Voici un nouveau chapitre pour célébrer la nouvelle année !

Je tiens à mentionner que cette petite fête ne devait pas être si longue à se dérouler et que le chapitre 15 devrait enfin la clôturer pour passer à autre chose. Je me demande parfois comment les chapitres arrivent à passer auprès du lecteur et si vous ne perdez pas un peu l'histoire malgré qu'elle avance quand même (moi qui est un peu trop maniaque du détail) alors n'hésitez pas à me donner vos impressions ça m'aiderait un peu pour la suite.

Merci aux nouveaux followers et bonne lecture à tous !


Tous gay ou presque

Chapitre 14

Avant que je me sois penché sur lui, j'ai brièvement aperçu l'éclat brillant de ses yeux noirs à travers ses longs cils camouflant son regard, fixé sur mes lèvres qui approchaient…

Et c'est arrivé.

Je l'embrasse.

C'était là, maintenant, que ça se passait. Je l'embrassais. Ma bouche était posée sur la sienne, mes lèvres le caressant bêtement comme s'il avait été possible qu'il puisse répondre à l'échange ou y prendre du plaisir mais… Les siennes restaient immobiles. Fermées. Comme son regard. Et comme le mien le devint.

Je ne voulais pas voir son dégout ou sa répulsion qui me blesseraient plus encore. Non, je voulais juste profiter. M'abandonner dans ce baiser. Lui faire comprendre que… Non. Rien du tout. Juste profiter, voilà. Mais les fractions de secondes s'accumulaient et rien ne changea. Il restait froid. Vide. Et je me fis violence pour ne pas simplement m'arracher à ce baiser bien plus douloureux qu'agréable. Je réduis la pression, prêt à renoncer, à m'éloigner, quand…

…ses lèvres se firent moins dures…

…et s'entrouvrirent…

Je crois qu'à cet instant, je perdis la raison.

Mes mains volèrent d'elles-mêmes à ses joues. Mon corps s'approcha encore plus du sien. Mon souffle expira un soupire de délivrance. Et je l'embrassai à nouveau. Cette fois, comme nous devions le faire. Un vrai baiser. Nos lèvres s'ouvrant et se refermant dans un échange parfaitement synchronisé. Nos langues se touchant juste ce qu'il fallait pour qu'un frisson n'hérisse tous les poils de mon c-…

« Hum hum… »

Un raclement de gorge. Un son. Désagréable. Parvint à mes oreilles. Faisant éclater cette bulle qui nous avait enveloppée pendant de très longues - trop courtes - secondes alors que j'ouvrais les yeux. Le souffle court, je réalisai enfin notre position, celle de mes mains que je mis un temps fou à faire décoller du visage de Sasuke. Est-ce que c'est pour ça qu'il est rouge ? Est-ce que, dans mon emportement, je me suis montré si désespéré que j'ai appuyé trop fort ? Ou alors est-ce qu-…

J'allais reculer quand une tension me retint un très bref instant. J'eus tout juste le temps de baisser les yeux pour voir la main de Sasuke relâcher le bas de ma chemise…et me tourner le dos sans même me regarder… Je rêve où il s'est accroché à moi alors que je l'embrassais ? Bien sûr, je n'ai aucune réponse et ne peut qu'observer son dos s'éloigner en continuant à cogiter.

Je retourne à ma place sans aucune attention pour ce qui m'entoure. J'ai les yeux ouverts mais j'ai cette impression de ne rien voir qu'un nuage embrouillé devant moi. Je flotte littéralement dans un océan invisible où la seule chose que je perçois est le battement frénétique de mon cœur qui cogne si fort dans ma poitrine que je peux presque le voir à travers ma chemise…

J'ai chaud. Et pas qu'un peu. Je me rassieds sans arriver à me concentrer sur le tour de Kiba comme mes yeux sont uniquement fixés sur lui, Sasuke, assis là, tranquille. Pourtant je ne suis ni fou ni aveugle et la façon discrète -distraite ?- qu'il a de faire pointer sa langue entre ses lèvres pour les lécher…comme pour se rappeler de ce baiser…

