Tous gay…ou presque !
Voilà le troisième d'une longue série de chapitre que je mets toujours autant de passion (et de temps je vous l'accorde XD) à écrire. À la demande générale (le général incluant principalement Lady Dhall XD) des explications sur la relation, ou la non-relation, impliquant Naruto et Sasuke vous seront fournies dans le prochain chapitre. D'ici là, Bonne Lecture !
Chapitre 3
'' On est plus ensemble.''
Un lourd silence s'abat soudain sur le petit salon et tous nous dévisage d'un drôle d'air. Y'a pas à dire, Sasuke y est allé un peu fort et à voir son air de je-m'en-foutisme il n'en a rien à faire que j'aurais peut-être préféré annoncer la chose autrement. Je reprends mon verre sur la table basse et le termine en quelques gorgées. Toutes sortes d'émotions semblent me traverser du même coup gêne, honte, colère… Je ne tiens plus et me lève.
'' Je suis vraiment désolé pour tout ça, je murmure à l'intention de tous avant de sortir du salon sans un regard à quiconque.''
J'entends Shikamaru déclarer qu'il est temps d'y aller pour lui et Kiba le rejoint quelques instants plus tard. Gaara va surement rester encore un peu mais je m'en fous, je ne suis plus du tout d'humeur à socialiser et pense avec ironie que ce n'est normalement pas le genre de Sasuke non plus. Je monte les escaliers et remercie le ciel qu'on ait pensé à monter nos valises dès notre arrivée, je n'aurais pour rien au monde voulu redescendre au salon. Impossible de croiser le regard de Sasuke en conservant mon sang-froid il m'a mis à rude épreuve ce soir et je ne suis pas prêt à lui adresser la parole avant demain matin.
Une vingtaine de minutes passe avant que je n'entende à nouveau la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer sur le dernier invité. Sasuke gagne sa chambre assez rapidement et je me trouve bien stupide de m'immobiliser au milieu de la mienne, comme si le fait qu'il n'entende aucun bruit parviendrait peut-être à lui faire oublier ma présence. Je ne suis pas si idiot, quoi que puisse en dire les autres, le simple fait que ce soit lui qui ait insisté auprès d'Itachi pour que je dorme dans la chambre d'ami veut tout dire.
J'ouvre doucement la porte de la chambre dans l'espoir que la voie soit libre pour me diriger vers la salle de bain mais des pas dans l'escalier me font m'arrêter. Ouf, ce n'est qu'Itachi. Il me salue d'un signe de tête et j'en fais de même avant qu'un éclair ne me traverse.
'' Attend Itachi, je commence d'une voix éraillée la fatigue et l'alcool n'aidant pas du tout. Je sais que tu ne veux pas m'en parler tout de suite, même si je ne comprends pas pourquoi, mais je suis quand même en droit de savoir ce qui arrive avec la maison de mon père.
Il hésite, jugeant certainement que le moment n'est pas du tout approprié pour ce genre de discussion, mais semble prendre en considération le mal aise constant qui flotte entre Sasuke et moi depuis le début de la soirée lorsqu'il baisse la tête en signe d'abandon.
- Ton père, commence-t-il alors, n'est plus du tout le même homme que quand tu l'a vu pour la dernière fois. D'importants changements se sont produits et l'endroit ou vous demeuriez avant a changé de…fonction, termine-t-il avant de se diriger vers sa chambre sans me donner d'autres explications.''
Je tique. Forcément, en un an mon père a du changer mais Itachi semble en parler comme s'il ce changement était majeur. La première chose qui me vient à l'esprit me fait soudain éclater de rire, j'ouvre rapidement la porte de la chambre d'ami pour ne pas indisposer les habitants de la maison avec mon hilarité et poursuit ma pensée. Dans cette ville ou tous se dévoilent gay ou à peu près, si Itachi pense me surprendre avec l'orientation de mon père c'est raté.
Minato Nimkaze est gay ou plutôt, homosexuel comme il aime tant à me corriger. C'est un fait que j'ai compris depuis que je suis en âge de constater mes propres préférences ce qui remonte à mes neuf ou dix ans. Oui je vois tout de suite vos question arriver s'il est gay, pourquoi je suis là ? Cette histoire, je la connais par cœur car mon père me la racontait souvent en me répétant que la vie ne nous laisse aucune chance et que c'est à nous d'être prêt à l'affronter tous les jours.
