Salut a tous !
Déjà, milles excuses pour ce retard... Je suis impardonnable ! Mais le taf, la sociabilisation... Voilà quoi !
Qui a hâte a la sortie du second opus des Animaux Fantastiques? Quelqu'un d'autre que moi surkife le jeu HOGWARTS MYSTERY ?
Sans plus attendre ni vous faire languir, voici un autre chapitre de transition, mais que j'aime bien quand même
Au sommaire : révélations, découverte et tergiversations!
Bonne lecture et a bientot :)
PS : 3ème fois que je reposte mon chapitre à cause de bugs... C'est automatique depuis quelques temps! Quelqu'un saurait comment je me dépatouille pour ne plus avoir de codes sur mes lignes?
XxX
L'arrivée de la troisième semaine de novembre amorça la pleine lune. De ce fait, le parc, la forêt et le château étaient éclairés par l'astre céleste comme on l'est en plein jour, offrant une silhouette féérique à l'école de magie et à sa lande environnante. Une fine bruine s'échouait sur la verdure de la pelouse et sur les feuilles des arbres, rafraîchissant davantage l'air. L'atmosphère avait quelque chose de mystique. Les maraudeurs gambadaient joyeusement à l'orée de la forêt. Et comme les deux fois précédentes, ils croisèrent encore une loutre qui jouait tranquillement dans l'eau.
'Je commence à en avoir marre, annonça Queudver avec un regard mauvais. Autant le faucon, on l'a vu qu'une fois, autant celle là, elle est toujours là. Et seulement les nuits de pleine lune !
'T'es allé vérifié peut-être ? aboya Patmol avec un sourire en direction du loup et du cerf.
'Justement oui ! Tous les soirs, aux mêmes heures. Elle n'est là qu'aux alentours de la pleine lune.
'Tu sais ce qu'on dit des coïncidences ? brama Cornedrue en secouant la tête.
'Tu vas me faire croire que c'est un hasard ? Tu sais qui d'autre est là depuis 3 mois ? Tes amis d'enfance ! Ose nier ! le prévint le rat avec un regard mauvais.
'T'es parano Queudver, assura Lunard en s'allongeant aux pieds d'un hêtre au bord du lac. On ne peut pas devenir Animagus sans maître.
'Nous on l'a bien fait, déclara fièrement le canidé.
'Vous étiez trois, dont deux génies en métamorphose, rappela le lycan.
'Répète ça ? quémanda le cerf.
'On s'égare là ! couina de nouveau Queudver. Et les jumeaux sont assez doués en magie pour y parvenir, il me semble.
'C'est ton sens de l'observation qui t'a poussé à ces conclusions ? se moqua le chien.
'Je suis sûr qu'ils n'ont rien contre la dangerosité et l'illégalité, la preuve, Théa vole des plantes et concocte des potions pour se défoncer tranquillement ! gronda le rat.
'C'est pas faux, admit Patmol en reniflant l'air après s'être assis.
'C'est n'importe quoi, répliqua le cerf.
'A voire', acquiesça Lupin.
Queudver fusilla ses amis, en vain. Après tout, avec sa petite taille et malgré la luminosité, il leur était impossible de voir qu'un rat les regardait gentiment ou méchamment. Et si Queudver avait une qualité, autre que d'être fin observateur, d'être initiateur de la plupart des farces, bien que les détails et les idées n'étaient pas souvent de lui, et de s'occuper de ses proches, c'était bien de prouver qu'il ne disait pas toujours n'importe quoi. Ils seraient bien obligés de le prendre au sérieux, cette fois. Quand il disait connaître tous les animaux de la forêt, ce n'était pas présomptueux de sa part, loin de là.
Pourtant, si les jumeaux étaient animagi, James leur en aurait parlé, non ? Les Maraudeurs ne se cachaient rien
Le lendemain matin, à l'aube, comme chaque mois depuis 7 années, Poppy Pomfresh, la jeune et jolie infirmière de 24 ans vint récupérer Remus à la cabane hurlante et le ramener à l'infirmerie.
