Pour me faire pardonner de mon long silence, voici un nouveau chapitre.

Il est très descriptif pour pouvoir mettre en place les nouveaux personnages.

J'espère que ça vous plaira et que irez de vos petits commentaires.

Bonne lecture !

XXX

Chapitre 23 – L'arrivée des délégations

Le dimanche 27 novembre aurait pu être un lendemain de soirée comme les autres mise à part que ce ne fut pas le cas. Et pour cause, tout Poudlard était en ébullition.

Les élèves étrangers allaient arriver en début d'après-midi. Tout était en effervescence.

L'arrivée des délégations d'Ilvermorny, Castlelobruxo, Mahoutokoro, Uagadou, Beauxbâtons et Durmstrang était prévue pour le début d'après-midi.

Le château avait été décoré pour l'occasion : les étendards de chaque maison pendaient sur chaque mur du hall d'entrée et derrière la table des professeurs dans la Grande Salle. Sur chaque mur de celle-ci, les bannières de Poudlard trônaient. Devant chaque bureau de directeur des maisons, ses étendards encadraient les entrées. Et à l'entrée extérieure du château, on pouvait également trouver toutes ces draperies déroulées pour l'occasion, au dessus et de chaque côté de la double porte. Les couleurs et armoires de l'écoles étaient fièrement exhibées, ainsi que les portraits et statues des fondateurs.

Divers fleurs avaient été encastrées dans les murs du château afin de lui donner des couleurs : des amaryllis, symbole de triomphe et de victoire, des anémones pour signifier la paix après des combats et le soin donné après des chagrins, des anthurium pour l'hymne à l'amour et la fantaisie, des camélias signalant la perfection et l'admiration, des bleuets pour la délicatesse, des cyclamens synonymes de confiance et la durabilité des sentiments, des cymbidiums qui invitaient au voyage, des dahlia dont le message était l'énergie, l'abondance et la générosité, les gerberas dont le langage gai suscitait l'émerveillement, des glycines associées à l'amitié, les hortensias pour la gentillesse, des iris promesses de bonheur, des jacinthes message de vitalité, des jasmins invitations au rêve, des lavandes qui accordaient la protection, les lys qui exprimaient la grandeur des sentiments, des magnolias assurant respect, des muguets soutenant la renaissance, des œillets marquant la sincérité, des oliviers présage de prospérité, divers roses et des tulipes promettant de grands moments d'émotion. Chourave comme Hagrid s'étaient surpassés sur les variations de ces plantes et sur le message à accorder aux invités, étant la première école à recevoir.

L'école n'avait jamais paru si belle et naturelle. Rusard avait dû user de tout son attirail pour rendre l'école aussi étincelante de propreté et profité des élèves punis ces dernières semaines pour la rendre si impeccable.

Tous les élèves, en file deux par deux, une fille avec un garçon, attendaient devant l'école. Les têtes de groupes étaient les premières années, à l'arrière se situaient les septièmes années. De chaque côté, les deux préfets de chaque année les encadraient. Cela faisaient 4 groupes par rangées de 7 sagement assemblés comme des centurions. Ils avaient enfilé leurs plus beaux uniformes et leurs robes les plus récentes. Ils étaient impeccablement coiffés.

Les élèves se trouvaient devant les quelques marches menant à l'intérieur et chaque directeur se trouvait au milieu de marches, derrière ses élèves. Dumbledore était au sommet des marches, en plein milieu, et couvait ses élèves du regard. Ils étaient incroyablement sages.

Les serpentards et les gryffondor avaient été mis en garde : aucun débordement ne serait accepté durant cette journée. Ils devaient montrer l'exemple et se montrer dignes de leur école. Etonnamment, cela avait fonctionné. Même les Maraudeurs et pro Voldemort se tenaient tranquilles.

