Cubs
Chapitre 4
Draco était resté calme jusque-là.
Le choc sans doute. La peur aussi. Pas pour lui, mais pour son fils.
Et puis, il y avait la réponse animale, presque atavique, de calme et de confiance parce que son parrain était là.
Mais Draco restait un Malfoy.
Maintenant qu'ils étaient à l'abri des regards indiscrets, l'orgueil du jeune homme reprenait le dessus, autant que son indignation.
« - Puis-je avoir une explication ? » Le ton était un adorable mélange de scandale, d'incrédulité et de colère un peu perdue comme seul les ados pouvaient en avoir.
Tous les regards se tournèrent vers Phil.
Après tout, il était le chef de mission. Même Loki se soumettait à ses ordres sur le terrain.
Un gros soupir échappa à l'agent avant qu'il ne sorte sa baguette.
« - Je jure sur ma magie que tout ce que je vais dire est la pure vérité, pleine et entière.»
Une lueur délicate l'entoura lorsque le sortilège de contrainte l'entoura. S'il mentait, il y perdrait sa magie. Ce qu'il faisait était dangereux mais il n'avait pas le choix. Draco refuserait d'écouter autrement. Et pire, refuserait de le croire.
« - Commençons par le commencement. Je m'appelle Philip Coulson. Mais tu me connais mieux sous le nom de Harry Potter. » Et il leva sa baguette. « Lumos »
Il ne mentait pas.
Les yeux ronds de Draco s'élargirent encore. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Qui abandonnerait un nom aussi important ?
"- Je suis retourné dans le passé avec un retourneur de temps après la mort de Voldemort. Sauf que j'ai été projeté en arrière de presque vingt ans et non vingt heures…..Lumos." Encore une fois, la baguette jeta une lueur attendue. "Je me suis retrouvé aux états unis ou j'ai été trouvé par Nicholas Flamel qui m'a pris sous son aile et entrainé. J'y ai élevé Clint comme mon fils. Même si son nom de naissance est Teddy Lupin." Les yeux de Draco s'agrandirent encore à tel point que Phil y vit une ressemblance frappante avec Dobby. "J'ai changé de nom et passé ma vie a vivre comme un agent du gouvernement. Actuellement, je suis le responsable des Avengers pour le SHIELD." Sans surprise, Draco ne savait pas ce que c'était. Il n'était même pas au courant de l'attaque des Chitauris ou de quoique ce soit d'autre. Il n'était même pas au courant de l'attaque de Malekith alors même qu'elle avait eu lieux a quelque dizaines de kilomètres de Diagon Alley.
Il y avait vraiment un problème.
Ce manque de curiosité était…. Anormal. Même en prenant en compte l'obsession élitiste des Pur-Sang et leur complexe de supériorité, ils avaient dû voir ce qui se passait au-dessus de leurs têtes ! Ils avaient dû voir les portails d'ouvrir vers d'autres royaumes.
Mais non. Rien.
Phil jeta un regard inquiet à son fils, Loki et Severus. Même le maitre-potion commençait à se poser des questions et à réaliser le problème.
Il y avait là plus que les machinations d'un vieux fou qui se prenait pour le maitre de l'Angleterre magique.
Alors si Dumbledore n'était pas le problème racinaire, quel était-il ?
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Quelque chose avait changé dans l'air.
L'adolescent le savait.
Il avait déjà sentit cette odeur avant.
Ce n'était pas vraiment une odeur mais plus une sensation.
Il la ressentait dans sa chair et non dans son nez.
C'était comme une caresse à rebrousse-poil mais qui décollait les bourles. Pas qui lui irritait la peau.
Il sortit de sa tanière et renifla l'air un moment pour tenter d'identifier la source du changement sans y parvenir. C'était loin. Bien loin de sa tanière.
Un gémissement lui échappa lorsqu'une vraie odeur lui remonta dans les sinus cette fois. Il la connaissait et la détestait.
C'était l'odeur de la poudre, du vin et des corps suant des chasseurs.
Il se cacha à nouveau dans sa tanière pour laisser passer les tueurs avec leurs tubes a bruit.
Plus d'une fois il s'était pris une balle. Avec les années, elles étaient devenues plus grosses, plus rapides et plus douloureuses mais sans jamais parvenir à le tuer, même quand il était touché en pleine tête.
Plus d'une fois il avait été rendu fou de douleur et avait tué les coupables.
A une époque, il avait même tué des humains juste parce qu'ils étaient là et qu'il avait mal.