Vers 6h du matin, Anthéa entra discrètement dans l'infirmerie et s'installa tranquillement au bureau de Pomfresh pour l'attendre. Quinze minutes après, celle-ci apparut apprêtée de sa tenue.
-Ah, Anthéa, tu as enfin daigné revenir, nota l'infirmière. Tu n'es pas venue le mois dernier, tu sais qu'il est important que tu aies tes philtres, la réprimanda-t-elle.
-Il me restait encore des potions de Slughorn, lui apprit la jeune fille avec désinvolture.
-C'est le professeur Slughorn, la reprit l'adulte.
-Si tu veux, soupira Anthéa.
Elle se massa doucement les tempes, les yeux fermés.
-Si tu avais des restes de ton traitement, cela prouve que tu ne respectes pas les doses, continua Pomfresh. Tu sais que c'est dangereux, tu dois être plus sérieuse !
-Entre les plantes du professeur Chourave, les potions du professeur Slughorn, et tes philtres, j'ai largement ce qu'il faut, répliqua Anthéa avec un léger agacement. Donne-moi ce qu'il faut que j'aille me doucher. Je n'ai pas dormi de la nuit et j'ai besoin d'une bonne toilette.
Excédée, Pomfresh soupira et retourna dans ses appartements chercher ce qu'il lui fallait.
Anthéa se retourna vers le lit le plus excentré de la pièce, entre le bureau de l'infirmière et une fenêtre, entourée de rideaux blancs. Elle se leva discrètement et ouvrit brusquement les pans qui lui cachaient la vue… sur un Remus tétanisé, les mains crispées sur ses draps, le corps tendu à l'extrême.
-Salut Rem', le salua la jeune fille.
Elle avait un sourire en coin en lâchant le tissu.
-C'est la deuxième fois que tu écoutes une conversation privée entre l'infirmière et moi, lui fit-elle remarquer avec amusement
-Je… Ce… Enfin … balbutia Remus après avoir déglutit difficilement.
La jeune fille secoua doucement la tête et s'installa sur le lit de l'adolescent, près de son flanc en le fixant intensément.
-Je sais, lui avoua-t-elle.
-Que…
La brune leva la paume de sa main vers Remus pour le faire taire en fermant doucement les yeux, avant de les rouvrir lentement pour ancrer son regard dans le sien.
-Tu as l'air d'oublier qui m'a élevée, sourit-elle. Ce n'est pas un magizoologue comme les autres. Sans me vanter, il est dans le top 3 des plus grands spécialistes de son domaine de l'Histoire du Monde Magique, rajouta-t-elle avec fierté. Si tu croyais sincèrement que Rich et moi n'allions pas faire le lien entre des disparitions mensuelles et les phases lunaires, tu es bien naïf. Et puis, honnêtement, ta montre en dit beaucoup
Remus baissa les yeux. En effet, pour ses 17 ans, les Maraudeurs lui avaient offert une pièce d'horlogerie qui représentait en temps réel les différentes phases de la lune, les éclipses, les lunes colorées… c'était un réel calendrier lunaire à son poignet.
Il sentit sa respiration se bloquer et son cœur tenter de s'échapper de sa cage thoracique. Qu'était-elle en train de lui dire ? Qu'il suffisait de l'observer un peu afin de découvrir son secret, si tant était qu'on soit un minimum curieux ? Jouait-elle avec lui ? Allait-elle l'insulter ? Le balancer à l'administration ? Il sentait la crise de paniquer le gagner, pire encore que quand les Maraudeurs avaient découvert son secret, en première année.
Mais ce qui arriva par la suite le surprit. Elle posa tendrement sa main sur la sienne et exerça une imperceptible pression sur ses doigts. Sa peau était chaude et douce et cela le rassura un petit peu. On ne pouvait pas être mesquin au point de feindre la gentillesse pour faire un coup bas, n'est-ce pas ?
Il s'était laissé enfoncé dans son lit sans s'en rendre compte, comme s'il cherchait à disparaître.
