce type de relations pouvait marcher. Certes, ils se rapprochaient, et d'accord, il était de bon ton qu'il cesse de la harceler, mais cela pouvait-il suffire ?
Si on lui demandait son avis, une fille se décidait en une dizaine de secondes au sujet d'un garçon. Hors si Evans s'était attendrie, nul doute qu'elle ne serait jamais attirée par cet immonde Potter, comme elle aimait l'appeler.
Il sentit la jeune fille s'entortiller à côté de lui. D'un geste habile, il saisit sa baguette, lança un assurdiato à son lit et bloqua les rideaux de son baldaquin. Il observa encore un moment sa compagne dormir, aussi jolie qu'un ange et ne put réprimer son sourire niais, digne d'un James Potter face à sa Lily Evans : il était quasiment sûr qu'il était le premier à partager sa couche avec elle, et il n'aurait pu nier qu'il était fier de cet état de fait. Il adorait être le premier, le seul, le préféré … ça faisait du bien, surtout vue ses antécédents familiaux.
Anthéa grogna vaguement et remonta la couverture sur sa tête en un long soupire à fendre l'âme du plus vile des mages noirs. La tête lui tournait. Elle ouvrit, un œil, puis l'autre, difficilement, après avoir rabaissé la couverture au niveau du nez, et plissa ses oculaires.
Par Merlin, où était-elle ?
-Salut la belle au bois dormant, plaisanta Sirius, un sourire moqueur sur les lèvres. Une potion anti gueule de bois ?
La jeune fille hocha faiblement de la tête et se saisit de la fiole tendue par son camarade, se redressant avec une lenteur abominable pour avaler celle-ci cul sec.
Mauvaise idée, la tête lui tourna horriblement tant son geste fut brusque et elle se laissa choir sur le matelas avec la grâce d'un troll des cavernes en pleine saison de reproduction. Ce qui n'était pas dans ses habitudes, autant se le dire.
Donc, elle avait dormi avec lui. Rien que cette idée eut le bon ton de lui filer la nausée. Il n'y avait rien de plus intime, et elle se refusait à laisser qui que ce soit dépasser les limites qu'elle balançait autour d'elle tel un protego en plein duel. C'était personnel, et partager un lit était bien plus profond qu'une partie de jambes en l'air.
-T'inquiètes pas Dragonneau, ça sera notre petit secret, asséna-t-il avec un clin d'œil avenant.
-Tu te crois drôle ? ragea-t-elle à mi mot avec une moue furieuse
Le ton acerbe et acide de la jeune fille n'offusqua même pas le jeune homme qui trouvait la situation follement amusante. Oui, Sirius était du genre à changer d'avis rapidement, si tant est que l'action le tire de son ennui. Qu'elle se vexe, après tout, rien ne l'empêchait de partir, et il avait été bien gentleman de ne pas la chasser. Utiliser la phrase qu'elle lui avait lancé l'air de rien lors de leur première entrevue n'était que pure justice, un retour de frisbee à dent on ne peut plus justifié.
La jeune fille se laissa tomber sur le matelas en posant un bras sur ses yeux, le temps que la potion fasse effets.
Puis, elle se redressa vivement, en tournant les yeux vers Sirius.
-Blague mise à part, quelle heure est-il ?
-9h, avoua Sirius avec un haussement d'épaule désinvolte.
-Putain, j'espère ne pas rester coincée ici jusqu'à midi … soupira-t-elle en secouant ses mèches brunes défaites
Sirius ne comprendrait jamais le rapport entre une professionnelle et une injure. Les moldus avaient des expressions bien étranges.
-Tu aurais pu être en pire compagnie, se vanta Sirius en s'indiquant d'un aller retour de la main du sommet de sa tête à son bassin, en un haussement de sourcils suggestifs.
-Cool, je connais une bonne manière de passer le temps, lâcha-t-elle avec un regard brûlant
Et avant même que Sirius n'ai eu le temps de répliquer, les bras de la jeune fille s'enroulèrent autour de son cou, l'attirant au plus près d'elle, et leurs langues, comme leurs corps, se retrouvèrent de nouveau, comme attirés irréversiblement l'un par l'autre tels des aimants.
XxX
Il était 11h, et aucun des 3 maraudeurs n'avait eu l'idée de se réveiller.
Anthéa était allongée sur le dos, la tête reposée sur l'un de ses avants bras et l'un de ses coudes reposait sur le matelas, les jambes battant l'air dans son dos.
Sirius quant à lui, à moitié allongé, moitié adossé contre sa tête de lit, avait tôt fait d'imiter sa camarade pour une cigarette, tout en lisant un roman moldu de sciences fictions.
-Le truc, c'est que depuis l'humiliation de Servilus, on se tient à carreaux, et je m'ennuie trop facilement pour mon propre bien, avoua Sirius en tirant une latte.
-J'imagine que le fait que tu aies envoyé Rogue à une mort certaine et que James ai dû rattraper tes bêtises insouciantes il y a deux ans n'a pas aidé en cela, nia Anthéa en expirant sa fumée âcre.
-T'es au courant de ça ?
Sirius, malgré son masque impassible de brave petit Black collé à la figure, paniqua. Comment James avait pu raconter cette histoire sans dévoiler le secret de Remus le dépassa. Il se sentit extrêmement mal à l'aise.
En effet, avant la petite attaque que James et lui avaient opéré suite à leur BUSE de Défense Contre Les Forces Du Mal, qui n'était finalement qu'une douce vengeance, le bon Servilo avait entamé la 5ème année en leur collant au train, les surveillant, espionnant, épiant, en espérant plus que jamais trouver un moyen de faire expulser les Maraudeurs de l'école, ou pire, les envoyer à Azkaban, tant sa rancœur était tenace. Il n'avait pas apprécié le rapprochement de Lily avec Remus. A vrai dire, il n'aimait guère que Potter tourne autour de sa meilleure amie. Pour être tout à fait honnête, il haïssait Potter et Black depuis leur première rencontre dans le Poudlard Express. Les garçons ne souhaitaient pas opérer de représailles, trop occupés à peaufiner leur transformation en animagus et à organiser les pleines lunes. De plus, James, pourtant habitué aux refus et aux cris hystériques de sa rouquine à chaque fois qu'il lui proposait une sortie ou une relation, avait toujours eu du mal à comprendre l'amitié de Lily et de Rogue. Et puisque leur relation était de plus en plus cachée au fil des années, puisque Rogue craignait des représailles de ses camarades de maison comme de chambre, le Gryffondor avait simplement cru qu'elle le défendait comme elle défendrait n'importe qui d'autre.