Il avait fini par fuir la zone et s'installer ailleurs. Plein de lunes après, des humains avaient été gentils avec lui. Au début.
Puis après l'avoir apprivoisés avec de belles paroles, des caresses et de la nourriture, ils l'avaient attaché et l'avait blessé très longtemps.
Jusqu'à ce qu'un autre humain le trouve et le libère.
Il se rappelait encore de son odeur à celui-là.
Il se rappelait de ses yeux d'un bleu intense, de son sourire qui pouvait être dur mais aussi gentil. Il se souvenait de ses cheveux blonds et de l'assiette colorée qu'il envoyait dans la figure des méchants pour les mettre à terre.
Fenrir soupira lourdement avant de se rendormir pour quelques semaines.
Autant laisser passer le temps.
Avec un peu de chance, il rêverait de sa mère. Il se souvenait de sa voix douce et bien éduquée, de son sourire tendre qui pouvait se tordre en un rictus de pur sadisme. Mais jamais pour lui ou ses frères et sœurs. Avec eux, leur mère était toujours adorable et aimant.
Il se souvenait de ses yeux verts, de ses pales lèvres fines et de ses mains aux longs doigts déliés qui lui grattaient si bien les oreilles.
Il se souvenait de ses hurlements quand les ases blonds l'avait arraché a lui. Il se souvenait de ses larmes et de sa peine.
Sa mère s'était battu de son mieux pour qu'il reste avec lui. Il avait même essayé de fuir. Mais les ases blonds les avaient rattrapés.
Il avait été attaché avec un long ruban fiché en terre avec une énorme épée et laissé là à hurler après sa mère pendant qu'on l'arrachait à lui.
Sa mère avait réussi à trancher la main d'un des méchants avant que l'un des blonds ne l'assomme.
Fenrir avait hurlé longtemps à la lune mais jamais sa mère n'avait pu revenir.
Alors après la peine était venue la colère.
Pendant des lunes et des lunes, il avait rongé le ruban jusqu'à réaliser qu'il n'y arriverait pas.
Alors il avait rongé l'épée.
Il avait fallu longtemps avant qu'elle ne casse. Encore plus de lunes et de lunes. Mais elle avait cassé.
Il s'était secoué. Ses poils morts étaient tombés en même temps que le ruban.
Enfin libre, il avait couru dans les branches d'Yggdrasil à la recherche d'un endroit où il serait à l'abri d'Asgard.
Il avait passé des lunes sur chacun des royaumes avant de se fixer sur Midgar.
Il n'était qu'un tout petit garçon perdu sans sa maman. Il avait dû survivre.
Il y était arrivé. Mais à quel prix ?
Un petit geignement lui échappa alors qu'il se roulait en boule dans sa queue.
Il y avait longtemps qu'il ne savait plus s'il était un petit garçon ou un louveteau.
Il voulait sa maman et ses frères et sœurs.
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Draco était rentré chez lui encore secoué par sa journée, incrédule et perturbé. Ils n'avaient bien entendu pas eu le temps de discuter de tout. Potter n'avait pu que survoler aussi bien sa vie que celle de Severus et la raison de son retour en Angleterre après aussi longtemps. Même si, pour eux, ça ne faisait qu'une poignée d'années.
Son épouse ne lui avait bien sûr pas accordé un mot quand il était rentré. L'un de ses elfes de maison avait pris sa cape et un autre lui avait apporté de quoi diner.
Son couple n'était qu'un mariage arrangé. Il devait déjà se satisfaire que sa femme n'aille pas se jeter au cou de n'importe qui.
Scorpius avait sauté dans les bras de sa maman pour un câlin quand ils étaient rentrés.
Comme Lucius et Narcissa avant eux, leur enfant était la seule chose qui rassemblait Draco et son épouse.
Ils avaient un fils, c'était suffisant. Au mieux, ils étaient colocataires de leur grand manoir.
Avec des couples comme le leur, comment s'étonner que les familles de Pur-Sang soient à l'agonie ?
Draco soutenait évidement certaines des vues de ses parents. La séparation entre Pur-Sang et Sang de Bourbe était une évidence. Les demi-sang étaient une honte.
Mais quand il voyait ce qui restait de leur monde….
Régulièrement, les enfants de Mange-Mort se retrouvaient tous ensembles pour discuter de l'évolution politique de leur monde. Leur nombre ridicule écœurait Draco.