-Je suis une brave petite Poufsouffle, la maison de la tolérance et de la compréhension, plaisanta-t-elle avec un petit rire cristallin. Je ne vais certainement pas te juger pour quelque chose que tu n'as pas demandé et contre laquelle tu te débats, visiblement. Pas pour une chose que tu n'es qu'une nuit par mois, contre ta volonté…
Elle laissa ses doigts effleurer les cicatrices sur le torse de son camarade qui laissa échapper une grimace avant de bloquer sa main entre les siennes, attirant l'attention de la jeune fille à lui.
-Ca, c'est ce qui a finit de me convaincre que nos doutes étaient justifiés, avoua-t-elle en un murmure. Tu sais, à l'anniversaire de Sirius.
-Pourquoi tu me dis ça ? s'enquit-il difficilement.
Anthéa secoua la tête avant de lui accorder un sourire moqueur.
-Parce qu'il est temps que tu acceptes le fait que tout le monde ne rejettes pas les victimes de malédictions, quelles qu'elles soient. Si un tyran comme un James, un peureux comme Peter ou un garçon issu d'une famille puritaine pleines de clichés comme Sirius surpassent ton problème et t'aiment pour ce que tu es, il est peut-être temps pour toi de réaliser qu'ils ne sont pas les seuls, ajouta-t-elle en un haussement d'épaules négligent. Ne t'inquiète pas, je suis une tombe lorsqu'il s'agit de garder un secret.
Elle pose son index sur sa bouche avec un sourire mutin et un clin d'œil.
-Mais nous pouvons très bien exécuter un serment inviolable ou de langue de plomb, si ça peut te rassurer.
Remus avait bien senti la sincérité derrière la blague. ses sens de lycanthrope aidaient beaucoup pour cela, surtout aux alentours de la pleine lune. Il esquissa alors son premier sourire.
-Pas la peine, lui avoua-t-il. Si James te fait confiance, alors moi aussi.
La jeune fille se leva et était sur le point de refermer les rideaux derrière elle. Lupin se redressa difficilement dans son lit.
-Théa ? demanda-t-il
-Oui ?
-Toi aussi, tu caches quelque chose.
Anthéa ouvrit la bouche mais Remus reprit.
-Inutile de nier, je sais reconnaître quand quelqu'un dissimule certaines choses aux autres, tu sais… Pour des raisons assez évidentes.
Il se désigna lui même avec un soupir dépité.
-Ce ne serait pas aussi drôle si je te balançais la vérité sans que tu ais un peu creusé par toi même, répliqua-t-elle avant de rabattre le rideau derrière elle.
Remus se laissa tomber sur ses oreillers et fixa le plafond un long moment. Elle ne pouvait être un loup garou, sinon elle irait également dans la cabane hurlante. Pourtant, c'était aux environs des pleines lunes qu'elle arrivait réclamer un traitement auprès de l'infirmière. Mais un traitement qui ne nécessitait pas d'être alité malgré une fatigue évident. Alors… qu'est-ce qu'elle était ?
Il secoua la tête, après une nuit aussi agitée, il avait besoin de dormir. Et puis, n'était-ce pas agréable de pouvoir se confier à quelqu'un d'autre que ses idiots de meilleurs amis, finalement ?
D'ailleurs, devait-il le leur dire ? Mais comment expliquer qu'elle était à l'infirmerie, alors que son frère, lui, l'avait quittée, quelques jours plus tôt ?
Il décida d'en parler seulement à James, car il ne doutait pas que celui-ci en savait plus que ce qu'il ne disait. Il tenta d'en savoir plus au sujet de la jeune fille, juste un indice, ne voulant pas forcer son meilleur ami à trahir un secret qui n'était pas le sien, et donc sa parole, mais l'ébouriffé garda la bouche close, les joues gonflées, comme si sa langue s'entortillait sur elle-même, comme à chaque fois qu'il avait fait allusion au fait que sa meilleure amie cachait quelque chose. Au final, le lycanthrope haussa des épaules, et ce fut avec joie qu'il accueillit ses draps rouges et or.
-Espèce de dégénéré de la bite ! pédophile ! Obsédé du cul ! Pervers ! Dégueulasse !