Je retire mes vêtements, ne gardant que mon caleçon avant de me glisser dans les draps fraîchement lavés. Je m'installe confortablement, bourrant gentiment mon oreille de coups pour qu'elle prenne une forme plus agréable et ferme doucement les yeux en rappelant à ma mémoire la triste histoire de mon père.
''C'était une belle nuit d'Octobre, il y a de cela plusieurs années, quand ta mère et moi (il ne s'était jamais décidé à l'appeler par son prénom) sommes enfin sortit de l'hôpital. La nuit était fraîche, la voiture à l'autre bout du stationnement mais rien n'aurait pu nous enlever notre sourire et la joie qui réchauffait nos cœurs. Après plus de vingt-quatre heures de travail, tu étais né. Un magnifique bébé, déjà les yeux pétillants de vie mais… Les temps n'étaient pas clément à l'époque, la guerre était terminée depuis peu et bons nombres de voyous continuaient à arpenter les rues en jouant aux durs. (À chaque fois, sa voix avait comme un tiraillement à cet étape du récit.) Une querelle a éclatée un peu plus loin sur le stationnement. Ta mère fatiguait de marcher si longtemps alors je lui ai dit de m'attendre là pendant que j'allais chercher la voiture et… (Silence avant qu'il ne reprenne d'une vois infiniment triste.)
Un coup de feu est alors retentit, la bagarre avait éclaté avant qu'un silence pesant ne tombe d'un coup. Ce n'est que lorsque je me suis retourné pour voir si ta mère allait bien que j'ai compris que non. Elle…elle avait été touché. La…balle qui aurait du se trouver bien loin de là, l'avait atteinte derrière la tête. Les secours ont été appelés mais quand ils sont enfin arrivés, il était trop tard. Ta mère est morte d'une balle perdue. (Un autre silence, toujours plus long que le premier comme s'il revivait à chaque fois la scène de cette nuit-là. Puis son regard se posait sur moi, triste et coupable.) Je ne savais pas quoi, j'étais complètement perdu sans elle. Quand je suis venu te chercher à l'hôpital, j'ai tout de suite su que je ne pourrais pas t'élever. Du moins, pas à ce moment. Je passais mes journée à pleurer et à maudire cette balle qui m'avait enlevé ma femme. Je devais partir, faire le point sur ma vie et sur ce qu'elle deviendrait. Je t'ai laissé à une tante éloignée, lui faisant promettre de prendre soin de toi alors que j'en faisais de même avec moi.
J'ai quitté le pays, gravissant une montagne au Nord jusqu'à atteindre son sommet. Je savais qu'un ancien ordre de moins s'y trouvait et qu'ils pourraient m'aider à retrouver la paix en moi. Maître Sarutobi m'a aussitôt pris sous son aile, m'expliquant qu'il avait aussi une classe de jeunes élèves à qui il devait beaucoup de son temps. Il a quand même accepté de m'aider et m'a d'abord enseigné plusieurs méthodes de méditation. Il voyait toujours blanc là ou je voyais noir et m'a bien vite remis sur le droit chemin mais voilà…mon cœur semblait être le seul à ne pas vouloir guérir. (Il devenait encore plus sombre lorsque ce passage venait et j'ai vite compris pourquoi il était devenu ainsi par la suite.)
Puisque je ne participais pas à ses classes, le jour, j'étais libre d'aller ou bon me semblait et je me suis vite lassé de contempler le paysage. Je suis descendu au premier village en moins d'une heure. Une jeune femme a bien voulu me restaurer et ce devint une habitude pour moi de la voir presque tous les jours mais lorsque son père l'apprit, il voulut immédiatement me rencontrer. Je ne savais pas quoi penser, le souvenir de ma femme était encore trop présent dans mon cœur et le soir ou nous devions nous retrouver, j'ai pris Akira à part, l'implorant de me pardonner et m'enfuyant comme un lâche. Je ne suis plus redescendu de tout mon séjour au temple, croyant dur comme faire que l'amour me serait à jamais refusé.
