Salut à tous et BONNE ANNEE 2019 !
Pour fêter tout le bonheur du monde, je n'ai pris aucune bonne résolution, mais en revanche, je vous poste un noubeau chapitre!
Ne vous fiez pas au début très léger et olé olé, ni au milieu fleur bleue et mièvre (désolée, passage obligé !).
J'espère que la fin vous surprendra.
Bonne lecture!
xXx
Chapitre 25 - Questions existentielles
Anthéa était en compagnie de Greta à la bibliothèque afin de finaliser un devoir d'arithmancie particulièrement corsé. Elles étaient installées à une table du fond, près d'une fenêtre. Greta, de son côté, se creusait la tête sur une traduction de runes.
Des gloussements agacèrent fortement Anthéa, ce qui lui fit froncer ses délicats sourcils. Après tout, l'antre de la 'jeune' Mrs Pince était sensée être silencieuse, c'était dans la définition de bibliothèque. Si elle désirait avoir un arrière fond sonore, elle serait restée dans sa salle commune ou en étude. Elle soupira et se retourna, prête à en découdre, mais lorsqu'elle croisa le regard chocolat de son meilleur ami, elle se radoucit. Celui-ci et son fidèle acolyte aux orbes gris perle se faisaient draguer par de jolies françaises aux tenues beaucoup trop légères pour la saison prochainement hivernale de l'écosse, mais cela ne dépendait pas vraiment d'elles.
Elle se retourna pour croiser le regard bleu comme un glacier d'un vert et argent. Il était grand et bien bâti, et il fallait le dire, très bel homme, en plus d'un excellent amant. Ses cheveux parfaitement coiffés et d'un noir d'onyx s'accordaient à merveille avec la froideur de son regard si clair, presque translucide, sa barbe de trois jours finement taillée, ses traits aristocratiques, son air hautain, et son attitude dédaigneuse. Peu importe qu'il soit distant et qu'il dégage quelque chose d'un poil malsain comme la plupart de ses camarades, Evan Rosier était impassible, insondable, élégant, intrigant et attirant, et Anthéa adorait les défis. Elle avait bien dit à son jumeau et son meilleur ami qu'elle laissait de côté Lestrange, elle avait bien le droit de s'amuser un peu avec celui qu'il lui restait. Après tout, déstabiliser les petits Princes des Serpents ne pouvait être qu'une bonne chose. Ah ! Il fallait voir la tête de Lestrange lorsqu'elle avait tout arrêté entre eux. Pas besoin d'être empathe ou legilimens pour savoir qu'il l'avait mal pris, bien qu'il n'en laisse rien paraître.
Ce fut sur cet entre fait que la jeune jaune et noir rejoignit le Serpentard dans l'allée la plus reculée, la plus sombre, mais surtout la moins fréquentée de la bibliothèque. La poussière était là pour en attester.
Elle trouva le jeune homme adossé contre l'une des étagères remplies de livres anciens et grimoires poussiéreux, les bras croisés sur son torse, le visage impénétrable.
-Je me demandais si tu comprendrais le message ou si tu m'ignorerais, avoua-t-il du ton le plus froid et plat possible.
-Et pourquoi donc, je te prie ? s'étonna la jeune fille.
Elle s'arrêta à quelques centimètres de lui, les mains dans les poches et un air défiant sur le visage.
-N'est-ce pas ton genre ?
La jeune femme haussa des épaules et secoua la tête, faisant virevolter ses mèches rebelles le long de son visage.
-Possible, avoua-t-elle, pourquoi est-ce que ça ressemble à un reproche ?
-Absolument pas, assura-t-il avec un air mesquin, quelque part, j'ai gagné.
La Poufsouffle soupira, ainsi donc, c'était cela. A vrai dire, elle n'aurait pas dû en être étonnée outre mesure. Il était vrai qu'elle ne s'attachait jamais à ses partenaires, mais il arrivait qu'elle ait ses favoris, ceux vers qui elle revenait régulièrement durant une période plus ou moins longue. Ayant ignoré les Serpentard après avoir cédé à son jumeau et son meilleur ami, nul doute qu'il pensait être passé à la trappe. Alors que finalement, le seul auquel elle avait renoncé, c'était bien Lestrange. Car, même si elle répugnait à l'avouer, elle jouait à un jeu malsain avec le jeune homme. Jouer avec le feu était dans la nature profonde de la Dragonneau. Après tout, ce que sa grande tante avait pu faire à son père et son oncle ne les regardaient en rien et était passé. Pour autant, ça avait été plus fort qu'elle : on ne touchait pas à son père. Ni à sa famille en géranl. Et puis, manipuler l'hériter sang pur, passer du bon temps à ses côtés, et l'abandonner sans regret ni peur l'avait blessé même (et pourtant, on disait les Serpentard intouchables), peu importe qu'il le cache à merveille ou qu'il n'en montre rien. La legilimancie et l'empathie de la jeune femme ne mentaient jamais. Si elle avait eu plus de temps, elle aurait pu réduire son cœur en miettes, pourtant, elle avait décidé d'entendre raison. Mais ne plus passer de temps avec Evan Rosier à cause de sa maison ? C'était mal la connaître ! Elle n'était pas du genre à juger sans creuser un minimum et puis… La maison des Blaireaux était la plus juste et impartiale ! Et puis, cette compétition, même entre 'amis' ? C'était malsain. Mais si cela pouvait leur faire plaisir…
Ils se plaisaient, ils s'attiraient, et pourtant, ils ne s'étaient encore jamais touchés, attisant un désir ardent, préférant les discussions au détour d'un couloir ou d'un cour, dans des salles désertes, dans le parc ou sous une tapisserie. Ce n'était pas comme si l'un ou l'autre voulait que leurs rencontres, bien que platoniques, ne soient connues de tous. Il y avait l'interdit, le danger d'être surpris qu'elle ne partageait plus avec Sirius depuis que les Maraudeurs savaient. Il avait un regard vide qui semblait s'animer que lorsqu'il croisait la jaune et noir. Sa compagnie était agréable, sa discussion intéressante, et cela le changeait des écervelées qui l'entouraient. De plus, elle était particulièrement belle.
