Je n'ai plus que deux chapitres d'avance, c'est pas bon ! Et comme je suis incapable de tenir une dealine, je pense qu'on va faire un chapitre par semaine a partir de maintenant... Histoire que je ne me retrouve pas en stress plus que maintenant.

Sinon, sachez que j'ai adoré écrire ce chapitre.


CHAPITRE 7 : MONSTERS

Dans la soirée, Izuku reçut un message de Toga : leurs invités étaient réveillés, mais le professeur était déjà en train de s'entretenir avec Bakugou. La jalousie lui serra les entrailles, mais il se calma vite. All for One devait avoir ses raisons.

Il avait pris une douche et nettoyé plus en profondeur ses blessures. Son épaule était cassée ; il avait dût la remettre en place avant de remettre son attelle –il était bien sûr hors de question qu'il se rende à l'hôpital. Il utilisait régulièrement son alter pour réduire la douleur. Pour le reste, eh bien… Le temps ferait l'affaire, ou peut être un alter médicinal s'il arrivait à en trouver un.

Il avait fouillé dans ses placards pour trouver de quoi remplacer son costume. Heureusement que ça n'était qu'une chemise et un veston ! Un costume plus fantasque aurait été bien plus long à remplacer. Il enfila son fidèle hoodie par-dessus et sortit dans les rues.

Comme toujours dans le quartier, les rues n'étaient pas très fréquentées. Les seules âmes en vue savaient qu'il ne valait mieux pas s'attaquer au garçon avec un pull noir. Il n'avait jamais d'ennuis.

Le bar se trouvait à une quinzaine de minutes de marche, qu'il passa sans se presser. Le soir tombait doucement, et il arriva à la planque sous la lueur des réverbères. Il y entra sans frapper –comme s'il avait besoin. Assise à une table, Toga lui fit de grands signes pour qu'il la rejoigne.

« - Coucou, Deku !

- Salut, Toga. Le professeur est toujours avec Kacchan ?

- Ils parlent par écran. Il est dans la salle de conférence. Il dit beaucoup d'insultes.

- Ça ne m'étonne pas. »

Il commanda un jus de fruit au bar. Derrière les planches de bois, Kurogiri essuyait doucement se serres. Comme toujours, il était impossible de deviner à quoi il pensait.

« - Est-ce que l'autre est réveillé ? Lui demanda Izuku. Todoroki.

- Effectivement. Le professeur n'a aucun intérêt pour lui, aussi il est dans une cellule.

- Dabi est avec lui, ajouta Toga. Je me demande bien ce qu'il va lui faire. »

Deku aussi était curieux. Il avait bien comprit que le brûlé avait une dent contre Endeavor, mais la raison de cette haine… Tout le monde avait ses raisons d'être entré dans l'alliance. Le héro numéro deux était visiblement celle de Dabi. Il saurait peut être pourquoi un jour.

« - Tu va peut être attendre longtemps avant de pouvoir voir ton ami, Deku.

- Pas grave. J'aime bien être ici. »

C'était la vérité. Pour la première fois depuis des années, il était entouré de gens qui l'appréciaient, ne le harcelaient pas, ou ne le regardaient pas avec pitié à cause de sa faiblesse. Mieux, ses capacités étaient reconnues, ses carnets des éléments majeurs de leurs stratégies. Comment aurait-il pus se sentir mal ici ? Il était plus chez lui qu'il ne l'avait jamais été.

Il sourit à Toga, sa première amie, la première de sa nouvelle vie. Qu'importe si elle avait un sacré grain. Celle-ci rougit légèrement sous les yeux amusés de Kurogiri. Ah, les jeunes…

Au bout d'une dizaine de minutes, Toga fut entraînée dans une partie de fléchette ayant pour cible des têtes de héro connues. Deku la regarda mettre une raclée à l'équipe adverse, avant de se lever pour se rendre aux toilettes.

« - Elles sont bouchées, lui appris Kurogiri quand il eu fait quelques pas. Utilise celles de la base. »

Il le remercia d'un signe et s'engagea dans les couloirs de la base. Il croisa quelques vilains qui planchaient sur de petites opérations. Avec l'énorme coup que l'Alliance venait de réaliser, toute la société japonaise était en émoi. Il fallait en profiter.

Lorsqu'il ressortit des toilettes, l'adolescent eu la surprise de tomber sur Dabi, qui remontait le couloir. Celui-ci s'immobilisa en le voyant.

« - Deku. Comment vas ton épaule ?

- Bien, merci. C'est en grande partie grâce à toi ! »

Le brûlé haussa les épaules, les mains enfoncées dans les poches de son jean.

