Le lendemain vint trop vite mais cette fois, Mic arriva en classe coiffé comme d'habitude, certains semblant déchu, particulière Toru, ayant l'impression de perdre l'idole qu'elle avait découverte hier.
Mais il ne tarda pas à texter à toute la classe :
« Petite nouvelle! J'ai décidé de lire vos devoirs puis de vous laisser choisir entre votre texte d'hier ou le cours texte lequel vous feriez en présentation…! Sauf pour ceux qui n'ont pas compléter leur devoir selon mes réquisitions. Content? »
-Oui, Present Mic! s'écria Kirishima et plusieurs autres, mais ce derner leva un doigt en l'air.
« … J'ai pas retrouvé ma voix, alors toujours du monsieur Yamada… » expliqua-t-il, certains soupirant, Mineta afficha un simple hochement d'épaule.
En le voyant, le prof prit son magazine et alla le lui remettre discrètement, tout en ramassant les devoirs, les yeux du petit pervers brillant de plaisir, mais moins en trouvant un paquet cadeau.
-… Euh… Qu'est-ce que…? demanda-t-il, avant de texter une question, Yamada demandant aux étudiants de faire les numéros de la page 50 de leurs cahiers en attendant qu'ils lisent les copies.
Il reprit son téléphone en main et lut :
« Pourquoi diable vous me laissez une copie du spécial maillot de bain pour l'agente masculine, spécial Héro?! »
Yamada se dit que ça pouvait être bizarre, mais il avait déjà prévu le coup.
« Ouvre la première page, lit la note. »
Mineta lui obéit et lut que s'il continuait à lire et consommer ce genre de magazine, sûrement il devrait accepter que sa petite amie fasse de même…! Aussi bien savoir ce qu'elle pourrait lire.
Mineta tourna les pages, observant toute l'agente masculine, plus beaux, forts et impressionnants qu'il ne pourrait jamais l'être, et ferma d'un coup le magazine.
-… Je… devrais peut-être arrêter la porno…, dit-il tout haut, avant qu'un silence de plomb ne surplombe la classe.
Mineta leva les yeux pour voir les regards étonnés de ses camarades. Certains pensaient à une blague, d'autres à un miracle. Eraser Head choisit ce moment précis pour rentrer, Yamada levant sa tête vers lui des écrits des élèves.
-… Midnight est en grande conversation avec Snipe… Je peux dormir ici en attendant mon cours? demanda Aizawa, Yamada leva le pouce, ne lui disant surtout pas qu'ils avaient des exposés orales.
Il se doutait aussi qu'il voulait s'assurer que les élèves ne soient pas mal à l'aise avec le sujet délicat de texte qu'il avait choisi. Et à voir la tête de Bakugo, semblant avoir une dent bien aiguisé contre lui, tous n'avaient pas comprit le but du devoir.
Alors qu'Izuku demandait subtilement à Mineta si c'était vrai et que Tokoyami à sa gauche ignorait complètement ce malaise, Aizawa étendit son sac de couchage au sol, derrière Yamada. Ce dernier se leva de son siège et le lui offrit, Aizawa sourcillant mais finit par soupirer et accepter sa proposition, Yamada semblant plus à l'aise debout.
Il finit de lire les notes ainsi, n'hésitant pas à boire dans le café qu'il avait emmener en notant la tête, avant de la poser sur la tête d'Aizawa. Il était bien endormi car il ne se réveilla pas pour si peu. Mieux! Le café ne tomba pas…!
« Quel équilibre! » se dit Deku.
« C'est tellement irrespectueux! » se dit Iida.
« Ils doivent être proches…! » se dit Toru, étouffant son rire, Yamada pointant Izuku puis Bakugo.
« Izuku, ton texte est excellent, mais ton devoir est encore mieux. Tu lis ton devoir…! » lui nota-t-il sur sa copie, le gamin ravalant sa salive.
Il se tourna vers l'élève face à Deku, Bakugo, posant une main sur son épaule, le grognement de ce dernier fit ouvrir les yeux d'Aizawa.
« … J'avais demander minimum 70 mots. Ton devoir en fait même pas 10… Tu es sûr que tu veux me remettre ça? Je peux te… »
-C'est tout que ce tu auras de moi, barjo! s'énerva Bakugo, Aizawa écarquillant les yeux avant de sortir un bras de son slipping bag pour prendre le café, le sentant enfin sur sa tête, Yamada lui fit signe qu'il avait tout en main en lui levant le pouce, avant de lui faire signe de boire.