Alors quand il voyait année après année grandir le nombre de sang de bourbe, quand il voyait le nombre toujours croissant de demi-sang… et même encore ainsi, chaque année, il y avait moins d'enfants à Poudlard.
Il se souvenait très bien que du temps de ses études, ils étaient environ une quarantaine par année.
Avec le titre de Seigneur Malfoy, il avait aussi acquit un siège au conseil de l'école. Il avait été horrifié de constater qu'il n'y avait que 27 enfants l'année passée et 31 l'année d'avant.
Chaque année, il y avait moins d'enfant.
La question l'avait assez hanté pour qu'il aille consulter les registres.
Il y avait moindre de deux siècles, il y avait entre 100 et 250 enfants par années suivant les crus. Maintenant ? Pas étonnant que Poudlard soit à l'agonie et que les neuf dixième du bâtiment soient vides. S'il s'en referait à l'Histoire de Poudlard, quelques siècles à peine après la mort des Fondateurs, le château ENTIER était plein. Suffisamment pour que des ailes supplémentaires soient construites.
Où allait leur monde ?
Draco se servit un verre de vin avant de se laisser tomber dans un fauteuil.
Son parrain était vivant.
Harry Potter, un Harry Potter vieillissant et…différent était revenu.
Qu'est-ce que ça voulait dire ? Qu'est-ce que ça annonçait ?
Severus avait admis qu'il était mort et revenu à la vie. Des rumeurs avaient courues sur Potter. Il était soit disant le Maitre de la Mort. Etait-ce vrai ? Si oui, pourquoi avoir ramené Snape qu'il haïssait et pas Sirius Black qu'il idolâtrait ? Ou même carrément ses parents ? C'était illogique. Et puis…Potter était si VIEUX !
Dumbledore avait fait semblant d'être mort avait de revenir frais comme un gardon après la disparition de Potter en couinant sur tous les tons qu'il était devenu un sorcier maléfique.
Sur le moment, ça avait fait éclater de rire Draco. Potter avait autant de malveillance dans tout son corps que lui dans son gros orteil gauche. En tout cas, c'était ce qu'il pensait avant, même si la déchéance organisée par Dumbledore de Potter était à son gout.
Mais maintenant ? L'homme qu'il avait vu avait prêt de vingt ans de plus que lui. Malgré le sourire, il avait vu ses yeux. C'étaient des yeux de vétéran. Des yeux fatigués, épuisés mais pourtant indéniablement vivants et actifs. Potter avait expliqué être un « agent » quoique cela puisse vouloir dire et semblait en tirer une grande fierté. Il avait semblé stupéfait et ses amis avec lui, qu'il ne soit pas au courant de « la conjonction » qui avait eu lieu à quelques kilomètres. La conjonction ?
La première réaction de Draco aurait été de relever le nez et de faire remarquer que ce qui arrivait aux moldus ne le concernait pas. Mais là… de ce qu'il avait compris, l'ampleur des évènements qui s'étaient succédés était mondiale. Comment ne pouvaient-ils pas être au courant ?
Il ne s'était jamais soucié de ce qu'il y avait à l'extérieur. Il n'avait jamais eu envie de s'en soucier. Les moldus étaient des inférieurs n'est-ce pas ?
Vraiment ?
Il n'en savait rien.
Il n'avait jamais mis les pieds hors du monde de la magie.
Certes, il avait été en France, en Russie et en Italie. Mais toujours dans les quartiers magiques.
Sur une impulsion soudaine, Draco finit son verre puis alla fouiller dans la bibliothèque familiale.
Il en sortit un atlas qu'il ouvrit devant une carte bien biscornue et qui avait dû être à jour vers 1518.
Il fronça les sourcils. N'avait-il rien de plus récent ?
Il fouilla l'ensemble de la bibliothèque à la recherche d'une carte à jour sans en trouver.
Au bord de la colère à présent, il retourna à Diagon Alley pour acheter une carte chez le libraire, juste avant la fermeture.
Celle qu'il y trouva était plus récente, « la plus récente de nos parutions ! » et pourtant, elle datait de 1780 !
Ils étaient en 2000 passés nom d'un chien !
Ou trouver une carte à jour ? Avec angoisse, il réalisa soudain qu'il ne savait même pas comment aller dans le monde inférieur des moldus pour en trouver une.
Qui pourrait lui en fournir ?
Qui pouvait l'aider ?
Les gobelins ?
Draco fila à Gringotts.
La carte lui couta un rein d'enfant mais il finit par l'obtenir. Les gobelins s'excusèrent, ils n'avaient pas plus récent qu'une carte de 2014.