Le secret que Sirius avait fait la bêtise de gâcher en révélant tout à ses amis existait entre les deux jeunes gens, et cela était terriblement excitant. Le côté interdit n'était que la cerise sur le gâteau.
Mais voilà, Rosier n'était pas du genre patient, et surtout, lorsqu'il décidait qu'il était temps, mieux valait obtempérer.
A priori, il s'était décidé.
-Evidemment, tu es l'un de mes préférés, consentit-elle l'air de rien, consciente de l'effet qu'elle faisait aux hommes.
-Crois-tu que je sois du genre à me laisser berner par un si vile compliment ?
-Tu penses bien que je suis à tes pieds et que je ferai le premier pas, alors…
Avant même qu'elle n'ait eu le temps d'anticiper, le brun la plaqua avec force mais douceur contre une étagère, pressant son corps contre le sien, et força un passage entre ses lèvres avec fougue, alors qu'elle s'activait pour le contenter de manière bien plus sensuelle. C'était bien mieux que ce qu'ils avaient imaginé. Instinctivement, l'une de ses jambes se cala contre la hanche du sang pur, et ses mains dans son dos ou son torse.
-Je n'ai pas beaucoup de temps, souffla-t-elle.
Il s'appliquait à lui donner des frissons en insistant sur la peau la plus fine de son cou, et descendait toujours plus bas, tout en grippant sur l'élastique de ses bas alors qu'il caressait sa cuisse. Cela lui coupait le souffle.
-Ca me va parfaitement… susurra-t-il contre elle, la voix rauque.
Les caresses de sa camarade le faisant frémir et trépigner sur place d'impatience, bien qu'il n'ai pas prévu de se précipiter, non, il comptait bien se délecter de chaque instant et prendre son temps.
On pouvait bien dire ce qu'on voulait, Evan Rosier était plein de surprise.
Dedalus Diggle était un garçon brun aux yeux noisette assez populaire dans sa maison. Enfin, populaire, c'était surtout ses meilleurs amis. Lui, il était plutôt pas très malin, peu prudent, et avait tendance à ne pas réfléchir avant d'agir ou de l'ouvrir, entraînant multitude d'accidents et autres catastrophes. Il était maladroit, et très peu concentré, au grand dame de ses professeurs. Mais il s'agissait du petit comique et mime de la bande, très à l'écoute malgré des conseils à côté de la plaque, adorant faire des grimaces et qui rigolait toujours. Il était extraverti, agité, et n'avait pas peur du ridicule, ce qui ne gâchait pas le fait que les autres le trouvaient 'adorable'. Il avait un certain charme et avait tout du parfait poufsouffle : juste, gentil, respectueux et loyal. Il avait un côté paresseux et impatient et était très respectueux, et était en possession de la parfaite baguette pour quelqu'un comme lui : un bois de cornouiller qui était divertissant, bruyant, et qui amenait à des situations amusantes et excitantes.
Il se baladait ainsi dans les méandres de la bibliothèque. Ses 3 fidèles comparses s'entraînaient sur le terrain, Dorcas et Emmeline devaient probablement être en train d'étudier ou de se lancer dans une quelconque compétition, Hestia était dans la salle commune en train de peindre, et il venait de croiser Greta à une table d'étude.
Il appréciait beaucoup Greta avec son côté rêveur et naïf, et malgré sa timidité latente, elle attirait les gens qui ne pouvaient s'empêcher de se confier à elle, bien qu'elle ne cherche pas spécialement à en arriver là. Heureusement pour eux, elle n'était pas comme Bertha Jorkins ou Rita Skeeter. Malgré une apparence froide due au fait qu'elle soit introvertie lorsqu'elle sortait des carcans de son entourage, elle était adorable et toujours de bonne humeur, et agissait comme un aimant sur autrui. A l'inverse, Hestia était une pile électrique excentrique pleine de joie de vivre, très ouverte, sociable et qui allait vers les autres sans difficultés, lesquels l'adoraient facilement. Finalement, elles se complétaient là où Emmeline et Dorcas se ressemblaient énormément. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, c'était bien Greta qu'il préférait.
Enfin bon, tout cela pour dire qu'il vagabondait de plus en plus loin dans la bibliothèque à la recherche d'Anthéa puisque son amie s'inquiétait de ne pas la revoir partir. Nul doute qu'il allait la trouver à bouquiner directement dans une section ou une autre, adossée contre une étagère, assises à même le sol et en tailleur.
Le jeune homme entendit un bruit étouffé et s'approcha. Ce qu'il vit derrière l'une des étagères entre plusieurs livres le fit écarquiller les yeux, il partit prestement, et pour une fois, sans se cogner, tomber, casser quelque chose…
-Ben, tu n'as pas trouvé Théa ? s'étonna Greta à voix basse et en fronçant des sourcils en le voyant revenir alors que son ami revenait livide.
-Elle ne… ne devrait pl … plus tarder, bégaya le garçon les yeux dans le vague. Tu … Tu crois qu'on peut se lancer soi-même un oubliette ?
-Certainement pas ! le gronda gentiment Greta. Et certainement pas toi, tu es tellement maladroit que tu pourrais te retirer tout souvenir de ta propre identité. Pourquoi cette question ?