Aizawa hocha les épaules et but dans le café, Izuku et Uraraka grimacèrent, sachant eux que Yamada avait bu dedans quelques minutes plus tôt. Mais bien sûr, s'ils étaient proches…!
« Désolé, Bakugo, mais tu vas lire ton devoir, devant toute ta classe. Au moins, tu n'en auras pas pour longtemps…! » écrivit rapidement Yamada, avant de lui donner deux tapes derrière la tête, sans force, mais cela fit grogner encore plus le gamin presque sauvage, Izuku se demandant ce qui pouvait tant fâcher son camarade et vieil connaissance.
Yamada textait les élèves, les faisant lever et chacun lu la copie de la vieille, dans un anglais plus ou moins passable. Les autres élèves les applaudissaient, Aizawa se demandant comment son espiègle camarade et collègue avaient fait ne pas leur poser une colle quelque part. Mais ce fut quand Bakugo se leva, Yamada sourcillant mais lui faisant signe de se mettre devant la classe, qu'il eut un pressentiment.
Bakugo renifla, les joues légèrement rouges. Il ne pensait pas que le prof aurait eu le culot de prendre son texte en devoir. Au pire, il aurait préféré avoir un zéro pour « non participation », mais il le défiait de lire ce qu'il ferait devant la classe. Et Bakugo se dit que ce serait lui faire plaisir que de supplier de ne pas lire son devoir, ou de rester muet. Il observa donc Izuku, comme si c'était sur lui qu'il voulait se défouler, et dit sans regarder sa feuille.
-Si je perdais mon Quirk, je me tuerais…!
La classe devint complètement blême, plusieurs n'en crurent pas leurs yeux. Même Aizawa avait du mal à croire que Yamada laissait un élève dire un truc aussi crue et horrible, mais il comprit après deux secondes de réflexion pourquoi, juste à voir la tête terrifiée et presque en larmes de Midoriya.
Il avait déjà dut dire ce genre d'horreur à des enfants sans pouvoir… Et ce genre de conduite était impardonnable. Le pourquoi il se leva aussitôt de son siège, arracha la feuille des mains de Bakugo, le surprenant, en lui jetant un regard dur.
-… À mon époque, tu aurais été expulser pour moins que cela… Est-ce que par-là tu sous-entends que Present Mic devrait se tuer parce qu'il a perdu son pouvoir?! s'énerva Aizawa, Bakugo écarquilla les yeux et les élèves réalisèrent que ce genre de déclaration pouvait sous-entendre ce genre de penser.
Mais personne à part Aizawa ne pouvait croire que Bakugo avait écrit ça dans son devoir pour attaquer son prof d'anglais.
Même Yamada cligna des yeux, Aizawa tendant la copie à ce dernier, lui jetant un regard en coin.
-… Si tu veux la conserver… Au cas que tu juges que ces propos sont une preuve d'un cri d'aide. Il faudrait alors le retirer des cours, lui faire rencontrer le directeur, lui donner un rendez-vous avec une aide psychiatrique…
« Pas besoin d'aller aussi loin…! » répliqua Yamada dans un texto, prenant Bakugo par la suite et le conduisant à son siège, notant sa feuille : « Fais juste attention à ne pas penser ça de tout ceux qui n'ont pas des pouvoirs. Parce que là, ce serait le psy à perpétuité…! »
Il se tourna ensuite vers Midoriya et lui fit signe de se lever, gentiment, le gamin obéissant, extrêmement nerveux.
Il alla devant la classe, les autres élèves n'étant pas encore revenu de la déclaration de Bakugo, ni vraiment des menaces voilés d'Aizawa. Heureusement pour tous, Deku parla de son rêve.
-… Même… Même si je n'aurais jamais eu de Quirk… Mon… Mon rêve est d'être un héros. Depuis que je suis tout petit, c'est mon vœu le plus sincère…
Et il continua en disant que même sans pouvoir, même sans force ou disposition, il tenterait d'atteindre son rêve ou tout du moins d'aider les gens dans le besoin. Cela réussit à arracher quelques larmes à Uraraka et Iida applaudit bien plus fort que les autres élèves, Aizawa sourcillant, trouvant ce discours un peu trop tout l'inverse de Bakugo.
