Tous gay ou presque!
Vous excuserez le petit chapitre (autant en longueur qu'en contenu) mais il ne s'agit que d'un intermède pour la suite qui sera plus croustillante. Bonne lecture malgré tout !
Un merci tout spécial pour Miyu-chan34 de suivre la suite, j'espère qu'elle te plaira ;)
Chapitre 11
J'ai eu le sommeil agité cette nuit-là, celle suivant le coup de fil de Sasuke à mon père. J'ai rêvé, cauchemardé par moment, insomnié à d'autres et finalement je me suis levé plus fatigué que je ne l'étais au moment de m'endormir. Est-ce que j'avais rêvé de tout ça ? Est-ce que Sasuke avait bien dit ce qu'il avait dit ? Avec cette voix, avec ce ton…coupable ? Concerné ? Avait-il enfin pris conscience de l'enfer qu'il me faisait vivre depuis que nous étions revenus de notre stage ? Je ne trouve pas de réponse, pas alors que je suis à moitié éveillé et que j'en suis à taper frénétiquement sur ma table de chevet dans l'espoir de trouver au hasard le bouton pour couper le réveil. Je me lève difficilement, à demi empêtré dans mon pyjama orange et prend la direction de la salle de bain pour une longue douche qui, je l'espère, finira bien par me réveiller.
Les cheveux encore mouillés, je descends finalement à la cuisine avec cette sensation mitigée de flotter quelque part entre le réveil d'avoir quitté mon lit et le retour au sommeil dû à la chaleur de l'eau de la douche. C'est mon estomac grondant à l'odeur alléchante des crêpes qui va finir de me réveiller et me faire presser le pas jusqu'à apercevoir le parfait petit paradis du dormeur. Mon père, en tablier, une poêle à la main en me saluant de l'autre me désigne une place à table avant de m'apporter mon assiette. Et quelle assiette ! Crêpes, confitures, fruits frais, miel et chantilly : de quoi exploser ma glycémie mais tant pis j'aime beaucoup trop ce genre de déjeuner pour m'en passer. Il faut bien que je puise mon énergie quelque part !
Je me souviens même du matin de notre premier week-end libre de stage, Sasuke avait fait la cuisine et m'avait apporté le plateau-déjeuner jusqu'au lit. J'avais été tellement heureux et touché que je n'avais rien voulu avaler…du moins, pas de ce qui se trouvait dans le plateau. Je me souviens l'avoir embrassé pour le remercier, des baisers qui s'étaient rapidement transformés pour s'achever avec des fruits à grandeur du lit, le plateau renversé après lui avoir fait l'amour…
« Tu n'as pas faim Naruto ? »
La question me fait froncer les sourcils, non je n'avais pas souvenir de ça durant ce moment passé ensem… Oh… C'est mon père qui me regarde, inquiet. J'étais tellement perdu dans mes pensées que j'en ai à peine touchée mon assiette. Je force un sourire, lui assure que tout va bien en quittant néanmoins la table et la pièce. Voilà qui n'aidait pas mon morale mais je prends l'escalier pour remonter à ma chambre, toujours perdu dans mes pensées qui ne portent encore qu'un seul prénom : Sasuke. Mon regard passe par la fenêtre pour vérifier le temps qu'il fait et me diriger dans le choix de mes vête…
C'est à ce moment que je l'aperçois.
Je ne croyais pas au coup de foudre mais la voir, là, à m'attendre dehors en me faisant de l'œil et encore plus belle que ce que j'aurais pu l'imaginer… J'en tombe aussitôt amoureux. Amoureux de ses courbes voluptueuses, de sa robe flamboyante que le vent caresse… J'imagine déjà mes mains la saisissant, d'abord en douceur puis avec envie, apprécier sa fermeté sous mes doigts alors que je l'enlacerais de tout mon corps. Mes jambes s'impatientent même de la sentir trembler sous moi…de l'entendre ronronner…puis rugir.
Ma moto est là. Ma moto nom de Dieu ! Je cours pour la rejoindre –débouler les marches en gardant le moins de contusions possible, c'est un art vous savez- et me précipite dehors en ouvrant en grand la porte d'entrée. J'écarquille encore plus les yeux si possible en la scrutant des poignées aux roues. Elle est tout simplement parfaite et comme un idiot, je ne peux résister à l'envie de m'y asseoir pour tester le confort de la selle alors que je me trouve toujours…en bas de pyjama.
« Je lui avais dit qu'elle te ferait beaucoup d'effet, me parvient une voix depuis le seuil de la maison.