Maître Sarutobi n'était pas de cet avis et après plusieurs jours de transe prolongée qui m'aidèrent à retrouver la sérénité, il m'amena aux sources chaudes du temple. Je fus d'abord choqué par ce qu'il me dit, comme quoi ce n'était pas parce que les hommes se plaisaient à se battre entre et à faire les fiers, qu'ils ne pouvaient pas être tendres. Je crois qu'il avait compris, bien avant moi, que ce n'était pas l'amour qui m'était refusé mais plutôt les relations féminines comme si le souvenir de ta mère revenait sans cesse me hanter, pour me rendre coupable de poser le regard sur une autre alors qu'elle avait été tout ce qu'il y a de plus merveilleux en ce monde.
(Ces yeux retrouvaient peu à peu leur étincelle quand il en arrivait à la fin, me prouvant ainsi qu'il s'était vraiment remis de tout ça.) Un jeune homme, oui à l'époque on aurait pu me qualifier ainsi aussi, (Il blaguait souvent avec son âge)a tout de suite retenu mon attention. Il semblait…ailleurs, comme retiré des autres, et maître Sarutobi m'apprit que c'était son élève le plus prometteur. Il me présenta à Jiraya et ma vie tourna.
À lui seul, Jiraya parvint à me redonner goût à la vie, m'expliquant que les choses n'arrivaient pas sans raison et que bien que la tragédie en marque plus d'une, il fallait toujours être prêt à se relever. Plus que de l'affection, je me mis à aimer cet homme, profondément, sincèrement mais mon apprentissage arrivait à termes et je dus repartir pour prendre soin de toi. Je le fis, sans aucun regret car tu étais devenu la personne la plus importante qui soit à mes yeux. Pendant de longues années je t'ai élevé du mieux que j'ai pu. La vie me souriait à nouveau et j'étais fier de toi, de tes progrès et du lien qui nous unifiait.
C'est un pur hasard si, un jour en allant faire les courses, je suis tombé sur un beau jeune homme. Jiraya avait suivit sa formation de moins jusqu'au bout, demeurant quelques années de plus au temple jusqu'à la mort de maître Sarutobi. Le vieil homme avait largement dépassé son temps et sa mort lui avait fait comprendre qu'il avait aussi un vie à vivre. Ce ne fut pas bien long avant que nous nous fréquentions régulièrement, préférant quand même attendre que tu atteigne un âge plus avancé avant de te le présenter comme celui qui partagerait désormais ma vie. (Il terminait son récit en me disant à quel point il était heureux d'avoir à ses côtés les deux hommes de sa vie et je m'endormais tout de suite après qu'il est refermé la porte de ma chambre.)
J'ouvre les yeux, grimace un peu de réaliser qu'il fait encore nuit et tente de me rendormir…sans succès. Trop d'images flottent dans ma tête sans vouloir en sortir. D'abord le retour, le sourire de Gaara, la fête, le visage triste d'Hinata, la drague de Sasuke, Itachi, le retour au domaine et les dernières paroles de Sasuke. On est plus ensemble. Malgré le mal qui me brûle la poitrine, je ne peux pas m'empêcher de me demander s'il a encore ce petit air crispé quand il dort, je pense encore à lui avant de m'endormir...
Je me lève, je dois le voir, quitte à me faire surprendre à l'espionner. Je ne peux pas concevoir qu'il reste impassible devant tout ça. Merde c'est presque deux ans qu'on a passé ensemble quand même ! Je me glisse hors de la chambre, emprunte le couloir et m'arrête un instant devant sa porte. Je tend une main tremblante vers la poignée, j'hésite et d'un coup, je me retourne poursuivant ma route jusqu'aux escaliers.
Je descend silencieusement les marches en me traitant de tous les noms. Je dois me faire une raison, Sasuke et moi ne sommes plus ensembles. Un bruit à la cuisine attire mon attention la porte du réfrigérateur est ouverte sur un grand blond en boxer, le carton de lait à la main. Je prend un siège au comptoir lunch et sourit lorsque Deidara se fige en m'apercevant.
'' Oh, salut Naruto, dit-il visiblement gêné de s'être fait prendre en flagrant délit. Tu ne dors pas ?, me demande-t-il en s'asseyant à mes côtés.
- Décalage horaire peut-être…
- …ou sentimental, me suggère-t-il judicieusement.