Ils se gardaient donc de jouer de mauvais tours, préférant quelques blagues bon enfant et farces sans grandes incidences, loin des coups d'éclats, manigances et autres spectacles qu'ils offraient habituellement à leurs camarades, au détriment de certains spécimens de l'école. En somme, James comme Remus insistaient pour ne plus nuire à mauvais escient aux autres étudiants, même ceux qui le méritaient, Peter suivait la majorité, comme toujours, et Sirius tournait en rond comme un lion en cage, ce qui n'était jamais bon signe…
Un soir où Sirius vagabondait dans les couloirs après un énième rendez-vous dans un placard de 4ème étage avec une belle demoiselle, il avait débusqué le Serpentard qui lui collait au train. Une altercation avait eu lieu entre eux, assez virulente, à deux doigts de passer aux sorts, et Sirius avait alors sournoisement donné toutes les informations nécessaires à Rogue pour forcer le passage du Saule Cogneur, dépasser le tunnel, et pénétrer la Cabane Hurlante. Etant ennemis, il ne s'était pas vraiment attendu à ce que le graisseux le fasse, d'autant plus un soir de pleine lune, preuve s'il en fallait que le vert et argent se doutait de la vraie nature de son ami. Ou peut-être était-ce ce qu'il avait espéré, au fond de lui, dans la partie la plus sombre de son côté Black ? Il n'en savait rien, mais il en avait payé les pots cassés, et appris une dure leçon qui l'avait fait grandir à contre cœur…
C'était donc on ne peut plus satisfait que Sirius avait pénétré son dortoir, rejoignant ses amis pour leur aventure nocturne mensuelle. Le sourire collé au visage de Sirius indiquait tout d'un mauvais coup et James l'avait interrogé, tandis que Peter surveillait la carte, pas encore finie. Peter avait alors averti ses amis de la présence du Serpentard aux abords du Saule Cogneur, et lorsque Sirius avait alors avoué du bout des lèvres sa mauvaise facétie à l'encontre de leur tête de turque attitrée, James l'avait dépassé en l'insultant, courant à en perdre haleine, un Peter déçu mais le soutenant malgré tout, sur les talons, pour intercepter l'as des potions avant qu'il ne croise leur meilleur ami loup garou.
Sirius s'était retrouvé seul dans son dortoir, comme un con, ruminant contre cet imbécile de Serpentard, ses amis, et sa mauvaise étoile. Son impulsivité, sa stupidité, sa colère maladive… son goût du risque et des paris douteux…
Tout s'était précipité et il avait rattrapé les deux autres. Juste à temps.
James avait sauvé Rogue qui avait tout de même eu le temps d'arriver jusqu'à la porte barricadée. Témoins des hurlements sauvages, Rogue avait suivi difficilement James jusqu'à la sortie, puis avait profité de l'évasion du loup garou pour prendre la poudre de Cheminette et avait couru jusqu'au bureau directorial.
Là, Dumbledore avait fait promettre à Rogue de garder ce secret pour lui. Puis, il avait convoqué les Maraudeurs, et Sirius avait bien cru qu'il allait être viré. Il avait soufflé de soulagement en quittant le dit bureau, bien qu'il se sente particulièrement coupable.
S'il n'y avait eu que ça…
Sirius repensa plus précisément un instant à l'accident Servilus de 5ème année, et sans poser une regard sur lui, la jeune Dragonneau assista une nouvelle fois à l'événement comme si elle y était, mais du point de vue de Sirius cette fois-ci.
Flash Back
Sirius sortait tout juste d'une petite expiation de ses hormones adolescentes. Sa frustration évacuée, il se sentait désormais mieux. Merci, Pauline, Polly, ou était-ce Patty ?
Mains enfoncées dans les poches, les yeux à demis clos, il sifflota à travers les couloirs, inconscient du danger qui rôdait la nuit.
Il ne se transformait pas encore en animagus, mais les Black avaient toujours été observateurs. On lui avait appris l'occlumancie dès son plus jeune âge, comme tout bon Sang Pur qui se respectait, mais par dessus tout, il avait l'ouïe relativement fine pour un humain parfaitement constitué, non métamorphosé, ni lycanthrope. Au détour d'un couloir, l'air de rien, il piétina sur place, collé au mur, tout en sifflotant de plus en plus bas. Lorsqu'il déboula à pas précipités, il attrapa Rogue par le col de ses capes virevoltantes et le plaqua contre le mur, les pieds battant ridiculement dans le vide.
-Servilus, Servilo, Servilatroce ! lâcha âprement le Sang Pur. On n e t'a jamais dit que la curiosité était un bien vilain défaut ? Enfin, tu sais déjà que ce n'est pas ce qu'il y a de plus vilain chez toi…
-Ne pourrais-tu pas cesser de m'appeler ainsi ? éructa le Serpentard dont le teint blafard s'était coloré d'une étrange nuance brique tout bonnement hideuse. J'ai un nom.
Sirius désserra légèrement son étreinte, le nez en l'air, faisant mine d'être tout à fait concentré.
-Et bien, l'apprendre voudrait dire que j'en ai quelque chose à faire. Alors… Non !
Il resserra sa prise et re-plaqua violemment la tête du visqueux contre la pierre froide et dure. Avec un peu de chance, il aurait une commotion. Voilà qui lui servirait de leçon !
-Alors, qu'est-ce que tu fiches à me coller au train ? Ne te crois pas plus discret que tu ne l'es, tu as bien des choses à apprendre en la matière ! le nargua nonchalamment le brun.
-Je veux savoir ce que vous cachez ! Je sais que vous manigancez quelque chose ! Vous êtes trop calmes depuis septembre pour que cela soit une coïncidence. Je veux savoir !
Sirius paniqua intérieurement, bien que son masque impénétrable ne se fissura pas. Ils auraient dû agir comme à leur habitude. Mais ils avaient été tellement obnubilés par la conception arrivée à mi chemin de la carte des Maraudeurs, la prochaine finalisation de leur entraînement d'animagus, leur première transformation complète et réussie ayant eu lieu cet été à Godric's Hollow dans le bois environnant, la préparation des futures pleines lunes pour soulager et soutenir leur meilleur ami, et surtout le fait que James soit obsédé par Evans, qu'ils avaient fait moins de farces.