Tout à coup, un point dans le ciel apparut et grossit rapidement. Un carrosse bleu pastel digne du conte de Cendrillon, de la taille d'une grand maison et transpirant la délicatesse, tiré par une douzaine de palominos ailés, atterrit près du Lac Noir. Le blason de l'académie y était présent et représentait deux baguettes d'or croisées, chacune lançant 3 étoiles. Près de 45 élèves habillés d'une robe en soie fine ou d'un pantalon et d'une chemise en lin de la même couleur que le carrosse, tous emmitouflés dans une cape de soie, sortirent en suivant leur directrice, une femme élancée et élégante à l'air légèrement hautain mais souriante, du nom de Ange Nicolas. Ses élèves étaient en rangs, stoïques et respectueux, à l'image de leur directrice. Ils transpiraient l'élégance à la française, rendant certaines Sang Pur jalouses. Leur façon de se mouvoir et de se tenir n'était pas sans rappeler les Vélanes.

Puis, un navire surgit des profondeurs du lac noir. C'était un trois-mâts, agrémenté de fanions, et dont les voiles blanches étaient de sortie, recouvertes de l'emblème de Durmstrang : deux aigles sur les bois d'un cerf. Les nombreux élèves qui en sortirent portaient des robes rouges comme le sang ainsi que des capes de fourrure animale épaisses. Les élèves avaient une carrure d'ours, mais pas plus que leur directeur, Yuri Bodrov, un homme taillé dans du marbre, à l'air revêche et sombre. Il semblait froid et distant, à l'image de son regard bleu glacier.

Une espèce de mini dôme se matérialisa près de l'orée de la forêt interdite et des adolescents portant des robes vert clair se matérialisèrent à sa sortie. L'armoirie représentait un caipora, petit esprit velu espiègle et malicieux qui veillait sur les élèves de l'école et les créatures habitant la forêt, et un curupira, créature de petite taille aux cheveux rouges et aux pieds tournés vers l'arrière, dont la vocation était de défendre les autres animaux de la forêt contre les humains. Les deux créatures se tenaient par la main dans un saut périlleux sur un fond doré et vert. Leur directeur s'appelait Akyn Almirante et était un homme très vif avec un côté hyperactif.

Les élèves de Mahoutokoro se montrèrent à dos de pétrels-tempête géants qui portaient dans leurs serres des cabines privatives servant d'appartements aux élèves. Ceux-ci étaient habillés de robes-kimonos dorées, longs pour les filles, courts avec un hakama de la même couleur pour les garçons, cachant un sous kimono et un obi. Les dits oiseaux, les pétrels-tempêtes, posés sur un cerisier servaient de représentation au blason de l'école. La directrice s'appelait Mononoké Matsuyama, une petite dame aux allures solennelles et dignes, laquelle suintait la perfection et le succès, mais de manière humble et réservée. Elle avait des yeux bridés aussi noirs que ses cheveux lisses.

Ceux de Uagadou arrivèrent sur un radeau flottant à base d'arbres millénaires, surplombée d'une cabane circulaire somme tout rustique. La troupe d'élèves portait des gamesi marron brodés de vert orange, rose et vert pour les filles, et un kanzu aux mêmes couleurs, celles de leur école, pour les garçons. Leur blason représentait un éruptif (animal ressemblant un rhinocéros), un nundu (léopard géant) un focifère (un oiseau au plumage éclatant) et un démonzémerveille (papillon géant) produisant une pierre gravée, avec une main qui s'en emparait au sommet de l'armoirie. Leur directrice répondait au nom de Bintou Ndam, une femme avec un grand sourire et très chaleureuse. C'était une femme de taille et carrure moyenne, aux cheveux tressés à l'africaine et perlés aux couleurs de l'institut, et aux étranges et fascinants yeux violets.