- Écoute, Deidara…
- Je sais, me coupe-t-il, tu n'as sûrement pas envie d'en parler et je comprends, je ne veux pas savoir ce qui s'est passé entre vous mais si tu dois rester ici jusqu'au retour de ton père, vous feriez peut-être mieux de vous expliquer.
- Plus facile à dire qu'à faire c'est que…Sasuke a un sacré caractère, dis-je avant de retenir un gloussement.
- Je te signale que je sors avec la version grand frère alors ne t'en fais pas, je sais de quoi tu parles, réplique-t-il avant d'éclater de rire. Tu devrais essayer de te rendormir, me dit-il en emportant avec lui son verre de lait et une boite complète de biscuits double chocolat.
- Et toi, je le retiens un peu, qu'est-ce qui t'empêche de dormir ?
Il rougit violemment et je souris de constater que j'ai tapé dans le mile.
- Juste un petit creux, répond-il innocemment. Après une longue séance de sport, ajoute-t-il plus bas mais je n'ai aucun mal à l'entendre et le laisse repartir avec son précieux butin.''
Il doit être près de six heure du matin lorsque je me décide à prendre mon petit déjeuner. Je n'attendrai pas éternellement que quelqu'un veuille bien se lever et me sert dans les armoires. Un bol de céréales et une pomme, ça aurait du faire l'affaire mais c'est sans compter l'intervention nocturne de Deidara qui n'a laissé qu'un minime fond de lait dans le carton. Je prends donc un pot de yaourt et en verse une bonne quantité sur mes céréales. Rien de mieux qu'un bon déjeuner équilibré pour commencer la journée. Je me presse un peu, je n'ai pas envie de croiser Sasuke ce matin et j'ai quelque chose de beaucoup plus important à faire ce matin je vais aller voir ce qu'est devenu ma maison.
Le trajet d'autobus est beaucoup plus long que prévu, je ne me souvenais pas d'avoir habité si loin de la maison de Sasuke dans le temps ou je pouvait faire le chemin deux fois par jour juste pour le voir. C'est que, Konoha n'a pas encore son système de métro, vraiment, il serait plus que temps que le gouvernement prenne les choses en main. Je descend au terminus, rien ne mieux pour aiguiser sa patience que de faire le plus long trajet d'autobus de la ville. J'ai encore dix bonnes minutes de marches pour ruminer toute cette rancœur contre le réseau de transport lorsque j'arrive enfin devant…
'' Mais qu'est-ce que c'est que ça ?''
Là, je reste immobile, pétrifié serait le mot plus juste si vous aviez pu voir et ressentir les mêmes choses que moi. À une centaine de mètre devant moi s'étendait…un immeuble…à bureau…plutôt, une enceinte en pleine construction. Jusque là, rien d'anormal à signaler sauf que le chantier est situé pile sur ce qui aurait du être ma maison ! Je n'en revient pas c'est juste impossible. Comment ils ont pu faire ça, profiter de l'absence de mon père pour démolir la maison et construire…ça ! Mais…minute…
Je m'approche rapidement, des ouvriers s'activent partout ou se pose mon regard mais celui-ci s'arrête soudain sur un panneau publicitaire. Là, j'arrête de respirer et relis les écriteaux. Nimekaze cies s'engage à financer ce chantier jusqu'au 1er Septembre. Je titube sur plusieurs mètres derrière moi avant de me prendre les pieds dans un tuyaux de métal laissé à l'abandon et tombe brutalement sur les fesses. Je sens mes yeux se remplir de larme et ma vision se brouille alors qu'un terrible sentiment de trahison envahit tout mon être. Mon père, mon propre père est le seul responsable de cette trahison…
'' Comment est-ce qu'il a pu me faire ça ?
Je fais les cent pas dans le salon. J'ai mis moins de deux heures à revenir au domaine Uchiwa et suis entré dans un colère froide dans le temps de le dire; moi qui croyais avoir eut le temps de me calmer…c'est raté. Itachi doit se douter de quelque chose car il supporte sans broncher mes cris et mes simagrées depuis plus de dix minutes.
- S'il avait voulu déménager j'aurais pas dit, un coup de téléphone pour m'avertir et ça aurait été réglé mais là…ÇA c'est trop pour moi !