Je l'imite sans même m'en rendre compte. Je veux encore y goûter. À cette saveur qui est la sienne, à ce doux-piquant de l'alcool et du pop-corn au caramel qu'il a dû manger un peu plus tôt. Je veux encore sentir son odeur. Je veux encore qu'il attrape mes vêtements, qu'il m'empêche de partir…qu'il reste…auprès de moi… Mais ça n'arrivera sans doute plus jamais et je dois me faire une raison. Lui et moi c'est fi-…

Une vague de murmures et un petit ricanement me tire de mes pensées, raccrochant mon attention à ce qui se déroule dans le salon. Je crois avoir entendu un sifflement en provenance de Kankuro et j'ouvre grand les yeux en comprenant ce qui se passe. Itachi est tombé sur Sasori. Encore. Ça veut donc dire que…

« Tss c'ridicule c'jeu…., maugréa Deidara en lançant un regard mauvais à la tête rousse qui fait mine de s'étonner.

- Calmes-toi un peu blondinette c'est rien qu'un jeu, renchérit Sasuke d'un ton désinvolte qui reçut cette fois un regard sévère non pas du blond mais de son frère juste à côté.

- Ok alors selon le jeu, m'empressais-je d'intervenir en me penchant un peu plus vers l'avant pour pouvoir regarder tour à tour les deux concernés. Comme vous vous êtes déjà embrassés…vous devrez jouer à : cinq minutes au paradis. »

Je laisse passer un silence sans trop savoir si je devais expliquer les règles. Est-ce qu'il y en avait seulement ? Et puis, je jette un rapide regard à Deidara qui a l'air au plus mal et je m'en veux un peu de me montrer aussi enthousiasme. Comment je réagirais, moi, si c'était Sasuke ? Non, non. Je n'avais pas à penser à ça, ça ne mènerait nulle part car, de toute façon, nous n'étions plus ensemble. Je poursuis donc.

« La première pièce de ce couloir est un petit boudoir. Quand vous aurez refermé la porte, les cinq minutes commenceront. »

Itachi ne dit rien, il connait déjà le jeu et je tourne donc mon regard vers Sasori en attendant une quelconque réaction. Il est toujours d'accord avec ça ? Il n'a pas de questions ? J'imagine que non quand je le vois se lever lentement et prendre la direction du dit couloir. Il y a un moment de silence, de tension, où je peux presque entendre les pensées de Deidara suppliant son compagnon de prendre un gage. Ce dernier finit par se lever et alla rejoindre le cousin des Sabaku.

C'est d'ailleurs Gaara qui va lui demander au blond de reprendre le jeu mais à peine entendons-nous la porte du couloir se refermer que Deidara se lève à son tour, abandonnant sa place en serrant les poings. Difficile de ne pas voir qu'il est vert de jalousie et, quelque part, je le comprends bien. Mais ça ne doit pas arrêter le jeu et on passe alors à Sasuke.

C'est son tour. Déjà ? Enfin ! J'ignore pourquoi je me sens si fébrile, comme impatient et en même temps nerveux. Je le regarde s'avancer, poser la main sur la bouteille et…lever ses yeux sombres sur moi. Je me fige. Je crois même que je rougis parce que mon visage me chauffe et je m'en veux aussitôt parce qu'il détourne le regard et fait tourner l'objet de notre jeu.

« Tenten. »

Ils s'embrassent brièvement. Je me demande même si leurs lèvres se sont vraiment touchées comme ça été rapide mais le visage soudain pivoine de Tenten porte à croire que, oui, ils l'ont fait… J'entends Ino qui glousse et chuchote quelques mots à voix basse mais ça n'arrête pas le jeu.

Sai va tourner la bouteille et, comme d'habitude, nous suivons tous ses mouvements des yeux. Les rotations se firent plus lentes et la dernière s'arrêta juste devant…personne. Pendant un instant, j'ai cru que c'était pour moi mais en regardant mieux, le goulot ne pointait ni sur moi ni sur Kiba. Elle pointait précisément entre nous deux et avant que je ne propose un autre essaie, quelqu'un dans mon dos me devança.

« Bah alors, tu viens pas m'embrasser Sai ? ! »

À coup sûr, nous aurions tous pu nous appeler Sai en nous retournant en bloc comme un seul homme vers l'origine de la voix, choqués d'une telle entrée. Ou était-ce parce que la personne qui avait si cavalièrement interpellé le dénommé était…

« C'qui c'mec ?, demanda alors Kiba qui s'était tourné et redressé pour dévisager l'inconnu avec un froncement de sourcils.

