Eh bien voilà. L'impensable se produit. Cette fiction a un nouveau chapitre.
Merci à ces deux clics qui auront peut-être fait la différence dans la balance pour me secouer à tenter de finir ce que j'ai commencé en suivant cette histoire alors qu'il n'y avait plus rien depuis un très/trop long moment. Bref.
N'hésitez pas à partager vos impressions et bonne lecture à tous !
Tous gay ou presque!
Chapitre 12
Enfin prêt. Tout est enfin prêt pour cette petite fête qui, je l'espère, parviendra à me convaincre que je suis de retour. Pas que j'en doute vraiment, je sais que je suis chez moi, à Konoha, et que cette maison est désormais la mienne, que je reprends mes études dans la même école mais… Il y a cette voix, ce sentiment que je ne comprends pas et qui me pousse à provoquer des rapprochements, comme pour me prouver à moi-même que j'ai encore ma place ici. Dans cette vie. Que rien n'a changé. Surtout auprès de mes amis…
…contrairement à ce qui en est avec Sasuke…
« Arrête un peu de penser à lui !, m'ordonnais-je tout bas. »
Ça devient lourd et je m'en rends compte seulement maintenant. Je dois décrocher et, quelque part, j'arrive à me convaincre que cette fête c'est aussi pour aller dans ce sens. Passer à autre chose. Pour ne pas que Sasuke soit mon seul sujet de cogitation. La sonnette de l'entrée retentit la seconde d'après et je crois bien que je frôle l'arrêt cardiaque. L'espace d'un bref instant, je me demande si le Destin n'essaie pas de m'envoyer un message, -ce ne serait pas justement lui ?- mais quand j'ouvre finalement la porte…
« Ah… Sakura c'est toi.
- Eh bah que de joie ! Je peux repartir aussi hm, me reproche-t-elle en entrant quand même et je lui fais la bise en refermant derrière.
- Pardon je croyais…
- Oui je sais. Mais ce n'est que moi. »
Elle hausse les épaules en me souriant doucement. Je l'adore. Inutile d'entrer dans les grands discours avec Sakura, on se connait depuis assez longtemps pour savoir à peu près ce que l'autre pense ou ressent. C'est ce que je crois du moins mais je reste un peu sceptique en la voyant figée à l'entrée du salon, les poings sur les hanches et plus silencieuse que jamais.
« On peut reculer encore un peu les canapés ? Ça ne laisse pas beaucoup de place comme ça…
- Oui bien sur ! Il faudrait juste que tu me donne un coup de m-…
- Et pour les encas tu as quoi ?
- Euh des chips ?
- Et la musique ?
- Youtube ?
- Hm. »
Son silence m'inquiète soudain et je regrette presque de ne pas lui avoir demandé son avis. Elle finit par soupirer et me servir ce regard qui veux dire : tu n'y es pas du tout, avant de prendre la porte. Bah, elle se barre comme ça sans un mot !? Je la suis, agacé, avant d'écarquiller les yeux en la voyant revenir avec des paquets plein les mains. Dix minutes plus tard, je contemple ce qui est étalé sur le comptoir de la cuisine de service.
« T'as acheté tout ça ?
- Ah ce que je ne ferais pas pour tes beaux yeux !
- Mais Sakura c'est… »
Juste. Trop. Il y a des croustilles de toutes les sortes plus toutes les trempettes qui vont avec, des couronnes de crevettes, des paquet surgelés de petites saucisses enroulées de bacon, des bouchées de fromage panné et encore je ne vois pas tous les emballages qui sont sous la pile. Je suis soufflé.
« Tu es folle ! »
Elle rit en répondant que c'est ainsi que je l'aime et elle a raison. Nous allons tout répartir selon ce qui est à cuire ou ce qui se mange froid et je lui fais promettre de ne pas passer la soirée à faire la cuistot. Elle me dit avoir l'intention de profiter de la soirée et je suis rassuré. La porte va sonner une fois de plus et je vais ouvrir pour accueillir Gaara. Il est encore tôt mais je m'attendais à ce qu'il soit aussi dans les premiers. Je l'amène à la cuisine où il salue Sakura sans cacher sa surprise devant autant d'amuse-bouche.