-J'ai mal compris le cours sur les oubliettes, mentit Dedalus en se dandinant sur sa chaise, mal à l'aise.
-Demande à Théa ou Rich, ils ont déjà vu ça à Ilvermorny, lui proposa doucement Greta en tapotant la main de son ami.
Dedalus croisa les bras sur le bois de la table et laissa sa tête reposer entre ceux-ci. Heureusement pour lui Greta était trop naïve et confiante vis à vis de ses amis, elle n'avait donc pas trouvé étrange qu'il se pose des questions sur un cours des semaines plus tard…
-Dedalus ? Quelque chose ne va pas ?
Anthéa s'installa à côté de Greta et à la diagonale de son camarade avec un sourire sincèrement inquiet. Celui-ci secoua la tête si vivement que toute la bibliothèque pour profiter du crac douloureux de sa nuque, ce qui fit esquisser un petit sourire à la binationale, et une moue compatissante à l'adorable Greta.
-J… j'ai fait un c… cauchemar, balbutia le jeune homme en évitant son regard.
Il regardait vers la gauche, signe qu'il inventait un mensonge, bien que ça n'en soit pas réellement un. Franchement, qui voulait voir un de ses amis dans une telle posture, et avec une personne qui avait autant de sentiments qu'un détraqueur ? Personne, cela allait sans dire. Et puis, la jeune fille n'était pas dupe, elle ressentait clairement, grâce à son empathie inhérente à sa legilimancie, qu'il était mal à l'aise, comme si quelque chose l'avait profondément choqué, qu'il s'en sentait honteux. Et bien que la tentation soit forte, elle se retint d'aller voir ce qu'il se cachait dans son esprit. Après tout, chacun avait le droit à son jardin secret.
-Ded' voulait revoir certaines choses au sujet du sort d'oubliette, intervint doucement Greta.
-Si tard ? s'étonna la brune en regardant son amie, perplexe.
-J'ai révisé, mentit Dedalus en haussant des épaules.
Sa camarade se leva et s'installa à ses côtés afin de lui expliquer ce qu'il n'avait, soi disant, pas compris. Dedalus l'observait du coin de l'œil, en se demandant comment elle pouvait paraître si égale à elle-même comme si de rien n'était… Oh, il n'était pas dupe, il savait pertinemment qu'on ne jugeait pas autrui à sa famille ou sa maison, après tout, n'étaient-ils pas dans la maison de la justice et de la tolérance pour rien, n'est ce pas ? Mais pourtant… Elle agissait comme si de rien n'était. Il avait appris à la connaître un minimum, du moins il aimait le penser, et il savait qu'elle ne mentait jamais. Pour autant, elle cachait bien son jeu, il fallait bien l'admettre. Qu'à cela ne tienne, des révisions en sortilèges avec une élève qui avait une excellence certaine dans le domaine ne lui ferait pas de mal. Après tout, il avait bien besoin d'un Optimal pour accéder au département des catastrophes magiques !
Alice était une jeune femme au visage rond orné d'une paire d'yeux marron alezan. Ses cheveux bruns coupés à la garçonne lui donnaient un air facétieux de lutin de Cornouailles, et sa peau blanche, presque laiteuse, était semblable à de la porcelaine et ressortait davantage avec les nuances chocolats de ses orbes et de sa tignasse. C'était une jeune femme mignonne, gentille, avenante, adorable, calme et discrète, mais surtout rêveuse, avec un côté reclus. Pour autant, cela ne l'empêchait pas d'être horriblement franche, avec un détachement vis à vis des conséquences affolant, bien qu'elle ne se rende jamais compte des potentielles blessures qu'elle pouvait infliger. Elle était bien trop bienveillante pour cela. Elle parlait de manière littérale et ne disait que la vérité crue, mais elle était réconfortante, douce et diplomate, paradoxalement, que personne ne pouvait réellement lui en vouloir. Elle était pragmatique et méticuleuse, percutante, voilà tout.
Frank vénérait chaque défaut et qualité de son amie. Il avait un besoin d'harmonie qu'elle lui offrait par sa simple présence, si douce et efficace. Il était jovial, fin psychologue et sensible aux autres, ce qui le liait beaucoup à la jeune femme, et il arrivait étrangement à la tempérer dans ses propos. Il était intuitif, attentif, tranquille, et doté d'une grande paix intérieure… Ou était-ce Alice qui le lui apportait ? Il n'en savait rien et s'en moquait bien. Il était fort et doux à la fois, émotif mais si retenu, tendre et adorable. Il adorait ce qui était sain, la sécurité, la méditation, et surtout, son espace privé, et Alice n'empiétait jamais là dessus, contrairement aux filles qui le courtisaient. Car oui, Frank était bel homme. Il avait les cheveux blonds comme les blés, avec des yeux couleur caramel qui montraient sa détermination.
Ainsi, Frank se baladait dans les couloirs, jetant un œil à sa montre : un beau bijou à bracelet qui donnait des événements, indications et obligations à chaque horaire, tels que ses rendez-vous, ses obligations, les heures de repas, de sommeil, les dates d'anniversaire… Lily avait parlé d'une sorte d'agenda, même s'il ne voyait pas bien ce que c'était.