« J'ai choisi ses deux devoirs parce que ça résume à la perfection les vôtres…! Humainement, sans pouvoir, on ne se valorise pas comme un héros. Mais ce n'est pas le pouvoir qui fera de vous des héros, mais vos convictions, votre détermination et votre engouement…! » écrivait Yamada en souriant à la classe, les élèves semblant rassurés. « Certains ont plus de défis de d'autres à relever, mais j'ai confiance en vous…! J'ai rarement vu une classe avec tant d'étudiants doués…! Surtout que votre titulaire n'a pas expulser le moindre élève, un exploit! »
Aizawa frappa le bureau du prof, ses yeux flashant rouge, mais Yamada resta cool et décontracte.
« Bon, pour ce soir, congé de devoir! Et Deku, prochaine fois que tu fais une présentation… Tu peux le faire en anglais? »
-Hein? fit-il, n'ayant même pas réaliser qu'il avait parlé en Japonais et non pas dans la langue enseigner du cours.
Cela fit rire les élèves, certains n'avaient pas compris, les autres avaient saisis son émotivité.
Aizawa finit son café pendant que les élèves allaient changer de cahier pour son cours, Izuku se sentant trop mal à l'aise en pensant que Yamada pouvait lui faire le coup plusieurs fois.
-Pro… Professeur Aizawa? demanda-t-il, Yamada écoutant Toru, déjà sur le bord de la porte, près à se préparer à son prochain cours. Vous… Vous saviez que Monsieur Yamada a but dans ce café…?
Aizawa regardant la tasse vide, avant d'hocher les épaules, Yamada souriant distraitement, les regardant du coin de l'œil.
-Il m'a tellement fait le coup, ça ne change plus grand-chose… Parfois, quand je lui apporter son café ou son jus, j'en bois une gorgée, dans sa fraise. Juste pour voir comment il réagit. L'imbécile le boit et me remercie. Il est bizarre, parfois…
« Il est pas le seul à l'être! » songea Midoriya avec un sourire gêné, se disant qu'il n'aurait jamais du avoir ce genre de conversation, content que visiblement personne ne leur avait apporter attention.
Ça semblait juste bizarre que deux hommes boivent dans le même verre… Ils devaient être des amis, sinon, comment expliquer cette complicité? À moins qu'il était trop stricte…?
À l'heure du dîner, Yamada se ramassa à manger avec ses élèves, mais cette fois de la classe B. Il n'avait pas envie de faire du favoritisme. Et maintenant qu'il était coiffé comme avant, tout le monde le reconnaissait. Il ne racontait pas par contre son histoire à tout le monde. Il disait juste qu'il avait une extinction de voix, et tout le monde le plaignait. Non, sérieusement, les enfants étaient beaucoup plus compréhensifs qu'à son époque…! Lui, à leur âge, aurait depuis longtemps trouvé d'excellents jeux de mots pour se moquer de la situation.
Bah, si un élève le ferait, il ne…!
-Professeur Mute! C'est un plaisir de vous avoir avec nous ce midi! s'écria Neito Monota, le jeune blond avec une grande bouche, ses coéquipiers et camarades sourcillant, d'autres retint leur souffle. J'espère qu'on vous rend pas jaloux, à force de parler sans cesse! Ah! Mais c'est pas comme si vous pouviez vous « plaindre »…!
Yamada afficha un sourire, agacé, se demandant s'il avait jamais été aussi écoeurant que ce gamin, à son âge. Dans ses souvenirs, non, mais peut-être il oubliait que…
-J'ai entendu dire que vous donnez des devoirs plutôt psychologiques à vos élèves! continua-t-il, posant son plateau face à lui et prenant place, découpant son steak saignant avec beaucoup de manière. Même que la bombe à retardement a fait une menace de mort… C'est vrai? Oh, suis-je bête! C'est vrai, vous ne pouvez pas me répondre… Vous devez vraiment être en souffrance pour vous en prendre ainsi à vos élèves…!
Tetsu Tetsu serra ses poings mains Kendo prit les devant, lui balançant un coup de manchette dans le pli du cou, touchant son nerf et le faisant tomber inconscient. Elle leva un bras pour qu'il ne se cogne pas la tête sur le banc derrière lui, affichant un sourire aimable à Monsieur Yamada.
-Vous l'excuserez… Il n'avait pas encore trouver un sujet de moquerie, aujourd'hui…!