Au grand plaisir d'Evans, si ce n'était bien sûr, le harcèlement nouveau de James, qu'elle prenait pour moquerie. Et peut-être en était-ce un peu. Sirius l'espérait, en tous cas. De toutes façons, cette hystérique avait tout d'une harpie jamais satisfaite.
Quoiqu'il en soit, Rogue, leur pire ennemi, leur ombre, l'avait remarqué. Et s'il découvrait pour Remus ? Et s'il en parlait ? S'il n'était pas le seul à devenir soupçonneux ? Tout le monde ne croirait pas qu'ils s'étaient assagis. En même temps, vue la dernière blague qu'ils avaient faite à ces imbéciles de Serpentards de 7ème année qui avaient harcelé un groupe de Poufsouffle nés moldus…
Bon, en soi, ils continuaient à lancer des sorts à tout va pour asseoir leur autorité, mais ce n'était pas pareil… il fallait qu'il fasse passer l'envie à cet abominable Servilus de les épier.
Et puis, cet abruti était-il seulement capable de découvrir leur secret ? tout ça à cause de quelques messes basses ?
En même temps, des messes basses venant des personnes qui parlaient le plus fort de l'école, ce n'était pas très cohérent …
-Le savoir n'est pas une preuve de sagesse, et ta curiosité n'a d'égal que ta stupidité, assura Sirius avec un air étrange sur le visage. Pour répondre à ta question, je fais ça parce je m'ennuie, que c'est drôle, et que je te hais. Voilà, tu as la réponse à la sacro sainte trinité du pourquoi.
Il martela le crâne du vert et argent avant de la lâcher durement sur le sol. Le graisseux se releva maladroitement en secouant vivement ses vêtements et le dévisagea avec suspicion.
-J'vais t'dire Servilo, t'es p't'être pas si con qu'ça, après tout. Pour te féliciter dans ta persistance, voilà un indice : les Maraudeurs maraudent la nuit !
Le rire franc de Sirius retentit contre les parois du couloir et Rogue l'observa avec défiance.
-Vous…
-On traîne dans le parc la nuit, on danse à poil dans la forêt interdite durant la pleine lune, on incante en écrasant la racine du Saule Cogneur, et on rugit dans la Cabane Hurlante pour faire peur aux habitants qui nous prennent pour des fantômes ! claironna Sirius avec un grand sourire mauvais. Qu'est-ce que tu crois, Rogue ? Que je vais te dire ce que je fais avec mes meilleurs amis ? Va donc t'en trouver, et change de shampoing, les mouches te suivent à la trace et sans mal.
Ainsi, un énième éclat de voix percuta les parois rocheuses du corridor et Sirius pivota sur ses talons pour rejoindre ses meilleurs amis. Cet imbécile allait le mettre en retard.
Malheureusement, il ne vit pas l'éclaire de compréhension du Serpentard et son pas précipité vers la sortie de l'école. Sinon, il aurait réalisé que dans sa blague de mauvais goût, le ton ironique passé, il avait laissé filtrer des informations de la plus haute importance à l'ennemi numéro un des Maraudeurs. Non, trop sûr de lui, Sirius avait dénigré le don de Severus Rogue pour démêler le vrai du faux et additionner un à un pour faire deux.
Lorsqu'il pénétra dans son dortoir, James préparait ses affaires, la tête enfoncée dans sa malle. Peter était assis à même le sol et fronçait des sourcils en observant la carte.
-Un souci, Pet' ? demanda Sirius en arquant un sourcil.
-Et toi, c'est quoi cet air fier ? répliqua James en redressant vivement la tête vers lui. T'es à la bourre Sir' !
-Les gars… tenta Peter qui semblait être constipé tellement il était concentré sur des allers retours sur le parchemin abîmé.
-Tu n'as pas l'air d'avoir trouvé ta cape, lança alors le Sang Pur.
-Les mecs …. Répéta Peter
James enfonça sa tête dans la malle et sauta sur ses pieds en agitant l'objet tant recherché, un sourire victorieux.
-Je ne sais plus comment elle s'appelle, avoua Sirius en haussant des épaules.
James éclata de rire en se tenant le vente alors que Sirius s'accolait davantage contre l'encadrement de la porte.
-Et j'ai croisé Servilo. Il me pistait comme un chien sniffe son os, se vanta Sirius.
-Oh, ce cher Servilus ! ricana James. On doit lui manquer, après tout, on ne s'occupe plus de lui.
-Jamesie, Sir…
-Je l'ai un peu malmené à la moldue, explicita rapidement Sirius à grand renforts de mime. Je lui ai parlé de danse pendant la pleine lune dans la forêt interdite et d'incantations près du sol Cogneur, vue que c'est la nouvelle mode d'essayer de s'en approche le plus possible.
-Bien joué ! rigola James en acquiesçant avant d'en taper 5 à son meilleur ami.
-ça expliquerait pourquoi Rogue se trouvait à l'orée de la Forêt Interdite et pourquoi il se dirige à présent vers le Saule… ou l'école ? Ou les serres ? ou le lac ? releva Peter en agitant la carte dans tous les sens, ou alors cette saleté est cassée.
Alors que le petit Maraudeurs tournait le parchemin dans toutes les directions, l'approchant et l'éloignant de son visage, se demandant ce qu'un étudiant si respectueux du règlement faisait dehors à une heure si tardive, Sirius devint livide à mesure qu'il assimilait les dires de son ami rondelet et James fronçait les sourcils avec concentration.
-Peux-tu répéter ce que tu as dit à Servilo ? demanda distinctement James après un moment.
-Ben, Dave Dujon a failli perdre son œil, donc je lui ai parlé d'incantations… bafouilla l'héritier Black. Et de danser à poils dans la forêt interdite…
-Par nuit de pleine lune, répéta difficilement James.
Sirius déglutit avec difficulté et hocha péniblement de la tête.
-Tu dis que Servilo était près de la forêt et qu'il va vers le château ? demanda l'ébouriffé au rat.
-A vrai dire, il a bifurqué vers le Saule Cogneur…
James sursauta, bouscula Sirius et se mit à courir. Peter le suivait mais s'arrêta à mi chemin et se tourna vers Sirius.
-Ce n'est pas vraiment ta faute, tu ne pouvais pas savoir… lâcha-t-il avant de poursuivre le bigleux.