Il commençait à faire froid en Ecosse, en ce début de mois de décembre, il avait donc pris gants, écharpe et cape d'hiver, ainsi qu'un bonnet offert par sa chère mère, la froide et fière Augusta. Mais elle l'aimait, sa mère, rien à voir avec la marâtre des Black, et pour avoir vu cette horrible bonne femme à divers banquets, soirées, gala, œuvres de charités sang pur, il savait de quoi il parlait…
Il en était là de ses réflexions lorsqu'il croisa Anthéa qui sortait d'un escalier mobile, bien vite caché par la statue d'une gargouille. Fronçant des sourcils, le jeune homme interpella sa camarade qui avait les yeux dans le vague. Celle-ci releva la tête, un peu perdue, comme revenant de sombres pensées.
-Oh, salut Frankie ! s'exclama-t-elle joyeusement en allant à sa rencontre.
Frank lui offrit une accolade sincère à laquelle elle répondit. Il appréciait beaucoup la jeune femme. Certains diront qu'elle était froide, calculatrice, manipulatrice, mesquine, sans cœur, égocentrique… Sans doute cela était-il vrai ! Mais n'était-ce pas, surtout, une carapace, pour se protéger ? Car il ne faisait nul doute qu'elle était aussi gentille et bienveillante que n'importe quel Poufsouffle, la maison la moins 'respectée' de l'école, et pourtant, ce n'était pas comme si ses étudiants étaient de bonnes potiches ou des victimes, loin de là ! Ils étaient aussi audacieux que des gryffondor, intelligents que des serdaigle, et déterminés que des serpentards. Finalement, Poufsouffle cassait les codes, et c'était une bonne chose de sortir des préjugés, d'autant plus avec les temps sombres qui prenaient place.
Après tout, cette année, il fallait être aveugle pour ne pas remarquer le nombre croissant des disparitions, tortures et meurtres de la péninsule britannique. Il fallait être plus mou qu'un verracrasse pour ne pas comprendre ce qu'il se tramait, au delà des murs réconfortants de Poudlard ! Après tout, à chaque arrivée des hiboux, ne voyait-on pas des élèves pleurer… Dans la journée, régulièrement, un directeur de maison ne venait-il pas chercher un élève que l'on trouvait secoué ou amorphe suite à cet entretien inopiné ?
-Frank, à quoi penses-tu ?
Les deux jeunes gens avaient repris leur marche à travers les couloirs ouverts par des arches de pierre du rez de chaussée, et se dirigeaient vers un banc de pierre légèrement gelé par cette fin d'automne, situé dans la cour intérieure de l'établissement.
-McGo est venue chercher Effy et Flitwick Joan avant l'heure du déjeuner, pendant le cours de botanique, avoua à mi voix le blond, j'espère que ce n'était pas trop grave.
Joan Fawley était une serdaigle de leur année qui vivait à Flagley Le Haut, au nord Ouest de l'Angleterre, dans le Yorkshire. D'une lignée de Sang Pure, une des 28 premières familles de sorciers de Grande Bretagne et d'Irlande, les 28 sacrés, dont lui même faisait partie. Il était ami d'enfance avec la jeune femme, après tout, elle aussi, il la croisait à chaque événement mondain des hautes sphères de la société sorcière. C'était une jeune femme pleine d'humour et de vie, toujours d'humeur égale, mais bien trop retenue pour une adolescente de 17ans. Cela venait de l'éducation noble, forcément. Elle était jolie, élégante, mais terriblement maladroite, la pauvre. Une belle et petite sorcière aux cheveux châtains et aux yeux sombres mais pétillants. Ce jour là, elle avait été interceptée par Flitwick… Un membre de sa famille devait être à Ste Mangouste, ou décédé durant l'attaque du Chemin de Traverse du matin même. Pourquoi cela leur était-il arrivé ? Juste au mauvais endroit, et mauvais moment. Loin d'être des traîtres à leur sang ou des fanatiques de pureté du sang, les Fawley étaient simplement neutres. Peut-être auraient-ils dû prendre parti … Anthéa appréciait la jeune Fawley qui était sa voisine en cours de sortilèges Poufsouffle - Serdaigle.
Elizabeth Martin, communément surnommée Effy par ses paire, était une adorable blonde, de taille moyenne, et de sang mêlé. Son père était un moldu, et sa mère, une née moldue. Elle avait d'énormes yeux verts forêt, une peau légèrement bronzée, qui faisait ressortir l'éclat doré de sa chevelure frisée. Elle était du genre hyperactif et bavard, mais n'avait aucune once de méchanceté en elle. Elle jurait comme un charretier, et était brusque, parfois agressive, mais était quelqu'un de profondément bon. C'était, finalement, sa manière de se protéger du racisme de la société sorcière. Parce qu'elle en avait dans la tête et était d'une loyauté sans faille envers ceux qu'elle aimait, bien qu'elle ne le montre de manière malhabile. Sa famille avait été attaquée, sa mère était à Ste Mangouste, fort heureusement, son père était en voyage séminaire d'affaire… Sa mère avait juste fait l'erreur d'aller dîner sur la rue sorcière de Londres avec des anciens camarades de classe, et voilà le résultat… Tout au moins, était-elle toujours en vie.
-C'est de plus en plus fréquent, affirma sombrement la brune avant de saisir le bras de son camarade à cause du vent glacial extérieur.
D'un coup de baguette, Frank réchauffa le banc et offrit le bonnet de sa chère mère à la jeune fille. Le blanc du bonnet faisait ressortir davantage son teins hâlé, preuve d'aïeuls amérindiens du côté de sa mère, comme cela arrivait souvent pour les étudiants d'Ilvermorny, et ses cheveux noirs ténèbres au doux reflets auburn et bleutés.
Frank s'installa également aux côtés de la Poufsouffle et la laissa se blottir contre lui. Elle n'était pas du genre démonstratif, mais cela ne le dérangeait pas le moins du monde, il l'appréciait sincèrement au delà des apparences. Et il se rendait bien compte que c'était réciproque.