-Jiraya ! Tu as vu ? Elle est superbe ! »
Il me sourit en ajoutant que c'est ce qu'il avait aussi dit à mon père au moment de l'acheter. Ils avaient raison, elle me faisait vraiment beaucoup d'effet et pour la peine, ma jauge de bonne humeur touchait le plafond. Combien de temps j'avais regretté d'avoir vendu l'ancienne ? D'accord, j'avais eu le choix de m'en départir et je l'avais fait en croyant que ce serait pour la bonne cause : le stage avait trop peu d'inclus pour que je ne cherche pas à avoir un minimum d'argent de poche. Maintenant je peux le dire, ça n'avait pas valu la peine et je m'en étais voulu pendant longtemps mais aujourd'hui… Aujourd'hui j'ai une nouvelle maitresse et j'en suis complétement dingue.
Tellement que je ne tarde pas à m'habiller en quatrième vitesse une fois retourné dans ma chambre sans vraiment faire attention à ce que j'enfile : pantalon cargo en ton orange et chandail juste au corps parfaitement blanc. Une ceinture et mes bottes noires plus tard, je chevauche la belle fougueuse en la caressant presque des mains –heureusement que je suis de nouveau seul car il y aurait momentanément de quoi se questionner sur mon état mental- et la démarre en frissonnant déjà de la sentir vrombir entre mes jambes.
Rien ne va ternir ce début de journée et je remercie le ciel de m'avoir donné ce matin les couilles –Ah non ça je les avais déjà- le courage plutôt, de soutenir le regard que Sasuke darda sur moi à mon entrée en classe. Après tout il ne sait pas que j'ai tout entendu de son coup de fils et j'en tire une certaine…oui une certaine jouissance vicieuse à le découvrir sous un angle plus fragile. Pas encore désespéré, non, mais au moins atteint par ce qu'il a fait, par ce que je lui ai répondu aussi sans doute et qui me conforte un peu dans l'idée qu'au bout du compte, je ne suis peut-être pas si démuni que ça face à lui. J'ai beau m'en amuser en classe, une fois l'heure du lunch arrivé et Gaara attablé devant moi avec son regard insistant et inquiet, je finis par cracher le morceau quand il me questionne finalement.
« Ça va ? J'ai pas eu le temps de te rattraper hier que t'avais filé… Qu'est-ce qu'il a fait ?
-Il a dit qu'il ne voulait pas travailler avec moi pour le projet de présentation du stage…
À voir l'air étonné de mon ami, je comprends sans mal qu'il ne me croit pas. Enfin, si, mais je ne me serais pas énervé pour si peu non ? Je soupire en faisant tourner mes baguettes dans mon bol de nouilles instantanées avant de poursuivre.
-Il l'a juste dit…pas très gentiment. J'suis pathétique hein ? Faire toute une histoire pour si peu mais…tu sais…j'aurais vraiment aimé qu'on soit…enfin qu'on redevienne…amis ?
Oui je dois tous leur faire pitié à m'accrocher à cet amour qui est déjà relégué à l'état d'archives. Sasuke se porte très bien sans moi : je n'ai qu'à me souvenir de comment il a dévoré Kankuro des yeux le soir de notre arrivé et pourtant… Pourtant j'aurais aimé croire que ce que j'ai lu dans ses yeux le matin ou je l'aurais traité de tous les noms s'il ne m'avait pas rendu mon journal était…de la tristesse ? De la honte ? Du regret ?
-Naruto…c'est pas tout hm ? Je sais que tu n'aimes pas rester en mauvais termes avec quelqu'un mais après ce qu'il t'a fait…enfin…pourquoi vouloir soudain recoller les pots cassés ?, me demande judicieusement Gaara.
Il me connait trop bien. Je ne suis même pas surpris que Gaara lise toujours aussi facilement en moi. Non je n'aime pas la discorde, c'est un fait établi que je m'attire même parfois des ennuis en tentant d'en éviter mais il a aussi raison sur l'autre point : malgré mon énorme gentillesse, je n'aurais pas dû –pu ?- pardonner à Sasuke après qu'il ait rompu de cette façon. Il y a bien un « mais », mais je doute qu'il ne plaise à mon meilleur ami.
-Il a appelé à la maison hier soir…
-Quoi ?!, s'exclame-t-il, l'air des plus choqué. Il doit se demander de quel droit Sasuke a osé retourner le couteau dans la plaie de cette manière mais je le calme rapidement –enfin j'essaie- en lui expliquant la suite.