Ca suffisait bien à Draco.
Une fois rentré chez lui, il la déplia. Et resta stupéfait.
La carte n'avait rien à voir avec le monde qu'il avait pu voir dans les cartes qu'il connaissait.
Il lui semblait tellement plus grand !
Et c'était quoi ça ? L'Australie ? Ca existait ce truc ? Et ça, l'Océanie ? L'Amérique du sud ?
Bon sang, pourquoi ne connaissait-il pas tout ça !
Avec un crayon, il griffonna les pays qu'il connaissait. C'était… tellement….rien….
Mais ça ne suffisait toujours pas. Il lui fallait des cartes plus détaillées.
Un nouveau voyage à Gringotts et il obtenait des cartes à meilleure échelle qu'il griffonnait encore puis d'autres, sans se soucier qu'il fasse nuit.
A sa grande horreur, il finit par se laisser tomber dans son fauteuil, le crane dans les mains.
Même en ajoutant les demeures Malfoy où il avait été en vacances, sa vie se résumait à environ 100 km².
100km²…..
C'était…. Misérable.
Qu'est ce qui l'avait contraint dans un espace aussi ridicule ? Qu'est ce qui le contenait, lui, Draco Malfoy dans cette petite vie exiguë et riquiqui ?
Il fut pris d'un petit rire nerveux.
Il était…. Si insignifiant… si minuscule et misérable…..
Et encore était-il l'un des plus riches, l'un des plus puissants.
L'un de ceux qui pouvait se déplacer le plus…
Quelle était la vie des autres ?
Il eut une pensée pour la famille Wesley. Quatre des fils avaient quitté l'Angleterre pour « ailleurs ». Ils avaient choisi de quitter leur petit monde étriqué pour davantage.
Qui était le plus riche entre eux et lui ?
Draco ne pouvait ne voiler la face. Certes, ici, il avait du pouvoir. Mais un pouvoir tellement minable ! Tellement minuscule que personne n'avait même levée la tête vers une menace qui avait failli détruire la PLANETE juste quelques mois plus tôt ! Une planète que les moldus avaient pu photographier de l'espace. Ils étaient allés sur la lune !
Par les couilles poilues de Merlin, qu'est-ce que EUX, sorciers anglais, avaient fait et inventés dans les 500 dernières années à part quelques vagues variations de sorts et de potions toujours sur le même thème ?
N'étaient-ils finalement que ça ? Une espèce en voie d'extinction qui se voilait la face devant sa propre décadence avant la disparition ?
Les autres communautés magiques étaient-elles dans la même situation ? Confusément, Draco en doutait.
« - PAPA ! »
Le jeune homme sursauta lorsque son fils lui sauta sur les genoux.
« - Et bien, tu n'es pas couché ? »
Scorpius gloussa.
« - Mais… on est le matin papa ! »
Draco leva les yeux vers la fenêtre.
Le soleil se levait en effet
Il avait passé toute la nuit à s'agiter.
Il fallait qu'il parle à Potter.
Il avait besoin de réponses…..
XXXXXXXX
Poudlard était, objectivement, belle.
Elle l'était. Au passé.
A présent, décrépite, assoupie et presque maladive, elle tentait encore bravement de dresser ses tours vers le ciel mais pour quelqu'un qui avait vu le château du temps de sa splendeur quand Merlin l'avait offert à Arthur, le château n'était que l'ombre de lui-même.
Loki avala péniblement sa salive.
Même en projetant sa magie dans les pierres, il n'obtenait qu'un faible écho de la magie qui normalement aurait dû suinter de la moindre fissure.
Pour avoir vu dans un autre temps et une autre réalité ce que Dumbledore et ses prédécesseurs avaient fait à son école, Loki s'attendait à quelque chose de déjà pénible. Pourtant, il n'était pas attendu à CA !
Le château était à l'agonie !
Heureusement pour lui que Dumbledore était mort sinon, il lui aurait arraché les testicules en passant par les orbites.
« - Loki ? ca va aller ? »
Le jotun eut un pâle sourire pour son futur gendre.
« - Voir mon école dans cet état me rends malade » Avoua le dieu.
« - Tu vas vite lui redonner toute sa force » tenta de rassurer Clint.
Severus ne voyait pas ce qui dérangeait le jotun devant l'état de l'école. Il ne l'avait jamais connu que comme ça. Peut-être un peu moins décrépite. Et encore. Mais pour lui, le château avait toujours été à la limite de la ruine.