Yamada hocha la tête, se tournant vers Komori, la fillette dont ses cheveux lui donnaient une tête « champignon », ce qui était aussi son Quirk. Elle poursuivit ses commentaires et ses questions sur la langue anglaise, mais son prof n'était pas aussi attentif qu'avant.
Certains propos de Monota l'avait ébranlé, malgré lui.
Il pouvait endurer les durs comme Bakugo, toute la journée. Ce genre de brute était trop fier pour supporter qu'on froisse leur égo ou qu'on leur démontre de l'affection. Mais Monota était un tout autre numéro. Il vous attaquait là où ça faisait vraiment mal et creusait jusqu'à vous mettre à nus et dévoiler vos plus vilains squelettes dans vos placards.
S'il souffrait? Il se mentirait s'il disait que non. Environ 200 fois il avait envie de parler, dans une journée, de répondre à une question, rajouter un propos, se mêler à une conversation. Texter ses réponses étaient un compromis, mais il savait qu'il ne pouvait pas toujours compter sur son téléphone. Il se sentait malgré tout extrêmement affaiblie, mentalement, et il devait creuser dans son imagination et sa force intérieur pour trouver une manière de passer à travers ses journées sans jamais aller dans les toilettes pour pleurer sur son sort, comme après un examen qu'on savait qu'on avait coulé, ou d'avoir été rejeter par la plus belle fille de l'école, ou comme quand on perdait sa voix…
Il vu soudain une forme bien distingue. Bien petite, plusieurs personnes n'y firent pas attention, mais lui vue la dame comme si elle était une apparition divine et lâcha ses ustensiles, faisant sursauter Kendo.
-… Mon… Monsieur Yamada? demanda-t-il, restant saisi quand il se leva.
Il eut la brillance d'esprit de montrer à ses élèves avec un sourire et un regard compatissant que tout allait bien, il leva deux doigts comme pour dire : « J'en ai pour 2 minutes! »
Certains pensèrent qu'il avait vu Eraser Head, le directeur. Aussi, personne ne comprit pourquoi il se précipita à la table où s'était installer Recovery Girl, commençant par lui sourire, semblant rêveur, de lui prendre sa main, la vieille dame semblant ne pas comprendre ce qu'il avait en tête.
Aizawa n'eut connaissance de l'incident plus tard, quand il vit Yamada, une de ses vitres de sa lunette craquer, un sourire un peu bête aux lèvres. Ils étaient tous les deux seuls dans la salle des profs, il lui offrit un siège avant de commencer à lui poser des questions.
-… Un criminel a encore franchit les défenses de l'école? demanda-t-il, Mic enlevant lentement ses lunettes abimés, secouant doucement la tête, avant de se couvrir les yeux, semblant se sentir mal. Tu as mal…?
Mic se contenta de sangloter, le directeur arrivant avec All Might, tendu avant de voir le prof d'anglais et tout les deux soupirés.
-… Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il s'est passé…? demanda lentement Aizawa, se redressant, posant une main sur Mic.
Il ne supportait pas de le voir à nouveau en larmes. Il pensait qu'à l'école, il serait en sécurité. Était-ce un élève? Un bandit? Le fameux traitre qui se serait manifesté?
-… Et bien… Recovery Girl… a frappé Present Mic…! expliqua lentement Toshinori, maladroitement, jetant un regard navré sur le blond, ses épaules se voûtant.
Aizawa avait l'impression qu'on lui faisait une blague et qu'un caméraman allait sortir pour leur annoncer qu'ils étaient des victimes d'un télé-réalité.
-… Sûrement a-t-il pensé qu'elle pourrait guérir son état… Mais peut-être a-t-il été trop direct dans son approche…! expliqua doucement le directeur, un sourire compatissant aux lèvres, et alors, l'ampoule d'Eraser Head s'éclaira.
Il se rappelait fort bien que les liens entre Recovery Girl et Present Mic n'avaient jamais été forts. Elle le trouvait superficiel, alors qu'il la traitait de « petite vieille ». Mais quand il avait été blessé par l'attaque de la ligue des villains, Mic avait avoué ne pas être mécontent de pouvoir compter parmi leur infirmière pour le remettre sur pied.
« Mais avoue que cette vieille en profite pour embrasser tout les beaux gosses de la ville, avec son pouvoir…! Elle a dut t'embrasser plusieurs fois, Shota, pauvre petit…! » avait-il dit en confidence.