Enfin, un imposant van traversa les grilles de Poudlard et s'arrêta aux côtés du carrosse de Beauxbâtons. Les élèves qui en émergèrent portaient des jupes, pantalons et chemises bleus et rouge airelle, surplombée d'un nœud gordien, lequel nœud représentait chacun des emblèmes des 4 maisons. Celui-ci remplaçait d'ailleurs la marque du véhicule magique. Le directeur était un homme souriant et semblait-il chaleureux. Le nlason représentait un noeud gordien sur lequel apparaissaient le womatou, le Puckwoodgénie, l'oiseau tonnerre et le serpent cornu qui se faisaient face tels de vieux amis. Le directeur, Agilbert Fontaine, était un descendant de l'un des premiers aurors du Macusa. C'était un homme grand et avenant, tolérant et disponible pour ses élèves, le genre impartial. Il avait à peine la 50 aine, mais était un excellent directeur, tout comme il fut un grand Auror.

Pendant que le professeur Dumbledore accueillait et discutait tranquillement avec les directeurs et directrices des autres écoles, James et Sirius se lancèrent un regard entendu.

-Qu'est-ce que vous mijotez, vous deux ? demanda Remus avec un ton de reproche.

-Les filles sont super chaudes, expliqua Sirius avec sa désinvolture habituelle.

Il mit ses mains dans ses poches, se disant qu'il pourrait enfin s'amuser un peu avec de nouvelles conquêtes.

-Et les garçons aussi, remarqua James en relevant chaque potentiel concurrent.

A défaut de courir les filles, il pouvait établir des plans avec son meilleur ami. Ce n'était pas des blagues, mais cela restait de la stratégie.

-A quoi vous pensez que c'est dû ? s'enquit Peter.

-Le réchauffement climatique, s'amusa Remus sous les ricanements des deux meilleurs amis et presque frères.

Le professeur McGonagall les fusilla du regard et ils se reprirent, dos droit et regards pseudo-innocents.

-J'ai entendu dire que dans le parc de Beauxbâtons, il y a une fontaine qui possède des pouvoirs curatifs, souffla Alice.

-Elles doivent avoir des origines vélanes, répliqua Marlène avec une moue.

-C'est nous qui devons avoir des origines vélanes ! répliqua sèchement Mary avec une moue boudeuse.

Les jeunes filles stoppèrent leur discussion sous le regard empli de réprimande de la préfète en chef. A ce moment là, les directeurs des écoles principales du monde magique se mirent en marche, suivis de leurs étudiants et professeurs pour un festin digne d'un banquet de fête.

Une cinquième table avait été installée entre celles de Serdaigle et Poufsouffle, afin d'accueillir les nouveaux arrivants. Au début du déjeuner, la chorale de Poudlard chanta son hymne puis fut applaudie pour tous les élèves qui purent enfin manger.

Divers plats furent proposés : de la bouillabaisse à la blanquette de veau en passant par des crêpes au caramel salé, du ndolé au botoi, des pirojki au bœuf Stroganov avec des syrniki et des olaïï, des ramens au yakitori en passant par des rouleaux de printemps et des makis, des salades de pommes de terre au cheese cake avec des cupcakes et des Buffalo wings, et enfin des pastel de angu, des feiao tropeiro, des acarajé et des feijoada : clin d'œil aux spécialités de chaque pays accueilli.

Le professeur Dumbledore annonça que pour respecter les traditions américaines, un dîner de thanksgiving serait célébré le soir même et que pour le reste de la journée, il invitait les élèves des diverses écoles à se mélanger et à faire connaissance. Il enjoignit ses étudiants à faire visiter le château à leurs hôtes, tout en les laissant à loisir découvrir les merveilles, secrets, histoires et passages secrets de Poudlard. Si tant est qu'il en aient l'occasion De plus, les étrangers recevraient le soir même dans leurs appartements, leurs emplois du temps, puisqu'ils auraient leurs cours en même temps et avec ses futurs diplômés britanniques. A la fin du repas, chacun put quitter la table et vaquer à ses occupations.