Sirius resta pantelant, les bras le long de son corps. Puis, il secoua vivement sa tête et jura autant que James l'avait fait avant de s'enfuir du dortoir, espérant arriver à temps.
Lorsqu'il retrouva la trace de ses meilleurs amis, Peter était à la sortie du Saule Cogneur.
-Alors ? demanda précipitamment Sirius en arrivant à ses côtés.
-Le saule ne bougeait plus… commenta Peter, tremblant d'inquiétude. James est rentré pour arrêter Servilo, ajouta-t-il en se rongeant les ongles.
Sirius proféra tout un tas de jurons, se métamorphose et passa à travers le passage secret. Il détala jusqu'au bout du couloir. Cela lui paru plus long que d'habitude. James et Rogue se disputaient alors que des bruits de fracas commençaient à résonner de l'autre côté de la porte. Rogue était affalé à terre alors que James le menaçait, ou plutôt, le protégeait de lui même et de la bête. Le regard que son meilleur ami lui asséna lui fit froid dans le dos.
-Allez Rogue, pour une fois dans notre vie, oublions notre mésentente, fais moi confiance, et partons ! gronda James, baguette brandie, le corps entre le Sang-Mêlé et la porte derrière lui.
Du bois se brisa de l'autre côté, Rogue sursauta, sa baguette pendant de plus en plus vers le bas, son regard allant de l'immense sinistros à James.
-Tu vas me tuer ?
-Je te croyais plus malin Servilus !
La porte trembla alors qu'il rugissement se fit entendre. Celui que l'on appellerait vite Patmol se dressait face à la porte et dos aux deux adolescents.
-Un… un loup garou… vous trois … Black et ses indices… et Lupin toujours malade…
Alors que celui qui avait le nez crochu baragouinait tout un acheminement de pensées véridiques, du « Dumbledore est fou » à « Je vais tout raconter à Skeeter ou Jorkins », James attrapa la manche du vert et argent alors qu'un nouveau meuble était déchiqueté à quelques pas d'eux et tira son camarade derrière lui. Ils coururent comme des dératés, et Sirius, sous sa forme de chien, leur lançait des regards inquiets par dessus son épaules. La porte finit par se briser alors que l'échos de leurs pas, lointains, disparaissait, et une lutte terrible débuta entre les deux canidés. Elle dura plusieurs longues minutes, jusqu'à ce que Dumbledore arrive, suivi de Slughorn, Flitwick, Chourave, Pomfresh et de McGonagall, alertés par un Peter resté en retrait pour réceptionner les blessées qui avait fini par paniquer. Et il avait bien fait. Sirius, bien qu'athlétique, mais qui se transformait depuis moins d'un trimestre, seul, n'aurait pu faire face à un loup de plus en plus puissant. Les deux amis ne se connaissaient pas assez sous forme animale. Forme animale que Sirius maîtrisait de manière trop juste face à un lycanthrope qui avait senti deux humains à quelques mètres de lui.
Après avoir immobilisé et enfermé le loup enragé, Dumbledore et ses employés rebroussèrent chemin. Sirius s'était enfuit dès que les sorts informulés de multiples couleurs avaient commencé à fusé. Une fois sorti, Peter le réceptionna, il se retransforma, et le suivit jusqu'au bureau directorial.
-A peine évacué, cette saleté de Servilus a couru jusqu'au bureau du directeur pour se cacher de James qui l'a quand même sauvé ! se scandalisa Peter. On a croisé Dumbledore et les autres, expliqua précipitamment Peter alors qu'ils suivaient les pas de leur meilleur ami et de leur pire ennemi…
-Ils ont arrêté Rem' et l'ont enfermé, déclara sombrement Sirius.
-Vraiment, on comprend tous que tu n'as pas fait exprès de lui balancer ces informations… C'était sensé être une blague ! Pourquoi ferait-il comme tu lui dis ? Est-ce que tu crois qu'il a vraiment dansé tout nu dans la forêt interdite ?
La tentative de plaisanterie ne dérida pas Sirius, trop inquiet quant à la réaction de James. Lequel James pestait devant la gargouille fermant l'accès à l'antre du plus grand sorcier de son temps.
-Est-ce que tu te rends compte que Remus aurait pu devenir un meurtrier à cause de toi ? Que son secret est dévoilé, à cause de toi ? éructa-t-il en voyant Sirius arriver.
-Ecoute Jam…
Le capitaine de Quidditch explosa son poing dans le faciès sans défaut de son joueur qui bascula en arrière, récupéré de justesse par Peter.
-Et toi ! Ne lui cherche pas d'excuse ! cracha-t-il avec hargne.
-Ce n'est pas de sa faute ! s'écria Sirius en se redressant et en bousculant un peu Peter pour se mettre entre lui et James. Arrête de t'en prendre aux autres, et attaque toi au vrai fautif, toi !
-Moi ? rugit James après s'être agité le poing douloureux.
-On s'est fait grillés parce qu'on s'est calmés pour que tu puisses draguer l'autre rouquine ! marmonna Sirius en croisant les bras sur le torse.
-Tu as balancé notre secret à notre pire ennemi !
-Ton pire ennemi ! le reprit l'autre.
Peter contourna Sirius et se mit entre ses deux meilleurs amis, légèrement en retrait.
-Il n'a pas fait exp…
-Comment pouvais-je savoir que cet abruti ferait tout ce que je lui ai dit ? C'était sensé être une moquerie de plus !
-Et tu étais obligé de dévoiler des choses véridiques ?
-C'était inconsci… tenta Peter
-J'ai baissé ma garde ! A force de toujours vérifier qu'on est seuls et qu'on ne nous entend pas…
-C'est pour ça qu'on travaille sur la ca… glissa Peter.
-Ca va être la faute de Rem' maintenant ? s'offusqua le maraudeur à Lunettes
-Je suis désolé, d'accord ! concéda Sirius. Je n'ai pas pensé…
-Ton problème, Sirius, c'est que tu ne réfléchis jamais avant…
-Parce que toi oui ?
-Mais moi, je n'ai pas trahi mes amis !
Blessé, furieux contre lui même, mais surtout vaincu, Sirius recula comme si on lui avait un cognard dans le vente. Les professeurs choisirent cet instant pour débarquer. Ils montèrent dans le bureau. Rogue fit une crise d'hystérie que Pomfresh soigna à grands renforts de potions, et donna sa version, insistant sur le piège que Black lui avait tendu et sur la manière de dont Potter avait voulu sauver ses deux amis en l'attaquant sournoisement dans un tunnel qu'il connaissait, contrairement à lui.
