Coucouuuuuuuuu mes loulouuuuuuuuus ! Comment ça va de votre côté ? Il n'y a pas trop de vent chez vous parce que chez moi ça souffle chez moi, heureusement que je ne sors pas parce que sinon je risquerais de m'envoler.

Me revoilà pour une nouvelle trad, cette fois ci c'est un three shot écrit par aussiebee qui m'a donné son autorisation pour la traduire. Et devinez qui il y a dans cette trad ? Ceux qui me suivent sur ma page Facebook le savent… le shérif Stilinski ! (Lucette saute partout et rebondit sur les murs)

Pairing : Sterek

Disclaimer : TW est à Jeff Davis et cette histoire est à aussiebee

Warning : Abondance de fluff et de nourriture

Je vous laisse lire et me dire ce que vous en pensez.


Cela commença bizarrement, comme tant de première fois qu'ils avaient eu.

Derek était seul chez lui une nuit, en train de lire sur le lit qu'il avait déplacé contre les énormes fenêtres du Loft, quand il entendit la Jeep entrer dans le parking. Il suivit la progression de Stiles et attendit qu'il frappe à la porte avant de l'ouvrir malgré le fait qu'il avait attendu en bas des escaliers du palier depuis qu'il avait quitté l'ascenseur.

« Qu'est-ce qu'il y a Stiles ? » demanda-t-il. Il était épuisé et ne voulait rien de plus qu'on le laisse tranquille. Après tout ce qui s'était passé ces derniers temps, Erica et Boyd… putain, il voulait juste qu'on le laisse tranquille.

Stiles était debout dans l'embrasure de la porte, une expression perplexe sur le visage qui finit par partir. Il mit ses mains dans les poches de son jean « J'voulais juste être sûr que tu allais bien » dit-il un petit peu maladroitement, ses épaules affaissées sous le sweat à capuche noir qu'il portait. Son odeur était teintée de nervosité et d'un petit peu d'anxiété.

Derek se contenta de le regarder pendant un moment avant de lever les bras dans un signe voulant dire 'Chuis toujours là t'es aveugle ?', sûr que son expression renvoyait la même chose.

Cependant à son éternelle surprise, l'anxiété de Stiles ne fit qu'augmenter et il sortit les mots suivants de manière tellement rapide qu'il fallut un moment à Derek pour les déchiffrer.

« Je me demandais si peut-être tu voulais venir chez moi pour dîner avec moi et mon père ce soir ? »

C'était une invitation tellement flagrante, sans parler du mode de livraison, que Derek se contenta de cligner des yeux et de fixer Stiles de manière confuse alors qu'il disait 'oui' sans vraiment y penser ou le considérer.

Ils se fixèrent un peu plus avant que Stiles ne hoche une fois la tête et se retourne pour partir. Il hésita un petit peu à la porte et lança une regard à moitié suspicieux en direction de Derek avant de partir pour de bon. Son cœur qui battait la chamade fit écho dans la tête de Derek pendant le reste de la nuit.


Ce fut le premier dîner de ce qui devint en quelque sorte une tradition et c'était vraiment bizarre. Derek n'était pas sûr de ce que Stiles avait dit à son père mais le shérif était étrangement sympathique quand il ouvrit la porte le soir suivant et qu'il invita Derek à entrer. Il avait un petit sourire sur le visage quand il prit le plat qui contenait le tiramisu que Derek avec fait avec des restes qu'il avait sur les bras et se fit conduire à la cuisine.

Il y avait Stiles, assis sur le plan de travail qui lisait un livre qu'il tenait d'une main et qui se rongeait l'ongle du pouce de l'autre, les sourcils froncés. Vu son expression et la façon dont le battement de son cœur était resté stable, Derek savait qu'il n'avait pas entendu son père le faire entrer donc c'était étrangement satisfaisant quand il leva les yeux alors que John entrait dans la cuisine et qu'il vit Derek juste derrière lui.

« Oh putain, t'es venu » souffla Stiles, la bouche légèrement ouverte de surprise.

« Ton langage » réprimanda John avec l'air éprouvé d'un parent qui avait déjà répété la même chose des millions de fois avant ça.