Excepter que Recovery Girl était juste derrière lui, mais il se fichait si elle l'entendait ou non. Mic voulait juste déridé Aizawa, encore affaiblit. Lui, personnellement, ne pensait pas que leur aide soignante profitait de son pouvoir pour embrasser les héros plus qu'il ne le fallait pour les soigner. C'était son don, mais il n'avait pas non plus envie d'être à nouveau blessé pour sentir ses lèves à nouveau rentrer en contact avec son corps. Ce n'était pas désagréable, juste bizarre d'être baiser par une grand-mère.
Sûrement elle ne pardonnait pas à Mic d'avoir eu de tels propos sur elle, par le passé. D'où sa réaction démesuré, maintenant qu'il était blessé, et qu'il n'avait pas été assez discret ou correct.
Comment pouvait-il savoir? Il n'avait pas vu la scène. Mais à voir la tête de Mic, cela avait du lui en coûter d'essayer d'utiliser le Quirk de Recovery Girl pour guérir de son mutisme. Le pire c'était que ça n'avait donner lieu à rien.
-… Mais tenter de lui faire un french kiss, devant toute la cafétéria… Sérieux…! avoua All Might, le directeur ferma les yeux, son sourire s'élargit, semblant trouver ça juste très drôle, Aizawa se tendant, furieux, Mic renifla, avant de lever ses yeux sur son collègue sombre et aux yeux rouges, fixé sur lui.
Il lui fit un petit sourire piteux, comme s'il était désolé, mais pas vraiment, et Aizawa lui enfonça son poing dans le visage, faisant sursauter All Might et le directeur se couvrant la bouche.
-Oh, ciel! fit-il, Aizawa saisissant Mic par le collais de sa veste et se mit à le secouer, furieux.
-Mais qu'est-ce qui va pas dans ta tête?! Tu pouvais pas juste attendre qu'elle soit dans l'infirmerie, tu pouvais pas juste lui demander ou lui écrire, comme tout homme responsable?! À présent, tout le monde va penser que tu en pinces pour elle et que tu as été rejeter! Et si elle avait un petit ami?! Tu y as pensée?
« Quoi?! Non, c'est impossible! » voulait dire le sourire amusé de Mic, ne semblant pas tant souffrir, semblant même d'être content qu'Aizawa réagit si fortement.
-Je peux vraiment pas te quitter des yeux deux minutes, espèce d'idiot! s'énerva-t-il, avant de le jeter sur son siège, le directeur le tirant par le chandail, All Might s'avançant pour défendre Mic s'il voulait encore le frapper.
-On se calme maintenant… Je pense que Recovery Girl a prouvé à tous que ce n'est ni l'âge, ni la taille qui nous empêche de nous défendre…! C'est une bonne leçon d'humilité à tous, et en connaissant la situation de Present Mic, tous pourront le comprendre et pardonner sa conduite…
-Non, je ne peux comprendre, encore moins accepter ce genre de bévue…! grogna Aizawa, avant de sortir de la salle des profs, Yamada perdant son sourire, All Might se pinçant l'arrête du nez.
-… Il est vraiment en colère…, souligna-t-il, le directeur continua à sourire.
-Cela passera… Yamada…? Est-ce que tu as besoin de quelque chose…? Je peux te faire consulter quelques bons médecins, dès ce soir, si tu…
Yamada leva sa main en l'air comme pour l'arrêter, semblant complexer. Lui-même savait qu'il avait dépassé les bornes. Et la réaction d'Aizawa était la bonne, celle d'un adulte responsable, pas d'un collègue compatissant. Il avait été illogique. Comme si il être mignon et célibataire aurait pu convaincre Recovery Girl de pardonner sa conduite, non, ça ne changeait rien qu'il l'avait approcher juste pour utiliser son Quirk, avec ou sans son accord.
Il s'était sentit con quand elle l'avait frappé et qu'elle l'avait gronder. Le pire s'était ce qu'allait penser les élèves de lui, à présent. Le directeur était vraiment trop gentil de pouvoir se mettre à sa place et tourner la page si vite. D'autres hommes à sa place l'auraient puni d'une conduite si honteuse, surtout devant les enfants.
Peut-être était-ce parce qu'il était un animal qu'il n'avait pas la même perception entre les rapports hommes-femmes. … Il n'avait pas trop envie d'y penser, ni même de savoir s'il fréquentait quelqu'un.