- C'est… »

Sai s'était levé précipitamment en identifiant l'individu, traversant le groupe pour se placer instinctivement entre nous et une possible trajectoire de l'étranger. La question posée semblait problématique à en juger par son attitude, voire même dangereuse, pour lui...? À l'observer de profil, je percevais un léger tremblement de ses mains dont il triturait les doigts, visiblement bien plus que nerveux, alors que le poids de ce regard -son regard- lui faisait rentrer la tête entre les épaules. Je le vis ouvrir la bouche et la refermer presque aussitôt, comme s'il hésitait à dire quelque chose, et je n'eus pas le temps de l'inciter à parler que l'autre s'avançait déjà vers nous, ou plutôt, vers lui.

« Suigetsu, se présenta-t-il sobrement. J'suis son p'tit-

- Ne t'approche pas de lui ! »

Un éclat de voix fusa du cercle de jeu, faisant d'abord sursauter Sai avant que je ne tourne aussi la tête, surpris, en direction de…Sakura ? Est-ce que c'était bien elle que venait de crier ? Non pas crier mais…c'était presque ça ! Et c'était d'autant plus effrayant à réaliser quand je vis l'état de son visage. D'où lui venait cette expression de pure colère qui me cloua sur place !? Elle avait un regard à faire froid dans le dos ! Sans parler de ce bref échange visuel avec Sai qui tentait visiblement de la dissuader de quelque chose en secouant aussi discrètement que possible sa tête de gauche à droite. Mais l'intrus ne lâcha pas prise.

« D'où je te connais toi ? »

Son regard froncé se fixa de longues secondes sur Sakura qui ne broncha pourtant pas d'un poil. La tension sembla monter d'un cran sans que je ne comprenne pourquoi. J'aurais aimé leur demander, à Sai et elle, ce que ça voulait dire. Ce que ce mec était pour eux et la raison pour laquelle je le voyais fouiller frénétiquement sa mémoire à la recherche de ce quelque chose et comme s'il venait de trouver…

« Ah mais c'est toi la pétasse qui m'a explosé le nez l'autre fois ! »

Ni d'une ni de deux, en moins de temps qu'il ne fallut pour le dire, nous étions trois à nous être redressés pour faire barrière entre notre amie et cet…agresseur. Si Kiba avait pu montrer les dents comme Akamaru il l'aurait certainement fait quant à Ino…il valait mieux penser et repenser ce que l'on prononçait en face d'elle sur notre amie commune. Ça n'allait pas se passer comme ça !

« Hey toi !, je l'apostrophai à mon tour en le pointant d'un doigt pas très aimable. C'est peut-être une fête pour tout le monde mais je n'aime pas ce que tu viens de dire à Sakura. En fait…je ne t'aime pas du tout alors… Sai, dis-je en me tournant vers lui, je sais pas si ce type est vraiment avec toi mais je veux qu'il parte…

- Ou-…oui…je comprends…, acquiesça-t-il aussitôt en faisant un premier pas vers le malpoli quand ce dernier fit un geste pour l'arrêter.

- Et toi on peut savoir qui t'es le blond-bec ?

- Je suis Naruto, son ami, et tu es chez moi ici !

- Un ami ?, répéta-t-il avec une expression…indéchiffrablement effrayante ! T'as des amis toi maintenant ? Ou c'est ton nouveau coup ? T'as pas pu m'oublier si facilement hein, nargua-t-il Sai qui baissa aussitôt la tête. Je connais ça être l'un de ces amis pour qui il tend son joli p'tit cul en suppliant de le bourrer sans même le mouiller… T'as bien pris ton pied en baisant mon mec au moins ? »

Le choc…

…était…

…insurmontable…

Non pas parce que de telles paroles confirmaient enfin ce que j'avais toujours pressenti mais parce que…bon sang…ce n'était pas une façon de parler voyons ! C'était obscène et complétement dégradant ! Je tiquai à la formulation et me retins avec de plus en plus de mal de lancer mon poing dans sa tronche de requin. Non mais vraiment…Sai avait des fréquentations plus que douteuses…et j'étais beaucoup trop énervé pour arriver à réfléchir correctement, à le plaindre ou même à percevoir qu'il avait soufflé un 'Ex' pour le corriger.