« J'ai dit que je viendrais » lui dit Derek « Uh, j'ai fait un dessert »

« Derek est le bienvenu quand il le veut tant qu'il continue à m… nous fournir de délicieux desserts » prononça pompeusement le shérif.

« Je suis sûr qu'il en sera ravi » dit Stiles de manière amusée alors que son père enlevait le papier aluminium du plat pour respirer la forte odeur du café et la douce odeur du mascarpone en une expression qui se rapprochait de l'extase.

Stiles glissa du plan de travail, jeta le livre derrière lui et remua ce qu'il faisait cuire dans la casserole. Derek pouvait sentir des tomates, de la coriandre et du cumin et son estomac se mit à bruyamment gargouiller ce qui fit rire John.

« Il semblerait que tu sois arrivé juste au bon moment » dit-il à Derek en le tapant sur l'épaule de sa main chaude « Il y a de la bière dans le frigo si tu en veux une et si Stiles ne jacasse pas trop dans tes oreilles, il y a un match de baseball à la télé »

« Je… merci monsieur » dit lentement Derek de manière très déséquilibrée. Il n'était pas sûr de savoir d'où venait l'acceptation de sa présence dans la maison des Stilinski mais il était probablement plus surpris par le fait que la gentillesse facile et inattendue ne ressemblait pas vraiment à une hache prête à tomber.

John hocha une fois la tête et disparut dans le chemin du salon, laissant Derek debout et mal à l'aise dans la cuisine derrière Stiles. Derek se déplaça maladroitement, pas sûr de ce qu'il était censé faire jusqu'à ce que Stiles ne le regarde et ne lève les yeux au ciel « Mec, on va pas te tirer dessus, tu peux te détendre un peu » dit-il d'un ton mordant, même si c'était dit gentiment « Prends toi à boire… les verres sont là si tu en veux un… et va poser tes fesses. J'aime ton pull en passant » ajouta-t-il, son regard se dirigeant brièvement vers le torse de Derek d'une manière qui n'était pas du tout invasive « Il a l'air doux »

Derek pouvait sentir ses sourcils se lever alors qu'il regardait son propre torse. Le tissu violet foncé se déplaçant légèrement avec ses mouvements « Oh uh, merci » dit-il toujours aussi mal à l'aise (et bon sang, qu'est-ce qu'il faisait là, comment c'était arrivé ?) avant de faire ce qu'on lui avait proposé de faire c'est à dire de prendre un bière.

« Tu peux m'en prendre une aussi pendant que tu y es ? » tenta Stiles.

« Shérif ? » appela Derek.

« Bien essayé fiston » entendirent-ils en retour et Derek sentit le coin de sa bouche se courber alors que Stiles fronçait les sourcils.

« J'aurais dû m'en douter espèce de conspirateur » siffla-t-il mais la façon dont ses yeux s'illuminèrent face au sourire légèrement incertain de Derek, cela enleva le ton cinglant que les mots auraient pu avoir.

Le reste de la soirée se passa plutôt bien ce qui ajouta à la bizarrerie de la chose parce que c'était un dîner avec Stiles et son père dans leur maison mais c'était aussi facile que ça. Stiles emplissait l'espace de la cuisine avec son explication du dîner...

(« Ça s'appelle harira (1) et c'est marocain mais j'ai échangé l'agneau contre du poulet pour papa »

« Ce pourquoi je t'en suis entièrement reconnaissant Stiles »)

… des commérages du lycée...

(« Apparemment, Danny s'est saoulé à la fête de Harper Jensen ce week end et il a essayé de faire une danse érotique à son père, oh là là »

… et des nouvelles du Lacrosse...

(« Le coach a essayé de faire la morale à tous les attaquants en utilisant une réplique de Mesure pour mesure (2)... tu sais 'Nos doutes sont des traîtres — qui nous font perdre une victoire que nous pourrions souvent gagner, — par la crainte d'une tentative' (3) mais je crois qu'il les a juste embrouillé sur le fait de savoir s'ils devaient essayer de marquer des points donc c'était plutôt un échec »)

… et c'était juste tellement facile. La nourriture était délicieuse, John n'avait aucun problème à se joindre à la conversation et alors que 22 heures approchait, Derek vit Stiles en train de bâiller profondément derrière une de ses mains alors qu'il étudiait sur le sol. Son épaule était juste assez proche pour effleurer occasionnellement le mollet de Derek de là où il était assis sur le canapé et il réalisa brusquement qu'il avait passé un bon moment. Un très bon moment en fait.