« T'as invité un régiment ou quoi ?
- Je me suis dit qu'il y aurait beaucoup de monde alors j'ai voulu donner un coup de main à Naruto.
- Je sais même pas qui sera là, avouais-je avec insécurité.
- Tes amis bien sur, tente de me rassurer la cuisinière improvisée.
- Et les amis de tes amis, ajoute à son tour Gaara.
- C'est bien ça le problème. Je ne sais plus qui sont encore mes amis…
- Roh mais qu'est-ce que tu peux être bête ! Naruto ! Vous vous connaissez tous depuis le primaire, d'accord, tu es parti pendant un an et après ? Ça ne suffit pas à t'effacer de leur mémoire ! Tu restes le pote super joyeux et attentionné que tout le monde est content d'avoir. »
Gaara en fait trop. Mais il est sincère et ça me va droit au cœur.
« Allez va prendre une douche et te changer pendant que je prends le relais avec Sakura.
- Qu'est-ce qui ne va pas avec mes vêtements ?, demandais-je avant de me récolter non pas un mais deux regards aussi étonnés que découragés.
- Chéri, commence alors mon meilleur ami en passant un bras autour de mes épaules pour me trainer lentement hors de la cuisine. Comment je te dirais ça…
- T'as l'air d'une loque ! »
Je tique et lance un regard noir à cette grande gueule de Sakura qui me sert un énorme sourire innocent. J'entends Gaara soupirer à côté de moi et comprends que c'est aussi ce qu'il pense. Je me sens vexé pendant trois secondes et quart avant d'obtempérer et de monter les escaliers en direction de la salle de bain. Seulement, je ne le fais pas assez vite pour ne pas les entendre prononcer des paroles aussi acérées que douloureusement véridiques.
« Il est complètement paumé le pauvre.
- Oui, Sasuke a vraiment piétiné sa fierté. »
Je serre les dents pour m'empêcher de répliquer et claque la porte de la salle d'eau. Là, avant même de penser à retirer mes vêtements, je croise inévitablement mon reflet dans le miroir. Ça fait mal. Presque qu'autant que d'être forcé d'admettre qu'ils ont raison. Je ne ressemble à rien. Ça dure depuis un moment. Je le sais sans avoir à me questionner. Et ça aussi, ça fait mal. Parce qu'entre avoir l'impression de ne plus être quelqu'un et en avoir la confirmation, il y a un monde.
« Alors tu vas te reprendre en main et enfiler un truc sexy parce qu'il y a une fête qui se prépare et que c'est toi la star foi d'Uzumaki ! »
Je fixe mon double et son air résolu dans le miroir avant d'esquisser un sourire maladroit qui prend un peu plus d'assurance avec les secondes. Voilà qui est mieux !
J'entends la musique et les voix avant même de poser le pied sur la première marche et prends un moment pour inspirer à fond. Qui aurait cru qu'un jour je me sentirais gêné de me présenter à mes amis simplement parce que je doutais de ce que je portais ? Je me sens ridicule et ne me laisse pas plus de temps pour me torturer l'esprit. Je descends en me disant qu'en tant qu'hôte de la soirée, il faut bien que je me fasse remarquer. J'essaie de me donner un peu de courage et ne tarde pas à saisir le premier éclat de voix.
« Regardez-moi ça…
- Quoi ça va toujours pas ?, demandais-je nerveusement à Gaara qui semblait m'attendre.
-Tu rigoles tu vas pas juste enflammer la piste de danse ce soir Naruto !, répond à sa place une voix que je reconnais sans mal comme étant celle de Kiba. »
Je me tourne vers lui, enfin arrivé en bas de ces maudits escaliers, pour lui faire un câlin et ne peut ignorer le plaisir que je ressens à l'entente de leur impression. J'ai longtemps hésité avant de me décider pour un jeans noir bien moulé et ce haut si singulier acheté en stage pour l'une de nos rares sortie en boîte. Vu de devant, rien n'était plus banal : un tissu ajusté, des manches courtes et l'illusion d'une simple chemise blanche au col ouvert sur un juste-au-corps en résille noir. C'est la vue de dos qui surprenait le plus quand toute trace de tissu blanc disparaissait pour ne laisser place qu'à cette résille noire qui couvrait l'entièreté du dos. Mon kistune ne peux pas être plus visible. Et ce soir je ne veux pas le cacher.