Déjà, des groupes d'étudiants allaient à la rencontre les uns des autres.

-THÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉAAAAAAAAAAAAAAAA !

Une grande plante blonde à la peau dorée et au rire hystérique bondit dans les bras de l'interpellée, bien vite imitée par une fille qui lui ressemblait étrangement, une amérindienne et une brune, toutes deux de taille moyenne. Anthéa eut tout juste le temps de se retourner et d'ouvrir délicatement les bras afin d'y accueillir les 4 piles électriques américaines qui se jetaient sur elle.

L'une des plantes blonde, celle au rire hystérique, s'appelait Donatella Medici, originaire de Rhode Island dans l'état de New York, et issue d'une famille italienne plus que connue. Les Medici étaient une grande famille de Sang-Pur depuis la chasse aux sorcières, et avant cet événement, leur progéniture épousait des héritiers de la royauté ou de la noblesse européenne afin d'asseoir leur pouvoir aussi bien dans le monde moldu que dans le monde sorcier. Depuis, ils ne se mariaient qu'entre sorciers, mais pour autant, influençaient les moldus par des investissements. La branche principale dont était issue la jeune fille avait quitté le vieux continent pour le nouveau monde, une fois les procès de Salem terminés. Donatella était une jeune femme a priori superficielle, hautaine, vantarde et snobidarde. Pourtant, lorsqu'on creusait au delà de son individualisme et de sa prétention, c'était une adolescente perspicace, débrouillarde, dynamique et délurée. Elle était honnête, sensible, dynamique et extravertie. Et bien qu'elle soit arrogante et se sente supérieure, elle était le genre de personne à voir le côté positif chez chaque personne malgré des tendances méfiantes. Elle était douée d'un recul extraordinaire et pétillante. Rigolote, déterminée et dure à cuire, elle était populaire, était au courant de tout sur tout à chacun, et utilisait les informations détenues en cas de besoin. Mais elle restait une gamine capricieuse qui avait toujours ce qu'elle voulait. L'apparence était d'une grande importance pour elle et malgré un côté vaniteux, c'était quelqu'un de bien et de pas si sûre d'elle-même qu'elle aimait à laisser paraître derrière une grande beauté, des traits fins et aristocratiques et une aura imposante. Physiquement, elle avait les mensurations d'un mannequin, aux yeux bleu azur et à la crinière dorée.

L'autre blonde à l'accent chantant était sa cousine, Graziella Da Vinci, et l'on pouvait le deviner grâce à leurs yeux identiques. L'une des ancêtres directes de Donatella avait épousé le bâtard du grand peintre italien, son ancêtre principal. De même, sa mère et celle de Donna étaient sœurs, ce qui faisait d'elle une descendante des Medici. Face à sa cousine, elle était effacée, et cette dernière l'influençait. On voyait clairement qui avait l'ascendant. Graziella dépendait de Donatella. Cependant, elle était courageuse, audacieuse, résistance et déterminée. Introvertie du côté sentimental, elle avait une pudeur, une retenue et une discrétion qui faisaient défaut à sa cousine. Plein de valeurs et acharnée du travail, elle avait un sens critique acerbe et avait toujours les bonnes idées. Au delà de son intuition innée, elle était obstinée et redoutée, dynamique, souriante, et douée d'une grande force tranquille. C'était une personne optimiste, intelligente, souriante et raisonnable qui savait faire des concessions et avait le sens de l'honneur. Affectueuse et gentille, naïve et qui pardonnait facilement, c'était une amie fidèle et une excellente élève qui avait de la classe. A l'image de sa cousine, elle avait des cheveux dorés, un teint doré, des yeux azur et une taille mannequin.