Je me campe soudain devant lui, les poings sur les hanches et le regarde droit dans les yeux.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Ou est mon père ? Pourquoi a-t-il détruit notre maison ?, je m'emporte et perd mon sang froid mais Dieu que ça fait du bien de pouvoir se défouler un peu.
- Naruto, me coupe doucement Itachi, je t'avais prévenu concernant ton père…en un an…
Mes soupçons de la veille me reviennent soudain. Et si c'était vrai ? Si mon père avait vraiment…changé. Il aurait très bien pu être hétéro que ça n'aurait même pas fait de doute.
- Au cours de la dernière année, ton père est devenu Président.
Là, j'aurais presque préféré qu'il me dise qu'il avait changé de bord. Mon père ? Président ? Même si ça me paraît drôlement inattendu, je n'ai pas de mal à le croire mon père travail depuis plusieurs années déjà sur la scène politique autant que publique ce qui ne peut que lui être bénéfique étant donné qu'il possède des appuis des deux côtés du système gouvernemental. Un doute traverse soudain mon esprit mais Sasuke, qui a suivit notre échange coloré depuis l'encadrement des portes intérieures du salon, me devance.
- Président de quoi ?, demande-t-il. De la ville ou…
- Du pays, complète Itachi.''
À cet instant, mes jambes ne me soutiennent plus. Bon d'accord, je suis prêt à accepter que mon père soit devenu Président mais malgré mes études en politiques, je n'aurais pas songé un seul instant qu'il devienne Président du pays. Il aurait au moins pu se contenter de la ville de Konoha. En tant que Cité-État, elle reste la capitale du pays tout en possédant ces propres lois qui, elles, sont chapeautées par les lois du pays. C'est en fait un gouvernement à deux paliers (clin d'œil au système politique canadien pour ceux qui sont perdus) à l'exception près que le premier, celui de la Cité-État, ne dépend pas du second, celui du pays.
'' Ton père aurait voulu conserver votre maison mais pour des raisons de sécurité il a choisit de vivre dans un nouveau domaine et de transformer celui que vous aviez en enceinte présidentielle, explique Itachi alors que je m'assoie à ces côtés sur le divan.
- Mais s'il a toujours une maison, pourquoi doit-il rester ici, demande Sasuke avec irritation.
- Pour la bonne raison que puisque Minato est toujours en voyage d'affaire, personne n'a accès au domaine. J'ai beau être son secrétaire, je n'ai pas les clefs.
- Quoi ?, nous exclamons nous à l'unisson.
- Ah oui, soupire l'aîné avec un petit sourire. Moi aussi j'ai changé en un an. Je suis maintenant secrétaire du Président. Quoi qu'il en soit, nous devrons attendre le retour de Minato pour avoir accès au domaine, d'ici là..
- On a compris c'est bon, le coupe Sasuke avant de monter en quatrième vitesse l'escalier qui monte aux chambres.''
Pas la peine de dire qu'après près de deux ans de vie commune je sais très bien reconnaître la mauvaise humeur de cet homme et là, Sasuke n'est vraiment pas de bonne humeur. Je n'ajoute rien, remercie Itachi d'un regard avant de m'occuper de mon mieux. Mes bagages ne sont qu'à moitié défaits mais m'installer serait un affront direct à Sasuke et je garde encore espoir que nous arriverons à parler de tout ça.
Je me dirige vers la cuisine il est plus de midi et je n'ai rien mangé depuis ce matin avec mes céréales au yaourt, j'ai grand besoin de d'avaler autre chose et vite. Deidara s'y trouve déjà, armé d'un couteau enduit de moutarde, à badigeonner un pain sous-marin.
'' Tiens Naruto, me dit-il avec un grand sourire. Tu veux un sandwich ?
-Je…en fait…
-Je crois que Naruto préférerait autre chose, intervient une voix derrière moi. Il est plutôt du type…ramen n'est-ce pas, me demande innocemment Itachi à qui je fais subitement les yeux doux.
Je me sens un peu comme la version animée d'un chien a qui on promet un gros nonos et qui se contente d'agiter frénétiquement la queue. Bon d'accord, la queue en moins mais vous voyez l'image.
-À moins que tu n'es changé de goût culinaire durant ton voyage…
-Non, je m'exclame moi qui pensais être obligé d'aller en ville pour manger un bol de ramen, je fais la danse de la joie partout dans la cuisine quand j'aperçois Itachi qui me tend un bol fumant.