Peeves hurlait des insanités en faisant des pirouettes ridicules dans les airs, alors que le moine gras tentait de le raisonner, en vain. Peeves avait encore frappé. Il avait fait exploser des bombabouses sur des élèves de 3ème année de Poufsouffle et Gryffondor qui sortaient d'un cours de sortilèges. Dans le lot, se trouvait Mathias McKinnon, l'un des jeunes frères de Marlène.
-Ils sont combien chez les McKinnon ? demanda Anthéa à Greta en passant à côté d'eux.
-Il y a Morgane, qui a 7 ans de plus que nous, Maxens qui en a 5, Mélinda, qui en a 3, Marlène au milieu, Milian qui a deux ans de moins que nous, Mathias, qu'on vient de croiser, et Meredith, que tu as aidée une fois face à Peeves, compta Greta sur ses doigts en levant les yeux en l'air. Ils se donnent des prénoms qui commencent par M comme leur nom de famille.
-Ces Sang-Purs avec leurs traditions, soupira Hestia en haussant des épaules face au regard interrogateur de la binationale.
-Ce ne sont pas les seuls à avoir des traditions pour les prénoms de leurs enfants, lâcha Anthéa à voix basse. Dans la famille de ma grand mère paternelle, on donne des prénoms de personnages de la mythologie grecque ou latine, et dans celle de mon grand père paternel, des prénoms en rapport avec la faune pour les garçons, et la flore pour les filles, précisa-t-elle devant les regards interrogatifs de ses amis. Et pourtant, je suis de sang mêlé.
-Dans ma famille, on donne beaucoup de noms de dieux grecs, révéla Hestia, et je suis aussi de sang mêlé.
-Les garçons McKinnon finissent tous aurors ou tireurs d'élite, et les filles se tournent vers les métiers de Guérisseuses ou de potionnistes, continua Greta en ignorant superbement l'interruption, décidée à ne pas perdre le fil avec cet aparté. Parfois, un garçon fait oubliator et une fille botaniste.
-Tu vois le genre de tradition de Sang Purs qui ont la vie dure, quand bien même ils sont loin d'être conservateurs, coupa de nouveau Hestia.
-Morgane est potionniste, Mélinda botaniste, Maxens est auror, et il me semble que Marlène veut devenir Guérisseuse, persista Greta. Et Milian veut se tourner vers la brigade d'élite.
Anthéa était toujours épatée par les connaissances que Greta avait sur tout le monde. Il fallait dire qu'à force de noter tout ce qu'elle entendait, tout ce qu'elle pensait, tout ce qu'elle observait, ainsi que ses déductions, elle était une véritable mine d'or. Et pourtant, elle n'était pas du genre fouineuse, malgré son côté pipelette et sa curiosité. Mais elle était avenante et tout le monde adorait lui raconter sa vie, ou celle des autres bien qu'elle soit du genre timide au premier abord. Ce qui faisait d'elle une mine d'or d'informations, une source des plus intéressante.
Dorcas et Emmeline avaient filé à la bibliothèque en vitesse en entendant Dedalus réprimander Benjy, qui avait tout bonnement oublié de faire le devoir de sortilèges à rendre ce jour sur le sortilège de Langue de Plomb.
Elles aussi, avaient raté cette information. Il fallait dire que le brouhaha constant en quittant la salle du professeur Flitwick cachait sa douce voix fluette et posée.
Ce sortilège était une malédiction qui faisait des noeuds à la langue de l'adversaire et dont la formule était 'mimble wimble' ou 'mutismus'. Il ressemblait beaucoup au bloclang qui collait la langue au palais. Ce qu'il fallait savoir, c'était que ce sort était, à la base, utilisé pour forcer une personne à garder un secret. Adapté au contexte, la personne visée ne pouvait plus jamais parler d'un sujet défini. Dès qu'il s'apprêtait à le faire, même s'il ne se rendrait pas compte qu'il pouvait potentiellement trahir le secret, sa langue se bloquait. C'était donc une alternative au Serment Inviolable, plus définitif et mortel. Ce sortilège était utilisé en duel, mais était surtout connu pour être appliqué sur les employés du département des Mystères, nommés après le dit enchantement. A vrai dire, ce dernier avait été inventé spécialement pour que les Langues de Plomb gardent le secret de leur profession et de leurs activités, même lorsqu'ils étaient piégés, sous veritaserum, imperium ou hypnose. Le seul moyen était alors d'utiliser la legilimancie, mais les Langues de Plomb étaient des occlumens aguerris.