« Il est tard » dit-il brutalement en se levant ce qui fit sursauter Stiles « Je vais rentrer » Stiles s'empressa de se lever alors que Derek se tournait vers John « Merci de m'avoir invité » dit-il à l'homme plus âgé, une sincérité perplexe audible même dans ses propres oreilles « Je… la nourriture était bonne »

Le sourire que John fit en retour était compréhensif alors qu'il tendait sa main pour que Derek la serre d'une emprise chaude et ferme « C'était un plaisir de te voir Derek. On aimerait beaucoup que tu reviennes ok ? »

Derek n'était pas sûr qu'il soit prêt à s'engager à faire ça donc il réussit à faire petit sourire et partit, Stiles le suivant jusqu'à la porte d'entrée et dans la rue là où était garée la Camaro. Il était tellement empli d'émotions confuses qu'il se retourna vers Stiles quand ils atteignirent la voiture, une expression orageuse sur le visage.

« Pourquoi ? »

« Pourquoi quoi ? » demanda Stiles en s'arrêtant brusquement.

« Pourquoi tu m'as invité ici ? Pourquoi avoir fait ça ? Qu'est-ce que tu as à gagner ? »

Stiles le regarda, la bouche grande ouverte avant que quelque chose dans ses grands yeux expressifs ne se ferme « Tu sais, ce n'est pas la première fois que tu sous entends que j'ai des arrières pensées dès que tu es concerné » dit-il, la frustration transformant sa voix en quelque chose de dur et même blessé « et je ne suis pas sûr de savoir ce que j'ai fais pour mériter ça mais c'est blessant » Ses yeux cherchèrent ceux de Derek pendant un moment. Sa peau était devenue cireuse à cause des lumières de l'autre côté de la rue sur le trottoir d'en face et le creux de ses joues faisait ressortir ses joues qui apparaissaient prononcées. Finalement il se contenta de soupirer et se tourna pour retourner vers la maison quand Derek parla d'une voix dure, comme un coup de fouet dans la rue silencieuse.

« Ça fait longtemps depuis que… je ne… ce n'est pas quelque chose que je fais Stiles » réussit-il à sortir.

« Je sais » dit Stiles en haussant les épaules. Il enfonça ses mains dans ses poches de la même manière que la nuit d'avant quand il l'avait invité. Il attendit mais quand Derek ne répondit pas, il continua son chemin vers la maison « C'est pour ça en passant » appela-t-il alors qu'il avançait « C'est pour ça que je t'ai invité. Parce que tu ne fais pas ça. Et maintenant tu peux. Si tu veux »

Derek coupa la radio pour le chemin du retour, perdu dans ses propres pensées alors qu'il se remémorait les derniers mots de Stiles et la manière dont le fin tissu de son tee shirt s'était étiré sur son dos alors qu'il grimpait les marches de l'entrée et qu'il entrait à l'intérieur, le tout sans regarder en arrière.


L'invitation qui vint la semaine suivant fut délivrée par message mais Derek se montra à nouveau, cette fois avec le cheesecake au chocolat maison de sa tante Jessie.


Puis, quelque part, il apparut que presque un an passa et que Derek se retrouvait dans la cuisine des Stilinski durant leur habituelle soirée du jeudi soir. Il souriait alors que Stiles jurait sans discontinuer car il avait coupé des piments et puis avait mâchouillé son ongle alors qu'ils préparaient le dîner ensemble. John riait et réprimandait Stiles à cause de son langage de là où il était assis sur la table en les observant par dessus ses rapports de police.

