Note de l'auteure :
J'espère que cette histoire intéresse encore au moins un lecteur... Le chapitre 12 est déjà presque terminé. Il a encore besoin de quelques corrections et d'une relecture attentive. Enjoy.
Chapitre 11
Neal et Peter petit-déjeunaient quand le portable de l'agent sonna.
- Burke.
- Salut chef, c'est Diana et Jones, nous avons découvert des faits intéressants concernant Fred Thornton.
Peter regarda son partenaire et brancha le haut-parleur.
- Nous vous écoutons, dit-il simplement.
Jones prit la parole, partageant les informations qu'il avait transmises la veille à sa coéquipière. Alors qu'il terminait son récit, Neal se leva et arpenta la petite cuisine.
- Neal, fit Peter, nous ne pouvons plus ignorer les preuves. Tous les indices pointent en direction de ton beau-père.
- Beau-père? s'exclamèrent Diana et Jones à l'unisson.
- Tu es tellement doué pour tenir ta langue, Peter, c'est un véritable don, fit remarquer Neal.
- Garde tes sarcasmes pour une autre fois, répondit l'agent. Je ne crois pas aux coïncidences et toi non plus. Nous devons parler à Fred.
Neal passa la main dans ses cheveux en soupirant. Au fond de lui, il savait que son ami avait raison, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'espérer que l'explication fût ailleurs. Plus il y pensait et plus il se disait qu'une personne au moins aurait intérêt à discréditer Fred aux yeux de sa famille. Une personne que l'escroc avait reléguée au plus profond de sa mémoire.
- Très bien, admit-il. Nous allons confronter Fred, mais j'aimerais que Diana et Jones fassent des recherches complémentaires. Il est temps que je sache ce qui est réellement arrivé à mon père biologique.
Un long silence succèda à cette déclaration. À New York, Diana et Jones se jetèrent un coup d'œil, attendant la réaction de leur supérieur. Peter réfléchit un moment, pesant le pour et le contre. La seule façon de convaincre Neal de la culpabilité de son beau-père était de suivre toutes les autres pistes.
- Diana. Jones. Vous avez de quoi écrire? Neal, il va falloir nous dire tout ce que tu sais sur ton père.
Le jeune homme hésita un instant avant de prendre son courage à deux mains.
- Il s'appelait James Bennett. Il était inspecteur à la police de Washington. Quand j'avais deux ans, il a été arrêté pour le meurtre de son supérieur. Pour éviter la prison, il a accepté de témoigner contre la famille de la pègre qui le payait pour fermer les yeux sur leurs petites affaires.
- Ça explique le programme de protection des témoins, remarqua Jones.
- Ma mère et moi avons été placés sous protection, continua Neal, ignorant l'interruption, sous les noms de Paige et Danny Brooks. Elle a demandé le divorce et nous nous sommes installés à Saint-Louis. Je n'ai jamais revu mon père. Je n'ai aucune idée de l'endroit où il est ni comment il s'appelle désormais.
- Tu veux dire qu'il n'est jamais allé en prison, même s'il était coupable de meurtre? s'étonna Diana.
- Dans ce pays, il vaut mieux être un assassin qu'un escroc, lâcha Neal.
- Ce n'est pas grand-chose, mais c'est un début, reprit Peter. Essayez de localiser James Bennet et tenez-nous au courant.
- Soyez prudents, fit Diana avant de raccrocher.
Peter leva les yeux vers son partenaire.
- Comment te sens-tu?
- Je survivrai.
Une heure plus tard, les deux hommes se mettaient en route. Ils avaient renoncé à voir les deux derniers suspects de leur liste, préférant confronter Fred Thornton et ses contradictions au plus vite. Par précaution, ils l'avaient appelé pour le rencontrer à son domicile plutôt qu'au bureau, dans le cas où la discussion tournerait au vinaigre. Ils espéraient que l'avocat serait seul, mais quand la porte s'ouvrit, Paige se tenait derrière le battant et enlaça tendrement son fils avant d'accompagner les visiteurs jusqu'au salon. Fred les y rejoint quelques minutes plus tard muni d'une cafetière fumante et de quatre tasses.
- Alors? Votre enquête a-t-elle progressé? demanda-t-il.
- Disons qu'elle a pris un tournant inattendu, fit Peter avant de jeter un œil à son partenaire.
- Si tu nous parlais de ton addiction au jeu? lâcha Neal. Et de tes soirées du mardi au casino?
Les Thornton échangèrent un regard et contre toute attente, Paige répondit.
- Fred ne joue plus depuis des années, Danny.
- Ne m'appelle pas Danny. S'il ne joue plus, pourquoi passer un soir par semaine dans un casino?
- Parce que c'est le meilleur endroit que j'ai trouvé pour diriger une réunion des Joueurs anonymes, expliqua le principal intéressé.