« - Toga m'a dit que tu parlait à Todoroki. Tu voulais savoir des choses sur Endeavor ?

- Entre autre, ouais.

- Est-ce que… ça va ? »

Le jeune homme le regarda d'un air vaguement surpris et Deku se mit à rougir et marmonner.

« - D-désolé ! C'est juste que tu à l'air, euh, ailleurs, et puis je sais que tu déteste Endeavor, et puis c'est son fils, alors euh, je me disais que peut être… »

Il se tordait les mains en se perdant dans ses explications. Un discret sourire étira les lèvres de Dabi et se laissa glisser le long du mur avec un soupir. Deku hésita une seconde avant de le rejoindre sur le sol, intimidé.

« - Comment sont tes parents, Deku ?

- Mes parents ? Répéta l'adolescent, un peu perdu par le changement de sujet. Euh, eh bien, ma mère est très gentille. Elle a fait de son mieux pour m'élever, même si je n'avais pas d'alter.

- Elle te manque, parfois ?

- Quelques fois, oui, avoua-t-il en regardant ses gants. Je suis parti sans prévenir. Je pensais retourner la voir de temps en temps, mais je ne l'ai jamais fait… Je ne veux pas que des gens me reconnaissent dans le quartier. Et puis, ça la rendrait malheureuse que je doive repartir. Je ne veux pas lui briser plus le cœur.

- Et ton père ?

- Oh… Il travaille. Loin de nous, je veux dire. Ma mère m'a quasiment élevé toute seule, je ne le connais pas beaucoup.

- Je vois… »

Dabi n'ajouta rien, et se contenta d'allumer une cigarette du bout de son doigt. Il souffla la fumée vers le plafond. Elle forma un cercle tourbillonnant puis se dispersa dans l'air comme si elle n'avait jamais été là.

« - Mon père est un monstre, fit le brûlé après une minute de silence. Nous n'étions que des choses, à ses yeux. Des échecs. »

Il y avait tellement d'amertume et de haine dans sa voix qu'Izuku en eu un frisson. Dabi fit apparaître une flamme bleue dans le creux de sa main.

« - Ma mère était malheureuse. Quand elle osait s'opposer à lui, il lui tapait dessus. Un jour j'en ai eu marre. Je lui aie balancé ses quatre vérités. Quand je me suis réveillé, j'avais le corps brûlé à 70%. « Un accident », qu'il a dit. Comme quoi j'aurais perdu le contrôle de mon alter. »

La flamme dans sa main grandit brusquement avant de s'éteindre. Fasciné par l'histoire morbide, Deku ne pipait mot. Il sentait que c'était un énorme secret qu'on lui livrait là –de la part de Dabi, celui qui n'avait même pas révélé son vrai nom. Pourquoi lui en parlait-il à lui, au juste ?

« - Je le tuerais un jour, marmonna le brûlé en tirant une nouvelle fois sur sa cigarette. Un enfoiré comme lui ne mérite pas d'être en vie.

- Et… Qu'est ce qui est arrivé à ta mère ? Osa finalement demander l'adolescent.

- Il s'est débarrassé d'elle. Soi disant, elle était devenue folle. C'est sûr que quand ton mari te tape sur la gueule et crame tes gosses, ça n'aide pas à la santé mentale. Je ne l'ai pas vu depuis dix ans.

- Je… Je suis désolé. »

Dabi haussa les épaules. Izuku se sentit un peu stupide. Comme si ça changeais quelque chose, qu'il soit désolé… Il y avait des histoires bien plus tragiques que la sienne. Il se retint de poser les questions qui lui brulaient les lèvres. Quel était son vrai nom ? Que c'était-il passé après ses brulures ? Qui était son père ? Mais ça n'aurait pas été poli, et il sentait que son camarade lui en avait déjà dit beaucoup.

Dabi tira une dernière fois sur sa cigarette et se releva, en l'écrasant du pied.

« - Va y'avoir du grabuge, ces prochaines semaines. Fais gaffe toi, morveux.

- Ah, euh, oui ! Je ferais attention. Merci Dabi. »

Le brûlé haussa les épaules et repris sa marche. Izuku observa un instant sa haute silhouette s'éloignée, toute de noir vêtue, surmontée de cheveux noirs défiant toute tentative de discipline. Il éprouva un instant une immense tristesse.