-J'ai pas envie d'avoir runes avec Serpentard ce soir, râla Benjy en se laissant tomber entre Anthéa et Caradoc.
-On n'a qu'une heure, releva pragmatiquement Caradoc.
Il jeta une louche de potage dans son assiette. Hestia tapota la main de son ami, assis en face d'elle. Lequel ami avait le coude sur la table, poings serrés sous sa mâchoire.
-Et on n'est pas en binômes, releva-t-elle
-ça n'empêche que c'est qu'une bande de trous du cul, grogna Benjy
-Ils sont plutôt calmes durant ce cours, tenta Hestia.
-Tu ne vas tout de même pas nous gonfler avec ça à chaque cours avec eux, intervint Edgar qui venait d'arriver.
Benjy souffla afin de montrer son mécontentement, tandis qu'Anthéa lui caressait le bras avec une compassion feinte pour se moquer de lui.
Benjy était un né moldu, il était particulièrement doué et de ce fait, il avait une longue histoire d'inimitié avec les Serpentard. C'était d'ailleurs ça qui le rendait si doué en cours et qui avait scellé son amitié avec Caradoc, dont le père était moldu et la mère sorcière. Ce dernier se sentait particulièrement visé par les insultes qui fusaient : toucher à son père, c'était le toucher également.
Bien sûr, de nos jours, il était difficile de ne pas trouver une famille de sorciers qui n'aurait pas eu d'aïeul moldu, quoiqu'il en existait toujours, qu'il s'agisse des 28 premières familles de sorciers, celles apparues en même temps que le gène magique, ou des autres familles de Sang Purs plus ou moins anciennes, tels que les Meadowes, les Vance, les Diggle ou les Bones. Et même les McKinnon. Ces familles sorcières relativement récentes tels les Dubois et autres Diggory.
Au contraire, il y en avait prolifération : le fait que le Code du Secret pousse inconsciemment et indirectement ou non les sorciers à éviter de se lier au monde non magique n'empêchait pas les moldus d'être mis dans la confidence, principalement avec les nés moldus. De plus, la guerre poussait les sorciers à éviter d'avoir plus d'interactions que nécessaires hors de leur monde évitant de mettre en danger autrui fortuitement. Pourtant, il n'était toutefois pas rare de constater que les sorciers continuaient d'avoir des histoires avec des moldus. Finalement, il n'y avait ni règles ni lois en matière de rencontres fortuites, d'attirance incontrôlables, et de relations sentimentales, qu'elles soient sérieuses ou non.
De leur côté, les Maraudeurs avaient une conversation assez houleuse. En effet, depuis que James avait découvert que ses deux meilleurs amis fricotaient, il tentait régulièrement de pousser Sirius à arrêter les frais. Il ne voyait pas vraiment cette relation d'un mauvais œil. Et pourtant, depuis qu'il était tombé amoureux d'Evans, il ne cherchait qu'une chose : caser ses amis dans des relations durables et non plus éphémères. Son nouveau credo « Trêves de badinages ! »
Sirius avait fait preuve de patience lorsque son frère parlait d'Evans, ce qui, avec le temps, était de plus en plus régulier, pour ne pas dire constant. Et cela commençait à l'agacer. Elle monopolisait la plupart de leurs conversations lorsque James voyait un rapport et il y avait toujours un lien avec la préfète en chef : le vert, le roux, la loi, les préfets, les rondes, un couple, un gifle, une insulte, la météo... Il en voyait sans cesses.
Alors, si dès la 4ème année, il en avait profité pour se moquer de James du fait de leur répugnance initiale durant 3 ans, la 5ème année lui avait servis à lui remonter le moral face à ses déconvenues, et la 6ème année à relativiser puisque la préfète semblait s'être calmée niveau hurlements. Peut-être parce que suite aux évènements du lac, James s'était calmé également.