Sirius dû expliquer le harcèlement de Rogue, toujours dans leur ombre, sa manière de leur poursuivre, alors même qu'ils avaient cessé de lui lancer des sorts pour lui faire passer l'envie de les suivre, et ce stupide sarcasme lancé, sensé être drôle, mais par lequel il avait malencontrueusement, et sans même s'en apercevoir laissé filtré des informations avérées. Dumbledore comprit surtout que le jeune Black, harcelé physiquement chez lui et épuisé mentalement par toutes ses occupations à l'école avait tout simplement manqué de jugement.
Peter dût expliciter comment il avait aperçu la silhouette reconnaissable du serpentard à travers la fenêtre de leur dortoir. Dumbledore réalisé surtout que celui qu'on imaginait comme une pièce rapportée par Remus et acceptée par les deux autres, était surtout un atout majeur, et qu'en l'occurrence, dans cette situation, il n'y aurait que lui pour sauver leur amitié, et qu'il était temps de lui donner plus de crédit.
James détailla sa course à travers le parc et comment il avait intercepté le vert et argent avant qu'il ne pousse la porte qui l'aurait mené à sa perte, insistant sur le fait que le sort qu'il lui avait lancé n'était que dans son intérêt, puisqu'il avait la main sur la poignée et qu'il était pas à l'actionner. Alors plusieurs mètre en arrière, il n'avait pas eu d'autres alternatives. Ou du moins, n'en avait-il pas vu d'autre dans la précipitation et l'angoisse. Dumbledore apprécia le fait que le jeune homme avait été prêt à risquer sa vie pour sauver celle d'un autre. Un autre qu'il haïssait, pourtant…
Il congédia les adolescents, chacun puni par une retenue et des points en moins. Sirius fut escorté jusqu'à l'infirmerie à cause de ses blessures avec le loup garou, qu'il fit passer sans mal pour des sévices familiaux. Non pas qu'il ai eu à le dire à voix haute, mais le corps enseignant connaissant ses géniteurs et ayant déjà été témoins de ce genre de méfaits, le déduisirent naïvement.
Fin du Flash Back
Remus, fou de rage le lendemain lors de leur réunion à l'infirmerie, avait trouvé suffisamment de force malgré sa pleine lune agitée pour que son poing rencontre les traits aristocratiques de son ami, lequel n'avait même pas essayé d'éviter le coup porté contre lui. Puis, il l'avait ignoré pendant des semaines, durant lesquelles Sirius s'était plié en 4 pour se faire pardonner. Les semaines suivantes, Remus n'hésitait plus à lancer des piques malsaines à chaque occasion, loin de son caractère si bon et généreux.
James lui avait fait de sacrées remontrances, lui avait gueulé dessus, l'avait taclé à chaque occasion avant de se décider à l'ignorer, et Sirius avait dû faire amende honorable auprès de son meilleur ami également.
Peter, quant à lui, avait troqué son regard de fascination contre un regard de profonde déception. Là aussi, Sirius avait dû faire profil bas.
Les faits avaient eu lieu durant l'automne.
Ce ne fut que les vacances de Noël passées, soi près de deux mois après l'incident, que ses amis avaient daigné lui donner une seconde chance, en gage de bonnes résolutions pour la nouvelle année, et depuis Sirius s'était tenu à carreau. Surtout, Peter avait réussi à convaincre Remus et James que Sirius avait assez payé et avait assez montré patte blanche, que tout le monde avait le droit à une seconde chance. Peter, qui avait momentanément remplacé James dans son rôle de soudure du groupe des Maraudeurs, car oui, c'était James qui réunissait autrui. Sirius avait continué à se faire pardonner par tous les moyens après avoir été isolé aussi longtemps et avait subi le silence de James, pourtant si expansif, et la vilenie de Remus, habituellement si bon.
De toutes façons, il n'avait plus le cœur à se moquer des autres à leurs dépens. A cause d'un cynisme trop poussé, il avait joué un mauvais tour non pas à sa Némésis, mais à ses meilleurs amis : Remus aurait pu devenir malgré lui un assassin, James, le héros, aurait pu être particulièrement blessé, les loups n'appréciant pas qu'on les prive d'un bon repas apporté sous leur nez…
Après qu'ils se soient rabibochés, les Maraudeurs avaient repris leurs entreprises en mesquineries et autres attaques. Ils ne s'étaient calmés que durant l'été 1976, juste après le clash entre James et Lily, après les BUSES. James en avait tenu terriblement rigueur à Rogue de la mauvaise ambiance au sein des Maraudeurs pendant des mois. Il le lui avait fait payer.
S'il n'y avait que ça …
James était toujours en train de parler d'Evans, et celle ci ne faisait que de le rejeter, durant leur 5ème et 6ème année, alors que James avait risqué sa vie pour sauver celle de ce fouineur qui l'avait traitée de Sang de Bourbe entre deux états de faits.
Depuis le nouvel an 1976/1977, celui de leur 6ème année, les Maraudeurs, plus que jamais, ne faisaient que de douces plaisanteries sans danger, à moins qu'on ne les attaque, auquel cas ils n'hésitaient pas à se venger. Le clash des BUSES avait vacciné James. Le fait de ne plus faire perdre de points, ou bien moins qu'auparavant, aurait dû en faire gagner à James auprès de la préfète en chef.
Pourtant, après une année à montrer patte blanche, celle-ci se moquait de son meilleur ami comme de sa première baguette ! Ce qui n'aidait pas le dit Patmol à l'apprécier davantage, peu importe ce que disaient James, Remus et Peter au sujet de la rousse.
Alors que leur discussion prenait un nouveau virage, Sirius détourna savamment la conversation, en se tournant vers le mouvement qui se fit sentir de l'autre côté de ses rideaux. Ils entendirent les couinements et le pas lourdaud de Peter, les sifflements de Remus et les râles désabusés et hagards de James.
-Pat ! Pat ! T'es réveillé ?
Sirius se saisit de sa baguette pour annuler le sort lorsqu'il vit Anthéa esquisser un sourire avant de se faufiler sous les couvertures jusqu'à son bassin. Il crispa les mâchoires et expira fortement, se disant qu'au pire des cas, les nuances étranges de sa voix seraient prises pour un réveil difficile, et certainement pas qu'il était en train d'être honoré par sa… sa quoi, au juste ?