« - Par quoi commençons-nous ? »
« - Par voir le directeur actuel j'imagine ? Puis, réveiller la pierre cœur. Et la soigner. » il n'était pas possible que le château soit dans cet état si la pierre était intacte. « Ensuite…et bien, nous verrons. »
Severus haussa un sourcil. La pierre cœur ? Quid ?
Clint avait de la peine pour le Jotun. Et pourtant, il partait de loin avec lui. Mais le voir aussi pâle et visiblement malheureux était difficile. Depuis que Loki avait repris sa place au bras de Fury, l'archer avait appris à connaitre le vrai Loki et non le monstre sanguinaire à moitié détruit par Thanos. Quand il n'avait aucune raison de se protéger des autres, le jotun était une créature à l'humour certain même si étrange, à l'intelligence remarquable et à la magie incroyablement puissante. Même si sa magie n'était pas le pouvoir le plus intéressant du jotun. S'il avait été cynique, il aurait persiflé que c'était pour ça que Fury le gardait près de lui. Il pouvait se nourrir du pouvoir si particulier du Jotun qui pouvait lui faire renverser le cours d'une guerre par sa simple présence.
« - Et dire que j'aurais dû venir apprendre ici… » Clint frémit.
Il avait bien reçut sa lettre pour Poudlard mais il était déjà depuis quelques années à l'école élémentaire de Salem quand une chouette internationale la lui avait apporté. Le petit garçon n'avait pas voulu quitter son père et ses amis pour une école qui n'était rien pour lui, dans un pays dont il se fichait. Il était resté où il était. Sans compter que qui mieux que son père adoptif et son oncle pour lui enseigner ?
« - Tu étais bien mieux à Salem. » Insista Phil.
« - Je crois ouai…. »
Ils arrivèrent devant les grandes portes du château. Loki s'arrêta pour poser sa main sur les pierres. Le château frémit doucement en reconnaissant sa présence. Pourtant, il n'eut pas la force de faire davantage. C'était comme si quelque chose siphonnait ses forces de l'intérieur.
La colère mêlée de crainte de Loki cru de quelques degrés.
La porte du château s'ouvrit quand même devant lui avec difficulté.
« - Peux-tu prévenir le Directeur en exercice de me rejoindre dans son bureau, ma petite ? » Souffla Loki en caressant encore la pierre.
Phil s'en était douté quand il n'était encore qu'un élève entre ses murs. Le château était trop étrange pour ne pas avoir un minimum de cognition. Evidemment, il ne savait pas jusqu'où allait le degré de conscience du bâtiment. Avec ce qui s'était produit l'année précédente, il se doutait que Loki avait fait quelque chose et penchait pour avoir caché un de ses enfants, d'une façon ou d'une autre, au sein même de la pierre. Pourtant, une pudeur certaine le retenait de lui demander des explications. Le jotun avait l'air tellement triste….Nick aurait dû venir avec eux.
« - Ca va aller ? Tu es sur ? »
Loki sourit difficilement à Clint. Loki faisait partie de sa meute à présent. Le voir aussi mal blessait physiquement le garou.
« - Oui, ne t'en fait pas. »
Ils passèrent au milieu des élèves sans se soucier de leur stupeur puis arrivèrent devant la statue en forme de rapace qui protégeait le bureau du directeur. La statue fit presque un bond de coté en reconnaissant Loki pour les laisser passer.
Le petit groupe monta les marches jusqu'au bureau du directeur.
Loki ne put s'empêcher de rire doucement une fois à l'intérieur.
« - Qu'est-ce qu'il y a ? »
Loki souriait de toutes ces dents.
« - Ce n'est pas le bureau original du directeur. Ici, ce n'est qu'un couloir. » Il montra un mur qui semblait de pierre pleine. « Le bureau est là. » ce qui expliquait la forme biscornue du « bureau »
« - Qui êtes-vous et qu'est-ce que vous faites là ? »
Snape fut le premier à se retourner.
« - Minerva. Bien le bonjour ma chère. »
« - Sev… » La vieille femme porta la main à sa poitrine et tourna de l'œil, soufflée par le choc.
Clint l'attrapa au vol avant qu'elle ne tomber et se fasse mal.
« - Wahou. Et ben ça c'est avoir du succès. » Se moqua le garou, hilare.
Severus lui jeta un regard meurtrier qui ne déphasa pas plus que ça l'archer. Le regard noir de Fury était d'une autre qualité.