-Avec qui vas-tu au bal ? demanda-t-elle soudainement.
Elle planta son regard arborant divers teintes de bleu vers celui du rouge et or.
-Personne pour le moment…
-Mais tu as une idée en tête, devina la jeune fille avec un sourire entendu
Les joues du garçon se mirent à chauffeur malgré le froid mordant et il détourna les yeux, prenant en passion la pointe de ses chaussures vernies.
Il avait pensé à inviter Alice, en tant qu'ami. Et puis, il s'était interrogé. On n'invitait pas une amie au bal ! On pouvait lui proposer une danse pendant un bal, pour passer du temps avec, mais l'invitation à un bal sous entendait une attirance, des sentiments… Aimait-il Alice ? Il la connaissait depuis si longtemps, il ne l'avait jamais vue autrement que comme une amie très chère à son cœur. Mais l'amitié et l'amour étaient-ils si semblables qu'on ne remarquait pas forcément le changement ? Il ne sentait pas son cœur louper des battements lorsqu'il la voyait, se serrer lorsqu'elle partait ou parlait à un autre, et certainement pas de papillons lorsqu'elle lui souriait. Mais s'il était une personne calme, personne ne pouvait le rasséréner comme elle. Mais ce n'était que de l'amitié, n'est-ce pas ? Il le saurait, si ses sentiments tendaient vers autre chose. Oh, il ne se faisait pas d'illusions, l'évolution des sentiments se faisaient discrètement, subrepticement, insidieusement mais … Avec du recul, lorsqu'on y réfléchissait, on ne pouvait que s'en rendre compte, à moins de se voiler aussi bien la face que Lily Evans ! Décidément, il ne comprenait rien à cette fille…
-Tu sais, lâcha soudainement Anthéa en observant quelque chose dans leur dos, si j'étais toi, je tenterai le tout pour le tout et je foncerai avant que quelqu'un ne le fasse à ta place et ne te vole ton potentiel bonheur…
-Qu'est-ce que…
Frank avait tenté de tourner la tête mais sa voisine avait bloqué son visage face à elle, en tenant le menton du jeun homme entre son index et son pouce.
-La vie est courte Frankie, et elle le sera de plus en plus une fois dehors. Il faut profiter de la vie, essayer. Qu'est-ce que ça te coûterait ? être une peu blessé dans son orgueil ? La belle affaire ! et puis, tu vaux mieux que ça… Non ! D'après toi, vaut-il mieux vivre avec des regrets ou des remords ?
Frank sonda Anthéa lorsque son attention fut attirée par un mouvement de cape dans sa vision périphérique, mais également par la jaune et noir qu'il l'avait lâché avant de se relever en lissant sa courte jupe d'uniforme. Elle trébucha sans avoir bougé et se rattrapa à l'épaule de son camarade, ses ongles enfoncés dans sa peau malgré ses couches de vêtements et chauds et les gants de l'adolescente. Sûrement le sol irrégulier, songea-t-il incrédule mais inquiet. Elle secoua la tête avec un sourire désolé et se redressa.
-Penses-y et vas y ! Qui ne tente rien n'a rien, et puis tu sais, quelque chose me dit que tout cela est réciproque, ajouta-t-elle en lui accordant un clin d'œil avant de le dépasser. Salut Alice !
-Bonjour Théa, répondit doucement l'interpellée avec un sourire, je ne te chasse pas, tu sais ! ajouta-t-elle en se retournant vers sa camarade qui continuait sa marche. Tu peux rester avec nous.
-Toute seule avec deux gryffondor ? Non merci ! plaisanta Anthéa avant de leur adresser un signe de main comme salut.
Frank rougit légèrement lorsqu'Alice pris la place de la Poufsouffle pour se blottir contre lui. Ca lui arrivait souvent, à Frank. Il était l'ami fidèle, le rempart, le réconfort. Un peu comme un nounours, mais en athlétique. Fort, une présence importante, un véritable ami. Et si pour une fois, il voulait plus ?
-Dis Alice…
Il s'interrompit, subjugué par le regard de la jeune femme. Elle avait de grands yeux bien trop expressifs pour son propre bien. Mais il ne l'aimait pas, sinon il n'aurait pas supporté de la voir avec d'autres hommes. Ou était-ce parce que dans le fond, il savait bien que personne ne pouvait prendre sa place dans le cœur de son amie ? Et si en grandissant, les sentiments aussi grandissaient, à notre insu ? On ne se rend pas compte lorsqu'on prend un centimètre, mais quand après plusieurs mois, on constate une différence de 10, on est tout chamboulé, en se demandant : comment ai-je fait pour ne pas le voir avant ? Etait-ce pareil avec des sentiments ? Car s'il y avait bien une personne pour qui il sacrifierai tout, même sa propre vie, c'était bien Alice.
N'en déplaise à sa chère mère qui estimait que la famille Fortescue n'était pas assez vénérable pour son fils. Déjà, sa famille était issue d'une famille de Sang Pur française, et la famille d'Augusta s'était confrontée à ceux d'Alice lors de la première guerre mondiale moldue : la famille d'Augusta refusait de participer et d'aider les moldus alors que du côté français de la confédération internationale magique, les Fortescue, alors connus sous le nom de Fortarôme, prônait le désir des sorciers qui français qui voulaient protéger leurs voisins sans pouvoirs. Augusta Londubat était très rancunière. En y réfléchissant, les seules fois de sa vie où il s'était révolté contre sa mère, c'était bien au sujet de sa relation avec Alice. Sa mère avait-elle vu des signes avant coureurs et souhaité éteindre la rébellion dans l'œuf ? Trop tard…
Parce que finalement, il ne savait pas s'il aimait Alice d'amour, mais il l'aimait énormément, trop même, pour une simple amie. Et puis, ce qu'avait dit Anthéa lui trottait dans la tête. Tu sais, si j'étais toi, je tenterai le tout pour le tout, et je foncerai, avant que quelqu'un ne le fasse à ta place et ne te vole ton potentiel bonheur…Il n'avait jamais vu Alice dans ce genre de relation. Le supporterait-il ? Pas sûr… Mais c'était normal, après tout, on ne souhaitait que le meilleur pour ses amis, non ?