« Tais-toi toi » dit Stiles à Derek, en enfonçant un doigt à l'endroit chatouilleux en dessous de ses côtes ce qui le le fit éclater de rire et l'éviter « Oh ho ho ! » s'exclama joyeusement Stiles en réalisant qu'il avait finalement trouvé une faiblesse potentielle à exploiter chez Derek. Juste après, Derek se retrouva dos au frigo, coincé par le corps étonnamment large de Stiles qui faisait danser ses grandes mains contre sa cage thoracique et qui exploitait chaque endroit sensible qu'il pouvait trouver.

« Stiles, arrête… Stiles, le dîner » haleta Derek, ses abdominaux se contractant alors qu'il riait à cause des chatouilles « oh mon Dieu, arrête… »

Et juste comme ça, Stiles se figea de la pire des façons et fit un pas en arrière, juste pour que les mains (stupides, traîtres et idiotes) de Derek ne surgissent et n'agrippent ses hanches pour l'arrêter dans son élan. Les deux hommes se retrouvèrent debout face à face et se fixèrent l'un l'autre les yeux écarquillés et confus.

« Je suis désolé » murmura finalement Stiles, son expression oscillant entre la confusion et l'énorme culpabilité.

« Non c'est bon » lui dit Derek « Je n'étais… tu ne… ça chatouillait juste » finit-il maladroitement « Je suis très… »

« Chatouilleux ? » envoya aimablement Stiles.

« Ouais »

« Je m'en souviendrais » dit doucement Stiles et c'était une vraie promesse. Derek ne savait juste pas ce qu'il promettait de faire.

A contrecœur, Derek relâcha ses mains qui agrippaient toujours Stiles assez fortement pour que ses doigts en soient douloureux et refusa fermement de regarder John dans les yeux alors qu'il retournait vers le plan de travail et qu'il continua à couper les légumes pour le dîner. Stiles en fit finalement de même, se posant à ses côtés comme si c'était sa place.

Il n'y eut aucun commentaire de John, à peine un froissement des papiers qu'il était en train de lire mais Derek savait qu'il n'avait pas raté cet échange. Il se demandait si on allait lui dire de ne pas revenir pour le dîner de la semaine prochaine, s'il y allait avoir des commentaires sans équivoque à propos de son âge dans le futur et il le savait ok ? Il savait que Stiles était trop jeune pour ce genre de dépendance que Derek avait formé autour de lui, que cette chose qui se formait autour d'eux était mille fois plus grande et effrayante que ça mais Derek était incapable de le contrôler parce qu'il ne savait vraiment pas ce que c'était.

Le reste de la soirée se passa sans problèmes mais il y avait un sentiment que quelque chose se construisait, comme des nuages noirs dans l'horizon lointain et Derek le sentit grouiller sous sa peau comme une démangeaison dont il ne pouvait pas se débarrasser. Quand le dîner se termina, ils lavèrent la vaisselle, la rangèrent et le shérif monta se coucher car il commençait tôt le lendemain. Derek et Stiles s'assayèrent tous les deux sur le porche, leurs pieds étaient posés sur la balustrade et leurs épaules se frôlaient.

Derek avait une bière dans les mains et Stiles une tasse de thé noir sucré et le silence entre eux était électrique mais décontractée. Ils parlèrent et rirent doucement dans la sourde lumière violette de la soirée avant de finalement rester silencieux.

Stiles soupira et bougea un petit peu pour poser sa tête sur l'épaule de Derek. La satisfaction émanait de lui dans une aura presque palpable et cela apaisa l'inquiétude à l'intérieur de Derek comme rien d'autre. Il posa sa propre joue sur le haut de la tête de Stiles pendant un moment, puis il lui dit qu'il était temps qu'il rentre chez lui.

« C'est cette partie que je hais le plus » lui dit franchement Stiles « C'est nul que tu doives t'en aller »

Derek sourit un petit peu « Ça serait sûrement plus bizarre si je restais »

La tête de Stiles bougea un peu sur l'épaule de Derek en un mouvement paresseux « Nah, c'est comme si on était une famille »

« Stiles » Ce mot sortit brutalement de sa bouche et Derek se sentait vidé. Il sentit Stiles se tendre mais pour contrer sa panique, il tendit sa main vers celle de Stiles et entrelaça leurs doigts ensemble. Il était sûr que sa poigne devait être un petit peu trop ferme pour être confortable mais Stiles ne dit rien.