Bonnie Lartigue, quant à elle, était la petite amie de Donatella, et était originaire du quartier du Chaudron à la Nouvelle Orléans, en Louisiane. C'était le quartier sorcier, bien que sa famille soi de sang mêlé. Elle avait été mordue par l'un des loups du bayou à l'âge de 6ans, alors qu'elle faisait une expédition avec son jeune frère, malgré l'interdiction parentale. Elle s'en était toujours voulue car si depuis elle se transformait une fois par mois, son cadet d'un an était décédé de ses blessures. Sa chance fut qu'aux Etats-Unis, les loups-garous n'étaient pas des parias, contrairement à l'Europe Occidentale, mais plutôt grandement aidés, avec des heures aménagées à l'école et au travail en vue de leur condition. Les Etats-Unis magiques étaient d'une grande tolérance et ne souhaitaient pas que des loups garous s'en prennent aux non maj, de ce fait, ils faisaient tout pour les intégrer à la société. Les avancées et théories de Norbert Dragonneau, ignorées en Europe occidentale, avaient été utilisées à bon escient dans le Nouveau Monde. De part sa malédiction, la jeune femme avait le sens du sacrifice et beaucoup de recul en plus d'un côté solitaire. Elle était surtout la plus mature. Elle était forte et courageuse et n'hésitait pas à se battre, malgré le mal qu'elle avait à s'attacher. Elle avait un côté secret et pouvait être très silencieuse, pourtant, elle avait de l'humour et aimait croquer la vie à pleines dents. Elle avait apprit à s'ouvrir à Ilvermorny grâce à Anthéa, Tallulah, mais surtout Donatella qui lui avait appris à moins se prendre la tête entourée de son nouveau 'clan'. Elle avait une belle chevelure marron glacés au regard cerise et des formes voluptueuses. Elle était la confidente attitrée des gens, l'oreille à laquelle se confier et l'épaule sur laquelle pleurer. C'était une personne très attentive, idéaliste, passionnée et qui n'avait pas la langue dans sa poche, bien qu'elle ne supporte pas l'excentricité. Protectrice et terre à terre, elle était très franche, curieuse, directe, endurcie et active, avec un petit côté taciturne à cause de la vie qui n'avait pas été tendre avec elle. Pressée et rapide, elle était adaptable, ouverte, souple, mais également hypersensible.

La petite dernière du groupe répondait au nom de Tallulah Hunt et était une sorcière amérindienne de l'Alaska, une famille de sang pur qui ne se mélangeait pas aux sorciers à baguette, mais seulement entre amérindiens, même de différentes tribus. De ce fait, elle était thérianthrope : une lynx garou. En effet, chaque tribu avait été bénie par l'esprit d'un animal totem avec lequel ils naissaient, dont ils avaient le caractère et les aptitudes, et en lequel ils pouvaient se transformer à volonté. Elle avait le teint olive, les cheveux noirs comme l'ébène malgré des reflets violines, et les yeux améthyste, une taille plutôt moyenne, et un corps harmonieux. A l'image de Graziella, elle était sensible, introvertie voir un peu coincée. C'était un caractère lunaire, rêveuse et un peu fragile lorsqu'on touchait à sa fierté, d'un grand calme, très gentille, ingénue. Malgré cela, elle était passionnée, loyale, intègre, avec des tendances à être farouche, hargneuse et très courageuse lorsque cela s'y prêtait. Il était difficile de l'approcher. Elle avait ce côté plat aquatique et pourtant trépidant comme la nature, ce qui avait donné son prénom qui signifiait « eau bondissante ». Elle était la meilleure amie d'Anthéa en laquelle elle s'était trouvé une âme sœur et à laquelle elle était dévouée. Elle avait un côté discret et secret, et devinait quand on lui cachait quelque chose. Elle était clairvoyante (elle découvrait les mensonges et les secrets grâce à son sens de l'observation), lucide, et avait un grand sens du discernement. Elle voyait les choses au delà des apparences et il était facile de lui faire confiance. Elle était, avec Anthéa, la première à qui Bonnie s'était confiée. Tallulah dégageait une grande énergie, une force tranquille. Elle était passionnante, intrigante, elle ne se faisait pas souvent remarquer. Elle avait la parade et était majestueuse, sage et mystérieuse. Elle avait connu le racisme, oh ! ça oui. Auprès des non maj, parce qu'elle était une native américaine, auprès de la communauté magique, car comme tout amérindien, elle naissait thérianthrope. Heureusement pour les siens, les sorciers des Etats-Unis étaient aussi tolérants qu'Ilvermorny était égalitaire. Contrairement aux tribus entourant Ilvermorny, la sienne ne se mélangeait pas avec des externes à leur culture, tout au plus, à des natifs issus d'autres clans d'indiens. Elle avait donc le Sang-Pur, car tous les autochtones d'Amérique étaient sorciers, des sorciers au mœurs, croyances, et pratiques à part, mais des sorciers tout de même. Peut-être même les seuls Sangs Purs d'Amérique.