Mais cette année là, il ne le supportait plus. Il avait bien réalisé qu'Evans regardait James légèrement différemment, pas assez pour que le commun des mortels ne le soulève, mais il était fin observateur, surtout concernant la dulcinée de son meilleur ami. Aussi, son comportement avait également évolué avec les années, crescendo, et plus lentement qu'une limace, mais tout de même. L'impulsion venait peut-être d'Anthéa qui s'immissait dans la tête de la préfète depuis son premier faux flirt lors de son arrivée à l'école. A vrai dire, elle lui parlait de plus en plus souvent, bien que ça ne dure jamais bien longtemps, et que ça soit souvent en lien avec les cours, devoirs, ou leur rôle de préfets en chef. Et à chaque fois, le paria des Black ne pouvait s'empêcher de sourire : Lily commençait à apprécier James, même si elle ne voulait pas se l'avouer, du moins, il en était persuadé (et se serait bien gardé de la dire à James, après tout, Anthéa avait raison : il aurait tout gâché, gonflé dans son orgueil).
En conséquence, il était passé d'une haine féroce pour cette traîtresse à sa maison qui était amie avec Servilo, tout comme James, jusqu'à ce qu'elle ne coupe les ponts avec lui où il s'était mis à la tolérer : compassion, camaraderie, ou pardon, allez savoir, il s'était senti d'humeur clémente, bien qu'elle ai humilié ce bon vieux Cornedrue pendant deux années. Et cette année, il commençait même à la supporter : à petites doses, tout comme la jeune fille le faisait avec Potter, mais c'était assez important pour être relevé.
Et malgré tous ces avancements qui ravissaient Remus, il y avait des jours où il ne supportait plus d'entendre parler d'Evans. En particulier depuis que James tentait par tous les moyens de le séparer de sa jeune Poufsouffle. Ce qui était stupide, puisqu'ils n'étaient rien d'autres que des amis, avec quelques avantages en nature, certes, mais tout de même.
-Et pourquoi n'irais-tu pas faire chier Ulrich pour s'être enamouré de Marlène ? s'agaça Sirius au bord de l'explosion.
-C'est quoi le rapport ? s'indigna James.
Il fronça des sourcils et fit une grimace pour souligner sa question.
-C'est ton amie et ta joueuse, il est ton ami et ton adversaire, tu ne vois pas le problème ? Moi, dès que je fais un truc, on dirait que je suis fautif ou que c'est illégal, mais quand c'est les autres, on ne leur tombe pas dessus !
Sirius la drama queen était de retour : toujours dans la théâtralité.
-Je dis que ce n'est pas sain, et qu'à force, il y en a bien un qui finira par développer des … une affection, insista James en se penchant vers Sirius, comme s'il parlait à un enfant à qui il fallait tout expliquer.
Il s'était repris, sachant très bien que certains mots du champ lexical du couple étaient prohibés, voire même impensables, lorsqu'il s'agissait de ses deux meilleurs amis. Ils avaient le même genre de vision de la vie biaisée et de philosophie relationnelle tordue, et quelque part, ça les rendait parfait, avec leur liaison qu'il aurait cautionnée, s'il ne s'était pas s'agit d'eux. Car il ne pouvait s'empêcher de craindre que ça ne dégénère. Pourtant, Sirius n'était pas comme lui, et Anthéa n'était pas Marlène, mais tout de même : il fallait faire attention, les sentiments pouvaient arriver sans crier gare, et sur les personnes les plus inattendues, il en était bien la preuve ! Mais personne ne l'écoutait. Bon certes, les deux histoires étaient totalement différentes, mais les conséquences et l'exemple étaient là.
De toutes façons, James avait toujours raison, il était temps que les autres l'ademettent.
-Pas avec mon cœur de pierre, assura fièrement Sirius, et puisque tu dis toi même qu'elle n'a pas de cœur, tu n'as pas à t'inquiéter pour nous. J'ai l'impression qu'on a cette conversation toutes les semaines, et ça me gave !
-Vous l'avez toutes les semaines, les informa doctement Peter.
-Alors va emmerder Dragonneau, conclut théâtralement Sirius.
-Mais putain, Rich et Marlène sont en couple, toi et Théa vous faites de la merde ! s'offusqua James en le fusillant du regard.