La vie est courte Frankie, et elle le sera de plus en plus une fois dehors. Il faut profiter de la vie, essayer. Qu'est-ce que ça te coûterait ? être une peu blessé dans son orgueil, la belle affaire, et puis, tu vaux mieux que ça… Non ! D'après toi, vaut-il mieux vivre avec des regrets ou des remords ?
Oui, tiens, qu'est-ce que ça lui coûterait ?
-Frank, ça va ? demanda Alice avec une moue mutine.
-Tu as un cavalier pour le bal ? s'enquit le Gryffondor en devenant aussi écarlate que son blason.
-Absolument pas ! babilla la jeune fille en fixant son camarade de ses grands yeux.
-Ah et euh … heum … je veux dire…
-D'accord, dit-elle simplement en se tournant vers l'horizon montagneux en arrière plan du château.
-Pa… Pardon ?
-tu veux qu'on aille à ce bal ensemble, non ? supposa la jeune fille en fronçant légèrement le nez.
-O… Oui mais…
-Alors allons y ensemble ! Je préfère mille fois y aller avec toi qu'avec n'importe qui d'autre.
Et sans trop comprendre pourquoi, le cœur de Frank fit un énorme bond dans sa poitrine. C'était bien la première fois qu'il ressentait ça. Mais James lui avait déjà parlé de ce type de symptômes… Si tout se passait bien au Yule bal, il pourrait remercier Anthéa pour son intervention… Mais comment pouvait-elle savoir, d'abord ? Peu importe, il lui devait une fière chandelle.
Parce qu'il allait au bal avec sa meilleure amie, et que c'était la meilleure décision qu'il avait prise depuis longtemps.
Lily faisait sa ronde avec Potter et les choses n'avait jamais été aussi confuses pour la jeune Préfète en Chef. Tant de choses avaient changé depuis la rentrée. Le comportement de Potter, par exemple. Il serait idiot de nier qu'il semblait plus mature, sérieux. Etait-ce son rôle de Préfet en Chef qui avait changé les choses ? Ou simplement le fait qu'il avait évolué positivement, qu'il s'était assagit ? Ou le fait que pour devenir Auror, son dossier devait être parfait ? Après tout, on était idiot à 15ans, mais à 17 ans, ne disait-on pas qu'on n'était pas sérieux ? Pourtant, avec la majorité et les temps troubles à l'extérieur, elle se doutait qu'il ne pouvait plus être aussi insouciant …
Il y avait également sa relation explosive avec Anthéa, qui était devenue bien plus calme depuis qu'elle avait mis sa fierté de côté pour faire la paix. Non pas qu'elle l'ai fait pour faire plaisir à ses amies, non … Elle s'était bien rendu compte que sa manière d'agir n'était pas géniale vis à vis de la brune. Elle avait agit de la pire des manières, a vrai dire et elle détestait cela. Elle avait agit comme les filles du fan club des Maraudeurs, les attaques sournoises en moins. Elle l'avait jugée et lui en avait voulu sans raison. Pourquoi ? Etait-ce de la jalousie ?
-Nahhhh… souffla-t-elle en riant de sa propre bêtise.
Et puis, être jalouse pourquoi ? Sa relation avec Potter ? Ils n'étaient qu'amis, bien qu'à l'époque, elle ne le savait pas. Et puis, elle se fichait bien de Potter ! Bon, elle avait bien remarqué qu'il était proche de l'Américaine, mais elle s'en moquait comme de l'an 40 ! Elle était contente qu'il arrête de la harceler, n'en déplaise à Marlène qui semblait déterminée à la prendre pour une cachotière, mais non, non, non, elle avait enfin la paix qu'elle avait demandée ! Ils n'étaient que de simple camarades, comme elle pouvait l'être avec la plupart des habitants du château : en bons termes, à les apprécier, mais sans plus… Attendez, depuis quand appréciait-elle James Potter, au juste ?
-On problème Evans ? demanda James en se tournant vers elle, l'air sérieux.
Lily sentit ses joues chauffer et faire concurrence à ses cheveux. Par Merlin, mais pourquoi son corps réagissait-il n'importe comment ? Comment pouvait-on passer des insultes et des coups à des réactions d'amoureuse transie… Elle, amoureuse de Potter ? N'importe quoi, et plutôt embrasser un crabe de feu, merci pour elle ! Elle ne se rabaisserait jamais à tomber dans le piège comme tant d'autres auparavant, à épaissir son tableau de chasse, à le faire gagner un stupide pari ou un défi de maraudeurs… Mais Remus n'aurait jamais laissé faire, si ? Bien qu'ils soient amis, elle savait que sa loyauté première reviendrait toujours à ses colocataires de dortoir.
-Rien rien, souffla-t-elle, je réfléchissais à un truc que Mary m'a dit.
Et ce n'était pas vraiment un mensonge, elle avait parlé de tout cela avec Mary, souhaitant éviter la vérité trop crue d'Alice et le regard suspicieux de Marlène.