Je le vis simplement franchir les quelques derniers pas qui le séparaient de l'indésirable et chuchoter quelque chose que je n'entendis qu'à moitié, visiblement pour le calmer et le convaincre de le suivre, de partie.

« Arrête…Suig…je vais…tout ce que tu veux… »

La crispation jusque-là omniprésente du visage de Suigetsu se relâcha graduellement et se mua lentement en un sourire prédateur qui dévoila des crocs acérés et me flanqua un frisson d'effroi… Sans plus de cérémonie, je le vis saisir Sai au poignet pour le trainer derrière lui et prendre le chemin de la sortie. Trop choqué pour réagir, je ne fis que les regarder jusqu'à ce qu'ils disparaissent complétement de ma vue et que la musique ne se fasse à nouveau entendre à mes oreilles. Mais le regard que Sai avait lancé par-dessus son épaule au moment où on l'avait pris était comme…terrorisé ? Qu'est-ce qui venait de se passer ?


Un peu plus tôt


« Cinq minutes… »

Il s'était jeté sur lui sans attendre, ses bras se nouant d'instinct à son cou alors qu'il tendait le sien pour agresser sa bouche de ses lèvres dans un baiser impératif qu'on ne trouva pas la force de lui refuser. Cinq minutes, c'était trop court. Beaucoup trop court. Surtout que…

« Qu-…est-ce qu-…tu fais ici ? »

…surtout qu'Itachi n'allait pas se laisser faire si facilement, il le savait, mais tant qu'il pouvait au moins l'embrasser…

« C'est Gaara…qui m'a invité, répondit-il entre deux échanges alors que ses mains ne se faisaient soudain plus si sages en glissant sous ses bras puis dans son dos jusqu'à ses hanches qu'il pressa contre lui. Je ne savais pas que tu y serais, plaida-t-il pour sa défense. »

S'il doutait de ses paroles, Itachi n'en montra rien et un grognement fit vibrer sa gorge quand les mains ne se contentèrent plus d'un contact en surface et qu'il sentit les doigts défaire la boucle de sa ceinture avec empressement pour se glisser sous l'élastique de son caleçon. Il eut toutes les peines du monde pour les arrêter, d'ailleurs, en saisissant fermement les poignets de l'autre et le forcer à s'écarter, le gardant aussi loin que possible de lui, de son corps… Mais bien entendu ce ne serait pas si facile…

« Si tu ne veux pas que ce soit moi…alors fais-le, toi…

- Sasori…, soupira-t-il avant qu'un des poignets lui échappe et qu'un doigt ne se pose sur ses lèvres.

- Chuuut…je sais que tu en as envie, susurra le rouquin en lui accordant un baiser ardent avant de glisser ses lèvres jusqu'à son oreille et sa main à nouveau à sa taille. Je sais que tu en as envie…je le sens…Itachi… »

Pour confirmer ses dires, sa paume vint appuyer contre son entre-jambe qui se trouvait dans un état pas si innocent que ça…avant d'aussitôt la retirer en reculant d'un pas. Si Itachi voulait jouer les sainte-nitouche, Sasori lui ferait ravaler ses vœux en moins de deux ! Il le connaissait par cœur. Il savait comment le faire céder. Il lui suffisait de reculer de quelques pas…de s'appuyer contre le bois dur de la porte du petit boudoir…d'écarter lentement les bras du corps…de planter son regard dans le sien et…

« Fais-le…Itachi… Touches-moi. »

Trois minutes. C'est ce qui devait rester de leur temps et il espérait bien qu'elles seraient encore plus explosives que ce qu'elles avaient précédé !

Il sut qu'il avait gagné dès l'instant où il vit passer cette ombre dans le regard du plus vieux. Ce je-ne-sais-quoi qui l'excitait comme jamais à chaque fois qu'il le voyait. Ce quelque chose qui faisait de lui le seul homme à l'avoir fait vibrer de la sorte. Cette empreinte qu'il devait laisser sur tous ceux ayant partagé son lit…

Brûlante…

Vibrante…

Violente…

Et à la fois si tendre…

…passionnée…

…enivrante…

addictive.