« - Je ne dirais rien aux autres ! Fit-il d'une voix claire. »

Tu ne l'as pas fait pour moi. Dabi ne se retourna pas, mais leva deux doigts vers sa tempe, signe qu'il avait prit note de la chose. Un sourire naquit sur les lèvres d'Izuku. Il avait la sensation que quelque chose d'important venait de se passer. Jusque là, lui et le jeune homme n'avaient été que de simples collègues. La situation avait évolué. A présent, le brûlé était son ami, il en était persuadé.

Deku entra doucement dans la cellule, faisant grincer la porte. Après son entrevue avec All for One, Kacchan avait été reconduit dans une pièce fermée à clef. Des menottes conçues pour résister à ses explosions lui encerclaient les mains.

Le vilain s'assit à califourchon sur sa chaise.

« - Tu n'a pas l'air en forme, Kacchan.

- Vas te faire foutre, gronda le blond. »

Deku fit la moue. Oui, ça, ça n'avait pas changé… Il posa son menton dans sa main intacte. Un filet de sang coulait de la lèvre de son ami. On l'avant sans doute giflé. Bien fait.

« - Dégage de là, Deku ! Que ça soit toi ou un autre qui me le demande, je ne rejoindrais pas votre putain de troupe de tarés !

- C'est ça que veut le professeur ? Demanda Izuku avec un air étonné. Que tu nous rejoignes ? Remarque, ça fait sens. Tu serais un très bon vilain.

- Vas te faire foutre, putain ! C'est quoi votre putain de problème ?!

- C'ets les types comme toi notre problème, Kacchan ! »

Il quitta sa chaise et saisit le menton de son ami de sa main nue. A tout moment, il pouvait décharger un éclair si puissant qu'il l'enverrait dans l'autre monde. Il avait sa vie entre les mains, littéralement.

« - C'est toi notre problème, reprit-il d'un ton plus calme. Tout l gens comme toi. Ces faux héros qui gangrènent la société.

- T'es complètement fou, grogna sa victime. Je croyais que tu voulais devenir un héro ! C'est ça pour toi, être un héro ?!

- Et pour toi, Kacchan ? C'est ça être un héro ?! »

Il recula et se désigna de la main avec un petit rire ironique.

« - Je t'ai écouté, tu sais. Ce soir là, quand tu m'as dit d'aller sauter d'un toit et d'espérer avoir un meilleur alter. J'étais sur le toit de l'école. Je me suis dit, tu sais, que peut être tu avais raison. Je ne pourrais jamais être un héro sans alter. C'était tellement plus facile de sauter… »

Son regard se fit vague, alors que le visage de Bakugou palissait. Oh, il en avait entendu parler… Un soir, la police était arrivée au collège parce que quelqu'un se tenait sur le toit, mais n'avait jamais sauté. Il n'avait pas fait le rapprochement avec Deku… Ou sa disparition. Même quand les policiers étaient venus l'interroger, pour savoir s'il avait vu le disparut. Même quand sa mère, en larme, l'avais supplié de lui dire s'il avait le moindre indice.

« - Deku…

- La ferme, Kacchan ! L'interrompis le vilain. C'était ta faute. Si on m'avait retrouvé écrasé cinq étages plus bas, ça aurait été ta faute. »

Il s'interrompit pour retrouver son calme, et fini par sourire. Bakugou avait rarement vu quelque chose d'aussi effrayant.

« - Mais j'ai pas sauté. Tu sais pourquoi ? Il est venu me parler. Stain. Et là, j'ai compris quelque chose. Tu ne seras jamais un vrai héro, Kacchan. Comment tu pourrais l'être ?! Tu m'as poussé au suicide. Tu as fait de ma vie un enfer pendant des années. Tu es cruel, brutal et sadique. Tu n'a aucune des qualités d'un héro. Alors comment, Kacchan ?! Comment tu veux être un héro, alors que tu es tout le contraire de ça ?! »

Bakugou sourit la bouche pour répondre. La tirade d'Izuku l'avais plus ébranlé qu'il ne le laissait paraître. Mais le pire, c'était le sourire de son ami, et la lueur de folie dans ses yeux. Est-ce que c'était de sa faute ?

« - Je… Je veux sauver des gens.

- Vraiment ? Rétorqua Izuku d'une voix acide. Et pour me sauver, tu me conseille quoi ? Me trancher les veines ? Me pendre ? Me jeter sous un pont, peut être ? »

Il plaqua ses mains des deux côtés de la tête du blond et se rapprocha jusqu'à ce que leurs nez se touchent presque. Ainsi, il n'avait qu'à murmurer sa haine pour qu'il puisse l'entendre.