Il alla à son cours suivant, prenant sur lui et devant se contenter de sa paire de lunette de soleil. Heureusement, l'incident avec lui et Recovery Girl s'était fait au bout de la grande salle, pas au centre. Il était assis à son bureau, écoutant les crayons glisser sur les copies des élèves, les bras croisés derrière la tête, les yeux fermés. C'était étrange, mais quand on était privé d'un de ses sens, les autres se développaient. Aussi entendit-il les propos des élèves de la classe de second, se questionnant mutuellement.
-… Qu'est-ce qui s'est passé, ce midi? Recovery Girl était là…?
-Oui, avec Present Mic!
-Elle l'a frappé…!
-Non? Pourquoi?
-Il semblerait qu'il a tenté de la toucher.
-Nooon!
-Elle l'a remit à sa place, le porc…!
Yamada se couvrit la bouche, les yeux écarquillés.
Quoi?! Qui avait dit ça?!
Il observa la classe, les élèves redevenant silencieux. Il grimaça, n'aimant pas ce genre de ragot. Bien sûr, il ne détestait pas en colporter lui-même, mais il n'aimait pas ceux le dénigrant, d'autant plus quand ça suggérait qu'il était un pervers.
Au moins, aucune fille du lycée n'était en jeu! Ce genre d'histoire allait faire le tour du collège et serait de la vieille histoire, d'ici deux ou trois semaines. Ça le faisait quand même souffrir de penser que ses étudiantes allaient le considérer autrement, avec mépris.
« Non, pas ça…! » songea-t-il, se prenant le visage, avant de se forcer à corriger les copies de la classe B-1.
Il lui semblait qu'il avait vieillit depuis 10 ans, quand il sortit de la classe. Soudain, il vit Midoriya, semblant l'attendre.
-Monsieur Yamada! s'écria-t-il, le prof ne bougeant pas, attendant qu'il le rejoigne, avant de l'inviter de marcher avec lui jusqu'au dortoir, par texto. Mer-Merci! Je voulais vous parler!
« Ça y est, lui aussi va m'insul-» pensa Yamada, sachant qu'il s'était conduit comme un idiot mais ça faisait encore mal dans son orgueil quand ses élèves, même les gentils, se moquaient de lui.
-Vous souhaitiez que Recovery Girl vous guérisse, c'est ça…? demanda Izuku, surprenant son prof. Ken… Kendo m'a raconté que Monota vous avait dit des choses blessantes, alors j'ai fait la déduction de la suite des choses… Je sais que ça n'est pas grand-chose… Mais je sais ce que c'est de ne pas avoir de pouvoir… D'être rejeté, moquer… humilié… Alors, je veux juste vous dire, professeur… Je compatis avec vous…! Si je peux faire quelque chose…!
Yamada était très ému.
« Awww! Les enfants sont vraiment mieux qu'à mon époque! » songea-t-il, changeant de discours selon la situation.
Il essuya ses yeux avant de passer un bras autour de ses épaules. Il lui montra un texte qu'il lui avait écrit et Midoriya sembla enchanté par son idée.
-… Hors de question qu'on le garde…! s'énerva Aizawa.
Hizashi Yamada s'était invité dans le dortoir de la classe 1-A, ayant payé les sushis pour tout le monde, les jeunes semblant ravie de l'avoir, même Mirio et Eri s'était invité.
-Nous dormons tous ici, de toute façon… Ça ne peut pas faire de mal à Present Mic d'avoir de la compagnie! suggéra Jiro, Aizawa voulant prendre son collègue par le collais mais ce dernier bloqua sa main.
Il le lâcha et joignit ses mains ensemble, faisant un sourire qui se voulait tendre et supplicatif.
-Allez, juste une nuit…! pria Toru.
-Juste pour tester s'il est un vrai pervers…! ajouta Mineta, Yamada lui jetant un regard en coin, Aizawa plissant les yeux.
-… Je n'ai pas peur pour les filles ni pour sa réputation… Mais il a un appartement, une chambre, un lit, et rien de tout ça ici…!
-C'est pas juste parce que vous voulez rester vous aussi, Monsieur Aizawa…? demanda Shota, leur titulaire serrant les poings. Parce qu'il y a assez de chambres de libre…
-Oui! On pourrait rester, nous aussi! s'écria Mirio qui était là avec sa petite protégée, Deku semblant ravi.