-A croire que tu voudrais qu'ils se mettent ensemble, releva Remus.
-Quoi ? s'écrièrent les deux meilleurs amis en cœur.
-Et puis quoi encore ? demanda Sirius.
Il arborait un air profondément dégoûté de celui qui venait de tomber dans une bouse de dragon
-ça serait un catastrophe ! répliqua James, presque affolé.
Et dans ces cas là, quand la conversation tournait en boucle, Sirius se rapatriait sur sa dernière chance de faire changer d'idée James : il orientait la conversation sur Evans. Ainsi, il oubliait tout le reste et se concentrait sur elle, focalisé comme un adepte d'une secte. Et si au passage, il pouvait lui lâcher une petite pique, il n'allait certainement pas se gêner.
-Et puis, il faut bien que je m'occupe.
-Il y a pleins d'autres filles ! pleurnicha James, le regard larmoyant.
-Elles sont collantes, ennuyantes, et sans personnalité, chassa Sirius en agitant sa main, l'air ennuyé. Théa est tout le contraire, et surtout elle ne me parle pas d'amour ou d'engagement, ajouta-t-il, horrifié rien qu'en utilisant ces mots. Et puis, tu passes ta vie à parler que d'Evans à chaque occasion, tu fais tes rondes avec elle, ou à préparer tes stratégies, tu vas même à la bibliothèque avec elle, et je m'ennuie, alors je tue le temps ! tu comprends ça ? dramatisa-t-il.
Il secoua James par le col de sa chemise après s'être retourné vivement vers lui.
-J'ai l'impression d'être un enfant puni, ou non, pire…
-Un chien abandonné par son maître ? proposa Peter en pouffant de rire, la main devant sa bouche
-Boucle la Queudver, l'engueula Sirius avec un regard noir.
Son ami se ratatina sous la tape amicale dans le dos de Remus.
-Ouais, Evans, elle est parfaite… Elle a … des cheveux… et aussi… des yeux…
-Et voilà ! soupira Sirius en désignant le brun à lunettes des deux mains. Non mais tu t'entends ? heureusement pour elle qu'elle a des cheveux et des yeux, tout le monde en a !
-Et une voix… et…
Et voilà, ils avaient perdu James, un coude appuyé sur la table, le menton posé sur son poing fermé, le corps à moitié affalé sur la table, le regard perdu en direction de la crinière rousse à quelques places d'eux qui riait avec ses amies.
Les états d'âme de James devenaient intenables. Un coup il s'en fichait, un coup il s'en mêlait. Sirius devait trouver un moyen pour qu'Evans cède enfin au charme du Poursuiveur, sinon il allait le noyer dans le lac. En plein hiver, l'hypothermie le tuerait probablement en premier. Mais bon, que ferait-on pour un peu de tranquillité ?
Ou alors…
Il tourna la tête et croisa, comme toujours et sans vraiment le chercher, le regard d'Anthéa, un réel appel inconscient à la débauche et à la luxure… Oui, il pouvait aussi bien aller la retrouver et laisser son corps s'imbriquer avec le sien et trouver ce rythme qui leur allait si bien, ces gestes experts et ces mouvements habiles que seuls eux savaient rendre aussi parfaits et divins, les sensations qu'eux seuls pouvaient s'offrir et les émotions qu'ils ne pouvaient ressentir que l'un avec l'autre. C'était instinctif, primitif, bestial, sauvage, et pourtant si sensuel, luxurieux et voluptueux.
Ouaip, c'était exactement ce qu'il allait faire, ça allait lui donner des vacances des 'Evans par ci' et 'Evans par là'. Ce qu'il lui fallait, c'était cette passion dévorante, cette alchimie destructrice, cette fusion de leurs corps dévastatrice, synchronisés, toujours dans un monde, une bulle séparée du reste des mortels qui ne pouvaient comprendre ce qu'il y avait entre eux. L'intensité, les ondes de choc : c'était bête et méchant, un accord parfait, comme deux aimants qui s'attirent et s'éloignent éternellement et avec frénésie. Ce n'étaient pas des sentiments, non. C était la quintessence du bonheur, de la jouissance. Ils étaient connectés, transcendés, comme si leurs corps étaient faits l'un pour l'autre. Il n'avait jamais connu ça avec une autre, et il doutait retrouver ça un jour. Et il était persuadé qu'il en était de même pour elle. Leurs âmes n'étaient pas sœurs, mais leurs corps, si. C'était évident : une machine bien huilée qui n'avait pas besoin d'être guidée pour atteindre l'extase.