Je fais rapidement le tour des premiers arrivés : Kiba, Shikamaru, Ino, Hinata et Shino. Je suis certain de perdre le compte et cette pensée se confirme rapidement avec plusieurs vagues d'invités qui viennent grossir les rangs. Sakura a terminé les encas et après avoir tout placé à disposition, je l'oblige à prendre congé. Sai se présente aussi et je suis soulagé de savoir qu'il arrivera à la tenir loin des fourneaux. Je veux qu'elle s'amuse. Je veux que tout le monde le fasse et je monte un peu le volume, reconnaissant à ma cerise-adorée d'avoir si bon goût en termes de musique. Ils sont nombreux à faire leur entrée mais celle qui me marque sans doute le plus…
…c'est celle de Sasuke.
Kami-sama qu'il est beau ! Juste ce qu'il faut de désinvolture pour oser se présenter dans un débardeur noir beaucoup trop moulant pour mon bien-être…sans parler de ce zip descendu juste avant que ça ne devienne volontairement provoquant. Et ce cul d'enfer ! J'ai beaucoup trop chaud soudain et ce n'est pas uniquement lié à cette vision mais aussi à l'une de ces personnes qui l'accompagne : Kankuro. Juste là, comme ça, avec lui. Je n'ai pas le temps de m'esquiver qu'une voix dans cette direction m'interpelle.
« Naruto ! Merci pour l'invitation.
-C'est rien, Itachi, c'est pour tout le monde alors Deidara et toi vous êtes les bienvenus. »
Je bute un peu sur les mots, peut-être qu'à force de les répéter j'arriverai à me les faire accepter. C'est vrai après tout, pourquoi je fais tout un plat que Sasuke ait respecté mon invitation libre…il fait ce qu'il veut…non ? Ça ne me regarde plus. Et je dois en faire autant ! Je tourne les talons sans plus de cérémonie.
Dans l'heure qui suit, je vais enchaîner les verres, les danses, les accolades et encore les verres. Je ne cherche plus à savoir qui est qui car la moitié des gens présents me sont inconnus mais tant pis. Les plus importants sont là. Ils s'amusent, je m'amuse et tout va pour le mieux. C'est ce qui se passe pendant près d'une heure et j'en suis à ignorer royalement un certain regard onyx que je sens peser sur moi depuis peu quand…
« Naruto viens voir ! »
J'entends Gaara qui m'appelle depuis l'entrée et je me faufile comme je peux entre deux danseurs en manquant renverser mon verre. J'arrive au hall sans avoir mouillé quoi que ce soit mais j'aurais très bien pu le lâcher de surprise en découvrant la personne qui se tient aux côtés de mon meilleur ami. D'accord, je sais que j'ai dit que chacun pouvait inviter qui il voulait mais j'ignorais que Gaara comptait des mannequins dans ses intimes. À moins qu'elle ne soit actrice ? Vrai qu'avec ce visage aussi fin aux traits ultra délicats et une peau si parfaite, rien qu'un regard suffit à tomber sous le charme. Je dois d'ailleurs avoir l'air un peu con de simplement la dévisager sans rien dire alors je lui souris, un peu égrillard malgré moi.
« Moi c'est Naruto. Et toi ma jolie ? »
Elle semble surprise, surement que j'ai poussé un peu trop tôt la note de la drague mais que voulez-vous, j'ai beau aimer les hommes, je ne suis pas aveugle à la beauté sublime d'une fe-…
« Euh Naruto… C'est Sasori… Mon cousin. »
Qui parlait d'avoir l'air con déjà ?