-C'est super! Je pourrais te lire une histoire, Eri!
-Non, moi! s'écria Uraraka, la gamine semblant timide.
-… Bon, vous pouvez tous dormir ici… Mais je m'occupe d'Eri…, répliqua Aizawa, suprenant Yamada.
-C'est vrai? demanda Bakugo, n'y croyant pas.
-Mais oui! Monsieur Aizawa garde souvent Eri, pour l'avoir à l'œil… Ça ne paraît pas, mais il a l'instinct paternel…! commenta Mirio, Aizawa lui jetant un regard noir.
Ça n'empêcha pas Eri de s'avancer et prendre Eraser Head par le tissus de son pantalon dans sa petite menotte pâle.
-Monsieur…? Je… Je peux rester, sûr…? fit-elle, encore timide, Aizawa lui caressa simplement la tête, Yamada prenant discrètement des photos, n'ayant jamais eu de preuve mais ayant toujours eu le doute qu'il serait un bon père.
-Oui, Eri… Vous autre, vous fermez les feux à 10 heures. Et pas de bruit…! ordonna Aizawa, avant de partir avec Eri, les jeunes étant déchus de ne pas pouvoir profiter de la gamine.
Mais une classe complète ne pouvait pas s'occuper d'une petite fille si fragile sans un peu la bousculer, malgré toute leur bonne intention. Sûrement qu'ils pourront passer du temps avec elle, après les cours ou le weekend.
Yamada le comprenait et accepta de participer aux activités de ses élèves, prêtant une oreille attentive et laissant son téléphone de côté, pour une fois.
Il était plus détendu ce soir que durant le jour, s'installant dans sa chambre, voisine à celle d'Eraser Head. Les chambres de libre étaient pour les profs surveillant, au cas où des élèves auraient un problème ou cause des ennuis.
C'était une chambre ultra simple, bien plus petite que celle de son appart. Mais la simplicité n'était pas mauvaise. Parfois, ça vous empêchait de vous épivarder de droite à gauche.
Yamada ferma les yeux et réussit à dormir quelques heures mais il fut réveiller par quelques coups sur sa porte. Il crut à un blague et resta dans son lit mais ça se répéta, l'intriguant. Il se leva, enfilant son pantalon et un T-Shirt prêté par Kirishima, avant de voir Aizawa, tout habillé et tenant la petite Eri en larmes.
-… Elle a fait un cauchemar. Tu veux bien veiller sur elle pendant que je fais une boisson chaude…? demanda-t-il, Mic restant surpris et reculant.
« Quoi, mais ça va pas?! Avec les ragots qu'on dit sur mon dos, c'est pas le moment que je sois tout seul avec une fillette! Les gens vont dire…! » pensa-t-il, balayant ses mains pour dire que non mais Aizawa ne lui laissa pas le choix.
-Je te fais confiance…, dit-il, sur un ton endormi, avant d'aller en cuisine du dortoir.
Yamada se ramassa avec la petite Eri dans les bras, pleurant, tout son corps tremblant. C'était vraiment triste à voir.
Il entreprit de lui caresser doucement l'arrière de la tête, sourcillant, essayant de deviner son âge. 6 ans…? 7? Il se dit qu'il aurait pu avoir une gamine de son âge et son cœur se serra, sourcillant, inquiet pour elle.
-Snif! Vous… vous êtes… l'ami de monsieur Azawa? demanda-t-elle, sûrement son ami lui avait parlé de lui.
Yamada hocha la tête, la gamine reniflant.
-Je voulais pas réveiller personne… Mais j'ai revu… des choses affreuses… Et mon cœur faisait boum, boum, boum, très vite, et mes yeux étaient plein d'eau… Monsieur Azawa dit que c'est okay, mais c'est pas okay… Je voulais pas vous réveiller…!
Yamada secoua la tête, souriant.
-Vous êtes sûr…? C'est pas grave…? demanda-t-elle, Yamada secouant à nouveau la tête. Vous… vous ne parlez pas…?
Mic sentit son cœur se serrer mais il se força à sourire, avant de toucher sa gorge et ouvrir sa bouche, mimant qu'aucun son ne pouvait sortir.