-Ouais, grommela-t-il difficilement en fermant les yeux. Je vous … re… rejoins toute … toute à l'heure !
-D'acc ! Au fait, t'as bien raccompagné Théa ?
-Jusqu'à la voir entrer dans sa salle !
Ce n'était pas vraiment un mensonge, puisque c'est exactement ce qu'il comptait faire une fois ses amis sortis pour la Grande Salle.
Ils entendirent les claquements de porte jusqu'à ce que Sirius explose et que le visage soi disant mutin et le regard mi azur mi océan de la Poufsouffle refasse surface.
-tu te crois maline, peut-être ? s'agaça Sirius en fronçant des sourcils avec colère.
-Et moi qui pensais que tu avais le goût du risque ! répliqua la jeune fille.
Elle attrapa souplement sa robe qu'elle réenfila, et Sirius lui sortit la cape d'invisibilité de James.
-Pour passer la salle commune, des fois qu'il y ai du monde, expliqua-t-il face à son air dubitatif.
Anthéa s'enveloppa du tissu fluide et suivit Sirius au pas. Une fois le portrait passé, elle se faufila dans une alcôve du premier étage, rendit la cape au Gryffondor qui la glissa dans sa robe sorcière, et ce dernier la suivit jusqu'à l'embouchure entre les sous-sol et la Grande Salle. Il attendit patiemment qu'elle pénètre dans sa Salle Commune avant de rejoindre le reste des Maraudeurs à leur table.
S'il avait su ce qui l'attendait, peut-être serait-il resté au lit !
A peine Anthéa pénétra dans sa salle commune vide qu'elle se faufila jusqu'à la porte ouvrant le passage du tunnel creusé dans la pierre, menant aux dortoirs.
Du moins, c'était son intention, mais elle croisa le même regard aux divers teintes de bleu de sa moitié, assis confortablement dans un fauteuil, juste à côté de la dite porte, barrant le passage de son bras.
-Toi et moi, faut qu'on cause, soeurette.
La brune leva les yeux au ciel d'exaspération avant de se tourner à moitié vers son jumeau.
-Sans blague, se moqua Anthéa en croisant les bras sur sa poitrine, décalant sur le côté une de ses hanches en signe de défi.
-Sirius Black … commença-t-il en posant ses coudes sur ses cuisses, les doigts entrelacés, le menton posés dessus
-Marlène McKinnon, le coupa Anthéa en relevant le menton.
Ulrich secoua la tête, par moments, sa sœur agissait comme une enfant.
-Anthéa Artemis Dragonneau, sois un peu sérieuse, s'agaça le jumeau.
-Ulrich Phoebus Dragonneau, répondit-elle. Avoue que c'est bizarre, qu'on se tape deux ex, releva Anthéa, qu'est-ce que ça dit de nous, d'après toi ?
-Tu deviens dégueulasse ! s'offusqua Ulrich en se redressant.
-Tu l'as bien cherché.
Ils se regardèrent avec défi. Les jumeaux magiques n'étaient pas télépathes, mais c'était tout comme, finalement.
-Ecoute, insista-t-il en s'affalant de nouveau dans son fauteuil, je vois bien ce qui te plaît chez ce type, il y a un peu de Tobby et de Paddy en lui, et on sait tous les deux que même si ça t'amuse de pervertir les gentils garçons, tu as toujours eu une préférence pour les bad boy.
Anthéa secoua la tête avec agacement et claqua sa langue contre son palais. Elle sentait ses oreilles siffler et fusilla son frère du regard.
-Tu ferais mieux de t'occuper de tes citrouilles ! Entre Hamilton dont les ex partenaires finissent tous à l'infirmerie, et Marlène, la super copine et attrapeuse de James, mais surtout, de Evans, la dulcinée de ton meilleur ami d'enfance, tu te fous gravement dans la bouse d'hippogriffe. A côté, je passe pour une petite joueuse.
Voilà qui était une manière détournée de se dédouaner de ses fourberies.
-Primo : les gens me pardonnent toujours sans que je ne demande rien, s'engonça le jeune Poufsouffle en bombant le torse, secundo : ce n'est pas ma magie qui peut dévaster toute une région du pays en cas de dépassement des limites, avec un hochement de tête significatif. Tertio: n'ai-je pas le droit de m'inquiéter pour toi ?
-J'ai tout sous contrôle, affirma la jeune fille. Si Sirius et moi on se caresse à l'occasion, tu n'as rien à y redire. On arrête ça quand on veut.
-Peut-être devrais-tu le faire, insista le brun.
A côté d'eux, une fenêtre se brisa, qu'Ulrich répara d'un mouvement de baguette, avant d'arquer un sourcil significatif en direction de sa jumelle.
Celle-ci répondit avec son regard le plus noir et le plus effrayant.
-Je fais encore ce que je veux, et ce n'est pas certainement pas toi qui est le mieux placé pour me mettre en garde ou me faire la morale. A présent, si tu permets, j'ai besoin d'un bon bain et de nouveaux vêtements.
Sans plus de ménagement, la brune bouscula le jeune homme face à elle en donnant un coup dans son fauteuil, et se faufila jusqu'à la salle de bain.
Un bon bain et des vêtements propres, tout ce dont elle avait besoin pour se détendre et remettre ses idées en place.
XxX
Sirius venait d'arriver dans la Grande Salle et se laissa tomber aux côtés de James et face à Remus. L'atmosphère semblait tendue, et Sirius n'osa même pas dérider la conversation comme il avait l'habitude de le faire. James avait l'air bien maussade comparé à ce matin, ce qui n'était pas logique. Le regard de Peter était fuyant, malgré son assiette toujours pleine, ce qui était clairement anormal. Quant à Remus, il semblait las, ce qui, en l'occurrence, avait tout d'ordinaire.
Après un petit déjeuner on ne peut plus silencieux et loin des habituelles boutades des Maraudeurs, les 4 garçons se levèrent pour rejoindre leur salle commune. De toute évidence, James fulminait, et les regards mauvais qu'il adressait à Sirius le prévinrent de ne pas la ramener, ce à quoi il obtempéra, pour une fois. Peter traînait des pieds, derrière, se demandant ce qu'il devait faire pour alléger l'ambiance, et Remus, épuisé de sa soirée et du comportement de ses amis, n'eut pas le bon sens d'ouvrir les hostilités.