-C'est Papa qui répondu, je me réveillais de ma sieste après être rentré et… Enfin bref, il a appelé. Il demandait à lui parler pour…je ne sais pas trop mais il. C'était bizarre je ne l'avais jamais entendu comme ça encore. Comme s'il était…vexé par quelque chose ou. Enfin il était pas bien, je l'entendais clairement.
Un silence suit, je me trouve bien idiot de tenter de le défendre de la sorte alors que hier encore je me serais tout simplement réjouit de tous ces plus petits malheurs. Non la réalité était que c'est moi qui a été vexé que Sasuke se confie ainsi à mon père plutôt qu'à moi. Après tout, c'est à moi qu'il a fait du mal. Moi qu'il a insulté en prétendant que je ne pense qu'à moi alors que j'essaie de tout faire depuis le début pour que cette séparation soit la plus facile qui soit pour lui. Je touille encore un peu mes nouilles alors que les paroles de la veille me reviennent à l'esprit.
-Il a dit…qu'il avait merdé avec moi…qu'il voulait m'aider pour le projet mais sans que je le sache. Il se fout des notes lui c'est pas un génie pour rien mais il a dit qu'il voulait m'aider pour que je réussisse. Que c'était pour ça qu'il a appelé parce qu'il voulait demander quelque chose à Papa.
Je marque un silence en relevant finalement mes yeux dans ceux de mon meilleur ami. Je ne sais pas ce qu'il y lit mais il fronce les sourcils en me scrutant longuement. C'est étrange mais je me sens presque attendrit de le savoir si inquiet pour moi-même si d'un autre côté, je ne comprends absolument pas ce qui se passe dans ma tête à l'instant. Confier tout cela à Gaara me fait du bien mais ça n'éclaircit en rien la situation. Il le fait pour moi, à mon très grand étonnement, avec des mots que je ne pensais pas l'entendre dire un jour.
-Tu crois qu'il était sincère ? Je veux dire, il n'aurait pas pris la peine d'appeler autrement non ? Tu…tu voudrais…lui pardonner ?
La question reste sans réponse. Un long, très long moment avant que je n'hoche simplement la tête en douceur. Oui. J'aimerais tant lui pardonner même si c'est la chose la plus douloureuse que j'ai à faire de toute ma vie. Apparemment pas autant que ce que Gaara s'apprête à dire car je vois son front se rider tellement il a l'air contrarié, sa mâchoire se serrer un peu plus alors qu'il inspire lentement un grand coup et…
-Tu devrais l'inviter…à la fête de demain. Donnes-lui une autre chance… ? »
Je ne sais pas ce qui me fait le plus plaisir de l'entendre prononcer ces mots ou d'entendre la cloche sonner pour annoncer la reprise des cours. Je suis affolé en réalité, complétement déboussolé et ne sais plus du tout quoi penser. Si Gaara, mon meilleur ami, celui qui me défendrait bec et ongles contre n'importe qui me voulant du mal, me propose de laisser Sasuke se racheter, dois-je l'écouter ? Est-ce que ce n'est pas plus facile de suivre le jugement de la personne la plus proche de nous quand c'est cette même personne qui aurait tendance à nous reprocher un écart de conduite ? Moi qui redoutais que Gaara ne me dise faire fausse route avec cette histoire, voilà qu'il appuyait justement la direction que je voulais prendre. Je ne crois plus nécessaire d'hésiter ou de douter, ma décision est prise et Sasuke sera invité.
Assis au dernier cours de la journée, c'est le moment ou jamais et je me surprends à bêtement chercher un bout de papier sur quoi écrire pour le lui lancer. Minute. Un bout de papier ? Comme ceux du primaire qu'on se passait de bureau en bureau pour poser des questions du genre : Veux-tu être mon ami ? Coche Oui ou Non… Vraiment ce que je peux être débile. Je sors plutôt mon portable aussi discrètement que possible, je sais que le prof à une aversion pour tout ce qui est technologie, c'est limite s'il ne contourne pas l'ordinateur de la pièce alors… L'écran sous ma table de travail, je reste immobile, comment je vais lui demander ça ? 'Salut, ça va ? Ah au fait, je t'en veux pas hein, viens donc à ma petite fête demain.' Non mais franchement… D'un autre côté, il a peut-être déjà oublié mon projet de fête alors…le lui rappeler ?
'Tu peux venir à la fête demain ?'