-Vous êtes… sans voix…? C'est… ma faute…? C'est ma corne…?! Non… Je voulais pas, monsieur yama! Je voulais pas! Ne me touchez pas! Je… suis maudite…! fit-elle, courant à l'autre bout de la pièce, se cognant presque le front contre le mur dans sa précipitation.
Yamada réalisa que s'il souffrait de la perte de son quirk, elle, par contre, souffrait mille fois plus d'avoir un Quirk si dévastateur.
Il l'approcha, triste, posant ses mains sur ses épaules et la faisant tourner vers lui, lui souriant gentiment.
-Je jures, je voulais pas! Je suis maudite! Je-! répéta-t-elle, avant que monsieur Yamada ne la prenne de nouveau dans ses bras, la gamine se remettant à pleurer plus fort.
Il aurait voulu lui dire quelque chose de gentil et rassurant, mais sans voix, il pouvait juste meumeumer l'air d'une musique pour enfant. C'était peu, mais même sans voix, cela parut rassurant, assez pour calmer ses sanglots, elle se mit à pleurer en silence.
-… Vous… ne me détestez pas, monsieur Yama…? demanda-t-elle, Yamada secouant la tête, souriant, avant d'aller s'asseoir sur le lit, la mettant sur ses genoux avec précautions. Même si je suis maudite…?
Yamada ne pouvait répondre, il se contenta de tracer des cercles dans une de ses paumes, la gamine finissant par l'imiter de sa main de libre.
-Désolé d'avoir prit du temps…, commenta Aizawa, arrivant avec un plateau, un lait chaud et deux cafés.
Il s'assit sur le lit après avoir déposé les verres sur la table de chevet, observant Eri et lui caressant la tête.
-… Tu veux me parler de ton rêve…?
Elle secoua la tête, s'appliquant à tracer un cercle parfait dans la paume de Mic, ce dernier souriant calmement.
-C'est bon… Tu veux me parler de ce qui te fait pleurer, alors…? Je n'aime pas te voir comme ça, tu sais…
Yamada regrettait de ne pas avoir son téléphone. Oh, combien il voudrait pouvoir l'enregistrer!
-… Je… J'ai peur…
-Tu sais que rien ici ne te fera du mal… Tant que Mirio et moi sommes là, même les élèves t'aiment…, commenta Aizawa, Yamada hochant la tête, la gamine glissant sa main dans celle de Yamada, pinçant les lèvres.
-… Malgré… ce que je suis…?
-Parce que tu es une petite fille innocente… Oui, tu as un grand pouvoir… Yamada aussi a un grand pouvoir… Heureusement qu'il est muet, sinon, il nous aurait déjà cassé les oreilles de son bavadarge incessant…! commenta Aizawa, son ami plissant les yeux mais la gamine serra ses poings.
-Je voulais pas… enlever la voix de monsieur Yama…!
-Que…? Non, ce n'est pas toi, Eri…, répliqua Aizawa, réalisant comment il était pénible pour Yamada de ne pas pouvoir s'expliquer.
Il tenta de lui raconter sans trop de détails et en radoucissant les faits qu'un méchant homme avait enlevé la voix de son ami.
-… Il avait un grand pouvoir… Mais voilà, il l'a utiliser pour faire le mal, faire du mal à Yamada… Mais cet homme est en prison et Yamada va bientôt retrouver sa voix… Je te le promets…
-Pourquoi… Pourquoi le méchant a fait ça…?! demanda Eri, Yamada penchant la tête, regardant Aizawa, celui-ci se râclant la gorge.
-… Le méchant voulait me faire du mal… Yamada m'a protéger… C'est un gentil…, commenta simplement Aizawa, non sans rougir.
Yamada eut un large sourire aux lèvres, mais il fut surpris quand Eri tira sur le devant de son T-Shirt.
-Vous… Monsieur Yama, vous avez protéger Monsieur Azawa…? Vous êtes mon héro…! fit-elle, avant de le prendre dans ses bras, Yamada clignant des yeux.
Aizawa devina la suite et alla chercher des mouchoirs, Mic se mit à pleurer comme une fontaine, la gamine effectuant de sécher ses joues en les tamponnant gentiment, disant :
-C'est pas grave, monsieur Yama… Votre voix, elle va revenir…! Je vais prier fort pour vous.
Cela le fit pleurer davantage, serrant la main d'Aizawa, ne pouvant croire qu'une petite fille qui avait tant souffert pouvait avoir si bon cœur.