Comme ce baiser qu'il lui donna -non arracha plutôt- dès qu'il l'eut rejoint en le plaquant brusquement contre la porte dans un choc qui étouffa à moitié son gémissement. Il était vaincu, oui, Sasori s'était joué de lui depuis le début et il en était plus que conscient mais, à cet instant, ça lui était complétement égal. Plus rien n'avait d'importance. Seuls comptaient ses lèvres qu'il embrassait goulument, ce corps qui se pressait contre le sien, ses hanches que ses mains retrouvaient, cette taille qu'il redécouvrait…et qu'il dénuda sans aucune gêne en déboutonnant rapidement le pantalon pour y plonger sa main. Il ne fut pas surpris d'y trouver un membre durcit par l'excitation et l'empoigna par-dessus le sous-vêtement pour commencer à le caresser.

Sasori avait failli attendre mais son souffle devenu haletant ne pouvait mentir sur l'effet qu'une telle attention lui procurait même si…il voulait plus. Il voulait toujours plus et l'arrêta tant bien que mal entre deux baisers pour chercher ses yeux brumeux et chuchoter aguicheusement contre ses lèvres.

« Tu crois vraiment que ça suffira à me faire jouir en deux minutes ? »

Une lueur d'incompréhension traversa le visage d'Itachi en même temps que sa main s'arrêtait de bouger, sans doute en avait-il oublié que le temps était compté ? Mais l'ombre revint faire briller ses yeux…

…et il tomba à genoux devant lui…

…ses mains agrippant les vêtements à ses hanches pour les emporter vers le bas dans sa chute et faire se dresser la fierté de son amant. Puis, sans plus attendre, il le reprit en main, encerclant la base pour mieux la guider entre ses lèvres et commença à le pomper…

Les secondes se multipliaient comme les sons de contentement émergeant de la bouche de Sasori. Il était aux anges, là, contre cette porte à pincer ses lèvres sans trop de conviction pour ne pas trop se faire entendre alors qu'Itachi menaçait de le faire planer un peu trop brusquement. Sa bouche chaude, sa langue taquine, ses lèvres bien serrées autour de lui…tout n'était que plaisir et la main délicate un peu plus crispée dans les longues mèches sombres annonça la venue imminente de la fin…

Quand Itachi se releva finalement, un doux baiser fut posé sur sa bouche avant que chacun ne se rhabille convenablement dans un silence brisé par une question qu'il aurait préféré ignorer.

« Alors, c'est lequel ? Le petit blond qui était à côté de toi ?

- Hm.

- Tu lui as dit ?

- Il n'y a rien à dire Sasori… »

Le rire bref qui accompagna sa remarque ne lui dit rien de bon. Il avait été clair avec son amant dès la première fois : cette nuit-là avait été une erreur, il était en couple et n'avait pas l'intention de briser son ménage. Pourtant, les occasions s'étaient faites plus nombreuses et le grand Uchiwa n'avait pas eu la force - ou le courage - de résister. Et à cet instant, l'expression beaucoup trop conciliante de son deuxième amant lui faisait presque regretter de ne pas avoir parlé de cette liaison à Deidara. Il connaissait assez Sasori pour savoir que quelque chose lui déplaisait et qu'il était de ceux capable de beaucoup de moyens pour arriver à ses fins. Mais qu'est-ce qui se cachait réellement derrière ses grands yeux marrons…

Ils quittèrent la pièce au moment où l'éclat de voix de Sakura se faisait entendre. Heureusement pour eux, l'attention était dirigée ailleurs mais leur sortie incognito n'échappa pas aux yeux perçants d'un certain blond au caractère explosif. Pas plus que le geste volontairement voyant du rouquin passant ses doigts sur ses lèvres avec un air rêveur…ou que le malaise de celui qui suivait derrière semblait se concentrer…dans son pantalon déformé d'une érection.


Le départ de Sai et du mec indésirable laissa comme un froid dans la soirée et je m'assurai de faire le tour de tous et chacun pour vérifier que tout allait bien. Après tout, j'étais l'hôte de la soirée et il fallait bien prendre ses responsabilités, mais surtout, je voulais pouvoir parler avec Sakura. J'étais inquiet. Vraiment inquiet pour elle.