Mais il n'y avait pas qu'eux, et ça, tous le remarquèrent.

Patrick Mathers était un enfant de non maj originaire de Boston dans le Massachussetts, dont les racines remontaient aux premiers colons irlandais, issu de l'union d'une prostituée qui avait fait une overdose dans sa petite enfance, et d'un père dealer qui passait plus de temps en prison qu'à l'extérieur. Il avait été balloté de familles d'accueil en foyers pour jeunes. En arrivant dans le monde de la magie et à Ilvermorny, il avait pu retracer son ascendance et constaté qu'il descendait directement du révérend Cotton Mathers, l'homme qui avait présidé les procès de Salem. Ce pauvre homme avait épousé une sorcière qui avait réussi à en finir avec la chasse aux sorcières grâce à cette union. De celle-ci, fut issu un Cracmol à qui elle cacha ses dons et qui fit sa vie parmi les non maj. La dure vie qu'avait vécu l'enfant en avait fait un jeune homme brutal, casse cou, violent, avec de lourds problèmes de gestion de la colère et addict aux sensations fortes. Pour plaisanter, ses amis le comparaient à un cognard. Il était bruyant, sans aucune discrétion, irresponsable et tête brûlée, pour autant, il avait un grand charisme, était téméraire, provocateur et audacieux. A cela, s'ajoutait son adoration pour l'infraction des règles. Il était prêt à tout pour obtenir ce qu'il voulait, quitte à flirter avec l'illégalité. C'était un brun à forte carrure qui aimait la bagarre et les risques et qui ne se laissait pas faire. Son regard vert pistache, très clair, pétillait de malice et on lui aurait donné le bon Merlin sans confession.

A ses côtés, se tenait Jackson Montgomery, fils d'un chef de gang de bikers californien, à San Francisco, qui revendait des armes dans les états limitrophes et ceux d'Amérique latine les plus proches. Lui aussi était un enfant de non maj. Il n'avait aucune empathie, il était calme, posé, préparé mais également acharné, le genre à toujours avoir le dernier mot. Il était un conseiller, le plus responsable de la bande, celui qui modérait les ardeurs et qui était rarement sur le devant de la scène, a toujours agir dans l'ombre tel un marionnettiste. Il avait un côté paternaliste avec ses proches, mais lorsque l'on sortait de son cercle, il ne se préoccupait plus de rien. Il avait un côté antisocial inquiétant et apparaissait comme différent des autres. Il avait une aura imposante, il avait du succès auprès des femmes, et cela se comprenait, rien qu'avec son regard cannelle.