Derek ne resta pas cette nuit mais il ne partit que bien après minuit.


Six mois de plus passèrent. Il passa Thanksgiving, Noël et le jour de l'an avec les Stilinski. Les saisons changèrent et du jour au lendemain, il fit sérieusement chaud, assez chaud pour que ni Derek ni Stiles ne puissent tolérer le fait de faire le dîner dans la cuisine et John accepta volontiers une journée de garde parce que ça voulait dire la climatisation.

Stiles suggéra de commander quelque chose de rapide et de facile à manger pour après aller au lac pour une baignade en soirée. Il remplirent la Jeep avec tout ce dont ils pensaient avoir besoin et moins d'une heure plus tard, Stiles garait la Jeep près du chemin broussailleux qui menait au lac.

Il s'assirent dans le coffre qui était grand ouvert. Ils mangèrent du poulet rôti sur du pain brioché et burent de la racinette (4) qui était devenue tiède alors que la nuit tombait et que les lucioles volaient entre les arbres. Le lac était silencieux et calme, reflétant les étoiles qui commençaient doucement à apparaître dans le ciel noir et l'absence de vent voulait dire que même près de l'eau, il faisait toujours chaud.

Derek glissa hors de la Jeep. La soudaine redistribution du poids fit grincer bruyamment les suspensions dans le silence relatif de la forêt. A cause de cela, Stiles éclata de rire, rire qui se coupa brusquement quand Derek enleva son tee shirt. Il le roula en boule et le jeta en direction de Stiles en plein milieu de son visage.

« Oh, très sympa, crétin » grommela Stiles en jetant à côté de lui le tissu légèrement transpirant alors qu'il sortait de la Jeep et qu'il enlevait ses baskets. Il leva les yeux vers Derek qui continuait de se déshabiller jusqu'à se retrouver en boxer avant de se diriger vers le petit quai en bois au bord de l'eau. Arrivé là-bas, il se contenta de rester immobile, apparemment content d'attendre Stiles qui finissait d'enlever ses propres vêtements.

Rejoignant Derek, ils étaient debout tous les deux et observèrent l'eau. Ils étaient assez proches pour se toucher mais n'étaient pas tout à fait en contact l'un avec l'autre.

« Il n'y a rien ici n'est-ce pas ? » demanda soudainement Stiles.

La bouche de Derek tressauta « Non Stiles »

« Mais tu me sauverais si c'était le cas n'est-ce pas ? »

Derek prétendit y réfléchir et pouffa doucement quand Stiles lui donna un coup de coude dans le ventre « Oui je te sauverai si quelque chose de noir et de sinistre avec plein de tentacules sortait des profondeurs sombres pour s'enrouler autour de tes jambes et pour te traîner dans un cimetière aquatique »

« Génial ! » dit Stiles de manière enjouée après un petit temps de pause « Je vais juste t'attendre ici pour qu'on n'ait pas à envisager cette possibilité » Il commença à s'accroupir pour pouvoir s'asseoir sur le quai mais fit un cri avorté quand Derek rit et plaça une main entre ses omoplates et le poussa dans l'eau.

Stiles refit surface en postillonnant et en crachant des insultes. Il sortit ses deux mains de l'eau pour lui faire des doigts d'honneur. Derek se contenta de faire un sourire satisfait et plongea de manière parfaite pour le rejoindre en faisant à peine des clapotis à l'endroit où il avait plongé.

« T'es vraiment un connard Hale » cria Stiles quand Derek refit surface. Il fit un grand cri quand Derek réussit à enrouler ses pieds autour de son mollet et l'amena en petit peu sous l'eau « Un vrai connard ! »

Derek se contenta de rire et se tourna pour nager paresseusement vers le centre du lac, sa peau mouillé brillant dans le peu de lumière qu'il y avait.

C'était bien, de partager son espace comme ça. Ils nagèrent l'un autour de l'autre pendant un moment. Ils parlèrent un petit peu mais restaient surtout proches l'un de l'autre, leurs mains et leurs pieds se frôlaient occasionnellement sous la surface sombre de l'eau et leurs yeux hésitants se rencontraient plus fréquemment que d'habitude.