-Mais qu'est-ce que c'est que ce cirque ?, demande froidement une voix exaspérée depuis l'entrée de la cuisine.
Là, il faut vous expliquer la scène pour pouvoir mesurer l'ampleur de ce que Sasuke a sous les yeux. Moi, Naruto, le bol fumant de ramen au-dessus de la tête qui danse entre le comptoir lunch et un Deidara tout aussi excité que moi qui balance de droite à gauche sa moitié de sous-marin sous les yeux d'un Itachi au sourire coquin. Y'a pas à dire, c'est la joie…sauf que Sasuke nous dévisage tous d'un air méprisable qui rend mes jambes en coton.
-Désolé Sasuke, je marmonne avant de plonger mes baguettes dans le bol, beaucoup moins enjoué.''
Les heures s'écoulent lentement, je suis assis, seul, dans un canapé du salon tout près de la fenêtre qui donne sur le jardin. Il est plutôt beau même si, à mon avis, il manque d'originalité. Les bassins d'eau et les fontaines ne devaient pas être camouflés parmi les plantes grimpantes si on se fit au livre d'arrangement botanique que je tiens à la main. Ça, c'est une des quelques passions, en dehors de la politique, que je suis parvenu à explorer au cours de notre voyage. Bien sur, le stage a pris plus de la moitié de l'année mais même les étudiants étrangers ne sont pas à l'école tous les jours, j'ai donc passé une partie des vacances à étudier la botanique à temps perdu.
L'heure du souper arrive à grands pas et même si je ressens déjà la faim, j'appréhende un peu ce qui s'y passera. Après l'incident de ce midi, je suppose que Sasuke ne sera pas très enclin à vouloir parler et j'avoue que moi non plus. Depuis le temps, je suis bien habitué à ces sautes d'humeur mais jamais il ne m'avait semblé si froid et distant, à la limite du dégoût. Ça fait quand même mal de le constater malgré le fait que nous ne soyons plus ensembles.
À table, l'ambiance est pire qu'à la morgue Sasuke me lance parfois des regards qui me font littéralement avaler de travers. Deidara reste silencieux mais je vois bien qu'il est plus que mal à l'aise, il aurait sans doute préféré, tout comme moi, pouvoir disparaître sous la table. Itachi mène la discussion, un très long monologue plutôt, en tentant de nous arracher une quelconque information sur le déroulement du stage. Il n'obtient de Sasuke que quelques grognements de mécontentement avant qu'il ne quitte brusquement la table.
Je n'ai plus du tout faim et m'excuse auprès des plus vieux avant de quitter moi aussi la salle à manger. Je rejoints ma chambre, croisant Sasuke dans le couloir qui m'ignore royalement alors qu'un poignard invisible s'enfonce davantage dans mon cœur j'aurais préféré les regards assassins, au moins, je me sentais existant mais là... Je prends mes affaires pour la douche, oui, une bonne douche pour me redonner un peu d'aplomb mais alors que je pénètre dans la grande cabine de verre, les souvenirs m'envahissent.
FlashBack
Sasuke me faisait dos. L'eau cascadait en une multitudes de petites chutes sur ses cheveux encore plus sombre que d'habitude avant de lentement ruisseler le long de son dos, faisant glisser le gel moussant jusqu'au creux de ses reins. Cette unique vision céleste aurait suffit à réchauffer n'importe quel homme digne de ce nom mais pour moi, qui se trouvais juste derrière lui, nu sous la douche, le supplice était insupportable. Inutile de préciser dans quel état d'excitation je me trouvais alors imaginez un peu comment je me suis senti lorsqu'il sait lentement retourner vers moi avec le regard le plus sensuel que j'ai jamais vu.
Ces mains se sont posées sur mes épaules pour lentement descendre le long de mes bras, me faisant frissonner du contact autant que de désir. Il s'est doucement approché de moi, frôlant de son membre, le mien qui était dressé depuis un moment déjà. J'ai gémis et il m'a embrassé, langoureusement, en accentuant davantage la pression de son bassin contre le mien. Ces lèvres ont lentement glissées de la commissure de ma bouche à mon oreille ou il a doucement soufflé, me tirant un nouveau gémissement mais cette fois, ce fut d'impatience. Tout sourire, il s'est à peine reculé pour plonger un regard embrumé de désir dans le mien.