« Oh…je…euh…
-Enchanté Naruto
-Oui…moi aussi. Bienvenue Sasori. »
Je lui fais la bise tout en lui serrant la main, trop perturbé pour m'en rendre compte et je dois me répéter au moins cinq fois que c'est bien un mec avant que quelque chose n'attire mon attention. Il est roux lui aussi ! Puis, aller savoir pourquoi, quelque chose tilte dans mon esprit. Un coup d'œil par-dessus mon épaule m'encourage dans mes soupçons. Je me fais peut-être un film mais à voir la surprise passer sur le visage d'Itachi quand il aperçoit Sasori, je suis certain qu'ils se connaissent au moins un peu. Ça ne dure que quelques secondes parce qu'aussitôt qu'il voit que je l'observe, il détourne le regard et s'éloigne mais ça ne fait que me titiller davantage. Se pourrait-il…qu'il soit le visiteur nocturne d'Itachi ? Je me promets d'avoir le fin mot de l'histoire ou je ne m'appelle pas Naruto !
Mon enquête ne va pas bien loin car je suis bientôt entraîné sur la piste par Gaara qui me réclame une danse et bien que je sois un peu mal à l'aise -pas forcément de danser mais surtout de le faire avec lui- j'oublie vite mes réticences et me laisse aller à me déhancher. Nous sommes vite rejoints et je ne cherche bientôt plus à savoir à qui sont telles ou telles mains sur mes hanches ou mon torse alors que je danse collé-serré contre une, deux, cinq personnes. Fille ou mec je m'en fous parce que pour la première fois depuis longtemps, je me sens bien. Et ça aurait pu continuer si mes jambes n'avaient pas un peu protesté en me faisant prendre congé de la piste.
Je me retrouve tout naturellement entouré de la plupart de mes intimes, simplement à boire et parler, et je ne peux que me reprocher mes craintes d'avoir cru que ça n'arriverait pas tout seul. D'avoir laissé de la place à cette peur que quelque chose avait changé avec mon absence. C'était ridicule. Oui, nous étions partis longtemps. Oui, les relations, les alchimies n'étaient plus les mêmes mais les histoires individuelles de chacun ne semblent pas interférer avec ma propre participation dans ce cercle.
Je me sens d'ailleurs plus décontracté à cette pensée. J'ai le sourire facile et il ne me quitte pas même quand j'aperçois Sasuke qui approche discrètement avec Kankuro sur les talons. C'est à croire que les derniers verres ont ramolli ma méfiance, pourtant, quand j'entends notre amie d'enfance proposer un petit jeu pour égayer la soirée, j'ai soudain un doute. Le «j'ai jamais» peut parfois être comique mais il comporte aussi son lot de retournements…
J'acquiesce tout de même, oui, c'est une bonne idée pour débuter la soirée et faire une pause entre deux moments danse. Je sais que les autres invités ont de quoi s'occuper et je lâche doucement prise dans mon idée de tout vouloir contrôler : c'est une fête que j'organise, pas un concert, les choses se passeront comme elles doivent se dérouler et c'est tout.
Je compte huit têtes et, pour une première, c'est déjà bien. Nous nous sommes installés un peu partout dans le salon, sur les canapés, les accoudoirs, le planche même parfois avant que Sakura ne commence.
« J'ai jamais…couché avec mon meilleur ami. »
Tss, elle pouvait bien être certaine de ne pas boire, elle, ces meilleurs amis étaient gay ! Moi par contre je bois…et en double même si je manque de m'étouffer en constatant qui d'autre le fait aussi…
Sasuke -ça d'accord, c'est bien moi le seul responsable- mais aussi Ino, Shikamaru et Kiba. La première étant inséparable du deuxième depuis toujours, Shika est aussi le meilleur ami de Kiba et là…j'apprends d'un coup qu'il doit forcément être bi ? Shikamaru qui est toujours en couple avec une Temari heureusement absente ce soir car il y avait de quoi faire dans le choc et l'inédit. Et puis finalement, là sur ma droite, le dernier à boire. Et pas qu'un peu. Gaara.
Je me raidis et tourne inconsciemment le regard vers Sasuke qui n'a rien raté. S'il lui reste le moindre doute depuis la discussion qu'il a surpris entre mon ami et moi le soir de notre retour, il ne doit plus en avoir. Il sait. Il sait qu'en quelques jours je n'aurais pas eu l'audace de remettre le couvert avec qui que ce soit. Il sait aussi que je ne l'ai jamais réellement trompé malgré tout ce qu'il peut continuer de soutenir de cette histoire avec Yahiko. Il sait donc que ce qui est arrivé avec Gaara…c'était avant lui. Il reste pourtant parfaitement immobile à fixer un point dans le vide et son silence me donne envie de hurler. Il a beau faire l'indifférent, tenir aussi haut que possible son menton et son putain de masque d'impassibilité comme un bouclier, on ne me la fait pas.