« - Ne joue pas à ça avec moi, Kacchan. Tu peux mentir aux autres. Tu peux leur faire croire que tu es une bonne personne, mais avec moi, ça ne marche pas. Ça n'a jamais marché. Tu es, et tu resteras une pourriture, quoi que tu fasses. »

Il recula et sourit joyeusement en agitant les doigts, faisant jaillir quelques éclairs. Il n'était plus faible, maintenant.

« - Comment tu trouve mon alter ? Je l'ai eu spécialement pour pouvoir punir les gens comme toi. Il est magnifique, n'est ce pas ? C'est le professeur qui me l'a donné. J'ai encore un peu de mal à le maîtriser, mais je m'améliore tout les jours.

- T'es taré. Ils t'on rendu tarés ! »

Izuku éclata de rire. Il avait l'air tellement désespéré ! Comme s'il avait vu son monde s'effondrer devant ses yeux. C'était jouissif. Qui avait peur de l'autre maintenant, hein ? Qui était terrifié devant une puissance supérieure ?

« - Peut être bien ! Mais au moins ici, personne ne me harcèle. Ils adorent mes carnets, tu sais ? Ça nous à beaucoup aidé pour préparer nos attaques, comme celle de votre camp d'entraînement. Oh, d'ailleurs, tu ne peux pas savoir, mais trois de tes amis sont mort. Je n'ai pas retenu leurs noms. Il y avait, tu sais, le type avec plein de bras ? Souji, je crois. Et le mec avec le nombril laser. »

Il observa avec délice le choc se peindre sur le visage déjà pâle du prisonnier.

« - Tu… Tu mens, putain !

- Pourquoi je mentirais ? Je me fous bien de ces types, répondit-il en haussant les épaules.

- Tu… T'es qu'un putain de monstre, Deku ! »

Il sourit, et haussa à nouveau les épaules. Il s'éloigna du prisonnier, se dirigeant vers la porte. Il se sentait bien mieux à présent qu'il avait vidé son sac. Il enclenchant la poignée et ouvrit un peu la porte.

« - Un monstre ? Peut être bien. Mais a qui la faute, Kacchan ? Moi, je n'ai pas poussé plus faible que moi à vouloir mettre fin à ses jours. »

Il lui sourit gentiment. Pauvre Kacchan.

« - Alors, Kacchan ? Qui est le monstre maintenant ? »

Le blond ne répondit pas, se contenant d'un regard brillant de haine et de désespoir. Alors Deku quitta la pièce et referma la porte derrière lui.

Il se sentait merveilleusement bien. Un poids sur le cœur, qu'il n'avait même pas conscience d'avoir, c'était soudainement envolé. Il repartit dans les couloirs en fredonnant, animé par un sentiment d'exaltation profond. Il rentra dans le bar, où une dizaine de personnes étaient arrivés depuis son départ. Toga terminait sa partie de fléchette. Elle avait l'air ravie et eu un grand sourire en le voyant.

« - Hé, Deku, tu a vu ! Je les ais défoncés !

- Bravo ! T'es la meilleure, Toga ! »

Prit d'une pulsion, il l'embrasa sur la joue avant de revenir s'asseoir au bar, près de Dabi, qui lui jeta une œillade moqueuse.

« - Tiens, le bourreau des cœurs. Tu as fait une heureuse.

- Elle est gentille, répondit simplement le jeune garçon. »

Du côté des fléchettes, Toga avait prit la teinte d'une écrevisse et semblait être plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été. Ça mit du baume au cœur à Izuku. Elle s'extasia auprès de Twice, toujours près à faire n'importe quoi avec elle. Il régnait une bonne ambiance dans la pièce. Les vilains étaient ragaillardis par leur victoire. Ils parlaient fort et riaient fort, se tapant dans le dos et sur l'épaule. La joie générale faisait même sourire les plus taciturnes d'entre eux.

Dabi poussa vers lui une bouteille de bière.

« - Tiens, morveux. Tu l'as bien mérité.

- Dabi, cesse de corrompre la jeunesse, le gronda doucement Kurogiri. Il est bien trop jeune pour boire de l'alcool.

- Oh, allez, laisse le s'amuser un peu. C'est un peu grâce à lui que l'opération à été une réussite.

- Très bien, soupira le barman. Mais s'il est malade, c'est ta responsabilité. »

Le brûlé acquiesça, et leva sa propre bouteille pour trinquer avec son jeune ami.

« - Aux pères de merde, sourit-il en levant son verre.

- Aux amis monstrueux, conclu Izuku avec un grand sourire. »

Le verre s'entrechoqua dans un joyeux tintement.