'' Naruto…je t'en prie…prends-moi.''
Sa voix était tout ce qu'il y a de caressant tout en étant suppliante à souhait rien pour m'aider à garder mon calme et je ne pus qu'accéder à sa demande. Je l'ai fermement retourné, ma poigne trahissant malgré moi mon impatience et mon désir, avant que mes mains ne glissent le long de son dos en y exerçant un peu plus de pression au niveau des reins pour qu'il se penche vers l'avant. Ses fesses ont frôlées mon entrejambe et ce simple contact m'aguicha beaucoup plus que prévu. Je le saisi violemment par les hanches pour le plaquer encore plus contre moi.
'' P'tain Naru dépêche.''
Je ne me suis plus retenu, j'ai guidé ma verge à l'entrée de son intimité et l'ai pénétré d'un coup. Un cri lui a échappé, faisant tomber un voile rouge devant mes yeux alors que je commençais déjà à bouger en lui. Heureusement, nous avions déjà fait l'amour à peine une heure plus tôt et le passage en a grandement été facilité. Me servant de l'eau qui coulait au dessus de nos têtes comme d'un lubrifiant, je fis pencher davantage Sasuke vers l'avant pour que le jet puisse continuellement couler sur son dos. À l'aide d'une main, j'ai baissé la température de l'eau, inutile de nous ébouillanter alors que lui était brûlant de l'intérieur. Je pouvais la sentir, cette douce brûlure émanant de sa chair qui m'entourait et m'électrisait au moindre mouvement.
Je me mouvais en lui comme jamais je ne l'avais fait auparavant, avec langueur mais force, frappant toujours plus ce point si sensible en lui qui le faisait crier d'une si belle façon. Mes mains ont frénétiquement agrippées ces épaules et je les utilisais pour approfondir chacune de mes poussées alors que ma bouche s'était immobilisée à la nuque de ma victime pour y planter férocement mes dents. Sasuke a jouit en peu de temps, il faut dire que je n'y étais pas allé doucement, mais l'orgasme qui nous terrassa simultanément fut magique.
Fin FlashBack
Je coupe l'eau. Je suis depuis beaucoup trop longtemps sous cette satanée douche qui empeste ce gel douche au parfum si particulier. La serviette qui m'attend bien sagement sur le support ne m'aide pas non plus et je finis par la jeter rageusement au bout de mes bras. L'image furtive d'un blond en colère contre le vide traverse le miroir de la pièce et je me trouve soudain ridicule de m'emporter pour si peu. Je vais vivre quelques temps dans ce manoir et forcement, des souvenirs me reviendront alors autant mieux s'y habituer tout de suite et éviter que la prochaine fois quelqu'un ne soit à la place de cette pauvre serviette de bain.
Une fois sortis de la salle de bain, je ne me sens vraiment pas mieux. Une étrange chaleur persiste au creux de mon ventre et me donne des vertiges je me sens sale, malgré la douche, j'ai l'impression d'être souillé. Les souvenirs sont douloureux et encore plus lorsqu'il faut les effacer et les oublier mais celui là m'avait semblé si réel comme si je n'avais eut qu'à tendre la main pour pouvoir `nouveau toucher cette peau si délicate. Je me gifle, oui réellement, pour me rappeler que la réalité est brutale et on ne peut plus cruelle. Sasuke et moi sommes séparés et aucun souvenir, aussi agréable soit-il, ne parviendra à me le ramener. Pas en tant que petit ami du moins…
J'ignore l'heure qu'il est mais je ne me sens pas encore prêts à m'enfermer dans ma chambre dans l'espoir que le sommeil saura me trouver plus vite que la déprime. Je sorts dans le jardin, la nuit est fraîche en cette fin du mois d'Août et je ne suis malheureusement pas habillé en conséquence, je m'en fous, un peu de froid n'a jamais tué personne. De nombreux nuages semblent s'amonceler dans le ciel obscur, il y aura peut-être un orage…mais au bout d'une passé au grand air, toujours rien. Je décide de rentrer quand même, je n'ai aucune envie de m'enrhumer à quelques jours du début des cours.