Une fois dans leur dortoir, Peter se fit tout petit en s'asseyant sur sa malle, James et Sirius s'installèrent face à face, chacun sur son lit, et Remus se plaça debout entre eux, comme un arbitre avant un match de Quidditch.
James soupira exagérément et balança la carte du maraudeur à Sirius qui fronça les sourcils en signe d'interrogation, ce qui fit expirer par le nez d'exaspération le capitaine de l'équipe.
-J'ai vu, annonça doctement James, avec un reniflement de dédain. Et je pensais pourtant avoir été clair concernant ma meilleure amie. Forcément, tu n'as pas pu t'en empêcher. Après tout, quand j'ai des qu'on ne fricotait pas entre coéquipiers, tu as eu ta relation sordide la plus longue avec mon attrapeuse !
-Tu ne m'as pas interdit de la fréquenter à ce que je sache, répondit prudemment le Sang Pur face à lui. Que voulais-tu que je fasse, au juste ? Tu me connais, et puis tu l'as vue, et je pense que tu la connais suffisamment pour savoir que c'était inévitable, conclut-il de manière mélo dramatique, espérant sans doutes dérider son meilleur ami.
Ce qui n'eut pas vraiment l'effet escompté. Pourtant ils avaient tout de deux frères. De deux jumeaux. Mais dans cette situation là, Sirius nageait en eaux troubles.
-et quoi, j'aurai dû te faire promettre ? s'agaça le cervidé face à lui en tapant du pied par terre.
-tu as peur de quoi ? s'énerva Sirius, sentant sa faible patience se faire la malle. Elle comme moi ne sommes pas du genre à faire dans le sentimental, releva-t-il finalement. Et nous sommes tous les deux satisfaits de la relation qui nous unit.
Il avait également dit ça lorsqu'il fréquentait Marlène, et il s'était avéré que la jeune blonde éprouvait des sentiments pour lui. Mais était-ce sa faute s'il était parfait ? non, il ne le croyait pas.
-Vous êtes ensemble ? s'étrangla James, horrifié et bouillonnant de colère. Ah ! Je me disais bien quand on vous voyait ensemble sur la carte, que ce n'était pas pour étudier dans une salle ! s'écria-t-il en pointant son meilleur ami du doigt, l'air accusateur.
-C'est Peter qui te l'a expliqué, se moqua Remus.
Sirius siffla d'admiration vers Peter qui fit mine de soulever un chapeau tout en imitant une courbette des plus amusantes. Puis, il y eut un raclement de gorge énervé du capitaine de Quidditch, suivi d'un court silence durant lequel Sirius fixa James. Son meilleur ami l'espionnait-il lui, ou Anthéa ? Et sa vie privée ? Et surtout, qu'est-ce que c'était que 'ce vous êtes ensemble'. Il n'avait jamais dit ça. Et puis, serait-ce si terrible ? Il ne savait guère comment le prendre. Pourtant, ni lui ni la brune ne souhaitait cela.
-Je crois que tu as mal compris, Cornedrue, intervint Remus.
-Vous êtes quoi ? fit le capitaine avec étonnement en se redressant.
Sirius leva le regard au plafond et se gratta le menton, l'air songeur. Il ne trouvait pas vraiment de mots pour définir ce qui le liait à l'héritière des Dragonneau, et il lui fallait de la subtilité pour ne pas blesser le sens de l'amitié indéfectible du dernier du clan Potter.
-Amis et plus si affinités, lâcha le canidé en ancrant son regard dans celui de son meilleur ami. Mais je t'assure, la première fois, c'était un accident …
-La première fois que tu as couché avec Anthéa, c'était un accident ?
-oui.
-Tu as couché avec elle, accidentellement ?
-Oui.
-Vraiment ?
-Oui.
-J'comprends pas, elle était étendue et à poil et t'as trébuché sur quelque chose ?
Sirius se tut un instant et hocha la tête d'un air incertain ce qui fit pouffer de rire James avant qu'il ne reprenne contenance.
-Et la seconde fois ?
-tu veux dire cette nuit ?
-Oui.
-C'était…
-Un accident, devina James avec un sourire en coin.
Sirius haussa des épaules et Remus et Peter qui avaient suivi silencieusement l'échange en tournant la tête vers celui de leur ami qui parlait comme on regarde un match de tennis, tout en retenant leur respiration, soufflèrent. James n'en voudrait pas à Sirius. a vrai dire, ces deux là étaient incapables de se disputer. Pas pour ça, pas comme avec Marlène. Marlène et Anthéa étaient différentes. Anthéa et Sirius étaient plus ou moins issus du même moule. L'instinct protecteur passé, James ne pouvait que rire de le situation.
-Tu sais, elle est du genre à briser les cœurs, et toi aussi, je ne tiens pas à réparer les pots cassés de votre… relation, cracha James avec dédain et horripilation.
-Tu es obnubilé par Evans, tu ne parles que d'elle, et tous nos coups ont été remplacés par tes tergiversations à son sujet. Je t'assure, on dirait une vraie loque ! Et moi, je tourne en rond ! Les filles qui me collent au train n'ont plus la même saveur, et Théa est différente, et ça me plaît comme ça. On est … bons copains, et on se soulage de nos frustrations adolescentes. Franchement, je ne vois pas où est le mal, conclut Sirius en un haussement d'épaules. Ca n'a rien à voir avec Marlène et moi, ou toi et Evans. C'est sans attaches et ça nous convient très bien, tu n'as aucun souci à te faire. Nous sommes des adultes, précisa-t-il avec assurance. On sait ce qu'on fait.
James le sonda avec méfiance, coula un regard vers Remus qui opina du chef, puis se retourna vers son meilleur ami en un nouveau soupir de soulagement.
-Ok, ça me va. Tant qu'on ne revit pas le drame McKinnon de l'année dernière… ça, entre autre choses, a foutu la merde entre nous ! Et je t'avoue que j'ai un mauvais pressentiment…
On disait de Sirius qu'il était une drama queen, mais James faisait toujours dans l'exagération.
-Promis ! Je suis à peu près sûr que Théa n'est pas aussi sentimentale que Marlène, et ce n'est pas mon style non plus, on s'est donc bien trouvés, assura Sirius en tapant dans la main tendue de James.