Voilà, décontracté et simple. J'envoie en remarquant que j'applique inconsciemment le cours de psycho. Qu'est-ce que le prof disait déjà : éviter les confrontations, toujours laisser un choix à l'interlocuteur, d'où le « Tu peux » au lieu de « Tu veux ». Il sentira qu'il a le choix et que je prends en considération qu'il puisse…avoir quelque chose de mieux à faire ? Je le vois sursauter sur sa chaise après quelques secondes et retiens de mon mieux un léger rire. Portable sur vibration égalait souvent sursauts incontrôlés. Il tire son téléphone de sa poche et semble hésiter. Bah oui d'un côté je ne peux que le comprendre, il ne devait pas s'attendre à ce que je lui envoie ça mais je reçois la réponse…
'Je suis invité ?'
Un sourire idiot me mange le visage. Ça veut dire qu'il compte venir ?
'Bien sur !'
Oups… Peut-être un peu trop enthousiaste là et je me dépêche d'ajouter.
'Ton frère aussi'
Non mais quel idiot. Qu'est-ce que j'en avais à foutre de son frère ? Ça ne faisait pas soudain : Ah oui tu peux venir mais pas tout seul. Amènes ton frère aussi. Ce que je pouvais être con parfois. Non d'accord. Ce que j'étais con. Tout le temps. Je redoute même qu'il ne réponde pas. Il a rangé son portable et je me sens mal. Est-ce que j'ai tout foiré ? Est-ce qu'il va comprendre que c'était pour déguiser mon empressement ? Ou alors il va se souvenir que j'avais dit à tous qu'ils pouvaient bien amener qui ils voulaient. Il va s'en souvenir hein ? Je soupire et rapporte mon attention sur le cours qui approche dangereusement de la fin. Ça y est, j'ai tout gâché, il ne répondra pas, ne viendra pas et je peux dire adieu à nos réconci… Mon portable vibre. Je le saisis à deux mains comme la chose la plus précieuse au monde.
'Ok'
Ok. Ok ? Ok comme, ok je viens. Ou comme ok mais non merci ? Bordel pourquoi c'était si compliqué de parler en textos ! Pas d'expression, pas d'intonation. À ce moment je me retiens de ne pas lui balancer un truc par la tête pour au moins voir ses yeux et comprendre. La cloche sonne et j'ai à peine le temps de ramasser mes livres qu'il n'est déjà plus dans la classe. Bon. Je verrai bien demain…non ? Je rentre rapidement à dos de moto, la gare dans l'entrée juste à temps pour voir mon père et Jiraya sortir de la maison. J'avais complétement oublié qu'ils partaient ce soir !
« Ah ! J'avais peur de ne pas te croiser. L'avion décolle dans une heure alors je n'ai pas beaucoup de temps mais…
Il vient à ma hauteur, me prend dans ses bras pour me serrer contre lui. Ça semble idiot mais juste cette étreinte me fait un grand bien. Mon père m'a manqué pendant cette dernière année et je n'ai pas à me plaindre des câlins que j'ai pu recevoir par centaine mais ceux d'un parent ne sont jamais égalables non ?
-J'ai fait aménager des chambres pour ceux qui voudront rester. Sois raisonnable, s'il-te-plaît. Assures-toi que ceux qui repartent sont en état de le faire ou appelez des taxis et…
-Papa…je n'ai plus treize ans, tentais-je de le rassurer.
-Encore heureux car tu aurais dû nous suivre, renchérit Jiraya avec un petit sourire taquin. Il faut y aller Minato, le pressa-t-il doucement. Amusez-vous bien Naruto. J'ai laissé le numéro de mon portable sur le frigo. »
Je les embrasse et les regarde s'éloigner en voiture avant de rentrer. Je pense soudain que je suis bien bête d'avoir refusé l'aide de Sakura, elle a toujours été la meilleure d'entre nous pour orchestrer ces choses, les préparatifs, les idées, l'ambiance mais je veux le faire par moi-même. Pour une fois j'ai envie de faire quelque chose de bien de mes propres mains. Je vais surement en avoir pour toute la soirée –la nuit ? non je n'espère pas autant quand même- et me mets aussitôt au travail pour terminer le plus rapidement. La fête commençait demain après tout et Sasuke y serait j'en suis convaincu. Tout irait pour le mieux n'est-ce pas ? Je ne me réjouis pas…trop vite hm ?
Dans le prochain chapitre :
[…]Nous nous sommes installés un peu partout dans le salon, sur les canapés, les accoudoirs, le planche même parfois avant que Sakura ne commence.
« J'ai jamais…couché avec mon meilleur ami. »
Tss, elle pouvait bien être certaine de ne pas boire, elle, ces meilleurs amis étaient gay ! Moi par contre je bois…et en double à mon grand malheur même si je maque de m'étouffer en constatant qui d'autre le fait aussi…[…]