- Dans un casino?! s'écrièrent Neal et Peter.
- Ça peut paraître absurde, en effet, mais le fait de se rencontrer dans le lieu que nous nous devons d'éviter à tout prix permet de faire face à nos démons. Si nous résistons dans un tel endroit, nous sommes vraiment sur le chemin de la guérison.
- Sur le chemin? Donc tu admets que tu ressens toujours cette pulsion? s'enquit Neal.
- Bien sûr. Un joueur compulsif est comme un drogué ou un alcoolique. L'addiction est chronique et je ne suis qu'en rémission. Comme la plupart des criminels et des escrocs, reprit-il en fixant son beau-fils d'un regard intense.
- Comment as-tu su? murmura Neal.
- Je suis avocat, bon Dieu! hurla Fred. Le procès du grand Neal Caffrey a fait la Une des publications spécialisées en droit pénal. J'allais forcément m'intéresser au cas d'un homme qui s'en tire avec quatre ans fermes à peine malgré une liste de méfaits longue comme le bras. J'ai consulté les minutes des audiences et les pièces à conviction. J'aurais reconnu ton coup de crayon n'importe où. J'ai vérifié en accédant au dossier à la police. Les photos anthropométriques ne sont pas très flatteuses, mais elles ont confirmé ma suspicion. Qu'est-ce qui nous dit que ce ne sont pas tes propres antécédents qui mettent Zach en danger?
- Mais enfin, de quoi parlez-vous? S'alarma Paige.
- Ton fils est un criminel, répondit son époux. Voleur, escroc, faussaire, et j'en passe.
Paige regarda Neal dans les yeux et demanda dans un souffle:
- Est-ce que c'est vrai?
Le jeune homme hocha doucement la tête sans un mot.
- Pourquoi ne nous as-tu pas appelés? Fred aurait pu t'aider.
- J'avais peur de vous mettre en danger. Et tu as quitté papa quand tu as su ce qu'il avait fait. Je… Je craignais que tu ne veuilles plus de moi.
- Ton père nous a trahis. Si je ne t'avais pas menti, peut-être…
- Non. Rien de tout ce que j'ai fait n'est de ta faute. J'ai pris mes propres décisions. Et je ne pense pas avoir mis Zach en danger. Personne n'a jamais fait le rapprochement entre Neal Caffrey et Danny Brooks. Personne hormis Fred.
- Neal Caffrey. Tu as choisi mon nom de jeune fille pour vivre ta vie d'adulte, sourit-elle. Quant à toi, continua-t-elle en jetant un regard noir à son époux, comment as-tu pu? Pendant toutes ces années, tu savais où était mon fils et tu n'as rien dit.
La question prit Fred au dépourvu. Il resta bouche bée, incapable de répondre.
- Je suis content qu'il ne t'ait rien divulgué, murmura Neal. C'était à moi de le faire, pas à lui.
Paige secoua doucement la tête, comme pour permettre à toutes ces révélations de trouver leur chemin dans son esprit.
- Donc mon fils est un criminel et il suspecte mon mari d'avoir quelque chose à voir avec la tentative de kidnapping de mon autre fils. Quant à mon mari, il savait que mon aîné était en prison, mais m'a caché la vérité, tout en estimant que c'est à cause de lui que le cadet est en danger. Et vous, qui êtes-vous réellement? demanda-t-elle en se tournant vers Peter.
Peter sortit son badge pour être sûr que son interlocutrice le croirait.
- Comme Neal vous l'a indiqué quand nous nous sommes vus pour la première fois, je suis l'agent spécial Peter Burke, de la division col blanc du FBI, au bureau de New York. Votre fils et moi travaillons ensemble depuis deux ans.
- Un criminel condamné qui bosserait pour le FBI? Je n'y crois pas une seconde. Et j'ai entendu suffisamment de mensonges pour aujourd'hui.
- Il te dit la vérité, maman. Peter est l'homme qui m'a arrêté il y a six ans. Et à nouveau il y a deux ans quand je me suis évadé.
- Parce qu'en plus, tu t'es évadé?!
- C'est une longue histoire. J'aurais dû passer quatre ans supplémentaires derrière les barreaux. J'ai proposé à Peter de l'aider à appréhender un criminel, il a accepté et nous avons coincé un type très dangereux. Je travaille à ces côtés depuis lors.
- Tu es libre?
- Presque, sourit Neal. L'important n'est pas là. Nous sommes ici pour découvrir qui s'en est pris à Zach et pourquoi.
Le craquement du plancher dans le hall d'entrée fit sursauter les quatre personnes installées dans le salon. Se retournant d'un bloc, elles aperçurent en même temps Zach qui se tenait sur le pas de la porte. Son visage reflétait la surprise et une colère sourde.
- Vous m'avez tous menti, hurla-t-il, avant de tourner les talons et de s'enfuir, laissant ses parents et son frère sous le choc.