Comment avait-elle pu ne pas sembler surprise à l'annonce de…de ça ? Soit c'était une très mauvaise blague, soit Sai était…enfin… J'ignorais quelle était sa relation avec ce type mais, de toute évidence, ce n'était pas bon du tout. Était-ce vraiment du passé ? Pour que Sakura n'ait rien dit et prétende être avec lui… Mais alors pourquoi est-ce qu'en le voyant partir, elle avait semblé plus inquiète que réellement en colère ou triste ? Je n'aurai de réponse qu'en demandant et justement…

« Sakura !, appelais-je en la voyant tourner le coin d'un couloir secondaire pour s'isoler. Hey Sakura…est-ce que…ça va ? Qu'est-ce qui s'est passé au juste ? C'est qui ce Suig-je-sais-pas-quoi ?

- Naruto je… »

Elle avait le regard embrouillé. Je ne savais dire si c'était seulement dû à l'alcool ou à de possibles larmes et la seule chose que je trouvai à faire fut de la prendre dans mes bras pour tenter de l'apaiser. Elle ne bougea pas. Elle était raide et ça me surprit d'autant plus. En général, elle adorait les câlins mais cette fois c'était différent. Je la relâchai alors en cherchant comment aborder le sujet mais elle me devança. Ou du moins, elle coupa court à la discussion.

« Je suis fatiguée. Tu m'excuseras, Naruto, mais je crois que je vais rentrer, dit-elle avec un sourire triste qui me brisa le cœur.

- Tu peux rester tant que tu veux Sakura, tentais-je de la retenir.

- Je sais. Et je t'en remercie mais…vraiment…je vais y aller. »

Il n'y avait donc rien de plus que je pouvais faire pour elle mais je lui fis promettre de m'envoyer un message dès que le taxi la déposerait chez elle, me laissant une note mentale de lui réserver un moment dans les prochains jours pour parler.

Après avoir attendu la voiture avec elle, je refis le plein de boissons et d'amuse-gueule sur la table de service avant d'être entrainé vers la piste de danse par Kiba. Gaara avait monté le volume de la musique et je ne pouvais qu'être d'accord. La fête devait reprendre ! Je dansai. Longuement. Enchaînant les chansons comme les partenaires, me laissant même aller à quelques libertés. Les yeux fermés, je ne fis rien pour repousser les mains sur moi, agrippant les miennes à ce que je pouvais, accordant même mes lèvres à quelques baisers alcoolisés. Je dansai. Encore et encore.

Je ne sus dire au bout de combien de minutes -d'heures- j'arrêtai enfin, simplement au bord de l'épuisement, les cuisses me brulant d'effort, la gorge asséchée de ne pas avoir bu quelque chose de vraiment hydratant et surtout…l'esprit un peu -trop- imbibé. Je n'en étais pas encore à ne plus pouvoir marcher mais, clairement, le plancher n'était plus droit.

J'entendis que certains avaient pris des chambres et cela m'allait parfaitement. Qu'importe qui pouvait être avec qui, tant qu'ils ne partaient pas s'ils n'étaient pas en état, c'était l'essentiel. Je gravis difficilement les marches menant à l'étage, décidé malgré tout à vérifier que personne ne manquait de rien avant d'aller moi-même me coucher. Je n'étais pas inquiet de trouver qui que ce soit dans mon lit comme ma chambre et les pièces importantes avaient été verrouillées à clef par sécurité mais il restait encore beaucoup d'autres chambres d'invités.

Je frappai à droite, ouvrait à gauche, passant unes à unes les portes avec un peu plus de gêne en découvrant parfois ce qu'elles cachaient comme moments intimes. À mesure que j'avançais, je notai qu'il y avait encore quelques pièces inoccupées. Je doutais que quelqu'un se soit rendu jusqu'au bout du couloir mais j'y allai tout de même, m'apprêtant à cogner quand je réalisai que la porte était entrebâillée. Sans doute était-elle finalement vide et j'allais rebrousser chemin quand…

« Na…AAh…r'toh… »

Je ne pouvais pas dire ce qui était le plus perturbant entre réaliser que quelqu'un puisse me désirer au point de penser à moi en se faisant du bien ou savoir que cette voix qui gémissait mon nom de façon si excitante était celle de…

« Sasuke…