Je l'ai vu, cette fraction de seconde où sa bouche s'est tordue en une grimace, avant qu'il ne prenne ses grands airs de je-suis-intouchable. Ça lui arrivait de réagir comme une personne normale ? D'assumer ses émotions parfois ?! Je prends sur moi et me fais violence pour reprendre moi aussi mon calme, après tout, c'est bien lui qui a le droit d'être en colère. Moi je n'ai aucune raison…
« J'ai jamais menti sur ma première fois. »
…sauf pour ça !
Inutile de faire un dessin. Je sais que les mots sont pour moi mais le regard que darde soudain Sasuke dans ma direction, assombri de colère et de douleur, rend la chose encore plus évidente pour ceux qui nous entoure. Ma main se serre dangereusement sur mon verre que je ne lève pourtant pas et je vois à peine les quelques rares à boire. Non. Je ne lui ferai pas ce plaisir et mon regard rageur soutient le sien en silence jusqu'à ce que…
« C'est pas beau de tricher Naruto. »
…ça n'explose soudain.
« Je ne t'ai jamais menti sur ça merde ! »
J'ignore comment mais je me suis levé d'un bond du canapé, mon bras tendu à l'extrême et mon doigt pointé sur lui comme un missile. Je crois que j'ai dû crier parce que certains ont sursauté mais je n'en ai rien à faire. Sasuke me cherche, non pire !, il m'humilie devant tous et surtout…
« Je ne t'ai pas menti… »
…il poignarde ma fierté que j'essaie tant bien que mal de retrouver depuis que nous sommes rentrés. Puis, comme je sens ne plus pouvoir très longtemps le regarder droit dans les yeux, comme je me sens obligé pour je-ne-sais-quelle-raison de répondre, d'expliquer…de me justifier… Quelques mots m'échappent d'une voix basse, anormalement calme et lente.
« Tu as été mon premier. Et moi celui de Gaara. »
Voilà. Tout est dit. Et puisqu'on y est, je prends mon tour du jeu. Je dois rester calme, n'était-ce pas ce que je me suis promis la veille encore ? De ne plus lui laisser ce pouvoir sur moi, de ne plus le laisser me faire du mal ? Et de lui rendre la pareille ?
« J'ai jamais couché avec le frère d'un ami. »
Il n'y a que très peu de fratrie dans notre cercle d'ami et il semble évident que je l'ai intentionnellement visé. Cette fois, rien au monde ne me détournerait de son visage de glace. Je veux le voir boire. Je veux le voir admettre ce qu'il a fait et le culot qu'il a eu de pouvoir à peine patienter que le corps soit tiède avant de fêter. Avant d'aller se faire baiser par un autre ! Et là, comme il ne bouge pas, comme il me transperce simplement d'un regard que je veux voir hargneux mais coupable, je reprends ses mots en jubilant presque.
« Aller… C'est pas beau de tricher .Ke. »
Le silence tombe dans le salon. Enfin, silence avec musique en bruit de fond mais vous voyez ce que je veux dire. C'est tendu, je le sens, tout le monde le sens et je me rends compte que certains ont détourné le regard par gêne. Sans doute suis-je trop à fond dans mon idée de vengeance pour m'en excuser. J'attends. Encore. Et encore. Il va le faire. Il doit le faire.
Puis ça arrive. Je le vois qui baisse enfin les yeux pour rompre le contact que j'ai soutenu jusque-là avec une force que je ne me connais pas. Il lève son verre et au moment où je vois la gorgée passer entre ses lèvres…
« On n'a pas couché ensemble. »
Dans le prochain chapitre :
[…]« Bah alors, tu viens pas m'embrasser Sai ? !
À coup sûr, nous aurions tous pu nous appeler Sai en nous retournant en bloc comme un seul homme vers l'origine de la voix, choqué d'une telle entrée. Ou était-ce parce que la personne qui avait si cavalièrement interpellé le dénommé était…
-C'qui c'mec ? […]