-Nous ne sommes pas juste amis, nous sommes une famille, et personne ne touche à la famille, rappela Remus doctement. Et il en faudrait bien plus pour briser le lien qui nous unit. Nous sommes trop vieux pour faire du mal aux gens inconsciemment surtout pour satisfaire ses hormones, ajouta-t-il avec un regard préventif à l'adresse de Patmol. Une première fois, ça passe, mais pas de deuxième Marlène.
-J'ai déjà promis, râla Sirius en roulant des yeux
-Pour une fois que ton anti conformisme et ta haine des convenances sert à quelque chose, intervint timidement Peter
-Mes deux meilleurs amis ensemble… C'est bizarre, fit le poursuiveur en secouant la tête.
Les garçons se lancèrent toutefois un regard complice.
James était le sort de glue perpétuelle qui aimait chacun d'entre eux pour différentes raisons, même s'ils se pensaient incapables d'être aimés.
Sirius ne comprenait pas l'amour, et n'avait aucune expérience de loyauté avant que James ne lui en témoigne.
Remus ne pensait pas mériter l'affection d'autrui, et n'avait pas prévu d'être emporté par la tempête d'attention qu'était James.
Peter n'avait pas réalisé ce qu'était un amour inconditionnel jusqu'à ce que James ne le lui montre.
James les avait réunis et avait fait d'eux une famille. Et rien ne pouvait les détruire, pas même des filles, pas même leurs escapades nocturnes, pas même une mauvaise blague qui dérape, pas même la guerre dehors, pas même des actes manqués, pas même leurs rares disputes et réprimandes ratées.
XxX
Pendant ce temps, dans le dortoir des filles de 7ème année de Gryffondor, une conversation à cœur ouvert allait avoir lieu, et cela, les jeunes filles n'en avaient pas encore conscience.
-5 ans de rivalité naturelle, de disputes inoubliables et d'affrontements terribles, un an de cordialité forcée, d'esquive étudiée ou d'ignorance assumée, et depuis septembre, quoi … tu regrettes qu'il ne te harcèle plus ? demanda Marlène en sortant de la douche, une serviette serrée autour de sa poitrine.
-Pourquoi tu dis ça ? demanda Lily d'une toute petite voix, la gorge soudainement serrée
-Ben, vous avez l'air de bien vous entendre maintenant, releva Alice sans lever la tête de son grimoire, assises et adossée en tailleurs au pied de son lit.
Alice avait le don pour dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas. Elle avait tout d'une maman. Une matriarche sans aucun tact, mais douée d'une grande douceur.
-Il ne faut pas pousser ! s'offusqua la rousse, les entrailles crispées à cette idée
-Ce que veut dire Alice, c'est que tu discutes avec lui avec une sympathie non feinte, précisa Mary, allongée sur le dos et la tête pendant dans le vide, alors que l'an dernier tu te faisais violence pour ne pas lui crier dessus ou le gifler comme tu l'as fait pendant 5 ans.
-J'imagine que tu as entendu parler du terme passif- agressif ? intercepta Marlène avec une lueur étrange dans le regard.
-Je n'ai jamais été passive-agressive, s'outra Lily
-Non, on pourrait dire que tu es passée de agressive-agressive à passive-agressive à passive-passive, conclut Marlène, le regard brillant.
Lily se renfrogna, coincée par ses amies. Puis, une idée lui vint à l'idée. L'avantage, quand on ne buvait pas, c'est que vous gardiez l'esprit clair pour relever les petits jeux pas si discrets de vos amis ivres.
-Tu es partie tôt et sans prévenir, rappela la Préfète En Chef en se retournant vers sa blonde d'amie.
La blonde devint aussi rouge que les cheveux de sa meilleure amie.
-J'étais fatiguée… mentit-elle.
-J'étais avec Frank quand je t'ai vue t'éclipser avec Ulrich, la repris Alice, avec sa sans gêne caractéristique.
Marlène devint aussi chaude que le soleil lui-même.
-Dragonneau ? s'interloqua Lily.
Marlène haussa des épaules tandis que l'adoration des ragots de Mary la poussa à se pencher avec avidité vers son amie après avoir roulé sur le vente, le menton posé dans le creux de ses mains jointes
-Tu en connais d'autres ? Je doute que Théa se révèle en fait être une lesbienne, explicita Marlène à contre cœur.
-Ca pourrait expliquer pourquoi elle est si volage, répliqua Lily, c'est une manière comme une autre de cacher ses réelles orientations.
Mary leva les yeux au ciel : bien que Lily ai dompté sa jalousie niée vis à vis de la Poufsouffle, elle gardait des réflexes douteux vis à vis d'elle, lorsque la dite jeune fille n'était pas là, comme si elle se radoucissait qu'en la voyant de visu.
Non pas que Lily était rancunière, non … non, non !
-Ca ne te ressemble pas de cracher dans le dos des gens, objecta sagement Alice.
-Je ne … ce n'est pas ce que je voulais dire, cracha Lily avec rancœur.
-Et donc, Dragonneau ? Tu es avec ? coupa impatiemment Mary.
Marlène secoua la tête. C'était un peu plus compliqué que ça. Mais après la débâcle avec Sirius l'an passé, elle n'osait pas l'avouer à ses amies. Peut-être devrait-elle attendre d'être sûre de la nature de la relation ? Devrait-elle être discrète, bien qu'ayant essayé avec Sirius, ça n'avait pas échappé à leurs yeux acérés ? Tout du moins, Ulrich avait la faveur de lui faire oublier tout sentiment vis à vis de son coéquipier. Comment tout cela évoluerait-il ? tant de questions qui la torturaient déjà alors qu'elle n'avait passé qu'une heure en compagnie du jeune Poufsouffle. Or, elle savait d'expérience qu'on ne pouvait changer quelqu'un : il lui fallait l'accepter tel qu'il était. Et il était à l'image de sa sœur ou de Sirius : sans attaches, éternel célibataire, libre comme l'air.
Pour autant, elle se refusait à regretter cette nouvelle aventure qui s'offrait à elle. Finalement, peut-être Ulrich était-il plus du même acabit que James ? C'était tout ce qu'elle pouvait espérer. Ça, et ne pas trop s'attacher à lui et à ses beaux yeux bleu qui faisaient glousser la moitié de l'école, voire plus…
Voilà, j'espère que cet chapitre vous a plu ! dites ce que vous en avez pensé, du déroulement des choses, des discussions, du développement, tout ça tout ça.
Avec un peu de chance, je deviendrai plus régulière, allez savoir !