Il n'y a personne lorsque j'entre dans la bibliothèque. La famille Uchiwa a longtemps été considérée comme l'une des plus anciennes familles de la ville et c'est avec générosité qu'elle participe, chaque année, à une vente aux enchères dans le but d'aider les plus démunis. Bons nombres de livres ont ainsi été estimés à plus d'une centaine de dollars simplement en raison de leur âge. Je sais pertinemment que le plus important de la collection se trouve ici, à l'abri des murs du domaine, dans la bibliothèque ou je me trouve installé depuis quelques heures déjà, dévorant un recueil rassemblant les plus grands coups politique de l'Histoire de Konoha.
Il se fait tard, je suis sorti de la pièce de savoir et m'apprête à regagner les escaliers pour accéder à ma chambre quand des éclats de voix me parviennent depuis la cuisine. Je m'approche à pas de loup, priant pour que le parquet ne grince pas sous mon poids, et parvint à capter la conversation.
''…nulle part ou aller.
-Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre ? On est plus ensemble je te signale alors je veux qu'il s'en aille.''
Je n'attends pas davantage pour m'effacer du couloir. En bas de l'escalier, mon pied tremble sur la première marche alors que ma main se crispe sur ma chemise juste là ou ça fait mal. Un pincement qui s'étant vite à la grandeur de ma poitrine me faisant retenir de justesse le sanglot qui menaçait de s'échapper de ma gorge. Je gravis les marches, unes à unes aussi silencieusement que je le peux et lorsque je referme enfin la porte de la chambre dans laquelle j'ai dormit la veille je ne me retiens plus. J'ai mal, tellement que j'en pleure et pour une fois, je ne ressens aucune honte à le faire.
Quel idiot je fais à avoir osé penser que l'on aurait pu rester des amis. Mais je ne peux pas vraiment lui en vouloir, on est resté un moment ensemble et puisque ce n'est plus le cas, il tente de m'effacer de sa vie. Oui c'est normal après tout, moi, Naruto Uzumaki j'ai été la grande erreur de sa vie. Car depuis quand le grand Sasuke Uchiwa s'entiche de quelqu'un c'est vrai non ? Comme son frère, un tombeur mais jamais d'histoires sérieuses alors autant enrayé au plus vite le mauvais souvenir que je suis. Plus j'y pense et plus les larmes coulent sur mes joues et plus elles coulent plus j'ai mal comme si elles étaient les gouttes de sang qui ruisselaient de la plaie qui s'est ouverte dans mon cœur.
C'est le regard brumeux que je rassemble mes affaires, mes bagages ne sont qu'à moitié défait alors ce ne sera pas si difficile de tout empaqueter. Je me presse, mes gestes sont un peu désordonnés tout à fait à l'image de mes pensées mais je n'ai pas le temps de réfléchir, je ne dois pas le faire. Je referme silencieusement la porte derrière moi, jetant un coup d'œil au couloir afin de m'assurer que je suis seul et descend lentement les marches mais autant dire qu'avec deux valises aussi remplies que les miennes, je ne tarde pas à me faire repérer.
'' Qu'est-ce que tu fais, me demande Sasuke alors que je dépose le tout à côté de la porte.
-Tu ne veux plus me voir ici, commençais-je d'une voix légèrement perchée qui me fait regretter de ne pas avoir pris un moment pour me calmer. Alors je pars.
-Il est plus de minuit, me dit-il d'une voix dure ou je sens tout de même une once d'inquiétude.
-Je sais bien mais c'est chez toi ici non ? Je ne te ferai pas endurer ma présence plus longtemps, je vais dormir ailleurs.
-Ou ça, tente-t-il de me retenir alors que j'ouvre en grand la porte d'entrée.
-Je n'en sais rien…je trouverai bien, dis-je avant de refermer la porte sans même un regard pour lui.''
Il est tard, je le sais bien mais je n'ai pas dit toute la vérité. Malgré le fait que je ne possède aucun moyen de transport autre que mes jambes et que le chemin risque d'être long et éreintant, je sais ou je vais. Ce soir, je vais dormir chez Gaara.
Dans le prochain chapitre :
[…] …t'es encore plus bandant que la dernière fois ou je t'ai vu comme ça.''[…]