Voilà, c'était exactement ce qu'il allait faire. Ce que ça pouvait être dur, de devoir se cacher alors que ses meilleurs amis le savaient et l'acceptaient, ou plutôt, que son meilleur ami le tolérait malgré ses réticences et ses tentatives de tout faire arrêter. Mais les arguments logiques étaient toujours contrés. Il avait ce besoin irrépressible d'être avec elle. Et quelque part, c'était réciproque non ?
Sirius secoua la tête. Il avait remplacé une dépendance par une autre, et il était accro. C'était de la faute de James ! S'il ne l'avait pas négligé, non plus…
Mais que pouvait-il faire d'autre ? Enfin une femme, car c'était ce qu'elle était, qui l'acceptait tel qu'il était et non pas comme il avait l'air d'être, et surtout, qui ne tentait pas de la changer en quelque chose qu'il n'était pas, qu'elle aurait préféré. Une première pour lui. Mais finalement, ils étaient pareils. Attachés mais sans attaches. Et c'était parfait, incandescent, indécent et ardent. Parfait. Rien à voir avec la guimauve de son meilleur ami dont il se riait volontiers. Avait-il oublié les vraies joies de la vie ?
Il vit la jeune fille lui offrir un imperceptible clin d'œil. Il attendrait quelques minutes avant de s'éclipser. 10 minutes.
-J'ai oublié mon manuel, grogna Sirius en fouillant dans son sac. Je file à la Salle Commune, je vous rejoins devant la salle.
Et il fila comme un voleur. Car c'était ce qu'il était : un voleur de temps, un voleur de moments. Mais c'était ce qui rendait la chose grisante, excitante…
Peut-être que finalement, ses amis avaient raison. Il n'était qu'un pervers, mais à 18 ans, bourrés d'hormones, comment faire autrement ? Il ne pensait qu'à ça finalement : leurs corps tremblants qui s'arquaient et se cambraient, contractés et recroquevillés de plaisir, la douce et lente torture, les plaintes et la libération. Le plongeon fulgurant vers l'état absolu : repus. Et là, il avait faim.
Il passa derrière Evans et Macdonald et laissa traîner son oreille canine en ralentissant légèrement sa cadence.
-C'est étrange non ? Qu'il ne m'ait toujours pas invitée ? D'habitude il le fait 36 fois par jour, et là, rien, soupira Lily
-Si tu apprécies Potter, pourquoi tu ne l'invites pas toi même ? s'exaspéra Mary.
-Tout d'abord… Mettons les choses au clair : je n'apprécie pas Potter. Je le tolère à peine.
-T'as raison, ricana Alice.
-C'est tout à fait normal de parler autant d'un personne que tu 'tolères' à peine, releva Mary devant l'air incrédule de Lily en mimant les guillements
Sirius les dépassa en accélérant et ricana intérieurement. En fonction de comment James se comporterait avec lui, peut-être lui rapporterait-il cette conversation. Ça valait de l'or. Evans qui s'interrogeait sur Potter ? Non, vraiment. Finalement, à force de la harceler et en écoutant les conseils avisés de Remus et Anthéa, il allait peut-être réussir à prouver une chose dont il avait toujours été sûr : lui et Lily étaient faits l'un pour l'autre… Juste, Lily ne le savait pas encore.
Il en était là de ses pensées lorsqu'il pénétra dans la salle vide où sa conquête préférée l'attendait.
-Salut, Handsome, j'ai failli t'attendre, plaisanta-t-elle avec cet éclat de malice et d'espièglerie dans le regard.
-Tu pouvais commencer sans moi, la taquina Sirius avant de fondre sur ses lèvres.
Les histoires de James pouvaient attendre. Il avait quelque chose de plus urgent à traiter…
xXx
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