Fermant la marche, se trouvait Keagan Fitch, un sang mêlé de Pittsburg, Pennsylvanie. Il était gay et s'assumait autant que Donatella de ce point de vue là, mais cela n'avait pas toujours été le cas. Ses prunelles étaient ocres et joyeuses, et ses cheveux blonds cuivrés tombaient en mèches sur ses yeux. Avec sa frimousse adorable et un corps relativement frêle il faisait bien plus jeune que son âge. Il était rigolo, excentrique, blagueur mais également très maladroit. Joueur et turbulent, c'était un hyperactif plein d'entrain. Malheureusement, le tout combiné faisait qu'on ne le prenait jamais au sérieux, ce qui le rendait à fleur de peau. Il avait une excellente mémoire et ne disait que la vérité, souvent bien malgré lui, quitte à créer des malaises. Il participait aux coups foireux de Patrick sans jamais se rendre compte dans quoi il était entraîné. Il servait de tampon en cas de conflits qu'il abhorrait, et était toujours inquiet pour le maintien de son groupe.

Les jumeaux abandonnèrent leurs amis Poufsouffle afin de faire découvrir le château à leurs amis américains, suivant les indications de leur parrain. Cela leur permis de se retrouver : la dernière fois qu'ils s'étaient vus, c'était en juin, soit plus de 5mois.

Ils purent leur faire apprécier la beauté de la campagne écossaise environnante, la fascination et la magie du château, l'aspect mystérieux de la forêt interdite, et surtout, l'immensité du parc.

Tallulah laissa sa main glisser dans celle de sa meilleure amie et l'entraîna discrètement avec elle loin de leurs amis. Comme deux âmes sœurs qui cherchaient à se retrouver en tête à tête avec leurs liens privilégiés, elles se laissèrent tomber main de la main sur la pelouse qui commençait à givrer, au pied du chêne pleureur à la berge du lac, cachées par le feuillage.

-Comment vas-tu T. ?

Anthéa sourit doucement devant ce surnom que seule sa troupe d'américains utilisait.

-ça va… Et toi Lula ?

Tallulah claque sa langue contre son palais et tourna la tête vers la Dragonneau.

-Tu sais… Tu sais que je sais ! se retint-elle de crier.

-Que…

Tallulah se releva et lui asséna un regard empli de reproches.

-Ne me prends pas pour une idiote ! Crois-tu que je n'ai rien vu ? Tu es au courant : je reconnais quelqu'un qui cache, dissimule, couvre, enrobe, empire, améliore, ou modifie la vérité. Tu ne vas pas bien !

La Poufsouffle carra sa mâchoire et ferma les yeux, tandis que l'indienne de la maison Oiseau-Tonnerre plissait les yeux dans sa direction.

-Tu le caches, mais tu es secouée de tremblements, signe de manque. Tu es redevenue accro aux potions de sommeil sans rêves, de philtres de paix, et d'elixir d'euphorie, et je ne parle même pas des herbes et plantes que tu dois subtiliser dans les serres, telle que je te connais ! clarifia l'américaine d'un ton autoritaire.

Anthéa rouvrit ses yeux et plongea son regard lagune, glacier, ciel, océan et mer, dans celui améthyste de Tallulah.

-J'en ai besoin pour tenir, expliqua-t-elle. Et je gère. Cesse de t'inquiéter ainsi, claque-t-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

-Bien sûr, ricana Tallulah.

-Je le contrôle ! explosa la binationale.

Elle se releva et fusilla sa meilleure amie du regard avant de reprendre.

-Ce n'est pas du manque mais de la fatigue, nia-t-elle, je ne dors toujours que quelques heures pas nuit ! Et puis, tu sauras, que mon traitement, les potions et les plantes que mes professeurs me donnent sont suffisantes et ne rendent pas accro !

-Mais celles que tu te prépares en douce si ! Elles ont des effets secondaires… tu nous as déjà fait le coup une fois, et on en connaît le résultat.

L'héritière des Dragonneau se retrouva sur ses pieds aussi vite que dire Quidditch se fait, et lança une regard noir à l'autre.