En soi, Lily était peut-être quelqu'un avec une haute estime d'elle même, soit, mais elle n'était pas non plus prétentieuse. Elle se savait populaire mais n'en avait cure. Combien de fois s'était elle rabaissée à exploser face à Potter ? A présent qu'elle vivait dans le calme absolu, hormis des insultes de Serpentard, elle n'allait tout de même pas se plaindre du fait que Potter ne la harcelait plus, tout même !
Peu importe que Potter soit plus mature, il continuait de faire des blagues, plus rares, certes, et plus enfantines, d'accord, mais tout de même ! Et puis que Morgane lui en soi témoin, il continuait de se pavaner, comme si le château lui appartenait, quoiqu'il ne faisait plus d'œillades aux dindes qui constituaient sa basse cour. Il continuait de s'ébouriffer les cheveux et de jouer avec son vif, mais au lieu de lancer des sorts à tout va juste parce que lui, il le pouvait, elle l'avait vu porter assistance à des personnes agressées, et cela l'avait touchée. Et puis, sa compagnie n'était pas désagréable, il fallait l'avouer. Il était amusant, et gentil. Loyal, et doué au Quidditch… Mais surtout courageux.
Alors pourquoi, depuis l'annonce de ce fichu bal, s'étonnait-elle qu'il ne lui ait toujours pas demandé ? S'était-il lassé d'elle ainsi ? Mais comment lui en vouloir après tout ce qu'elle lui avait fait surmonter… Finalement, elle était bien arrogante de regretter que Potter ne voit plus que par elle. Elle serait presque dégoûtée d'elle même, tiens ! Pourquoi était-elle si déçue ? Cela devait venir d'autre chose, c'était sûr ? Peut-être l'étrange relation de Marlène avec son bien aimé coureur de jupons ? Probablement. Car Marlène allait encore souffrir, et une fois de plus, elle se jetait à corps perdu dans ce semblant de relation... Pourquoi s'évertuait-elle à s'amouracher des pires types ?
James de son côté n'était pas en reste. Dès qu'il avait appris pour le bal, il avait voulu sauter sur l'occasion, mais Sirius et Peter l'avaient retenu, Remus lui avait fait la morale, et Anthéa l'avait remis à sa place, tandis que Rich s'était bien moqué de lui… Et ça se disait des amis ? Des sales traîtres, oui ! Ne comprenaient-ils pas à quel point c'était douloureux pour lui toujours se retenir ? Retenir ses paroles, ses gestes, vis à vis de celle qu'il aimait ? Il évitait de la fixer, ne courtisait plus, et à présent, il fallait qu'il continue de se faire désirer, et que ferait-il quand elle aurait un cavalier ? Mais non, il ne fallait pas qu'il gâche tout avec son tempérament d'enfant pourri gâté qu'il n'en faisait qu'à sa tête et qui ne comprenait pas le terme du sens 'non'. Lui, il transformait les non en oui ! Et pourquoi les écoutait-il ? Parce que sa manière de faire rentre dedans n'avait jamais fonctionné, et que selon Théa, en l'écoutant, il avait bien avancé… Peut-être… Mais il ne lui restait que peu de temps pour la faire sienne, alors pourquoi continuer à perdre son temps ?
Ah, ça non, James Potter n'était pas patient, et il trépignait tellement il était agacé !
Il fallait que sa Lily Jolie lui dise oui, c'était peut-être sa dernière chance.
Oui, après cela, si Lily refusait, il jetterait l'éponge, foi de James Fleamont Potter !
Les deux Préfets En Chef en étaient là de leurs tribulations intérieures lorsqu'ils entendirent un bruit sourd, comme une chute. Baguettes brandies en aussi peu de temps qu'il n'en faut pour dire Quidditch, ils s'avancèrent rapidement vers la source du bruit : une porte entrouverte d'où sortait une lueur tamisée et vacillante.
Lily réalisa qu'elle ne connaissait pas cette pièce, et pour cause : il s'agissait plus d'une grotte gravée dans la roche des pierres du château, protégée d'une tenture à laquelle elle n'avait jamais fait attention jusqu'alors bien qu'elle soit passée devant un nombre incalculable de fois et d'une porte au verrou protégé de runes compliquées.
James poussa davantage la porte, protégeant Lily de son corps. Celle-ci, plus petite que lui, avait du mal à voir ce qu'il se passait et sautillait pour par dessus son épaule. Sa gorge se coupa face au spectacle qui lui faisait face. Au même moment, un cri de détresse pur et déchirant qui lui donna des frissons d'horreur et d'émotion jaillit de la gorge du capitaine de Quidditch du Gryffondor. Simultanément, il se précipita vers le corps étendue de l'adolescente inanimée et recouverte de sang. Ni une, ni deux, Lily lança un perriculm afin de faire venir un membre du corps enseignant rapidement et balaya la pièce à la recherche d'indices sur ce qu'il s'était passé.
Les murs de la minuscule salle étaient gravés de mots inquiétants et décorés de croquis angoissants au fusain. Ils représentaient tout un tas de créatures maléfiques, aussi bien issues du folklore magique que des mythes moldus. Ils avaient quelque chose de vivant, comme s'ils étaient prêts à sortir des morceaux de parchemins déchirés et accolés aux murs pour vous déchiqueter et vous dévorer vivant.
Une sueur froide dégringola de son échine au bas de son dos, et l'élève modèle carra des épaules pour se reprendre, malgré cette sensation de malaise qui l'avait désormais saisie. Alarmée, la jeune femme fit rapidement un lien entre les ongles détruits et la peau à vif, presque inexistante à l'extrémité des doigts, probablement parce qu'ils avaient trop gratté contre les parois et les gravures et traces de sang dans les murs. Des mots fous et incompréhensibles en runes anciennes celtiques étaient désormais incrustés dans le granit des mur promettant milles tourments et torture.