Au final, ils perdirent la notion du temps et quand le vent se leva, ils s'étaient bien rafraîchit, leur peau était fripée et leurs corps commençaient à fatiguer. Ils remontèrent sur le quai et s'allongèrent tous les deux, côtes à côtes pour regarder le ciel.

« Est-ce que tu t'es demandé ce qu'aurait pu être ta vie si tu n'étais pas resté pour aider Scott ? » demanda doucement Stiles, son corps bizarrement immobile à côté de celui de Derek.

Cela ne concernait rien de précis comme tellement de questions que Stiles posait mais Derek y pensa sérieusement avant de répondre, Stiles semblant apparemment satisfait d'attendre silencieusement comme il le faisait.

« J'essaye de ne pas me le demander » dit-il finalement, sa propre voix aussi calme que l'avait été celle de Stiles « Si seulement j'avais fait ça, si seulement je n'avais pas fait ça. Je me suis rendu dingue avec des si. Donc j'essaye de ne plus y penser »

« J'ai des fois souhaité que tu ne l'aides pas » confessa Stiles d'une voix plus silencieuse qu'un murmure mais avant que Derek ne puisse enregistrer à quel point ça lui faisait mal, Stiles continua « J'aurais souhaité que tu restes à New York, j'aurais aimé que tu sois capable d'avancer dans ta vie, loin de tout ça » Son soupir était fatigué et Derek se tourna pour le regarder alors qu'il enfonçait ses paumes contre ses yeux comme il le faisait quand il avait particulièrement mal à la tête « Tu mérites tellement plus que ça, tellement plus »

Il y avait du découragement dans la voix de Stiles que Derek n'aimait vraiment pas donc il se mit sur le côté jusqu'à ce qu'il soit assez proche pour que la partie avant de son corps ne touche la peau fraîche du bras de Stiles qui était étendu à ses côtés « Ne soit pas défaitiste » dit-il gentiment « Les choix que j'ai fait sont les miens et seulement les miens » Ils réfléchirent tous les deux à la vérité de cette déclaration pendant un moment. Les yeux de Stiles étaient écarquillés dans la nuit et ils étaient remplis de petites étoiles argentées qui se reflétaient en direction de Derek de là où il était allongé jusqu'à ce que celui-ci n'esquisse un petit sourire « En plus » dit-il avec une fausse désinvolture qu'il savait n'allait pas tromper Stiles « Ça nous a amené ici non ? »

Stiles sembla réfléchir à ça pendant un moment avant de faire un sourire de son cru à Derek, un sourire étonnamment doux et vrai « J'aime à penser qu'on se serait quand même trouvé d'un manière ou d'une autre »

Derek laissa le rythme constant du cœur de Stiles l'ancrer alors qu'il essayait de ne pas montrer à quel point cette simple affirmation l'avait ouvert en grand, le laissant dangereusement vulnérable. Il se sentait nerveux et à vif. Il savait qu'il n'avait pas réussi quand Stiles avait commencé à se replier sur lui même avec un petit sourire amer. C'était plus que ce que Derek pouvait supporter donc il leva le bras pour faire doucement courir son pouce sur la joue de Stiles ce qui le figea sur place aussi efficacement que s'il avait hurlé un avertissement.

« Je le crois aussi » dit-il à Stiles et il était tellement distrait par le grand sourire qu'il reçut en retour que ce ne fut que quelques heures plus tard, chez lui et seul qu'il réalisa qu'il avait dit la vérité.


(1) La harira est une soupe à base de tomates, d'oignons, de légumes secs et de viande.

(2) Mesure pour mesure est une pièce de William Shakespeare et traduite par François-Victor Hugo (fils de Victor Hugo)

(3) Cette réplique est tirée de la scène IV.

(4) La racinette ou root beer est une boisson sucrée américaine au goût de salsepareille, une sorte de racine d'où le nom.

Alors alors ? Qu'en pensez vous de ce premier chapitre ? Pour connaître la suite, ça sera dans deux semaines mes loulous ! Et encore merci pour tout votre soutien pour le dernier chapitre, je vous aime fort !