-Je n'entends presque pas les voix dans ma tête. Je ne ressens quasiment plus les émotions et sentiments qui m'entourent dans mon cœur. Je suis apaisée et ça fonctionne très bien ainsi. Je ne bride plus ma legilimancie, je l'utilise spontanément quand je me sens en surcharge afin de me libérer, et le tout, sans violer l'intimité des personnes, seulement en cherchant un souvenir inutile et banal, ou qui puisse me servir le cas échéant. Quant à mon empathie inhérente à mon don, elle ne me torture plus. Peu importe comment je me débrouille, je ne ferai pas de surcharge, et je n'exploserai pas. Tout va bien, je t'assure. Alors ne m'emmerde pas avec ça !

L'amérindienne se leva doucement à son tour

-Très bien, tempéra Tallulah. Mais si tu as un problème, dis le à quelqu'un. Ton parrain, ta marraine, ton jumeau, même tes parents.

Elle prit les mains de la Poufsouffle dans les siennes.

-Sinon, nous allons nous inquiéter pour rien, ajouta-t-elle .Tu es différente depuis … l'accident, tenta-t-elle. Tu es plus en retrait… Tu donnes une impression de perfection, mais nous savons toutes deux que ce n'est pas réel.

Un voile de tristesse noya les prunelle de la binationale.

-Je ferai toujours semblant… sourit Anthéa. Un faux sourire, c'est tout ce qu'il faut pour embobiner un monde.

L'amérindienne plongea son regard violet dans le bleu des yeux de sa meilleure amie.

-Avant, tu étais vivante, un vrai soleil pour ton entourage. Maintenant, c'est à peine si on t'entend parler ! On ne peut pas se retenir à ce point là, quand bien même on n'est pas entourés des gens qu'on aime ! s'impatienta l'américaine.

-Je n'ai pas vraiment le choix, répliqua la Poufsouffle d'une voix acide. Ce n'est pas comme si qui que ce soit avait envie d'écouter ce que j'ai à dire depuis…

-bien sûr que si, et tu le sais, tu ne veux juste plus te mêler aux autres !

Tallulah se radoucit et tourna le dos à la britannique.

-Il faut que tu te laisses vivre, que tu redeviennes toi-même, sinon, tu vas perdre la tête, et personne n'a envie de ça, surtout pas toi. Tu es legilimens, tu sais quand faire confiance aux autres, alors ouvres toi donc ! Redeviens la fille spontanée et naturelle que tu as toujours été !

Elle se retourna afin de planter son regard dans celui d'Anthéa.

-Ne crois pas que ça rajoute à ton mystère, c'est juste passablement agaçant, t'as… tu as l'air d'une de ces pétasses qui pète plus haut que son cul ! Franchement T., depuis quand tu en as quelque chose à foutre de ce que l'on va penser de toi ? A trop te retenir tu vas déraper… Le syndrome post traumatique, c'est bien joli, mais tu es une battante, alors fais ce qu'il faut. S'il te plaît ? insista-t-elle devant le visage impassible de son vis à vis.

Anthéa acquiesça et regarda son amie la devancer doucement. Sa main fut secouée d'un léger tremblement qu'elle stoppa en serrant son poignet dans sa main, avant de croiser ses bras dans le dos et de suivre Tallulah sagement.

Sa meilleure amie n'avait pas tort, peut-être que la période de deuil et des regrets devait prendre un terme, à présent, sinon, elle n'irait pas bien loin.

Mais pour le reste, elle gérait, il n'y avait aucun problème, et elle n'allait certainement pas faire paniquer inutilement les autres avec quelques doutes.

Ses reflux magiques, c'étaient son affaire, et celle de personne d'autre.

Quoiqu'il lui en coûte.

XXX

Tadam ! J'espère que ça vous a plu malgré les passages très descriptifs. Ne vous inquiétez pas, je ferai quelques rapides rappels sur les nouveaux personnages afin de ne pas vous perdre.

Que pensez-vous de ce chapitre? Avez-vous des théories, des idées sur ce qui va suivre?