Lily sentit l'agonie qui transpirait de ces mots et recula instinctivement, affolée et terrifiée malgré son courage légendaire. Quelque chose de puissant et de magique, bien que parfaitement et purement maléfique transpirait de tout cela. Il fallait une aura incroyable pour transmettre des émotions aussi néfastes dans de simples mots et dessins gribouillés à la va vite. Quelque chose de profondément malsain.
James, agenouillé auprès de la victime, retourna le corps de son flanc à son dos et prit le buste dans ses bras. Agenouillé à califourchon sur elle, il la secouait en hurlant des mots qui chamboulèrent Lily. La rouquine se sentait comme enveloppée dans du coton, tout lui semblait lointain : les cris, les gestes, et même l'arrivée paniquée du professeur King et du professeur Flitwick, ceux dont les appartements étaient les plus proches.
Les enseignants tentèrent de repousser James pour s'occuper du corps inanimé, mais le jeune homme était si inquiet qu'il lança un sort à son professeur de DCFM avec un regard haineux. Il s'accrocha à la brune comme si sa vie en dépendait, près à bondir telle une lionne protégeant son lionceau. Il se laissa tomber sur les fesses, le corps de la jeune femme dos contre lui, le visage caché par sa chevelure tombant vers sa poitrine, ses bras entourant les frêles épaules avec l'énergie du désespoir et de la panique.
-C'est de votre faute ! rugit-il avec hargne. Avec vos réflexions stériles et les mesquineries de vos cours ! l'accusa-t-il. Je ne vous laisserai pas l'approcher !
-Potter, voyons ! s'offusqua le professeur. Calmez-vous ou vous écoperez d'une retenue !
Alors que James grommelait milles malédictions dans sa barbe inexistante, Flitwick s'approcha doucement mais sereinement vers le jeune rouge et or qui se sentit rassuré par la présence du directeur de Serdaigle. Ce dernier fit signe à son collègue d'aller chercher la sous directrice. Le nouvel enseignant obtempéra, furieux de ne pouvoir punir l'insolent petit con qui avait osé l'apostropher de la sorte devant témoin.
-Laissez-nous l'aider, ordonna gentiment le minuscule enseignant. Elle a perdu énormément de sang et nous ne voulons pas la perdre, n'est-ce pas ?
James secoua farouchement la tête en rapprochant le corps contre lui, comme pour sa rassurer. Lily réalisa alors qu'il était en état de choc et décida d'intervenir sans même y penser plus loin. Elle s'approcha doucement de son co-préfet et s'agenouilla près de lui. Elle posa une main rassurante sur son bras et planta son regard émeraude, celui qu'il aimait tant, après l'avoir interpelé d'une voix calme et rassurante.
-James, il faut laisser les adultes s'en occuper. Nous devons pouvoir l'approcher pour la diagnostiquer et l'aider, d'accord ? Je resterai avec toi tout du long, je te le promets.
James garda son regard ancré au sien encore un instant d'hésitation. Puis, avec fatalité, il relâcha légèrement la jaune et noir afin que le professeur d'enchantements puisse s'en approcher et agir. La respiration de Lily se bloqua dans sa gorge…
Il s'agissait d'Anthéa Dragonneau.
xXx
N'oubliez pas que la review est mon moyen de paiement et ma source de motivation.
Laissez moi votre avis sur le chapitre, qu'avez vous pensé :
-du déroulement des évènements pour Frank et Alice... Ne sont-ils pas trop chous ? Frank est un peu empôté, et j'espère que les raisons des récalcitrances de maman Augusta ne vous paraissent pas trop infondée. Elle n'a rien contre les moldus, ni contre les français, je vous rassure, mais elle en veut aux Fortescue de l'époque d'avoir fait passer sa famille pour des séparatistes magie/sans magie, chose qu'ils ne sont pas (et on peut la comprendre, non?). Ce passage m'a été inspiré par Pottermore où JKR explique que Henry Potter s'est dressé contre le gouvernement magique anglais pendant la PGM car il souhaitait aider les moldus dans leurs conflits... Voilà voilà !
-le traumatisme de Dedalus ... pauvre chouchou, faites lui un câlin! Comment voulez-vous qu'il se remette d'une telle vision, sérieusement ? Déjà qu'il a deux mains gauches et une jambe plus petite que l'autre, on n'a pas finit de le voir faire des bêtises avec ces souvenirs là.. hé hé ^^
- la concrétisation des nouvelles bêtises d'Anthéa (bouh, vilaine fille!)
-le petit rebondissement à la fin ! Je vous dirai bien que c'est le karma qui la punit... Mais en fait j'endosse toute responsabilités! Pas que je le juge ou que je ne l'aime pas, au contraire, j'adore mon OC, mais je suis terriblement sadique... nyark nyark nyark.
-Et quitte à parler de la fin, l'enchaînements des évènements : la réaction de James,et surtout ses cris que j'imaginais semblable à celle de Harry quand Sirius meurt (glauque, vous avez glauque?), les dessins et gravures (je ne savais pas trop comment retranscrire ça, mais j'espère que vous avez trouvé ça un peu effrayant, parce que c'était le but) et l'arrivée des profs... sans compter l'intervention de Lily !
J'espère avoir réussi à vous surprendre et à laisser un minimum de suspens même si avec la réaction de James, il y avait peu de place au doute...
Je vous dit à bientôt, et n'hésitez pas à spéculer quant à ce qui a causé cela à Anthéa ou à la réaction de Rich ! Je suis toute ouïe.
Bisous tout doux mes p'tits cactus !
